« Il est temps que les haalpoularyens fassent leur révolution sociale. » Par Mr Souleymane Kidé

Il est temps que les haalpoularyens fassent leur révolution sociale. Ces dernières décennies, les maures blancs et les soninkés ont accepté avec beaucoup de philosophie que leurs organisations sociales soient secouées malgré quelques résistances, qui se produiraient devant toute tentative de remettre en cause l’ordre établi.
Tout bouge autour de nous sauf la société haalpoularyenne dont les grands militants progressistes des droits de l’homme sont allergiques aux velléités de transformation sociale.
Il est concertant de constater que les intellectuels haalpoularyens, qui passent leur temps à dépecer le corps de l’État mauritanien dont ils ont mal à dissocier de la société maure, se murent dans un silence assourdissant lorsque la question de la féodalité est abordée.
La charité bien ordonnée commence par soi-même. Je dis à ces pseudo-militants, qui pressent leurs cerveaux dans un jeu ignoble de masturbation intellectuelle, qu’il est temps de revoir leur discours politique en le claquant aux dynamismes de contestation qui continuent à secouer la société maure aussi bien que la société soninke.
Beaucoup de personnes se demandent ce qui explique l’exclusion des haalpoularyen en Mauritanie alors qu’ils ont des têtes pensantes partout dans le monde. La réponse est très simple, parce que les têtes et les grandes gueules qui ont fait de la lutte contre le racisme d’État leur jeu favori sont le vrai problème dont il faut se débarrasser si nous voulons poser les bases d’une société fondée sur l’égalité devant la loi.
Ces grandes gueules qui ne ratent aucune occasion pour insulter l’État mauritanien à travers des vidéos lives enregistrées à partir de l’étranger, ces grandes gueules qui appellent à la mobilisation populaire en vue d’organiser une marche contre le racisme, l’exclusion et les multiples formes de discriminations auxquels les noirs mauritaniens sont exposés, ceux-là sont le vrai frein du développement, notamment de l’épanouissement de notre société.
Avec l’histoire de la chapelle de Mpali Kaba à Kaédi, beaucoup de militants progressistes que l’on voyaient en boubou bien amidonné sont aujourd’hui devenus, vu leur silence hypocrites, tout nus, à poils, totalement dévêtus… Parce que ces faux militants croyaient qu’aucune tempête ne viendrait un jour soulever les masques qui cachaient ces visages hideux des féodaux, qui s’amusent à dispenser des cours sur la façon dont ce qu’ils appellent le système éthno-génocidaire devrait traiter les citoyens du pays.
Si ces faux militants souhaitent s’attaquer au racisme d’État en l’extirpant à partir de ses racines, ils doivent d’abord commencer par évacuer la féodalité qui pue autour d’eux de part leur silence face à l’organisation figée, ossifiée de leur société.

Souleymane Kidé

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« Notre malhonnêteté n’a d’égal que notre égoïsme… » | Par Pr Mahamadou Sy



Nous sommes quand même une société des plus illogiques et inconséquentes. Nous adorons manifester notre colère quand nous recevons de l’extérieur des attaques discriminatoires ou basées sur un type de racisme ou un autre; ce qui est assez compréhensible. Nous célébrons des éléments extérieurs quand ils défendent notre dignité; nous aimons citer des gens comme Abraham Lincoln et autres personnes qui ont bravé les diktats racistes et discriminatoires imposés par leur propre milieu social sur des individus que nous sommes ou auxquels nous nous identifions. Quand il s’agit de dénoncer l’esclavage et autres torts commis par des maures, nous sommes sans réserve; nous voyons tout de suite de quoi il s’agit, rien ne fait écran alors entre nous et la réaction nécessaire de dénoncer voire d’agir pour que cela cesse. Nous n’allons pas scruter les détails langagiers de celui qui fournit le récit, ni ceux de l’évènement particulier servant de prétexte au soulèvement. Non, nous savons juste qu’il y a un esclavage – ou un suprémacisme tout au moins, et que les évènements en cours ont lieu dans ce contexte révoltant, cela suffit pour dénoncer. Après tout que peut-on faire de pire à l’humain que lui ôter sa dignité sociale?
Que peut-on reprocher à l’Homme qui veut reconquérir sa dignité fondamentale niée par la société qui n’est prête à la lui rendre? Autrefois, loin de tout reproche, on lui chanterait des louanges!


Ce qui s’est passé à Kaédi s’inscrit dans un contexte d’un suprémacisme assez expressif dont notre société n’est pas encore déterminée à se défaire. Nous ne vivons en paix que parce que les dominants ont ce qu’ils veulent sur les dominés: le prestige et les privilèges sociaux qui ont des répercussions économiques. À chaque fois que les dominés s’y opposent alors c’est le choc, c’est l’inconfort, le « déséquilibre » dans la force. Nous ne sommes pas prêts à voir, ni même à imaginer, le choc que cela fut pour eux durant des siècles sous domination sociale, l’inconfort de rester au bas de l’échelle sociale, le déséquilibre dont il s’agit quand on leur inculque socialement un état mental consistant à rationaliser et à digérer avant de faire hériter la condition servile.
Dans quelle de nos localités une prière publique dirigée par un individu issu du groupe dominé ne provoquerait pas de réactions virulentes? S’il voulait devenir imam permanent, ce serait alors la guerre. Et ce peu importe son savoir religieux! Cela est un fait. Donc dénoncer l’affaire de Kaédi c’est s’opposer à tout un système qui, s’il n’est pas éteint par tous les moyens, occasionnera encore et encore des violences. Car, que cela soit clair, aucun humain ne consentira à sa propre mise en servitude, même si celle-ci est soutenue par un dogme religieux farfelu.
Si nous voulons être logiques avec nous mêmes, nous devons compatir avec les victimes de toutes injustices et participer avec toute notre force à ce que celles-ci cessent. Combien de ceux qui se plaignent du système de gouvernance qui sévit en Mauritanie sont, par ailleurs, d’accord qu’on continue à interdir aux dits esclaves – ou descendants d’esclaves – de diriger la prière? Combien des dits esclaves sont d’accord que les femmes restent dominées? Combien de femmes dominées appellent la mort sur les homosexuels? Combien d’homosexuels sont de purs racistes? La façon sincère et optimale de lutter contre l’injustice est de transcender ses motifs d’expression et de saisir sa nature fondamentale qui est le fait d’être un tort profond sur la dignité et la vie d’un être humain. Si nous n’arrivons pas à le faire, alors, en réalité, ce n’est pas l’injustice en elle même qui nous répugne mais bien seulement celle dont nous sommes les victimes. S’il y a une injustice que ton appartenance sociale ou ta religion t’empêchent de combattre, ou, pire, te convainquent de commettre, alors sache quand même une chose: la tienne d’injustice n’est aucunement plus acceptable que les autres en raison des justificatifs en lesquels tu crois. Tu es tout simplement assez faible et corruptible pour t’allier avec des croyances criminelles au meilleur des cas, et au pire des cas tu es un criminel qui avait besoin de motivation ou de caution. Dans un cas ou dans un autre, ce sera extrêmement difficile pour toi de trouver une paix logique si jamais tu y étais un tant soit peu sensible.

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Les événements de Kaedi | « Il faut traiter avec justesse, les contradictions au sein de notre peuple! » Par Lô Gourmo



Les malheureux événements de Kaedi nous interpellent tous et doivent nous inciter à réfléchir sur la réalité des contradictions qui affectent nos communautés comme héritage d’un passé socio-économique dépassé (nous sommes dans un monde dominé par le capitalisme) mais qui continuent à produire des effets pervers à tous les niveaux et bloquent notre développement et notre modernisation. Ces contradictions là ne pourront jamais être réglées par la surenchère verbale ou la violence. Ce sont des contradictions au sein du peuple.  » Les esclaves » et  » les maîtres d’esclaves » d’aujourd’hui ne sont plus des ennemis qui doivent régler leur s differends par la guerre civile (verbale ou réelle) mais par le dialogue, les compromis dynamiques, dans le cadre des lois de la Republique. Ne poussons pas les uns et les autres à adopter des positions extrêmes. Nous ne sommes plus dans des émirats ou des almamiyas d’autrefois. Nous sommes en République. Ce dont il doit donc s’agir c’est de citoyenneté et d’égalité. Il y’ a de bonnes et de mauvaises traditions. Le rôle de l’Etat est d’aligner tout le monde dans le respect des normes. Et celui des démocrates et des progressistes est de combattre pour unir le peuple dans toutes ses compositions, en refusant d’opposer les uns aux autres, tout en restant fermes quant au respect des droits humains dont le premier d’entre eux : celui de chacun d’être traité en égalité avec tous les autres, sans exception ni privileges de quelque nature que ce soit.

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Réflexion – Mauritanie | Point de vue sur le Passif Humanitaire , Par Salihina Moussa Konaté

 

Vendre le dossier du Passif Humanitaire, c’est :
– Trahir la mémoire de nos ancêtres.
– Saborder le combat mené depuis des décennies par de bonnes gens 
– Une insulte à la conscience de tous les Mauritaniens en particulier des négro-mauritaniens.

Dire que nous avons mené trente-un ans de combat et nous n’avons pas obtenu gain de cause alors il faut vendre le dossier : cela signifie qu’on n’était pas sincère dans ce que l’on faisait ou l’on n’était pas convaincu de la légitimité de notre combat.

Ouvrons grandement les yeux, ce dossier ne doit en aucun être vendu puisqu’on ne peut pas acheter une Vie humaine. Et j’imagine que les veuves et les orphelins témoignent beaucoup de respect à l’endroit de leurs proches et jamais, ils n’abandonneront pas ce combat tant qu’ils n’auront pas eu gain de cause, au temps pour moi, tant que nous n’aurons pas eu gain de cause.
Abandonner parce que nous avons lutté décennie et que rien n’a changé, ce n’est pas tenir compte des réalités historiques telles que la résistance chilienne pour ne citer que celle-ci.

Ceux qui s’improvisent aujourd’hui en prêcheurs de la bonne parole, ont-ils ne serait-ce qu’une fois donné une becquée à ces pauvres dont les parents ont été rudoyés, humiliés et torturés jusqu’à ce que mort s’en suive ?

Il n’y a qu’un maroufle qui s’agenouille devant l’argent, qui met son ventre, sa gamelle au-devant sa dignité humaine.
Tant qu’il n’y aura pas ce que j’appelle la concession douloureuse pour adoucir l’absinthe, à savoir la justice, notre combat doit continuer.

Un de mes amis m’a dit, le 28 novembre 2020, qu’il fallait qu’on arrête les soulèvements populaires pour revendiquer les droits de nos prédécesseurs puisque l’on vit dans la sérénité et que le passé, c’est le passé. Je lui ai rappelé qu’un passé noir, pour le porter sereinement et le vivre en toute quiétude pour le vivre ainsi, il faut qu’il soit reconnu et il faut que lumière soit faite sur celui-ci afin d’éviter les amalgames. Cependant, tant qu’il y a des criminels en liberté, tant qu’il n’y aura pas de réparation judiciaire ou comme disait sommairement Samba Thiam lors d’un cours politique il ne faut pas renoncer tant qu’il n’y aura pas au minimum les devoirs suivants :
– Vérité (c’est-à-dire faire la lumière)
– Réparation judiciaire.

– indemnisation substantielle importante

– Mémoire (un monument symbolique et historique à la mémoire de nos ancêtres ).
Sans au minimum-là, tant que le cœur me battra, je ne ferai jamais fine bouche.

Lors d’une intervention, quelqu’un m’a interrogé si je suis issu de la communauté Puular (communauté dont les victimes sont majoritaires). Il voulait juste me renvoyer à mon appartenance ethnique comme s’il fallait être ceci ou cela pour dénoncer une injustice. Quand le droit d’un semblable est bafoué quelle que soit son appartenance ethnique, communautaire, religieuse ou son appartenance raciale (même si je n’aime pas ce terme), tout individu normalement constitué doit s’indigner. Il nous faut tout de même une liqueur de Dakin pour lénifier la brûlure de nos blessures. Alors nous devons travailler d’arrache-pied et chercher à gratter la croûte pour ressortir la mémoire de nos ancêtres afin de la peindre à l’aquarelle et de l’écrire pour la confier à l’éternité. Tene Youssouf Gueye ne mérite pas la mort ainsi que les autres prud’hommes. Je plains ceux qui veulent les enterrer à l’échange de bric-à-brac ou d’une somme modique.

L’important comme disait l’abbé Galliani à Mme d’Epinay n’est pas de guérir, mais de vivre avec ses maux. Et Stig Degerman avait si bien appréhendé l’inassouvissement de l’être humain à être consolé, disons l’impossibilité de la satisfaction de notre besoin de consolation. Donc nous ne cherchons pas une corde à tourner le vent cependant, juste un principe fondamental pour le vivre-ensemble.


J’abhorre l’hypocrisie mauritanienne, nous nous contentons de faire la politique de l’autruche sans jamais vouloir mettre le doigt là où le bât blesse. Nota bene il n’y a jamais eu de paix dans l’impunité alors il est temps pour nous de sortir de l’ombre pour honorer la mémoire de nos ancêtres, bien entendu avec l’établissement de la justice. Au lieu de se regarder en chiens de faïence. Rien ne se construit sur le silence. Nous devons apprendre notre histoire y compris l’histoire de tous les événements mauritaniens à mon sens l’histoire de lesdits événements doit être instaurée dans l’éducation nationale. Je conclus mon propos avec la fameuse citation du philosophe Élie Wiesel « ceux qui ne connaissent pas leur histoire, s’exposent à ce qu’elle recommence. »

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur (5/4/2021)

Rétro | Interview du Dr Koné Makan (Dates courant 2010 – 2011)

OCVIDH: Bonjour Docteur Koné Makan Djibril, pouvez-vous vous présenter aux mauritaniens, et partenaires intéressés par la vie sociale et politique de notre pays ?

KONE MAKAN: Bonjour et merci pour l’occasion que vous m’offrez. Cependant, il est difficile de parler de soi. Bon ! Je suis natif de Sélibaby -Guidimaka, où j’ai fait l’école primaire et le collège de cette ville, puis le lycée de Kaédi, le baccalauréat au lycée national de Nouakchott et mes études universitaires en Algérie. Dans ce pays frère, j’étais le correspond et « le référent » de la génération des étudiants mauritaniens de la fin des années 1980 à 2002. Certains compatriotes se reconnaîtront et leurs faits un petit signe de la main.

En France depuis 2002, j’ai milité dans le parti AC puis APP et dans des associations comme l’AVOMM, ARSEF, etc…

OCVIDH : Comment évaluez-vous la persistance de l’esclavage en Mauritanie ?

KONE MAKAN: Je l’évalue par un seul critère qui, à mes yeux paraît fondamental à savoir un manque de volonté politique allié à la culture de nos différentes communautés mauritaniennes. Le premier s’accommodant parfaitement de ces dernières parce qu’elles constituent souvent des ressorts hégémoniques dans le cadre de la domination politique et économique à la fois…voilà pour les faits. Face à cela, il me semble que le problème de l’Esclavage en Mauritanie a été jusqu’à une date récente circonscrit, et dénoncé uniquement en milieu maure et occulté dans les autres milieux négro-africains. En cela, le combat a été mené partiellement même si en milieu maure, l’Esclavage est plus visible en quelque sorte.

Dans la communauté Négro-africaine, on ne trouve évidemment pas les mêmes formes d’esclavage originel que chez les Maures, ni les mêmes logiques historiques spécifiques.

Ainsi, le dépassement de l’organisation sociale communautaire de type segmentaire et lignagère va se traduire par le passage au système esclavagiste. Ce système a été d’un « apport » non négligeable dans la constitution de l’identité négro-africaine dans la mesure ou, sans compter l’enrichissement proprement ethnique, on doit aux esclaves d’avoir permis un développement considérable de l’agriculture, par le défrichement de plaines entières et de l’expansion de la métallurgie du fer.

Chez les Soninké, qui forment en Afrique de l’Ouest une communauté connue par son dynamisme, l’attachement à la tradition et le sens de ses valeurs fondamentales dont la plus importante est sans doute la solidarité. Ils ont bâti, où contribué à fonder, les ensembles territoriaux les plus vastes et les plus prestigieux qu’ait connu la sous région sahélienne. Tous ces ensembles souvent admirablement dirigés et administrés ne le furent cependant que dans le cadre d’un système esclavagiste totalitaire et rigoureux dans le respect des traditions et, sous l’égide, de siècles durant de leurs seigneurs (Tunka Lemmu), avant tout grands propriétaires d’esclaves.

C’est grâce à cette maîtrise d’une grande quantité d’esclaves que les Tunka Lemmu ont pu défricher de grandes étendues de terres de cultures, s’octroyant ainsi un droit de la hache leur donnant pour longtemps une primauté foncière incontestable reconduite de génération en génération.

OCVIDH. Vous venez de créer l’A.R.M.E.P.E.S. Pourquoi ce besoin ?

KONE MAKAN: Contre les forces centrifuges en Mauritanie, les moyens pour les abattre ne sont pas de trop et je pense qu’il faut les diversifier. Ce cadre a pour vocation de combler un vide dans ce combat contre l’esclavage qu’une majorité de mauritaniens mène. Notre association pense apporter sa pierre à l’édifice à travers cette initiative en la formalisant par la constitution de l’A.R.M.E.P.E.S pour lutter contre l’esclavage sous toutes ses formes, promouvoir les droits humains, lutter contre les inégalités sociales, vulgariser les thèmes d’intérêts communs et promouvoir des œuvres socioculturelles.

OCVIDH: Comment jugez-vous la persistance de l’esclavage chez les Hratines qui font parler beaucoup d’eux en ce moment à travers leur leader Biram Dah Abeid?

KONE MAKAN: Biram Ould Abeid s’inscrit dans une filiation de l’élite Hratine qui a pris à bras le corps le combat contre l’esclavage. Je voudrais saluer ici son combat et dénoncer en même temps le verdict de la parodie de procès dont lui et ses camarades sont victimes. Sa condamnation ne fait que justifier si besoin est, l’engagement de tout un chacun contre la violation des droits élémentaires de l’homme et elle fera que notre mobilisation soit de plus en plus importante contre l’esclavage en Mauritanie. Nous disons aux hautes autorités qu’on ne peut bâillonner les militants des droits de l’homme par des mises en scènes où l’impunité et la protection des tortionnaires de la police sont la règle! Notre association demande sa libération sans condition et la reconnaissance officielle de l’IRA, comme structure d’utilité publique.

OCVIDH: Est-ce vous ciblez en priorité une communauté particulière, en l’occurrence Soninké ?

KONE MAKAN: Je n’aime pas ce terme « en priorité » ! Tout combat juste a vocation à être universel. Pour ce, on ne doit pas hiérarchiser le mal en général et les victimes en particulier. En même temps l’environnement militant en Mauritanie donne un sens à votre question en cela que l’esclavage en milieu Soninké n’a pas suscité une mobilisation officielle à l’image du Mouvement El Hor, de SOS Esclaves, de l’IRA et d’autres organisations de Défense de Droits Humains ou partis politiques. En milieu Soninké, l’esclavage est encore plus vicieux et les membres de cette communauté s’en sont bien accommodés à commencer par certains « intellectuels organiques » pour reprendre un concept de GRAMSCI. Cette situation m’interpelle et retient mon attention dans le cadre de l’initiative d’A.R.M.E.P.E.S, je vous l’avoue !

OCVIDH : Quels sont les objectifs à court et long terme de l’ARMPES ?

KONE MAKAN: A court et long terme, l’objectif est la promotion des Droits Humains. De ce fait la lutte contre les inégalités sociales qui s’incarnent de façon insidieuse dans la pratique de l’Esclavage en est la pierre angulaire, comme définit précédemment.

OCVIDH: Comment se caractérise la persistance de l’esclavage chez les Soninkés, les peulhs, les wolofs, dont on entend moins parler par rapport aux Hratines ?

KONE MAKAN: La pratique dans son essence est la même quelque soit la communauté retenue. Cependant, dans la société Soninké que je connais mieux l’esclavage n’a pas «connu d’abolition»! L’esclavage participe du fonctionnement, de la structure même de la société Soninké, quand bien même que sa cosmogonie n’appréhende pas son existence sans « ses esclaves ». Comme la plupart des sociétés africaines ici l’Avoir n’affecte pas l’Etre ; en d’autres termes on nait avec un statut social et on le demeure à vie.

Le statut détermine la place, le rôle et la fonction de l’homme. Il y a peu de temps encore dans certains villages de la région du Guidimakha, l’occupation de l’espace géographique procédait du statut des individus. Les conflits fonciers récurrents dans cette région procèdent de cette situation. Je rappelle, ici, les litiges fonciers récents de Diaguily et de Coumba NDaw qui ne sont pas des cas isolés en Mauritanie. En effet, dans plusieurs localités soninkés du Guidimakha et du Gorgol (Bouanze, Diaguily, Diadjibiné, etc.), le statut social et la question foncière se posent avec beaucoup d’acuité, sans une réponse politique et sociale juste.

Malgré l’évolution trompeuse des villages et l’urbanisation, la société soninké dans cette région reste arc-boutée à ce fonctionnement d’un autre âge qui est même transposé en Europe, et en particulier en France dans les foyers des travailleurs immigrés d’origine ouest africaine. Ce qui caractérise l’esclavage dans la société Soninké c’est l’idéologie du silence qui l’entoure et son intériorisation par tous les acteurs de la société !

OCVIDH: Que répondez-vous aux esclavagistes maures qui comparent le phénomène avec le système de castes dans les communautés noires ?

KONE MAKAN: Les esclavagistes dont vous parlez veulent éviter d’avoir mauvaises consciences ! Mais poser ainsi le problème c’est le dénaturer en grande partie, c’est l’escamoter, c’est même rire de la misère morale et matérielle des millions d’être humains en Mauritanie. L’esclavage pour ce qu’il est, c’est-à-dire une institution sournoise et insidieuse, un anachronisme social, un complexe d’œdipe de toutes les sociétés, un crime qu’il faut combattre où qu’il se trouve et par tous les moyens. En Afrique en général, on naît toujours prince ou guerrier ou chasseur ou pêcheur ou paysan ou éleveur ou bûcheron ou sorcier ou forgeron ou guérisseur ou griot ou marabout ou vannier ou zenaga ou boisselier ou assimilé ou affranchi…ou esclave, de telle tribu, de telle lignée, de tel clan, de telle région, etc.

L’esprit communautaire, l’harmonie du groupe, sa tranquillité, sa solidarité, n’existent que dans le respect scrupuleux des limites imposées à chaque sous groupe. Transgresser cette règle c’est porter atteinte à la quiétude de la société, c’est offenser les dieux c’est déclarer la guerre…

A tous les niveaux, le particularisme et la différence sont entretenus depuis la tendre enfance; pour éviter toute confusion. Que cela s’appelle le système des castes ou esclavage tout court, ce qui importe c’est que c’est l’humain qui est dénié de son humanité, piétiné et réduit au rang de bête !

OCVIDH: Il y a des préconisations de l’IRA d’après lesquelles pour sortir décisivement de l’esclavage, les Hratines au moins, voire les autres communautés noires, doivent quitter l’armée. Qu’en pensez-vous ?

KONE MAKAN: Quitter l’armée ? Pour aller où et faire quoi ? Dans le combat contre l’esclavage et les inégalités de toutes sortes, on peut avoir le même diagnostic et avoir des divergences sur les prescriptions ! Je ne connais pas les détails de ces préconisations, mais il me semble que pour avoir une certaine crédibilité, il faudra éviter les propositions farfelues qui relèvent plus du populisme qu’autre chose. Il faut prendre de la hauteur quand on prétend œuvrer à changer les choses. S’agissant de l’armée, la question qui doit se poser doit être relative aux modalités de son intégration et son rôle. L’armée ne doit pas être le monopole d’un groupe, sa composition doit refléter le visage de la Mauritanie. Pour ce, l’institution d’un service militaire obligatoire peut contribuer à amortir les déséquilibres et renforcera son rôle républicain…

OCVIDH: Quelles sont, d’après vous, les questions urgentes qui doivent être réglées pour sortir la Mauritanie du tiraillement racial, d’esclavage et d’apartheid ?

KONE MAKAN: Il faudra se méfier du poids des mots si nous voulons être audibles et crédibles pour nos concitoyens et partenaires : Certains mots comme apartheid ont un poids et ne prennent pas un sens opératoire quand il s’agit de la Mauritanie. On peut décrire la réalité sans la référence à l’émotion ! Toujours est-il qu’il y a un dénominateur commun aux mots que vous employez : l’humanité bafouée, et cela m’est inacceptable au-delà des adjectifs.

Ceci étant pour sortir la Mauritanie de sa situation actuelle, la seule chose qui vaille est de s’armer d’un volontarisme politique aux risques de l’impopularité parmi les siens et le traduire en actes. La Mauritanie compte aujourd’hui beaucoup de compétences humaines inexplorées et inexploitées.

OCVIDH. Il y a le débat sur ce que certains appellent « passif humanitaire », d’autres « crime contre l’humanité » et qui créée une vraie dissension ente les Arabo-berbères et les Négro-africains, comment qualifiez-vous l’affaire et quel est le positionnement de l’ARMEPES ?

KONE MAKAN: Là aussi, il faudra dépasser le stade du débat et des dissensions ! Les faits et les témoins sont là, ce n’est pas une invention de l’esprit. Je pense aussi, qu’il faut sortir de cette opposition entre les Arabo-berbères et les négro-africains, même si cela contribue à donner des arguments aux partisans de cette bipolarisation.

A un moment de l’histoire de notre pays, au-delà des mots, un génocide à été pensé mis en œuvre et exécuté. Certains de ses auteurs sont connus quand bien même ils figurent sur des listes détenues par des Organisations de Défense de Droits Humains comme la vôtre. Dans de pareilles circonstances la seule position qui vaille est que Justice soit rendue aux victimes sans frilosité aux risques de repousser à plus tard une confrontation. Mais en ce moment, je crains que les autorités qui dirigent la Mauritanie ne soient à la hauteur de cette nécessité.

OCVIDH: Qu’en est-il de la nostalgie du pays et la nécessité de confronter les réalités des injustices vécues par les Noirs en Mauritanie ? Vous vous rappelez de vos incursions en vélo avec le président de l’OCVIDH, Mamadou Youssouf Diagana ?

KONE MAKAN: Je pense qu’il faut éviter d’être nostalgique dans la vie, même si cela peut aider à s’indigner. Si la nostalgie peut aider à attiser en nous la flamme de la révolte qu’elle soit la bienvenue…Les moments que vous évoquez avec Mamadou Youssouf Diagana ont contribué à façonner nos parcours et trajectoires respectifs…. Rire. Je lui rappelle ses premiers coups de pédale sur mon vélo venant de France.

OCIVDH: Quel dernier message adressez-vous aux Mauritaniens ?

KONE MAKAN: Mon message aux Mauritaniens s’inspire de celui inscrit dans l’actualité par Stéphane HESSEL intitulé « indignez-vous ».

Entretien réalisé par,
FALL Moctar, Porte parole ocvidh
Président IRA France.
http://www.ocvidh.org

Source: http://www.ocvidh.org

©️ Crédit source : https://m.boolumbal.org/Interview-du-Docteur-Kone-Makan_a6135.html

Réflexion | Ces freins coutumiers au mariage chez ces Soninkés, Par Bano Coulibaly

Bonjour à tous !

Je voulais poster ce post depuis bien longtemps; depuis que ma chère Mauritanie s’est qualifiée à la CAN pour la deuxième fois de suite. félicitations aux Mourabitounes !!!

Mais je me suis dit que ce n’était pas le moment, vu la ferveur que cette qualification a suscitée.

Bon, maintenant que les choses se sont calmées , je me permets de m’adresser à tous ceux qui veulent se marier avec un(e) soninké, afin de leur donner quelques règles « d’or » avant qu’ils ne s’engagent.

1) D’abord, faites en sorte qu’il ou elle soit du même pays que vous. Et ceci, même si vous êtes à l’étranger et qu’il n’y a qu’une chance sur 1 000 000 que vous alliez vivre dans votre pays d’origine.

2) Ensuite, si vous pouvez avoir le même nom de famille que la/le prétendant(e), vous marqueriez des points (aux yeux des parents et donc de la communauté )

3) Mais attention !!! tous les noms de familles ne se valent point, en fonction de votre pays d’origine; d’où la règle 1. ( ouii ouii je sais que c’est compliqué ) et ce n’est que le début.

4) Si vous êtes sûr de RESPECTER toutes ses règles, alors bravo !

5) Mais gare à vous si vous avez le malheur de ne pas remplir les « critères », alors on dira que c’est la religion qui les guide. Mais si vous poussez le bouchon un peu trop fort, on vous avouera que ça n’a rien avoir avec la religion et l’argument que vous auriez, la voici: « CE N’EST PAS DANS NOS COUTUMES ».

À toi futur prétendant(e), es-tu prêt à relever le défi ?
Si ta réponse est oui alors permets moi de te dire en avance ce invocation prophétique: بارك الله لكما وبارك عليكما وجمع بينكما في الخير !!!

Moralité de l’histoire:

J’aime ma communauté plus que tout; mais quand les règles de ma communauté sont contraires aux règles DIVINES, alors NON.

À toutes ces jeunes filles de France et d’ailleurs (mais surtout de France) qui ont la vingtaine, la trentaine, voir même la quarantaine, prenez votre courage à deux mains ! Sachez faire comprendre à vos parents que dans un mariage, c’est l’intérêt de la fille qui prime.
Bien que les coutumes existent (et toutes les coutumes ne sont pas à bannir , bien au contraire ) mais elles doivent d’être complément de quelque chose et non LA RÈGLE.

À toutes ces jeunes filles (de France) sachez dire à vos parents: Pourquoi accepteriez vous que je j’épouse un portugais ou un souraxé (ce n’est guère péjoratif ) dont vous ignorez tout, plutôt qu’un garçon dont les parents sont « vos amis » et vos connaissances proches dans la communauté ?

À tous ces parents coutumiers, ne voyez vous pas la souffrance de vos filles ? sacrifierez-vous leur vie pour satisfaire un système qui ne dit pas son nom ?

Alors continuons, continuons de défendre l’indéfendable, Allah éclatera la vérité le jour des ténèbres.

• Par Bano COULIBALY

©️ Crédit source : repris de l’auteur via RS.

Concernant l’affaire du mariage de Ouadane, voici les faits. | Par Maïmouna Saleck

La semaine dernière lors d’une cérémonie de mariage à Ouadane, il aurait été cité dans la composition de la dot « une esclave », un cheval et 100 chamelles.

Dans la tradition la plus répandue chez les maures, il y a une étape où l’on cite la dot qui sert de contrat : un quart de dinar. C’est une formule consacrée que récitent les hommes au moment du 3aqd mais jamais appliquée.

Juste après les formalités d’usage, la famille du marié ramène avec elle la vraie dot : bcq plus généralement… elle s’élève quelques fois à des millions, avec une voiture, IPhone, bijoux, Coran….

Chez cette famille d’Atar qui arrive chez ses cousins de Ouadane, et selon la tante du marié, il est de tradition de dire : la dot de votre fille est 1 cheval, une esclave, 100 chamelles….. au lieu du quart de dinar. Une formule consacrée qui continue d’être utilisée apparement et qui a été utilisée par les familles après la cérémonie officielle.

Ce scandale a éclaté à Ouadane 2 jours avant que SOS Esclaves ne publie son communiqué qui dénonce avec vigueur cette tradition – même si la formule n’a pas été suivi par un acte réel de remise d’une esclave !!

L’ apologie de l’esclavage est puni par la loi et SOS esclaves n’a fait que son travail !!

Au lieu de chercher des poux à notre association, demandez aux autorités d’aller faire la lumière sur cette affaire et d’appliquer la loi !

©️ Crédit source : Post FB https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=3827669620648123&id=100002153686138

Justice | Une suite du dossier de l’arrestation arbitraire du leader abolitionniste BDA en 2018 (Voir la communication ci-jointe)

« Décision du Comité des Nations-Unies des Droits Humains des Parlementaires, sur l’arrestation, l’incarcération, jugement et condamnation du député mauritanien Biram Dah Abeid en 2018.
قرار من لجنة الأمم المتحدة لحقوق إنسان البرلمانيين حول اعتقال و سجن و إدانة البرلماني الموريتاني بيرام الداه اعبيد سنة ٢٠١٨ »

France – Montreuil | Une visite à l’exposition « Y’a pas bon les clichés »

Sur la Place de l’hôtel de ville à Montreuil-Sous-Bois , l’exposition  « Y’a pas bon les clichés » attire du monde au passage. Montreuil, parmi les 6 villes les plus peuplées de la région parisienne, est sous la commande municipale (PCF) d’un jeune et dynamique Maire Mr Patrice Bessac. Encartée traditionnellement à gauche dans le schéma politique français, cette ville du 93 (Seine-Saint-Denis) accueille des habitants aux origines diverses. L’actuel maire, un humaniste convaincu incarne une bienveillance par ses sorties   publiques sur la situation d’hébergement et d’accueil des migrants et des personnes vivant dans la précarité. On peut se rappeler de sa mobilisation déterminante autour de la résidence délabrée « Foyer rue Bara » , pour demander sa fermeture et le relogement de ses occupants « Migrants d’origine africaine » .

Aujourd’hui par cette exposition dans la ville, il décrit via un post Facebook l’engagement de Montreuil contre les clichés tenaces qui portent le racisme et l’antisémitisme :

« 🔴 Montreuil ré-affirme son engagement contre le racisme et l’antisémitisme !

Vous l’avez peut-être vue, une exposition appellée « Y’a pas bon les clichés » est installée sur la place de l’hôtel de ville. Son but : déconstruire les stérotypes et les clichés racistes et antisémites.

Dans une période où parfois se développent dans notre pays ou dans d’autres pays des climats de haine, de rejet, de peur, nous sommes fiers avec Halima Menhoudj et la Ville de Montreuil de nous mobiliser contre toutes les discriminations !

N’hésitez pas à visiter l’exposition, elle est en accès libre et en plein air. » https://www.facebook.com/watch/?v=3694542163976622

Montreuil 30 Mars 2021

● KS pour le BLOG – coundou8@yahoo.fr

Déclaration sur l’agression du procureur de la république près tribunal régional de Sélibaby.

Le  jeudi, 25 mars 20121, en fin d’heure de travail, des  femmes, de la tribu Ideyboushatt,  mécontentes de l’emprisonnement  de leur fils  se sont introduites   dans le bureau du Procureur de la République près du tribunal Régional de Sélibaby. Elles lui ont adressé des insultés et des mots  irrespectueux, avant de l’agresser physiquement (des gifles et des coups de poings). C’est par l’intervention du régisseur de la prison civile et d’un citoyen lambda que le représentant du parquet a été extirpé des mais de ses agresseurs pendant que le chargé de sa sécurité vaquait à d’autres taches (le numérotage des  documents d’état civil dans le bureau  du greffier en chef). Le représentant du parquet à Sélibaby  a été sauvé de justesse par le juge d’instruction, le régisseur  de la prison civile de Sélibaby  et un autre citoyen. Les  pressions, les intimidations voir des agressions physiques sont des  problèmes  auxquels sont confrontés les fonctionnaires mauritaniens en particulier du département de la Justice.

A Sélibaby, on passe d’agressions  verbales, aux menaces  à l’agression  physique des magistrats. Il y a moins de deux semaines, le juge d’instruction près du même tribunal  a été menacé  par un groupe de personnes contre un mandat de dépôt à la prison d’un de leur proche. Le  sentiment d’irresponsabilité et d’impunité auxquels sont habitués certains citoyens mauritaniens est un danger auquel il faut mettre fin pour garantir l’indépendance de la Justice.

L’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH) condamne cet acte ignoble  qui  s’ajoute aux menaces contre les fonctionnaires  et exige :

  • le respect des institutions judiciaires et leur sécurisation pour garantir la transparence et l’impartialité des décisions judiciaires.
  • L’ouverture d’une information judiciaire pour situer la responsabilité des personnes derrière cet acte ignoble  qui porte atteinte au libre arbitre, à l’intégrité physique des personnes représentant l’appareil de la justice.
  • l’application des textes contre et pour tous les citoyens sans distinction de couleur, tribu, genre, de richesse, d’ethnie.

Le Bureau Exécutif

Association Mauritanienne des Droits de l’Homme

©️ Crédit source: https://initiativesnews.com/declaration-sur-lagression-du-procureur-de-la-republique-pres-tribunal-regional-de-selibaby/