Les tentatives d’expropriation d’héritage à Dafort : des incompréhensions autour de la décision du cadi de Ould Yengé.

Depuis mi-avril 2018, à Dafort, village soninké dans le Guidimagha mauritanien, certaines familles féodales s’acharnent sur de paisibles citoyens descendants d’anciens esclaves dans la communauté, par des tentatives d’expropriation d’héritage à caractère esclavagiste. Aujourd’hui 9 familles parmi la communauté d’anciens esclaves qui se sont émancipés du joug féodaloesclavagiste soninké (système de ladalamxu), risquent de jour en jour d’être expropriées de leurs champs légués en héritage familial depuis plusieurs générations. De ce fait, après 4 mois de démarches auprès des autorités départementales et régionales dans le Guidimagha, marquées par divers dysfonctionnements notamment la non prise en compte effective des auditions de nos membres plaignants chez les gendarmes dès les premiers signalements des harcèlements venant de féodaux, un avis judiciaire troublant et surprenant a été prononcé . Ces dossiers relevant des séquelles esclavagistes en milieu soninké, ont été vidés volontairement et méthodiquement de ce caractère pour en faire un cas de litige foncier classique. Ainsi le cadi de Ould Yengé s’est rendu à Dafort dans la journée du 2 juillet 2018 pour observations de champs en présence de 2 parties. Ce lundi 9 juillet, à Ould Yengé, devant les 2 parties, le cadi s’est prononcé pour une suspension des parcelles en litige et se décharge pour un niveau supérieur de juridiction.
De cette situation sensible de non application de lois mauritaniennes en la matière, nous faisons appel aux hautes autorités du pays, en premier lieu le président de la république, son excellence Monsieur Mohamed Ould Abdelaziz, afin veiller au cas de DAFORT qui défraie la chronique depuis plusieurs mois. Aujourd’hui par cette décision du cadi, les membres de cette communauté victime de cet esclavagisme coutumier, seront privés injustement de leurs champs qui constituent une source nourricière pour leurs familles depuis la création du site villageois en 1905.
Pour rappel, lors de la journée nationale contre l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie tenue à Selibaby ces dernières éditions (6 mars 2017 et 2018) , la communauté des descendants d’anciens esclaves sous le vocable GANBANAAXU FEDDE, a exposé devant les officiels de l’Etat les différentes problématiques posées par le régime coutumier et féodal contre l’éveil d’émancipation dans nos localités rurales. Nous nous adressons aux autorités publiques, aux forces politiques et aux ONG de défense des droits humains, pour une implication sérieuse dans cette affaire de DAFORT, symptomatique d’un défi de l’ordre féodaloesclavagiste soninké face aux lois mauritaniennes dans nos zones rurales.

Dafor 9 juillet 2018

Communauté GANBANAAXU DAFORT (Familles et descendants d’anciens esclaves)

Message aux Présidents et Chefs d’Etat africains

Si je devais parler aux Chefs d’État et Présidents , bientôt en conclave à Nouakchott , voilà ce que je leur dirais :
La Mauritanie que vous allez visiter, sous très peu, dans le cadre du 31e sommet de l’Union Africaine est un pays dans lequel sévit un ‘’Apartheid déguisé ‘’, non codifié comme il le fut en Afrique du sud. ’’être Noir en Mauritanie est un délit, sans que cela ne soit écrit nulle part’’ disait un observateur du CRAN. Des lois non écrites confinent, en effet, l’homme noir mauritanien, au mieux, au rang de citoyen de seconde zone, au pire, en victime du déni d’humanité à travers l’esclavage.
L’exclusion voire la négation de l’Homme noir mauritanien a débuté dès les années 1960 . Elle va se prolonger pour atteindre son point culminant avec les régimes militaires .Entre 1986 et 1991, la communauté négro-africaine de Mauritanie subira déportations et maltraitances dans ses composantes Peuls, Soninkés et Wolof ; 120.000 âmes se verront déportées au Sénégal et Mali en 1989 , selon les chiffres du HCR ; des centaines de leurs villages seront détruits ou réoccupés le long de la vallée du fleuve Sénégal qui fut, part ailleurs, le théâtre d’exactions et d’exécutions extra-judiciaires massives . En 1990, l’Etat mauritanien intensifie l’exclusion et entreprend de dénégrifier l’armée nationale ; plus 3500 soldats et officiers sont touchés ; les militaires négro-africains sont quasiment tous arrêtés et jetés dans des camps mouroirs ou ils seront torturés, soumis aux traitements les plus dégradants. Plus de 500 mourront , ensevelis dans des fosses communes qui ont essaimé les camps militaires du pays et la vallée du fleuve ; fosses communes qui n’ont pas fini de livrer leurs secrets, dont la dernière en date – celle de Benamira dans le Nord du pays (28 corps ligotés) -, découverte en mars dernier par des chercheurs d’or , soit 28 ans après les faits , mais que le gouvernement mauritanien actuel s’évertue à couvrir , refusant toute investigation…
Le 28 Novembre 1990 ,- fête de notre indépendance nationale – 28 soldats Negro- africains sont pendus en guise de solidarité avec l’Irak arabe, ‘’victime de l’agression des USA’’ . Le reste des militaires négro-africain ayant échappé à la mort est radié de l’armée. Les auteurs de ces crimes et exactions courent toujours , circulent librement , occupant de hautes fonctions de l’Etat, protégés par une loi d’amnistie inique et scélérate, votée en 1993 qui consacre l’impunité dans le pays . Pendant ces années de plomb la population négro-africaine, la composante Peule, en particulier, va subir un véritable génocide exécuté par l’Armée , à l’image de ce qui se passe actuellement au Mali , mais beaucoup plus important par l’ ampleur…IL n’existait pas alors de réseaux sociaux , et seul le gouvernement Français et nos voisins immédiats savaient ce qui se passait .
Si les déportations massives et les exécutions extrajudiciaires se sont arrêtées après cette période sombre de l’histoire de la Mauritanie indépendante, l’épuration ethnique, quant à elle, n’a jamais cessé depuis ; elle a pris simplement des formes plus sournoises… Le Pouvoir actuel a entrepris depuis 2011 une opération d’enrôlement qui vise- officiellement- à doter les Mauritaniens de papiers d’état-civil biométriques et sécurisés, mais qui, en réalité, s’est révélée être, dans son exécution, à caractère raciste et discriminatoire à l’égard des Noirs de Mauritanie pour lesquels l’obtention des nouveaux documents relève du parcours du combattant pour les plus chanceux. Des milliers de Noirs sont ainsi devenus apatrides dans leur propre pays faute d’état-civil. Des familles sont divisées , l’époux se voit enrôlé pendant que l’épouse est rejetée ,sans épargner les enfants ; des élèves en cours de scolarité sont contraints d’abandonner l’école, faute de papiers …Les commissions techniques et le comité de supervision et de contrôle chargés de cet enrôlement sont quasiment monoethniques, alors que la population mauritanienne est pluriethnique .
Les hauts postes de l’Etat et de l’administration, l’appareil judiciaire , nos forces de défense et de sécurité, nos médias audiovisuels publics et privés, le secteur économique , les grandes Ecoles du pays, tous les secteurs de la vie nationale, en un mot , sont presque exclusivement aux mains d’une composante nationale – la communauté blanche, arabo-berbere- , par choix politique délibéré de nos gouvernants …
L’esclavage demeure une réalité dans le pays aussi bien sous sa forme traditionnelle que sous la forme de ce qu’il est convenu d’appeler l’esclavage moderne, et les victimes sont toujours les mêmes : les masses noires.
Excellences, il n’est pas besoin de se munir d’une loupe pour se rendre compte de la réalité de ‘’l’Apartheid déguisé ’’ en Mauritanie. Il vous suffira de regarder autour de vous. Observez bien vos interlocuteurs , prêtez attention également à ceux qui vous servent dans les hôtels , dans les salles de réunion ( serveurs, femmes de ménage, chargés de l’accueil etc ), suivez nos Télévisions pour quelques minutes, demandez à visiter nos Administrations , nos Ecoles , notre Armée nationale, observez la rue mauritanienne et vous serez édifiés sur l’image erronée que beaucoup d’Africains se font de la Mauritanie ou que le gouvernement mauritanien s’efforce de vendre . Vous verrez alors le racisme d’Etat se déployer dans toute sa laideur sous vos yeux .. .
Excellences,
La Mauritanie ne peut pas continuer à vivre dans l’ignominie de l’esclavage, de l’exclusion et de la discrimination sur des bases raciales, ethniques et tribales et continuer à travailler avec les autres nations libres du monde comme si de rien n’était ! Vous aviez dénoncé et combattu l’Apartheid en son temps, vous ne pouvez faire profil bas sur qui se passe chez nous . Il y va de la crédibilité de votre institution, il y va du respect de la dignité humaine , il y va de la paix et de la stabilité de la sous-région et du continent… car cette situation est pour le moins porteuse de lendemains , incertains, dangereux pour tous…

Samba Thiam
Ancien prisonnier politique (traité en forçat à walata)
Président des FPC
Nouakchott le 29 juin- 2018

Crédit source: Page officielle Facebook Samba Thiam

Plaidoyer pour le respect de la loi 031/2015 incriminant les pratiques esclavagistes en Mauritanie.

ONG IODE – Notre Organisation Initiative d’Opposition contre les Discours Extrémistes remercie le Président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, le Premier Ministre Monsieur Yahya Ould Hademine pour la promulgation de la loi 2015/031 qui incrimine l’esclavage en Mauritanie et son application sur le territoire de la République Islamique de Mauritanie.

Notre Organisation appelle les autorités judiciaires (procureurs, juges …), les autorités administratives (Hakems , Walis, …) à fournir plus d’efforts en vue de l’application de la loi 2015/031 pour l’incrimination des pratiques esclavagistes en Mauritanie.

Notre Organisation remercie les autorités judiciaires et administratives qui ont contribué avec nous à son application lors de la présentation des cas en relation avec la violation de cette loi.

Notre Organisation appelle toutes les organisations des Droits de l’Homme à promouvoir la fraternité, la solidarité et la cohésion sociale entre toutes les communautés du pays.

Elle appelle également à sauvegarder la sécurité et l’image du pays, particulièrement à l’intérieur du pays et à l’étranger. La société civile est appelée à éviter la politisation de ses activités qui visent à promouvoir les Droits de l’Homme dans le pays et partout ailleurs.

Le Président
Mohamed Mbareck
Tel :+222 46 90 77 09

Crédit source: cridem.org

L’éditorial: À ma communauté soninké

Mon propos à l’égard de la communauté soninké, la communauté à laquelle j’appartiens, est pour moi un moment fort et loin de moi l’idée d’avoir le monopole de la vérité ou et la prétention de donneur de leçons… Depuis quelque temps, je fais face, impuissamment, à un lynchage intracommunautaire impropre, non fécond et perfide. Un débat de caniveau entre les tenants du statu quo lié aux tares sociales qui rabaissent, et aux abolitionnistes et autres progressistes qui soutiennent le combat pour la fin de ces tares sociales de connotation esclavagiste.
Les victimes de ces tares, dans un élan de prise de conscience, de sensibilisation et d’émancipation, sont confrontées à une situation sclérosée et archaïque de la donne sociale existante et entretenue par la communauté. Le verbe de ce débat indispensable pour requinquer la société soninké est parfois accusateur, voire irrévérencieux qu’éducateur.
Cette situation de statu quoi est entretenue par des apologistes de l’inégalité des hommes, qui s’invitent dans le débat en aliénant et plongeant l’espoir d’une évolution sociale saine dans une nation où l’égalité des citoyens, en droits et en devoirs, est pourtant consacrée par la Constitution de la Mauritanie et les conventions internationales qu’elle a signées ou ratifiées. Hélas, les apologistes ont conduit la communauté dans une honteuse impasse. On assiste à une confrontation de tout ordre dans l’obscurantisme le plus étrange…
Très chère communauté, on ne s’y est pas trompé quand on écrivait qu’en Mauritanie on n’est pas encore dans un Etat. Mais plutôt dans un peuplement où chacun peut se permettre de faire ce qu’il veut, où il le veut et même quand il le veut.
Le forum destiné à débattre de cette question ou tare sociale se transforme de jour en jour en un ring d’une bassesse mentale innommable entretenue plus par les féodaux et, même parfois, par les victimes qui tombent dans les pièges des apologistes aveuglés.
En face, l’image d’une communauté ; une communauté de spectateurs complices ne faisant pas beaucoup d’effort pour favoriser le dialogue pour l’apaisement, se contenant de murmurer dans les salons sans une action efficiente de nature à finir avec cette situation. Ce qui dénote manifestement d’un manque certain de courage pour cette écriture de notre histoire ; l’histoire d’une société qui doit se former et se reformer mais non continuellement s’enfermer sur elle-même avec des risques de lendemains incertains.
Chère communauté. Accepter l’histoire, notre histoire, histoire d’esclavage, de ses séquelles est une phase cruciale et déterminante pour la vie et l’existence harmonieuse des Soninko. C’est dans cet examen participatif de cette codification sociale que réside l’éclairage avec responsabilité et promptitude ; autrement, on s’invitera dans le chao et l’opposition sociale stérile. Dans cet imbroglio hautement honteux, le gagnant n’est peut être que le statu quo voulu et entretenu par un système féodalo-esclavagiste.
Chère communauté, l’érudit Ahmed Jiddou n’a-t-il pas soutenu dans sa fatwa sur l’esclavage qu’ « Il est du devoir de nos savants, nos prédicateurs, réformateurs et sages du pays de toutes les classes et toutes les composantes de se lever et d’agir comme un seul homme pour éradiquer ce phénomène illégal et illégitime et tous ses effets et séquelles dévastateurs pour notre unité et notre cohésion, une unité que notre Prophète, paix soit sur lui, a considéré comme notre grand atout de foi ‘L’exemple des croyants dans leur amour mutuel, miséricorde et compassion, c’est comme le corps entier qui se plaint et se solidarise avec tout et chacun de ses organes qui peut souffrir ou avoir de la fièvre’ ».
Et le penseur en sociologie coranique et socio-économiste, Moktar Maghlah, d’ajouter, « Il faut reconnaitre que la société mauritanienne est esclavagiste. Et que l’Islam est venu pour bannir l’esclavage. Une religion réellement divine comme l’Islam ne peut pas permettre l’avilissement de l’homme. Je pense que pour finir avec cette abomination, il faut le pardon (un pilier de l’Islam) de la part des esclaves en échange du regard, de l’attitude ou de la perception des autres. La classe considérée noble doit se rabaisser à la dimension humaine de la personne qui prône l’égalité entre les personnes ».
C’est ce que Mokhtar, en paraphrasant Rousseau, considère comme un contrat social. Car, soutient-il, « Quel que soit le niveau de développement d’un pays, si la justice sociale n’est pas une pratique pour la gestion entre les hommes, tout est à refaire »…
On doit arrêter les invectives et toucher du doigt la réalité ; en discuter sagement pour en sortir dignement. Notre époque ne peut accepter l’assujettissement, ni le droit à une société d’évoluer entièrement à part, avec des codes primaires soutenant la gestion des rapports par la distribution des rôles selon les castes dans cette société. Les lois du pays et de notre monde doivent s’exprimer dans les rapports des hommes dans toute et n’importe quelle société.
Aussi, devons-nous nous approprier les sages paroles du savant Ahmed Jiddou Ould Ahmed Bahi, auteur de la fatwa, « Nous devons aussi nous tous – tout en luttant contre ce mal – éviter de commettre d’autres maux tels que le fait de semer la discorde entre les fils d’une nation et la division entre les frères de la même religion, ou rendre des personnes innocentes responsables des actes des autres. Allah Le Très Haut Dit (« Voilà une génération bel et bien révolue. A elle, ce qu’elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis – Sourate la Vache »)»…
Très chère communauté, cette stratification sociale ou confinement par castes ne peut continuellement être entretenue de nos jours. La survie d’une communauté doit être en phase avec le contexte pour expliquer ses prétextes avec les textes qui respectent et magnifient l’existence pacifique des hommes qui la composent ; égalité et dignité pour tous. C’est le sens même de l’existence.
Respectueusement.

Camara Seydi Moussa (Nouvelle Expression)

ALERTE À DAFORT: TENTATIVES D’EXPROPRIATION D’HÉRITAGE À CARACTÈRE ESCLAVAGISTE.

Depuis le 17 Avril 2018, plusieurs familles de notre communauté connues comme anti- esclavagistes et refusant le système humiliant de l’esclavagisme statutaire par le lada soninké, sont approchées par certains éléments issus de la féodalité villageoise. À ce jour 6 familles de la communauté GANBANAAXU DAFORT sont menacées de cette expropriation à caractère clairement esclavagiste.
Toutes ces familles font partie de celles qui se sont défaites du joug psychologique et social de l’esclavagisme statutaire soninké véhiculé par le système de ladalamaxu*. Comptant sur le régime coutumier et féodal sur le foncier, les féodaux aux mentalités esclavagistes veulent sévir contre des paisibles citoyens dans cette localité (Commune de Dafort) du Guidimagha faisant partie de l’arrondissement de Lahraj. Depuis plusieurs mois, les autorités régionales et nationales sont alertées sur les comportements agressifs incessants à l’endroit de la communauté citoyenne GANBANAAXU dans le corps social soninké du Guidimagha.
Encore une fois , nous faisons appel aux autorités administratives, aux organismes nationaux de défense des droits humains (CNDH ET TADAMOUN), aux organisations indépendantes (SOS-ESCLAVES, AMDH, AMEES, IRA-MAURITANIE, UVDS, ORGANISATION CONTRE LES DISCOURS EXTRÉMISTES, BIT ET D’AUTRES), sur ces tentatives d’expropriation foncière à caractère esclavagiste qui violent ouvertement la Loi mauritanienne en la matière et rentrent dans les dispositions pénales contenues dans la loi 2015-031 qui criminalise les pratiques esclavagistes en Mauritanie. Notamment les articles suivants :

Article 12 : Quiconque s’approprie les biens, les fruits et les revenus résultant du travail de toute personne en la considérant esclave ou extorque ses fonds est puni d’une réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas.

■Article 14: Quiconque prive frauduleusement d’héritage toute personne, en considérant qu’elle est esclave, est punie d’une réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante milles (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas.
Également les autorités compétentes doivent prendre leurs responsabilités face à cette situation sensible à l’approche de la saison de pluies. Nos éléments sont plus que jamais déterminés de poursuivre l’exploitation de leurs parcelles de terres agricoles léguées en héritage par leurs ancêtres depuis plus d’un siècle bientôt.
Pour rappel sur le foncier, il est précisé ; juridiquement les textes sont clairs sur la question foncière en Mauritanie. L’article premier de l’ordonnance 83-127 du 05 juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale stipule que : « La terre appartient à la nation et tout Mauritanien, sans discrimination d’aucune sorte, peut, en se conformant à la loi, en devenir propriétaire, pour partie » et l’article 3 du même ordonnance dispose que : « Le système de la tenure traditionnelle du sol est aboli »

*ladalamxu : un système de rapports sociaux basés sur une subordination à caractère esclavagiste chez les soninké.

Lettre ouverte mise en copie et remise à qui de droit

DAFORT le 7 Mai 2018
COMMUNAUTÉ GANBANAAXU DAFORT

Communiqué de presse: l’apologie, force à la Loi contre l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie.

Par un verdict de première instance devant le tribunal (spécialisé sur les cas d’esclavage) d’Arafat à Nouakchott, monsieur Tapa Coulibaly a été condamné à 1 an d’emprisonnement ferme et une amende salée d’environ 460 milles ouguiyas. Lancé dans une campagne injurieuse et incendiaire faisant l’apologie de l’esclavage et ses séquelles sur les réseaux sociaux (au sein d’un groupe des féodaux réactionnaires soninkés appelé abusivement democratia islamique), cet individu a été rattrapé par son comportement provocateur répétitif ce lundi 23 Avril 2018 à la suite d’une plainte introduite par les milieux abolitionnistes notamment l’ONG contre les discours extrémistes depuis quelques temps. Pour rappel, depuis plusieurs mois par nos différents communiqués, nous avions alerté les autorités mauritaniennes sur les discours apologistes récurrents de l’esclavagisme statutaire en milieux soninkés. Longtemps entouré et protégé par des féodaux extrémistes qui défient les dispositions de la Loi antiesclavagiste (Loi 2015-031 , article 19) en vigueur en Mauritanie, il se croyait inatteignable. On apprend qu’il a fait appel du verdict et nous suivons de près l’évolution de son cas judiciaire et l’identification du monde féodaloesclavagiste qui l’instrumentalise. Aujourd’hui l’ordre féodal intracommunautaire soninké se radicalise de plus en plus. Des citoyens paisibles sont harcelés et provoqués parce qu’ils osent refuser le statut social d’esclave dans la communauté surtout dans les localités rurales .
Par ailleurs nous saluons ce verdict qui dénote une prise en compte de la menace que représente la féodalité aujourd’hui dans certaines communautés noires en Mauritanie. La rigueur de la Loi saura contenir certains comportements et discours qui portent atteinte à la mémoire ancestrale de certains parmi nous et à leur DIGNITÉ HUMAINE.

Pour la communication ARMEPES-FRANCE et GANBANAAXU FEDDE

24 Avril 2018

Regardez « Journée culturelle Ganbanaaxun Fedde vidéo 5 » sur YouTube By Touba Tv

À suivre la communication de Timera Ousmane lors de la journée culturelle ARMEPES-FRANCE et ses partenaires GANBANAAXU FEDDE le 23 décembre 2017.

29-03-2018 08:29 – Esclavage : la cour criminelle de Nouadhibou prononce des peines de dix et vingt ans de prison

Le Courrier du Nord – La Cour criminelle de Nouadhibou a condamné, aux termes de son audience du mercredi 28 mars 2018, le nommé Saleck Ould Amar et son fils, Hamoudi Ould Saleck à une peine de 20 ans de prison et une amende de 500.000 MRU (soit 5 millions anciennes ouguiyas) pour pratiques esclavagistes.

Par contre, la nommée Ravea Mint Mohamed a écopé de 10 ans d’emprisonnement et 250.000 MRU (2,5 millions anciennes ouguiyas) d’amende pour le même crime esclavagiste.

Le site atlasinfo.info qui rapporte l’information précise que les assises se sont déroulées au milieu d’un dispositif sécuritaire renforcé. Toutes les voies menant au tribunal étaient quadrillées par les forces de l’ordre et une fouille systématique montée à l’entrée de la salle d’audience.

Cette session de la Cour criminelle de Nouadhibou chargée de juger les faits d’esclavage et de ses pratiques est la deuxième qui se tient en Mauritanie depuis l’adoption de la Loi 2015-031 criminalisant ces faits. La première session s’est déroulée le 16 avril 2016 devant la Cour criminelle de Néma. Elle mettait en cause les nommés Hanena Ould Bouna et Ikhalihina Ould Haimad et leurs esclaves Bouta Mint Hemedi et Vatma Mint Zaida. Le juge avait condamné en première instance les deux mis en cause à 5 ans de prison dont une année ferme et 1 million d’amende.

Des peines que les antiesclavagistes avaient dénoncé pour son laxisme et pour sa violation des dispositions de la Loi 2015-031 qui prévoit une peine minimum de dix ans et une amende de 250.000 à 5 Millions d’anciennes ouguiyas (25.000 MRU et 500.000 MRU) et 1 million UM de dommages et intérêts pour les victimes. Les avocats de la partie civile feront appel et les dommages et intérêts accordés aux victimes ont été relevées. L’une d’elle, Bouta Mint Hemedi, 6 millions d’UM, alors que Vatma Mint Zaida et son frère se sont suffis de l’accord passé avec leurs anciens maîtres, en percevant la moitié du montant (déjà perçue) et le reste en août 2016.

Plusieurs autres dossiers sont en instances, dont plusieurs enrôlés auprès des tribunaux ordinaires avant la nouvelle loi sur l’esclavage, mais sous l’emprise de l’ancienne Loi 2007 dont les dispositions étaient plus flexibles, car l’esclavage y était érigé comme un simple délit et les dossiers susceptibles d’être soumis aux transactions pénales.

Tous ces dossiers en instances devront être transférés auprès des nouvelles cours criminelles. La prochaine séance de jugement est prévue fin mars début avril à Néma.

Cheikh Aïdara

Crédit source: http://www.cridem.org

Interview du président de l’ONG lutte contre les discours extrémistes, l’esclavage et le terrorisme en Mauritanie

Atlasinfo – Guidumakha.com : Bonjour président Mohamed M’Bareck, présentez- vous à nos lecteurs et présentez nous votre ONG ?

Je m’appelle Mohamed Ould Mbareck, je suis président de l’ONG Initiative d’opposition aux Discours Extrémistes. Notre ONG est créée le 07 Juin 2010 à Nouakchott – Mauritanie. Elle lutte contre les Discours Extrémistes, l’esclavage et le terrorisme.

Le saviez-vous que les discours extrémistes sont très développés pour réconforter des positions féodales (esclavagistes) dans le milieu des ethnies noires Mauritaniennes ?

Les discours extrémistes sont très développés et réconfortent les positions féodales des ethnies noires de Mauritanie. Dans certains milieux féodaux esclavagistes noirs, un frein à l’émancipation des esclaves est souvent entretenu par ces féodaux. Au niveau religieux ces féodaux refusent de partager les mosquées et les cimetières à ceux qu’ils jugent esclaves de caste.

Pour certains Mauritaniens non avertis, dès qu’on parle de l’esclavage, cela ne concerne que les Haratine et Maures blancs, pourtant les séquelles de l’esclavage ont la peau dure entre les ethnies dites « négro-africaines », que devrait faire les ONG pour combattre le fléau ?

L’esclavage dans la communauté maure est limité grâce à la loi 048 anti-esclavagiste en vigueur dans le pays. Chez les ethnies dites négro-africaines, la pratique esclavagiste est toujours entretenue dans les milieux féodaux. Notre ONG continue de lutter contre cette pratique en dénonçant les cas rencontrés auprès de la justice avec des preuves concrètes.

L’élite noire accuse l’élite maure de raciste et esclavagiste, vice-versa chez les maures, où se situe la responsabilité des uns et les autres par rapport à ces deux problèmes qui minent les mauritaniens selon vous ?

Concernant la communauté maure blanche, il n’y pas de problèmes de partage des mosquées et des cimetières entre les maures blancs et les Haratines. Ils prient ensemble dans les mosquées et leurs morts sont enterrés ensembles, leurs enfants étudient ensemble dans les mêmes écoles. Ce n’est le cas malheureusement dans les milieux féodaux des communautés négro-mauritaniennes.

Nous avons appris ces deniers jours, votre ONG a porté devant la justice le cas d’un certain Tapa Coulibaly avec d’autres partenaires, vous avez accusé l’individu de tenir un discours extrémiste dangereux pour la cohésion sociale, avez-vous eu gain de cause ? Expliquez nous le dessous de cette affaire ? Que faisait l’individu dans les réseaux sociaux ?

Oui, nous avons porté plainte contre Monsieur TAPA Coulibaly pour discours extrémistes et esclavagistes. Ce Monsieur à plusieurs occasions a fait l’apologie de l’esclavage et portant atteinte à la cohésion sociale. Notre ONG a réuni des preuves compromettantes contre ce Monsieur et nous en avons saisi la justice qui a mis l’accusé sous surveillance judiciaire. Nous remercions Monsieur le Procureur de la République et ses adjoints, le juge d’instruction, le Commissaire de la Police Judiciaire et le Commissariat 4ème de Tevragh Zein qui ont bien traité correctement notre plainte. Ceci honore notre justice. N’oublions pas que l’extrémisme est la cause principale du terrorisme que notre ONG combat avec force.

Dans le Guidumakha, si les gens ne souhaitent plus suivre les coutumes esclavagistes, ils sont lynchés, battus, reniés, exclus de villages, les descendants serviles n’ont pas droit de diriger leur propre mosquée (imam), ni chefferie villageoise, sont privés de compétitions lors d’élection, s’ils sont nommés, ils sont dénoncés par les féodaux, qu’en pensez vous de cette situation ? Est-ce que l’état ne serait-il pas responsable de cette discrimination héréditaire en continue depuis plusieurs siècles ?

La situation des esclaves au Guidimagha est inacceptable et est contraire à notre sainte religion, et aux droits de l’homme. Il est inacceptable d’empêcher les esclaves du Guidimagha de diriger des mosquées, des villages ou des postes électifs. On ne peut accuser l’Etat de cette situation. L’Etat a mis en place des lois anti-esclavagistes et ce sont les milieux féodaux qui sont responsables de cette situation. Cette situation sera traitée par Notre ONG et affrontera cette situation ainsi que tous cas similaires dans toutes les communautés du pays.

L’équipe Guidumakha.com vous remercie d’avoir accepté de répondre à leurs questions.

Source crédit: http://www.cridem.org

ALERTE AU GUIDIMAKHA : LE DOYEN DEMBA DIARRA CONVOQUÉ À LA BRIGADE DE GENDARMERIE À GHABOU

Le doyen Demba Diarra blanchi à Nouakchott récemment dans une affaire montée par les milieux féodaux et réactionnaires du milieu soninké, est retenu depuis ce matin à la brigade de GHABOU.
Originaire du village de Coumba Ndaw, il y est arrivé ces derniers pour passer quelques jours de vacances annuelles. Fervent défenseur des droits humains et militant pacifique pour l’égalité en DROITS et en DIGNITÉ au sein des communauté soninké, le doyen subit comme beaucoup d’autres dans les milieux soninkés d’innombrables harcèlements et intimidations à cause de leur refus d’un système féodal et esclavagiste qui sévit dans nos localités rurales .
Encore une fois de plus, nous alertons les hautes autorités mauritaniennes sur le cas symbolique de ce monsieur qui avait été classé sans suite au tribunal de Nouakchott le 6 février dernier. Ainsi cette nouvelle convocation auprès des gendarmes aujourd’hui au Guidimagha, nous paraît très troublante.
Il est temps et urgent que les pouvoirs publics à tous les niveaux prennent les mesures qui s’imposent pour garantir la cohésion sociale et citoyenne menacée incessamment par les milieux féodaux qui se croient au-dessus des Lois nationales.
Nous relevons des tendances teintées d’ambiguïté et de connivence suspecte au niveau des administrations départementales et régionales sur ces questions liées aux séquelles vivaces de l’esclavagisme chez les soninkés du Guidimagha. Plusieurs cas en suspens et non pris en compte selon les dispositions légales prévues et connues de TOUS, demeurent en sommeil à ce jour.
Nous faisons un appel pressant à nos partenaires nationaux et internationaux pour la défense des droits humains, pour s’intéresser davantage aux manœuvres provocatrices et agressives de la féodalité soninkée. Des paisibles gens voulant vivre en citoyens DIGNEMENT subissent les caprices d’une composante féodale qui défie l’ordre citoyen.

Le 24 février 2018

Pour la communication GANBANAAXU