Pour une Mauritanie libérée de la corruption, de la gabegie et du mépris
À ceux qui gouvernent,
À ceux qui prétendent représenter le peuple,
À ceux qui détiennent les leviers de l’État,
Je vous écris sans détour, sans langue de bois, sans peur. Car le silence est complice, et l’heure est trop grave pour se taire.
Je suis un citoyen mauritanien. Un militant. Un opposant. Mais avant tout, un homme libre qui refuse de voir son pays sombrer dans le chaos, la misère et l’humiliation. Ce que nous vivons n’est pas une crise passagère. C’est une décomposition lente, méthodique, orchestrée par un système qui a fait de la corruption sa colonne vertébrale.
Un État pris en otage
La Mauritanie est devenue un laboratoire de la prédation. Les marchés publics sont distribués comme des butins de guerre. Les institutions de contrôle sont muselées. Les corrompus sont promus. Les clans se partagent les richesses, pendant que le peuple crie famine.
La corruption tue
Elle tue nos enfants, privés de soins. Elle tue nos femmes abandonnées dans les maternités. Elle tue nos jeunes, condamnés à l’exil ou au désespoir. Elle tue nos écoles, nos hôpitaux, nos rêves. Et pendant ce temps, les fonctionnaires s’enrichissent à vue d’œil, planquent leur fortune à l’étranger. Ils rivalisent avec les hommes d’affaires, bâtissent des empires sur les ruines de notre République.
Un appel à la conscience
Je m’adresse à vous, gouvernants : Vous n’avez plus le luxe de l’aveuglement. Vous ne pouvez plus prétendre ignorer. Vous êtes comptables devant l’histoire, devant le peuple, devant Allah.
Je m’adresse à vous, députés : Exigez une commission d’enquête permanente sur les marchés publics. Interpellez les ministres. Défendez les citoyens.
Je m’adresse à vous, journalistes, blogueurs, lanceurs d’alerte : Enquêtez. Dénoncez. Résistez. Votre plume est une arme contre l’impunité.
Je m’adresse à vous, citoyens : Ne vous résignez pas. La peur est l’alliée des tyrans. La colère est légitime. L’action est nécessaire. Pour éviter le pire
Ce que vous pensez impossible, est bien possible. La situation pourrait vite tourner au drame et devenir incontrôlable. Si rien ne change, le chaos nous attend : instabilité politique, révolte sociale, effondrement économique. Mais il est encore temps. Il est encore possible de sauver la Mauritanie. À condition de briser le cercle de l’impunité. À condition de refonder l’État sur la justice, la transparence et le mérite.
Je ne suis pas un ennemi de la Mauritanie. Je suis son fils. Et je me battrai, avec mes mots, mes idées, ma voix, pour qu’elle ne meure pas.
La Mauritanie mérite mieux. Le peuple mérite mieux. L’histoire nous regarde.
Respectueusement mais fermement, Un citoyen militant et opposant Pour une Mauritanie debout.
À tous ceux qui prétendent parler en notre nom, Aux autorités mauritaniennes, Aux organisations nationales et internationales concernées,
Je m’adresse à vous aujourd’hui, non pas en tant que simple citoyen, mais en tant que victime directe des événements tragiques de 1989, en tant que témoin d’une époque marquée par l’injustice, l’humiliation, la perte et l’exil.
Je constate avec amertume qu’un accord semble aujourd’hui se dessiner entre certaines victimes et le gouvernement mauritanien, se limitant uniquement à une indemnisation financière. Si une majorité accepte aujourd’hui cette solution, alors une question cruciale se pose : pourquoi avoir attendu toutes ces années ? Pourquoi avoir laissé le temps et la douleur s’étirer pendant plus de trois décennies pour en arriver à une transaction qui, au fond, ne règle rien de l’essentiel ?
Car s’il ne s’agit que d’argent, alors n’évoquez plus jamais la mémoire, la justice, ou la réconciliation. On ne peut pas réclamer un « devoir de mémoire » tout en réduisant le drame à une simple compensation financière. Ce serait une insulte à la souffrance, une trahison de l’histoire et une négation de la dignité humaine.
Je le dis avec gravité : ceux qui, aujourd’hui, cautionnent ce règlement sans exigence de vérité, sans reconnaissance réelle des crimes, sans justice pour nos morts, trahissent non seulement notre cause, mais aussi leur propre conscience.
Moi, Mamadou Baidy Gaye, je refuse de pardonner cette trahison. Je ne pardonnerai jamais que la vie de nos disparus soit soldée par de l’argent. Je ne pardonnerai jamais que leurs sacrifices soient effacés sans justice ni mémoire.
Nos morts ne sont pas des chiffres sur un chèque. Ils sont des visages, des voix, des vies arrachées. Ils méritent la vérité, la justice, et la reconnaissance nationale et internationale.
Il est encore temps d’agir avec honneur. Mais si le silence et l’oubli deviennent la norme, alors n’attendez plus rien de ceux qui, comme moi, ont décidé de ne pas se taire.
Mamadou Baidy Gaye Victime des événements de 1989 le 19 /10/2025
📷 Londres 2022 avec l’universitaire-chercheuse Marie Rodet. Une humaniste engagée qui a été d’une grande générosité auprès des militants abolitionnistes.
Les privilèges d’ordre héréditaire ne se prêtent pas et ne se partagent pas dans les structurations socio-claniques et ethno-raciales basées sur le suprémacisme lié au sang. Donc…dans certaines sociétés fermées, on sort du statut de « cadets sociaux » par la voie disruptive et audacieuse en s’ouvrant une réalité sociologique, sociale et politique de fait dans le temps et dans l’espace. C’est une histoire de patience, de stratégies et de vision à long terme. Les dominations à l’échelle étatique ou communautaire ont un arrière-fond similaire à bien des égards qui est : s’adapter et se réinventer pour garder la mainmise toujours et… toujours !
On se libère de fait et de symboles sinon point de libération réelle du fait d’une supposée grâce attendue d’un dominant. Le blocage structurel qui coince l’évolution du dominant est lié à une certitude résolue qui l’habite et l’habille comme suit : l’existence du dominé est figée et que toute exploration d’autres perspectives ne peut être logée que dans le champ d’une aventure de courte durée. On voudrait lui fermer l’Histoire pour de bon et on le socialise dans un fatalisme étroit et rédhibitoire.
Notre douleur ne peut être comprise par ceux qui ne l’ont pas vécue. Nous vivons avec les souvenirs de nos proches assassinés ou déportés, et avec cette angoisse constante de penser à ceux que nous avons perdus, sans sépulture, sans justice.
Dieu m’a épargné, et le Sénégal m’a tendu la main. Il m’a accueilli avec mes blessures, m’offrant un refuge dans ses camps. Je n’oublierai jamais Dagana, ma ville natale, ni Tekane, où reposent aujourd’hui mes parents.
C’est avec une profonde amertume que je m’exprime aujourd’hui. On nous a incités à revenir en Mauritanie, en nous promettant une réintégration juste. Mais ce retour n’a été qu’un leurre. Là où nous espérions retrouver notre terre et notre dignité, nous avons trouvé l’exclusion, l’humiliation. Nous sommes devenus des étrangers sur notre propre sol.
Je pense à ceux qui ont fait le choix de rester au Sénégal, parce qu’au moins là-bas, ils avaient un lopin de terre, une vie possible. Les retours organisés, eux, se sont souvent soldés par des échecs, comme en témoigne tragiquement la situation à Boghé, abandonnée à son sort.
Depuis le régime d’Aziz, et encore aujourd’hui, les veuves et les orphelins qui osent réclamer justice, ou simplement demander où reposent leurs proches disparus, sont considérés comme des ennemis de la République.
Et pourtant, l’État mauritanien a reconnu sa responsabilité dans les crimes et les déportations que nous avons subis. Alors pourquoi ce silence ? Pourquoi cette indifférence face à nos souffrances toujours vives ? Pourquoi laisser des milliers d’apatrides survivre au Sénégal dans une misère silencieuse ?
Je refuse de me taire. Je parle pour ceux qui ne peuvent plus parler. Je parle pour ceux qu’on a fait taire.
Notre espoir s’effrite. Et si rien ne change, ce sera le désespoir qui finira par tout engloutir.
Mamoudou Baidy Gaye dit Alia – Une victime de la déportation mauritanienne.
▪︎▪︎▪︎▪︎ Je partirais du postulat d’une contribution publiée en janvier 2016 qui fut reprise par le site Cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=679378. Titré En « mauritanien » chaque communauté a ses haratines finalement : Haratine, une fierté!, dans cet élément, j’y expose ce que je crois fermement de la substance « identité Haratine » à travers un prisme bien circonscrit comme suit : Si on raisonnait sur l’ordre purement politique et statutaire, un haratine n’est pas Arabo-berbère, ni Soninké, ni Peulh, ni Bambara et ni Wolof . Mais le statut de Haratine peut être trans-communautaire car chacune des différentes communautés dans leur fonctionnement traditionnel en vigueur, a ses haratines statutaires intra-communautaires qui subissent les mêmes régimes déterministes sur le matériel et l’immatériel.
Ces derniers temps, les intelligences et les poussées argumentatives de différentes palettes ont été convoquées par les uns pour délégitimer les aspirations d’une dynamique militante pour une composante haratine autonome (comme communauté) dans l’ensemble hassanophone et par les autres pour booster d’une manière décomplexée cette même dynamique. J’ose croire qu’une communauté vit son dynamisme par une certaine structuration politique en interne et avec son environnement exta-muros. Ce dynamisme souvent entre clans et segments dirigeants, tient les éléments « cadets sociaux » comme forces d’appoint exploitables assignées ou auto- assignées au service de différentes factions d’un ensemble communautaro-tribal. Ainsi, l’ensemble haratine au sens d’une composante anciennement esclavagisée n’a aucune marge de manœuvre comme libre acteur dans la compétition clanico-politique dans cet ensemble communautaro-tribal avec ses soubassements transversaux généralement esclavagistes. En revenant à la donnée « esclavage », l’horrible efficacité qu’il a pu avoir, est liée à la perturbation systémique de la société parallèle esclavagisée (familles et filiations éclatées ou désordonnées). Les idéologues esclavagistes ont été intraitables en la matière…: il faut en tout temps et en tout lieu, éviter le plus longtemps possible une personnalité réfléchie et consciencieuse de l’ensemble asservi en bas de l’échelle. La rencontre entre l’entité collective esclavagiste et les personnes esclavagisées ne s’est pas tissée paisiblement sous une tente ou au bord d’un marigot avec des accords tribalo-ethniques par lesquels les secondes acquiescent librement leur servitude au service de la première toute chanceusement innocente. Non… elle fut brutalité couplée à une affreuse déshumanisation et ses conséquences qui forgent une singularité existentielle dans le temps et dans l’espace. Ici 2 anecdotes me surgissent à l’esprit :
a – En 2017 lors d’une conférence à Paris, le leader abolitionniste d’IRA-Mauritanie, M. Biram Dah Abeid avait raconté en substance ce qui suit : Lors d’une rencontre avec une communauté en Afrique de l’ouest, un homme qu’il avait interpellé par rapport l’esclavage lui dit « nous, nos esclaves, on les aime bien » et Biram dit lui avoir répliqué « c’est faux, vous ne les aimez pas, si c’était le cas ils ne vont pas être vos esclaves ». L’entreprise esclavagiste conduit également une sorte d’évolutionnisme à tendance moralisatrice pour maintenir toujours un suprémacisme sociétal dans la relation post-esclavage entre les 2 univers. Seul un militantisme alerte comme l’a montré le président Biram, permet une réaction lucide afin de confondre subitement les velléités paternalistes.
b – Place Trocadéro à Paris (2015 ou 2016), lors d’une manifestation de la diaspora mauritanienne, j’avais eu un échange avec une jeune militante saharouie (marocaine) accompagnée d’une dame caucasienne d’un certain âge sur place pour leur militantisme pro indépendantiste. J’ai abordé la problématique de l’esclavage ou ses restes sur les noirs qui concernerait le Maghreb également comme chez nous. Elle me disait en toute confiance que c’était fini depuis longtemps et en précisant qu’ils (leurs anciens esclaves sans les nommer ainsi) sont comme une partie de sa famille. Moi… lui demandant : vous vous mariez ensemble vos familles…? Aussitôt j’ai senti la gêne poindre en elle, et elle dit timidement « Non, c’est compliqué sur ce point » . La tacite conclusion qui s’impose sans que cela ne soit verbalisé : « on ne fait pas une famille réellement avec nos anciens esclaves »
Par ces 2 cas, le construit social issu de la condition esclavagiste marque et relègue à vie les victimes dans un certain paternalisme normalisé et décomplexé. Ce passé originel va habiter leur réalité existentielle et le suprémacisme sociétal et politique du bloc anciennement esclavagiste y tient sa base.
Ce nœud originel déséquilibré va marquer toutes les phases du duo existentiel et la réparation relationnelle n’aura pas la même substance pour les 2 bords. Parce que naturellement l’entité collective esclavagiste va développer une suffisance débordante à l’endroit de ses subordonnés statutaires désormais après les fers de la condition esclavagiste desserrés.
On ne comprendra pas les motivations profondes des aspirations à l’autogestion sociale, identitaire et communautaire de l’ensemble anciennement asservi si on se laisse embourbé dans les traits brutes et copier-colleurs de la sociologie, de l’anthropologie et autres X-logie. Il faut savoir secouer son âme profondément et s’appliquer intimement une sereine dose d’empathie envers l’ensemble anciennement esclavagisé. S’imaginer leur passé du temps 0 de cette rencontre de la bascule, la dé-structuration familiale et sociale historique vécue, les humiliations encaissées et assignées en héritage depuis quelques générations…
Il faut y admettre que l’ensemble anciennement esclavagisé par son statut de subordonné donc pas craint, a une mémoire très lourde (par ce qui est entendu, dit et pratiqué ouvertement) de ce que le subconscient collectif de l’entité esclavagiste ou anciennement esclavagiste retient et exprime à son sujet. Inversement, l’assurance de la supériorité fonctionnelle fait que l’ensemble esclavagiste voit les subordonnés statutairement comme d’éternels incapables qui ne lisent et ne vivent le monde qu’à travers les possibles qu’il lui permet. Tout est dans la subordination…ici et là-bas… tout est par moi et sans moi… c’est le néant existentiel…pour l’ensemble anciennement asservi.
Cet ensemble anciennement esclavagisé est transversal à nos communautés bien sûr avec des variations certaines selon la charpente de chacune d’elles. Mais il existe un tronc commun de Haratinité ou Hardanité parmi les « cadets sociaux » de nos acteurs sociaux dans le schéma tradi-politico-clanique au sein de nos univers communautaires. La différence majeure entre les Haratines du côté hassanophone et ceux du côté de l’ensemble Négro-mauritanien (Soninké, Peulh…) se situe sur 6 points à notre avis : 1 – le nombre pèse énormément du côté hassanophone 2 – la différence de couleur de peau qui est une frontière visuelle dans l’ensemble hassanophone 3 – l’instruction et la dynamique d’éveil de longue date du côté hassanophone 4 – la politisation assumée avec une démarcation lobbyiste en optant pour l’aspiration à une communauté sociale, identitaire et politique. Un mécanisme de dé-tribalisation consciencieuse revendiquée de plus en plus en dehors de l’ancien univers « maître dominateur ». 5 – une terreur grise habite beaucoup de « cadets sociaux » et descendants d’esclavagisés dans l’univers négro-mauritanien. 6 – les complexes et les petites hontes devant l’opinion publique à découvert font raser les murs par beaucoup d’assignés sociaux dans les milieux négro-mauritaniens. On y subit en fatalistes.
Ainsi… à nous, négro-mauritaniens hors Haratines, ce que le débat actuel remue à propos de l’autonomisation sociale et politique de haratines anciennement esclavagisés dans l’ensemble hassanophone, sommes-nous prêts à en accepter les termes disruptifs similaires pour nos « cadets sociaux » intra-muros ? Ou bien allons-nous continuer à végéter dans une gymnastique troublante avec nos frontières sociales tenues par un intellectualisme tourmenté d’affects à la carte et hors-sol ? Un dicton célèbre dit : « le balayage doit commencer devant chez soi d’abord »
La communauté citoyenne qui est une aspiration tant espérée de tous ne peut advenir qu’avec des acteurs sociaux et politiques ayant mûrement intégré les valeurs d’égalité sociale et communautaire. Quant on entretient des systèmes porteurs d’un inégalitarisme comme fonctionnement intra-communautaire et inter-communautaire, des incohérences vont surgir et heurter les projets de l’application d’une égalité citoyenne à l’échelle nationale. Une évidence !
Tragédie du Sahel: Lettre ouverte aux Chefs d’Etat et de gouvernement
– du Mali
– de la Mauritanie
– de l’Algérie
– de la Fédération de Russie
Aux dirigeants des instances internationales et sous-régionales :
Organisation des Nations unies (Onu)
Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao)
Organisation de la Conférence Islamique (Oci);
De la part de Biram Dah Abeid, député mauritanien, président de l’Ong Initiative de Résurgence Abolitionniste (Ira), lauréat des distinctions :
Prix des Nations Unies pour la Cause des Droits de l’Homme, Bassayire Alqourane, FrontLine Defenders pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme, de la ville de Weimar pour les Droits de l’Homme, TIP des Héros contre l’Esclavage et la traite des personnes du département américain, Tulipe des Droits de l’Homme du gouvernement hollandais, du Courage dans La Défense des Droits humains du Sommet de Genève pour la Démocratie et les Droits de l’Homme, Doctorat Honoris Causa de l’Université Belge de Louvain, retenu parmi les 100 personnes les plus influentes au monde, du Magazine Times.
Distinguées personnalités physiques et morales
Je m’adresse à vous, en ce moment de péril collectif, au sud du Sahara. L’insurrection jihadiste met en danger de faim et de mort, des villages, des villes et des populations non combattantes et dépourvues d’armes.
En Mauritanie, et depuis quelques jours, une grande inquiétude et un état de consternation se sont emparés du peuple, dont je suis l’un des représentants. La ville pieuse de Nioro du Sahel, proche du flanc sud de la frontière, devient l’objet d’une stratégie de siège hautement préjudiciable à la survie de ses habitants. Des milliers de civils, à l’instar de leurs compatriotes au centre et à l’ouest du Mali, y courent désormais un risque grandissant de pénurie, de tuerie et d’assassinats ciblés. Le chef spirituel soufi, Cheikh Mohamedou Ould Cheikh Hamahoullah, sommité religieuse de la sous-région, se trouve sous la menace d’une prise d’otage ou, pire, d’une élimination physique.
En conséquence, nous vous demandons de faire diligence aux fins de déclencher les étapes de la riposte que requiert la gravité du présent appel :
– Une action rapide et concertée visant à desserrer l’étau sur les populations de Nioro ;
– Une opération spécifique en vue d’assurer la garde rapprochée du Cheikh et des siens ;
– Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’Onu, prélude à la convocation, dans les meilleurs délais, d’une conférence internationale, qui décidera, a minima, de l’aide humanitaire aux pays exposés à l’imminence d’un débordement par les déplacements massifs de réfugiés.
À une époque de notre jeune conscientisation politique, il était d’usage d’entendre comme référence de positionnements politiques dans le camp du pouvoir principalement 2 noms. Il s’agissait de M. Yaya KANE et M. Diéremouna SOUMARE (paix éternelle à leurs âmes). Ces personnalités étaient identifiées dans une certaine littérature politique régionale sous les appellations « tendance Yaya KANE » et « tendance Diéremouna SOUMARE« . Ainsi la vie politique du giron pouvoir-état était animée par les clivages, les influences et les commerces politiques entre ces 2 camps auprès des autorités centrales de Nouakchott. Les 2 courants plutôt clanico-politiques que tenants d’idéologies programmatiques, étaient (sont) arrimés aux anciens régimes dans les différentes communautés en termes d’appartenance sociale et de représentativité. D’affichage transcommunauraires, mais selon les précisions d’un doyen consulté récemment, me donnent schématiquement comme suit : la tendance Diéremouna SOUMARE regroupait principalement les soninkés et la tendance Yaya KANE était mixte peulhs, maures et quelques soninkés. Ce parallélisme en terme d’ancrage politique par ces identités socio-claniques prendrait ses origines du temps du premier Président mauritanien M. Moctar Ould Daddah et son parti unique (Parti du peuple mauritanien) . Ainsi, c’est dans le sillage historique de cette réalité politique régionale qu’il faut observer et décortiquer les diverses déclinaisons évolutives dans le champ politique pro toutes-majorités-présidentielles (de Daddah à Ghazouani) du Guidimagha. Les régimes se succèdent au palais ocre à Nouakchott et ces tendances mettent à jour leurs commerces politiques en lobbying du terrain régional pour être toujours dans « les petits papiers » du pouvoir en place. Le principe est simple : fidéliser une clientèle électorale en résultats localement et revenir à Nouakchott pour réclamer la récompense en termes de placements et de nominations à des postes au sein de l’administration. Ainsi fonctionnait (fonctionne) ce commerce politique qui intègrait (intègre) dans ses clauses secrètes du côté soninké, la prise en compte ségrégationniste des patronymes de personnes à nommer par exemple comme ministres. Les compétences et les qualités morales passent en rang moindre par rapport au nom de famille porté lié à l’extraction sociale.
Et c’est ainsi de nombreuses années durant au détriment d’une véritable et exigeante vie citoyenne auprès des populations notamment pour leurs besoins en terme de développement multidimensionnel. Du « cheptel » votant… sollicité électoralement période à période… et ça continuait… ça continue !
Par les temps qui courent, depuis quelques années d’ailleurs, les logiques de tendances se sont décentrées de l’ancien schéma « héritage Yaya vs héritage Diéremouna » vers une affaire des dissenssions intestines intra tendance « Diéremouna SOUMARE » dite des soninkés. L’avènement des réseaux digitaux notamment whatsapp et l’accès massif et sans filtres aux discours politiques, un certain éveil s’est amorcé auprès de l’électorat. Les élections législatives, régionales et municipales de 2023 au Guidimagha ont provoqué un certain chamboulement avec les performances électorales du parti Udp (encarté majorité présidentielle) qui rafla 4 députés sur les 8 de la region, plusieurs mairies et la vice-présidence du Conseil régional dans la foulée. Le principal parti au pouvoir Insaf a été mis en grande difficulté et par conséquent ses ambassadeurs historiques en légitimité dans la région au nom de la tendance ont vu leurs certitudes bousculées sèchement. Ces ambassadeurs mi-politiciens mi-représentants des ordres féodo-traditionalistes voient comme une menace existentielle l’émergence d’une jeune garde (qui leur est apparentée en partie par ailleurs) très ambitieuse à leur goût. On peut citer dans ce registre, l’activisme terrain de M. Waly Diawara (dynamique vice-président du CR) et ses partenaires. Les pôles constitués selon diverses opinions intra-communautaires dans cet affrontement frôlant l’amusement parfois, sont les suivants : le camp de M. Sidney Sokhna (vice-président de l’assemblée nationale) et ses ouailles et le giron mené par le duo dirigeant le Conseil régional , M. IssaCoulibaly (président) et M. Waly Diawara qui en est le premier vice-président. Nombre de relais sociaux dans la communauté et dans la région sont en mouvements pour soutenir ici et-ou commercer politiquement pas que dans l’avenir là-bas. Certains élus (députés et maires) subissent ou participent à cet engrenage clanico-politique et social et sont rattrapés par ces réalités politiciennes de basse classe. Dans laquelle on y ourdit diverses manipulations et intrigues, sourde délation et sabotages mutuels. C’est sur ce terrain étrange de lutte d’influence et de commerce politique et social qu’on trouvera des illettrés notoires et des personnages d’une médiocre tenue intellectuelle s’accaparer du gouvernail organisationnel et missionnaire et des diplômés bien instruits avec une certaine aération intellectuelle réduits dans la loge de suiveurs lambda. À propos, un adage soninké volontairement caricatural peut être convoqué : « les bovins buveraient par leurs queue désormais »
Il y a quelques temps, nous avons constaté l’activisme douteux d’un regroupement d’une certaine configuration s’auto-proclamant représentatif du Guidimagha, s’incruster dans cette arène de lutte de positionnements légitimistes pour sauvegarder (héritage Diéremouna SOUMARE) chez les uns ou pour remplacer (asseoir une nouvelle légitimité) chez les autres auprès du pouvoir central de Nouakchott. À noter que ce regroupement espérant faire sa mue en une coordination politicienne viendrait de l’émanation des tenants réactionnaires qui se sont opposés et s’opposent par différents canaux au militantisme antiesclavagiste et anti-féodal porté par le mouvement citoyen, social et droit-de-l’hommiste Ganbanaaxu Fedde amorcé dans les milieux soninkés il y a 9 ans. L’illustration à point pour démontrer qu’il y a beaucoup d’ingrédients malaxés sous l’angle analytique purement soninké dans cette lutte clanico-politique intra tendance.
Et les masses populaires sont diversement et discriminatoirement traitées et concernées dans les enjeux globaux de ce fourre-tout très variable selon de quelle extraction sociale que l’on en vient. Les couches socialement privilégiées par les anciens régimes coutumiers vont essayer d’influencer les politiciens pour garder leurs positions intactes mêmes anti-républicaines dans les localités et les politiciens en retour vont les instrumentaliser à chaud en clientèle électorale avec des faux espoirs peu jouables à long terme. Les autres couches sociales faites d’un grand mixte entre « cadets sociaux » relégués, éléments intermédiaires subordonnés statutairement parlant et forces indépendantes progressistes, doivent se trouver une voi(e)x en positionnements politiques et en stratégies d’approche en parallèle dans l’arène sociale et politique.
J’ose croire que l’une des clés de déverrouillage de ce système clanico-politique imposé d’en haut et alimenté d’en bas, passe par l’émergence d’une dynamique citoyenne de sensibilisation auprès des opinions sociales et de créer une synergie pragmatique avec un langage de vérité. Une nécessité de politiser valablement les couches historiquement reléguées dans la société et qu’elles s’autorisent des voi(es)x et moyens en accédant en lobbying direct aux hautes autorités politiques du pays (oppositions ou le camp du pouvoir selon les choix des uns et des autres).
● Rétro 📷 Avril 2025 | Avec le doyen et compatriote Dr Mohamed Cire. De notre causerie instructive adjointe à d’autres observations et échanges avec certaines source-ressources sociales et politiques sur notre Mauritanie politique, ma conviction s’est affermie sur la stratégie de périmètre prioritaire en politique. Une sorte de relativisme alerte en fonction de qui dénonce quoi et dans quel contexte. Également à être attentif sur le traitement thématique : ici ça marginalise une donnée et là bas ça en fait une centralité selon des frontières sociales et territoriales.
Ainsi, en militant ou sympathisant, je peux me retrouver dans le même camp politique de diverses compositions sociales et idéologiques mais mon top focus ne doit jamais dévier de mon périmètre prioritaire dans les enjeux politiques et sociaux en question.
Un cas plausible pour ne pas dire certain, tu peux te retrouver soutenir un candidat à la présidence de la république avec un groupe d’individus et ce même groupe ne voterait jamais pour toi dans votre commune d’origine si tu étais candidat à la mairie.
Beaucoup d’afro mauritaniens politisés sont dans cette gymnastique entre les élections présidentielles et les élections locales parce que les priorités sont chancelantes en fonction de certains objectifs variables peu avouables sur la place publique. On épingle le racialisme politique ailleurs (dit étatique) tout en cautionnant insidieusement le féodalisme politique dans nos enclos communautaires. D’ailleurs une certaine actualité pourrait se résumer à un constat Cri Osé comme suit : En Mauritanie politique, si vos « cadets sociaux » fêtent toujours leur subordination socio-folklorique dans le fatalisme, votre intelligentsia a failli à l’essentiel.
Nombre de « Che Guevara » captant bruyamment des espaces politico-médiatiques et militants circonscrits à certaines thématiques, le font avec d’angles évités sciemment… notamment ceux liés aux problématiques féodalo-esclavagistes qui minent toutes nos communautés nationales à divers degrés. Une ambiance spectaculaire y préside via les espaces digitaux 2.0 pour écumer et conditionner les opinions publiques surtout celles peu averties, afin d’espérer cueillir les retombées électoralement à l’avenir. Une forme d’imposture par l’arrière-fond sélectif dans le champ des problématiques à dénoncer et à traiter publiquement.
En un mot : l’éveil politique résolument citoyen et égalitaire doit émerger d’en bas (dans nos communautés), ce qui nécessite une mise à jour dans nos relations inter classes , sociaux et statutaires. Autrement…nous faisons semblant avec quelques leurres risibles qui ne peuvent tenir d’échappatoire continuellement.
1 – Je me demande s’il existe un système similaire ailleurs dans le monde, pour le processus de reconnaissance d’un parti politique par les autorités ?
2 – Accès aux données biométriques des citoyens et les croisant avec leurs camps politiques sous le contrôle du ministère de l’intérieur (par ailleurs véritable gestionnaire politisé du système électoral)… même le KGB d’antan hésiterait comme pratique… Qui va garantir quoi dans ça… en termes de protection de ces données et le droit à l’anonymat pour les choix politiques… notamment les fonctionnaires et autres citoyens professionnellement ou socialement dépendants…?
3 – Le député mauritanien 🇲🇷 M. Biram Dah Abeid avait relevé cette problématique à juste titre dans une intervention audio il y a quelques temps…
4 – Ce système insidieusement policier et intrusif mis dans le filtrage de l’espace politico organisationnel est une grave atteinte aux libertés politiques, et seuls les partis politiquement compatibles à une certaine idéologie « tronc commun » avec l’Etat profond vont s’y soumettre en toute confiance.
5 – Ce E-contrôle de haute intensité n’est pas démocratiquement potable et les autorités doivent le bannir et permettre à toutes les expressions politiques d’occuper leurs espaces fonctionnels et militants en toute légalité. Les droits politiques librement tenus par les citoyens font partie intégrante naturellement du champ droit-de-l’hommiste
Dans ses enseignements (cours audios, interviews…), il est d’une pertinence qui ne laisse pas indifférent. Analyste, observateur et intéressé aux données globales (sciences humaines, sciences islamiques, géopolitiques…), il se démarque bonnement par cette aération intellectuelle de beaucoup de lettrés soninkés dits religieux. En Soninkara, il existe quelques répétiteurs stériles et limités intellectuellement qui sont dans une obsession quasiment maladive à l’encontre de sa personne et de ses enseignements https://ecrit-ose.blog/2022/09/04/%f0%9f%94%b4-ces-hableurs-apprentis-lettres-qui-sattaquent-injustement-a-cheikh-mohamed-diakho-tandjigora/. On peut constater qu’ils lui reprochent ses positions intellectuelles ou plutôt ses facultés d’un certain niveau savant dans ses enseignements.
Ces milieux lettrés soninkés qui ne sont bons qu’à la répétition des textes ou autres idéologies sectaires et confuses, se donnent une étrange prétention d’être de dépositaires de la voi(e)x de la guidance valide.
Pour ceux qui suivent assidûment ou périodiquement les enseignements de cheikh Mohammed Diakho Tanjigora, il est aisé de savoir qu’il ne s’est jamais déclaré l’alpha et l’oméga de savoirs islamiques dispensés auprès de l’audience écosystèmique soninké. Il est d’un courage intellectuel respectable, déploie ses réflexions sur différentes thématiques et appelle souvent aux lettrés soninkés en particulier les jeunes à plus de recherches et d’approfondissement dans leur cheminement étudiant. Il n’hésite pas à revenir sur ses lectures concernant une donnée ou une position qu’il juge nécessaire après une mise à jour de compréhension dans ses recherches.
Certains répétiteurs stériles qui le tiennent dans leur orbite inquisitrice coincée avec un troublant acharnement, se comptent parmi les lettrés soninkés issus du clergé communautaire qui plaident la validité de l’esclavage coutumier intra-communautaire par leurs lectures apologistes du phénomène relevé comme un crime contre l’humanité aujourd’hui dans différents pays du monde. Également, d’autres lui reprochent tout simplement son intelligence et son érudition à travers ses audacieuses réflexions et d’autres thématiques qu’il aborde dans un esprit de débats ouverts sans dogmatisme. Il n’est pas dans la facilité par la diffusion des audios comme d’autres petits prêcheurs intellectuellement de très basse gamme et d’une arrogance éhontée. Il est connu auteur- écrivain qui réclame naturellement une capacité à produire des enseignements islamiquement solides comme d’autres savants le font dans les milieux arabo musulmans ou dans d’autres univers.
Certains de nos répétiteurs soninkés végètent dans une lourde confusion à mélanger l’arabisme ethnique à tendance sectaire avec la validité ou non d’une production savante d’un penseur. Pour eux, un négre africain qui ose penser et produire sans un patronage validé par un certain type de savant de l’environnement arabo-arabe, est forcément dans l’égarement. Ainsi dire, ils veulent la promotion d’un mimétisme sec et les voix réfléchies qui stimulent la sagesse contributive et l’élévation intellectuelle sont foncièrement gênantes pour eux. Et le cas de M. Tanjigora dans leurs visions étriquées est symptomatique de cette chapelle des répétiteurs coincés et limités intellectuellement.
Longue vie à ce monsieur et bonne continuation dans ses activités intellectuelles qui servent les sciences islamiques et même les sciences humaines.
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