● Mauritanie : le racisme d’État, l’arbre qui cache la forêt| Par M. Seyre SIDIBE

Dans un contexte où l’on s’achemine vers la présidentielle de juin 2024, il est plus qu’ opportun de se poser la question de savoir à quand un Noir mauritanien sera locataire du palais ocre.
Après 64 ans d’indépendance, la question est toute légitime et ne manque pas de pertinence au regard de la composition sociologique de la Mauritanie.

Même si certains y verront un réflexe raciste, sans se rappeler qu’un tel ressentiment vient naturellement de quelque part.

Il est l’expression, et la cristallisation des politiques odieuses et nauséabondes mises en place par les différents régimes qui se sont succédé au pouvoir depuis la naissance de la Mauritanie.

Résultat : la méritocratie n’a plus droit de cité.
Désormais, les seuls critères qui vaillent pour les nominations ou cooptations se fondent exclusivement sur l’origine raciale, sociale, tribale, régionale ou encore le clientélisme etc.

Ainsi des quotas sont affectés aux différents groupes communautaires de la république, avec une constante toujours respectée et perpétuée de génération en génération, telle une mauvaise tradition qui a la dent dure, et dont la toile de fond est de privilégier la composante dirigeante (Arabe, arabophone et arabophile) pour asphyxier les autres composantes sociales et linguistiques du pays.

Ce raisonnement fait écho chez tous ceux qui sont victimes d’exclusion, de racisme et de discrimination. Il rassemble tous les déshérités de la république au-delà de la couleur de peau.
Si bien que critiquer vertement l’élite Arabe est plutôt bien perçue.

C’est le sport favori de la plupart d’entre nous à chaque fois que l’occasion se présente : dans les colloques, dans les salons, dans nos articles de presse et maintenant surtout sur les réseaux sociaux notamment groupes Whatsapp et Facebook . Nous n’avions d’autres choix que de critiquer, des critiques constructives pour la plupart du temps pour que la situation change positivement.

En réalité, on manque de logique. En effet ceux qui crient au racisme sont eux-mêmes racistes à l’intérieur de leur communauté. Si le fauteuil de président de la république est taillée sur mesure pour la composante Beydane, ce qui est injuste, il faut rappeler tout de même que depuis 1960, chez les Noirs aussi les choix ne se font que dans certaines familles, au sein des mêmes cercles, qu’on peut citer sur les doigts d’une seule main.

Il y a désormais une nouvelle dynamique qui est en train de reconfigurer la société mauritanienne . Celle-ci s’intéresse plus aux injustices subies à l’intérieur des communautés noires, par d’autres noirs. Des questions laissées en rade au profit de la partie visible de l’iceberg : le racisme d’État qui frappe toutes les communautés noires de manière générale.

Ce qui revient à dire que parmi les Noirs, il y a ceux qui sont doublement opprimés et marginalisés. S’ils partagent avec tous les Noirs de Mauritanie les affres et les malheurs du système racial, à l’échelle communautaire, ils sont victimes d’une forme d’ostracisme alors qu’ ils constituent la majorité d’un point de vue démographique.
Dans la plupart du temps, ils sont exclus de la propriété foncière, des nominations politiques.
Et au plan religieux, ils ne peuvent diriger la prière, et ce quel que soit leur niveau d’instruction à cause de leur origine sociale et parfois des traditions en vigueur.

Le racisme d’État érigé en système de gouvernance en Mauritanie est une realite évidente. Mais qui peut porter ce message en toute cohérence ?
Les intellectuels . Quels intellectuels ?
L’une des qualités premières d’un intellectuel, c’est la constance, la cohérence et la crédibilité : des principes et des valeurs qui ne peuvent s’écarter de la recherche de la justice et de l’égalité entre les hommes. Et qui ne peuvent être à géométrie variable.

Le palais Ocre sera occupé par un Noir mauritanien, le jour où le Noir comprendra que son ennemi, c’est plus lui-même, son orgueil et sa vanité. Finalement, le procès fait aux Beydanes n’est pas sérieux : on les accuse de développer des politiques hégémoniques qui excluent et dominent et font de nous des citoyens de seconde zône etc., c’est exactement ce que nous faisons à l’intérieur de nos communautés. Nous posons les mêmes actes.

Tant que le Noir mauritanien s’accommode et se satisfait d’être meilleur que son frère sur la base de la naissance, il peut dire adieu à la prestigieuse magistrature suprême.
Il ne sera qu’ un faire-valoir ad vitam aeternam.

Le racisme en Mauritanie cache d’autres formes de racismes et de discriminations peu médiatisées et qui ne semblent intéresser personne.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/mauritanie-le-racisme-detat-larbre-qui-cache-la-foret/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR3D3WSK_MIcx9xPLpoMdB_fYQjevx83FD4g9q66S4jXHdFTM4jwllzHMww_aem_AYQLh4mgm7B06jO-PILerRj5PpTQSYl7P9yCGtWJFj4EoBfPJun3sKzOMzj_2sDBdK60iChjf5TpdjRUxt3iPt__

● Constat amer sur mon pays [Mauritanie] | Par Aboubacar siré Dicko .

Je me souviens encore comme si c’était hier, au collège à Sélibaby, pendant un cours d’histoire-géographie, au cours duquel notre professeur Monsieur S. BA, nous faisait part d’une information capitale que l’on ignorait à l’époque. Il nous disait ceci : « Si jamais, toutes les richesses de la Mauritanie se répartissaient comme il se doit, chaque citoyen bénéficierait dès sa naissance, jusqu’à la fin de ses jours : une maison, une vache, un salaire pour chaque mois, sans exagération 》.

J’étais assis sur ce petit banc, entrain de le fixer avec curiosité, cela était peut-être dû par mon ignorance car je ne comprenais pas le sens et l’importance des mots, qui sortaient de sa bouche.
Une question qui me venait en tête le plus souvent en l’écoutant, est ceci :  ce Monsieur n’est est-il pas un opposant malheureux qui ne gagne pas assez pour survivre ou un mécontent de la société ? Mais plus d’une décennie après, j’ai heureusement fini par comprendre qu’il disait vrai.
Malheureusement quand on est adolescent, on comprend les choses comme un adolescent.

Cependant, quand j’ai commencé à lire correctement entre les lignes, et c’est lorsque j’ai commencé à observer notre pays avec les yeux d’un adulte que j’ai d’emblée compris que j’étais trop limité intellectuellement et psychologiquement à comprendre certaines choses.
En outre, ma maturité intellectuelle n’avait pas été assez développée pour appréhender les propos/dires de mon professeur.

Je rappelle que je ne fais point aucune révélation, ni moins une divulgation de secret d’Etat, c’est plutôt tant de réflexion et de vérification. Peut-être même ce que je dirai est certainement connu de tous. D’ailleurs on n’a pas besoin d’être intellectuel pour le savoir.

Les simples raisons qui me poussent à dire tous ces tralalas, que j’estime aussi convaincantes.  Mes chers lecteurs permettez-moi de citer les différents types de ressources que regorge notre cher pays offert par DIEU TOUT PUISSANT.

Depuis 1960 à nos jours il y a des ressources qui alimentent notre caisse nationale, mais, les effets sont invisibles dans un petit pays comme le nôtre, à titre d’illustration : (Minerais de fer, Cuivre, Or, Pétrole, Gaz naturel, les cotes les plus poissonneuses), sans compter aussi les fonds distribués « soit disant aides ou subventions » par papas (FMI, BAD, UNION EUROPEENE, BANQUE MONDIALE), etc…, j’en passe.

Dans ce cas on serait forcé de citer également les réalisations majeures qu’a connu notre cher pays depuis l’indépendance à nos jours. Aucune bonne route, la route de l’espoir (ou de la morgue) qui n’a pas encore fini de compter ses victimes, la route de guidimakha du 01 au 31 en chantier.

Un simple pont digne de son nom n’a jamais vu jour en Mauritanie exceptés les fameux EYSAKINE et carrefour Madrid qui traînent comme une tortue, aucune autoroute, alors que la monnaie ouguiya n’a nulle part où aller, si ce n’est pas sous le lit « Oul Foulane ». On se demande honnêtement ou passent toutes ses ressources.

J’ai honte, j’ai mal !!

Ouvert à toutes les critiques !

Aboubacar siré Dicko

● Guidimakha : préservons les noms de nos villages de la prédation culturelle | Par M. Seyre SIDIBE

Danguéremou = Chiteybeu

Niéléba = Awoycheu

Bokedianby = Sambatougeux

Diaguily = Boyboo

Sedelmé = Tijiritt

Gorilakhé = Mɓeydiyasakha

Kininkoumou = Khooumkhoum

Woulounbony = Debaye

Diogountouro = Bichdoure

Cela semble anodin pour de nombreux Soninké du Guidimakha, qui ne semblent guère offusqués, irrités et outragés par la « rebaptisation » des noms de leurs villages. Ces quelques exemples triés sur le volet sont révélateurs de l’ampleur du phénomène.

Il se manifeste de deux manières : l’attribution d’un autre nom, autre que celui donné par les habitants eux-mêmes ou une déformation subtile et volontaire du nom du village, en lui intégrant un timbre étranger et arabisé.
Ce qui conduira demain à semer le doute, en ouvrant la voie à des interprétations conflictuelles liées à la fabrication d’identités et de personnalités doubles autour de l’histoire de la fondation de nos terroirs.

Ce mal rampant et sournois progresse, en gagnant du terrain sans que les populations autochtones ne s’en inquiètent.
Ces dernières sont embourbées et empêtrées dans une guéguerre absurde pour servir un orgueil qui appartient à une époque révolue.

Pendant ce temps, leur histoire, leur patrimoine, et les preuves de leur antériorité au Guidimakha sont en train d’être falsifiées, et demain effacées.

Dans de nombreux villages Soninké, qui existent pour la plupart depuis plusieurs dizaines de décennies, on assiste indifféremment à ce drame qui rappelle, ce que d’aucuns appellent ailleurs, dans d’autres circonstances : « le grand remplacement ».

Personne ne dit rien. Les élus, les cadres ne s’en préoccupent même pas, leurs priorités sont ailleurs.
Nos intellectuels, ils sont eux préoccupés dans une logique de justification de la noblesse d’une partie de la communauté par rapport à d’autres; en alimentant la haine et les rancoeurs sur des questions surannées.

Voilà les genres de sujets croustillants pour notre intelligentsia, y compris nos marabouts : s’investir à expliquer et défendre une prétendue noblesse périmée tel un médicament dont la date de péremption est clairement indiquée dans la notice. Mais on s’entête fanatiquement. Coûte que coûte, on veut l’administrer au malade. Devinez la suite !

La défense de la culture Soninké en vue de sa pérennisation en Mauritanie (contexte particulier) passe d’abord par la préservation et la sauvegarde des aspects de nos us et coutumes consensuels. Notamment les éléments du patrimoine Soninké autour desquels tous les groupes communautaires se retrouvent et s’y identifient .

Les noms des villages Soninké font partie de ceux-là. En effet, quelle que soit la nature, et la tournure regrettable des conflits qui opposent les Soninké, ( progressistes et passéistes ) aucune partie n’a jusqu’ ici eu l’idée d’appeler jusqu’ au changement du nom donné à son village.

Les noms de chacun de nos villages ont une histoire et une signification liée à leur genèse.
Ils ont un contenu phonétique, sémantique propre qui renvoie à quelque chose de singulier et symbolique, plus approprié à défendre qu’une noblesse évanescente.

Il y a eu certes des quartiers rebaptisés, parce que l’ancien nom était stigmatisant et dégradant du fait qu’il rappelle un passé déshonorant pour certains. Mais il n’en est jamais était question de rebaptiser le village. C’est peut être la preuve que les deux parties en brouille seraient toutes fondatrices et autochtones. Ce détail sans être insignifiant et superflu doit être l’élément de réconciliation entre les Soninké au Guidimakha.

Ceux qui aiment à la moindre occasion bomber le torse pour clamer leur supériorité sont curieusement atones et inaudibles ; alors que les temples, soit les dernières citadelles de l’identité Soninké dans cette contrée sont menacées.

Appeler autrement nos villages, les « renommer « , c’est comme changer l’emballage d’un produit dont vous n’êtes pas dépositaire du brevet. Après avoir changé le contenant, la deuxième étape consistera à y introduire un contenu nouveau, c’est la démarche de l’impérialiste.

Refuser des concessions, des reformes sociétales consistant à réviser le contrat communautaire pour le rendre plus juste et égalitaire, sous le fallacieux argument que celles-ci compromettent l’identité et la culture Soninké, et paradoxalement se taire devant un projet d’appropriation, de falsification des noms des villages, c’est en somme manquer de clairvoyance, d’esprit d’anticipation et de leadership. Le mal est là où il n’est pas .

Si rien n’est fait, nous ne lèguerons à la postérité que la somme de nos contradictions : des vallées des larmes, humiliation et souffrances etc. Elle sera condamnée à payer le prix de notre passivité, de notre lâcheté…

Alors, prenons y garde en nous investissant tous et ensemble pour la préservation de ce qui reste de nos villages contre la prédation culturelle.

J’invite vivement les étudiants et chercheurs du Guidimakha, les communes à s’intéresser à cette problématique liée à la toponymie de nos villages pour éviter la destruction ou d’usurpation de notre patrimoine.

Seyré SIDIBE

• Lien https://ondeinfo.com/guidimakha-preservons-les-noms-de-nos-villages-de-la-predation-culturelle/

● La CENI tient des réunions de coordination avec les représentants des candidats à la présidentielle

Rimnow – La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a lancé des réunions de coordination avec les représentants des 7 candidats officiels à l’élection présidentielles de juin prochain, 24 heures seulement, après avoir reçu jeudi, de la part du Conseil Constitutionnel, la liste définitive des candidats retenus.

Ces rencontres ont discuté des mécanismes permettant de contrôler étroitement le déroulement du cycle électoral, dans le but de préparer de présidentielles transparentes et équitables.

La CENI a confirmé à cette occasion, la poursuite de réunions similaires dans les prochains jours pour garantir l’organisation d’élections transparentes, libres et équitables.

• Lien https://cridem.org/C_Info.php?article=775138

● Lettre ouverte aux candidats de l’opposition | Par Dr. Mouhamadou Sy



Honorables et distingués destinataires,

Permettez moi de ne pas passer par les rappels peu pertinents et les déclarations encombrantes, pour ainsi aller droit au but.

Cette note est un appel désespéré à une unité de candidature, à s’entendre sur une voix qui sera portée par une de vos personnalités respectées dans une volonté d’alliance de la part de tous. Nous parlons bien d’une forme de coalition qui, s’il le faut, passera par le désistement de tous sauf un, à savoir le candidat sur lequel vous tomberez d’accord. En plus d’être une réclamation vers laquelle la voix populaire converge peu à peu et de plus en plus fortement, ce scénario est soutenu par des considérations purement objectives et rationnelles.

Car une chose relève d’une certitude presque mathématique (et j’aimerais bien me tromper sur ce point): Si vous y allez tous, vous perdrez tous! Et, non seulement vous perdrez, mais vous perdriez dans une relative insignifiance. Et ce n’est ni être pessimiste, ni être défaitiste, et encore moins être un oiseau de mauvaise augure que de l’affirmer. Vous allez en effet vous obstruer le chemin les uns les autres; car vous empruntez bien un chemin commun. Et par la force des choses, vous vous livrerez à une lutte intestine inévitable, menée par vos lieutenants locaux respectifs; vous vous bloquerez la route dans le désir dont chacun de vos camps sera naturellement animé d’avoir l’avantage sur le reste. Et tout cela, vous le ferez sur la moitié de l’autoroute qui vous sera disponible dans toute son étroitesse; l’autre étant occupée par le convoi du pouvoir chargeant déjà toute la masse acquise à sa cause notamment par des voies bien connues du clientélisme électoral dont il semble jusque là détenir l’ultime secret du fonctionnement.

L’enjeu capital d’une présidentielle mauritanienne est de forcer le parti au pouvoir à un second tour. Ce qui reste un fait d’une grande rareté dans l’histoire électorale du pays. Étant donné le mécanisme décrit ci-dessus, les chances d’y parvenir sont objectivement moindres dans la configuration actuelle, en dehors même des irrégularités du processus à prévoir.

Cependant, vous avez une possibilité sans faille d’acquérir cet objectif en coupant l’herbe sous le pied du pouvoir et choisissant de jouer le deuxième tour au premier tour: c’est ce que l’unité de candidature permet justement de faire. Dans une telle option, vous avez des chances de gagner incomparablement meilleures que celles actuelles; et s’il arrivait que les urnes vous donnent perdant, votre résultat n’en serait en aucun cas similaire au score habituel du candidat malheureux; celui-là qui n’a jamais encore pu faire de son détenteur une force d’opposition prépondérante. Ainsi, votre hypothétique coalition serait, même dans le cas défavorable, en mesure de constituer une force politique conséquente capable de redonner espoir au peuple qui souffre, et de dynamiser les aspirations au changement. Le bilan prévisionnel est donc simple à formuler: Réunis, vous êtes sûrs de gagner – le pouvoir ou la force suffisante à le contrer. Dispersés, vous perdez immanquablement et repartez dépourvus de toute capacité populaire à bâtir un pôle d’actions politiques significatif.

Je mesure parfaitement vos gigantesques investissements personnels respectifs. Je comprends les aventures et les attentes. Mais je fais aussi confiance en vos capacités à faire preuve de réalisme et d’abnégation, et à vous dépasser au bénéfice du bien commun imposé par la situation.

Si je vous écris aujourd’hui, à cinq semaines du jour des urnes, c’est bien par obligation. Je me sens, à l’instar de ces milliers de concitoyens, obligé de vous interpeller. À ce jour précis et ce jusqu’au matin du vote, plus qu’au pouvoir et au système régulièrement dénoncé, les commandes du changement vous appartiennent. Vous pouvez choisir de les utiliser à bon escient, tout comme vous pouvez vous inscrire dans le traditionnel sabordage des opportunités dont les conséquences se résument à des protestations postélectorales assorties d’atteintes physiques et d’arrestations sur des manifestants.

Que ferez-vous de ce pouvoir que vous tenez déjà entre vos mains ? Allez-vous prendre la décision rationnelle qui s’impose, loin des considérations personnelles secondaires? Oserez-vous donner au peuple la chance de pouvoir enfin agir significativement à partir de l’isoloir? Saisirez-vous cette opportunité de réaliser un tel événement historique? Nous sommes nombreux à compter sur votre sagesse.  

Veuillez s’il vous plaît recevoir mes salutations distinguées.

Vendredi 24 Mai 2024

Dr. Mouhamadou Sy

● Paris | Une journée à la Semaine Africaine de l’Unesco.

Jeudi 23 mai 2024, deuxième journée de la Semaine Africaine ouverte à l’Unesco (Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture). À Paris, à la Place de Fontenoy 75007, s’y tient cette édition d’un riche événement qui met à l’honneur des Cultures Africaines. Notre Blog y consacre pour vous cette visite photo-reportage. Un parcours d’exploration dans les allées et les locaux, qui a été facilité par un frère, ami et compatriote mauritanien Dr Ousmane Sao. Il est membre conseiller spécialisé dans la délégation permanente de la Mauritanie auprès de cette institution internationale. L’occasion de lui adresser nos vifs remerciements pour sa disponibilité tout au long de notre présence. Titulaire de deux doctorats, monsieur Sao a été un témoin privilégié lors du processus du plaidoyer qui a abouti à l’instauration d’une Journée internationale consacrée à la langue soninké par l’Unesco. Actée courant 2023, cette journée est fixée au 25 septembre de chaque année.
Nous avons visité le stand mauritanien très unicolore ou dire uniculturel ne reflétant aucunement la diversité culturelle de notre pays. Je tiens à saluer les 4 exposants rencontrés (bijoutiers et bijoutières principalement) sur place pour leur accueil chaleureux et les échanges cordiaux.

Notre Top moment instructif a été le visionnage du film documentaire « African Glory » dans la Salle IV. Sorti en 2023, ce documentaire réalisé par Thierry Bugaud explore historiquement l’aventure d’un empereur du Mali du moyen-âge qui s’était engagé avec ses troupes naviguantes dans l’océan Atlantique. Il s’agit d’Abu Bakr II du Manden. Il entreprit un voyage vers les terres outre atlantiques au treizième siècle… furent-ils arrivés ? Et que devinrent-ils par la suite ?
Dans le film documentaire, un intervenant rapporte qu’un autre empereur du Mali, pas le moindre, au Caire le célèbre Kankan Moussa fit mention verbalement (reccueilli par écrit auprès du sultan égyptien) de ce voyage de son prédécesseur vers l’Amérique. Ainsi dire, le narratif ressassé faisant du génois Christophe Colomb, l’exploitateur pionnier d’un monde nouveau (l’Amérique) en 1492, est foncièrement occidentalo-centré. Il l’eut découverte pour son monde à lui dans son environnement géographique mais d’autres humanités visionnaires sous d’autres cieux prirent des initiatives diverses et variées au cours de la Grande Histoire du Monde dans les temps les plus éloignés.

À noter des rencontres fraternelles et amicales avec des compatriotes mauritaniens et d’autres frères africains. Je cite entre autres, notre grand-frère Cheikh Dieng et sa compagne Mme Dieng, la grande sœur et militante Mariam Kane, le frère Dr Abou N’gaidé et le grand-frère Sow Boubacar. Belles retrouvailles !

Notre MOT de conclusion en guise de plaidoyer : Nos autorités doivent décentrer et ouvrir la carte d’identité culturelle mauritanienne à l’ensemble du spectre culturel dans sa diversité. À l’intérieur du pays comme à l’extérieur, et cet événement à l’Unesco voit exposer une Mauritanie diminuée.

✍️🏿KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

Voir ci-après le fil 📷-reportage :👇🏿👇🏿👇🏿

● Mauritanie : sept candidats retenus à la présidentielle, dont le sortant Ghazouani (officiel)

La candidature de l’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz a été rejetée. 

La présidentielle du 29 juin en Mauritanie opposera le président sortant, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à six autres candidats, selon la liste définitive publiée lundi par le Conseil constitutionnel.

M. Ghazouani, 67 ans, dirige ce pays de 4,5 millions d’habitants, situé à la frontière entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, depuis 2019. Il est le favori pour remporter un second mandat.

Le Conseil constitutionnel a rejeté la candidature de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, tombé en disgrâce sous la présidence de M. Ghazouani.

Ancien allié de M. Ghazouani, M. Aziz avait orchestré son élection en 2019. Actuellement en prison, M. Aziz a été condamné en décembre 2023 à cinq ans de prison pour enrichissement illicite. Il clame son innocence et parle de complot.

Malgré une autorisation exceptionnelle de la justice pour déposer sa candidature, le Conseil constitutionnel a rejeté le dossier de M. Aziz en raison d’un nombre insuffisant de parrainages et d’autres raisons techniques, selon une source proche du Conseil.

Parmi les autres candidats figurent Hamadi Ould Sid’ El Moctar, leader du parti islamiste d’opposition Tewassoul, et Biram Ould Dah Ould Abeid, militant des droits humains arrivé deuxième à la présidentielle de 2019.

La Mauritanie, marquée par une série de coups d’État de 1978 à 2008, a connu sa première transition pacifique entre deux présidents élus en 2019. Bien que le jihadisme sévisse dans le Sahel, la Mauritanie n’a pas connu d’attaque depuis 2011.

Avec AFP

• Lien média https://fr.apanews.net/news/mauritanie-sept-candidats-retenus-a-la-presidentielle-dont-le-sortant-ghazouani-officiel/

● Santé Reproductive : Des relais communautaires formés par l’APSJ ~ [Initiatives News]

Du 18 au 19 mai, l’Association pour la Promotion de la Santé des Jeunes a organisé une formation destinée aux relais communautaires de diverses communes de Nouakchott. Axé sur la santé reproductive, cet événement a rassemblé des participants motivés et désireux d’approfondir leurs connaissances.

La présidente de l’association Hawa Ba a expliqué l’importance de promouvoir la santé des jeunes. Elle a également fait une présentation sur la vision et la mission de l’APSJ. Elle a souligné l’impact  des relais communautaires dans la diffusion des informations et le soutien aux jeunes.

Par la suite, M. Aliou Diop, l’un des principaux formateurs, a entamé les sessions de formation.

Durant les deux jours, la formation a alterné sessions théoriques et sessions pratiques. Chaque après-midi, deux autres formatrices, Aminata  Diarra sage-femme et  Haby Sow  infirmière en formation, ont pris le relais, apportant leur expertise.

Elles  ont détaillé les différentes méthodes de contraception, répondant aux nombreuses questions des participants et dissipant leurs doutes.

Les participants ont exprimé leur satisfaction, soulignant l’utilité de la formation. Babo, un jeune relais, a témoigné : « C’était la première fois que je voyais et que je connaissais toutes ces méthodes de contraception. Ça m’a vraiment ouvert les yeux. » Fatimata Ba , une autre participante, a partagé son expérience : « C’était une occasion  de voir toutes les méthodes. La sage-femme a pris son temps pour tout expliquer. »

La formation s’est conclue par une séance d’engagement, où les relais ont  promis d’organiser des séances de sensibilisation dans leur communauté. Cet engagement a été suivi par la remise d’attestations de participation, et l’événement s’est achevé par une photo de groupe, immortalisant la fin de la  formation.

Kadia DIAW

• Lien média https://initiativesnews.com/index.php/2024/05/21/sante-reproductive-des-relais-communautaires-formes-par-lapsj/

● Commissariat aux droits de l’homme: La plateforme “Himayeti”, un moyen moderne et un pilier essentiel pour la promotion et la protection des droits de l’homme

Le Commissariat aux Droits de l’homme, à l’Action humanitaire et aux relations avec la société civile a lancé une plateforme numérique appelée ” Himayeti” destinée à recevoir et à traiter les plaintes relatives aux atteintes éventuelles aux droits de l’homme.

Dans un communiqué rendu public dimanche soir dont une copie est parvenue à l’AMI, le commissariat précise que cette plateforme numérique vient en exécution des hautes orientations du Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed ould Cheikh El Ghazouani visant à promouvoir et à protéger les droits de l’homme dans le pays et pour développer un système unifié et complémentaire pour la gestion des plaintes et des réclamations à la hauteur des aspirations des citoyens.

Il ajoute que cette plateforme numérique qui s’inscrit dans le cadre du rapprochement des services administratifs des populations constitue un moyen moderne et un pilier essentiel pour la promotion et la protection des droits de l’homme et leur défense, à travers l’existence d’un espace ouvert et permanent facilitant aux citoyens de présenter leurs plaintes et leurs réclamations où qu’ils trouvent et leur permettant de télécharger les documents et les données constituant des preuves dans un un laps de temps record, diminuant ainsi les charges et sécurisant l’opération de suivi auprès des milieux concernés, dans le but de parvenir aux solutions appropriées, cela en plus du fait qu’elle est un outil efficace pour renforcer le contact et l’interaction entre l’administration et le citoyen dont l’avis constitue une priorité et un moyen efficace pour évaluer l’action administrative et améliorer la qualité des services dispensés à ce sujet.

Le commissariat renouvelle dans son communiqué la détermination du gouvernement à aller de l’avant dans la promotion et la protection des droits de l’homme dans le pays et à faire face à toutes les les formes d’atteinte y afférent et sa disposition permanente d’œuvrer avec les acteurs et les partenaires dans ce domaine pour renforcer le concept de citoyenneté et de l’Etat de Droit et des institutions, précisant que l’accès à la plateforme est possible à travers le lien suivant: https:himayeti.gov.mr

• Lien média https://ami.mr/fr/archives/246369

● Mauritanie : une députée anti-esclavagiste en prison | Notice d’alerte

1. Le 12 mai 2024 en fin d’après-midi, Mariem Cheikh Samba Dieng, députée de la coalition d’opposition Rag-Sawab, est mise aux arrêts sous la contrainte d’agents de l’autorité publique et conduite dans un cachot de la direction régionale de la police à Nouakchott-Sud.

Mariem est une militante anti-esclavagiste de la première heure dont l’engagement remonte à la naissance de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (ira). Son parcours de blogueuse puis d’élue témoigne d’une certaine familiarité avec les privations de liberté, la maltraitance corporelle et les procès en dissidence.

Déjà, le 24 janvier 2024, à l’intérieur du Parlement, elle avait été molestée, avant son expulsion de l’hémicycle par la sécurité du Président de l’Assemblée nationale, un général à la retraite qu’une loi d’amnistie soustrait aux griefs de torture et d’assassinat en relation avec une entreprise de purification ethnique, de 1986 à 1991.

2. L’arrestation de Mariem Cheikh fait suite à la plainte d’une dignitaire de l’Insaf, la formation au pouvoir, en l’occurrence madame Rabi Aidara. A l’instar de la plupart des notables affiliés à l’Etat profond et en prévision du scrutin présidentiel du 29 juin 2024, la susdite, supervisait une opération d’achat de conscience à l’endroit de compatriotes que leur vulnérabilité expose aux pièges du clientélisme alimentaire.

Ainsi, elle s’acharnait, depuis plusieurs jours, à enrôler des citoyens, dans un bureau de la Commission nationale électorale indépendante (Céni), à Arafat, l’une des communes en périphérie de la capitale. A cette fin, Madame Aidara, ex-maire, épouse d’un général à la retraite et parlementaire du parti de l’Etat, distribuait, ouvertement, des bons de nourriture délivrés par la Délégation générale à la solidarité nationale et à la lutte contre l’exclusion (Taazour, en Arabe). En contrepartie, elle récupérait les reçus d’inscription, préalable au retrait de la carte d’électeur.

3. Les voies de fait contre Mariem Cheikh n’ont épargné, non plus, son frère présent à l’altercation les ayant opposés aux militants zélés de l’Insaf et des membres de la Céni, d’ailleurs complices de la fraude que l’élue dénonçait, en direct, lors d’une diffusion sur sa page Facebook. Les deux se retrouvent en détention préventive, au même titre que deux femmes et un homme, du groupe des agresseurs. Rabi Aidara – il fallait s’y attendre dans la république islamique de l’impunité – continue à jouir d’une entière liberté d’agir auprès de la Céni.

4. Mariem Cheikh ne dispose du minimum de commodité, d’habits de rechange ni d’une nourriture convenable. Comme d’accoutumée tragique (Affaires Soufi Soumaré et Oumar Diop), la police en charge de l’enquête s’apprête à lui imputer, par des témoignages frauduleux et une attestation de médecine légale, la responsabilité de l’incident. L’immunité d’un édile du peuple est ici violée au motif d’un délit d’opinion lié à l’exercice de son devoir civique. De la pression exercée aux dépens de la prisonnière, résulte un risque crédible d’atteinte à son intégrité, d’où la présente alerte.

Nouakchott, le 17 mai 2024

Lien connexe : https://www.frontlinedefenders.org/fr/case/judicial-harassment-woman-human-rights-defender-mariem-cheikh

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=774941