● La Maison des mondes africains a trouvé ses locaux à Paris après des mois de controverses [RFI]


Après des mois de controverse, la Maison des mondes africains, aussi appelée MansA va s’installer dans le Xe arrondissement de Paris. Ce centre pluridisciplinaire a pour ambition d’être le « QG permanent » des cultures africaines en France. Ce projet a été voulu par Emmanuel Macron et initié par le penseur camerounais Achille Mbembé. Les diverses autorités en charge du dossier se disputaient depuis des mois sur le lieu d’implantation de la maison.

Si l’art peut-être réaliste, les querelles parisiennes sont souvent surréalistes. Il a fallu des mois de débats et de controverse pour enfin décider du lieu d’implantation de la MansA, la maison des mondes africains. Ce sera finalement un ancien atelier du Xe arrondissement de Paris qui commencera à accueillir ses premiers visiteurs dès juin.

Pendant un temps, le ministère de la Culture souhaitait voir la maison s’installer sur les berges de la Seine, à la Monnaie de Paris. Mais le vénérable établissement datant du IXème siècle aurait dû partager un espace qu’il espérait rentabiliser pour financer son budget, faute de fonds publics.

La querelle avait pris un tour politique
Par ailleurs, la querelle avait pris un tour politique. Les députés du Rassemblement national ont accusé le gouvernement de céder « aux sirènes de la repentance », vis-à-vis de l’Afrique. À cela, des difficultés budgétaires se sont ajoutées entre les deux ministères de tutelle, celui des Affaires étrangères et la Culture.

Au final, ce projet aura mis plus de trois ans à s’implanter. Sur le modèle de l’Institut du monde arabe, la MansA se veut à la fois une vitrine, un refuge et un tremplin pour les artistes africains.

• Lien média https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250305-maison-des-mondes-africains-va-s-installer-%C3%A0-paris-apr%C3%A8s-des-mois-de-controverses

● Mauritanie | Autour des expulsions d’étrangers illégaux !



📸 poste frontalier 🇲🇷 de Djama

1 – Je tiens à dénoncer les pratiques brutales et le caractère différencié (étrangers afros subsahariens uniquement visés) qui ont été relevés par plusieurs sources crédibles. Encore soupçons de réflexe d’un « péril Noir » envahissant venant du flanc Sud du pays, souvent exploités par certains milieux xénophobes particulièrement anti Noirs.

2 – Pourquoi maintenant? Récemment les autorités régionales des Canaries espagnoles étaient en visite remarquée à Nouakchott lire https://fr.apanews.net/diplomacy/mauritanie-espagne-le-president-des-canaries-a-nouakchott/. Aux contacts du pouvoir de Nouakchott, quel a été le menu à propos de la gestion des flux migratoires ? Il faut rappeler que courant 2024, l’UE avec l’Espagne en tête menait des démarches avec les autorités mauritaniennes sur le contrôle de réseaux clandestins vers l’Europe et une assiette contractuelle de 210 millions d’euros était annoncée, lire https://www.courrierinternational.com/article/diplomatie-accord-migratoire-ue-mauritanie-des-contours-flous-et-une-efficacite-a-demontrer.
Et peut-on en déduire que les mouvements policiers en cours contre certains étrangers dit-on illégaux, est de nature à montrer à la partie européenne que « des choses » se font substantiellement pour honorer les termes du contrat…?

3 – Il faut que les autorités s’interrogent sur les entrées illégales en masse pour éviter la gestion brutale d’une présence des illégaux…
Quelles sont les failles et leurs causes qui permettent ces entrées à travers de postes de police et de gendarmerie qui ne manquent pas sur les axes routiers vers Nouakchott ?

Et j’ai été témoin il y a quelques semaines venant du Sénégal, au poste frontalier de Djama, 2 voyageurs (un guinéen et une sénégalaise) parmi nous, ont été enregistrés et dotés d’attestations déclaratives donc admis légalement sur le territoire national à mon sens. Et si des illégaux dit-on se retrouvent en masse dans la Capitale, il faut pister du côté d’un trafic multiforme dans lequel le système des contrôles aux frontières ne peut être d’innocence. Un mot clé, la corruptibilité. La culture de la corruption rapporte beaucoup sur nos routes, et donc comme dans d’autres sphères de service, quand on paie, tout devient possible. Pas de zèle dans les règles et leur application une fois l’échange numéraire est fait entre les mains.

Paisible suite de Ramadan 🤲🏿🙏🏿

• KS pour le BLOG

● Quelle est la pigmentation de la Mauritanie? | Par M. Seyré SIDIBE

Au départ, la Mauritanie était blanche et noire pour devenir noir et blanc. Se référer à l’accord des adjectifs de couleurs pour comprendre la nuance. En vérité, elle est la jonction entre une entité Arabo-berbères devenue Arabe par mutation politique, et une entité négro-africaine qui n’a jamais voulu renoncer à son identité ontologique ou tout simplement la rénier.

L’acte de naissance de la Mauritanie a été signé lors du Congrès d’Aleg (mai 1958). La France était derrière le projet, et jouait le facilitateur entre les deux parties. En effet, ce sont Maures( Arabo-berbères ), qui tenaient vaille que vaille à la création de la Mauritanie sous sa forme actuelle. Ils ont usé de toute la diplomatie, de toute sorte de concession, de compromis, d’accommodement pour que les Noirs acceptent l’union des deux entités.

Les Noirs, selon plusieurs témoins et sources de cette époque, ne se sentaient pas trop ce mariage de raison entre le Nord et le Sud. Ils nourrissaient des réserves et beaucoup de craintes dans ce projet visant à bâtir une nation avec des populations nomades et Arabo-berbères connues pour agressions, pillages et razzias contre les populations de la vallée.

Fins diplomates et très avertis politiquement, les Maures tenaient coûte que coûte à la naissance de cet État mauritanien unitaire, jacobin dans sa composition sociologique et géographique actuelles, soit la fusion de deux nations (une entité Noire et un conglomérat de tribus arabo-berbères).

La Mauritanie n’aurait jamais existé sous sa configuration actuelle, n’eût été là France . En effet, la puissance colonisatrice, a bien voulu pour des raisons stratégiques, impérialistes et économiques créer au forcep, un État trait d’union entre l’Afrique du Nord et l’Afrique au Sud du Sahara.

Ce projet, dans sa conception et sa mise en œuvre était à l’avantage des Arabo-berbères du fait qu’il leur permettait d’être porté à la tête d’un État moderne, et partant d’échapper à l’impérialisme, au joug marocain.

Le Maroc n’a jamais cessé de revendiquer le nord mauritanien comme une partie de son territoire, le Grand Maroc. Cependant il ne voulait pas non plus intégrer dans son giron les populations noires du Sud, présentant des réalités socio-culturelles identiques avec celles du Sénégal et Mali.

Si le plan marocain était mis à exécution nos Arabo-berbères seraient aujourd’hui Sahraouis. Ils auraient eu le même sort que les indépendantistes Polisarios, avec lesquels ils présentent des similitudes évidentes.

Le débat raciste qui écume actuellement les réseaux sociaux en Mauritanie sur la pigmentation de notre pays (Blanche ou Noire), est l’expression du déni et du mépris de la Constitution de la République Islamique et de l’histoire de la naissance de l’État Mauritanien. En effet, même par générosité et altruisme, si l’on mettait entre parenthèses, la Grande Histoire de l’Empire du Ghana (Wagadou), force est de constater que le Noir est consubstantiel à l’ADN de la Mauritanie.

Le danger des rafles ciblant les étrangers subsahariens en Mauritanie, se manifeste par la confusion volontaire entre Noir et étranger par certains racistes partisans d’un panarabisme étroit. Cela est d’autant plus vrai que pendant les événements des années 89 – 90, on a profité de l’expulsion des Sénégalais pour régler les comptes de populations négro-africaines de « souche mauritanienne », avant la naissance même la création de l’État mauritanien.
Voilà l’origine des inquiétudes, voire traumatismes des populations noires à chaque fois que les étrangers d’origines subsahariennes sont prises pour cible.

Dans pareille situation, on attend de nos compatriotes » Bidanes » de soutenir leurs frères Noirs contre les abus du pouvoir. Heureusement, ils ne sont pas tous mêlés à cette campagne malsaine, cette cabale nauséabonde sur les réseaux sociaux assimilant tout Noir à un étranger. Je sais une chose, les Maures, vous êtes vous en Mauritanie. Les Noirs aussi, sont chez eux. Nous avions décidé de créer un État biracial, alors respectons les termes du contrat clairement définis dans les engagements pris lors du Congrès d’Aleg.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/quelle-est-la-pigmentation-de-la-mauritanie/?fbclid=IwY2xjawI2hhtleHRuA2FlbQIxMQABHc8A5sA1h-ugqLx7EWLxe-efBCo6IK1r0D2RwxERhsJBTmXRvOg0cuvNqA_aem_-u1gU0ckujEMfXXePZFUCw

● Syrie | M. Ahmed al-Charaa, de combattant islamiste autrefois allié d’Al-Qaïda à la présidence du pays.



Les projecteurs médiatiques ne l’ont pas raté lors de sa présence au sommet de la Ligue arabe tenu actuellement en Égypte. Il s’appelle Ahmed al-Charaa, devenu président par intérim de la Syrie après l’écroulement du régime Bachar al-Assad. Damas est tombé le 8 décembre 2024 sous l’offensive du groupe HTC (Hayat Tahrir al-Cham) dirigé par celui dont le nom de guerre est Abu Mohammed al-Joulani et ses alliés de l’opposition armée. Le très renseigné journaliste Wassim Nasr qui dit l’avoir interwiewé 2 fois (avant et après la chute d’al-Assad), précise que l’actuel homme fort du pays de Cham, a été combattant islamiste en Irak contre l’invasion américaine de 2003 et fut prisonnier de nombreuses années durant. Ainsi, il peut être encarté comme un vétéran aguerri de l’international islamiste armé dans les zones syro-irakiennes. A-t-il connu par le passé directement ou via intermédiaires al-Zawahiri (égyptien numéro 2 d’al-Qaïda), al-Zarqaoui (jordanien d’al-Qaïda Irak) ou al-Baghdadi (calife de Daesh) ?
Le journaliste Wassim Nasr croit savoir qu’il s’est réformé stratégiquement en s’orientant vers un engagement politique bien pragmatique d’ordre national voire nationaliste. Les visées jihadistes internationalistes longtemps cultivées par la nébuleuse islamiste, sont abandonnées du côté du HTC dans son fief originel de la ville d’Idlib et sa région. Aujourd’hui la nouvelle Syrie en transition politique est incarnée par M. Al-Charaa qui s’habille en occidental impeccablement dans ses vestes et cravate au col. Au Caire, on l’a vu fraternellement accueilli par le président égyptien Abdel Fattah al Sissi (l’Égypte d’Ayman al-Zawahiri qui y était banni à vie). La soft métamorphose est en cours pour l’ancien « jihadiste » qui va accepter la force des réalités politiques et géopolitico-sécuritaire et se libérer d’un idéalisme politisé teint d’un intégrisme religieux. L’aventure violente et criminelle du groupe hérétique Daesh et son échec cuisant sont encore vivaces dans la conscience collective dans cette région. Les nouvelles autorités syriennes déploient une activité diplomatique soutenue pour espérer une normalité géopolitique dans la région et s’insérer dans l’ordre dompté de la gouvernance de l’ensemble majoritaire sunnite. En sortant à coup sûr de l’axe jadis sous influence de Téhéran de mollahs chiites iraniens et leurs proxys militaro-politiques. La communauté internationale les suit également avec intérêt pour sa position clé dans la géopolitique globale et les débouchés en terme perspectives économiques (marchés de reconstruction, hydrocarbures, services…)

Al-Charaa et Al Sissi

Si le président al-Charaa et ses alliés au pouvoir réussissent leur mue idéologique et politique et passent après la transition à un ordre étatique classique, le cas des naufragés étrangers rescapés du caricatural régime califal de Daesh sera intéressant à observer de près. Que vont-ils devenir ? Quels traitements les nouvelles autorités vont leur appliquer en collaboration avec leurs pays d’origine ?

Et s’ils acceptent une déradicalisation par le haut imposée par le pouvoir, se rangeant dans la trame sociale et économique de la nouvelle Syrie dans sa diversité ethno-confessionnelle, une option plausible. Peut-être moins évident pour certains, ces afro descendants qui sont venus généralement de l’environnement occidental et embarqués naïvement dans un jihadisme manipulateur et manipulé. Comme on ne change pas la géographie, on ne se change pas de peau non plus de si facilement. Sont-ils combien parmi le lot d’excités frustrés à avoir rejoint cette zone au milieu des années 2010 au nom d’une supposée hijra messianiste foncièrement sectaire et belliqueuse ?
Un Amadou afro-européen coincé dans ça, peut transformer son nom en « Abu Mohammed » mais reste socialement et visuellement un corps étranger dans l’écosystème ethno-racial local, lire https://ecrit-ose.blog/2016/07/25/le-noir-ce-corps-etranger-difficilement-acceptable-en-milieu-arabe/ . Au mieux il pourrait se « bilaliser »* et appartenir à une sphère sociale mineure et sa descendance va en pâtir par la suite. Il serait islamisé même sur 6 générations, son épiderme ferait objections troublantes à une sûre élévation sociale et un Jérôme caucasien islamisé depuis 6 ans se verrait accéder facilement à une trajectoire assimilationniste bien meilleure.

Pour conclure, on va espérer que ce changement de paradigme idéologique et géopolitique du côté de la Syrie (Cham) puisse inspirer et raisonner les leaders de différents groupes dits islamistes qui fourmillent avec violence dans certaines zones du continent africain notamment dans le Sahel.

*bilaliser : dérivé du prénom Bilal pour indexer l’essentialisation faite par certains arabo-musulmans de noirs musulmans. Les logeant naïvement comme descendants du compagnon du Prophète, Bilal ibn Rabah avec beaucoup de sous-entendus peu avouables.

5 mars 2025

KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

● La Mongolie, future hôte de la COP17 CNUD, ses similitudes avec la Mauritanie | Par M. Ibrahim Thiaw.

Rarement des pays aussi distants géographiquement et différents sur le plan culturel ont autant de similitudes. Comment donc expliquer que la Mongolie si lointaine de l’Afrique ait pu avoir autant de points communs avec la Mauritanie?

Mettons à part la géopolitique des années soixante qui, curieusement, avait fait admettre les deux pays, le même jour, aux Nations Unies, un 26 octobre 1961.
Le fait est que la Mauritanie s’ouvre grandement vers le Sahara, le plus grand désert chaud au monde, alors que la Mongolie s’adosse sur le Gobi, le plus grand désert d’Asie.

Peuple de pasteurs, les Mongoles disposent de bétail, oui de beaucoup d’animaux. Notez-le bien: leur pays compte plus de chevaux que d’humains. Au total, le cheptel gonfle jusqu’à dépasser de 27 fois le nombre d’habitants. Des années de fortes mortalités font fluctuer ces chiffres mais en moyenne, on dit que pour chaque Mongole, il y a au moins 21 bêtes.

Bon, admettons-le, les sécheresses ont fait leur effet, mais en Mauritanie, l’on murmurait qu’il y a quelques décennies, on comptait plus de bosses de chameaux (d’accord, ce sont des dromadaires) que de têtes d’habitants. Selon certaines estimations, en 2023, il y avait 0.176 Mauritanien pour chaque animal. Disons, pour faire simple, il y avait 5,7 animaux domestiques pour chaque citoyen, bébés et centenaires confondus.

Voilà peut-être une autre similitude: en Mongolie, on honore ses visiteurs en leur offrant une boisson à base de lait fermenté. C’est pas le fameux Zrig ou Tufam mauritanien? 

Signe de leur grande hospitalité, recevoir des visiteurs est une obligation morale. Point besoin d’être officiellement invité: on vient et on partage le repas. Ou plutôt, tout le monde est invité, sans crier gare, on peut s’asseoir et partager le repas. Qui murmure que c’est du déjà-vu? Avec un peu de chance, le repas est fait à base de viande bouillie, suivi d’un thé (au lait).  

Tout cela peut être le fruit d’un hasard. Non moins curieux est le fait que du point de vue de la superficie, les deux pays font chacun un million de kilomètres carrés, avec une population ne dépassant 3.5 millions pour le pays asiatique, alors que la forte poussée démographique tire le pays saharien vers les 5 millions d’âmes.

Même si le pays asiatique est plus vert -avec des saisons plutôt marquées- la M…ie et la M…ie, si dépendantes de l’économie rurale puisque peu ou pas industrialisées, sont menacées par la dégradation des terres et les sécheresses. Ah, j’allais oublier, ces deux pays sont aussi caractérisés par la richesse (en mines) de leur sous-sol.
La grande différence est que le pays saharien dispose de l’une des cotes les plus poissonneuses au monde alors que la Mongolie est enclavée. C’est d’ailleurs le deuxième plus grand pays sans littoral, après le Kazaghstan.

Voilà pourquoi la Mongolie va abriter, l’année prochaine, la COP17 de la Convention des Nations Unies sur la Désertification. La signature de l’Accord de siège la semaine dernière vaut bien les photos en affiche.

Par M. Ibrahim Thiaw, Le secrétaire exécutif de la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification

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• Info + sur la COP17 https://environews-rdc.net/2025/02/26/climat-lutte-contre-la-desertification-la-cop17-de-la-cnulcd-se-tiendra-en-mongolie-en-2026/

● Si Biram Dah Abeid prenait le pouvoir | Par M. Moulaye El Hassene


L’enjeu, d’un changement de régime en Mauritanie, dépasse la seule personne de Biram.
Biram est certes le porteur de la « VISION », le visionnaire, le seul à même de conduire cette vision à bon port, et quelques part l’homme providentiel de cette époque de l’Histoire de ce pays. Mais L’enjeu en lui même, est multidimensionnel, avec des répercussions sociales intergenerationnelles,  transfrontalieres, régionales, voire mondiales.
Le projet politique de Biram, n’est pas seulement local, mais est aussi une philosophie droit-de-l’hommiste et politique qui a vocation à être universelle; une contribution à résoudre des problématiques géopolitiques qui pourrait constituer un modèle réplicable à différentes échelles, dans différents pays, et au sein de communautés de pays.
La centralité de l’Homme dans tout, comme matrice et fil conducteur, est le point fort de cette philosophie « implacable ».
Si les tenants du régime actuel, et ceux du régime précédent, qui sont d’ailleurs presque les mêmes, avaient pris le temps d’analyser en profondeur ce que propose Biram, ils auraient certainement, s’ils sont intelligents, essayé de trouver le moyen de l’intégrer avec eux dans une configuration politique bénéfique à tous et au pays.
Mais ils ne l’ont pas fait, et semblent toujours loin de le faire. Alors ils seront quand même rattrapés par la fatalité du sort: car le peuple aura le dernier mot… et le peuple n’a pas encore dit son dernier mot.
La très prochaine salve d’élections finira d’entamer l’actuel régime, déjà à bout de souffle.

Par M. Moulaye El Hassene, militant droit-de-l’hommiste et acteur politique.

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● Fuite de gaz sur le champ GTA : La Coalition Mauritanienne PCQVP exige la lumière | Par M. Baliou Coulibaly.

MADAR – D’après une information de source autorisée ; « il a été constaté ce 19 février 2025 des fuites de gaz au niveau du puits A02 du champ de production de gaz Grand Tortue Ahmeyim au large des cotés Mauritano Sénégalaise. »

Selon la même source « des solutions sont mobilisées pour faire face à cette catastrophe y compris la mobilisation d’équipement et de personnel spécialisés pour appuyer les efforts de réparation . Le communiqué précise que l’entreprise considère la sécurité des personnes et de l’environnement comme une priorité ».

Le communiqué rassure par ailleurs que « l’incident du puits A02 qui fait partie des 4 puits du projet GTA n’a pas d’impact immédiat sur les activités de production en cours dans les autres puits. »

Malgré les assurances données par les sources proches des opérateurs ce genre d’incident doit être l’objet d’une attention particulière . Les opérations du champ gazier GTA s’effectuent dans une zone maritime extrêmement sensible caractérisée par un écosystème riche et diversifié, une forte concentration humaine avec des activités socio-économiques qui dépendent de ce équilibre environnemental.

Certes les études d’impact environnemental avaient prévu des incidents de ce genre mais personne ne pouvait imaginer qu’un tel incident pouvait subvenir aussitôt à seulement un mois du début de l’exploitation officielle du gaz.

La Coalition Mauritanienne PCQVP déplore cet incident malheureux et lance un appel aux opérateurs et aux services compétents de l’état pour que toute la lumière soit faite sur cette fuite afin qu’on puisse en tirer les bonnes leçons et éviter que cela ne se reproduise.

La Coalition Mauritanienne recommande que l’ensemble des parties prenantes y compris les communautés locales riveraines de la Mauritanie et du Sénégal soient non seulement informées sur la portée réelle de cet incident mais surtout suffisamment associées à la mise en œuvre du plan de gestion environnemental et social existant.

Un plan qui doit faire l’objet d’évaluations périodiques avec les communautés locales pour une meilleure prise en charge des différents impacts nouveaux ou accidentels.

Sur la base de sa mission de promotion d’une « gestion transparente et responsable de nos ressources naturelles », la Coalition entend ainsi apporter sa contribution en vue d’assurer un développement humain durable et inclusif dans le respect des normes environnementales qui protègent notre planète déjà fortement éprouvée.

Le Président

Ba Aliou Coulibaly

Tel : 222 46455504

• Lien média https://www.cridem.org/C_Info.php?article=781503&fbclid=IwY2xjawIylu5leHRuA2FlbQIxMAABHbNm-ZKki8jSNCM495zDP35sQyhh1EztKJ7c5-YsgxBRm-uIu4VmglfrCw_aem_do3RDmj6CHLYhKNqiVrUXA

● Déconstruire le système des castes et la mentalité féodale [TRIBUNE COLLECTIVE]

« Lutter contre les mentalités, ce n’est pas comme lutter contre un mal de tête. » – Abdoulaye Doro Sow

Le système des castes est une organisation totale de la société, profondément ancrée dans l’histoire. Il constitue un frein majeur à la mobilité sociale, enfermant les individus dans des statuts hérités qui définissent leurs droits et opportunités. Il repose sur le mythe de la pureté généalogique et façonne durablement les mentalités à travers des mécanismes d’assignation sociale et de stratification.

Dans un contexte où la culture démocratique peine à s’imposer, ce système devient un outil de pouvoir pour certains. Son maintien leur garantit une position privilégiée qu’ils défendent farouchement, convaincus que leur statut est une question de survie.

Pourtant, il ne s’agit que d’une construction sociale persistante, transmise de génération en génération au point d’apparaître naturelle et immuable. C’est précisément ce qui rend sa remise en question difficile. Derrière cette hiérarchie figée se cache un conditionnement collectif, une mise en scène où chacun joue un rôle prédéfini. Certains justifient cette organisation en la présentant comme une simple division du travail, alors qu’en réalité, elle sert avant tout à préserver des privilèges sociaux.

Un formatage social qui limite l’individu

Dès l’enfance, un conditionnement subtil façonne les comportements et les aspirations. L’éducation met l’accent sur l’obéissance plutôt que sur la réflexion, utilisant la peur et la culpabilisation comme outils de contrôle social. Ce formatage a des conséquences profondes : manque de confiance en soi, dépendance à la validation sociale, difficulté à prendre des initiatives. L’individu apprend à se conformer, à éviter de questionner l’ordre établi, et à confondre respect et soumission.

Ce conditionnement ne se limite pas à l’individu, il structure la société tout entière. En figeant les rôles sociaux, il empêche l’émergence d’une véritable culture citoyenne, où chaque personne serait reconnue pour ses compétences et non pour son ascendance.

Ces hiérarchies, héritées du féodalisme et de la tradition, continuent de peser lourdement sur les individus. Qu’il s’agisse de castes, d’ethnies ou de classes sociales, elles fonctionnent toutes selon la même logique : diviser, figer, assigner et instaurer des barrières invisibles.

Le cas de la société sooninké

Chez les Sooninké, cette stratification est particulièrement marquée. Elle repose sur l’appartenance héréditaire et l’endogamie (mariage au sein du même groupe), renforçant ainsi les distinctions sociales. Cette société est organisée en trois grandes catégories :

      •     Les Hooro (nobles et hommes libres) : Ils comprennent les Tunkalemmu (princes fondateurs de villages), les Mangu (courtisans et guerriers) et les Modylemmu (guides religieux et imams).

      •     Les Naxamala (hommes de caste) : Artisans spécialisés, ils regroupent les Tago (forgerons), Sako (travailleurs du bois), Jaaro (griots) et Garanko (cordonniers).

      •     Les Komo (captifs et esclaves affranchis) : Historiquement, ce groupe était constitué d’esclaves et de leurs descendants. Bien que l’esclavage ait été aboli, des discriminations persistent et ces individus restent marginalisés.

Ce système ne se limite pas à une classification sociale ; il dicte les destins individuels. Comme le disait l’anthropologue Claude Meillassoux : « Une fois esclave, toujours esclave. » L’ordre social paraît si naturel qu’il est rarement remis en question.

Un modèle similaire chez les Halpulaaren (Peuls)

Comme chez les Sooninké, la société Halpulaaren est organisée selon une structure hiérarchique stricte, où chaque caste correspond à un rôle spécifique :

      •     Les castes d’autorité :

      •     Toorobbe (dirigeants religieux et politiques).

      •     Sebbe (anciens guerriers devenus propriétaires terriens).

      •     Jaawambe (conseillers des Toorobbe).

      •     Les travailleurs manuels, spécialisés selon leur matériau de travail :

      •     Maabube (tisserands), Waylibe (orfèvres et forgerons), Sakkeebe (peaussiers), Lawbe (boisseliers), Buurnaabe (céramistes), Awlube (griots), Wambaabe (guitaristes).

      •     Les Maccube (esclaves et serviteurs), au bas de la hiérarchie sociale.

D’autres groupes, comme les Wolof ou les Beidane (Arabo-Berbères), fonctionnent selon des logiques similaires. Ces hiérarchies sont si profondément intégrées qu’elles deviennent invisibles aux yeux de ceux qui les subissent. Pourtant, ce n’est pas parce qu’un système a toujours existé qu’il est légitime.

Un frein au progrès social et à la culture citoyenne

En enfermant les individus dans des statuts prédéfinis, ce système entrave la mobilité sociale et limite l’épanouissement personnel. Il réduit les opportunités, perpétue un climat de résignation, et freine l’éducation, l’initiative et l’engagement citoyen.

Or, aucune société ne peut évoluer sans citoyens libres de penser et d’agir en fonction de leurs talents et aspirations, plutôt que de leur naissance.

Déconstruire ces hiérarchies pour une société plus juste

Remettre en question ces structures hiérarchiques profondément ancrées, c’est permettre l’émergence d’une société plus équitable, où chaque individu pourrait exercer pleinement son rôle de citoyen.

Le parallèle avec la mentalité féodale est évident. Comme le système des castes, cette mentalité repose sur un conditionnement social qui limite l’autonomie et bride l’imaginaire. Elle produit des individus hésitants, en quête de validation, enfermés dans un système invisible qui détermine leur place et leurs ambitions.

Mais qu’est-ce qui justifie réellement cette stratification ? Rien d’objectif. Rien qui ne résiste à l’analyse historique, à la raison et au bon sens. Ce système repose sur des récits hérités du passé, des habitudes profondément enracinées dans l’inconscient collectif. Il ne tient que tant qu’on le considère comme une fatalité.

Or, l’histoire est pleine d’exemples de sociétés qui ont su déconstruire leurs hiérarchies oppressives et s’émanciper.

Alors, pourquoi pas nous ?

Les pistes pour un changement réel

      1.    Prendre conscience des mécanismes invisibles qui perpétuent ces inégalités.

      2.    Refuser de cautionner et de reproduire ces schémas en cessant d’assigner les individus à des catégories arbitraires.

      3.    Miser sur l’éducation et l’esprit critique pour déconstruire les préjugés et briser ces hiérarchies obsolètes.

En définitive, une citoyenneté pleine et entière en Mauritanie et dans la sous-région nécessite de dépasser ces assignations et de reconnaître la valeur intrinsèque de chaque individu.

La liberté ne s’hérite pas, elle se conquiert. Il ne suffit pas d’attendre que le monde change. Il faut œuvrer pour le changement.

Signataires :

Boulaye Diakité, socio-anthropologue

Mamoudou Baidy Gaye dit Alia, journaliste

Souleymane Sidibé, militant associatif

• Lien média https://www.cridem.org/C_Info.php?article=781518&fbclid=IwY2xjawIxte5leHRuA2FlbQIxMQABHWWjYRcQZaeIa-uElZVbRo4xG-GcaCZNBto6JuJLggiWaQ66zVqeSCpJzw_aem_PEr2Je9ltucj7yc7nNgCCg

● Biram Dah Abeid : «l’objectif de l’opposition est de renverser démocratiquement le pouvoir et je ne regrette en rien l’autodafé»

Biram Dah Abeid, chef de la Coalition des forces de l’opposition contre le régime, a déclaré que l’objectif de la coalition est de « renverser le régime de manière démocratique et d’accéder au pouvoir ».

Dans une interview exclusive accordée jeudi soir à Sahara 24, Ould Abeid a expliqué que les partis membres de la coalition « ne diffèrent pas dans leur opposition au régime », soulignant que « leur diagnostic sur son état est le même ».

« Les idéologies différentes ne divisent plus ceux qui luttent pour l’intérêt du peuple », a déclaré Ould Dah, soulignant que “le temps des tranchées idéologiques est révolu”.

Ould Abeid, arrivé en deuxième position lors de la dernière élection présidentielle de 2024, a fait part de son intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle, en déclarant chaque pas franchi est une préparation aux prochaines élections présidentielles ».

Parlant de son appel à l’autorisation des partis qui remplissent les conditions, il a déclaré convaincu que si le parti Rak était autorisé, « la Mauritanie verra la fin de la domination du parti au pouvoir sur la vie politique, une reconnaissance qui ne rompra pas nos relations avec le parti Sawab ».

« Nous avons des programmes clairs dans tous les domaines et nous avons la sympathie de nombreux cadres du régime qui ne peuvent pas manifester leur sympathie pour des raisons qui concernent le régime ».

Biram n’a pas nié ce que certains disent c’est-à-dire le fait que depuis qu’il s’est « réconcilié récemment avec la société traditionnelle, il a dû abandonner un grand pan de son radicalisme ».

« Mon objectif a-t-il dit n’est pas d’éliminer les notabilités traditionnelles et je n’ai aucun problème avec elles si les droits de la population étaient préservés » ajoutant qu’il avait gagné des batailles décisives avec les chefs traditionnels ».

A propos de l’autodafé, Biram a déclaré qu’il ne le regrettait pas considérant qu’il s’agit d’un acte glorieux auquel les gens se sont adaptés.

Ould Dah a parlé du mouvement IRA et de sa lutte pour mettre fin à l’esclavage, affirmant que « l’IRA est toujours présente sur toutes les places ».

Commentant son ascension, il a dit qu’elle « a transcendé les partis et les organisations et qu’elle est devenue en peu de temps l’égal du régime ».

Biram ne s’est pas dédouané de ses préoccupations politiques et a mentionné son souci de lutter contre l’esclavage en combattant la corruption.

« La question de l’esclavage est importante, mais je ne saurais ignorer la corruption dans mon pays, où les pots-de-vin sont répandus et où ses richesses sont pillées ».

« Je ne nie pas avoir des problèmes avec le régime d’Ould Daddah, et je suis sûr que si j’avais été à son époque, je m’y serais opposé », a-t-il déclaré, faisant référence à feu le président Mokhtar Ould Daddah.

« Cependant, ce qui caractérise son régime, c’est que la roue du développement dans tous les domaines a avancé dans un système basé sur l’abstinence à l’endroit des deniers publics ».

« Le seul reproche que je lui fais est celui d’avoir mené la guerre du Sahara “ mais je m’oppose cependant au coup d’État de juillet 1978, car il a retardé et même hypothéqué le développement du pays”.

• Lien média https://fr.saharamedias.net/biram-dah-abeid-lobjectif-de-lopposition-est-de-renverser-democratiquement-le-pouvoir-et-je-ne-regrette-en-rien-lautodafe/?fbclid=IwY2xjawIvxoNleHRuA2FlbQIxMAABHUbJebKSNzhL_fAN6Svj7imvitESWSIWZdk5WOj3jU-rGi087MQRb1UrCQ_aem_U0yIIdKxw0mGwmuiJU_OTA

● Au Sénégal, un député proche de l’ex-président Sall écroué pour « blanchiment et escroquerie »

VOA AFRIQUE – Un député d’opposition sénégalais proche de l’ex-président Macky Sall a été inculpé et écroué jeudi à Dakar pour « blanchiment, escroquerie sur les deniers publics et association de malfaiteurs », a indiqué à l’AFP l’un de ses avocats qui s’est dit « scandalisé » par cette décision.

Mouhamadou Ngom dit Farba, également maire d’une commune dans le nord du pays, a été entendu par un juge du pool judiciaire financier (PJF), un organe anti-corruption, qui l’a écroué, a déclaré Me Doudou Ndoye.

Il a été « placé sous mandat à la très grande surprise de ses avocats scandalisés par la procédure qui ne correspond à aucune des règles du droit sénégalais. L’accusateur ne dit rien de ce qu’il a fait. On le met en prison en attendant de savoir ce qu’il a fait », a fustigé Me Ndoye.

L’Assemblée nationale du Sénégal, saisie par le PJF, un organe mis en place par les anciennes autorités, avait le 24 janvier levé l’immunité parlementaire de M. Ngom pour qu’il soit entendu par la justice après des soupçons sur son implication présumée dans des irrégularités.

Le parquet de cette juridiction affirmait avoir reçu des rapports de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), un organe du ministère des Finances, qu’il a transmis à l’institution parlementaire, largement contrôlée par le pouvoir, pour la levée de l’immunité de M. Ngom, un homme de confiance de l’ex-président Sall (2012-2024).

« Les investigations menées révèlent des mécanismes sophistiqués de blanchiment de capitaux par le biais de sociétés écrans qui auraient été utilisées pour des transactions suspectes d’une valeur estimée provisoirement à plus de 125 milliards de francs CFA » (plus de 192 millions d’euros), avait affirmé le parquet du PJF dans un communiqué publié le 12 janvier.

Plusieurs autres personnes proches de l’ex-pouvoir sont citées dans ce dossier, selon la presse locale. Des dizaines de partisans du député Ngom qui ont manifesté jeudi aux abords du siège du PJF, en face de l’Université de Dakar, ont été dispersés par la police, a constaté un photographe de l’AFP.

L’entourage du député dénonce depuis plusieurs semaines l’exécution, selon lui, d’une « commande politique » par la justice. Le nouveau pouvoir sénégalais, issu de l’élection en mars du président Bassirou Diomaye Faye, a notamment promis de rompre avec l’ancien système.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a promis en septembre des enquêtes sur la « corruption généralisée » ayant sévi selon lui sous l’ex-régime. Plusieurs ex-responsables ont été inculpés et écroués ces derniers mois.

AFP

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