En RIM si l’Etat a un système de fonctionnement porteur d’injustices et de discriminations raciales, sociales, politiques ou administratives, il faut l’admettre qu’il a comme complicités ou témoins actifs, nos différentes communautés dans leur émanation traditionnelle. Les sous-systèmes inégalitaires qui régissent nos communautés hiérarchisées font partie de la substance qui fait l’Etat. Quand dans une localité, un maire se laisse dicter sa conduite par les humeurs d’un chef coutumier et son clan féodal, des défenseurs d’un système féodalo-réactionnaire reconnaissent ouvertement qu’ils rencontrent un gouverneur pour plaider la pérennité de ce système intra-communautaire…
Ainsi indexer les travers d’un État sans nommer sa substance principale qui le porte, c’est vriller volontairement en vain. Depuis feu Moktar Ould Daddah jusqu’aujourd’hui, chacune de nos communautés fait partie active avec l’Etat d’une manière ou d’une autre donc porte une certaine responsabilité de ce qu’on peut reprocher au système étatique ici et là. Les relais fonctionnels de l’Etat sur le terrain sont toujours les mêmes et l’expression effective de l’état de droit peine à prendre corps face à ces écueils qu’on feint d’ignorer dans nos dénonciations publiques. On n’incite pas l’individu à se « citoyenniser » par le droit, au contraire il est brimé et poussé vers plus de communautarisme et de tribalisme comme seul enclos refuge. Ainsi on le contraint à une soumission sociale par le diktat d’un régime féodal et même esclavagiste selon le schéma sociétal en place.
La qualité du Citoyen doit prévaloir sur les communautés dans leur émanation traditionnelle foncièrement inégalitaire. Pour cela, il faut un gros travail de formation en amont pour le personnel administratif, judiciaire et sécuritaire et également un suivi rigoureux sur ce qu’il fait sur le terrain auprès des populations.
La juxtaposition sociale fonctionnelle avec beaucoup de tromperie et de d’hypocrisie au sein de nos communautés fait un certain écho à ce qu’on indexe ailleurs comme la problématique de cohabitation entre communautés sur l’échelle nationale. Le féodalo-réactionnaire sooninké peut être contestataire face à un suprémaciste arabo-berbère mais peut lui concéder sournoisement l’aspect de son esclavagisme interne. C’est ainsi il y a beaucoup d’intersectionnalité dans la chose « injustices » chez nous.
L’universitaire feu Ousmane Moussa Diagana a écrit un Dictionnaire soninké- français (Mauritanie). L’ouvrage comprend près de 5800 entrées. Un travail incroyable ! Il avait aussi, en tant que linguiste et « puits de savoir », écrit La langue soninké, morphosyntaxe et sens. Cet ouvrage -que j’aimerai lire- est sans doute un legs pour notre génération et celles du futur.
Deux questions nécessitent l’attention : Est-ce que les sooninké et amoureux de la langue ont valorisé ce travail colossal et tant d’autres ?
Y’a t-il eu une suite pour prendre le flambeau ?
On voit l’organisation du Fiso (Festival International Soninké) depuis des années. Des personnes de tous bords en pays sooninké se retrouvent pour « fêter » la culture sooninké : soonikaxu. D’ailleurs, comme toutes les cultures de la civilisation Ouest-africaines, la culture sooninké a ses hauts et ses bas. Ses tares et ses manques. Cette culture regorge aussi dans ses vestiges des principes pour la consolidation de la fierté et de la dignité.
Le festival transnational prend-t-il en compte le travail scientifique de Feu Ousmane Moussa Diagana et d’autres personnes ? Bis repetita !
La rencontre rappelle l’organisation étriquée de la société sooninké ; sans aucun doute. Certains se chargent des procédures administratives, les « biens nés », les autres « pseudos-humains » se chargent des tam-tams et de la cuisine. Les dits griots trouvent leur compte. L’ego est conforté. Les exigences de la modernité sont oubliées. Le folklore à son apogée. La culture se limitera aux chants et danses. A la présentation d’objets qui n’ont de sens que dans le subconscient. Jamais utilisés au quotidien. C’est aussi le lieu de la promotion des « grands maîtres » de cérémonies. Les docteurs de tous bords. Les professeurs. Ce que les « diables » aux marmites dans le cadre des festivités ordinaires ne peuvent comprendre.
Espérons que la publication du Glossaire Français- Soninké préfacé par Barbara Cassin, membre de l’Académie française, connaîtra un franc succès cette saison, oups cette année lors de la rencontre du «peuple sooninké«. Un peuple ou un groupe sociolinguistique attaché à Wagadu, l’allégorie de léclatement social. Le groupe de « Sooni remu », les enfants de Sooni, se sont dispersés et ont hérité de l’appellation « Soonikara », l’éclatement de Sooni. Un Soninké : « soni nké » est alors un individu parlant la langue et partageant cette culture. Étant donné que cette dernière, c’est ce qui dans la nature est l’œuvre de l’humain : elle doit évoluer et prendre en compte les exigences de la modernité à savoir le principe de justice et d’égalité… Pourquoi pas d’équité face aux institutions?
Cette année, le Fiso se fera de nouveau à Nouakchott-Mauritanie en février, le thème aurait pu porté sur l’apport des recherches scientifiques sur la langue sooninké pour la revalorisation de l’être sooninké… On aurait pu pousser loin en brossant un état des lieux, en étudiant la place de la culture, de la langue ; même l’épineuse question des pratiques attentatoires à la dignité humaine : l’excision des femmes encore courantes, les conséquences du lévirat, le soroat, l’esclavage par ascendance, etc. Surtout le phénomène de caste qui est un véritable cancer social. Mais non ! Le thème portera sur l’agroalimentaire. L’agro
L’APS (Association pour la promotion de la langue soninké) prendra comme à l’accoutumée les devants de la scène. Les cadres, dit-on, qui n’assistent à aucune manifestation ou rassemblement pour les langues s’érigeant en défenseur de la langue seront les messagers des autorités… Quelle finalité ?
~ Photos via profils Facebook de 2 artistes (Papa Coulibaly et Baleme Kandji)
Le lion Diaby Doua Camara (paix à son âme) chantait un titre « Odoïme Kita » sonnant en langue sooninké comme « Notre indépendance (notre liberté) est acquise« . Un esprit woke souverainiste avant l’heure qui mettait en valeur l’indépendance de nos pays après le départ de l’ordre colonial blanc. À l’époque certains de ses fans du corps communautaire sooninké n’entendraient le sens profond de ce titre que sous l’angle générique d’un parfum panafricaniste mélodieux. Et pourtant ça clamait « indépendance et liberté », ainsi au sein d’une communauté où règne un abject esclavage coutumier socialisé comme « valeur culturelle » à préserver, on aurait aimé voir sa réaction par rapport à l’éveil abolitionniste massif qui traverse sooninkara aujourd’hui. Il décéda il y’a 23 ans (en juin 1999) à quelques mois de l’entrée dans le 21ème siècle, et le pays sooninké d’alors n’est plus. Celui d’aujourd’hui vit quelques tensions sociales rudement convulsives liées à un engagement pour la liberté sociale et citoyenne en interne porté par la mouvance anti-esclavagiste transnationale Ganbanaaxu Fedde . Depui fin 2016, un rejet décomplexé de l’esclavage par ascendance qui sévit par ses manifestations sociétales porteuses d’innombrables discriminations à l’encontre d’un pan entier de la société sooninkée. En face un déchaînement de violence verbale (apologie de l’esclavage) et physique (agressions, assassinats, expropriations, expulsions, diverses privations…), est orchestré par un ramassis d’extremistes féodalo-esclavagistes bénéficiant d’un laisser-faire tacite et actif de l’ordre coutumier dominant.
• Quelles positions pour nos artistes sooninkés (rappeurs et chanteurs traditionnels)…?
L’écrasante majorité s’est effacée par une certaine indifférence complice pro réactionnaire. Vivant d’un parasitisme social et folklorique, ils préfèrent se taire sur l’affaire pour certains et d’autres font même de la provocation apologiste de cette tare sociale en louant le maintien du statu quo (à chacun son héritage à assumer et à perpétuer , l’esclavage aussi). C’est le cas de la bande à Lass Awa, un chanteur malien vivant en France qui se singularise dans cet engrenage provocateur en clamant l’apologie d’esclavage dans la communauté. L’esclavage relevé comme crime contre l’humanité en France et ailleurs, est promu ouvertement sous sa version coutumière par ces artistes du ventre et du paraître en milieux soninkés. Un travail militant est plus que nécessaire ici en France et dans nos pays d’origine pour exposer et judiciariser avec pertinence cette rengaine décomplexée qui magnifie un tel crime.
Les rappeurs porteurs attendus d’un verble révolutionnaire et subversif peuvent mieux faire à mon avis. Il est vrai qu’il leur faut payer un coût au niveau de la popularité. Dégoupiller ce monde à tabous qu’est l’ordre féodalo-réactionnaire sooninké en investissant le champ du militantisme vif par son art, il faut une grande force de conviction et de caractère. Ici je prends l’exemple de monsieur Papa Hamady Coulibaly alias Yimbi kumma qui, très tôt a été une voix qui dénonce cet ordre féodalo-esclavagiste sooninké en Mauritanie. Il a été indexé, insulté, black-listé et censuré par un certain ordre communautaire. Je peux citer notre contribution datant de septembre 2015 à son sujet. Il avait été empêché dans ses projets de concerts dans certaines localités du Guidimakha en Mauritanie, une note de soutien à son endroit est reprise dans mon ouvrage Mes Écrits Osés paru ces derniers jours via Amazon https://amzn.eu/d/4R0fqa9, Contribution 38 à la page 202 en date du 4 septembre 2015. L’histoire retiendra son statut de pionnier téméraire en la matière pour avoir interpellé les consciences dans sooninkara et au-delà. Ainsi que d’autres comme le percutant Ousmane Koboré Diallo alias Linky Lk .
Certaines figures artistes sooninkés (ou d’origine sooninké nés en France) dotées d’une certaine visibilité médiatique notamment sur les réseaux sociaux, font semblant d’ignorer la problématique d’esclavage dans la société ou ne dénoncent qu’à minima les faits de violences graves comme l’assassinat 4 militants anti-esclavagistes à Diandioumé (Mali, region de Kayes) en septembre 2020. Et récemment fin juillet 2022 à Lany au Mali également avec l’horrible assassinat de la tante DiogouSidibe 70 ans qui refusait les coutumes esclavagistes.
À noter ces derniers mois, un affichage décomplexé et salutaire de plusieurs chanteurs traditionnels qui mettent en valeur les idéaux d’égalité, de fraternité et d’entente dans le sillage du vocable Ganbanaaxu entre les sooninkés. Je dirais, ils se libèrent avec force et dignité et la cause anti-esclavagiste et abolitionniste ne peut que gagner d’épaisseur militante. Je pense aux sorties grandioses de monsieur BalemeKandji Traoré, artiste mauritanien natif de Dafort. Il appelle à l’unité et à l’égalité dans le corps social sooninké, malgré les détracteurs insulteurs qui pullulent contre lui sur les réseaux sociaux (particulièrement sur TikTok). D’autres artistes chanteurs commencent à se défaire du trac psychologique concernant l’engagement anti-esclavagiste Ganbanaaxu et les militant.e.s qui le portent. Le week-end dernier, j’ai été témoin d’un cas type lors d’une rencontre socio-culturelle. La peur bleue des représailles sociales venant du camp féodalo-réactionnaire à l’encontre des artistes chanteurs osant répondre et se reproduire lors d’événements sociaux ou culturels organisés par des familles ou des entités associatives encartées Ganbanaaxu, sera évacuée peu à peu.
Au mois de février 2023, les Soninkés du monde se réuniront à Nouakchott pour célébrer SONINKAXU : le Festival International Soninké.
Ce rendez-vous annuel, itinérant désormais écrit en marbre dans le calendrier social Soninké se propose de magnifier et faire connaitre la culture Soninké dans ses différentes composantes. Il a pour cadre géographique l’Afrique de l’Ouest, où les communautés Soninkés sont fortement et historiquement présentes : Mauritanie, Mali, Sénégal, Gambie, Guinée Conakry et Guinée Biseau.
En plus de la participation des délégations de ces pays, la diaspora Soninké dynamique, disséminée à travers le monde mais attachée au terroir, porte étendard de la culture Soninké sous d’autres cieux, sera aussi de la partie.
Dans un monde hyper libéral, égoïste et matérialiste par essence, la culture est partout menacée, si elle n’est pas peu considérée. A cela s’ajoute l’impérialisme « des cultures dominantes » qui n’hésitent pas à minimiser ou même à « broyer » celles dont le génie est moins porteur de technologie.
Ainsi, la création du FISO reste en soi une idée ingénieuse pour créer des passerelles entre tous les Soninkés de la terre ; mais également préserver un pan de la culture des langues mandées, de l’Afrique de l’Ouest et au-delà.
Chaque année, une thématique est inscrite à l’ordre du jour de la manifestation, choisie pour son intérêt et donc sa pertinence. Cette année, un thème s’impose au regard de l’actualité : LA RECONCILIATION.
Les organisateurs du FISO sont attendus au tournant. Ces cinq dernières années, Soninkara vit son Printemps : des villages divisés en deux, en trois, des familles séparées, des « amitiés défaites », des vallées de larmes et de sang, des déplacés sur fonds de conflits fonciers, des meurtres abominables, des procès interminables et sans verdicts, des condamnations, de la haine, des dépenses superflues pour soudoyer : des méthodes et pratiques indignes ; bref, les frères Soninkés se livrent une guerre fratricide pour l’orgueil et la vanité, piétinant la fraternité, le voisinage, les liens de sang historiques etc.
La paix étant la condition sine qua non de tout développement et un préalable à toute expression culturelle, le FISO ne peut aucunement passer à côté de la préoccupation majeure des Soninkés aujourd’hui. C’est une question de crédibilité et de priorité.
Le FISO ne peut faire fi de la crise multidimensionnelle qui secoue Soninkara, désormais au bord de la décrépitude et du déclin. La culture qui est au cœur du Festival Soninké, sera magnifiée, encensée et vantée. Mais n’oublions pas qu’elle porte la responsabilité de cette guéguerre, ou du moins certains aspects de la culture Soninké, devenus inappropriés, impopulaires et sources de tension.
La culture, c’est l’estampille de l’existence d’un peuple, c’est la preuve matérielle de la vitalité, de la dynamique et l’identité propre d’une communauté, qu’il faut préserver, entretenir, mais surtout actualiser, ajuster et réajuster judicieusement en fonction des aléas du temps, du contexte et des intérêts sans quoi, elle peut être à l’origine de la guerre ou de la division.
Qui n’est pas attaché à une partie de son corps ? Personne !
Mais lorsqu’un membre de notre corps est rongé par le cancer, on s’en débarrasse pour éviter la métastase. C’est le même principe que la culture. Lorsqu’elle ne fait plus consensus et pose problème, il faut vite et au plus vite faire appel à un chirurgien qualifié pour procéder à une intervention, réparatrice et non reproductrice.
Ce message est une modeste contribution. J’espère qu’il sera entendu par les organisateurs du FISO. Il est vrai que parler de ce sujet au moment où les blessures saignent encore, les larmes loin d’être séchées, il faut beaucoup de courage et de tact. Il faut au moins, oser ! Ainsi l’histoire retiendra que cette grande retrouvaille Soninké aura tenté de réconcilier les Soninkés.
Quelle thématique peut-elle être la vedette de cette édition ? Sans aucun doute, « Liŋoye » la Réconciliation ou encore « Banannaaxu », l’égalité dans la fraternité. On ne peut pas à l’heure actuelle organiser le FISO en omettant ou en passant sous silence – pour quelques motifs que ce soit -, la réconciliation.
Les Soninkés attendent plus de ce festival, que le bruit du Jenbe, les pas de danse du Woroso, Jowonde, Janba ou encore Donqanŋe.
Mais, ils aspirent tous à la paix. Une paix qui impliquera une relecture ou réécriture du contrat communautaire, où la dignité est par essence humaine, la chose la mieux partagée entre tous les hommes surtout appartenant à une même communauté linguistique et culturelle ; et non une valeur discriminatoire liée à la naissance ou à la classe.
Et si la réconciliation intra Soninké pouvait être scellée depuis Nouakchott, la capitale Mauritanienne. L’histoire serait belle, surtout belle à raconter, assurément une source de satisfaction pour les autorités de Nouakchott, pour inclure cette réconciliation vivement attendue par les populations Soninkés dans le bilan du quinquennat qui s’achève : un argument électoral pertinent à la veille des élections.
● Partie 1 : « La politique n’est pas une affaire de gens médiocres », a martelé Abdou Diouf.
Je rappelais souvent -à tort et à travers comme d’autres – que ce dernier avait évolué dans les gradins présidentiels. Étant donné qu’il fut l’homme politique à la tête de l’État sénégalais, un titre qu’il mérite amplement, il lui arrivait de ne lire la misère des populations que dans les journaux.
Or, nos pays ont besoin de femmes et d’hommes politiques qui ont un travail, un salaire ou un traitement (s’agissant de la paie que l’on reçoit de l’État) loin des recettes de la politique, tout en étant des acteurs de terrain proches du peuple.
Le président Abdou Diouf était un brillant intellectuel doublé d’un homme d’Etat que le mérite avait propulsé au sommet. D’ailleurs, Churchill dira q’un Homme d’Etat est celui qui pense à la prochaine génération plutôt qu’aux prochaines élections.
Dans notre contexte politique mauritanien où l’on veut éviter de coller l’étiquette politique à certaines choses, sorties politico-médiatiques, etc., il y’a lieu de préciser que la date des législatives approche. De même, celle des élections présidentielles. Aussi, l’on ne sait plus qui est opposant au système ou dans le système.
L’assertion du voisin sénégalais, le président Abdou Diouf, prend tout son sens ici. Et la vision de Churchill doit encore plus nous habiter. Il est certain que l’égoïsme détériore la vision en politique. La mégalomanie, également en politique. L’absence de transparence dans la gestion de son parti, des financements pour les élections, le rôle défini pour chaque membre du bureau est d’autant plus crucial que nécessaire.
Pour m’arrêter là, en espérant avoir été bref, les politiques à l’image des « maîtres d’écoles [qui] sont des jardiniers en intelligence humaine », doivent être les jardiniers de l’espérance en agissant sur les destinées. Bref, en pensant aux générations futures par des politiques publiques, des propositions qui débouchent sur des actions.
L’an 2000, l’année du bac refait en Mauritanie. La cause, une tricherie en masse a été indexée cette année et le ministère de l’éducation ne pouvait que concéder en annulant la phase 1 de la session normale. Après les délibérations des résultats à l’issue de la phase 1 repassée, je me rappelle d’une discussion avec certains camarades et frères autour du système d’attribution de bourses d’études en fonction du rang d’arrivée (notamment la moyenne d’orientation par les matières principales) dans chaque série. Et là, certains laissaient entendre qu’en réalité, les choses sont très opaques en coulisses. Il suffit d’être dans une zone grise et si tu n’as pas des connaissances (relations-bras long), pas de rêve, il faut se ranger car pas la moindre chance par un dépôt d’aspirant boursier. Quelques années plus tard, lors d’une autre conversation sur le système de promotion à travers les études, j’apprenais que parfois certain.e.s élèves bacheli(e)r.e.s moyennement en session normale ou admis en session complémentaire peuvent se voir dotés d’une bourse d’études à l’étranger. Apparemment ce n’était (n’est) pas sorcier, c’est le système qui s’y prête sur des bases d’un mécanisme bien rodé appelé bras-longuisme. Ce procédé basé sur un relationnel d’intérêts interconnectés d’un monde social-administratif. Ce petit monde où les conflits d’intérêts en cette matière sont considérées comme un régime de promotion de siens (enfants). S’il s’agissait de trier dans cette situation, oublions les critères objectifs pour promouvoir l’excellence. Ça coopte ou ça fait coopter ici et là et tant pis pour celles et ceux qui n’ont pas ce relationnel de bras-longuisme en coulisses. Et là les choses prennent une coloration très loin d’être raciste, ce serait une affaire de classe sociale (issue de toutes les communautés) par laquelle une certaine élite se soigne administrativement et tient à assurer une reproduction sociale et professionnelle. Ainsi la facilité argumentative à vouloir racialiser systématiquement ne peut être pertinente et juste. Il faut oser gratter plus pour déterminer le vrai fond de l’affaire. Ce bras-longuisme est bien ancré dans nos pratiques, la Relation prime sur la Règle dans la gestion des affaires publiques. L’affaire de notre jeune compatriote qui secoue les réseaux sociaux ces derniers temps, doit faire l’objet d’une approche prudente pour voir et dire vrai en terme communicationnel et traiter le fond avec franchise. Du racisme ou du bras-longuisme a-t-elle été victime ou rien de tout cela au final…? À suivre…
Le bras-longuisme est ténébreux dans nos pays. Il casse injustement l’avenir des uns et case et promeut frauduleusement les autres. En général il est subtilement confondu à tort avec du racisme dans certaines dénonciations, mais non ce sont deux affreuses pratiques pouvant se retrouver dans certain copinage fonctionnel de circonstances.
En Mauritanie, si on osait parier pour ressortir les copies corrigées de nos bacheliers boursiers et devenus boursiers à l’étranger de 1990 à 2020…on saurait sans doute l’ampleur d’une certaine réalité sur ce système bras-long, une véritable gabegie éducative.
Depuis New York, le journaliste SergeDaniel (sur TV5) résume en substance ce que les colonels maliens reprochent au président du Niger MohamedBazoum qui rappelle que « la place des militaires n’est pas les salons feutrés à Bamako mais au front face aux terroristes… » . Cet élément de langage qui a beaucoup de sens par rapport à la situation politico-sécuritaire du Mali serait la principale motivation qui a suscité l’ire du Choguel boy l’actuel premier ministre par intérim, le jeune colonel Abdoulaye Maïga (41 ans). Il a traité de « Non Nigerien » l’actuel président du Niger (issu de la communauté arabe), à la tribune de l’ONU ce samedi 24 septembre 2022. Des propos aux relents xénophobes pour ne pas dire racistes à l’encontre d’une personne à cause de ses origines ethniques ou communautaires. Les supporters suprémacistes de DonaldTrump ne diraient pas moins en théorie fumante et raciste sur la « non américanité » de Barack Obama. En diplomatie, on peut exprimer avec tact et respect ses différences de vue avec le dirigeant d’un autre pays surtout un voisin si proche tout en évitant une surenchère verbale de la sorte. Cet panafricanisme toxique des passions ne sert pas « grand chose » en matière de développement multidimensionnel dont nos pays ont besoin depuis toujours. Le langage véhément et excessif dit souverainiste qui rameute les masses « réseaux sociaux », ne peut doter un pays d’infrastructures dignes ni former et soigner les populations. Le colonel AMaïga qui vise le président Bazoum sous cet angle, peut heurter la sensibilité d’une partie de ses propres concitoyens (arabes maliens), est-il conscient de cette donnée ?
Dans nos pays, un certain panafricanisme toxique est porteur d’une idéologie marinée d’une xénophobie latente et d’un cache-misère intellectuel et technique. Un éveil social et politique sain se doit d’être constructif et ouvert par la force de l’intelligence et non par l’entretien perpétuel des ressentiments d’un passé chez les masses populaires. Le malien est grand voyageur, les diasporas maliennes sont partout, si un caucasien français dirait à son compatriote afro élu à #Montreuil (ville de la région parisienne) qu’il est étranger, cela ne plairait pas. Cette sortie du premier ministre par intérim du Mali est une insulte à la tradition idéologique de pères panafricanistes comme feu Kwame NKrumah du Ghana. L’invective populiste rassure les fiertés « perturbées » mais ne remplit pas l’estomac ni ne sécurise un territoire, à rappeler nécessairement !
○—Il est temps de raisonner certains petits apprentis socialisés à sève des mentalités esclavagistes dans la communauté soninké. Ces derniers moments, les cas sociaux qui se sont trouvé comme mission l’apologie de l’esclavage avec virulence via WhatsApp semblent passer le relais à une autre clique de faux savants « religieux » qui s’ignorent. Ainsi au contraire de cas sociaux apologistes, ces nouveaux hâbleurs qui se basent sur de fables forcées et un forcing historique s’activent sous couvert d’une dite science religieuse pour légitimer l’esclavage coutumier dans la communauté. Prêches du fatalisme et chansonnettes rhétoriques pour défendre leur chapelle coutumière de domination sociale dans le puzzle sociétal, ils cochent incessamment leurs flèches à l’endroit de personnes lettrées en sciences religieuses qui ne soutiennent pas l’onction religieuse de l’esclavage par ascendance. Avec beaucoup de mauvaise foi, leur cible principale est cheikh Madiakho Tandjigora . Le poids intellectuel de ce conférencier sénégalais, auteur de nombreux ouvrages dont la traduction du Saint Coran en soninké (paru en avril 2021) https://soninkideesjose.wordpress.com/2021/04/28/la-parution-dun-ouvrage-dune-portee-intellectuelle-monumentale-en-milieux-soninkes-le-saint-coran-traduit-en-langue-soninke-par-le-professeur-muhammad-diakho-tandjigora/ , est connu et reconnu dans la communauté soninké et au delà. Ces petits apprentis très limités visiblement en matière de réflexion et de compréhension des paradigmes révolutionnaires du Message de la dernière révélation, perturbés qu’ils sont, par l’éveil massif anti-esclavagiste en cours, s’attaquent injustement au cheikh AbuElyas. Pour eux, il serait l’instigateur principal qui aurait ouvert les yeux des personnes encartées esclaves pour les libérer de leur domination sociale. Pour rappel, on leur apprend s’ils veulent bien retrouver une certaine lucidité, que déjà bien avant les positions de cheikh Madiakho, un lettré soninké Aboulaye Diallo (paix à son âme) originaire du village d’Arré au Guidimagha 🇲🇷 dans les années 70 dénonçait cet esclavage coutumier soninké faussement attribué à la religion islamique. Par la suite, une célèbre voix morale du nom de Elhaj Fodie DembaN’diaye de Oulimboni Guidimagha 🇲🇷 (paix à son âme) , abondait en substance dans le même sens après son retour d’un pèlerinage à la Mecque selon diverses sources. Encore courant débuts des années 90, à Paris, lors d’une conférence, cheikh Abdoulaye BA en répondant à une question liée à un possible mariage entre « esclave » et « noble », il s’était interrogé « Qui est esclave d’abord? » . Et en rajoutant explicitement que l’esclavage social qui sévit dans les traditions coutumières ne peut avoir de validité ou de légitimité selon la vision islamique sur la question.
En Mauritanie en avril 2015, une organisation d’Uléma avait sorti une communication rendant caduc et illégitime religieusement tout esclavage et ses manifestations dans notre pays 🇲🇷. Nos hâbleurs illuminés vont finir peu à peu à s’incruster dans les rangs de ceux qui font l’apologie d’esclavage et en Mauritanie la Loi 031-2015 est très claire notamment par son article 19 qui :« Quiconque profère en public des propos injurieux envers une personne considérant qu’elle est esclave ou affilié à des esclaves, est puni d’un emprisonnement de six (6) mois à deux (2) ans et d’une amende de vingt milles (20.000) à deux cent cinquante milles (250.000) ouguiyas »
D’ethnie soninké (Tuabou) du Sénégal, on attend toujours un mot de condamnation ou de désapprobation de la part de l’auteur de l’ouvrage « Passion de Liberté« , sur les graves violations des droits humains dans différentes localités Soninkés – soninkara, liées à la problématique de l’esclavage par ascendance. Historien et homme habitué du sérail international saura parler aux libyens pour la Paix à la base de la Liberté et de la Dignité. Un grand écart par rapport à son silence sur ce que vit sa propre communauté où une vielle de 71 ans Diogou Sidibe venait d’être sauvagement assassinée https://malijet.co/societe/assassinat-de-diogou-sidibe-a-lany-mody-la-cndh-condamne-et-denonce-les-violences-liees-a-lesclave-par-ascendance à Lany (village du Mali) appartenant à la même région en pays soninké (Gadiaga). L’esclavage coutumier déchire la communauté soninké depuis quelques années, malheureusement ses interlocuteurs libyens ignorent son backgroud sociétal et l’actualité liée à ce phénomène inique qui sévit au sein de sa propre société en ce plein 21ème siècle. Il y a de quoi à tiquer moralement…par évidence !
On ne peut être promu artisan émissaire pour la Paix et la Liberté au nom de la grande institution mondiale – L’ONU – tout en restant effacé et silencieux sur des graves tensions qui secouent son giron social. C’est moralement choquant et intellectuellement incohérent.
• Mr Sylla à gauche ici avec le président Gaye Traoré (Nioro 25 octobre 2021)
Le nommé Mohamadou Sylla originaire du village de Jaara dans le département de Nioro du Sahel est l’objet de plusieurs menaces de mort depuis 2019 de la part des lobbies féodaux de Modibougou dirigés par le chef du village Hamady Diawara . Le seul tort de Mahamadou Sylla est d’avoir osé denoncer les pratiques esclavagistes et soutenir ouvertement le mouvement d’émancipation Ganbanaxu alors qu’il n’est pas extraction dite servile. Mohamadou Sylla a échappé de justesse à l’assassinat de Dianjoume, à 18 km de Modibougou au cours duquel 4 personnes ont été lâchement abattues. Depuis lors les lobbies féodaux continuent de harceler Monsieur Sylla. Ils ont réussi à influencer les services de la gendarmerie de Modibougou pour l’interdire de séjourner dans la ville de Midobougou où il dispose de plusieures attaches sociales. La dernière fois M Sylla a été interpelé manu militari sur ordre du chef de village menottés et expulsé de la Mauritanie . M Sylla lance un appel aux hautes autorités Mauritaniennes pour qu’il puisse jouir librement de son droit fondamental de déplacement et de circulation en Mauritanie.
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