● Mauritanie : Quand l’ignorance fait loi [IRA-Mauritanie]

Initiative de Résurgence Abolitioniste (IRA)

Mauritanie : Quand l’ignorance fait loi

Note d’information

Dès qu’un édile est malmené et de surcroît dans l’hémicycle, la démocratie en pâtit. Du jamais vu ! Ainsi, le 24 janvier après 17heures, la députée Mariem Mint Cheikh est expulsée, manu militari, de l’Assemblée nationale. Des vigiles zélés, sous les ordres du président de la chambre, le tout-puissant général Ould Meguett, l’ont sortie par la contrainte.

On le savait et s’y attendait : Les interventions récurrentes de Mariem Mint Cheikh dérangent le meneur du Parlement. En effet, la référence régulière à son passé de génocidaire et de bourreau de ses frères d’armes pendant les années de braises constitue une gêne insupportable dont le président de l’Assemblée nationale ne parvient à se défaire, l’empêchant, alors, de sacrifier, à l’oubli, cette page sombre de notre histoire.

Pire, la violence manifeste que caractérise l’atteinte à l’intégrité physique d’une femme, du fait des hommes, n’est acceptable en Islam, ni selon les rudiments de la démocratie.

Face au dévoiement des institutions ici constaté, la mouvance abolitionniste, dans la diversité, apporte son soutien indéfectible à l’honorable, Mariem Mint Cheikh et proteste, avec énergie, contre l’outrage et la brutalité qui tendent à se banaliser aux dépens des élus et du mandat législatif. L’exercice même de la mission s’en trouve compromis.

Nouakchott le 25/01/2024

● L’obsession de l’arabité : Entre complexe et hypocrisie ! [Eveil Hebdo]

Eveil Hebdo – «L’arabe en tant que langue du Coran, mérite respect et considération, mais ce n’est ni une langue technologique avancée, ni une langue des sciences exactes ou à la pointe des connaissances modernes, ni fondatrice d’une démocratie avancée et moderne».

C’est un débat sans fin ! Depuis l’indépendance, l’arabité – ou l’arabisation – du pays revient comme un serpent de mer. Dans certains milieux l’obsession de l’arabité laisse à penser que plutôt de vouloir arabiser tout le pays, on voudrait se convaincre soi-même de son arabité.

Pourtant, comme l’avait si bien théorisé l’écrivain Nigérian Wole Soyinka, «un tigre n’a pas besoin de crier sa tigritude».

Les plaques d’immatriculation des véhicules, les panneaux publicitaires et même les signalétiques de la circulation sont en train peu à peu d’être arabisés pour montrer que la Mauritanie est un pays arabe. Apparemment, il y en qui en doutent encore.

Déjà, en son temps, l’ex-Premier Ministre, M. Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf, pourtant francophone et francophile, avait relancé la polémique en déclarant vouloir faire exclusivement de l’arabe une langue de travail et d’échanges au sein de l’administration. Une déclaration reprise et appuyée par sa ministre de la Culture de l’époque, Mme Mint Boyde, dont la maman est pourtant française et dont le fils unique était inscrit au Lycée Français, qui avait estimé que «les langues nationales sont une menace pour la langue arabe» !

Avant cela, le député Khalil Ould Teyyib – dont les relations obscures avec l’ex-président Khaddafi sont un secret de polichinelle – s’était permis de déchirer, en pleine séance plénière de l’Assemblée Nationale, un document au prétexte qu’il était rédigé en français.

Moktar Ould Daddah et les prémices de l’exclusion

Le problème relatif aux questions linguistiques en Mauritanie, vient du fait que la politique qui est jusque-là menée est fondée sur des mensonges et des négations identitaires. Il y a peut-être, dans la volonté de faire de la Mauritanie un pays arabe, en dehors des rapports de domination d’une entité sur d’autres, quelque chose de pathologique, de névrotique.

Depuis plus de soixante ans, c’est-à-dire depuis la veille des indépendances africaines et jusqu’à nos jours, la question de la place de l’arabe en Mauritanie empoisonne la vie politique, culturelle et sociale du pays. Les constitutions du 22 mars 1959 et du 20 mars 1961 stipulent que la langue nationale est l’arabe et que la langue officielle est le français (article 3 de la Constitution de 1961). On voit, déjà, qu’à l’aube et aux premières heures de l’indépendance du pays, les autres langues parlées par les populations vivant sur le sol mauritanien sont exclues d’une portée nationale par la Loi fondamentale, car seul l’arabe est considéré comme langue nationale.

Les populations noires auraient dû voir là les habiles premières manœuvres d’Ould Daddah (en bon Ehel Guibleh) et ses comparses en vue de faire de la Mauritanie un pays arabe. Mais le fait que l’arabe soit la langue du Coran, étudié par les couches noires du pays, a peut-être participé à chloroformer les esprits.

Tout acharnement à affirmer son identité doit faire l’objet d’examen

Les Hassan sont des arabes chassés d’Arabie qui ont sillonné de nombreux territoires avant de se poser en Mauritanie entre le XIVème et le XVème siècle. Ces expulsés de leur terre ont fini par dominer les Berbères qu’ils auraient trouvés sur place et à qui ils auraient imposé leur langue. Ayant étant chassés d’Arabie et pas trop souvent considérés par le monde arabe, ne seraient-ils pas, inconsciemment, dans le besoin de s’affirmer ? Tout acharnement à affirmer son identité doit faire l’objet d’examen.

Comme le disait Wolé Soyinka, «le tigre n’a pas besoin de proclamer sa tigritude, il bondit sur sa proie».Citons également à ce sujet Mme Hindou Mint Ainina, ancienne ministre de la Culture : «à mon humble avis, ce n´est pas en criant notre arabité sur les toits que nous arriverons à nous convaincre que nous sommes arabes. En fait, ceux parmi nous qui tiennent ce langage donnent l´impression d´un enfant qui arrive tant bien que mal à exprimer ce qu´il croit, mais a besoin de l´approbation de sa mère pour y croire vraiment. Nous paraissons vouloir nous convaincre nous-même d´un fait qui a été accompli avant nous».

L’arabité, dans le contexte mauritanien, est un concept dangereux

Dans ce pays qui joue un rôle tampon entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, ce sujet remet au goût du jour l’obsession de l’arabité, pour laquelle le régime de Maaouiya Ould Taya a sacrifié les Négro-Mauritaniens, qui ont été chassés de leur pays. Au regard de ce douloureux précédent, on se demande pourquoi on cherche de temps en temps à ouvrir cette boîte de Pandore.

Car l’arabité, dans le contexte mauritanien particulièrement, est un concept dangereux qui doit être manipulé avec prudence et doigté, car la frontière avec celui de l’identité nationale est très sensible. Le débat serait facilité, s’il n’y avait pas cette part d’ombre névrotique, s’il y avait moins de passions et un peu plus de clairvoyance. Car il y a les faits. Il y a l’histoire. La population mauritanienne est composée d’Arabes, de Peules (Pulaars), de Soninkés, de Wolofs, de Bambaras, de Berbères, de Sérères…

Voilà quelque chose qui est là, qui se pose comme un fait. A partir de là, pour celui qui cherche l’équité, il doit se demander comment toutes ces populations peuvent vivre ensemble dans le respect mutuel. Pour que des personnes différentes vivent ensemble pacifiquement, il faut que les droits de chacune d’entre elles soient respectés par les autres.

Reconnaître l’identité de chaque Mauritanien ne peut être que source d’apaisement, de rapprochement, d’ouverture vers l’autre, de coopération. Une fois cette étape franchie, se posent alors des problèmes d’ordre pratique. Comment faire pour que des ethnies différences cohabitent et travaillent ensemble. Par rapport à ce que nous venons de dire, il est donc du droit de chaque Mauritanien de préserver son identité, s’il en a envie, donc d’apprendre sa langue maternelle, et il faudra en même temps trouver une langue de travail commune.

Là aussi, il faut essayer d’être objectif, lucide. La langue arabe n’est pas la langue de nombreux Mauritaniens. Nous faisons la différence entre hassanya et arabe. D’autre part, l’arabe n’est ni une langue technologique avancée, ni une langue avancée des sciences exactes ou humaines ou à la pointe des connaissances moderne, ni fondatrice d’une démocratie avancée et moderne. Alors soyons pratique, choisissons une langue étrangère performante pour nous développer et nous moderniser. Il faut sortir des sentiments et de la politique politicienne, névrotique, aveugle et regarder les choses en face.

Les Ecoles «El Falah», symbole de la mauvaise foi des chantres de l’arabité

Une preuve vivante que les négro-africains n’ont jamais détesté la langue arabe et de la mauvaise foi des pseudo-chantres de l’arabité, ce sont les Ecoles «El Falah». El Hadj Mahmoud Bâ les fonda en s’inspirant de l’école supérieure saoudienne «Madrasatoul Falah» d’où il était sorti après son pèlerinage à la Mecque et un cursus universitaire complet.

Ce visionnaire fut capable de diffuser ses écoles dans toute la sous-région à partir de la fondation de la première institution de ce type dans son village natal de Djéol, en 1939 ! Pourtant, à une ou deux exceptions près, les centaines de cadres – tous négro-africains – qui sont sortis de cette école et ont pu poursuivre des études supérieures, pour la plupart en Egypte, ont été contraints de devenir tous enseignants, même ceux qui avaient des diplômes en agronomie, administration ou autres. Aujourd’hui, il n’y a aucune reconnaissance symbolique de cette institution qui, pourtant a joué un rôle plus que prépondérant dans l’épanouissement de la langue arabe en Mauritanie et partout en Afrique de l’Ouest.

Au même moment on est en train de glorifier des Mahadhras sorties de nulle part et dont l’apport n’est en rien comparable à l’œuvre de feu El Hadj Mahmoud Bâ. En fait, comme l’avait souligné en son temps le professeur Lô Gourmo, l’objectif des pseudo-défenseurs de la langue arabe est de la transformer en un «instrument d’oppression et de discrimination et comme objet culte de la dévalorisation culturelle et de l’abaissement des autres langues nationales et de leurs locuteurs».

En effet, il est quand-même curieux qu’au Maroc, en Algérie et au Mali on trouve, en plus des Arabes, des berbères, des touarègues et même des juifs, et qu’en Mauritanie, qu’il n’y ait que des Arabes. Comprenne qui pourra !

Sikhousso

● Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=771905&fbclid=IwAR3C7BTP5HHR4FUJ0QslXLw3u-0T3gN2GzxGPFqYF6Sel-3U_pIy_iwFFKI

⚽️-Historique | La Mauritanie 🇲🇷 bat l’Algérie et file en 8e de finale.

À Bouake (Côte d’Ivoire), ce mardi 23 janvier 2024 marque une journée historique dans les annales sportives mauritaniennes. À l’occasion d’un dernier match du groupe D, Nos Mourabitounes ont battu l’avant dernier champion d’Afrique les Fennecs d’Algérie et s’offrent une place de huitième de finaliste. Avec un score serré de 1 à 0, la Mauritanie fait un pas de géant en accédant au Top 16 de la CAN 2023 (reportée en 2024) chez le pays de Félix Houphouët Boigny et de Didier Drogba. Classés parmi les meilleurs 3èmes repêchables des poules, les coéquipiers du portier Babakar Niasse (élu homme du match du jour) vont affronter la tenace et montante équipe du Cap-Vert, lundi prochain 29 janvier 2024 à Abidjan à 18H (heure de Paris). Pour rappel la Mauritanie est à sa 3ème participation à la compétition faîtière du football africain sous l’égide de la Confédération Africaine de Football (la CAF). Lors de cette édition, les protégés du coach franco-comorien Amir Abdou ont concédé 2 défaites (face aux burkinabè 1-0 et aux angolais 3-2) et une victoire. Cette dernière contre les algériens assure un éclat d’engouement du côté de Nouakchott et ouvre une perspective d’une belle rencontre face à nos voisins insulaires dans l’océan Atlantique. À y aller sans regrets…pour que l’aventure continue… in sha Allah !

🎉🇲🇷TRÈS CHALEUREUSES FÉLICITATIONS DU BLOG🇲🇷🎉

Éléments médias CAF

24 janvier 2024

KS pour le BLOG

● Mauritanie : la durée de validité de la carte de séjour pour les étrangers a été fixée à cinq ans au lieu d’un an

EN BREF | Cridem – Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, a déclaré, ce mercredi 17 janvier, que la durée de validité de la carte de séjour pour les étrangers a été fixée à cinq ans au lieu d’un an.

Le ministre a expliqué que cette décision a été prise pour tenir en compte de ce qui est en vigueur dans la plupart des pays qui entretiennent des relations avec la Mauritanie dans ce domaine, où la durée de la carte varie d’un an à dix ans.

Ould Mohamed Lemine a fait cette annonce, lors du point de presse du gouvernement.

• Lien https://cridem.org/C_Info.php?article=771702

● Canaries : inquiétude de la hausse des bateaux de migrants en provenance de Mauritanie

Taqadomy – Le chef du gouvernement régional des îles Canaries, Fernando Clavijo, a appelé aujourd’hui l’Espagne et la Commission Européenne à renforcer de toute urgence leurs accords de coopération dans le domaine de la migration avec la Mauritanie.

La déclaration de Clavijo intervient après que les autorités ont constaté, ces dernières semaines, une augmentation significative de l’arrivée de migrants dans les îles en provenance des côtes mauritaniennes.

Selon les statistiques espagnoles, au cours de la période du 1er au 13 janvier, 43 bateaux chargés de migrants sont arrivés aux îles Canaries, dont 35 sont en provenance de Mauritanie.

Ce qui montre, de l’avis du Premier Ministre, que les accords de contrôle des départs des navires empruntant cette route « ne semblent pas fonctionner correctement ».

L’analyse du suivi des migrations menée périodiquement par les autorités montre une augmentation notable des arrivées de bateaux dans l’archipel en provenance de Mauritanie depuis le début du mois de décembre dernier. La preuve, tout au long de l’année 2023, il y a eu 93 bateaux en provenance des côtes mauritaniennes vers l’archipel des îles Canaries. Plus de la moitié sont arrivés au cours du dernier mois de l’année.

Au cours des deux premières semaines de janvier 2024, déjà, plus de 3 500 personnes sont arrivées sur les côtes des îles Canaries, contre 371 migrants arrivés, selon le ministère de l’Intérieur, au cours de la même période en 2023 et 714 migrants en 2022.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=771673

● Le Grand Entretien du Blog | En exclusivité avec le géoscientifique M. Aleyda TRAORE

La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) marque son entrée en 2024 avec une prolifique interview accordée par un natif de la région du Guidimagha mauritanien. En la personne de monsieur Aleyda TRAORE, un Masterien expérimenté en Géosciences et Ressources qui travaille en France depuis quelques années. Nos vifs remerciements à lui pour sa disponibilité qui aboutit à cet entretien d’une belle pointure.

~Bonne Lecture :

● Question 1 : Bonjour monsieur Traoré, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? (+parcours universitaire et professionnel)

Aleyda TRAORE : Bonjour Koundou SOUMARE. Merci à toi de m’avoir donné l’opportunité de pouvoir m’exprimer à travers cet interview sur ton blog.

Je m’appelle Aleyda TRAORE, natif du village de Bouanze, Guidimakha. Né à Bouanze, j’y ai fait mes études primaires pendant mon enfance.  A l’âge de 13 ans, je suis allé au collège de Ould-yengé (Guidimakha) où j’ai fait mes deux premières années de collège avant de rejoindre Nouakchott pour la suite de mes études du collège (Elmina), du lycée (Lycée Arabe et Lycée National).
En 2000 j’ai obtenu mon baccalauréat en série D et j’ai intégré l’université de Nouakchott, à la Faculté des sciences et Techniques en parcours Biologie-Géologie. Après l’obtention de mon DEUG (diplôme d’études universitaires générale), j’ai poursuivi mon parcours de second cycle universitaire en filière de Géologie minière. J’ai obtenu ma maîtrise dans cette filière en 2005.

En septembre 2005, je suis arrivé en France pour poursuivre mes études de Géologie à l’université Henri Poincaré à Nancy où j’ai obtenu mon diplôme de Master en Géosciences et Ressources, parcours Pétrolier.

Après le master je suis rentré dans la vie professionnelle. Mon parcours professionnel a débuté au sein de l’université Henri Poincaré où j’ai occupé un poste d’assistant chercheur avant de m’orienter vers le secteur privé.

Aujourd’hui je suis dans ce secteur privé depuis 15 ans dans le domaine de l’environnement, particulièrement dans la dépollution des sols et eaux en tant que superviseur et référent environnemental des chantiers de dépollution des sols et nappes phréatiques. Je m’occupe précisément du diagnostic, analyse et interprétation des données des composés d’hydrocarbures entre autres dans les sols et dans les eaux.

● Question 2 : Étant issu de la communauté soninké qui est très attiré par l’environnement migratoire à travers le monde notamment en France, quel est votre diagnostic sur la situation actuelle de ce phénomène ? (Avantages et inconvénients) et également quelques éléments de votre expérience…

AT : La réponse à cette question est assez vaste, on peut y consacrer un livre entier, car les soninkos sont traditionnellement des grands voyageurs dans le temps et dans l’espace. Je vais donner mon point de vue d’une manière singulière en s’appuyant sur le cas de l’immigration de ceux-ci vers la France.

L’immigration en soi est positive à mon avis, dans les sens où elle contribue positivement à la croissance économique et au développement culturel des immigrés, de leurs familles et pays d’origine d’une part et elle a une forte influence sur l’économie du pays d’accueil d’autre part.
Cependant comme toute activité, l’immigration a aussi son lot d’inconvénients.

Comme je l’ai dit plus haut, l’immigration chez les soninkos est très ancienne (on peut la chercher bien avant la fondation de l’empire du Ghana) et était très répandue dans le continent africain.
Toutefois, les migrations contemporaines sont beaucoup plus orientées vers les pays occidentaux.
Plusieurs facteurs expliquent cette orientation de ce flux migratoire des soninkos. On peut citer les deux guerres,  où les soninkos étaient incorporés dans l’armée française, le besoin des occidentaux en main d’œuvre,  notamment la France ruinée par les guerres pour sa reconstruction…

Pour rester sur la question, l’immigration est une des activités actrice du développement socio-économique en pays soninké. Les gouvernements des pays d’origine des soninkos ne sont pas suffisamment impliqués dans ce développement.
Quand on regarde le Guidimakha de la Mauritanie que je choisis ici comme exemple puisque c’est ma région natale et c’est elle que je connais mieux que les autres régions des soninkos, la grande majorité des services de base de la vie (écoles, centres de santé, accès à l’eau potable…) sont des réalisations des immigrés.
Cependant, il y a énormément de points négatifs liés à  l’immigration et notamment chez les soninkos.
En outre des difficultés linguistiques, culturelles liées à l’intégration on assiste à une vidange des familles et des pays de leur force, de leur matière grise et surtout de l’intellect.
Le milieu soninké est frappé par un phénomène d’appauvrissement humain associé à des pertes des vies liées aux conditions de transit vers les pays d’accueil.
Le durcissement des lois anti migratoires, la baisse de la qualité de vie par manque de logement, d’emploi, de permis de séjour et de travail en sont quelques exemples concrets qui doivent inciter les soninkos à prendre au sérieux cette question.
Malgré cela, les populations n’ont pas forcément conscience du mal et n’en font pas une priorité, car le sujet n’est pas sérieusement abordé par les pouvoirs publics afin de trouver des solutions efficaces.
La question sur l’immigration est un couteau à double tranchant qui nécessite un sérieux investissement et une profonde étude pour établir des nouvelles alternatives assez bénéfiques pour tous.

● Question 3 : En Mauritanie, autour de l’éducation, certains indexent une inquiétante baisse du niveau général des apprenants, quelle est votre analyse sur cette situation ?

AT : Le système éducatif de la Mauritanie a connu plusieurs réformes visant toutes une amélioration de celui-ci mais malheureusement le résultat est négatif, le niveau de l’éducation rétrograde d’année en année. L’analyse que je pourrais faire sur cela est d’ordre politique voire même constitutionnel se rattachant directement à l’histoire du pays et de sa population dans un premier temps et dans un second temps, cette régression pour ne pas dire « échec » du système éducatif n’est que le produit de la mauvaise gestion globale des institutions du pays donc de la politique de gouvernance.

La composition de la population n’est pas homogène. Les maures se réclament arabe et les noirs ont  chaque ethnie (soninké, poular, wolof, haratine et bambara), sa langue et sa culture propre.
La  première catégorie  représentant l’élite du pays souhaite imposer une langue et une culture arabe auxquelles elle se réclame à la seconde catégorie, alors que cette dernière a toujours été favorable à sa propre culture et langue maternelle et au Français qui est la langue du colonisateur. Une introduction des langues (Français puis arabe comme langue officielle et les autres langues comme nationales) dans la constitution et par la suite dans le système éducatif. Ainsi réformes  après réformes au sein du système éducatif sont mises en place pour tenter de coupler les deux inclinations à travers des programmes éducatifs qui manquent systématiquement de solidité et de rigueur.

La deuxième explication essentielle à cette régression scolaire est associée à la mauvaise gouvernance des institutions. Il y a un réel manque de vraie formation des formateurs, un réel manque de compétence des pouvoirs publics à redresser la courbe de l’échec scolaire, un vrai manque de volonté des encadrants et parfois même des parents d’élèves à s’impliquer dans cette éducation, soit principalement par manque de moyens (financiers et matériels) alloués à la tâche, pour les encadrants ou soit par simple négligence et/ou méconnaissance de l’intérêt de l’éducation en ce concerne les parents d’élèves. Et c’est très dommage et surtout très regrettable pour un pays, car l’éducation est la principale responsabilité de tout en chacun et est le soubassement de toute compétence.

● Question 4 : La communauté soninké est traversée par une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles seraient selon vous, des précautions efficientes pour recouvrer une certaine sérénité communautaire ?

AT : La communauté Soninké est une communauté très conservatrice. Les pratiques esclavagistes et féodales n’ont pas échappé à ce conservatisme soninké. Autrement presque toutes les civilisations du monde entier ont connu la pratique de l’esclavage sous différentes formes, néanmoins sont parvenues à son abolition quelle qu’en soit la forme. L’esclavage et le féodalisme perdurent chez les soninkos car ces derniers  rattachent par méconnaissance la pratique à la religion musulmane alors que l’esclavage existait bien avant l’islam.
D’ailleurs l’islam arrivé a mit en place une infinité de processus de libération des esclaves. Cependant l’aristocratie Soninké de manière générale s’apparente au Ku Klu Klan. Les esclavagistes Soninkés s’opposent vigoureusement à toute démarche de mise en liberté et à toute autonomie des personnes serviles, jusqu’à défier délibérément les lois et dispositions des autorités administratives, avec la complexité de certains hauts fonctionnaires, élus et cadres de l’État.

L’organisation Soninké fortement hiérarchisée basée sur un système de caste est un héritage du passé qui est malheureusement resté dans le conservatoire de la communauté. Toutefois, ces dernières années, plusieurs associations et ONG abolitionnistes issues de la jeunesse Soninké et autres, ont réussi tant bien que mal à réveiller les esprits à travers les réseaux sociaux. On note une nette prise de conscience du drame malgré une farouche opposition des féodaux esclavagistes. Je pense qu’il est temps que les soninkos comprennent que la machine de la sensibilisation est lancée et ne fera plus marche arrière. L’heure est au réveil et d’avancer avec l’Histoire. Le temps de ces pratiques ignobles est dépassé. Il faut évoluer positivement et se débarrasser de tous ces encombrants qui ne font que léser le bon fonctionnement de la société.

Pour éradiquer d’une manière efficace et efficiente ce fléau il faut qu’il trouve sa place dans les engagements sérieux des pouvoirs publics.

● Question 5 : Au cours de cette année 2024 aura lieu l’élection présidentielle en Mauritanie, quelles sont vos observations sur l’arène politique actuelle et votre grille de projection sur l’échéance à venir…?

AT : Récemment d’après certaines sources médiatiques, les chiffres publiés par l’agence nationale des registres de la population et des titres sécurisés indiquent au moins 500 000 personnes ont été enregistrées. Ceci dit qu’au moins 10% de la population Mauritanienne n’avait pas des documents nécessaires pour participer aux élections, s’ils en avaient l’âge d’y participer bien évidemment. A ce titre, je souhaite que l’État fasse tout le nécessaire pour que l’ensemble de la population (de l’intérieur comme de l’extérieur) ait un document qui lui permettra de s’acquitter de son devoir de citoyenneté.

Concernant les élections de 2024, j’ose rêver d’une participation de toutes et tous. Le Mauritanien depuis l’indépendance  du pays rêve d’une vraie démocratie et un réel changement du système. Je pense que ces élections pourraient être une très grande opportunité pour les Mauritaniens de tout bord d’agir pour le changement.
Ensemble, hommes politiques et citoyens, il est temps de mettre de côté nos égos individuels, de s’engager honnêtement et sincèrement pour s’unir et créer un vrai rapport de force.
Merci.

13 janvier 2024

Réalisé par KS pour le BLOG

● L’immigration clandestine | Le rapport 2023 en chiffres funestes par l’Ong Caminando Fronteras de Helena L Garzón

Ci-après l’élément média publié (10 janvier 2024) par l’activiste humanitaire espagnole Helena Maleno Garzón sur sa page Facebook https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02zeCyFqqttF1RWbRbtYkWLUdX3o5FKPoNZ9DQsAE7vnqxZ5q6X5GiheZA7Gn661B6l&id=100000669808011 . On y constate un chiffrage lourd sur l’année 2023 de la dramatique situation de l’immigration clandestine entre les côtes africaines (Nord et Ouest) et la rive européenne (principalement espagnole).

« 🚨 L’année 2023 a été l’année la plus meurtrière aux frontières espagnoles : 6618 personnes sont mortes en tentant de les franchir.

⚠️ Dix-huit personnes en moyenne sont mortes chaque jour à cause des politiques de contrôle des frontières.

🌍 La route des îles Canaries reste la route active la plus meurtrière au monde avec 6007 victimes. Les relations hispano-marocaines qui utilisent la migration comme chantage et l’instabilité politique au Sénégal marquent l’exode des personnes sur cette route migratoire.

🌊 La plupart des tragédies se concentrent dans l’Atlantique. L’omission du devoir d’assistance s’est installée comme une pratique de contrôle migratoire.

🛶 Au total, 84 embarcations ont disparu sans que personne n’ait survécu pour raconter l’histoire. La plus grande, avec 300 personnes à bord.

🫂 Au total, 363 femmes et 384 enfants ont perdu la vie à cause de la nécropolitique migratoire. Des familles entières ont vu leur droit à la vie violé à nos frontières.

📆 Les mois de juin et d’octobre ont été les plus meurtriers, avec respectivement 1197 et 2370 victimes.

🗺 Des personnes originaires de 17 pays différents ont perdu la vie en tentant de rejoindre les côtes espagnoles. Une tragédie de dimension internationale.

📖 Le travail quotidien avec les communautés migrantes et les familles des victimes, ainsi que notre Observatoire des Droits Humains à la Frontière, permettent de reconstruire ces données et de rendre hommage aux victimes.
🔗 Lisez le rapport complet à caminandofronteras.org

#DroitALaVie2023 #VictimesFrontières2023« 

● Lien média https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02zeCyFqqttF1RWbRbtYkWLUdX3o5FKPoNZ9DQsAE7vnqxZ5q6X5GiheZA7Gn661B6l&id=100000669808011

● Mauritanie | Début de l’enseignement des langues nationales dans les écoles de formation des instituteurs [ami.mr]

L’opération d’introduction de l’enseignement des langues nationales dans le programme de formation des écoles normales des instituteurs (ENI) a débuté, mardi, dans les cinq établissements nationaux de formation des enseignants.

Pour parvenir à cet objectif, le ministère a adopté une approche qui consiste à enseigner le pularr dans les wilayas des deux Hodhs, de l’Assaba, du Gorgol, du Brakna et du Taguant, en tant que la langue nationale la plus couramment utilisée, tandis que le Soninké sera enseigné au Guidimakha et le Wolf dans la wilaya du Trarza.

Au niveau de e Nouakchott, le ministre de l’Education nationale et de la Réforme du Système éducatif, M. Moktar Ould Dahi, a visité les classes d’enseignement de ces langues à l’ENI de Nouakchott, et exhorté les futurs instituteurs à accorder une attention particulière à ces langues en tant que matières essentielles et non secondaires.

« Ces langues permettront la coexistence fraternelle et la communication entre les composantes d’un même peuple et la consolidation de la cohésion nationale », souligne le ministre.

Il a, également, appelé les formateurs à redoubler d’efforts pour rehausser le niveau des élèves-enseignants, qui deviendront enseignants de l’enseignement fondamental, en adoptant une méthodologie éducative qui s’appuie à la fois sur la quantité et la qualité du rendement éducatif.

Au terme de sa visite, le ministre a déclaré à l’AMI qu’il est venu s’enquérir des conditions du déroulement du premier jour de l’enseignement des langues nationales.

Début de l’enseignement des langues nationales dans les écoles de formation des instituteurs
Nouakchott
On 1:12 PM | 9 Jan 2024

L’opération d’introduction de l’enseignement des langues nationales dans le programme de formation des écoles normales des instituteurs (ENI) a débuté, mardi, dans les cinq établissements nationaux de formation des enseignants.

Pour parvenir à cet objectif, le ministère a adopté une approche qui consiste à enseigner le pularr dans les wilayas des deux Hodhs, de l’Assaba, du Gorgol, du Brakna et du Taguant, en tant que la langue nationale la plus couramment utilisée, tandis que le Soninké sera enseigné au Guidimakha et le Wolf dans la wilaya du Trarza.

Au niveau de e Nouakchott, le ministre de l’Education nationale et de la Réforme du Système éducatif, M. Moktar Ould Dahi, a visité les classes d’enseignement de ces langues à l’ENI de Nouakchott, et exhorté les futurs instituteurs à accorder une attention particulière à ces langues en tant que matières essentielles et non secondaires.

« Ces langues permettront la coexistence fraternelle et la communication entre les composantes d’un même peuple et la consolidation de la cohésion nationale », souligne le ministre.

Il a, également, appelé les formateurs à redoubler d’efforts pour rehausser le niveau des élèves-enseignants, qui deviendront enseignants de l’enseignement fondamental, en adoptant une méthodologie éducative qui s’appuie à la fois sur la quantité et la qualité du rendement éducatif.

Au terme de sa visite, le ministre a déclaré à l’AMI qu’il est venu s’enquérir des conditions du déroulement du premier jour de l’enseignement des langues nationales.

Il a ajouté que cette introduction se déroule d’une manière synchronisée dans les cinq écoles normales des instituteurs, expliquant que l’accent a été mis sur les instituteurs en tant qu’éducateurs et porteurs de mission, et qu’il est normal qu’ils connaissent une langue autre que la langue maternelle pour communiquer avec les élèves, leurs parents et leurs correspondants.

« Cette expérience est très importante pour les élèves – enseignants, qui doivent être pleinement conscients et œuvrer pour sortir avec un niveau qui leur permet de faire passer leur message et de s’adresser à la communauté qui les entoure.

Le ministre a été accompagné du secrétaire général du ministère, du directeur de l’ENI et de certains responsables du département.

• Lien média https://ami.mr/fr/archives/237792

● Le mot d’ouverture du président d’IRA-France | Par M. Mohamedhine DAH ZAHAF

Bonjour en 2024, année de notre succès !

Au nom de l’ensemble des militants et sympathisants de la section d’IRA Mauritanie en France, je souhaite la bienvenue aux personnalités, camarades et à nos partisans d’obédience diverse et de toute nationalité, en particulier les animateurs de la société civile. Je vous sais gré d’avoir honoré notre invitation et, ainsi, bravé les rigueurs du frimas parisien.

Votre affluence nous honore et atteste de votre sensibilité et de l’intérêt que vous portez à notre cause commune : nous célébrons la liberté et l’égalité des humains partout dans notre monde mais aussi la fraternité, troisième mot d’une si belle devise.
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Notre sujet d’aujourd’hui revêt une importance particulière pour les populations de l’Afrique de l’Ouest, région où persistent les pratiques esclavagistes les plus abjectes. Le sujet nous interroge sur les origines, l’état des lieux et les éventuelles solutions afin de venir à bout d’une injustice encore tenace au 21ème siècle. J’ai nommé l’esclavage traditionnel, si différent de la traite atlantique, si semblable à la traite orientale.

Le cœur saturé d’espérance et de fierté, je vois, ici, autour de la projection-conférence, mes aînés et guides sur le chemin ardu de l’émancipation. Je suis confiant qu’ils vous édifieront bien mieux que je ne saurais y parvenir.

Je suis enfin très honoré par la participation, aujourd’hui, de ma chère sœur, la vaillante combattante, Laila Ahmed Khalifa, épouse de notre leader abolitionniste Biram Dah Abeid, En Mauritanie, certains, malgré sa jeunesse, la surnomment « la Maman des Esclaves », tant elle a consenti du temps, de l’énergie et de la bienveillance, à accueillir, soutenir, secourir, encadrer et suivre nombre de nos sœurs et frères, soustraits aux griffes de leurs maîtres, parfois en bas âge.

Je la félicite surtout du succès scolaire récent des deux jeunes frères Yarg et Saïd qui ont embrassé leur destin d’enfants libres comme nombreux d’autres, grâce aux efforts et luttes des braves du mouvement IRA. Leila les a pris en charge, du début de la scolarité jusqu’à leur réussite. Qu’elle accepte, je la prie, de recevoir l’expression de notre gratitude !

Je vous souhaite, à toutes et à tous, un débat agréable et fructueux, toujours empreint de franchise. Ici, nous discutons sous l’égide protectrice de la République, loin de nos tyrannies tropicales. Alors, ni crainte ni autocensure !

Je vous remercie !

Mohamedhine DAH ZAHAF

Président d’IRA France Mauritanie

Paris 6 janvier 2024

✓ La conférence d’IRA-France à Paris | comme vous y étiez en [photos et vidéo]

Paris, 6 janvier 2024, l’aile en France de l’Ong droit-de-l’hommiste IRA-MAURITANIE (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste) a organisé une conférence sur la thématique « la persistance de l’esclavage intra-africain en Afrique de l’ouest ». Ont pris part à cet événement comme conférenciers, l’honorable député M. Biram DAH ABEID, M. Samba FOFANA (vice-président de l’association Armepes-France de Ganbanaaxu Fedde), M. BA Bocar Oumar (Cadre en Europe du parti Ajd/Mr) et M. Ibrahima WELE (Flam). M. Moulaye HASSENE (militant politique) a été aux manettes pour modérer les échanges.

À noter la projection en introduction d’un film de M. Sébastien KRAFT titré « Destins croisés : les esclaves oubliés de Mauritanie » voir https://youtu.be/lXfQs9RYshU?si=obbjraIchokV3qC9

Les différentes interventions ont été à la hauteur des enjeux autour de la problématique abordée ainsi que les contributions et témoignages du public.

Un vœu est largement exprimé par tous : il faut impérativement décloisonner les luttes et les engagements pour faire émerger une force militante cohérente et efficiente.

KS [11•19] pour le BLOG