L’information a fait le tour de la toile mardi. Doudou Faye, un garçon âgé de seulement 14 ans, habitant Saly Sadou Salam, à Mbour, est mort en haute mer, alors qu’il tentait de rejoindre l’Espagne via l’émigration clandestine. Ce jeune candidat au voyage irrégulier a perdu la vie en cours de route et a été jeté au fond de l’océan.
Son père, Mamadou Lamine Faye, est accusé d’avoir « remis » son fils qui voulait poursuivre son rêve de devenir footballeur en Espagne, entre les mains des passeurs. Selon le journal « Libération », il a trompé la diligence de son épouse le 16 octobre dernier. Arrêté par la Brigade de recherches de Mbour, il a été placé en garde-à-vue. Selon un des rescapés qui a annoncé la mort de Doudou à sa famille, le jeune garçon est tombé malade avant de rendre l’âme. Les passeurs, formellement identifiés, ont pris la fuite.
Le groupe chinois Poly Changda vient de gagner le marché de construction du pont devant relier la Mauritanie et le Sénégal au niveau de la ville de Rosso. Son coût global est de quatre vingts seize (96) millions de dollars. Sa livraison est donnée dans trente (30) mois à compter du 20 décembre 2020. Il viendrait se substituer à l’inadaptation du bac aux besoins actuels et futurs en termes d’échanges internationaux et des transports terrestres.
Outil de mobilité, de circulation des personnes et des biens dans des conditions de relative accessibilité pour des populations à faible revenu, outil de développement intérieur et régional, outil d’amélioration de la qualité de vie et de la réalisation de profits, le transport terrestre implique l’élaboration de choix stratégiques et budgétaires, l’adaptation programmée et coordonnée des infrastructures (routes, autoroutes, voies ferrées et fluviales, aéroports). Aussi, pour la promotion du commerce inter-africain, la commission économique pour l’Afrique (ONU), l’Union Africaine, l’Union du Maghreb Arabe, la Banque Africaine de Développement, la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté de Développement d’Afrique Australe (SADC) se sont données l’objectif de réaliser un réseau d’autoroutes africaines de plus de 57.000 km. Par le développement des infrastructures routières et la promotion du commerce, le but recherché est la réduction de la pauvreté en Afrique. Pour ce faire, un réseau de corridors transafricains ont été définis comme objectifs à atteindre, à terme.
. Corridor 1 : Cairo-Tripoli-Tunis-Alger-Rabat-Nouakchott-Dakar (La TRANSMAGHREBINE)
La Mauritanie, comme on le voit, est directement concernée par la TRANSMAGHREBINE et son prolongement jusqu’à Rosso. Il est de notre intérêt de nous raccorder à l’axe transsahelien (Corridor 5) pour faire du Mali et du Burkina Faso le hinterland de nos ports. Ces deux pays, enclavés et instruits des problèmes de transport à eux posés par le récent embargo imposé au premier par la CEDEAO, et suite au conflit interne ivoirien des années 80-90, sont toujours soucieux de diversifier leurs voies d’approvisionnement. Le transit par la Mauritanie répondrait bien à ce besoin. La partie de l’ancien axe Tanger-Casablanca-Bir Moghréin- Nouakchott-Dakar d’une part, et une jonction avec le sud algérien (Tindouf) via Bir Moghréin et Ain Ben Tilly, d’autre part, permettraient de nouvelles possibilités d’échanges dans les contrées nord de notre pays et de mise en valeur de leurs potentiels. Il y a lieu de rappeler que chaque pays a la responsabilité de la réalisation des parties de corridor traversant son territoire.
La position charnière de notre pays entre le Maghreb et l’Afrique occidentale justifie la réalisation d’infrastructures à même d’assurer de manière organisée le maillage intérieur indispensable aux échanges et à son développement, et de permettre le transit des flux entre le nord et le sud du Sahara, rôle qu’il joua jadis. Les pistes anciennes (route des chars et autres routes relatées par El Bekri et R. Maury) passaient, pour les plus occidentales d’entre elles, par Figuig, le Zemmour, le sud-est mauritanien (Tichit, Oualata) pour aboutir à Tombouctou, reliant ainsi le Maghreb à la boucle du Niger. Ces anciennes pistes font aujourd’hui place aux corridors proposés par les institutions économiques régionales et internationales. Il convient que nous soyions au rendez-vous.
De ce qui précède et consciente des enjeux, la Mauritanie doit commencer par la réalisation bien pensée de ses infrastructures de transport afin de relier efficacement toutes nos Moughataa. En particulier, la connexion des régions productrices de produits halieutiques, agricoles et animaliers avec les centres de consommation et de transformation serait de haute contribution au développement économique et social du pays. Les échanges avec les pays voisins et l’intégration économique régionale s’en trouveraient augmentés. En outre, l’amélioration de l’état technique de nos infrastructures contribuerait sans aucun doute à sauver la vie de nombre de nos citoyens. Les statistiques disponibles donnent la mesure des efforts à faire.
Le réseau mauritanien compte un peu plus de « 2900 km de routes goudronnées, de deux milliers de kilomètres en terre stabilisée et de plus de 7000 km de pistes ». A ces données, il faut ajouter (a) une mortalité routière de prés d’un million de victimes, soit 24 à 25 pour 100.000 habitants et 230 victimes pour un parc de 100.000 véhicules motorisés (OMS 2015); (b) au classement de 141 pays étudiés et notés sur la qualité de leur réseau routier de 1 à 7 (la meilleure note), la Mauritanie pointe au 140 ème rang, note 2,0 (juste devant le Tchad); (c) l’indice de performance logistique qui mesure la qualité des infrastructures affecte à notre pays la note de 1,52/5 (Banque Mondiale). En clair, il s’agit de routes qui tuent et qui ne contribuent pas comme il serait souhaitable au développement en raison du mauvais état de l’existant. Le nombre d’accidents de la circulation routière dans notre pays ne cesse d’augmenter. Les victimes et les dégâts matériels qu’on observe au quotidien, en constante augmentation eux-aussi, attestent de la violence des chocs. Les causes premières des accidents sont de trois ordres : l’aptitude des conducteurs, l’état technique des véhicules et la qualité des infrastructures routières. Mon propos se limitera ici, pour l’essentiel, à ces dernières.
Le choix des infrastructures et l’organisation des réseaux de transport conditionnent la vie économique d’un pays. Populations et activités se concentrent le long des axes de pénétration et plus particulièrement à partir des ports. Où en est-on de nos routes et leur état?
La route de « l’Espoir », la plus fréquentée, la plus meurtrière aussi, traverse le pays d’ouest en est. Sa première mission est économique et sociale: unité territoriale, mobilité, diffusion de richesses. La mortalité qu’elle engendre n’est pas une fatalité. Les accidents qui s’y produisent sont dans leur grande majorité du type de collisions frontales. Elles se produisent lors d’opérations de dépassement sur une route étroite par construction, ou rétrécie par la dégradation des bas-côtés non adéquatement stabilisés au départ, ou rétrécie par un obstacle naturel (ensablement), ou par l’évitement d’une déformation de la chaussée (nids de poule), ou rétrécie par le gabarit d’autres véhicules, ou d’autres causes encore dont le défaut de signalisation diurne et nocturne. Cet axe est emprunté par différents types de véhicules, allant des plus petites voitures particulières jusqu’aux bus et semi-remorques de très grands tonnages. L’origine et la destination des trafics peuvent être la Mauritanie, le Maroc, voire l’Espagne ou la France, et le Mali. Il nous revient, et nous devons avoir cette ambition, d’en faire le complément ou le prolongement des axes Méditerranée-Senegal et transmaghrebin. Pour des raisons de sécurité d’abord, et pour qu’elle ne soit un goulot d’étranglement, il est impératif que la route de l’Espoir, jusqu’aux frontières du Mali, soit aménagée, sécurisée, élargie, l’objectif à terme étant qu’elle soit une autoroute payante selon le principe du pollueur-payeur, financée par l’Etat et/ou par un Partenariat Public Privé.
Les axes Nouadhibou-Nouakchott et Nouakchott-Rosso devraient bénéficier d’un traitement identique pour assurer la meilleure fluidité possible, les échanges régionaux par ces axes étant promus à un développement important. Le port de Nouadhibou a vocation à recevoir les plus gros bateaux et porte-conteneurs. Naturellement bien abrité et protégé, il est plus facilement aménageable en port en eaux profondes que Nouakchott et à moindre coût. Les conteneurs et autres cargaisons arriveraient à destination plus vite lorsqu’ils sont installés sur des camions empruntant une autoroute depuis le port de Nouadhibou que si le bateau devait les débarquer à Nouakchott, avec en prime les effets de Houle et les surestaries. Par ailleurs, quel sens aurait la réalisation du pont de Rosso si l’infrastructure routière du côté Mauritanie ne permettrait pas un écoulement fluide du trafic?
L’axe nord, l’ancienne « route impériale n°1 » jadis la seule praticable, reliait Rosso, l’unique accès terrestre, aux frontières nord (Maroc et Algérie) via Nouakchott, Akjoujt, Atar, Fort Gouraud (Fdérick), Bir Moghréin. De nos jours, il est certes le moins fréquenté mais pour autant, sa modernisation ne pourrait pour ces motifs être négligée; il permet la connexion de régions riches en oasis, en ressources minières, en potentiels touristiques et promises à tirer de substantiels avantages des échanges en devenir entre la Mauritanie d’une part, le Maroc et l’Algérie d’autre part, dans lesquels elles auront un rôle important à jouer.
Les connexions les plus directes possibles entre toutes les Moughataa doivent être un objectif. L’intensité de leurs échanges en termes de besoins strategiques, de volumes et de fréquences objectivement évalués doivent être les seuls critères qui déterminent la priorité de réalisation des infrastructures. Plus particulièrement, les régions et centres de production de biens et denrées doivent disposer d’infrastructures et équipements leur permettant la mise à disposition de ces produits sur les marchés de distribution.
A plus long terme, le doublage des principaux axes routiers par des voies ferrées ne doit être considéré comme une simple vue de l’esprit.Tôt ou tard, il deviendra indispensable. Les transports de masses (minéraux, phosphates, bétail, etc.) vers les centres de traitement ou d’exportation y gagneraient, en efficacité et rentabilité.
Au total, l’objectif d’un réseau routier ne peut être qu’un maillage raisonnablement le plus serré possible, qui assure la sécurité des voyageurs, la régularité et la rapidité des flux, et qui contribue efficacement au développement des échanges commerciaux régionaux. Le réseau routier devrait être le plus éloigné possible des constructions en étoile. Le pont de Rosso devrait s’inscrire dans ces objectifs. Cela implique une gestion efficiente d’une telle infrastructure, génératrice de nombreuses retombées économiques et sociales.
En tout état de cause, les considérations environnementales doivent demeurer – toujours – au sommet des préoccupations, quel que soit le type d’infrastructure. La préservation de la nature, de la biodiversité, la vie des populations ne devraient être sacrifiées au profit de considérations politiques, économiques ou autres.
Lundi 9 novembre 2020 à Selibaby, la capitale régionale du Guidimagha, plusieurs militants abolitionnistes dirigés par de membres de la commission Droits de l’homme d’IRA-Mauritanie, ont manifesté devant l’enceinte de la Justice régionale.
Des responsables Iraouis comme Moussa Bilal et Abdallahi Abou Diop et d’autres militants anti-esclavagistes issus de la communauté soninké, sont venus de Nouakchott pour dénoncer les pratiques administratives et judiciaires injustes qui frappent des citoyens qui refusent l’esclavage statutaire dans les localités villageoises soninkés . Ainsi plusieurs militants anti-esclavagistes sont partis de différents villages pour participer à cette manifestation de Selibaby.
Pour rappel les coutumes esclavagistes et féodales sont vivaces dans les communautés soninkés notamment dans cette région du Sud mauritanien. Avec l’éveil abolitionniste en cours depuis quelques années, les cercles réactionnaires féodaux s’activent à travers des plaintes fallacieuses auprès de la justice pour contrer les militants abolitionnistes. Tous les citoyens qui osent se défaire du système féodalo-esclavagiste soninké incarné le laada ou ladalenmaxu, sont visés et ostracisés socialement et les autorités publiques régionales laissent faire et prennent même la défense des tenants de la féodalité. Depuis quelques mois 3 militants (2 de Bouanze et 1 de Diogountouro) sont abusivement incarcérés à Selibaby à l’issue de procédures troublantes.
Cette manifestation marque une phase dans la défense des Droits humains, surtout contre cet esclavage statutaire qui sévit dans la communauté soninké.
Mention spéciale aux militants abolitionnistes IRA Mauritanie ayant parcouru plus de 800 kilometres depuis Nouakchott pour organiser et assister cet événement historique contre des pratiques injustes.
Pour certains, pour être « ministre » ou quelque chose comme ça, il faut parler « la bonne langue ». C’ est le début. Ensuite, il faudra avoir « la bonne couleur » (ça suivra, en sourdine). Et fatalement (et ce ne sera pas aussi long), être de la « bonne tribu » avec bonus, si on est de la « bonne région »! Fatalement, une discrimination de type essentialiste en entraîne une autre. Et l’effet de chaîne mène au cauchemar des confrontations identitaires multiples. Empêcher un ministre de parler en raison de la langue qu’il parle et qui est statutaire -puisqu’officiellement enseignée comme langue de travail depuis toujours et le faire avec ostentation -est un acte de provocation et une incitation grave et publique à la discrimination, en plus d’être un outrage public commis à l’encontre d’un citoyen et d’un agent de l’ Etat. Ceux qui au nom d’une idéologie politique particulariste extrémiste, badigeonée et peinturlurée gesticulent pour tromper les gens, se trompent eux mêmes. La Mauritanie est une et indivisible dans sa feconde diversité. Toutes les langues nationales sont égales et doivent être officialisées pour mettre fin aux harcèlements dont sont victimes les locuteurs des autres langues que l’arabe. Et le statut du français comme langue statutaire enseignée et pratiquée est l’un des aspects de notre réalité nationale depuis 60 ans.
● Rendre un Témoignage juste vaut mieux qu’une alliance de circonstance de mauvaise foi !
Il s’appelle Adama Madi waly Bathily, soninké en vrai et originaire de Lany dans le gadiaga (Région de Kayes) au Mali.
L’homme se conjugue au COURAGE ET à la SINCÉRITÉ dans l’éveil GANBANAAXU contre les problèmatiques liées à l’esclavage coutumier dans la communauté soninké. Humaniste convaincu, il s’est libéré de toutes les pesanteurs sociales qui transforment certains lettrés et instruits en tenants de double-discours et d’autres en hypocrites complexés autour de certaines fausses fiertés du système féodalo-esclavagiste intracommunautaire.
Il a le mot percutant qui dévoile et confond les discours gymnastiques des uns et les fuites en avant des autres qui essaient de donner une humanité à des mentalités moyenâgeuses et dépassées par tous les civilisés au 21 ème siècle. Dans ses différentes communications, cet esprit ouvert laisse entendre que l’irruption de cet engagement anti-esclavagiste est venu à point nommé pour démystifier les prétentions trompeuses que la société serait solidaire et fraternelle en état.
On reconnaît en lui un panafricain investi d’une grandeur morale et un visionnaire averti qui explique que les clans féodaux dominants se sont laissés piéger par des ignorants orgueilleux (leurs proches) qui vont les mener dans un gouffre de la déchéance multiforme à la face du monde entier. Et on y est presque… hélas !
DU 05 AU 06 Novembre 2020, le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme a eu l’immense honneur de participer au forum régional sur la revue sécuritaire : Etat de Droit et Extrémisme Violent organisé par AFRIKAJOM dont Mr Alioune Tine est le fondateur en partenariat avec FONDATION KONRAD ADENAEUR, ONU FEMMES ET L’UNFPA.
Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme était représenté par son Président Mr N’Djim Boubacar et a fait des recommandations qui sont les suivantes :
De faire de l’Etat de droit une réalité au Mali ; Le retour immédiat de l’administration dans les zones délaissées Mali ;
De procéder au désarmement des milices et groupes armés qui menacent la cohésion sociale du sahel plus particulièrement ceux du Mali ;
De faire barrage à l’impunité et l’injustice sociale qui se trouvent être les maux des pays du sahel ;
D’éviter la stigmatisation de certaines communautés au profit d’autres communautés au Mali ;
Faire de la question de l’esclavage par ascendance une priorité dans les pays du sahel notamment celui du Mali qui d’ailleurs peut être considérée comme une sève de l’extrémisme violent ;
Une collaboration active et étroite des pays du sahel en matière de défense des droits de l’homme.
Il n’y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l’homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit.
Le spectacle ahurissant que nous vivons, dans l’attente des résultats de la présidentielle américaine, renseigne à plus d’un titre sur l’état de la démocratie et ceux qui l’incarnent.
L’attitude belliqueuse et inélégante de D. Trump durant la procédure de dépouillement a donné lieu à des comparaisons sarcastiques, avec ce qu’on trouve dans les républiques bananière, pour ne pas dire dans certains pays africains (suivez mon regard…).
Ce qui sauve « la démocratie » américaine n’est autre que la solidité de ses institutions politico-judiciaires. La solidité de ces institutions permet à la règle institutionnelle -la théorie de l’institutionnalisation- de prendre le dessus sur les acteurs qui les incarnent, et ce, au-delà de leurs convictions idéologiques propres. Ainsi, c’est « dans la prévalence des institutions sur les hommes que réside la meilleure garantie de la démocratie. »
Pour revenir à l’Afrique, on peut noter que c’est la « prévalence institutionnelle » sur « les hommes qui en ont la charge » qui fait défaut. D’où l’importance d’avoir des institutions fortes qui puissent survivre « aux irrésolutions démocratiques » des uns et des autres. L’ancrage d’institutions fortes, reconnues et acceptées par tous ne se décrète pas. Cela se construit en dehors de toute forme de solidarité partisane (qu’elle soit politique, ethno-linguistique, identitaires religieuse…) ou de vassalité.
Le rempart aux errements démocratiques -car les risques existent partout Occident/Afrique..-, et ses conséquences désastreuses, se situe dans la pacification des joutes politiques. La contestation politique dans le processus électoral ne peut se résoudre qu’à travers des mécanismes judiciaires, prévus dans ce sens, et qui au demeurant sont indépendants des pression de part et d’autre.
Par ailleurs, la complexité de la procédure électorale américaine – avec le hiatus qu’on peut trouver entre le suffrage universel et la théorie des grands électeurs- n’est rien d’autre qu’un mode d’organisation juridique avec ses imperfections et sa caducité, qui ne saurait en donner un caractère anti-démocratique ou inégalitaire. Car le droit n’est pas érigé pour être juste mais plutôt pour organiser la vie en société (avec ses imperfections) et établir les règles.
Enfin, s’il est vrai que la démocratie ne peut pas s’évaluer qu’à l’aune des opérations électorales, ce moment haletant permet d’en mesurer la solidité comme cela se fait pour les autres institutions. Et comme le disait Winston Churchill, si « la démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres », en attendant d’en trouver d’autres, préservons la avec des INSTITUTIONS FORTES!
Le ministre de la Justice Mohamed Mahmoud Ould Cheikh Abdullah bin Beyya a déclaré que l’enquête sur le « dossier de corruption » qui a été renvoyé à la justice par le parlement est menée avec le sérieux requis et ne peut être arrêtée. Lors de sa réponse hier, au parlement à une question sur le sort du «dossier de corruption», le ministre a déclaré que les affaires devant la justice « nécessitent le temps approprié pour qu’elles soient adaptées et étudiées », ajoutant: « Laissons le dossier entre les mains de la justice ».
Le Ministre de la justice s’exprimait devant des parlementaires lors d’une séance consacrée à l’approbation d’un projet de loi modifiant certaines dispositions de la loi statutaire amendée et complétée, qui comprend la loi fondamentale du pouvoir judiciaire.
L’Authentique – Les forces de l’ordre ont démantelé lundi à Nouakchott, ce qui est considéré comme un « embryon » de réseau de trafic illicite de migrants. Il s’agit d’un groupe de jeunes ciblés pour la campagne qu’ils mènent auprès de jeunes travailleurs de l’informel (tailleurs, taximen, maçons, manœuvres, plombiers, électriciens, petits commerçants…) bonifiant l’aventure vers l’Europe en mer.
Banalisant les énormes difficultés que présente cette aventure et soutenant en substance que le pourcentage des réussites est très largement supérieur à celui des échecs et que le nombre de pertes humaines en mer est largement exagéré par la presse, les jeunes cibles ne s’empêchent pas d’offrir leurs services à ceux qui seraient tentés de prendre la mer.
Le démantèlement du Réseau serait réussi après qu’une Taupe ait fait part à la police de la rencontre qu’il a eue avec un homme, présumé cerveau du groupe. Convoqué, ce dernier a rejeté les accusations portées contre lui.
Les soupçons contre lui vont demeurés toutefois après l’interrogatoire de deux jeunes, retrouvés en sa compagnie qui auraient livré des informations le compromettant. Ces derniers ont en effet reconnu avoir été approchés par le Monsieur » qui leur miroitait le voyage vers l’Europe par mer.
Conduit à la Police, l’homme aurait été relâché, pour manque de preuves formelles contre lui. Il faut dire que ces derniers mois, un trafic intense de migrants vers l’Europe a été remarqué de la Mauritanie, du Sénégal et de la Gambie, vers l’Europe.
De nombreuses aventures ont pris fin dans les eaux territoriales mauritaniennes avec leurs cortèges de morts. Et ceci malgré le démantèlement de nombre de réseaux dans les pays cibles.
Si les candidats à l’émigration se font tant nombreux ces derniers mois, c’est que non seulement certaines aventures ont bel et bien été couronnées de succès, mais plus, les montants à verser par les candidats aux trafiquants sont été nettement revus à la baisse, crise du covid oblige.
De 1500 Euros, la caution ne serait plus que de 700 Euros, les trafiquants ayant joué sur la qualité et la robustesse des pirogues utilisées. Et ce serait exactement ceci qui serait à l’origine des dernières déconvenues enregistrées ces semaines en mer où de nombreuses pirogues guère préparées au voyage, ont fini par être renversées par les vagues si elles ne se plombent pas sous l’effet du poids des migrants.
Aux dernières nouvelles, nous avons appris que des candidats à l’émigration clandestine ont été interceptés en début de présente semaine, au large des côtes entre Nouakchott et Nouadhibou. Ils auraient échoué sur la plage après l’accident de leurs pirogues qui a fait cinq morts, soixante rescapés.
D’après eux, ils seraient près de 200 passagers, répartis dans deux pirogues, qui ont quitté la ville de Mbour il y a plus d’une semaine pour rallier l’Espagne. Malheureusement, le vent n’était pas favorable à une telle aventure. Ils ont alors décidé de faire demi-tour, jusqu’en Mauritanie.
Beaucoup sont restés en mer sur le chemin du retour. Entre les mains des garde-côtes, il a été dénombré cinq décès, soixante (60) rescapés, dont deux en réanimation.
Autre information : dimanche 1er novembre, la marine sénégalaise a intercepté une pirogue avec 129 migrants clandestins à bord.. Trois femmes étaient parmi les 129 candidats à l’émigration irrégulière et quelques mineurs.
Le 2 novembre, une pirogue avec 72 personnes à bord s’est accostée sur un village situé entre Nouakchott et Nouadhibou après neuf jours d’égarement. Aucune perte humaine n’aurait été enregistrée.
• Jeudi 6 novembre 1986 ma première nuit dans la prison .
Palais de justice de Kaëdi, Jeudi 6 novembre 1986, notre première nuit en prison, une date et une histoire.
Après une semaine de garde à vue, d’interrogatoire et de tortures physiques et morales dans les locaux de la gendarmerie, un matin du 6 novembre 1986, à 5 jours de mon anniversaire de naissance, nous voilà réveillés très tôt menottés et enchainés comme des criminels ou des petits terroristes. Nous sommes embarqués dans des voitures de marque Land Rover et amenés devant le juge d´instruction et le procureur du palais de justice de Kaëdi, tous deux beydanes (maures blancs, un frère musulman et un baathiste) qui n’avaient même pas hésité à nous expédier illico-presto à la prison civile de Kaëdi (camp de la garde) après quelques petites questions sur les PV. Ils nous inculpèrent avec des chefs d’accusation de : » trouble à l’ordre public, participation à une manifestation non autorisée et membres d´une association illégale et non reconnue… » (le ridicule ne tue pas). Dix neuf prisonniers dont une femme notre cousine Ramata Mamadou Siba Sow, seront inculpés et les autres libérés. Sortis du palais, on voyait tous nos parents, amis, camarades, des ressortissants de Jowol à Kaëdi, élèves et autres Kaëdiens venus nous soutenir devant le batiment et on les saluait de loin par des poignées de main avec des V de la victoire. On voyait de loin des femmes pleurer avant que notre camion militaire ne s´éclipsa en vitesse pour se diriger vers le camp de la garde de Kaëdi, notre futur lieu de détention.
Une fois le portail de la prison civile ouvert et franchi, on est accueilli par des centaines de prisonniers de droit commun, qui nous attendaient apparemment; tous noirs à part deux maures blancs écroués pour vol de chameaux. Entourés par une vingtaine de gardes pénitenciers bien arméé, ils nous ont souhaité la bienvenue dans cette « maison des Hommes « nous disaient-ils. Saisi par un sentiment de révolte et de colère aussitôt j’ai regardé mon frère, compagnon de fortune et complice Ousmane Toure et j´ai entonné à haute voix notre chant anti-apartheïd écrit par notre poète Amadou Samba Dembele et il a répondu au refrain avec un autre camarade Aliou Mamadou Sow qui était à nos côtés et les autres camarades nous ont suivi en choeur :
1.O dunya jamfiima heewɓe
Won jaloo6e kono won woyooɓe
Aduna jamfiima heewɓe
Nde ƴellitaare roondii boomaare
So gooŋɗi tan ko konngol joom doole
Ndeen goonga jom goonga yoolee
Min cikkatno waawde ko waawande
Min mbaɗno tan baawɗo ko balloowo
ndeke wona ɗum baawɗo ko baroowo
Min njanngiino e defte maɓɓe
Waawi wara ko majjere moƴƴaani 12.Nanngu- war ina duñtee ñifaani
Gila laamu Wosteer e Botaa
Cañi apartaayd ɓaleeɓe njootaa
To faggudu e dawrugol e janngde
Winndere woytiima, hoohooɓe kaalii
Winndooɓe e yimoove ndeƴƴaani
Nanngu war ina duñtee nyifaani
Jaambareeɓe men njantinaani
Mandela ko yeru burɗo laabde
Mandela ko yeru burɗo laabde
Bikkittooɗo hannde e geƴƴelle
Kalifaandi wonaa ndi callalle
Halfatee ko ɓernde e hakkille
Halfatee ko ɓernde e hakkille
Ɗum noon woori jaambareeɓe.
O dunya jamfiima heewɓe
Won jaloove kono won woyooɓe
TRADUCTION:
Ce monde a beaucoup déçu,
Certains rient tandis que d’autres pleurent
Ce monde déçoit beaucoup
Si le progrès est confondu avec la calamité (le massacre)
Si seuls ont raison les plus forts
Alors le droit des faibles sera à jamais bafoué (noyé)
Pour nous, le plus valeureux est celui qui est plus utile, celui qui donne aux autres ce qu’ils ne peuvent pas avoir.
Dans notre entendement, le plus fort aide les faibles
Or ici, le plus fort est celui qui tue les autres
Nous avons bien lu dans leurs livres, la maxime selon la quelle:
« La raison du plus fort relève de l’obscurantisme. »
Alors que dans la réalité ils attisent le feu du massacre.
Depuis que WOSTER et BOTHA sont au trône (allusion faite au règne de Mouawiya et les siens).
Et ont tissé le système d’apartheid, tout a manqué aux noirs
Dans les domaines économique, politique et éducationnel
L’univers s’est plaint, les personnes de renommé se sont prononcés
Les chanteurs et les écrivains ne se sont jamais tus
Mais eux, ils continuent à attiser le feu du massacre
Nos combattants n’ont jamais baissé les bras
Mandela est l’exemple le plus patent
Mandela est l’exemple le plus patent
Il se débat actuellement dans sa prison
La domination n’est pas engendrée par des chaines
La vraie domination est celle du cœur et de l’esprit
La vraie domination est celle du cœur et de l’esprit
ce ci n’est jamais le cas de nos combattants
Ce monde a beaucoup déçus,
Certains rient tandis que d’autres pleurent.
Ce chant de révolte en pulaar était un réquisitoire contre le pouvoir raciste mauritanien et je me souviens aussi que pendant notre interrogatoire à la gendarmerie, ils m’ont trop demandé sur le sens et la signification de ce poème parce qu´ il a été aussi repris en choeur pendant notre grande manifestation contre le pouvoir de Taya à Jowol dans la nuit du 27 octobre 1986 et c’est moi qui chantait et les autres manifestants le reprenaient appuyés par les échos des collines du village et du fleuve pendant la nuit. En reprenant ce chant engagé on voulait défier le pouvoir sur son propre terrain (la prison) pour lui dire qu´on était prêts à payer le prix et » ko kalifaandi wonaa ndi callalle, halfatee ko bernde hakkille » autrement « on ne peut soumettre quelqu´un par des chaînes mais par la domination mentale ». Nos gardes étaient médusés par notre provocation et notre « culot ». Certains de nos geôliers négro-africains ne cachaient pas leur sympathie à notre égard et nous réconfortaient par des mots très encourageants. » Wallaahi ko on ngenndiyankoo6e, wallaahi ko on jaambaree6e, woto kulee woto kersee » (.vous- êtes des vrais patriotes, vous- êtes des héros, n’ayez pas peur, ni honte de votre emprisonnement on est ensemble). C´était une petite page dans cette histoire et dans cette longue lutte contre le Système. 6 novembre, je me souviens toujours, j’avais 18 ans et qui faisait de moi, pour la petite histoire, le premier plus jeune prisonnier politique du colonel ould Taya. 34 ans après nous continuons la lutte avec la même conviction et la même détérmination sans prendre rides.
Nous y reviendrons un jour plus largement avec plus de détail inchaallah dans un livre à paraître. (presque prêt).
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