Sentiments de toute puissance avec/par la tenue (tous corps confondus) pour nos hommes dits de loi et même pour leurs proches, dénote ce zèle cultivé dans un champ de passe-droits et d’impunité.
Les premiers qui écrasent les lois au vu et au su de tout le monde, ce sont eux…!
On s’y accommode consciemment et inconsciemment, les services acquis d’office sous d’autres cieux regulés par une conscience professionnelle et citoyenne, sont monnayés soit par le fric, soit par le relationnel. Devant certains éléments de force de « l’ordre » et du judiciaire, d’abord on essayera de savoir et de jauger ton potentiel relationnel (puissant ou lambda) et après ton traitement et le traitement de ton cas vont en dépendre. Si tu es un lambda, il faut compter sur tes prières.
Le militant droit-de-lhommiste Souvi Ould Cheine (paix à son âme) victime des violences policières dans un commissariat de Nouakchott (la capitale mauritanienne) n’aurait pas subi pareils traitements injustes et en perdre sa vie s’il comptait un gradé haut placé dans son environnement parental. À lire ce témoignage en lien https://cridem.org/C_Info.php?article=763203
En substance d’une analyse lue d’Ibn Taymiyya laissait dire : « la justesse des règles constitutionnelles ne peuvent servir la justice sans la moralité de ceux chargés de les faire appliquer. »
Un schéma des réalités qui sape toute émergence d’un véritable État de droit. Ce dernier est un gage de développement multidimensionnel et de stabilité sociale dans pays se veut moderne.
• En lien YouTube l’élément vidéo du blogueur SD contenant le discours public du député Biram Dah Abeid à Dafort 02/02/2023
Il est sans conteste l’homme public qui aura plus parcouru le territoire mauritanien depuis une décennie. Biram sonne au cœur du peuple profond. Cette figure emblématique du militantisme droit-de-lhommiste pacifique en Mauritanie, est à l’aise avec toutes les communautés nationales. Député national à l’assemblée depuis 2018, le natif de la région du Trarza, récipiendaire de nombreuses distinctions internationales dont le Prix Onusien 2013 pour la défense des droits humains, ne se reconnaît pas une star ointe d’infaillibilité en Tout, mais plutôt une étincelle phare qui scintille l’Espoir pour un État de droit plein et entier.
Le candidat arrivé deuxième aux présidentielles de 2014 et 2019 derrière les candidats du système militaro-politique qui domine le nœud régalien de l’état mauritanien depuis un certain 10 juillet 1978 (premier coup d’état militaire qui renversa feu Moktar Ould Daddah). Ce système qui refuse de lui reconnaître une émanation légale de son aura politique et sociale qu’on ne peut contester. L’aile politique de sa mouvance, le parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale) subit toujours un blocus ministériel.
Comme dans d’autres régions du pays en d’autres temps, le leader abolitionniste du mouvement IRA-Mauritanie et sa dynamique délégation ont effectué un périple dans la région du Guidimagha. En mission de sensibilisation politique avec le parti Sawab et ses partenaires dans la coalition en consolidation (l’alliance démocratique), le député BDA a visité villes , villages, campements et diverses localités pour prêcher sa vision et son espoir pour une Mauritanie d’égalité et de bonne gouvernance étatique. En ligne de mire, les échéances électorales (municipales, régionales et législatives) annoncées pour les mois à venir, et aussi l’élection présidentielle de 2024. Partout la ferveur des masses était au rendez-vous pour la délégation, ainsi nous espérons le même dynamisme pour les résultats électoraux à venir en faveur des candidats du Droit et de la Justice Citoyenne.
Concernant le volet lié aux frictions sociales dans la communauté sooninké sur la question de l’esclavage par ascendance, j’ose reconnaître que le député Biram mérite le soutien de tous les progressistes pour épauler son courage et sa finesse d’engagement sérieux pour servir la paix et la justice. Ainsi si tous députés et tous les élus d’une manière générale issus de la communauté sooninké avaient opté franchement et courageusement pour parler avec pédagogie aux uns et aux autres du fond problématique de cet esclavage sociétal et de la loi, comme l’honorable député Biram Dah Abeid l’a fait, beaucoup de tensions auraient été évitées. Et également les aspirants candidats qui se déclarent tous azimuts sous diverses colorations politiques, seront suivis de près par rapport à leurs positions sur cette tare sociétale (l’esclavage par ascendance et son apologie) dans nos localités. Aucunement on ne pourra prêcher pour l’égalité et la justice à l’échelle nationale et fuir ces mêmes notions dans sa propre communauté sociolinguistique. Cela ne peut pas coller à terme, il faudrait réajuster notre logiciel et soigner notre langage en conséquence ici et là-bas…!
La sérénité sociale intra-communautaire par la justice sociale est gage de tous les projets de développement multidimensionnel dans nos terroirs.
Les progressistes, les vrais, devront oser se libérer et libérer nos personnes âgées « culturellement » esclavagistes d’une part et esclavagisés d’autre part. Pour se faire, il faut impérativement démasquer les hypocrites qui font et laissent faire l’abjecte promotion sociale de cet esclavage coutumier la nuit et jouent à l’esprit ouvert le jour face une autre audience. D’ailleurs ce sont eux qui piégent les personnes âgées dans un engrenage provocateur par les coutumes esclavagistes et discriminatoires dans les villages.
En observant de près, quand les uns et les autres, les « culturellement » esclavagistes et les abolitionnistes sooninkés rencontrent et confessent auprès du député BDA, ils expriment leur espoir en lui pour contribuer à atténuer les frictions ou les solutionner même. Une approche qui dénote une certaine appréciation morale et d’espoir sur sa personnalité.
Il y’a quelques temps, un audio a fait le tour des réseaux sociaux et quelques journalistes ont repris certains passages de cet audio en les commentant. L’audio était du wali du Guidimakha et ancien Secrétaire Général du Ministère de la Fonction Publique…
Ce Guidimakha où beaucoup d’administrateurs cherchent à y être affectés comme affirme ce Ministre de l’Intérieur qui ajoute que, d’après ses enquêtes, tous ceux qui ont servi dans cette région sont, aujourd’hui, économiquement à l’abri du besoin. Et certains ont des villas à Tevragh-Zeina grâce à leur passage dans cette wilaya.
Par devoir citoyen, je reviens sur cet audio (un audio caractéristique d’une dictature…) car à l’époque de sa diffusion, les choses étaient trop mouvementées pour moi et je ne pouvais me servir de ma plume…
Je reviens sur cet audio car je me souviens de la sortie acerbe du Président de la République contre l’administration locale et particulièrement les walis qui, selon lui, ne s’occupent pas bien des populations… Est-ce que le Président voulait dire que les walis devront agir comme l’a fait tout récemment le wali du Guidimakha vis-à-vis des notables du village de Diogountourro où ce wali a tout simplement « jeté » la copie du discours du Président sur sa figure car lui-même étant un puissant membre du système ?
« Je vais demander au commandant de brigade de faire son procès-verbal et j’ordonnerai au procureur de vous mettre en prison » avait dit le wali du Guidimakha à l’adresse des notables du village de Diogountouro ». Des propos d’une virulence et d’une abjection inouïes, suivis de menaces dignes d’un prince de l’époque des Almoravides, ce prince n’est autre que l’actuel wali du Guidimakha.
Un gouverneur au tableau peu reluisant, tristement célèbre pour ses abus. Des abus que raffolent certains milieux de ce système qui nous gouverne depuis un certain 12.12.84. Aucun respect pour la Mauritanie et les Mauritaniens. Des sangsues qui nous pillent et triturent la Mauritanie, mettant à terre les valeurs intrinsèques de l’homo mauritanicus. Voici grandement ce qu’ils ont comme principale mission.
Le Guidimakha, terreau de la corruption des agents de l’Etat n’est pas épargné par des sautes d’humeurs de fils bien nés de cette autre Mauritanie des privilégiés. Mais ce que le gouverneur oublie, c’est qu’on peut insulter les notables du Guidimagha mais il arrivera difficilement à manipuler l’une des meilleures figures de l’appareil judiciaire du tribunal régional du Guidimakha, l’incorruptible magistrat. C’est l’un des rares magistrats qui rejettent les largesses de ces populations paisibles et surtout innocentes.
Mr le gouverneur, oui c’est vrai la justice est aux ordres du prince du moment mais il y a aussi parfois des magistrats justes. Des magistrats qui ne sont pas comme ces hommes qui étaient à vos ordres à Kaédi et qui ont mis aux arrêts le chef de centre de la SONELEC en obéissant à vos ordres et le même jour il s’est retrouvé à Timbedra. Ce chef de centre mis aux arrêts et affecté le même jour à Timbedra avait osé vous dire les prérogatives qui sont les siennes et jusqu’où il entendait exercer sa mission.
Il a souffert de votre superpuissance… Votre passage à Boghé n’est pas encore oublié par les populations. Elles qui n’ont jamais regretté votre départ, et on se souvient de l’article de feu doyen Moussa Diop portant sur un petit aspect de votre gouvernance.
Le Guidimakha paisible, dans une situation sociale complexe, mérite une autorité locale alerte et républicaine et non un prince d’un royaume perdu. La région a toutefois espoir à ces jeunes qui sont dans la sphère décisionnelle locale et leur action dans certaine dimension minimisera les effets des actes d’un wali aux antipodes de la Mauritanie rêvée…. La Mauritanie du discours de Ouadane. Un wali qui a juré d’emprisonner les notables du village de Diogountouro.
L’origine du courroux de notre wali est le manque d’affluence des villageois pour éteindre le feu de brousse. Le patron de l’autorité locale, durant cette réunion, tape le poing sur la table et ordonne à ce qu’on lui amène l’auteur du feu de brousse en question, et cela séance tenante.
Ce gouverneur qui s’est agité pendant près de 20 minutes contre des vieilles personnes n’a montré que ce qu’il est capable de faire. Mr le gouverneur, gouverner c’est anticiper, surtout sur la problématique des feux de brousse dans cette région bien arrosée cette année. Combien de kilomètres de pare-feux compte cette région avant ce feu de brousse dont la gestion par le village de Dioguntourro vous a vexé ?
Les services décentralisés de l’Etat, premiers responsables de ces constructions, ont-ils fait réellement et convenablement leur boulot ? Ces manquements vous ont-ils vexés ?
Les populations peuvent faillir à une mission donnée, les règles de l’art supposent que les autorités leurs rappellent leurs devoirs dans une conversation responsable et dans le respect, sans menaces ni insultes. Ainsi, l’autorité locale, par cette méthode, cherchera les causes de ce qu’elle considère comme manquements. Et cela, sans terroriser les populations avec un langage irrespectueux.
Mais c’est méconnaitre le quotidien de ces populations vis-à-vis des autorités locales dans la Mauritanie profonde.
Les responsables sont en grande partie les premiers ennemis de l’autorité centrale. Car l’image de celle-ci est écornée par ces responsables. Ces derniers brillent dans le racket et le mépris.
Ils sont (beaucoup d’entre eux) sources de peur et d’insécurité pour ces populations qu’elles sont sensées protéger.
En RIM si l’Etat a un système de fonctionnement porteur d’injustices et de discriminations raciales, sociales, politiques ou administratives, il faut l’admettre qu’il a comme complicités ou témoins actifs, nos différentes communautés dans leur émanation traditionnelle. Les sous-systèmes inégalitaires qui régissent nos communautés hiérarchisées font partie de la substance qui fait l’Etat. Quand dans une localité, un maire se laisse dicter sa conduite par les humeurs d’un chef coutumier et son clan féodal, des défenseurs d’un système féodalo-réactionnaire reconnaissent ouvertement qu’ils rencontrent un gouverneur pour plaider la pérennité de ce système intra-communautaire…
Ainsi indexer les travers d’un État sans nommer sa substance principale qui le porte, c’est vriller volontairement en vain. Depuis feu Moktar Ould Daddah jusqu’aujourd’hui, chacune de nos communautés fait partie active avec l’Etat d’une manière ou d’une autre donc porte une certaine responsabilité de ce qu’on peut reprocher au système étatique ici et là. Les relais fonctionnels de l’Etat sur le terrain sont toujours les mêmes et l’expression effective de l’état de droit peine à prendre corps face à ces écueils qu’on feint d’ignorer dans nos dénonciations publiques. On n’incite pas l’individu à se « citoyenniser » par le droit, au contraire il est brimé et poussé vers plus de communautarisme et de tribalisme comme seul enclos refuge. Ainsi on le contraint à une soumission sociale par le diktat d’un régime féodal et même esclavagiste selon le schéma sociétal en place.
La qualité du Citoyen doit prévaloir sur les communautés dans leur émanation traditionnelle foncièrement inégalitaire. Pour cela, il faut un gros travail de formation en amont pour le personnel administratif, judiciaire et sécuritaire et également un suivi rigoureux sur ce qu’il fait sur le terrain auprès des populations.
La juxtaposition sociale fonctionnelle avec beaucoup de tromperie et de d’hypocrisie au sein de nos communautés fait un certain écho à ce qu’on indexe ailleurs comme la problématique de cohabitation entre communautés sur l’échelle nationale. Le féodalo-réactionnaire sooninké peut être contestataire face à un suprémaciste arabo-berbère mais peut lui concéder sournoisement l’aspect de son esclavagisme interne. C’est ainsi il y a beaucoup d’intersectionnalité dans la chose « injustices » chez nous.
L’universitaire feu Ousmane Moussa Diagana a écrit un Dictionnaire soninké- français (Mauritanie). L’ouvrage comprend près de 5800 entrées. Un travail incroyable ! Il avait aussi, en tant que linguiste et « puits de savoir », écrit La langue soninké, morphosyntaxe et sens. Cet ouvrage -que j’aimerai lire- est sans doute un legs pour notre génération et celles du futur.
Deux questions nécessitent l’attention : Est-ce que les sooninké et amoureux de la langue ont valorisé ce travail colossal et tant d’autres ?
Y’a t-il eu une suite pour prendre le flambeau ?
On voit l’organisation du Fiso (Festival International Soninké) depuis des années. Des personnes de tous bords en pays sooninké se retrouvent pour « fêter » la culture sooninké : soonikaxu. D’ailleurs, comme toutes les cultures de la civilisation Ouest-africaines, la culture sooninké a ses hauts et ses bas. Ses tares et ses manques. Cette culture regorge aussi dans ses vestiges des principes pour la consolidation de la fierté et de la dignité.
Le festival transnational prend-t-il en compte le travail scientifique de Feu Ousmane Moussa Diagana et d’autres personnes ? Bis repetita !
La rencontre rappelle l’organisation étriquée de la société sooninké ; sans aucun doute. Certains se chargent des procédures administratives, les « biens nés », les autres « pseudos-humains » se chargent des tam-tams et de la cuisine. Les dits griots trouvent leur compte. L’ego est conforté. Les exigences de la modernité sont oubliées. Le folklore à son apogée. La culture se limitera aux chants et danses. A la présentation d’objets qui n’ont de sens que dans le subconscient. Jamais utilisés au quotidien. C’est aussi le lieu de la promotion des « grands maîtres » de cérémonies. Les docteurs de tous bords. Les professeurs. Ce que les « diables » aux marmites dans le cadre des festivités ordinaires ne peuvent comprendre.
Espérons que la publication du Glossaire Français- Soninké préfacé par Barbara Cassin, membre de l’Académie française, connaîtra un franc succès cette saison, oups cette année lors de la rencontre du «peuple sooninké«. Un peuple ou un groupe sociolinguistique attaché à Wagadu, l’allégorie de léclatement social. Le groupe de « Sooni remu », les enfants de Sooni, se sont dispersés et ont hérité de l’appellation « Soonikara », l’éclatement de Sooni. Un Soninké : « soni nké » est alors un individu parlant la langue et partageant cette culture. Étant donné que cette dernière, c’est ce qui dans la nature est l’œuvre de l’humain : elle doit évoluer et prendre en compte les exigences de la modernité à savoir le principe de justice et d’égalité… Pourquoi pas d’équité face aux institutions?
Cette année, le Fiso se fera de nouveau à Nouakchott-Mauritanie en février, le thème aurait pu porté sur l’apport des recherches scientifiques sur la langue sooninké pour la revalorisation de l’être sooninké… On aurait pu pousser loin en brossant un état des lieux, en étudiant la place de la culture, de la langue ; même l’épineuse question des pratiques attentatoires à la dignité humaine : l’excision des femmes encore courantes, les conséquences du lévirat, le soroat, l’esclavage par ascendance, etc. Surtout le phénomène de caste qui est un véritable cancer social. Mais non ! Le thème portera sur l’agroalimentaire. L’agro
L’APS (Association pour la promotion de la langue soninké) prendra comme à l’accoutumée les devants de la scène. Les cadres, dit-on, qui n’assistent à aucune manifestation ou rassemblement pour les langues s’érigeant en défenseur de la langue seront les messagers des autorités… Quelle finalité ?
~ Photos via profils Facebook de 2 artistes (Papa Coulibaly et Baleme Kandji)
Le lion Diaby Doua Camara (paix à son âme) chantait un titre « Odoïme Kita » sonnant en langue sooninké comme « Notre indépendance (notre liberté) est acquise« . Un esprit woke souverainiste avant l’heure qui mettait en valeur l’indépendance de nos pays après le départ de l’ordre colonial blanc. À l’époque certains de ses fans du corps communautaire sooninké n’entendraient le sens profond de ce titre que sous l’angle générique d’un parfum panafricaniste mélodieux. Et pourtant ça clamait « indépendance et liberté », ainsi au sein d’une communauté où règne un abject esclavage coutumier socialisé comme « valeur culturelle » à préserver, on aurait aimé voir sa réaction par rapport à l’éveil abolitionniste massif qui traverse sooninkara aujourd’hui. Il décéda il y’a 23 ans (en juin 1999) à quelques mois de l’entrée dans le 21ème siècle, et le pays sooninké d’alors n’est plus. Celui d’aujourd’hui vit quelques tensions sociales rudement convulsives liées à un engagement pour la liberté sociale et citoyenne en interne porté par la mouvance anti-esclavagiste transnationale Ganbanaaxu Fedde . Depui fin 2016, un rejet décomplexé de l’esclavage par ascendance qui sévit par ses manifestations sociétales porteuses d’innombrables discriminations à l’encontre d’un pan entier de la société sooninkée. En face un déchaînement de violence verbale (apologie de l’esclavage) et physique (agressions, assassinats, expropriations, expulsions, diverses privations…), est orchestré par un ramassis d’extremistes féodalo-esclavagistes bénéficiant d’un laisser-faire tacite et actif de l’ordre coutumier dominant.
• Quelles positions pour nos artistes sooninkés (rappeurs et chanteurs traditionnels)…?
L’écrasante majorité s’est effacée par une certaine indifférence complice pro réactionnaire. Vivant d’un parasitisme social et folklorique, ils préfèrent se taire sur l’affaire pour certains et d’autres font même de la provocation apologiste de cette tare sociale en louant le maintien du statu quo (à chacun son héritage à assumer et à perpétuer , l’esclavage aussi). C’est le cas de la bande à Lass Awa, un chanteur malien vivant en France qui se singularise dans cet engrenage provocateur en clamant l’apologie d’esclavage dans la communauté. L’esclavage relevé comme crime contre l’humanité en France et ailleurs, est promu ouvertement sous sa version coutumière par ces artistes du ventre et du paraître en milieux soninkés. Un travail militant est plus que nécessaire ici en France et dans nos pays d’origine pour exposer et judiciariser avec pertinence cette rengaine décomplexée qui magnifie un tel crime.
Les rappeurs porteurs attendus d’un verble révolutionnaire et subversif peuvent mieux faire à mon avis. Il est vrai qu’il leur faut payer un coût au niveau de la popularité. Dégoupiller ce monde à tabous qu’est l’ordre féodalo-réactionnaire sooninké en investissant le champ du militantisme vif par son art, il faut une grande force de conviction et de caractère. Ici je prends l’exemple de monsieur Papa Hamady Coulibaly alias Yimbi kumma qui, très tôt a été une voix qui dénonce cet ordre féodalo-esclavagiste sooninké en Mauritanie. Il a été indexé, insulté, black-listé et censuré par un certain ordre communautaire. Je peux citer notre contribution datant de septembre 2015 à son sujet. Il avait été empêché dans ses projets de concerts dans certaines localités du Guidimakha en Mauritanie, une note de soutien à son endroit est reprise dans mon ouvrage Mes Écrits Osés paru ces derniers jours via Amazon https://amzn.eu/d/4R0fqa9, Contribution 38 à la page 202 en date du 4 septembre 2015. L’histoire retiendra son statut de pionnier téméraire en la matière pour avoir interpellé les consciences dans sooninkara et au-delà. Ainsi que d’autres comme le percutant Ousmane Koboré Diallo alias Linky Lk .
Certaines figures artistes sooninkés (ou d’origine sooninké nés en France) dotées d’une certaine visibilité médiatique notamment sur les réseaux sociaux, font semblant d’ignorer la problématique d’esclavage dans la société ou ne dénoncent qu’à minima les faits de violences graves comme l’assassinat 4 militants anti-esclavagistes à Diandioumé (Mali, region de Kayes) en septembre 2020. Et récemment fin juillet 2022 à Lany au Mali également avec l’horrible assassinat de la tante DiogouSidibe 70 ans qui refusait les coutumes esclavagistes.
À noter ces derniers mois, un affichage décomplexé et salutaire de plusieurs chanteurs traditionnels qui mettent en valeur les idéaux d’égalité, de fraternité et d’entente dans le sillage du vocable Ganbanaaxu entre les sooninkés. Je dirais, ils se libèrent avec force et dignité et la cause anti-esclavagiste et abolitionniste ne peut que gagner d’épaisseur militante. Je pense aux sorties grandioses de monsieur BalemeKandji Traoré, artiste mauritanien natif de Dafort. Il appelle à l’unité et à l’égalité dans le corps social sooninké, malgré les détracteurs insulteurs qui pullulent contre lui sur les réseaux sociaux (particulièrement sur TikTok). D’autres artistes chanteurs commencent à se défaire du trac psychologique concernant l’engagement anti-esclavagiste Ganbanaaxu et les militant.e.s qui le portent. Le week-end dernier, j’ai été témoin d’un cas type lors d’une rencontre socio-culturelle. La peur bleue des représailles sociales venant du camp féodalo-réactionnaire à l’encontre des artistes chanteurs osant répondre et se reproduire lors d’événements sociaux ou culturels organisés par des familles ou des entités associatives encartées Ganbanaaxu, sera évacuée peu à peu.
Au mois de février 2023, les Soninkés du monde se réuniront à Nouakchott pour célébrer SONINKAXU : le Festival International Soninké.
Ce rendez-vous annuel, itinérant désormais écrit en marbre dans le calendrier social Soninké se propose de magnifier et faire connaitre la culture Soninké dans ses différentes composantes. Il a pour cadre géographique l’Afrique de l’Ouest, où les communautés Soninkés sont fortement et historiquement présentes : Mauritanie, Mali, Sénégal, Gambie, Guinée Conakry et Guinée Biseau.
En plus de la participation des délégations de ces pays, la diaspora Soninké dynamique, disséminée à travers le monde mais attachée au terroir, porte étendard de la culture Soninké sous d’autres cieux, sera aussi de la partie.
Dans un monde hyper libéral, égoïste et matérialiste par essence, la culture est partout menacée, si elle n’est pas peu considérée. A cela s’ajoute l’impérialisme « des cultures dominantes » qui n’hésitent pas à minimiser ou même à « broyer » celles dont le génie est moins porteur de technologie.
Ainsi, la création du FISO reste en soi une idée ingénieuse pour créer des passerelles entre tous les Soninkés de la terre ; mais également préserver un pan de la culture des langues mandées, de l’Afrique de l’Ouest et au-delà.
Chaque année, une thématique est inscrite à l’ordre du jour de la manifestation, choisie pour son intérêt et donc sa pertinence. Cette année, un thème s’impose au regard de l’actualité : LA RECONCILIATION.
Les organisateurs du FISO sont attendus au tournant. Ces cinq dernières années, Soninkara vit son Printemps : des villages divisés en deux, en trois, des familles séparées, des « amitiés défaites », des vallées de larmes et de sang, des déplacés sur fonds de conflits fonciers, des meurtres abominables, des procès interminables et sans verdicts, des condamnations, de la haine, des dépenses superflues pour soudoyer : des méthodes et pratiques indignes ; bref, les frères Soninkés se livrent une guerre fratricide pour l’orgueil et la vanité, piétinant la fraternité, le voisinage, les liens de sang historiques etc.
La paix étant la condition sine qua non de tout développement et un préalable à toute expression culturelle, le FISO ne peut aucunement passer à côté de la préoccupation majeure des Soninkés aujourd’hui. C’est une question de crédibilité et de priorité.
Le FISO ne peut faire fi de la crise multidimensionnelle qui secoue Soninkara, désormais au bord de la décrépitude et du déclin. La culture qui est au cœur du Festival Soninké, sera magnifiée, encensée et vantée. Mais n’oublions pas qu’elle porte la responsabilité de cette guéguerre, ou du moins certains aspects de la culture Soninké, devenus inappropriés, impopulaires et sources de tension.
La culture, c’est l’estampille de l’existence d’un peuple, c’est la preuve matérielle de la vitalité, de la dynamique et l’identité propre d’une communauté, qu’il faut préserver, entretenir, mais surtout actualiser, ajuster et réajuster judicieusement en fonction des aléas du temps, du contexte et des intérêts sans quoi, elle peut être à l’origine de la guerre ou de la division.
Qui n’est pas attaché à une partie de son corps ? Personne !
Mais lorsqu’un membre de notre corps est rongé par le cancer, on s’en débarrasse pour éviter la métastase. C’est le même principe que la culture. Lorsqu’elle ne fait plus consensus et pose problème, il faut vite et au plus vite faire appel à un chirurgien qualifié pour procéder à une intervention, réparatrice et non reproductrice.
Ce message est une modeste contribution. J’espère qu’il sera entendu par les organisateurs du FISO. Il est vrai que parler de ce sujet au moment où les blessures saignent encore, les larmes loin d’être séchées, il faut beaucoup de courage et de tact. Il faut au moins, oser ! Ainsi l’histoire retiendra que cette grande retrouvaille Soninké aura tenté de réconcilier les Soninkés.
Quelle thématique peut-elle être la vedette de cette édition ? Sans aucun doute, « Liŋoye » la Réconciliation ou encore « Banannaaxu », l’égalité dans la fraternité. On ne peut pas à l’heure actuelle organiser le FISO en omettant ou en passant sous silence – pour quelques motifs que ce soit -, la réconciliation.
Les Soninkés attendent plus de ce festival, que le bruit du Jenbe, les pas de danse du Woroso, Jowonde, Janba ou encore Donqanŋe.
Mais, ils aspirent tous à la paix. Une paix qui impliquera une relecture ou réécriture du contrat communautaire, où la dignité est par essence humaine, la chose la mieux partagée entre tous les hommes surtout appartenant à une même communauté linguistique et culturelle ; et non une valeur discriminatoire liée à la naissance ou à la classe.
Et si la réconciliation intra Soninké pouvait être scellée depuis Nouakchott, la capitale Mauritanienne. L’histoire serait belle, surtout belle à raconter, assurément une source de satisfaction pour les autorités de Nouakchott, pour inclure cette réconciliation vivement attendue par les populations Soninkés dans le bilan du quinquennat qui s’achève : un argument électoral pertinent à la veille des élections.
● Partie 1 : « La politique n’est pas une affaire de gens médiocres », a martelé Abdou Diouf.
Je rappelais souvent -à tort et à travers comme d’autres – que ce dernier avait évolué dans les gradins présidentiels. Étant donné qu’il fut l’homme politique à la tête de l’État sénégalais, un titre qu’il mérite amplement, il lui arrivait de ne lire la misère des populations que dans les journaux.
Or, nos pays ont besoin de femmes et d’hommes politiques qui ont un travail, un salaire ou un traitement (s’agissant de la paie que l’on reçoit de l’État) loin des recettes de la politique, tout en étant des acteurs de terrain proches du peuple.
Le président Abdou Diouf était un brillant intellectuel doublé d’un homme d’Etat que le mérite avait propulsé au sommet. D’ailleurs, Churchill dira q’un Homme d’Etat est celui qui pense à la prochaine génération plutôt qu’aux prochaines élections.
Dans notre contexte politique mauritanien où l’on veut éviter de coller l’étiquette politique à certaines choses, sorties politico-médiatiques, etc., il y’a lieu de préciser que la date des législatives approche. De même, celle des élections présidentielles. Aussi, l’on ne sait plus qui est opposant au système ou dans le système.
L’assertion du voisin sénégalais, le président Abdou Diouf, prend tout son sens ici. Et la vision de Churchill doit encore plus nous habiter. Il est certain que l’égoïsme détériore la vision en politique. La mégalomanie, également en politique. L’absence de transparence dans la gestion de son parti, des financements pour les élections, le rôle défini pour chaque membre du bureau est d’autant plus crucial que nécessaire.
Pour m’arrêter là, en espérant avoir été bref, les politiques à l’image des « maîtres d’écoles [qui] sont des jardiniers en intelligence humaine », doivent être les jardiniers de l’espérance en agissant sur les destinées. Bref, en pensant aux générations futures par des politiques publiques, des propositions qui débouchent sur des actions.
L’an 2000, l’année du bac refait en Mauritanie. La cause, une tricherie en masse a été indexée cette année et le ministère de l’éducation ne pouvait que concéder en annulant la phase 1 de la session normale. Après les délibérations des résultats à l’issue de la phase 1 repassée, je me rappelle d’une discussion avec certains camarades et frères autour du système d’attribution de bourses d’études en fonction du rang d’arrivée (notamment la moyenne d’orientation par les matières principales) dans chaque série. Et là, certains laissaient entendre qu’en réalité, les choses sont très opaques en coulisses. Il suffit d’être dans une zone grise et si tu n’as pas des connaissances (relations-bras long), pas de rêve, il faut se ranger car pas la moindre chance par un dépôt d’aspirant boursier. Quelques années plus tard, lors d’une autre conversation sur le système de promotion à travers les études, j’apprenais que parfois certain.e.s élèves bacheli(e)r.e.s moyennement en session normale ou admis en session complémentaire peuvent se voir dotés d’une bourse d’études à l’étranger. Apparemment ce n’était (n’est) pas sorcier, c’est le système qui s’y prête sur des bases d’un mécanisme bien rodé appelé bras-longuisme. Ce procédé basé sur un relationnel d’intérêts interconnectés d’un monde social-administratif. Ce petit monde où les conflits d’intérêts en cette matière sont considérées comme un régime de promotion de siens (enfants). S’il s’agissait de trier dans cette situation, oublions les critères objectifs pour promouvoir l’excellence. Ça coopte ou ça fait coopter ici et là et tant pis pour celles et ceux qui n’ont pas ce relationnel de bras-longuisme en coulisses. Et là les choses prennent une coloration très loin d’être raciste, ce serait une affaire de classe sociale (issue de toutes les communautés) par laquelle une certaine élite se soigne administrativement et tient à assurer une reproduction sociale et professionnelle. Ainsi la facilité argumentative à vouloir racialiser systématiquement ne peut être pertinente et juste. Il faut oser gratter plus pour déterminer le vrai fond de l’affaire. Ce bras-longuisme est bien ancré dans nos pratiques, la Relation prime sur la Règle dans la gestion des affaires publiques. L’affaire de notre jeune compatriote qui secoue les réseaux sociaux ces derniers temps, doit faire l’objet d’une approche prudente pour voir et dire vrai en terme communicationnel et traiter le fond avec franchise. Du racisme ou du bras-longuisme a-t-elle été victime ou rien de tout cela au final…? À suivre…
Le bras-longuisme est ténébreux dans nos pays. Il casse injustement l’avenir des uns et case et promeut frauduleusement les autres. En général il est subtilement confondu à tort avec du racisme dans certaines dénonciations, mais non ce sont deux affreuses pratiques pouvant se retrouver dans certain copinage fonctionnel de circonstances.
En Mauritanie, si on osait parier pour ressortir les copies corrigées de nos bacheliers boursiers et devenus boursiers à l’étranger de 1990 à 2020…on saurait sans doute l’ampleur d’une certaine réalité sur ce système bras-long, une véritable gabegie éducative.
Depuis New York, le journaliste SergeDaniel (sur TV5) résume en substance ce que les colonels maliens reprochent au président du Niger MohamedBazoum qui rappelle que « la place des militaires n’est pas les salons feutrés à Bamako mais au front face aux terroristes… » . Cet élément de langage qui a beaucoup de sens par rapport à la situation politico-sécuritaire du Mali serait la principale motivation qui a suscité l’ire du Choguel boy l’actuel premier ministre par intérim, le jeune colonel Abdoulaye Maïga (41 ans). Il a traité de « Non Nigerien » l’actuel président du Niger (issu de la communauté arabe), à la tribune de l’ONU ce samedi 24 septembre 2022. Des propos aux relents xénophobes pour ne pas dire racistes à l’encontre d’une personne à cause de ses origines ethniques ou communautaires. Les supporters suprémacistes de DonaldTrump ne diraient pas moins en théorie fumante et raciste sur la « non américanité » de Barack Obama. En diplomatie, on peut exprimer avec tact et respect ses différences de vue avec le dirigeant d’un autre pays surtout un voisin si proche tout en évitant une surenchère verbale de la sorte. Cet panafricanisme toxique des passions ne sert pas « grand chose » en matière de développement multidimensionnel dont nos pays ont besoin depuis toujours. Le langage véhément et excessif dit souverainiste qui rameute les masses « réseaux sociaux », ne peut doter un pays d’infrastructures dignes ni former et soigner les populations. Le colonel AMaïga qui vise le président Bazoum sous cet angle, peut heurter la sensibilité d’une partie de ses propres concitoyens (arabes maliens), est-il conscient de cette donnée ?
Dans nos pays, un certain panafricanisme toxique est porteur d’une idéologie marinée d’une xénophobie latente et d’un cache-misère intellectuel et technique. Un éveil social et politique sain se doit d’être constructif et ouvert par la force de l’intelligence et non par l’entretien perpétuel des ressentiments d’un passé chez les masses populaires. Le malien est grand voyageur, les diasporas maliennes sont partout, si un caucasien français dirait à son compatriote afro élu à #Montreuil (ville de la région parisienne) qu’il est étranger, cela ne plairait pas. Cette sortie du premier ministre par intérim du Mali est une insulte à la tradition idéologique de pères panafricanistes comme feu Kwame NKrumah du Ghana. L’invective populiste rassure les fiertés « perturbées » mais ne remplit pas l’estomac ni ne sécurise un territoire, à rappeler nécessairement !
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.