Moi, intellectuel, je ne sais pas si je peux prétendre à ce titre, ô combien prestigieux et lourd à porter, surtout par les temps qui courent.
Tant, l’intellectuel est d’abord un rôle social, un engagement, une posture constante, une conviction, une sinécure qui l’amène à se placer du côté des victimes, des déshérités, des orphelins, des opprimés, des gueux etc. C’est quelque part un renoncement.
Un choix désintéressé, un engagement au service de la vérité, du bon sens et cela contre l’ordre établi : l’Autorité. Ce qui lui vaut répression, misère, harcèlement, menace, excommunication et bannissement.
Je ne le suis pas. Cependant, j’ose ouvrir le bec , prendre mon stylo, utiliser mon clavier pour défendre, ce que j’estime être la normalité, le bon sens, pour que notre société rame dans le sens de l’histoire. Pour lui éviter le piège de l’isolement, de l’autarcie et du narcissisme. Un cloisonnement qui relève d’une mégalomanie autodestructrice, d’une époque révolue qui nous conduit vers le déclin, le chaos .
En revanche, les apprentis sorciers s’essayant maladroitement et perfidement dans le domaine très réservé et distingué de Gustave Lanson, Roland Barthes, Gérard Genette… choisissant l’anonymat, le brouillage, le camouflage dans la presse, dans les réseaux sociaux pour exister par la calomnie par l’usage de la dissimulation que leur procure le clavier, un masque, un pseudo etc.
Ainsi, se croyant à l’abri des regards, ces mercenaires tirent à balle réelle sur les passants. Ce qui n’est pas sans rappeler, les terroristes, connus pour leur mode opératoire emprunt de déloyauté au mépris des codes conventionnels, de l’éthique et la morale.
Comme les terroristes, ces mercenaires agissent dans la clandestinité, dans le monde virtuel, dans le noir pour ne jamais laisser de trace, à travers une fausse identité.
Quelqu’ un qui critique avec un nom d’emprunt, peut-il donner des leçons de courage à celui qui signe, un article de son nom et sa photo ? Aux lecteurs d’ apprécier !
La critique est un art lorsqu’elle est conventionnelle, intellectuelle, objective, loyale et cherche à alimenter la réflexion pour améliorer un problème, une situation liée au vécu en vue de promouvoir un mieux être social, économique ou politique etc.
La clarté de mon verbe n’a jamais fait défaut. Mon style se nourrit de ma personnalité et s’adapte à des contingences tantôt structurelles tantôt pragmatiques. C’est un choix ! Comprendra qui voudra, et qui pourra. Mes thèmes de prédilection sont connus depuis que j’ai décidé de prendre ma plume.
Tous mes articles tentent de critiquer les mentalités rétrogrades, les pratiques sociales surannées ( féodalité, esclavage, mariage forcé…) qui minent la société Soninké. Et ces questions sont une constante, le leitmotiv et la toile de fond de chacun de mes écrits.
Vous prétendez, aimer la société Soninké mieux que nous autres, qui la critiquons pour qu’elle aille de l’avant . Faux !
Imaginez, le paysan, qui n’a d’héritage que son champ, cependant, il est contraint de le brûler à une certaine période de la saison pour le rendre plus productif.
Et pourtant, la terre est sacrée pour ce dernier, sa source nourricière, son identité, un trésor hérité ! Pourquoi, alors se permet-il d’y mettre le feu ?
À l’occasion de la grande fête olympique en cours en France, les couleurs africaines ne brillent pas peut-être dans différentes épreuves sportives mais elles sont bien présentes dans cette petite francilienne. L’île-saint-denis abrite la Station Afrique, un espace faisant office de QG géant du continent. Ainsi, ce jour 7 août 2024, nous y avons effectué un bref crochet. On y observe plusieurs stands aux couleurs de différents pays, par exemple ; Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire, la RDC (La République démocratique du Congo) et d’autres. À noter l’absence d’un stand pour la Mauritanie, à l’intérieur les visuels de l’emblématique média français RFI très suivie sur le continent, occupent une large signalétique. Nous avons assisté à une riche conférence axée sur les secteurs de l’immobilier, du tourisme et de la bancarisation digitale en République démocratique du Congo. Un show musical congolais et ivoirien rythme l’ambiance intérieure de cet arrière-espace autour de ces XXXIII ème jeux olympiques de l’ère moderne. Pour rappel, Paris fut la ville organisatrice des Jeux en 1924 avant de les accueillir cette année 2024…un siècle après.
Le Quotidien de Nouakchott – Ce mois de juillet 2024, les résultats du baccalauréat pour la session normale ont été publiés. Le nombre total de candidats admis au premier tour est de 10 422, avec un taux de réussite de 23,7%.
Malgré une légère amélioration, ce chiffre reste extrêmement bas comparé aux standards internationaux et régionaux, et met en lumière les failles profondes du système éducatif mauritanien.
En Mauritanie, comme dans ses pays voisins, les épreuves du baccalauréat se déroulent en juin. Cet examen est crucial car il représente souvent la seule porte de sortie vers une vie meilleure pour de nombreux jeunes Mauritaniens.
Près de 80% des candidats fréquentent l’enseignement public gratuit, soulignant ainsi le manque de moyens financiers des familles pour offrir une éducation de meilleure qualité à leurs enfants.
Pourtant, malgré l’importance de cet examen, les résultats sont désespérément bas, oscillant entre un maigre 8% en 2017 et un record de 44% en 2008.
Une succession de réformes incohérentes
L’histoire récente de l’éducation mauritanienne est marquée par une série de réformes successives et mal étudiées, conduisant à une incohérence totale du système. Les États généraux de l’éducation et le Haut Conseil n’ont apporté aucune solution tangible.
Au lieu de cela, nous avons assisté à des changements fréquents et désordonnés des politiques éducatives, souvent impulsés par des ministres successifs, chacun cherchant à imposer sa vision sans considération pour la continuité et la stabilité nécessaires à une véritable réforme.
Depuis les années 1980, de nombreux ministres ont défilé, chacun promettant des réformes et des améliorations qui n’ont jamais vu le jour. Parmi eux :
– Hasni Ould Didi et Louleid Ould Weddad dans les années 1980 à 2000.
– 2007-2009 : Nebghouha Mint Haba âge d’or du Ministère qui a connu une réorganisation de fond en comble de son fonctionnement.
– 2009-2009 : Ahmed Ould Bah, dont la gestion n’a laissé aucune trace marquante.
– 2009-2010 : Ahmedou Ould Eddi Ould Mohamed Radhi (Éducation de Base) et Ahmed Ould Bahiya (Éducation Secondaire et Supérieure), qui ont supervisé une période de stagnation.
– 2010-2013 : Ahmed Ould Bahiya, en tant que Ministre d’État de l’Éducation Nationale, sans réformes concrètes.
– 2011-2013 : Hamed Hamouni et Dia Mokhtar Malal, qui ont continué sur une voie de médiocrité.
-2013-2014 : Ba Ousmane, Omar Ould Ma’atalal, et Isselkou Ould Izidbih, qui n’ont pas réussi à améliorer significativement le système.
– 2014-2018 : Ba Ousmane et Sidi Ould Salem, qui ont présidé une période de régression.
– 2016-2018 : Iselkou Ould Sidi El Mokhtar, qui a prolongé l’inefficacité.
– 2018-2019 : Naha Mint Hamdi Ould Maknas, sans nouvel élan pour l’éducation.
– 2019-présent : Makfoubla Mint Berdid, Brahim Vall Ould Mohamed Lemine, Mohamed Melaïnine Ould Eyih (2020-2022), et Moctar Ould Dahi (2023-2024), tous incapables d’inverser la tendance.
Un avenir incertain
Le tableau est sombre : une succession de ministres inefficaces, un taux de réussite au baccalauréat désastreux, et une jeunesse désillusionnée.
La cohorte de jeunes laissés sur le bord de la route est une bombe à retardement pour la stabilité de notre nation. Il est impératif que des mesures urgentes et radicales soient prises pour restructurer et revitaliser notre système éducatif. L’avenir de notre pays en dépend.
Les ministres de l’éducation doivent être tenus responsables de cet échec. Il est temps pour eux de répondre de leurs actions. Nous ne pouvons plus accepter la médiocrité comme norme. L’éducation est la pierre angulaire du développement et de la stabilité de toute nation. En tant que tel, il est crucial de la traiter avec la gravité et le sérieux qu’elle mérite.
Une lueur d’espoir
Malgré les résultats déplorables, les candidats au baccalauréat continuent de se battre. Ils sont des milliers à passer des nuits blanches et à se lever à l’aube pour étudier, dans l’espoir de décrocher ce diplôme synonyme d’opportunités futures. Ce dévouement mérite un système éducatif à la hauteur de leurs efforts.
Pour que ces jeunes puissent réaliser leurs rêves, il est crucial de revoir les fondements mêmes de notre système éducatif, de mettre en place des réformes réfléchies et durables, et de garantir une éducation de qualité pour tous. Seul un engagement sincère et concerté pourra transformer le paysage éducatif de la Mauritanie et offrir un avenir meilleur à sa jeunesse.
Moctar Ould Ndiay, nommé premier ministre au sortir du scrutin du 29 juillet, à l’entame du second mandat de Ould Ghazouani. Ce choix est une contradiction avec le réquisitoire, du président Ould Ghazouani contre la corruption dans son discours d’investiture.
Le second mandat qui commence sera un remake du premier. Aucun changement n’est envisageable, si l’on continue de reconduire les mêmes personnes. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Ould Ndiay même blanchi faisait partie du banc des présumés accusés du dossier azizien de la décennie, dont le dénouement a surpris plus d’un observateur : une grosse tempête dans un verre d’eau.
On attend, sans suspens, la composition du nouveau gouvernement, les mêmes visages reviendront. Les mêmes quotas, les mêmes logiques et schémas détermineront les castings (arguments de recrutement) : tribalisme, communautarisme voire racisme, féodalisme, prééminence et maitrise de la langue Arabe.
Et enfin, la compétence sera le parent pauvre du mode de recrutement. Curieusement, dans quelques mois, quelques années, on se plaindra du manque de résultats …
• Ce que nous sommes, est plus fort que ce que nous voulons être
Si l’on a le loisir de choisir sa diplomatie, de s’afficher avec qui l’on veut, de créer une filiation génétique taillée sur mesure voire factice, on finit toujours par être rattrapé par une réalité plus que têtue, son voisinage. Les États subissent « la loi de la proximité », la géopolitique imposée par leurs frontières.
Quand on regarde le profil des invités venus honorer, la Mauritanie à l’occasion de l’investiture du président Ould Ghazouani pour un second mandat, on peut y entrevoir sans être brillant analyste politique, le substrat (l’ADN) de notre identité en tant que nation, imposée par notre environnement naturel, identité à laquelle est venue se greffer une autre. Cette dernière ne gêne personne, elle est au contraire source d’enrichissement, tant qu’elle n’entre pas en conflit contre la première pour la liquider.
Cette alchimie dosage, de cette double attraction identitaire, exercice auquel tous les pouvoirs ont échoué faute de volonté réelle est la cause première de l’échec jour après jour du projet Etat-nation souhaité par les participants du Congrès d’Aleg (mai1958).
Finalement, notre environnement naturel que nous valorisons peu s’est imposé. Au moins les quatre (4) chefs d’Etats du continent ont répondu à l’invitation de la Mauritanie : le président de Guinée-Bissau, le président sénégalais, les présidents de la Gambie et du Tchad. Les autres, pour certains juste à nos frontières se sont contentés de nous envoyer des personnages secondaires, une manière de nous exprimer, le degré de considération qu’ils nourrissent pour nous. Ce que nous valons pour eux. Le message a le mérite d’être clair mais comme toujours, on ne veut rien entendre.
• La promesse réitérée de Ould Ghazouani, renouvelée à la jeunesse
» Oui, ce sera un mandat de la jeunesse, parce que la jeunesse est l’espoir de notre nation, sa force, son présent et son avenir, et il n’y a pas d’espoir pour une nation qui ignore sa jeunesse, laissant ses énergies hors des voies de l’éducation, de la formation, de l’intégration et de la participation ». Trop de slogans sans effets.
La jeunesse a perdu tout espoir à cause de la corruption, du népotisme, du clientélisme et la persistance des pratiques néfastes héritées, qui créent deux jeunesses aux destins séparées. Une première, minoritaire bien née et qui a tous les arguments pour assurer la relève, alors que la seconde est déshéritée, désavantagée et végète pour lutter, échapper à un ordre implacable imposé par une accumulation d’injustices et de discriminations. Or, dans le cadre des politiques visant à promouvoir la jeunesse, c’est encore la jeunesse choyée et sortie de la cuisse de la bourgeoisie qui en profite au détriment de critères objectifs et transparents.
• L’émoi d’un « peuple » contre l’assassinat d’Ismael Haniyeh
L’assassinat du leader du Hamas a montré jusqu’où la Mauritanie est un pays traversé par des antagonismes hardis qui ont eu raison de son éclosion en tant qu’Etat-nation.
En effet, contrairement aux autres pays, en Mauritanie, on a l’impression de voir deux peuples sur un même territoire, unis par l’islam (Sunnite Malekite) mais s’appuyant sur des références différentes. Deux peuples qui ont des logiques, des logiciels, des héros, des martyrs antagonistes.
Alors que l’autre peuple rend hommage de manière ostentatoire au chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, tué à Téhéran, mercredi, 31 juillet 2024, l’autre peuple rend hommage aux victimes de Kaédi à la suite de contestation post-électorale, consécutive à la proclamation des résultats du scrutin présidentiel du 29 juin dernier. Celles-là, n’ont bénéficié d’aucune commisération de l’Etat et de son peuple. Un peuple qui ne célèbre pas les mêmes héros, les mêmes victoires, et qui ne pleure pas les mêmes échecs.
In fine, deux peuples aux grilles de lecture diamétralement opposées, partagent le même espace sans projet de développement commun et viable pour tous. Si bien que le martyr de l’un est un imposteur, un lâche, un bourreau, un criminel, un minable pour l’autre. Les référentiels sont dans une logique qui rappelle celles des droites parallèles distinctes.
Quelle complexité inventée, entretenue et nourrie durant des années par tous les régimes qui se sont succédé au pouvoir depuis l’indépendance. Ils sont tous complice et coupable. Chacun a contribué d’une manière ou d’une autre à diviser, à séparer en créant la haine et la zizanie entre les mauritaniens sur la base de la langue, la tribu et la race etc.
La Mauritanie est donc malade dans sa chair, dans son être. Un malaise provoqué par ses dirigeants au lendemain de l’indépendance, en optant pour des choix politiques divisionnistes et hégémoniques, visant à tuer, effacer une partie de la double identité du pays au profit de celle qui plait à l’élite dirigeante dans son projet assimilationniste voire colonisateur.
Malheur à ceux qui ont initié ce projet néfaste qui a fini par compromettre l’unité nationale et le vivre- ensemble en Mauritanie.
Rien n’est immuable. Tout est écoulement, tout change . Le plus puissant ne peut rester indéfiniment sur son petit nuage, regardant sans état d’âme, souvent les autres avec dédain et condescendance.
Le plus puissant peut du jour au lendemain tomber « en disgrâce », cherchant protection et défense .Telle est la condition humaine. Cette dynamique dont les manettes et l’horloge sont la propriété d’un être supérieur ( juste et parfait) rappelle à chacun et aux plus consciencieux que la vie des hommes et de nos sociétés est précaire. Rien n’est éternel. Tout est finitude. Tout est périssable au point que le philosophe s’est interrogé avec pertinence si vraiment, cette vie vaut la peine d’être vécue ?
Nous sommes tous faibles
A quelques heures de l’investiture du président Ould Ghazouani pour un second mandat, à l’issue de la présidentielle du 29 juin 2024, marquée par une crise post-électorale, tuée dans l’oeuf, emportant la vie d’au moins cinq jeunes à Kaedi, chacun mesure la force du pouvoir et sa capacité à faire accepter ou même imposer sa volonté.
Le président Ould Ghazouani est réélu, les morts sont morts pour rien. Il n’ y aura ni enquêtes ni coupables et encore moins un procès. On ne saura pas tout sur ces assassinats qui en rappellent d’autres.
La légitimité et la légalité, celui qui est porté au pouvoir dans nos États, peut s’en procurer à tout bout de champ, en actionnant plus d’un levier à sa disposition. La seule vérité qui vaille est celle du pouvoir, de celui qui est au pouvoir. Il devient l’incarnation de la loi et même l’esprit de la loi, la référence pour interpréter chaque mot, chaque paragraphe de la loi. Ce tableau quelque peu caricatural montre à merveille le malaise de notre système judiciaire.
Ould Abdel Aziz : rattrapé par sa propre justice
Sans vouloir, innocenter l’ancien président, Ould Abdel Aziz ou refaire son procès, qui n’a pas été choqué par la descendante aux enfers de l’homme ?
Un tout-puissant que même les mouches craignaient, réduit » à quémander » un extrait d’acte de naissance, pendant deux semaines dans son projet ubuesque de candidature à la présidentielle, se plaignant ou pleurnichant auprès du président du Conseil Constitutionnel.
Cette image était bouleversante. Peu importe comment, il est arrivé au pouvoir, Mohamed Ould Abdel Aziz a eu l’opportunité de réformer, formater voire réinventer notre système judiciaire. Il n’ y a jamais pensé parce qu’il était « du bon côté », le côté des puissants et de l’impunité. Or, cette justice à deux grandes vitesse ne protège pas pour longtemps. L’ancien président s’en était servi pour éliminer, écraser, envoyer en prison ou sur le chemin de l’exil certains opposants ou contradicteurs.
Le président Ould Ghazouani va-t-il oser libérer la justice du joug de l’exécutif ?
Le président Ould Ghazouani va être installé, ce 02 août 2024, pour un second mandat. Il est interpellé pour faire de la justice, le premier chantier de son dernier quinquennat. Cela commence par la promotion de l’excellence, de l’éthique, de la vertu; en mettant courageusement fin aux nominations politiques, jusqu’ ici, seul critère pour accéder à de nombreux postes clés de la haute administration. Les nominations à coloration purement politique ( par recommandation) créent un sentiment de redevabilité et d’allégeance vis-à-vis d’un vassal politique, qui tire toujours les ficelles.
Voilà le mécanisme par lequel se nourrissent jusqu’à satiété : clientélisme, népotisme, corruption etc. La politique ne doit pas se mêler de tout, et tout n’est pas politique dans une république. En effet, le politique et le technocrate n’ont pas les mêmes grilles de lecture. Si le premier ne peut se laver de tout opportunisme, de la démagogie, de la séduction sur fond de flagornerie, le second est intègre, une qualité que lui impose la science qui se veut universelle et tient un discours intelligible. La politisation tous azimuts de nos institutions publiques est source de léthargie, de déroute et de faillite: la compétence est sacrifiée sur l’autel de la complaisance et de toutes sortes de logiques qui ne servent pas le mérite et la compétence.
S’il vous plait, épargnez , la haute administration, et tout ce qui a trait à la recherche scientifique, au monde universitaire, à l’expertise, à la justice, à la santé … de la politique politicienne.
Entourez-vous de politiques pour diriger mais pour gouverner, il faut donner plus de place aux technocrates et experts. Ceux-là vous diront que l’eau boue à cent degrés, que le prophète Mahomet PSL est musulman, que le fer est un métal …
Les hommes politiques, chez nous excellent dans le mensonge, la manipulation et la compromission.
La justice est l’alpha et l’oméga
Tous les maux de notre société se résument en une expression : le manque de justice. Le racisme, l’esclavage, la féodalité, le tribalisme les discriminations de tous ordres, le népotisme, le clientélisme, la corruption, l’impunité, l’extrémisme, la haine et le même la violence dans une certaine mesure, la médiocrité, le manque de patriotisme, l’incivisme, les coups d’État militaire, constitutionnels, tous ces péchés sont la manifestation de l’absence de justice. Cette crise de la justice, de notre justice commence par l’irrespect de nos propres lois par les autorités, comme elles étaient votées pour être appliquées exclusivement aux plus fragiles ou à certaines personnes.
La jungle est encore préférable à une société humaine où l’injustice règne en maître . En effet, les animaux s’affrontent de manière sauvage et grégaire, et cela loin de tout projet génocidaire et de stigmatisation. La force, comme loi est toujours valable et en toute circonstance au royaume des bêtes où il n’ y a ni médisance, ni manipulation, ni hypocrisie…
Chez les hommes, et particulièrement en Mauritanie, c’est notre hypocrisie qui a atteint des proportions inquiétantes. On vote des lois qu’ on applique jamais. On criminalise des pratiques qu’on soutient en silence. On essaie même de justifier l’impie par la religion pour plaire au chef, par une interprétation tendancieuse du texte etc.
Ces écarts à la morale sociale et religieuse, aux lois de la république n’ont été possible qu’ en l’absence de justice . La justice doit être la boussole, et seulement la crainte de la justice qui peut canaliser notre façon de vivre, de parler et même notre rapport avec les autres, et même la chose publique.
La justice aurait permis d’assainir notre société, donner à chacun et à tous l’opportunité de se réaliser dans le respect de l’intérêt général. Même notre foi, notre pratique religieuse aurait beaucoup gagné si véritablement, la justice était une préoccupation de nos gouvernants.
Le président Ould Ghazouani a tout intérêt à ce que la justice soit indépendante. En effet, une justice politisée est comme un monstre qu’ on a nourri, élevé sachant qu’ il finira toujours par dévorer son maître.
AMI – Des membres du gouvernement ont commenté, mardi, les résultats du conseil des ministres, qui s’est déroulé plus tôt dans la matinée.
Il s’agit du ministre du Pétrole, de l’Énergie et des Mines, porte-parole du gouvernement M. Nani Ould Chrougha, des Finances, M. Isselmou Ould Mohamed M’Bady, de l’Éducation nationale et de la Réforme du Système éducatif, M. Moctar Ould Dahi, de l’Environnement, Mme Lalya Aly Kamara.
Dans son mot introductif, le porte-parole du gouvernement a indiqué que le conseil a examiné et adopté plusieurs projets, dont ceux relatifs à la simplification du système de rémunération des agents contractuels de l’État, l’introduction de l’enseignement en langues nationales à partir de l’année scolaire 2024 ou encore la protection de la réserve naturelle de la baie de l’étoile.
Il a ensuite invité les différents ministres à apporter davantage de précisions.
A sa suite, le ministre des Finances a présenté les points saillants du projet de décret modifiant certaines dispositions du décret n°2023-057 du 15 mars 2023, relatif à la modification de certaines dispositions du décret n° 2016-082, portant sur l’harmonisation et la simplification du système de rémunération des fonctionnaires et agents contractuels de l’État, ainsi que ses établissements publics à caractère administratif.
Concrètement, le texte vise à mettre en œuvre la dernière tranche de l’augmentation des salaires au profit des professeurs des universités, des directeurs de recherche et des professeurs hospitalo-universitaires, a déclaré le ministre, soulignant que la première tranche date de 2022 et la troisième de l’année dernière.
Pour lui, ceci s’inscrit dans le cadre des réalisations du programme Taahoudaty du Président de la République. Le ministre a rappelé que ce dernier œuvre pour le développement du capital humain, d’où l’amélioration des conditions de travail des employés des secteurs de l’éducation nationale, de la santé, des affaires sociales et enfin de l’enseignement supérieur.
En réponse à une question, le ministre a déclaré que son département n’intervient pas dans la gestion des budgets des autres ministères. Ceux-ci sont autonomes à partir du moment où le budget qui leur est alloué couvre les dépenses prévues. Ensuite, il a noté que dans chaque département, des organes de surveillance existent et font leur travail.
De son côté, le ministre de l’Éducation nationale a exposé les grandes lignes du projet de décret modifiant certaines dispositions du décret n°2023-058 du 20 mars 2023, instituant une Journée Nationale de l’École Républicaine. Ce lifting, a souligné le ministre, introduit le changement de la date de célébration de la Journée nationale de l’École républicaine. Initialement fixée au 30 octobre de chaque année, elle va désormais avoir lieu tous les 05 décembre.
D’après le ministre, cette modification va permettre aux équipes du ministère de bien préparer et mettre en œuvre la rentrée scolaire et célébrer, juste avant les premières vacances scolaire, ladite journée nationale. Il a aussi signalé que ce travail a été fait en concertation avec le bureau de l’union nationale des parents d’élèves, qui est à l’initiative de l’institution de la Journée nationale de l’École républicaine.
Par ailleurs, le ministre a annoncé que les préparatifs vont bon train pour l’introduction des langues nationales dans le système éducatif, à titre expérimental, à partir de la prochaine rentrée scolaire. Il a déclaré qu’il s’agit d’une exigence de la loi d’orientation du système éducatif national. Selon lui, toutes les dispositions ont été prises, pour que cela se déroule comme souhaité.
Ainsi, il a indiqué que 25 sites ont été identifiés pour l’expérimentation, dont 18 sont réservés aux locuteurs des langues nationales. De plus, des formateurs au niveau du centre en charge des langues nationales, a ajouté le ministre, relevant que dans les écoles normales d’instituteurs, des enseignants ont été préparés à cet effet.
En outre, le ministre a abordé la question de l’uniforme scolaire, qui sera obligatoire pour les 700 à 800 mille élèves qui s’inscriront au fondamental. D’après lui, les écoles publiques, privées, notamment celles qui enseignent un programme étranger sont concernées.
Afin de faciliter la mise en œuvre de cette mesure, le ministre a annoncé que les élèves dont les parents sont inscrits au registre social seront dotés gratuitement d’uniformes scolaires. Pour les autres, le marché sera approvisionné en quantité suffisante, par 4 entreprises ayant l’accord du ministère.
Enfin, il a invité les partenaires techniques et financiers, ainsi que les bonnes volontés, à accompagner cette dynamique afin que chaque enfant aille à l’école avec son uniforme. C’est, selon le ministre, une des valeurs de l’école républicaine et un gage de la cohésion sociale.
S’agissant des résultats des examens nationaux, le ministre a salué une hausse notable, surtout pour le baccalauréat. Il a déclaré que le taux de réussite en session normale 2024 est de 23% contre 15% en 2023. A cela s’ajoute les 16% admis en session complémentaire contre 12% en 2023. Il est attendu qu’au terme de la session complémentaire, que ce taux passe à 37%, a estimé le ministre citant des prévisions. Les résultats sont pour lui, le fruit des efforts fournis par les acteurs de l’éducation nationale avec les professeurs en première ligne.
Pour sa part, la ministre de l’Environnement a exprimé sa satisfaction de voir le projet de décret portant protection de la Baie de l’Étoile être adopté. Il s’agit selon elle, de l’aboutissement d’un processus entamé dans les années 90, pour protéger la réserve naturelle de la Baie de l’Étoile et de sa biodiversité exceptionnelle.
D’après la ministre, la mise en place d’un régime de protection adéquat va avoir une incidence aussi bien écologique qu’économique. Elle a souligné que ceci n’est pas un frein à l’activité, au contraire. La préservation de la Baie, nid naturel de plusieurs espèces, engendrera une bonne reproduction et par conséquent de bonnes captures, mais de façon organisée.
Pour que le texte puisse être correctement mis en œuvre, il est nécessaire que le plan d’aménagement soit réaliste, a indiqué la ministre. Ainsi, elle a rappelé que la Baie est victime des eaux usées et que les nouvelles mesures permettront de traiter ces eaux dans des stations d’épuration.
De son côté, le porte-parole du gouvernement, interpellé sur la situation au Mali, a déclaré qu’elle est suivie de près. Quoique inquiétante, il a souhaité au pays voisin et frère de retrouver la paix et la sérénité.
S’agissant du prix du ciment, il a rappelé que ce produit a été ajouté à la liste des denrées dont les prix sont administrés. Depuis lors, une commission travaille pour mettre en place les mécanismes d’application effective et de suivi de la mesure.
En ce qui concerne l’investiture du Président élu, le porte-parole du gouvernement a affirmé que tous les pays voisins, ainsi que plusieurs autres seront représentés à Nouakchott. C’est pour lui, une illustration du leadership assumé du Président de la République et du crédit que lui accorde ses pairs à travers le monde.
Le Grand Entretien du BLOG vous revient avec une invitée d’une prodigieuse vitalité intellectuelle, en la personne de Madame Amina Habib. Une compatriote mauritanienne, entrepreneure, écrivaine et conseillère socio-économique (pas seulement) qui a accepté gentiment la sollicitation pour cette rubrique du Blog à l’heure estivale. Nos vifs remerciements à elle et lui souhaitons plein succès dans ses différentes activités.
Amina Habib : Je suis Amina Habib, entrepreneure, présidente d’une ONG dédiée à l’autonomisation et au leadership féminin, auteure et conférencière. Depuis plusieurs années en parallèle de mes activités professionnelles, je me consacre à promouvoir le leadership féminin et à soutenir les femmes dans leur parcours vers l’indépendance économique et personnelle.
2 – Active dans l’entrepreneuriat, pouvez-vous nous présenter votre champ (vos champs) d’investissement ? Et également une présentation de vos livres…
AH : Mon champ d’investissement se concentre principalement sur l’éducation, la formation professionnelle, le business conseil et l’accompagnement des chefs d’entreprises dans la structuration de leurs business. En tant qu’auteure, j’ai publié 2 livres, le premier relatait mon parcours personnel et le second sur l’entrepreneuriat, je partage des conseils pratiques pour surmonter les échecs et réussir sur ses projets personnels.
3 – Ainsi, dans ce cadre, si on ose aborder le prisme du genre, quels écueils avez-vous eus à faire face comme entrepreneuse dans le milieu ?
AH : En tant qu’entrepreneuse, j’ai souvent dû faire face à des préjugés de genre et à des scepticismes concernant mes capacités. Il a parfois été difficile de trouver des investisseurs et des partenaires qui prennent au sérieux les projets menés par des femmes. Cependant, ces défis m’ont également motivée à travailler plus dur et à prouver que les femmes peuvent réussir dans des domaines traditionnellement dominés par les hommes.
4 – Concernant l’environnement de l’influence par les canaux réseaux sociaux, quelles analyses faites-vous du phénomène dans notre pays ? conseils ou mises en garde éventuellement pour le public…
AH : Les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans la diffusion de l’information et l’influence des opinions. En Mauritanie, ils offrent une plateforme pour que les voix marginalisées puissent être entendues. Cependant, il est important de consommer l’information de manière critique et de vérifier les sources pour éviter la désinformation. Je conseille également aux utilisateurs de réseaux sociaux de maintenir un équilibre entre leur vie en ligne et hors ligne pour préserver leur santé mentale.
5 – Les espaces réseaux sociaux via différents supports semblent évoluer séparément entre arabophones et francophones en Mauritanie, selon vous que faut-il faire pour tempérer voire éliminer cette frontière invisible ?
AH : Pour réduire cette frontière, il serait bénéfique de promouvoir des initiatives bilingues qui encouragent l’inclusion et la compréhension entre les communautés arabophones et francophones. Organiser des événements en ligne et hors ligne où les deux groupes peuvent interagir et collaborer peut également aider à créer des ponts et à favoriser un dialogue plus inclusif. C’est quelque chose qui peut se faire, il faudra juste de la volonté de part et d’autre.
6 – Notre pays sort d’une élection présidentielle (29 juin 2024), avez-vous quelques observations sur son déroulé et sur les événements post-électoraux ?
AH : En tant que citoyenne engagée, j’ai suivi de près le déroulement des élections. Toutefois, il est crucial de continuer à observer attentivement les développements post-électoraux afin de s’assurer que l’intérêt de l’ensemble des citoyens sera bien pris en compte et que les promesses électorales seront aussi respectées.
Suite aux résultats de la présidentielle, Kaédi a été endeuillé, sévèrement frappé par les foudres de la répression policière. Je renouvelle mes condoléances aux proches des victimes et au peuple mauritanien qui essuie une fois de plus les violences du système odieux qui le gouverne.
Compte tenu de la fréquence de tels crimes, des meurtres récents de 2023 dans un contexte bien différent de celui d’une élection, il est raisonnable d’imputer la responsabilité de ces pertes à un système dans lequel sévit l’impunité qui, d’une certaine façon, sonne comme un mot d’ordre. Il n’y a pas encore eu, à ma connaissance, de mesures sérieuses prises à la suite de Lamine Mangane, ou d’Abass Diallo, ou de Souvi, de Oumar Diop, de Ould Samba, etc. Nous avons été à chaque fois confrontés à des justifications les plus ahurissantes: tir de semonce, conditions respiratoires défaillantes, etc. Il y a lieu ici d’exprimer aussi fortement et résolument que possible notre dénonciation de tous ces actes barbares et d’appeler à la justice.
En deuxième lieu, il convient, si nous voulons être justes, d’aller au-delà du système décrit qui de toute évidence est coupable. Nous devons également situer les circonstances spécifiques.
Il y a quelque chose d’extrêmement contestable qui s’est passé dans le camp de l’opposition, le cercle de la coalition Biram pour nommer directement les choses, tout au long du dépouillement. Mesurant le danger que cela représentait, nous avons eu à appeler à la rigueur dans une « note méthodologique » parce que, précisément, nous craignions que cette dynamique n’aboutisse à une tragédie qui pouvait être évitable.
Dès le soir du 29 juin, des résultats partiels, purement sélectifs, ont commencé à submerger les réseaux sociaux montrant des écarts importants favorables au candidat Biram Dah Abeid. Ce qui a induit chez beaucoup une confiance et un espoir, voire une euphorie, quant à une victoire incontestable. Seulement le biais ici est flagrant, car au même moment d’autres circonscriptions affichaient également, peut-être à l’insu de la bulle pro-biramienne, des écarts tout aussi notables, si ce n’est largement plus, en sa défaveur. Un discours de contestation extrêmement peu documenté, comme si cela était voulu ainsi, commença à s’installer, réconfortant les espoirs des uns, transformant l’euphorie des autres en une conviction quant à un vol caractérisé. Tout cela sans un sérieux travail de documentation et de confrontation des données. Bref, le moins que l’on puisse dire est que la coalition Biram, principale contestataire, n’a pas basé ses revendications sur des données palpables, là où la CENI offrait une possibilité d’être contredite en affichant tous les détails et supports de ses chiffres en accès libre. Quelques PVs semblant entrer en contradiction avec les données de la CENI ont circulé, mais rien de tel à changer significativement les résultats. Au contraire, on retrouve bel et bien sur le site, telles quelles, les quelques données favorables à la coalition Biram qui avaient circulé la veille.
Dans ces conditions, comment peut-on prétendre à une victoire? Comment peut-on appeler à manifester – ou tout au moins y préparer – sachant les risques réels encourus? Soyons clairs: loin de moi l’idée d’accepter que l’on puisse arrêter, torturer et assassiner un manifestant. Cet état des choses est plus que révoltant. Mais, il s’agit d’un fait constaté en Mauritanie, et on doit le prendre en compte pour toute raison pratique. Je ne dis pas non plus qu’il faille être apeuré à tel point que l’on renonce au droit de manifester. Je dis cependant, sachant tout l’historique de la répression, qu’il est irresponsable de mettre des jeunes dans une telle situation sans aucune raison concrète derrière.
La vérité est qu’autant il nous a été difficile de prouver notre victoire, autant il est facile d’expliquer notre défaite.
Pouvons-nous contester par exemple les résultats de Bababé? Pouvons-nous comprendre quelles en sont les raisons? Ne connaissons-nous pas de véritables piliers du pouvoir, bien implantés ici et là, qui, à l’aide d’un clientélisme, raflent la grande part de la population votante? Et nous parlons de lieux qui étaient censés nous être favorables ! Mais, hélas on y perd assez largement. Et dans les quelques lieux où on l’emporte, on le fait avec des écarts facilement remontables. Les mécanismes de notre défaite sont, je le regrette, bien compris. Elle était prédictible et a bien été prédite.
Je pense que la conduite responsable ne consistait pas à crier au vol avec la manière que l’on connaît, qui a participé à disposer certains jeunes, de bonne foi, à s’engager dans la rue pour défendre une prétendue victoire au contact de la violence policière. Alors que l’on n’est même pas prêt à faire la démarche administrative consistant à un simple dépôt d’un recours auprès de l’autorité compétente. Cela relève d’une totale irresponsabilité a priori; et d’une indignité manifeste a posteriori.
Pour les besoins politiques de mobilisation bien compréhensibles, ce camp de l’opposition pouvait bien opter pour la critique des règles du jeu électoral bien critiquables, s’y confiner à défaut de pouvoir démanteler les données de la CENI. Ce sujet serait moins sensible, peu enclin à exposer la population, et serait plus conforme à la réalité.
En conclusion, nous devons dénoncer de toutes nos forces la violence et l’impunité qui régissent ce système. Nous devons aussi appeler les leaders à la responsabilité; à mesurer la portée de leurs postures et discours. Les risques étant si grands, il est nécessaire de s’assurer du bien fondé de la revendication avant de décréter des positions aussi incitatives.
Pas grand-chose pour nous autres, parce que nous sommes, ce que nous sommes. Les élections présidentielles en Mauritanie se suivent et se ressemblent. Cette fois-ci encore le peuple, la majorité, celle qui aspire ardemment au changement a rêvé jusqu’ au soir du 29 juin. Au final, c’est un énième désenchantement !
La campagne aura été, comme à l’accoutumée un déversoir, un moment pour les éternels opprimés de se lâcher sans tabou.
La pilule est certes dure à avaler pour le pouvoir, mais il l’a ingurgitée quand-même, non sans difficulté et sans grimace, pour se prêter au jeu démocratique. Le temps d’une campagne est compté, assez court. Le pouvoir constitué, entre autres, d’une oligarchie militaro-esclavagiste- feodalo- affairiste a dû serrer les dents, en fermant les yeux sur ce qu’il considère, en d’autres circonstances comme des écarts de langage, – pratiques courantes-, pour enfreindre à la liberté d’expression.
Ainsi, le pouvoir a laissé faire non pas par principe, mais tout simplement, parce qu’il a peur du jugement de l’extérieur (l’opinion internationale). Le jugement de l’autre le préoccupe tant, au point qu’il oublie celui de (l’intérieur) le peuple souverain.
D’ordinaire, répressif et autoritaire, le pouvoir a fermé les yeux sans vraiment les fermer véritablement pendant la campagne électorale.
En effet, les services des renseignements travaillent à plein régime, sortent leur calepin et notent tout.
Et les premières mesures qui seront prises au lendemain de la réélection d’ Ould Ghazouani prendront en considération grandement, le travail abattu par les services de renseignements.
Pour ce faire, les nominations, les limogeages, l’orientation des projets dans les différentes régions du pays, le nombre de ministres par tribu, par communauté, par ethnie ainsi que leur origine sociale et même familiale etc. seront faits sur la base de ces éléments (fiches de renseignements).
D’un côté, il y a ceux qu’il faut abattre parce qu’ils ont osé dénoncer, s’allier avec l’adversaire politique du pouvoir. Ceux-là seront des victimes, même leurs proches ne seront pas épargnés.
Une espèce de règlement de comptes s’installe, à moins de se dédire, se racheter, faire son mea culpa, renoncer à ses convictions politiques, trahir tout simplement, pour acheter la paix et celle des siens.
L’après présidentiel, c’est également un moment de délation, au sein du cercle du pouvoir. Certains sont reclassés, d’autres déclassés, et tombent en disgrâce.
Et bien évidemment, il y a ceux qui seront récompensés, et qui gagneront la confiance du raïs pour s’être investis, souvent avec zèle pour ces derniers, c’est une nouvelle vie qui commence.
Il ne faut pas s’attendre à de grands changements. On reprendra ad vitam aeternam les mêmes. C’est l’éternel recommencement : les mêmes noms de familles vont revenir. Leur père, cousin, oncle ont occupé des postes de responsabilité, eux aussi sont prédestinés à la haute sphère de l’Etat.
Cette « reproduction en fac-similé », des élites issues des mêmes familles, mêmes fratries et tribus de générations en génération, depuis l’indépendance dans la gestion de l’Etat est une triste réalité partagée, – les postes de responsabilité au sein de l’Etat sont devenus, la chasse gardée pour certains- qu’on peut observer dans toutes les composantes sociologiques du pays.
Bien évidemment, chez les Beydane, la réalité est moins visible, du fait qu’ils détiennent la part du lion dans les nominations, alors que chez les autres, il y a en général deux à trois postes prévus. Ce qui fait qu’il est plus facile de remarquer la régularité des mêmes visages, des mêmes noms, des mêmes familles qui sont régulièrement promus. C’est la démocratie par les quotas.
Le Guidimakha ne fera pas exception à cette tradition, plus forte que les lois et même la Constitution. Les nominations se suivent et se ressemblent, au profit des lignées pour asseoir leur domination et leur hégémonie sur les autres.
Et dans les discours officiels on continuera à mentir, à proclamer » l’égalité des chances, et même l’équité.
Notre démocratie est grabataire, elle est en fin de vie. Faut-il l’euthanasier ? A-t-elle encore une chance d’être sauvée ? Le pessimisme est de mise et semble l’emporter. Les signes sont loin d’être rassurants. Et c’est parti encore pour cinq années d’aventure ou dit moins de mésaventure démocratique. Les mêmes intérêts seront préservés, les mêmes clans et les mêmes seront promus. Et après eux, ce sera le tour de leurs progénitures.
Née dans un village du sud de la Mauritanie sans électricité, Kadio Niang incarne la réussite, la détermination et l’innovation. Aujourd’hui, elle est à la tête de Solar-Ecobat, une start-up pionnière dans la fabrication de lampes solaires, apportant lumière et espoir aux régions les plus reculées du Sahel.
Un Parcours Inspirant
Kadio a passé son enfance et son adolescence à étudier à la bougie ou à la lampe à pétrole. Très tôt, elle a compris l’importance de l’électricité pour le développement. Devenir ingénieure est alors devenu une évidence. Face à un taux d’accès à l’électricité de seulement 10% en zone rurale contre 72% dans les villes, Kadio est convaincue que l’avenir de l’électrification au Sahel passe par l’énergie solaire.
Une Femme d’Action dans un Monde d’Hommes
Rares sont les femmes dans le secteur de l’énergie solaire, et Kadio Niang se distingue non seulement par son expertise mais aussi par sa volonté de favoriser l’emploi des femmes dans ce domaine. Son engagement va au-delà de la simple fourniture d’électricité; elle cherche à transformer la société en créant des opportunités pour les femmes dans les énergies renouvelables.
Reconnaissance Internationale
Le 21 novembre 2019, Kadio était parmi les dix finalistes à la cérémonie EDF Pulse Africa à Paris, un événement qui récompense les projets les plus novateurs dans le domaine énergétique en Afrique. Sa participation a mis en lumière son travail exceptionnel et son potentiel à changer la donne en matière d’énergie durable.
Votre Soutien Est Crucial
En 2024, Kadio Niang, CEO de Solar-Ecobat, a été sélectionnée comme finaliste régionale aux Global Startup Awards Africa. C’est une reconnaissance de son travail acharné et de son impact significatif sur l’électrification durable en Mauritanie et au-delà.
Kadio Niang est une source d’inspiration pour tous. En votant pour elle, vous soutenez non seulement une innovatrice exceptionnelle, mais aussi une visionnaire qui œuvre pour un avenir durable et inclusif. Ensemble, faisons briller la Mauritanie et tout le Sahel grâce à l’énergie solaire.
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