—Par Biram Ould Dah Ould Abeid, Député Mauritanien, Président de la Coalition de l’Opposition Anti-Système et de l’Initiative de Résurgence Abolitionniste (IRA), Prix des Droits de l’Homme des Nations-Unies (2013).
Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, chers guides et frères, après plusieurs nuits de stress et d’insomnie, à Bruxelles, capitale de l’Europe, je me résous à vous écrire, espérant que vous lisiez mon message, malgré la priorité des impératifs que vous dicte l’exercice du pouvoir d’Etat. L’Afrique est nostalgique des pionniers de ses luttes pour la dignité, la vraie, presque tous partis en martyrs, sans avoir assisté à votre exploit. Le recouvrement de leur rêve de leaders bâtisseurs vous échoit. Il vous appartient de confirmer la revanche, sur la malédiction du sort et la nuisance des forces rétrogrades, soient-elles endogènes ou d’appoint aux appétits extérieurs. Des générations d’Africains n’ont cessé, depuis des décennies, de scruter l’horizon – obstinément vide – du lendemain qui répare et rassure. Avant vous, les multitudes vivaient l’espérance, quasi messianique d’une relève, sur la voie du redressement moral, pour qu’enfin prenne corps, la promesse de l’émancipation. Patrice Lumumba, Ruben Um Nyobè, Ahmed Ben Bella, Mehdi Ben Barka, Alioune Blondin Diop et bien d’autres, attendent, avec la patience du monde des esprits, que nous exhaussions leurs vœux par le parachèvement de l’entreprise de libération du Continent. Vous avez jeté les jalons du Pastef, en tête de pont de renaissance et de reconquête d’une destinée trop longtemps tenue sous l’éteignoir de la corruption, de la brutalité et des égoïsmes. En arrachant les instruments de la légitimité populaire, grâce aux atouts exclusifs de la persuasion, vous avez érigé un modèle de vertu, là où la plupart de vos prédécesseurs échouaient, sans répit. Croyez-en un aîné, vous n’avez droit à l’erreur. Après tant de sacrifices, la négligence ne vous est permise. Or, les informations et échos de votre dissensus nous parviennent du Sénégal. La rumeur nous afflige et nous plonge dans une anxiété qu’agitent l’appréhension de l’échec et la crainte d’un cinglant désaveu par l’histoire dont nous ne saurions nous relever, de sitôt. Pourtant, en Afrique, les populations vulnérables, les jeunes, les patriotes et surtout les cadets sociaux, au-delà de votre pays, commençaient à entrevoir la délivrance car vos victoires, réitérées dans les urnes, validaient leur aspiration à vaincre la fatalité. Un tel affranchissement ne peut devenir objet d’aventure. C’est un bien précieux et sa perte, ô combien onéreuse, déclencherait l’onde de choc de la régression et baliserait la pente de l’impuissance. Aussi, vous invitons-nous au sursaut de la lucidité, afin d’éviter que se rompt l’élan de la locomotive salutaire. Pastef- Sénégal, porte notre foi commune en l’avenir d’une Afrique des peuples, de la démocratie et de la souveraineté restaurée. Vous n’êtes pas seuls.
En ce moment crucial de notre histoire, le Mali a besoin d’une parole forte, d’une parole de vérité, et d’une parole de responsabilité.
Notre nation affronte des défis économiques, sociopolitiques et sécuritaires d’une gravité exceptionnelle. Mais à ces défis s’ajoute un autre combat essentiel : celui des droits humains. Aucun progrès durable, aucune stabilité réelle, aucune paix solide ne peut naître là où la dignité humaine est ignorée ou sacrifiée.
C’est pourquoi nous devons dire les choses avec clarté : les autorités ont la responsabilité de regarder en face la réalité du pays. Les indicateurs économiques sont fragiles.
Le tissu social est mis à l’épreuve. Les libertés publiques, la justice, la sécurité des citoyens et la lutte contre les violences doivent redevenir des priorités absolues. Ce n’est pas de la contestation : c’est une exigence de démocratie, de vérité et d’humanisme.
Le Mali n’a plus besoin de slogans.
Le Mali n’a plus besoin de propagande. Le Mali a besoin d’un discours franc, d’une parole qui ne cache pas les difficultés mais qui propose des réponses courageuses et crédibles.
La confiance ne se décrète pas : elle se construit par la transparence, par l’intégrité et par le respect scrupuleux des droits humains.
Et au-delà du présent, il nous faut déjà préparer l’avenir. Car après le temps du pouvoir militaire comme après tout système politique nous devrons être capables de nous regarder dans les yeux, sans haine, sans vengeance, sans esprit de revanche. C’est à cette condition que la réconciliation sera possible. C’est à cette condition que la dignité sera restaurée. C’est à cette condition que le Mali pourra se relever.
Semons dès maintenant cette culture de respect, de justice et de vérité. Défendons les droits humains comme un socle inébranlable, non pas contre l’État, mais pour l’État, pour le peuple, pour la paix. Car un pays qui protège la dignité de chaque citoyen se protège lui-même.
Le Mali est notre héritage commun. Il est notre devoir, notre responsabilité et notre honneur de le défendre sans haine, mais avec fermeté ; sans peur, mais avec lucidité ; sans mensonge, mais avec courage.
Et c’est ensemble unis, dignes et résolus que nous construirons un Mali où chaque enfant, chaque femme, chaque homme pourra vivre libre, en paix, et respecté dans sa pleine humanité.
Certains ont comparé l’ordre et la discipline urbaine de certaines villes asiatiques à l’application d’une logique d’inspiration coranique : celle d’une rationalité ordonnée, d’une harmonie collective née du respect de principes supérieurs. Mais cette référence, souvent réappropriée à des fins politiques ou culturelles, témoigne d’un paradoxe : l’Islam, religion de raison et de justice, semble parfois absent des réalités sociales et politiques de ceux qui s’en réclament.
C’est pourtant sur des préceptes d’ordre, d’équité et de dignité que s’est fondée la Révolution torodo au Fouta-Toro, où Ceerno Souleymane Baal chercha à ériger une société islamique équilibrée une cité où chaque caste tirait sa dignité du travail, où la femme était respectée comme gardienne du lien social, et où l’esclavage fut combattu comme une offense à la justice divine. Ceerno, fidèle à l’école malikite, sut unir la lecture littérale du Coran à l’exigence rationnelle. Il démontra que la fidélité à la Révélation n’exclut pas la lucidité politique, et que la spiritualité, loin d’être un refuge, est un acte d’ordre et de construction.
Le premier verset révélé au Prophète » Lis ! » (Iqra’) n’est pas une simple injonction littérale. C’est une ordonnance ontologique : un appel à la connaissance, à la quête de sens, à la compréhension du monde comme condition humaine. Lire, c’est déchiffrer le visible et l’invisible, c’est participer à l’acte divin de compréhension. La tradition islamique a toujours lié la foi à la connaissance (ʿilm), et la connaissance à la dignité. Le Coran évoque d’ailleurs la création du calame et de la tablette, symboles de la mémoire et de la pensée. Le musulman est ainsi appelé non seulement à croire, mais à penser le juste, à aimer la vérité et à agir selon la raison éclairée par la foi.
Dès lors, que signifie le silence des juristes religieux lorsque l’ordre public est bafoué, que l’égalité sociale s’effondre, que la corruption dévore les institutions ? Que signifie ce mutisme quand les prêches ne sont plus entendues, ou quand elles sont écoutées pour être aussitôt oubliées ? Ce silence devient plus qu’un désengagement spirituel : il est la marque d’une démission morale. Est-ce le signe d’une foi de façade, d’une passivité devant le chaos, ou le produit d’une éducation religieuse biaisée qui a détaché la foi de la cité, la conscience du politique, la prière de la justice ?
Car lorsque les savants se taisent, le vide qu’ils laissent est aussitôt comblé. Ce silence des fuqahāʾ ouvre un espace que d’autres s’empressent d’occuper : des activistes, sincères parfois, mais souvent emportés par la colère plus que guidés par la connaissance. Ils se croient porteurs d’un langage de vérité, mais leurs voix, nourries d’indignation plutôt que de science, finissent par déformer ce qu’ils prétendent défendre. Ils brandissent la justice sans en comprendre la mesure, s’érigent en juges sans la rigueur du droit, parlent au nom du peuple sans la sagesse de la loi. Ainsi, le déséquilibre s’installe : la parole du savant, qui aurait pu apaiser, structurer et élever, est remplacée par le cri du militant qui divise, blesse et consume. Et lorsque la colère tient lieu de pensée, la justice elle-même devient aveugle.
Dans des États qui se proclament islamiques, ce silence n’est pas seulement religieux : il devient institutionnel, étatique, moral. Les conseils religieux, souvent intégrés aux appareils du pouvoir, préfèrent l’obéissance à la vérité, oubliant que la mission du savant est d’être miroir du juste, non paravent du prince. Ce silence, c’est celui d’une conscience qui abdique. Et cette abdication ouvre la voie à la confusion : entre foi et idéologie, entre engagement et agitation, entre l’appel au bien et la soif de visibilité.
Pourtant, le fiqh originel n’a jamais été un droit du silence. Il était une pensée dynamique, ouverte sur la raison et sur le changement des temps. Les juristes malikites rappelaient que le changement des coutumes entraîne le changement des jugements : la loi ne se fige pas, elle s’adapte pour préserver l’équité. L’ordre islamique véritable n’est pas celui d’une immobilité, mais d’un équilibre : celui d’une justice sociale et morale, d’une préservation de la dignité humaine, d’une paix intérieure qui se prolonge dans la cité.
Le mutisme du savant face à l’injustice équivaut à la démission du témoin, car le témoignage du vrai (shahāda) est le prolongement de la foi. Celui qui se tait devant l’oppression participe à son maintien. Le rôle du fiqhi n’est pas de bénir l’ordre établi, mais de rappeler que la cité de Dieu n’est pas celle des puissants, mais celle de la justice.
L’Islam, dès ses origines, a proposé une vision cosmique du monde. Le Coran évoque les étoiles, les galaxies, l’expansion du ciel bien avant que la science moderne n’en formule les lois. Cette ouverture au cosmos traduit une conception unifiée du savoir : l’homme, en connaissant, participe à l’ordre divin. Aujourd’hui, cette dimension rationnelle et contemplative s’est dissoute dans une pratique fragmentaire où la religion devient un refuge identitaire plutôt qu’un projet de civilisation. Beaucoup cherchent dans l’islam un apaisement spirituel sans y puiser une éthique du monde.
Mais la véritable foi, celle qu’incarnait Ceerno Souleymane Bal, consiste à faire régner la justice dans la cité. Refuser la justice, c’est trahir la volonté divine. Le fiqhi qui se tait face à l’oppression ne manque pas seulement à sa mission : il rompt le pacte du savoir et du juste. Et c’est alors la raison ce don premier de Dieu qui s’éteint dans le vacarme du monde.
Dans les États islamiques contemporains, où les textes juridiques mêlent droit moderne et droit religieux, le fiqh pourrait redevenir une source d’équilibre et d’inspiration. À travers une lecture rationnelle du Coran et une compréhension renouvelée de ses finalités, il peut aider les magistrats à replacer le souci du juste au cœur de leur fonction. Car juger, dans la perspective islamique, n’est pas seulement appliquer la loi : c’est rechercher la vérité avec équité, préserver la dignité humaine et restaurer la balance morale du monde. En réconciliant la rigueur du droit avec la lumière de la raison coranique, le fiqhi peut encore inspirer des textes plus justes, des décisions plus équilibrées et une justice plus conforme à la noblesse de l’esprit islamique.
La Mauritanie par exemple alliant droit islamique et moderne dans ses cadres normatifs aurait pu être un bastion de la pensée rationnelle islamique, le lieu d’un rééquilibrage inspiré par le fiqh, aussi bien dans son paysage législatif que dans l’action des acteurs sociaux et politiques. Son histoire ne manque pourtant pas d’exemples où la rigueur religieuse s’alliait à la justice politique : l’héritage de l’empire du Ghana, l’expérience réformatrice du Fouta, ou encore Chinguetti, temple du savoir et carrefour des sciences religieuses. En renouant avec cette tradition, la Mauritanie aurait pu rappeler au monde musulman le socle vivant de la science juridique islamique une science qui ordonne la cité, éclaire la raison et élève la justice.
Ainsi, dans le cadre républicain mauritanien, il serait possible de concevoir un projet institutionnel qui réconcilie la foi et la raison autour d’un même horizon éthique : celui de la justice, du savoir et de la dignité. L’éducation nationale, pierre angulaire de la conscience civique, devrait devenir l’espace privilégié où se tisse ce dialogue entre la science et la Révélation. Non pas pour confondre les domaines, mais pour leur restituer leur complémentarité : la foi, comme source de valeurs et d’équilibre moral ; la raison, comme instrument d’exploration du monde et de progrès collectif. Un tel plan pourrait intégrer, dans les curricula, une pédagogie de la justice sociale inspirée des principes coraniques d’équité et de solidarité, tout en renforçant la formation scientifique et cosmologique comme acte spirituel de connaissance. Il s’agirait aussi de développer des programmes de prévention intellectuelle contre les idéologies extrémistes, en opposant à la radicalité la rigueur du fiqh, à la haine la lumière de la connaissance, et à la confusion des discours la clarté d’une raison éclairée par la foi.
Mais au-delà de l’éducation, la pensée islamique elle-même doit être reconstruite, non dans une rupture avec la tradition, mais dans une fidélité intelligente à son esprit de raison et de justice. L’ijtihād effort d’interprétation et la maṣlaḥa recherche du bien commun doivent redevenir les instruments centraux d’une pensée islamique vivante, capable de dialoguer avec les réalités sociales contemporaines. Ces mécanismes, loin d’être figés, peuvent nourrir un projet de réunification nationale, en fondant la cohésion non sur l’ethnie ou la région, mais sur la dignité partagée de l’être humain, créé libre et responsable. L’‘adl (justice), l’ukhuwwa (fraternité) et la karāma (dignité) pourraient ainsi devenir les piliers d’un civisme spirituel, où la foi ne s’oppose pas à la citoyenneté, mais en élève le sens moral.
La Mauritanie, forte de sa diversité culturelle et de son expérience dans la lutte contre le terrorisme, pourrait devenir un laboratoire de ce renouveau islamique. Sa stabilité relative, son enracinement dans la tradition malikite et son héritage intellectuel issu de Chinguetti lui offrent les conditions d’une réconciliation entre religion, raison et République. En transformant la lutte contre le radicalisme en un combat intellectuel et moral pour une pensée éclairée, une justice sociale authentique et une pédagogie du respect , elle pourrait montrer qu’un État musulman moderne n’est pas celui qui impose, mais celui qui élève. La Mauritanie, fidèle à sa vocation spirituelle et politique, pourrait rappeler au monde que la véritable force d’une nation ne réside pas dans la domination, mais dans la construction d’une dignité partagée, où la foi inspire le civisme et la civilité devient un prolongement de la spiritualité.
Dans les Républiques Islamiques comme dans tous les États, traversés par le tumulte de la désinformation, l’indignation sélective et la confusion des repères, il faut des voix qui rappellent que la parole de Dieu doit rester audible : une parole de justice, de connaissance et d’équilibre, capable de réguler le désordre du monde et de rétablir la mesure du vrai.
Aissata Ahmedou Tidjane Bal, Juriste en droit Public.
Nos propos ne s’attarderont ni sur la visite présidentielle à l’Est du pays, ni sur le rapport de la Cour des Comptes, mais sur une phrase – apparemment anodine – prononcée par le Président Mohamed Ould Ghazouani : « La Mauritanie est un petit pays ».
Cette phrase, qui a surpris plus d’un Africain, résonne pourtant comme un axiome mathématique – une vérité posée sans démonstration, mais énoncée avec la tranquillité de l’évidence. Un axiome qui, derrière son apparente modestie, cache un diagnostic implacable: celui d’un État réduit à sa plus simple expression, trahi par ceux qui l’ont façonné. Une vérité qui dépasse son auteur et qui trouve écho dans les propos tenus par le Président lors de son périple à l’Est, révélant ainsi les failles profondes d’un système qui peine à se réformer. En qualifiant la Mauritanie de ‘petit pays’, le Président voulait probablement évoquer sa superficie, sa population ou ses ressources limitées. Mais les mots ont parfois une vie propre et révèlent des vérités inattendues. Car, oui, la Mauritanie est un petit pays, non pas en raison de sa taille ou de ses ressources, mais à cause de la petitesse de ses ambitions, de la médiocrité de ses pratiques politiques et de la fragilité de ses institutions.
Un pays est petit quand la tribu y pèse plus que l’État. Quand le mensonge devient une méthode de gouvernance. Quand la promotion se fonde sur l’appartenance et non sur le mérite. Quand l’élite confond patriotisme et privilèges. Quand les mêmes visages – depuis Maouiya – continuent à décider pour tous. Un pays est petit : – Quand ses dirigeants se soignent à l’étranger tandis que ses hôpitaux meurent. – Quand leurs enfants étudient ailleurs pendant que l’école publique s’effondre. – Quand les intellectuels sincères sont marginalisés et les médiocres décorés. – Quand les institutions sont faibles et les hommes forts. – Quand l’opposition passe plus de temps à se battre contre elle-même qu’à proposer une alternative. Ce sont là les symptômes d’une petitesse nationale. Mais aussi les attributs d’un petit pays. Et surtout, un pays est petit lorsque son peuple se résigne à être gouverné ainsi.
Depuis sa naissance, la Mauritanie s’interroge sur son identité: arabe, africaine, berbère, négro-mauritanienne ? Mais pendant que nous débattons de ce que nous sommes, nous oublions ce que nous valons. Nos ancêtres ont bâti des empires, des émirats, des almaamiyya fondés sur l’honneur, la justice, la bravoure et la science. Leurs héritiers, eux, ont érigé la triche, le népotisme et la cupidité en valeurs d’État.
Depuis sa création, le pays s’est enlisé dans une querelle identitaire stérile, préférant renier son authenticité plutôt que d’assumer les vérités que l’histoire et l’archéologie pourraient reveler. Notre élite s’abreuve de récits importés et de copies douteuses, reniant la Mauritanie des empires, des savants et des bâtisseurs. C’est ainsi que nous sommes devenus petits dans un petit pays.
Le Président avait raison, d’une certaine manière: la Mauritanie est un petit pays. Sinon, comment expliquer – comme je l’ecrivais un peu plus haut – la présence de ces hommes et femmes qui, depuis plus de quarante ans (de Maouiya à aujourd’hui), continuent à gouverner, à s’accommoder de toutes les situations comme des danseurs s’ajustant aux rythmes du tam-tam ? Ils décident pour nous de tout : de l’école, de la santé, de la gouvernance. Et pourtant, ils ne se soignent pas ici et leurs enfants n’apprennent pas dans nos écoles. Voilà pourquoi nous sommes un petit pays: sans logique programmatique, sans vision de développement, prisonniers d’une classe dirigeante dont la seule constante est la préservation de ses intérêts. Le cercle vicieux du pouvoir.
Nous sommes un petit pays parce que nous avons perdu la mémoire politique et la culture de la dignité. Souvenons-nous : les proches de l’actuel Président voulaient un troisième mandat pour son prédécesseur, Ould Abdel Aziz, au nom de son « irremplaçabilité ». Ils l’ont fait pour Maouiya, pour feu Ely, pour feu Sidi Ould Cheikh Abdallahi… et ils le feront encore pour Ghazouani, tout en préparant déjà leurs discours de soutien pour le prochain. Voilà pourquoi nous sommes un petit pays.
Le résultat est clair : Un pays riche par la nature, mais pauvre par la culture de ses élites. Quand un peuple se laisse gouverner par des criminels en col blanc, quand il accepte la corruption comme une fatalité, quand il célèbre les voleurs plutôt que les bâtisseurs, il devient le miroir de sa propre décadence. Le miroir de sa petitesse. Le résultat d’une équation morale.
Ce que Ghazouani a dit, sans le vouloir peut-être, c’est que la Mauritanie est devenue le reflet exact de ceux qui la dirigent – et de ceux qui les tolèrent. Et tant que cette équation ne changera pas, le résultat restera le même: Petit pays = petits hommes = petites ambitions.
Oui, Monsieur le Président, vous avez raison: la Mauritanie est un petit pays. Mais elle ne l’est pas par nature – elle l’est par choix, par renoncement, par résignation. Elle le restera tant que les Mauritaniens ne décideront pas de redevenir grands: non par les discours, mais par la dignité, le travail, la justice et la mémoire. Une vérité douloureuse, mais necessaire.
Car ce pays, jadis grand par ses empires, est devenu petit par ses comportements – ceux d’un État profond qui a pris en otage la République. Et le premier pas vers la grandeur est peut-être, paradoxalement, d’avoir enfin reconnu notre petitesse – et que ce constat vienne du plus haut sommet de l’État.
La vérité de cet axiome, c’est que nous sommes aujourd’hui perdus, désorientés, abandonnés. Mais si nous savons nommer notre petitesse, alors peut-être, enfin, pourrons-nous redevenir grands.
–Par Biram Ould Dah Ould Abeid Député à l’assemblée nationale de Mauritanie
Dès après le premier putsch prétorien de1978, la corporation des officiers supérieurs a pu remodeler le jeune Etat, pour l’acclimater aux prérequis de la tribu et de l’ethnie, comme source tacites de légitimité. Certes, ils n’ont jamais assumé la mue et les Mauritaniens la subissaient, plutôt, sous le mode de la clandestinité honteuse. La structure politique et administrative, quoique centralisée en apparence, a été prise d’assaut par les forces centrifuges et ainsi dépouillée de ses prétentions au jacobinisme. D’arbitre soucieux de préserver l’intérêt général, à partir d’une capitale de laquelle l’autorité juste ruissellerait sur le reste du pays, les militaires ont réduit, l’entreprise, à une arène de compétition des appétits primitifs où la force armée ne sert plus qu’à réguler, au sommet, la rotation du « chacun son tour ». L’organisation de l’ensemble ne relève de l’aléa, même si elle n’a jamais été revendiquée sous la forme d’une charte ou d’un référent théorique. Mercantile avant que d’être idéologique, elle s’inscrit, d’abord, dans la durée du fait accompli et produit, depuis des décennies et sans aucune césure ni trêve, la répartition des avantages statutaires, matériels et symboliques, selon l’audience et l’entregent de telle ou telle « communauté », au triple détriment de l’égalité, du mérite et de la compétence. Il s’agit, au fond et avant tout, d’une prédation mise en œuvre derrière le paravent d’un modèle de gestion dont la façade arbore les attributs de la république mais dissimule la matérialité d’un exercice de type clanique que sa verticalité prédestine à engendrer le privilège, le passe-droit et la fraude, au bénéfice d’une clientèle culturellement homogène. La question n’est donc plus de savoir si l’État mauritanien est ou non une structure ethno-tribale, à vocation de mafia. Non, il importe, désormais, de se demander en quoi consiste la sortie du système de délinquance feutrée, en vue de d’imaginer puis de recréer une solution alternative, sur la base des standards universels de la vertu.
I. La matrice factuelle de la préférence, l’autre cache-misère de la discrimination Dès la fin des années 1970, le partage du pouvoir suivant la rationalité décrite plus haut, s’est imposé en norme adossée à l’évidence, c’est-à-dire non-questionnable. Les gouvernements successifs ont toujours illustré et reconduit l’architecture inéquitable de la répartition : 23 à 25 ministres Maures, 1 Soninké, 3 à 4 Hal Pulaaren et Hratine mais ces derniers, souvent, préemptent l’affichage du poste de Premier ministre, aux fins de racheter, du moins démentir la réputation esclavagiste du pays. Les Wolofs, composante reconnue et les Bambaras ignorés, demeurent assignés aux marges du hasard. La roue capricieuse de la fortune peut les atteindre, par ricochet. Le déséquilibre marque les entrailles de l’appareil administratif, de la justice, de l’éducation nationale, des sociétés d’Etat, des douanes, des impôts et contributions diverses, de la diplomatie, de l’armée, de la police et de la religion officielle. Les nominations y procèdent des ondes concentriques de l’esprit de corps, loin des critères de l’utilité sociale. A cause de la distorsion du rapport des forces en termes de moyens pécuniers, la pratique de l’éviction n’épargne, non plus, le semblant de démocratie élective : La composition du Parlement le reflète assez, jusqu’à la caricature. Les députés s’élèvent, là, au nom de leur appartenance privée et des intérêts qui les portent. Leur représentativité résulte de l’achat des consciences et, surtout, de la fraude dans les urnes. In fine, l’Etat s’est transformé en une fédération de clientèles d’une avidité débridée. La coexistence de celles-ci repose sur l’alternance périodique des concessions à la tribu, au détriment du bon sens. Cependant, des promotions bienséantes profitent, quelquefois, à des personnes issues du lot des exclus mais pas toujours porteuse de qualification. L’inflexion ressortit au soin de nourrir l’apparence de l’inclusion, peu importe l’effectivité du partage. Le faux plausible alimente l’ingénierie du déni oblique en Mauritanie.
II. Le commerce de la position décisionnelle et l’effondrement de la redevabilité La monomanie de quotas et du clientélisme prédateur a fragilisé la fonction publique et altéré ses objectifs, dans des proportions que l’on qualifierait d’irréversibles. Depuis le milieu des années 80, plus de 70 % des hauts responsables, chargés de mission, conseillers, directeurs généraux ou directeurs singuliers, ne proviennent pas des corps constitués de l’administration et très peu doivent, leur poste, à un concours. La privatisation de l’Etat favorise l’escalade des médiocres, à la cime de l’échelle des valeurs. D’emblée, elle confère, à la meute solidaire du passable et du moyen, l’usage du cachet et lui procure les clés du coffre-fort. Le capital privé national est né aux forceps d’une série de coups d’Etat. Les présidents de conseils d’administration – malgré une loi encore sans effet qui prétend y mettre un terme – captent leur sinécure, de la seule nécessité de recycler les pièces du rouage, momentanément ou à jamais hors circuit. Ici, nul ne tombe en péremption, tout se récupère, l’économie circulaire du tri sélectif tourne à plein régime. L’on comprend, dès lors, la réticence, voire l’inaptitude de l’engrenage susmentionné, à sanctionner le détournement du denier de la collectivité. La pression de la tribu, du clan, de la grande famille garantit, aux auteurs, l’impunité et l’atout rétrospectif de l’invincibilité. En 2025, le rapport de la Cour des comptes pourtant explosif, risque de verser dans la confirmation du pis-aller. La dérive précitée compromet la perspective d’une réforme en profondeur qui irait à contresens du clientélisme proto-eugénique. Néanmoins, la révision est possible, de l’intérieur, à condition que le système consente à son suicide, pour le bien commun. Hélas, en politique, les exemples d’un altruisme aussi extrême n’encombrent le cours de l’histoire.
III. Les revers du discours et l’’avarie du verbe autopromu À maintes reprises, le Chef de l’Etat Mohamed Ould Ghazouani a exprimé son intention de transformer la société et de rétablir le droit des gens. Ses envolées à Ouadane, Néma et Djéwol ont suscité l’espoir d’une thérapie de choc, d’un nouveau départ, empreint d’inventivité et de reconquête de l’éthique. Cependant, les promesses ne dépassent, encore, le stade de la déclamation saisonnière : En termes, d’évaluation, de projection de long terme et de plan d’action, l’horizon trahit l’insondable vacuité d’une gouvernance d’au jour le jour. L’agence Taazour, créée en 2019 pour combattre la pauvreté et l’exclusion, témoigne du décalage entre la parole et l’acte. Ses interventions ponctuelles n’ont produit qu’un impact folklorique et des avalanches de commentaires sur les réseaux sociaux. Le dernier laïus du Président à Nbeiket Lahwach, au début de novembre 2025, appelle à interdire la participation des fonctionnaires à la théâtralité des tribus. Le propos, d’ailleurs éloquent, va dans le bon sens mais l’intention prospère au cœur d’un paradoxe confondant : La tournée du Chef de l’Etat, a été supervisée et exécutée par des fonctionnaires dans un cadre strictement tribal, lui-même financé sur l’argent du contribuable. Des ministres, secrétaires généraux, ambassadeurs et autres meneurs de la machine de l’Etat s’en sont même vantés, à visage découvert. Le Président devrait parler un peu moins et sévir beaucoup plus. S’il le fait, l’opinion, y compris ses adversaires, s’exprimera pour lui.
IV. Réparer l’Etat L’ambition suppose une rupture claire d’avec les anachronismes et la volonté de tenir, fermement, l’anse de l’équité. La réparation doit s’articuler autour de mesures précises : 1. Abolir les quotas et dosages tribaux, ethniques ou communautaires, lors du choix des agents du service public et privilégier le mérite professionnel, la compétence, l’intégrité et l’expérience. 2. Abroger, avec effet rétroactif, le recrutement des non-fonctionnaires. Un audit complet des nominations durant les deux dernières décennies permettra de réévaluer les ressources humaines, réduire les coûts de fonctionnement et corriger l’injustice flagrante de certaines préséances. 3. Approuver et appliquer, sans délai, le projet de décret relatif au personnel de la fonction publique, texte bloqué depuis des années dans un tiroir du ministère éponyme. 4. Traduire, en gestes forts, le vœu de lutter contre la corruption et les fraudes, notamment, la contrefaction des diplômes et la falsification des habilitations professionnelles. Les poursuites judiciaires, audits et transparence des rapports de la Cour des Comptes et de l’inspection Générale de l’Etat constituent les instruments désignés de la riposte. En guise de conclusion La Mauritanie se trouve à la croisée des chemins. Le Chef de l’État, à présent au milieu de son second et dernier mandat, détient la totalité des cartes. Il peut entrer dans l’Histoire s’il consent à réhabiliter l’Etat, grâce à la moralisation des comportements et au choix avisé des femmes et hommes en charge de conduire le relèvement. S’il se résout à éradiquer l’anarchie, l’insuffisance et la faveur héritée, il reprendra le chantier désaffecté de la République, là où les militaires l’ont arrêté en 1978. Nous voulons croire au sursaut et y concourir, pleinement, dans l’espoir de voir renaître, enfin, l’idée d’une Mauritanie de la justice, de la méritocratie et de l’unité qu’irrigue l’exigence de l’égalité, définitivement à l’abri des distinctions de naissance.
Au cours de la lecture de l’ouvrage « Le Contrat racial » du philosophe Charles W. Mills, des passages d’une belle critique faite de certaines références philosophiques de la substance épistémique du monde encarté occidental, ont suscité intimement une stimulante curiosité en moi. Ici notre note de lecture https://ecrit-ose.blog/2023/07/11/%e2%97%8f-note-de-lecture-dun-ouvrage-marquant-le-contrat-racial-de-charles-wade-mills/. Notamment certaines notions qui appuient une sophistication « savante » d’un nombre de préjugements qui font source déterministe, essentialiste et fataliste de sciences sociales et politiques. Ce qui a donné corps et (donne corps) à un postulat racialiste d’un certain rationnalisme laissant comprendre que les Hommes (comprendre les races selon cet entendement) ne pourraient pas se valoir par leurs actes (vertueux ou pas) parce qu’une élection naturelle (d’ordre divin) les ségrégue et assigne fatalement par l’essence d’une supposée grâce fatidique. Ainsi, de cette donnée apprise par mon approche de passable « apprenti philosophe » free-lanceur, j’y ai articulé un concept entendu régulièrement dans les interventions médiatiques et conférences (principalement sur YouTube) de l’historien français Johann Chapoutot, le darwinisme social. M. Chapoutot qui est écrivain et historien du nazisme, disséque avec beaucoup d’entrain les univers mentaux du terreau sociologique, idéologique et politique du monde occidental qui a vu poindre le sinistre phénomène nazi. Il laisse entendre que le darwinisme social couvait et occupait l’arrière-fond socio-politique et religieux d’un certain ordre civilisationnel en fonctionnant sous une certaine binarité comme suit : le Centre-essence dans l’histoire (l’entité blanche occidentale) et les marges-relégués dans l’histoire (autres peuples biologiquement d’ailleurs). Le nazisme hilterien s’était aligné horriblement avec un zèle particulièrement violent et totalitaire en s’inspirant ou en profitant des circonstances et des facilités structurelles au sein de l’environnement sociologique germanique. Un darwinisme social racialisé et militarisé « brun » pour épurer l’espace biotope germain et imposer un suprémacisme ethno-racial aux marges non germaniques qui doivent subir écrasements et dévastations multiformes. Donc… le darwinisme social porte intrinsèquement les germes d’un suprémacisme identitaire par lequel une sorte de divinité-peuple ethnique qui s’accorderait une élection naturelle pour dominer les autres peuples qui seraient inférieurs par fatalité de nature. Au temps de l’Afrique du Sud sous l’apartheid, les pontes religieux parmi le monde Afrikaner étaient gavés idéologiquement en la matière pour « moralisée » les comportements sociaux et politiques du système foncièrement racialiste, raciste et suprémaciste.
Le darwinisme, la définition du Larousse nous renseigne : « Théorie de Darwin d’après laquelle les espèces évoluent selon les lois de la sélection naturelle. »
Et de ce qui peut exister d’un semblable darwinisme social dans certains de nos enclos communautaires et ethno-raciaux en Afrique :
« Darwinisme social » comme ideologie d’où végéte un certain suprémacisme ethno-racial, a ses versions grises très actives dans beaucoup de nos communautés africaines. Le droit du sang et l’intégrisme communautaire en constituent une substance de nature. Merci encore à l’histoirien Johann Chapoutot pour ses réflexions pertinemment énoncées à propos de cette matrice historique du phénomène nazi, en l’écoutant attentivement écho et parallélisme nous bipent sans cesse…
Écho et Parallélisme par un certain essentialisme identitaire qu’on retrouve dans les idéologies sociales intra-communautaires et transcommunauraires. Le système de castes en est une certaine illustration de ce darwinisme social gris. La caste dans l’ensemble communautaire devient un sceau identitaire d’essence dans le temps et dans l’espace. Un certain ordre endogamique assurant la continuité, l’individu est né « étant » assigné socialement donc tout projet de « devenant » est lié et circonscrit à cet étant dans son couloir collectif (sa caste). C’est un schéma d’une hermétique prédestination qui constitue l’arrière-fond philosophique de l’affaire. On dira que le destin se serait chargé naturellement du tirage au sort entre les assiettes identitaires et le sang (la biologie du coup) fait le statut et le rang en toute fatalité. Cette dernière fait substance à ce darwinisme social gris sous l’ordre d’un intégrisme communautaire qui peut se manifester par un narratif apologétique d’un noyau « identité originelle » adossée à une sorte de divinité ethnique. La sélection naturelle est du fait de la croyance à ce dogme peu avouable nominalement consacré à cette divinité ethnique qu’on peut qualifier de divinité-peuple. Une culture d’un fatalisme écrasant qui ne supporte que difficilement tout mouvement de changement structurel. Les inégalités sociales et politiques internes, il faut les accepter et les faire accepter parce que l’assiette sociale qui détient la suprématie s’érige comme l’incarnation absolue de la lieutenanance de la divinité ethnique ou la divinité-peuple. Les subordonnés statutaires se doivent une acceptation que le sort leur fut défavorable une fois pour toutes et leurs éventuelles volontés d’agir pour un changement de condition ou de statut seraient accusées de blasphèmatoires à l’encontre de l’ordre divin ethno-racial. Par exemple en Mauritanie : un esprit suprémaciste et féodalo-esclavagiste qu’il soit arabo-berbère, soninké ou poular verrait toujours de « l’extrémisme » et de la « haine » chez les « cadets sociaux » qui osent réclamer effectivement l’égalité sociale et politique au sein de leurs communautés respectives. C’est gravissime… on ne met pas en cause la sélection naturelle d’une élection socialement validée par la divinité ethnique.
Ainsi, on comprendrait peu de choses de sourds fascismes gris intra-communautaires et intercommunautaires dans nos espaces et l’aversion qu’ils peuvent déployer à l’endroit de toute idée d’égale dignité (concernant les avoirs matériels et immatériels et les symboles), si on ne s’autorise pas une mise en perspective centrée sur ce versant du darwinisme social.
–Le Grand Entretien du BLOG accueille le mauritanien Dr SAO Ousmane. Acteur social et politique de la diaspora mauritanienne en France, monsieur SAO fait partie depuis quelques années du personnel présentant la Mauritanie à l’Unesco. Ci-après notre interview avec lui et nous le remercions pour la disponibilité manifestée. Bonne lecture.
● Question 1 : Bonjour monsieur SAO Ousmane, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter sommairement à nos lecteurs ? (Parcours scolaire, académique et professionnel)
SAO Ousmane : Merci de m’avoir invité dans votre site. Je m’appelle Ousmane Sao, de nationalité mauritanienne, passionné depuis toujours par les questions liées à la terre, à l’histoire humaine et aux sociétés, j’ai orienté mon parcours autour de la recherche scientifique, de la préservation du patrimoine et du dialogue interculturel. Titulaire de deux doctorats : le premier en géologie du Quaternaire, spécialisé en géologie de la préhistoire et en reconstitution des paléoenvironnements, mes travaux portent sur la compréhension des climats anciens et la valorisation du patrimoine culturel mauritanien (historique, géologique et environnemental.). En parallèle, j’ai obtenu un second doctorat en sociologie politique et relations internationales, consacré à l’organisation sociopolitique, culturelle et juridique des populations mauritaniennes. Ces recherches croisent les sciences de la Terre et les sciences humaines, dans une approche pluridisciplinaire visant à relier environnement, société et culture. Je suis également titulaire de deux masters recherche, en environnement marin et en anthropologie, ainsi que de plusieurs diplômes complémentaires en développement durable et coopération internationale. Mon parcours universitaire a débuté à l’Université de Nouakchott, avant de se poursuivre en France, où j’ai développé mes projets de recherche et mes engagements associatifs.
Sur le plan associatif, je suis membre actif de l’association Fedde Hirnangue Bossoya en France, qui regroupe plusieurs villages autour de Kaédi et agit pour le développement local, la solidarité, la promotion de l’éducation et la préservation culturelle. Je participe également à d’autres initiatives sociales, culturelles et humanitaires en Europe et en Afrique, visant à renforcer les liens entre la diaspora mauritanienne et son pays d’origine. Aujourd’hui, j’ai l’honneur de présider le Cadre de Concertation et de Dialogue des Mauritaniens de la Diaspora (CCDMD), une structure qui œuvre pour la valorisation et la promotion de la culture mauritanienne en France et en Europe. Le CCDMD encourage le dialogue, la solidarité et la coopération entre les Mauritaniens établis à l’étranger, tout en promouvant une image positive et unie de la Mauritanie à travers le monde.
● Question 2 : vous avez été l’une des figures militantes dans la diaspora contre les conditions de l’enrôlement biométrique entamé dans les années 2010, pourriez-vous revenir brièvement sur cette expérience et un mot sur la situation socio-politique actuelle de notre pays ?
OS : Je continue toujours à jouer mon rôle de membre actif de la diaspora mauritanienne. Pour répondre exactement à votre question, en effet j’ai été l’une des figures militantes de la diaspora mauritanienne dans les années 2010 contre les conditions de l’enrôlement biométrique mis en place à cette époque. À cette époque-là, les conditions exigées des mauritaniens résidants en France et en Europe me semblaient inappropriées. En effet, la commission en charge de l’enrôlement exigeait que le candidat citoyen soit en possession d’une carte de séjour délivrée par les autorités françaises. Or, nous estimons qu’un citoyen muni d’un passeport, d’une pièce d’identité ou même d’une copie intégrale valablement établie par les autorités mauritaniennes compétentes devrait pouvoir se faire recenser, d’autant plus que cette procédure se déroule à l’intérieur de l’ambassade de Mauritanie qui représente une portion du territoire mauritanien.
J’étais profondément affecté par le fait de devoir présenter ma carte de séjour pour obtenir mes papiers mauritaniens en entrant dans notre propre ambassade, alors que c’est cette même carte de séjour qui attestait que j’étais un étranger en France. Je me sentais donc étranger… deux fois… Le patriote que je suis est mal à l’aise avec ça…j’étais touché dans mon orgueil…
Cet orgueil m’a accompagné jusqu’à dire ce que cette carte ne devrait être pas une condition pour se recenser car animé par l’amour profond que je porte à mon pays, à ses richesses culturelles et humaines. Être Mauritanien est pour moi un engagement sincère envers ses valeurs et son avenir, une question d’honneur surtout quand on vit à l’extérieur. Cette fierté est restée ancrée en moi, malgré le temps, les épreuves et les obstacles …on garde espoir chevillé au corps, sinon à quoi bon ?
En ce qui concerne la situation sociopolitique du pays, la Mauritanie, pays charnière entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, traverse actuellement une période de transition marquée à la fois par des avancées notables et par des défis persistants. Le pays bénéficie d’une stabilité politique relative, soutenue par une majorité parlementaire solide et une continuité institutionnelle qui favorisent la mise en œuvre de certaines réformes. Sur le plan économique et social, des efforts sont entrepris, notamment dans le domaine de la protection sociale, avec l’appui de partenaires internationaux.
Tout d’abord, la Mauritanie bénéficie d’une croissance économique soutenue, estimée à environ 5 % en 2024, portée par les secteurs miniers, halieutique et gazier. Cette croissance s’accompagne de réformes sociales, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection sociale, visant à améliorer les conditions de vie des populations vulnérables. Cependant, ces progrès demeurent insuffisants face aux enjeux structurels qui freinent encore le développement national. La gouvernance reste perfectible, la participation citoyenne limitée et les inégalités socio-économiques importantes. L’économie, trop dépendante des ressources extractives, peine à se diversifier durablement, tandis que le chômage des jeunes et les disparités régionales continuent de peser sur la cohésion sociale. Par ailleurs, la question de la justice sociale nécessite un engagement plus ferme pour consolider l’État de droit et renforcer la confiance entre les institutions et la population. Sur le plan politique, le pays reste stable comparé à ses voisins du Sahel, et les institutions démocratiques continuent de fonctionner et des initiatives de dialogue ont été lancées pour renforcer la cohésion nationale. De plus, la modernisation de certains secteurs, comme le numérique, montre une volonté d’adaptation aux enjeux contemporains. Cependant, derrière ces progrès, la Mauritanie reste confrontée à quelques problèmes socio-politiques. Les inégalités sociales et économiques restent à améliorer. L’accès inégal aux services de base (santé, éducation, emploi) renforce un sentiment d’exclusion, notamment chez les jeunes et dans les zones rurales ou périphériques et il faut apporter des solutions structurelles à cela pour le bien-être de tous.
En somme, la Mauritanie se trouve à un carrefour : entre progrès réels et fragilités persistantes. Si la stabilité politique et les efforts économiques sont à saluer, il reste indispensable d’approfondir les réformes. Ce n’est qu’en plaçant l’humain, dans toute sa diversité, au cœur des politiques publiques que la Mauritanie pourra construire un avenir équitable, prospère et durable pour tous ses citoyens. Ainsi, si la Mauritanie avance sur la voie de la stabilité et des réformes, elle doit encore transformer cette stabilité en un développement inclusif, équitable et durable, fondé sur la transparence, la bonne gouvernance et la participation de tous les citoyens.
Question 3 : Vous avez apporté votre soutien au candidat Ghazouani lors des élections présidentielles de 2019 et 2024. Pourquoi ce choix ?
SO : Oui effectivement, j’ai été et je suis encore un soutien du Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani durant les élections présidentielles de 2019 et 2024. Tout d’abord en 2019 je me suis moi-même rendu en Mauritanie, mon pays, pour soutenir le candidat Ghazouani. Pendant cette période électorale, j’ai intégré son équipe de campagne comme conseiller chargé de communication auprès du Directeur National de Campagne. Une mission que j’ai prise avec sérieux et honneur d’autant plus que j’ai pu rencontrer par la même occasion des hommes et des femmes d’état de valeurs investis-es pleinement pour la réussite du candidat et de son programme. En 2024, en France durant la campagne présidentielle j’ai intégré le Bureau Politique avec d’autres compatriotes.
Mon choix s’est basé sur plusieurs éléments.
D’abord, j’ai perçu chez lui une volonté sincère de stabilité, de continuité institutionnelle et d’ouverture au dialogue, dans un pays où la cohésion sociale reste un enjeu majeur. Son profil d’homme d’état ouvert, son expérience en matière de sécurité et sa posture apaisée ont également rassuré une partie importante de la population, y compris dans la diaspora. Ensuite, son programme de campagne mettait en avant des priorités qui rejoignent mes propres engagements, notamment la promotion de la justice sociale, le développement régional, la valorisation du patrimoine culturel et la prise en compte de la diversité nationale.
Enfin, mon engagement n’était pas un soutien aveugle, mais une volonté d’accompagner, en tant que citoyen engagé et membre de la diaspora, une dynamique de réforme que je jugeais nécessaire pour la Mauritanie. Mon rôle aussi minime qu’il soit est aussi d’être une force de proposition, dans une posture constructive, mais vigilante…
● Question 4 : En tant que mauritanien et fier de l’être comme vous dites, pourquoi le gouvernement ne vous a pas sollicité pour servir dans l’un de vos domaines d’expertise ?
OS : C’est une très bonne question que vous me posez là, je vous rappelle que je ne suis pas le seul cadre à ne pas être sollicité par les responsables du gouvernement, par contre je suis disponible pour servir pleinement mon pays…je vous invite à poser cette question au gouvernement qui détient la réponse.
● Question 5 : Notre sous-région a connu divers bouleversements géopolitiques ces dernières années, par exemple la création de la fédération des États de l’AES (Burkina Faso, Mali et Niger), quelles analyses et prospectives faites-vous autour de ces réalités en termes de démocratie, de sécurité et de développement multidimensionnel ?
OS : La création de la fédération des États de l’AES en 2023., réunissant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, répond aux multiples défis sécuritaires, politiques et économiques auxquels la sous-région sahélienne est confrontée. Pour les Etats de l’AES, cette initiative visait à mutualiser les efforts pour combattre l’insécurité grandissante liée aux groupes armés, tout en cherchant à stabiliser la gouvernance face aux crises politiques répétées. Toutefois, cette fédération soulève des interrogations sur l’état de la démocratie dans ces pays, marqués par des coups d’État et des fragilités institutionnelles. Cette posture, que l’on peut qualifier d’isolationniste, se justifie également par le fait que ces trois pays sont dirigés par des juntes militaires en rupture avec la vision libérale de la CEDEAO et des partenaires occidentaux présents dans la région. L’échec des opérations militaires anti djihadistes occidentales dans la zone, ainsi que la hausse de la violence et de l’insécurité qui en suivirent, renforcent le sentiment anti-occidental de ces trois pays et accentuent leur rapprochement avec la Russie, qui envoie des mercenaires afin de sécuriser la région. L’apparition de la Confédération des États du Sahel pourrait en conséquence bouleverser l’équilibre historique des influences dans la région en faveur des puissances émergentes. Alors que la Russie salue la création de l’AES en annonçant de coopérer économiquement et militairement avec elle, la CEDEAO craint pour sa part une « désintégration » induite par sa création. La crainte de désintégration émise par la Communauté économique repose sur son inquiétude de voir l’émergence d’une nouvelle division en son sein. En plus des divisions entre les pays anglophones et francophones, la CEDEAO est à risque de connaître un nouveau point de fracture entre les pays prorusses et anti-occidentaux et ceux tournés vers l’Occident. Cela pourrait en conséquence détourner certains États de la CEDEAO au profit de la CES. La CEDEAO est également affectée par une fragilisation de sa crédibilité sur la scène internationale, et ce, en raison de son incapacité à être parvenue à éviter cet éclatement interne. Elle était jusqu’alors la seule organisation sous-régionale reconnue internationalement comme étant en mesure d’intervenir rapidement et efficacement dans les enjeux de la région, et cette situation risque de mener à une perte de cette reconnaissance Selon certains, la création de cette organisation, de pair avec la récente expansion des BRICS le 1er janvier 2024, semble témoigner d’un déclin progressif de l’hégémonie occidentale dans le monde, au profit de l’affirmation des identités nationales et des particularités géographiques. Le succès de cette union dépendra largement de la capacité des États membres à renforcer la gouvernance démocratique et à assurer la participation des populations. Par ailleurs, sur le plan économique et social, la fédération offre une opportunité de développement intégré, grâce à la mise en commun des ressources et la promotion de projets communs. Néanmoins, pour transformer ce projet en moteur durable de progrès, il est essentiel d’adopter une approche transparente, inclusive et adaptée aux défis environnementaux et sociaux de la région. En résumé pour que la fédération des États de l’AES devienne un moteur durable de progrès, il faut garantir la transparence pour éviter la corruption, assurer l’inclusion de tous les groupes sociaux afin de préserver la paix et la cohésion, et prendre en compte les défis environnementaux et sociaux spécifiques à la région pour un développement réel et durable. Sans ces conditions, le projet risque d’échouer ou de ne pas répondre aux besoins des populations. Quel message voulez-vous envoyer à nos compatriotes
Un message d’espoir et de vérité en même temps : Aujourd’hui plus que jamais, notre pays a besoin de l’engagement, de la solidarité et de la détermination de chacun de ses enfants. Nous avons hérité d’une terre riche en sous-sol, en histoire, en culture et en potentiel humain, un héritage précieux que nous devons honorer, protéger et faire prospérer. Face aux défis, nous devons opposer l’unité. Face aux incertitudes, nous devons avancer avec espoir. Et face aux injustices, nous devons répondre par la justice, la vérité et le travail. Aller de l’avant, c’est refuser le fatalisme. C’est croire que chaque mauritanien, quelle que soit son origine, sa langue ou sa condition, a une place égale et un rôle à jouer dans la construction de notre avenir commun. Investissons dans l’éducation, soutenons nos jeunes, valorisons le travail de nos femmes et protégeons notre environnement. Refusons la division et semons les graines de la paix, de la transparence et du progrès durable. L’exclusion, quelle que soit sa forme sociale, économique, ethnique ou politique est un poison silencieux. Elle affaiblit notre cohésion, elle freine notre développement, elle trahit nos valeurs profondes de justice et d’égalité. Il est temps de la rejeter fermement, non par la division, mais par la main tendue, par le dialogue, par l’écoute et la reconnaissance mutuelle. La Mauritanie de demain se construit aujourd’hui ensemble, dans la dignité, la responsabilité et la confiance. L’avenir de notre nation repose sur notre capacité à marcher ensemble, unis dans notre diversité, solidaires dans nos différences. Nous venons de différentes communautés, de différentes langues, de différentes traditions, mais nous partageons une même terre, une même histoire, une même religion, bref un même destin. Construisons une Mauritanie où chaque citoyen compte. Une Mauritanie où l’on ne juge pas un homme par son origine, mais par son engagement, son travail, sa dignité. Une Mauritanie où les droits sont les mêmes pour tous, et où les rêves de chacun peuvent devenir réalité. Le progrès ne peut venir que par l’unité. L’unité ne peut naître que du respect. Et le respect commence par reconnaître l’autre comme un frère, une sœur, un égal. Comme disait l’autre « Sans progrès, il n’y a pas de paix possible. Sans paix, il n’y a pas de progrès possible. »
AMI – Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a annoncé qu’il n’y aurait plus aucune tolérance après aujourd’hui envers toute utilisation de la tribu, de la région ou de la communauté à des fins contraires aux principes de l’État national.
Il a ajouté qu’il est interdit aux fonctionnaires et aux agents de l’État, en tant que symboles de l’État, d’organiser ou d’assister à des événements à caractère tribal ou régional, ou à des activités incompatibles avec le renforcement du concept de l’État.
Son Excellence le Président de la République a mis en garde contre les conflits basés sur des considérations tribales, qu’il s’agisse de puits d’eau, de barrages de sable ou autres.
Son Excellence a ajouté, lors d’une rencontre avec les cadres et les dignitaires de la moughataa de Dhar dans la ville de N’Beikit Lahouach hier soir, que de telles pratiques nuisent au présent et à l’avenir de cette nation, et qu’elles ne sont donc plus acceptables.
Il a souligné que l’appartenance nationale doit primer sur toute autre considération et précéder toutes les autres appartenances, affirmant qu’il n’y aura aucune tolérance, quel qu’en soit le prix, envers toute propagande à caractère communautaire ou raciste, car la liberté d’expression est garantie à tous.
Son Excellence a expliqué que l’ambition de progrès et de prospérité de notre pays ne se réalisera qu’en construisant un État citoyen qui élimine les différences et la discrimination, et qu’il n’y a pas de place dans l’État national pour la hiérarchie tribale, catégorielle ou communautaire.
Son Excellence le Président de la République a indiqué que son approche dans la gestion des affaires publiques est la gradualité, la patience et la tentative de faire avancer les choses de la bonne manière, et que cela se fasse avec le moins de dommages possible pour tout citoyen du pays, précisant que lorsque les choses dépassent les limites, la tolérance ne sera plus possible.
Il a expliqué que la loyauté envers la patrie doit se manifester par l’évitement des aspects négatifs du tribalisme et du régionalisme et de l’intolérance inacceptable et nuisible qu’ils engendrent pour la patrie, et que le concept d’État national ne peut les accompagner.
Son Excellence le Président de la République a exprimé son espoir que les élites politiques, sociales et jeunes contribuent à la sensibilisation et à la mise en évidence des aspects négatifs du tribalisme et du régionalisme et de l’intolérance inacceptable et nuisible qu’ils engendrent pour la patrie.
Au début de la réunion, Son Excellence le Président de la République avait exprimé sa joie d’être ce soir à N’Beikit Lahouach, une ville dotée d’un emplacement stratégique distingué et d’un rôle majeur dans le renforcement de la sécurité de cette région du pays.
Son Excellence a remercié les habitants de la moughataa pour l’accueil merveilleux et la grande mobilisation, qui témoignent de l’importance de la moughataa à chaque fois.
Il a ajouté qu’il était venu ici pour écouter les citoyens, tirer profit de leurs opinions et prendre connaissance de leurs aspirations, et pour étudier tout ce qui peut servir le développement de la moughataa.
Son Excellence le Président de la République a expliqué que cette moughataa se caractérise par de grandes potentialités agricoles, mais que les défis du développement persistent, ce qui nous a amenés à nous rencontrer ce soir, a ajouté Son Excellence le Président de la République , pour discuter et se concerter sur l’ensemble des questions posées.
Son Excellence a ajouté: Nous avons placé le développement de cette moughataa au cœur de nos priorités et avons donné des instructions au gouvernement pour concrétiser cela sur le terrain à travers une série de projets.
Son Excellence a indiqué que certains de ces projets ont été achevés et que d’autres sont encore en cours de réalisation, et que la plupart d’entre eux ont été programmés dans le cadre du programme d’urgence d’accès aux services essentiels pour le développement local.
Il est M. Zohran Mamdani âgé de 34 ans. Le nouveau maire élu de la ville de New York. New York, la ville-Monde sur divers plans, nous rappelle l’antienne dite des États-Unis : le rêve américain. Ce rêve originel quasi messianique qui inspira et permit à 13 colonies de se libérer vaillamment de l’un des vieux et coriaces ordres politiques féodalo-traditionalistes du monde à l’époque (18 ème siècle) : la Couronne britannique. Et les États-Unis d’Amérique advinrent…comme une puissance indépendante avec ses pages sombres (génocides des indiens, esclavages et ségrégations racistes contre les Noirs et autres non caucasiens, guerres impérialistes…) et ses éclats (refuges des possibles et de la Liberté…).
La personnalité du nouveau maire sous les lasers des réseaux digitaux laissent apparaître une figure qui dégage la confiance, l’accessibilité, l’ouverture, l’humanisme, en somme ce j’appelle la disposition naturelle à la VRAITUDE (sincérité avec ses forces et ses limites). Sans complexes ni une fausse fabrique d’un personnage superficiel pour composer avec les digues élitistes de l’establishment politique et géopolitique, ce qui est clamé et réclamé au travers la substance d’un passage notable de son discours de gagnant : « Donald Trump, je sais que vous regardez, montez le son ! New York restera une ville d’immigrés, construite par des immigrés, qui tourne grâce aux immigrés, et désormais, dirigée par un immigré ! Pour atteindre l’un d’entre nous, vous devrez d’abord passer à travers nous tous. »
Natif de Kampala (Ouganda 🇺🇬 en Afrique de l’Est), musulman pas que par « sociologie » seulement dit-on, ses parents sont originaires du sous continent indien, il peut représenter cette expression contestataire d’une certaine vigueur face à l’émanation d’une sorte de résurgence suprémaciste, racialiste et xénophobe dont le président D. Trump est l’absolue incarnation ces dernières années. Le nouveau chef de l’administration municipale de New York ne pourra pas être postulant à la présidence états-unienne à l’avenir du fait de sa naissance à l’extérieur du pays et de naturalisé, mais la vague que son élection a suscitée peut ranimer et inspirer le camp democrate vers une dynamique profonde à la Zohran à l’échelle fédérale.
En attendant, nous lui souhaitons une bonne et fructueuse mandature.
Le ministre de l’Intérieur, de la Promotion de la Décentralisation et du Développement local, M. Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, a tenu, cet après-midi, mercredi, dans son bureau, une réunion avec plusieurs ambassadeurs de l’Union européenne accrédités en Mauritanie.
La réunion a rassemblé, outre M. Joaquin Tasso Villalonga, ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne en Mauritanie, M. Florian Rendel, ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, et M. Pablo Barbara Gomez, ambassadeur du Royaume d’Espagne accrédité à Nouakchott.
La rencontre a porté sur les relations existantes entre la Mauritanie et l’Union européenne et les moyens de les renforcer. Elle a également abouti à la décision de prendre toutes les mesures nécessaires pour simplifier et faciliter l’obtention du visa Schengen par les citoyens mauritaniens.
Ont assisté à la réunion, du côté mauritanien, M. Abderrahmane Ould El Hassen, secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local, et M. Sidi Ali Ould Nav’e, administrateur directeur général de l’Agence nationale du registre des populations et des documents sécurisés, et du côté européen, Mme Agnès Plassais, Première conseillère à la délégation de l’Union européenne à Nouakchott, et M. Samuel Jacquet, Premier conseiller à l’ambassade de France.
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