● À Barcelone | une opération réussie pour séparer deux enfants mauritaniens siamois

Taqadomy – L’hôpital Sant Joan de Déu de Barcelone a annoncé le succès de l’opération visant à séparer deux nourrissons mauritaniens siamois, nés joints au niveau de l’abdomen.

L’hôpital a indiqué que les deux nourrissons ont subi une opération chirurgicale qui a duré cinq heures et à laquelle une équipe de 20 spécialistes a participé, soulignant que « les choses se sont déroulées comme prévu ».

Les jumeaux siamois sont nés dans la capitale mauritanienne, Nouakchott, le 8 octobre, réunis au sommet de l’abdomen, par un seul cordon ombilical, pour un poids total de 5,2 kg.

Fin octobre, ils ont été transportés à bord d’un avion médicalisé militaire, accompagnés de leurs proches, de médecins militaires et du personnel médical de l’hôpital San Joan de Déu, pour subir une intervention chirurgicale dans cet hôpital situé dans la ville espagnole de Barcelone.

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● Dr Mouhamadou Sy, un brillant mathématicien au service du continent

Le Docteur Mouhamadou SY est un passionné des mathématiques, expérimenté et dévoué avec un amour profond pour l’enseignement et la recherche grâce aux fruits d’un parcours académique exceptionnel passé dans les universités les plus prestigieuses du monde. Fort d’une expérience enrichissante en Europe et aux Etats-Unis, il consacre sa carrière à la recherche, à inspirer et à guider la jeune génération dans le monde fascinant des mathématiques. Ce qui lui a valu d’être porté à la tête de la chaire de recherche intitulé « Mathematiques et ses Applications » du prestigieux AIMS « African Institute for Mathematical Sciences » (Institut Africain de Sciences mathématiques). Un parcours d’excellence couronné par une thèse de Doctorat

De nationalité mauritanienne, Dr Mouhamadou Sy est un chercheur en mathématiques. Après son Bac C décroché avec brio en 2009, il va poursuivre ses études supérieures en mathématiques à l’université de Cergy-Pontoise en France où il s’impose tout de suite à la tête du classement des meilleurs étudiants de sa promotion malgré les conditions de vie particulières. Durant toute sa licence, il travaille comme professeur particulier afin de subvenir à ses besoins et financer ses études. Ses brillants résultats de licence ont été récompensés par une bourse d’une année de master octroyée par la RATP.

Une année plus tard, en tant que major de sa promotion, Mouhamadou Sy décroche la bourse d’excellence de l’université de Cergy-Pontoise pour effectuer son master 2. Ses excellents résultats font de lui l’un des étudiants les plus prometteurs de la région Ile-de-France et sont récompensés par un « prix au mérite en Sciences » attribué par l’Académie de Paris en 2014. La même année, il est retenu par le jury de la très prestigieuse bourse DIM pour un financement de trois ans afin de préparer une thèse de doctorat. Il soutiendra cette thèse en 2017 sous la direction de Professeur Nikolay Tzvetkov et de Professeur Armen Shirikyan à l’université de Cergy-Pontoise.

Les résultats de recherche de Docteur Mouhamadou Sy ont très vite attiré l’attention de la communauté mathématique bien avant la soutenance de sa thèse. Il sera très vite invité à les exposer lors des grandes conférences internationales et à des séminaires, y compris en Amérique dans des universités réputées comme Brown et le MIT. En 2018, il signe un contrat d’Associé de Recherche avec l’université Virginia aux Etats-Unis où il reste 3 ans. Il rejoint par la suite l’Angleterre et notamment le très réputé Imperial Collège London où il travaille avec le lauréat de la médaille Fields Martin Hairer. Docteur Sy fera ensuite son retour aux Etats-Unis à Johns Hopkins University, l’une des plus prestigieuses du monde.

Une production d’ouvrages scientifiques

Dr Mouhamadou Sy participe aussi activement à la production intellectuelle avec la publication de ses recherches et ouvrages en mathématiques. Il faut dire que le très jeune chercheur a publié ses recherches dans de très prestigieuses revues internationales.

Les thèmes de recherche de Dr Sy sont parmi les plus actifs de la recherche mathématique. Les équations de la dynamique des fluides et celles de l’optique non linéaire regorgent de puzzles extrêmement difficiles à solutionner et sont listées parmi les plus grands défis mathématiques du millénaire. Puzzles qu’il aborde avec des techniques probabilistes au développement desquelles il a déjà significativement contribué.

À côté de la recherche mathématique, Docteur Sy s’est vite intéressé aux questions de développement scientifique du continent africain dans le sillage du professeur Cheikh Anta Diop. C’est ainsi qu’il a posé et porté la question de la place des langues africaines comme moyens privilégiés d’éducation scientifique de masse. Dans ce volet de son engagement social et scientifique, sa contribution se compte à hauteur de trois (3) ouvrages de mathématiques (élémentaires, moyennes et avancées) écrits en langue Pulaar/ Fulfulde et de nombreux articles de vulgarisation scientifique.

Lors des conférences internationales organisées notamment par l’Unesco, Dr Mouhamadou Sy a défendu la promotion scientifique des langues africaines et leur introduction aux systèmes éducatifs.

Institut Africain de Sciences mathématiques, un nouveau défi

Après une riche expérience internationale dans la recherche et l’enseignement des Mathématiques, Dr Mouhamadou Sy décide de rentrer en Afrique et de rejoindre le prestigieux « Institut africain de Sciences mathématiques » (AIMS : African Institute for Mathematical Sciences) où il officie depuis le mois d’août dernier en tant que titulaire de la chaire de recherche financée par le ministère fédéral allemand de l’éducation et de la recherche à travers la fondation Alexander von Humboldt et le service d’échange académique allemand (DAAD).

Dans cet ambitieux projet qui mobilise plus d’un milliard de FCFA, l’objectif de Docteur Mouhamadou Sy et de ses collaborateurs allemands est avant tout d’offrir une formation de qualité à des jeunes africains en sciences mathématiques et leurs applications. Cette formation comprend les trois niveaux pré-doctoral, doctoral et postdoctoral avec en vue une préparation en techniques poussées de modélisation mathématique, d’analyse des modèles et de leurs applications. Sa toute première activité de formation vient d’avoir lieu : 15 jeunes africains venus de quatre pays différents ont suivi en octobre au centre AIMS une formation accélérée aux thèmes des équations aux dérivées partielles, de l’analyse stochastique et de leurs applications.

Pour Dr Sy : « Deux défis majeurs se posent aux mathématiciens africains : d’une part, il leur incombe de s’imposer à l’échelle globale avec une recherche novatrice et, d’autre part, il faut s’assurer d’une applicabilité de leur expertise à la résolution de problèmes concrets qui se posent au développement économique et social du continent africain. »

Senescoop Media

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● Guinée : Moussa Dadis Camara, ancien chef de la junte, de retour en prison

RFI Afrique – Moussa Dadis Camara est de retour en prison, a annoncé son avocat ce samedi 4 novembre dans l’après-midi.

L’ancien président guinéen, détenu à la Maison centrale de Conakry depuis plus d’un an, avait été sorti de sa cellule ce matin peu avant l’aube par un commando lourdement armé. Selon son avocat, maître Pepe Antoine Lamah, Dadis Camara ne s’est pas évadé de prison, mais il a plutôt été enlevé par ce commando. Toujours selon son avocat, il a réussi à s’échapper et s’est rendu à la Maison centrale.

Depuis un an, Moussa Dadis Camara est poursuivi pour son rôle dans le massacre du 28-Septembre 2009, qui avait provoqué la mort de près de 160 personnes et le viol d’une centaine de femmes.

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● Traque des « sans-papiers » en Mauritanie : Le cri de cœur des immigrés guinéens…[Africa Guinée]

Africa Guinée – Certains ressortissants guinéens vivant à Nouakchott (Mauritanie) traversent une situation pénible. Depuis quelques mois, les autorités mauritaniennes ont durci les mesures contre les étrangers en situation irrégulière.

Une campagne de traque et de renvoi des immigrés sans-papiers a été enclenchée par les autorités du pays, a appris Africaguinee.com. Selon nos informations, des milliers de guinéens font face à cette situation à Nouakchott ainsi que dans d’autres régions du pays.

Mamadou Hassimiou Diallo est un guinéen résident en Mauritanie et président de l’association dénommée « l’Amical guinéo-mauritanienne ». Il a fait 13 ans dans ce pays de l’Afrique occidentale. Interrogé, il revient sur cette situation.

« Ce sont tous les étrangers en situation irrégulière (guinéens, sénégalais, maliens, etc), qui font face à cette rafle. La particularité des guinéens, c’est l’absence de leur Etat. Nous n’avons ni ambassade, ni consulat. Ce qui signifie que le guinéen ne peut avoir les documents d’identification de son pays sur place, notamment le passeport, qui est obligatoire pour se régulariser.

Nos autorités qui doivent trouver les moyens de mettre les documents d’identité à la disposition de leurs ressortissants vivant en Mauritanie. A défaut d’une ambassade, il faut ouvrir un consulat général en Mauritanie ou au moins, envoyer une mission consulaire pour délivrer des passeports, des extraits de naissance et des cartes d’identité à nos compatriotes sur place. Ensuite, comme l’ont fait les ivoiriens, il faut négocier avec les autorités mauritaniennes pour exempter les guinéens de visa et des cartes de séjour ou du moins, faciliter leur accès« , confie ce ressortissant guinéen.

Notre interlocuteur précise aussi que l’irrégularité empêche énormément des guinéens d’avoir un emploi formel malgré leur compétence. En outre, ce phénomène les empêche également de se déplacer librement et même de pouvoir acheter un abonnement téléphonique.

« Nous avons à maintes reprises interpeller les autorités guinéennes pour trouver une solution aux problèmes des guinéens de Mauritanie. Nous espérons que celle-ci (interpellation à travers la rédaction d’Africaguinee), sera la bonne », a exprimé Hassimiou.

Selon un autre guinéen, la traque des sans-papiers en cours affecte particulièrement les guinéens très nombreux dans ce pays.

« Traditionnellement, les ouest africains ne souffraient pas de tracasseries dans ce pays qui partage un long héritage avec les guinéens. Depuis toujours, les guinéens y vont pour le négoce, mais aussi et surtout pour les études religieuses. A cette liste vient s’ajouter celle très importante des candidats à la traversée des Côtes espagnoles. Il se trouve que la Guinée ne dispose pas encore d’ambassade à Nouakchott ce qui complique davantage la situation », a confié cette autre source à notre rédaction.

Problématique de recensement

Il n’y a [pratiquement] pas de recensement exhaustif des guinéens résidents en Mauritanie, « surtout les clandestins », explique-t-il. Néanmoins, monsieur Diallo, estime le nombre des guinéens à une trentaine de milliers.

Pour notre interlocuteur, il n’y a pas de bureau qui réunit les ressortissants guinéens vivant en Mauritanie. Simplement, parce que le bureau qui existait leur a été imposé. Ce qui a créé une désunion entre eux. « Rien n’est en train d’être fait. Car il n’y a pas un bureau légitime pour faire quelque chose. »

Dansa Camara DC

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● Le Grand Entretien du Blog | En exclusivité avec le politiste Yahaya SOUKOUNA

La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) reçoit comme invité, monsieur Yahaya SOUKOUNA. Il est diplômé en sciences politiques et originaire du Mali (issu de la communauté soninké). Dans cette interview, il nous sert de pertinentes analyses sur diverses thématiques abordées. Nous lui adressons nos vifs remerciements pour sa disponibilité.

Ci-dessous l’intégralité de l’entretien :

● Question 1 : Bonjour monsieur SOUKOUNA, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Yahaya SOUKOUNA : Bonjour, je suis Yahaya SOUKOUNA, français d’origine malienne, diplômé en Sciences politiques et en Administration publique. Ancien collaborateur parlementaire, je suis actuellement consultant en stratégie internationale. Je conseille des acteurs du secteur public et privé sur divers sujets stratégiques. Je les accompagne vers la prise de décision, sur leur réorganisation structurelle et sur leurs choix stratégiques globaux. Durant mes temps libres, j’officie en tant qu’entraîneur dans un club de football amateur, j’y entame ma neuvième saison. Il m’arrive aussi d’écrire. Il y a deux ans, j’ai sorti un abécédaire autobiographique et je suis actuellement en train de finaliser un nouvel ouvrage portant sur l’Accord pour la Paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger de 2015.

● Question 2 : Étant issu de la communauté soninké qui est très attirée par l’environnement migratoire à travers le monde notamment en France, quel est votre diagnostic sur la situation actuelle de ce phénomène ? (Avantages et inconvénients)

YS : Avant toute analyse, j’aimerais témoigner ma fierté d’appartenir à la communauté soninké vivant en France. Je pense intimement que l’héritage culturel que nos aînés nous ont légué doit demeurer intact et poursuivre son cheminement générationnel. La solidarité, le partage, l’humilité, la discrétion et le respect de l’aîné sont autant de valeurs qui doivent perdurer. À notre tour, on se doit d’être les futures courroies de transmissions de ce « package » ancestral. Pour me recentrer sur la question, il me paraît important de préciser un aspect singulier à la communauté soninké sur le plan migratoire. Cette dernière immigre considérablement à travers le monde entier. L’Europe, principalement la France et l’Espagne, le continent africain, et l’Amérique du Nord, sont les principales destinations de la communauté native d’Assouan en Égypte. Elle se trouve donc fortement impactée par les tendances contemporaines de ce puissant enjeu géopolitique qu’est la migration.
En effet, la fragilité des marchés financiers et les crises engendrées, à l’image de celle de 2008, ont profondément bouleversé l’ordre mondial. Les économies mondialisées ont toutes été fortement perturbées, entraînant des conséquences en cascade. L’occident, principale terre d’accueil de migrant, a connu une baisse radicale de l’interventionnisme étatique et un élargissement de la paupérisation de sa société. C’est dans ce contexte que s’est diffusé un profond sentiment patriotique nationaliste provoquant l’émergence de mouvements réfractaires à l’accueil des personnes étrangères, les estimant responsables de la baisse de leur niveau de vie. Paradoxalement en Afrique, la multiplication des conflits, l’instabilité politique, l’affaissement du niveau de vie et le difficile accès à l’éducation et à la santé ont renforcé le désir d’exode d’une part importante de la jeunesse en quête d’un avenir meilleur. Malgré les mesures drastiques imposées par les autorités méditerranéennes, les vagues migratoires s’intensifient et s’échouent le long des côtes marocaines, espagnoles et italiennes avec son lot de rescapés et de morts que la mer avale. Nous assistons à la collision de ces deux réalités dynamiques qui ne semble pas promises à la convergence. Pire encore, avec la montée des groupes extrémistes et la détermination de ceux qui désirent l’eldorado, les prochains rendez-vous s’annoncent inquiétants.

● Question 3 : Ces derniers jours, le gouvernement malien a annoncé le report de l’élection présidentielle (initialement prévue en février), pouvez-vous nous éclairer sur les données politiques et sécuritaires dans le pays actuellement ?

YS : Depuis l’an 2020 et la chute du régime du président Ibrahim Boubacar Keita, le Mali est dans une transition. De 2020 à 2021, celle-ci fut civile et militaire, dirigée par l’ancien président Bah N’daw. Pour des raisons difficilement déchiffrables, ce dernier a été renversé en 2021 par le colonel Assimi Goïta qui est depuis devenu le président de la transition. Des élections présidentielles devaient avoir lieu, mais ont été reportées par le régime, entraînant une batterie de sanctions de la part de la communauté internationale et des organisations sous-régionales sous l’impulsion de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Des négociations ont abouti sur l’organisation d’élections présidentielles en février 2024 et ont permis de lever une partie des sanctions économiques qui participaient à la tentative d’asphyxie de l’économie malienne. Ce laps de temps a permis aux autorités de faire voter une nouvelle constitution. Projet que leurs prédécesseurs, démocratiquement élus, ont initié sans parvenir à leur terme. Dans un récent communiqué, le ministère de l’Administration territoriale a annoncé le report des élections présidentielles de février 2024 à une date ultérieure de quoi alimenter les suspicions quant aux désirs des autorités de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible.
Il faut noter que ce report s’établit dans un contexte sécuritaire des plus tendus que certains observateurs assimilent à celui de 2012. Cette période dans laquelle les combats entre l’armée malienne et les mouvements rebelles associés aux groupes jihadistes ont entraîné la scission du pays en deux et la proclamation de l’Azawad par le mouvement national de Libération de l’Azawad (MLNA).
Aujourd’hui, la situation est confuse. On assiste d’une part à l’intensification par l’armée d’opérations de communication et de reconquête du territoire vers le nord du pays à mesure que la mission onusienne de maintien de la paix (MINUSMA) libère les camps qu’elle occupait.
Concomitamment, des actes terroristes sont perpétrés sur l’ensemble du territoire laissant penser à une fragile restauration de la sécurité dans le pays. Ajoutons à cela, une recrudescence des affrontements entre l’armée malienne et les mouvements jihadistes, mais également, une détérioration des relations entre l’État et une partie des mouvements signataires de l’Accord d’Alger (Le Cadre Stratégique Permanent). Tout cela a pour effet de prolonger l’imbroglio du cas malien. Un rapide retour à l’ordre constitutionnel répondrait bien plus à des injonctions de la communauté internationale qu’a une nécessité immédiate pour la restauration d’un État unitaire et stable.

● Question 4 : La communauté soninké est traversée par une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles seraient selon vous, des précautions efficientes pour recouvrer une certaine sérénité communautaire sans cette tare ?

YS : La problématique de l’esclavage par ascendance est un sujet d’une extrême sensibilité, mais qui requiert un positionnement clair. La mienne est que ces pratiques doivent cesser d’exister. Je crois aussi que pour traiter un phénomène de cette ampleur, il faut avoir l’humilité de l’étudier, non pas pour cautionner, mais pour comprendre le pourquoi de la pérennité de ce procédé ancestral qui nuit au fonctionnement harmonieux de communautés qui très souvent se ressemblent. Il est important de s’intéresser en profondeur aux raisons qui distinguent le droit pour une communauté de jouir de pouvoirs réducteurs et humiliants vis-à-vis d’une autre contre son gré. Même si cette variante de l’esclavage existe au sein de la communauté soninké, ce phénomène que l’on peut penser mineur et bien plus répandu que l’on ne pourrait le croire. Il trouve des germes dans les 5 grands continents et répond à des règles, des coutumes, des rituels qui doivent être déconstruits par le dialogue, la médiation, et si nécessaire, par des réponses pénales.
Même s’il existe des organismes internationaux qui traitent le sujet, la réponse politique globale est bien en deçà de l’ampleur que représente le fléau. Je crois qu’à l’image d’un sujet fédérateur comme l’écologie, la lutte contre l’esclavage par ascendance mérite une place beaucoup plus épaisse dans les principaux engagements des états concernés par ce phénomène. Conscient que dans certaines régions du monde, il participe à calibrer certaines sociétés (et/ou communautés), et que toute tentative d’entrave menacerait certains équilibres de pouvoir. Néanmoins, sa lutte doit être prise à bras le corps. Ce faisant, des mécanismes internationaux devraient contraindre les États à montrer patte blanche en matière de lutte.

● Question 5 : la France connaît diverses frictions diplomatiques avec certains pays du Sahel (ses anciennes colonies), pouvez-vous nous donner quelques éléments de compréhension sur ces relations dans l’actuel environnement géopolitique mondial ?

YS : Depuis quelques années, la France rencontre des difficultés sur le plan diplomatique, peine à maintenir un dialogue serein avec une partie de ses anciennes colonies sahéliennes, et perd de son influence historique sur une partie de plus en plus grande du continent. Les nombreuses et récentes attaques verbales par communiqués interposés entre Paris et les principaux régimes militaires de la bande sahélienne que sont Bamako (Mali), Ouagadougou (Burkina Faso) et Niamey (Niger) témoignent de la fragilité des rapports existants. Nous sommes bien loin de l’an 2013 où le président français Francois Hollande avait reçu un accueil triomphal par une foule en liesse à Bamako lors du lancement de l’opération SERVAL, destinée à repousser l’avancée des jihadistes, qui étaient parvenus jusqu’au centre du pays à Kona. « La journée la plus importante de ma vie politique », avait-il lancé. La nouvelle tendance relationnelle entre la France et ces états sahéliens ne se résume pas qu’aux relations d’ordre politique ou protocolaire, mais s’étend désormais à la société civile. En effet, la longévité de la présence militaire étrangère sur le sol africain et les quelques abus qui en ont découlé ont créé de la frustration chez une partie des populations. De plus, l’absence de résultats des opérations militaires telles que Serval, Barkhane, et la Minusma, et leur incapacité à libérer les zones occupées du nord du Mali notamment, ont également suscité un rejet de celles-ci par les populations concernées. Par ailleurs, avec la montée en puissance de l’accès aux nouvelles technologies, le continent s’informe vite et s’éduque. Au cœur de la jeunesse africaine émerge un vaste désir d’affranchissement avec ses anciennes colonies, particulièrement avec la France. À dominante musulmane par leur composition, leurs us et coutumes, les populations sahéliennes sont particulièrement sensibles au traitement qui est infligé à leur coreligionnaire dans la sphère médiatique française depuis quelques années. L’ensemble de ces facteurs fragilise la relation entre la France et ses anciennes colonies africaines. Cela offre l’opportunité géopolitique pour une nation comme la Russie de revenir au devant de la scène en réactivant l’importante influence « soviétoafricaine » qui était la sienne lors des successions d’indépendance. Et cela à l’image de celle avec la Guinée de Sékou Touré dès 1958 et du Mali de Modibo Keita dès 1960. Depuis le coup d’État malien de 2020, la relation avec la France bat de l’aile. D’un autre côté, le Mali et la Russie se sont fortement rapprochés aussi bien sur le plan militaire, qu’économique, et diplomatique. De quoi susciter des rivalités sur fond d’influence. Le Mali est au cœur d’enjeux géopolitiques c’est pourquoi nous sommes en droit de nous interroger sur la question suivante : le pays n’est-il pas involontairement devenu l’un des instruments d’une nouvelle Guerre froide qui ne dit pas son nom ?

Réalisé par KS pour le BLOG

● L’initiative MANSSAH lancée à Lomé | Un Think tank panafricain !


Ce dimanche 22 octobre 2023, la capitale togolaise a abrité le premier rendez-vous inaugural d’une initiative panafricaine. Il s’agit de Manssah qu’on peut qualifier d’un type de think tank d’un ton très ambitieux. À la manette, l’emblématique journaliste camerounais Alain Foka (démissionnaire de RFI récemment) et 14 autres co-fondateurs. Des profils d’une belle crème d’intellectuels et d’entrepreneurs, qui visent l’émergence d’une renaissance panafricaine sous le sillage historique d’un symbolique personnage africain d’antan, Manssah Moussa du Mali. À entendre les communications lors cet événement à Lomé par la pertinence des diagnostics et les visions exposées en perspective, on en conclut qu’un Grand Espoir pointe à l’horizon pour débloquer certains imaginaires sur – dans le continent africain. Sans complexes dans le fond dit, les Manssah pionniers affirment leur détermination à questionner TOUT (l’éducation, la gouvernance, l’économie…) . À la question de savoir pourquoi l’Afrique francophone a été choisie pour lancer leurs activités, ils lancent sans sourciller en terme imagé que « quand notre maison est sale, pour la nettoyer, on doit commencer par la pièce la plus sale ». Ainsi dire que leur initiative a vocation continentale et s’inscrit dans un schéma ambitieux de développement pour faire émerger l’esprit Manssah partout.
Il faut noter la présence des ministres des affaires étrangères du Togo et du Mali et d’un officiel en tenue militaire du Niger.

À suivre ci-joint le lien YouTube de l’événement :

● KS pour le BLOG

● Dr Mohamedou SOW ou le portrait d’un chercheur d’une autre dimension

Mohamedou Sow à la Station marine d’Arcachon, 2023              

Mohamedou Sow est ingénieur de Recherche à l’Université de Bordeaux. Après son master en ingénierie mathématique, il soutient sa thèse en Statistiques appliquées à l’analyse des données environnementales en mai 2011.
Depuis l’obtention de sa thèse en cotutelle avec l’Université de Toronto, il travaille au sein de l’unité mixte de recherche 5805 environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux (UMR 5805 -EPOC) à l’Université de Bordeaux.
Sow est actif dans le monde associatif bordelais, particulièrement au sein de l’Association des Étudiants et Ressortissants Mauritaniens en Gironde (AERMG) devenue association des mauritaniens de la Nouvelle Aquitaine (AMNA). Il fut plusieurs fois vice-président de cette association entre 2013 à 2017 ; notamment président de 2015 à 2016.
Le 24 octobre 2023, paraît un article scientifique du Dr Sow dans Marine Pollution Bulletin en collaboration avec l’institut mauritanien de recherches et des pêches océanographiques (IMROP) dont Dr Moulaye Wagne, co-auteur, est membre. Cette étude est intitulée «Distribution du mercure dans les organes de poissons échantillonnés dans la zone exclusive mauritanienne (ZEE) ». Le lien est le suivant : https://authors.elsevier.com/a/1hyX%7E,asi64rr.
A côté de quelques pistes de recherches et travaux dans le domaine, Dr Sow, mauritanien installé en Nouvelle Aquitaine en France, chercheur chevronné, originaire de Mbout dans la région du Gorgol ; innove par une importante approche en abordant également l’aspect sur santé humaine. Le papier a suscité un intérêt majeur auprès de la communauté scientifique.
Ci-dessous les mots de présentation de l’article scientifique, publié par une grande revue scientifique, parvenus à notre média :

Localisation des différents sites d’échantillonnage

« Le mercure (Hg) est généralement considéré comme l’un des métaux le plus toxiques rencontrés dans l’environnement. Il est libéré dans l’atmosphère par des processus naturels tels que le vulcanisme, l’érosion des sols et le dégazage des océans. Néanmoins, la majorité des contaminations associées au Hg proviennent d’activités anthropogéniques, telles que l’extraction de l’or, les activités industrielles et l’élimination des déchets.
Deux formes de contamination mercurielles peuvent affecter la santé des populations locales : inhalation directe des vapeurs de mercure et l’ingestion de poissons présentant de fortes teneurs en méthylmercure (MeHg). Cette contamination peut entraîner des altérations significatives des fonctions du système nerveux.
La présence de Hg dans les poissons résulte de deux processus : la bioaccumulation du métal au cours de la vie du poisson et la bioamplification le long du réseau trophique (Maury-Brachet et al., 2006). Le méthylmercure (MeHg), la forme organique et la plus toxique pour les organismes vivants, tend à se bioaccumuler au sein de la chaîne trophique augmentant ainsi le risque pour l’environnement. Le Hg est transféré le long de la chaîne trophique par des processus de bioamplification jusqu’à ce qu’il atteigne les humains, qui sont au bout de la chaîne.
Le poisson est une excellente source de protéines de haute qualité, d’oméga-3 et de diverses vitamines (Moxness Reksten et al., 2020 ; FAO, 2021). Cependant, il peut également être source de contaminants, tels que les métaux, les polluants organiques et les plastiques.
Malgré l’intensification des activités humaines (l’accroissement du transport maritime ; l’exploitation pétrolière et gazière offshore) le long de la côte mauritanienne, l’augmentation du flux de Hg et la forte menace que cela représente pour la faune, les communautés locales, et la biodiversité, cette contamination est peu documentée.
Dans notre étude, nous avons évalué 1) la concentration totale du mercure dans sept espèces #pélagiques (Auxis rochei, Caranx rhonchus, Sardina pilchardus, Sardinella aurita, Sardinella maderensis, Scomber colias et Trachurus trecae) les plus consommés et commercialisées dans le monde, 2) la relation entre l’organotropisme du Hg et les régimes alimentaires, 3) le risque lié à la consommation des différentes espèces de poissons.
Afin d’évaluer le niveau de contamination de la zone économique exclusive (ZEE) Mauritanienne, nous avons aussi comparé les concentrations mesurées avec les résultats obtenues pour les mêmes espèces dans des études réalisées dans d’autres pays #Senegal, #Maroc et #Portugal.
Notre étude apporte de nouvelles informations sur l’accumulation et la distribution du mercure dans différentes espèces de poissons de la ZEE Mauritanienne et son lien avec les régimes alimentaires.

• Les concentrations dans les différentes espèces sont très faibles et aucune des valeurs ne dépasse le seuil limite pour la consommation humaine.
• L’accumulation et la distribution du mercure chez les espèces de poissons dépendent du régime alimentaire.
• Les concentrations de mercure dans les muscles sont plus élevées chez les poissons carnivores que les poissons omnivores, à l’exception de Scomber colias, suggérant une bioamplification du mercure le long de la chaîne trophique.
• Des différences significatives ont été observées entre les concentrations de mercure dans le muscle et le foie

La présente étude est, à notre connaissance, la première à quantifier la distribution du mercure au sein d’organes (muscle et foie) d’espèces pélagiques le long de la ZEE mauritanienne. D’autres études sont nécessaires afin de comparer les niveaux de contaminations des différents sites étudiés et de voir si les sites à proximité d’activités anthropiques, telles que l’orpaillage et les activités industrielles, sont plus contaminés, et de surveiller leurs impacts sur la santé humaine.
En Afrique, où la malnutrition est l’une des principales causes de mortalité, il est essentiel de garantir la sécurité alimentaire des ressources naturelles du continent.» Dr Mohamedou Sow

Image prise lors la Rencontre des Compétences et Expertises Nationales,
Nouakchott, le 29 et 30 décembre 2013

Seyré SIDIBE

● Source média : https://ondeinfo.com/dr-mohamedou-sow-ou-le-portrait-dun-chercheur-dune-autre-dimension/

● Le champion Cedric Doumbé explique pourquoi Francis Ngannou a perdu face à Tyson Fury

Tyson Fury remporte le combat tant attendu contre Francis Ngannou, une décision qui suscite la controverse.

Le combattant de la PFL, Cedric Doumbé, a tenu à expliquer les raisons derrière le verdict en faveur de Fury, des explications qui risquent de décevoir les partisans de ce dernier. Sur Twitter, Doumbé a affirmé : « Tous les connaisseurs savent que Francis a gagné. Pour l’honneur de la boxe, ils ne pouvaient pas le mettre vainqueur. Bravo Francis Ngannou ».

Malgré sa déception, Francis Ngannou s’est montré fair-play et a critiqué la décision partagée en faveur de Fury. Il a déclaré : « Tyson devrait dire merci à ces deux juges à cause desquels je n’ai pas gagné le combat », exprimant ainsi sa frustration sur les réseaux sociaux.

Plusieurs grandes figures du monde du sport, dont LeBron James, Gary Lineker et Cédric Doumbé, ont exprimé leur soutien à Ngannou, partageant son point de vue sur l’issue du combat.

● Lien médias https://www.senenews.com/actualites/sport/le-champion-cedric-doumbe-explique-pourquoi-francis-ngannou-a-perdu-face-a-tyson-fury_464047.html?fbclid=IwAR09z5umuJLWWi6qhYZ63DPWe4wjeqB89eW7-QU89WZTBDJV44dTI8wZ2pM

● Un ancien ministre de la Justice critique le rapport de la commission parlementaire devant le Tribunal anti-corruption

Taqadomy – L’ancien ministre de la Justice, Haïmoud Ould Ramdane, a déclaré que son équipe, après avoir étudié le rapport de la commission d’enquête parlementaire, était parvenue à des conclusions affirmant l’immunité absolue du Président en vertu de la Constitution.

Cette déclaration de Ould Ramdane est intervenue lors de son audition aujourd’hui, mardi, devant le Tribunal pénal spécial de lutte contre la corruption, au cours de laquelle il a ajouté que le rapport de la commission parlementaire, sur la base duquel se fondaient les accusations portées contre l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, « a été formulé de manière allant dans le sens de l’accusation d’un côté et d’une seule opinion ».

Ould Ramdane a indiqué que les membres de son équipe au ministère de la Justice s’interrogeaient à l’époque sur les raisons de l’envoi du rapport au ministre de la Justice en présence d’un Parlement spécialisé dans certains crimes, et que le principe de séparation des pouvoirs interdit strictement toute flexibilité entre les pouvoirs législatif et judiciaire.

Il est à noter que la défense de l’ex-Chef d’Etat a fait comparaître aujourd’hui mardi l’ancien ministre de la Justice, Ould Ramdane, comme témoin à décharge, au nom de son client, après que le Tribunal a rejeté une demande de convocation de témoins supplémentaires, dont l’intéressé.

● Lien médias https://cridem.org/C_Info.php?article=769418

● L’événement EMiFo à la SOAS Université de Londres – 24/10/2023 | Le Mot du Blog [Vidéo et Photos]

La contribution du blogueur Koundou Soumare

À l’université de Londres, une conférence publique s’est tenue sous le thème « l’activisme anti-esclavagiste en Afrique de l’ouest » du 23 au 24 octobre 2023. Une activité organisée par le programme EMiFo https://www.slaveryforcedmigration.org/ sous la direction de Dr Marie Rodet de l’université SOAS et ses partenaires.

La soirée du 24 octobre a été consacrée à une communication de votre « serviteur » blogueur Koundou Soumaré, une projection d’un film de Dr Lotte Pelckmans (Universitaire à Copenhague) et du visionnage d’un film de dessin animé de Dr Marie Rodet. Les contenus diffusés et commentés sont axés sur la dynamique militante anti-esclavagiste (contre l’esclavage par ascendance) en Afrique de l’ouest. Le mouvement d’éveil abolitionniste Ganbanaaxun Fedde a fait l’objet d’un cas illustratif dans les différents échanges. Il faut noter la présence des représentants de l’association Donkosira du Mali et d’un militant abolitionniste soninké de Mauritanie vivant à Londres, M. Samba Diallo.

• Ci-dessous un photo-reportage :

Londres 25 octobre 2023

KS pour le BLOG