CVE/VR – Le lundi 09 janvier 2023, la CVE/VR a reçu une forte délégation de la CVE conduite par son Président, M. Ba Mamadou Alassane. Un grand moment de retrouvailles entre ces deux entités qui partagent ce qu’elles ont de commun : le vivre ensemble.
Les deux entités ont passé en revue plusieurs questions d’intérêt national qui ont abouti à une convergence de vue et une réelle volonté de travailler en parfaite synergie afin de relever ensemble tous les défis de l’heure, en réponse à la forte demande de la base; celle de reconstituer la grande famille du Vivre Ensemble.
Des discussions franches et sincères ont été au menu de cette rencontre de haut niveau qui constitue le prélude d’une forte alliance, en perspective des prochaines échéances électorales.
Visiblement très satisfaits de la profondeur des débats, les deux parties ont convenu de se retrouver dans les meilleurs délais pour donner corps à cette alliance gagnante qui se dessine, au grand bonheur de nos nombreux militants et sympathisants.
Un vœu ardent pour la réunification de nos deux pôles qui partagent les mêmes aspirations pour une Mauritanie debout et réconciliée avec elle-même.
Fait à Nouakchott le 09 janvier 2023
Pour la CVE/VR Pour la CVE,
Le Président Alassane DIA Le Président Ba Mamadou Alassane
Sahara Médias – L’ancien président mauritanien Mohamed O. Abdel Aziz est apparu mardi dans un direct sur sa page Facebook pour fustiger et tirer à boulets rouges sur l’actuel régime et notamment le président Ghazouani, le ministre de l’intérieur Mohamed Ahmed O. Mohamed Lemine et son frère l’ancien ministre Mohamed Mahmoud O. Mohamed Lemine.
L’ancien président a d’abord évoqué son prochain procès pour corruption, blanchiment d’argent et trafic d’influence, déclarant qu’il s’agit purement et simplement d’un « procès politique », réaffirmant que son problème n’est avec le pouvoir judiciaire mais plutôt avec le pouvoir exécutif et notamment le ministre de l’intérieur.
Plus des deux tiers de ce direct qui aura duré près de 90 minutes a été consacré à la « faiblesse du régime et l’absence du président » mais aussi à défendre son bilan le temps qu’il était resté au pouvoir.
Evoquant son procès prévu à la fin de ce mois, ould Abdel Aziz a dit qu’il s’y préparait ajoutant cependant, à l’adresse des mauritaniens que son adversaire n’est pas le pouvoir judiciaire mais « le pouvoir exécutif qui contrôle la justice ».
L’ancien président s’est attaqué de manière virulente au ministre de l’intérieur Mohamed Ahmed O. Mohamed Lemine et son frère l’ancien ministre Mohamed Mahmoud O. Mohamed Lemine les qualifiant de « corrompus », ajoutant qu’il avait limogé ce dernier de l’ambassade de Mauritanie en Arabie saoudite pour avoir résilié le contrat de bail du siège de l’ambassade sans avoir recouru aux ministres des affaires étrangères et des finances.
L’ancien président a accusé l’actuel ministre de l’intérieur d’avoir transformé l’ambassade de Mauritanie en Turquie où il était en poste, en « un centre pour les membres du groupe des frères musulmans, des mercenaires liés à l’étranger sans aucune loyauté à la Mauritanie ».
Il a formulé ses regrets d’avoir soutenu Mohamed O. Cheikh El Ghazouani lors des élections de 2019 reconnaissant avoir commis « une grave erreur » se sentant coupable « pour l’avoir présenté, défendu et rien ménagé pour son accession à la présidence. » considérant que ce qui était arrivé en 2007 s’est renouvelé en 2019.
Ould Abdel Aziz a qualifié le pouvoir du président Ghazouani d’être « absent face à ses responsabilités laissant les choses entre les mains de personnes peu intéressés ni par la chose publique ni par les problèmes des citoyens ».
« Nous sommes les seuls à pouvoir changer cette situation a notamment dit l’ancien président, seul le peuple peut la changer » ajoutant que les prochaines élections constituent une occasion en or pour provoquer un changement.
Dans son long réquisitoire contre le pouvoir en place, l’ancien président reconnait « une grave erreur celle d’avoir remis le pouvoir à ce régime mais je vais corriger mon erreur » appelant les mauritaniens à s’engager au sein du parti « Ribat El Watani » son unique parti.
L’ancien président s’est également attaqué aux partis d’opposition « basés sur des considérations tribales, sur des intérêts et l’appartenance à l’état qui distribue des milliards afin de satisfaire certains et bâillonner les autres ».
Il a révélé avoir eu des contacts pendant deux mois avec le mouvement FLAM, refusant de le qualifier « d’extrémiste » considérant qu’il s’agit plutôt « d’un groupe de citoyens mauritaniens appartenant à un groupe social qui a le plus souffert de l’injustice ».
« Je les ai rencontré à Paris et je connaissais certains d’entre eux, j’ai également travaillé avec d’autres au sein de l’armée et on doit reconnaître que de grave erreurs ont été commises. »
Ould Abdel Aziz a encore dit « nous devons tous nous sacrifier pour construire une nouvelle Mauritanie basée sur la justice débarrassée de l’injustice, une Mauritanie d’égalité ».
L’ancien président est accusé de corruption, de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite en même temps que d’autres personnalités qui ont travaillé avec lui de 2008 à 2019.
Selon les informations disponibles la justice mauritanienne a gelé à ce jour 41 milliards MRO (plus de 100 millions de dollars) dans le cadre du dossier de la décennie dont plus de la moitié appartient à ould Abdel Aziz et à des membres de sa famille.
Dans cet épisode, on sort du triptyque Algérie-Maroc-Tunisie pour se rendre légèrement plus au sud. Direction la Mauritanie, un pays situé au entre le Sahara Occidental revendiqué par le royaume du Maroc, l’Algérie, le Sénégal et le Mali. Pour en parler, Sidi N’Diaye, politiste spécialisé dans les violences politiques, ethnopolitiques et les politiques de réconciliation nationale en Mauritanie.
Essahraa – Les autorités mauritaniennes donnent leur version des faits après que l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz a été empêché de quitter le pays mercredi 4 janvier dans la soirée.
Le porte-parole du gouvernement mauritanien, Nani Ould Chrougha, explique qu’une convocation devait lui être remise pour un interrogatoire.
« La journée du mercredi 4 janvier au matin, le tribunal chargé du dossier a informé l’opinion publique par l’affichage public que la date de jugement a été fixée au 25 janvier 2023. Suite à cette publication, partagée sur les réseaux sociaux et relayée par tous les médias, le tribunal a également émis des convocations pour interrogatoire », déclare le porte-parole.
Ce dernier revient sur les faits à l’aéroport menant à la confiscation de son passeport : « À 21h, l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz s’est présenté au comptoir d’Air France. Il a fait ses formalités et c’est au comptoir de la police des frontières que les [agents de la police des frontières, NDLR] ont constatés que dans le système, la personne elle-même est objet d’une convocation, qui doit être remise par les services de police judiciaire.
Et aussitôt, ils récupèrent le passeport pour s’assurer de la remise de la convocation au lendemain. Chose qui a été faite. »
Alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour Paris, Mohamed Ould Abdel Aziz a été intercepté à l’aéroport de Nouakchott, son passeport lui a été confisqué et il a dû rentrer chez lui. En attente d’un jugement pour des accusations de corruption, l’ancien président mauritanien n’est pourtant plus sous contrôle judiciaire.
AMI – Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a affirmé sa détermination à prendre en compte les résultats des États Généraux de la Justice, qui ont débuté, jeudi à Nouakchott, dans ses efforts visant à développer continuellement notre appareil judiciaire dans le but d’ancrer un système judiciaire professionnel, juste et équitable; un système qui consacre l’État de droit, garantit les droits et libertés, et constitue une source de réconfort pour tous, aussi bien, à l’intérieur, qu’à l’étranger.
Voici le texte intégral du discours du Président de la République à l’ouverture des États Généraux de la Justice :
Monsieur le Premier ministre;
Monsieur le président du Conseil Constitutionnel;
Monsieur le Chef de file de l’Opposition démocratique;
Mesdames et Messieurs les ministres;
Messieurs les magistrats;
Messieurs les avocats;
Mesdames et Messieurs les travailleurs dans le secteur de la Justice;
Honorables invités;
Paix, miséricorde et bénédictions de Dieu sur vous;
De par sa nature même, l’action humaine n’est pas sans défauts et insuffisances, ce qui requiert souvent un examen critique régulier; examen qui est la porte d’entrée vers le progrès et l’émancipation des sociétés. Il est, aussi, la base de la recherche continue pour ce qui est plus complet et plus affiné que ce qui existait déjà.
L’urgence de cette nécessité de révision est souvent aussi importante au même niveau qu’un travail considérable dans la vie des sociétés et des peuples.
Rien n’est plus influent et n’est plus centralisé dans la vie de l’individu et de la société que l’action judiciaire. Cela est dû au fait que c’est à elle que la tâche d’appliquer la justice est confiée. Elle représente, à cet égard, le pilier de la poursuite du contrat social, le pilier de la paix sociale, tout comme elle est la base de l’unité nationale et de la cohésion sociale.
Elle statue sur les litiges, permet l’exercice des droits, établit le principe de l’égalité des citoyens devant la loi et protège leur dignité, leurs droits et leurs libertés. C’est avec l’action judiciaire, également, que l’état de droit, la bonne gouvernance, la démocratie et les droits de l’homme sont consacrés.
Cela s’ajoute à son rôle de premier plan dans le contrôle et la régularisation des transactions et des contrats, et dans la stimulation de l’activité économique en inspirant confiance aux investisseurs et aux partenaires de développement.
Pour que la justice puisse s’quitter convenablement de ces tâches redoutables et nobles, le pouvoir judiciaire doit être professionnel, avec la diversification requise de la spécialisation, de la formation continue et de l’amélioration continue de l’expertise, et en même temps un pouvoir judiciaire indépendant et impartial, accessible et prompt à trancher les affaires, toutefois sans précipitation.
Conscients de cela, nous avons déployé de grands efforts pour renforcer l’indépendance du pouvoir judiciaire en consolidant le principe de la séparation des pouvoirs, en améliorant les conditions de travail des juges, en réformant leur statut juridique et en réorganisant leur carrière afin qu’ils puissent s’acquitter correctement de leurs fonctions.
Sur la base de ce qui a été mentionné ci-dessus au sujet de la nécessité pour toute action humaine d’un examen critique régulier – surtout quant son rôle s’accroit -, soucieux de soutenir notre système judiciaire dans son professionnalisme et son efficacité, nous avons donné les orientations pour l’organisation des Etats Généraux de la Justice dont nous supervisons l’ouverture aujourd’hui.
Ces États généraux ont pour objectifs de permettre aux acteurs du secteur de la Justice de faire le diagnostic de la situation du système judiciaire, d’échanger sur ses principaux défis et d’étudier les questions majeures, telles que la formation, la spécialisation, la protection des droits des justiciables, la facilitation de l’accès au service judiciaire, etc.
Nous attendons de ces États généraux qu’ils aboutissent à l’élaboration d’une feuille de route sous la forme d’un document national sur la réforme et le développement de la justice, ainsi qu’ils la traduisent en un programme d’action détaillé, accompagné de délais de mise en œuvre précis et d’indicateurs de suivi clairs.
Au moment où nous annonçons avec la grâce d’Allah, l’ouverture des États généraux de la Justice, nous affirmons notre détermination à prendre en compte les résultats des Etats Généraux de la Justice dans nos efforts visant à développer continuellement notre appareil judiciaire dans le but d’ancrer un système judiciaire professionnel, juste et équitable; un système qui consacre l’État de droit, garantit les droits et libertés, et constitue une source de réconfort pour tous, aussi bien, à l’intérieur, qu’à l’étranger.
We Essalamou Aleykoum We Rahmetoullah We Berakatouhou.
Selon diverses sources, l’ancien homme fort de Nouakchott allait quitter le territoire en destination de Paris et les autorités policières l’auraient empêché par décision judiciaire. Notamment liée aux derniers développements du dossier pendant dit de la décennie. Pour rappel, à la suite d’une CEP (commission d’enquête parlementaire) sur la gestion économique et financière du pays sous son règne, lui et certaines personnalités de son régime font face plusieurs chefs d’accusation et on annonce régulièrement l’ouverture d’un prochain procès sur l’affaire.
Par ailleurs, l’homme principal auteur du coup d’état qui avait fait tomber le président feu Sidioca en 2008, compte investir le champ politique en parallèle de ce lourd dossier sur ses trousses. Il y’a quelques jours, il a été empêché de se rendre à Rosso (La capitale du Trarza) pour assister à un rassemblement politique du parti Ribat dirigé par un ex partisan du mouvement abolitionniste IRA-Mauritanie Saad Louleid.
Ainsi on peut oser un décodage que cette décision de l’empêcher de quitter le territoire présage une ligne droite pour l’établissement d’un procès sous peu. À suivre…!
La version des faits, selon Tacko Soumaré « Je me nomme Tacko Lassana Soumaré ; je suis sage femme d’état, je travaille à l’hôpital mère et enfant depuis huit ans. J’ai été victime d’une agression manifeste dans l’exercice de mes fonctions par un accompagnant de la patiente répondant au nom de Cheikh Brahim Ould Kebbadi. Ces faits ce sont déroulés le soir du Samedi 24 Décembre vers les deux heures du matin à l’hôpital mère et enfant pendant que j’étais de garde. Ce jeune homme est venu avec une femme déclarant que c’était sa sœur, qui avait une grossesse de 5mois plus une épigastralgie. Cette dernière m’a fait savoir qu’elle était venu se consulter au paravent et que l’une de mes collègues l’avait prescrit des comprimés, mais ça n’apaisait toujours pas ses douleurs, alors elle sollicite une perfusion. Immédiatement, je lui ai créé une fiche d’hospitalisation qui lui a permis d’entrer dans le service des hospitalisations pour recevoir un traitement. A mon retour au service des urgences, quelques instants après une petite absence, j’ai trouvé une vieille dame avec sa fille assises, je l’ai demandé en toute politesse en quoi pourrais-je l’aider ? Elle me fait savoir qu’elle était la mère de cette femme que je viens d’hospitaliser et qu’elle est venu pour prendre sa fille pour la transférer dans une clinique privée. J’étais sous l’effet de la surprise car je pensais que cette patiente n’était accompagnée que par son frère. Par éthique de sage femme j’ai essayé de calmer cette maman qui avait l’air nerveuse pour la rassurer sur l’état de sa fille qui était entrain de recevoir son traitement dans de bonnes conditions. Mais hélas, la maman continuait d’insister qu’elle allait transférer sa fille et que rien ne pourrait lui en empêcher. Toujours par mon éthique de sage femme, j’ai décidé d’accepter sous réserve que ce transfert soit conforme aux règles et procédures légaux qui consistent à emmener sa pièce d’identité et signer une décharge qui atteste que la patiente est sortie sous sa responsabilité. Chose qu’elle refuse catégoriquement pour tenter un usage de force. Je l’ai alors suggéré d’aller empreinter la porte des services d’hospitalisation pour essayer de régler le problème avec les médecins qui suivaient sa fille car la porte des urgences était juste réservée aux malades. Et comme les agents de la sécurité n’étaient pas au poste, le jeune homme a insisté avec force pour faire passer sa maman, ensuite lui et sa sœur pour accéder à la patiente. La sœur s’est précipitée pour devancer sa maman qui marchait avec des pas très lents, et quand je les ai suivis pour informé la sécurité, la maman m’a barré le passage en prononçant des injures et en me donnant un petit coup de coude. Pendant que j’essayais de la dire de me céder le passage le fils est venu par derrière pour me cogner contre le mur et m’infliger des coups au point de me blessé au front. Le Samedi soir, l’administration de l’hôpital nous a convoqués à la police pour un dépôt des plaintes, et au commissariat, ce dernier continuait toujours son forfait, cette fois ci avec des agressions verbales : des outrages et des injures sur ma personne, allant même jusqu’à me menacer de m’ôter ma tenue de sage femmes en m’accusant ouvertement et à tord d’avoir frappé sa mère d’où la raison de son agression. Heureusement que les locaux de l’hôpital ou s’est déroulé ces faits étaient équipés par des caméras de surveillances. Je suis parti recueillir les vidéos sur lesquelles on ne voyait en aucun moment ma main se lever sur la vieille dame, mais tout ce que l’on voyait sur ces vidéos, c’était un homme qui agressait injustement une sage-femme. Etant une victime, je déplore le fait que le dossier tarde à être acheminé au procureur pour que la justice soit faite, car après le visionnage de la vidéo par le commissaire, celui-ci juge que c’est une bagarre sous prétexte que je me suis défendu, d’où la raison que mon agresseur n’est pas en garde-à-vue. En tant que citoyenne dans une république islamique et un état de droit, j’exige en toute fermeté que la justice soit faite contre cet individu qui m’a agressé dans l’exercice de mes fonctions créant des troubles dans une institution administratives ou sont présents des personnes sensibles qui souffrent. Je subis un traumatisme qui me fait passer des nuits blanches avec des maux de tête.Je réclame la justice en vertu de toutes les actions juridiques qui protègent les personnels dans l’exercice de leurs fonctions, plus particulièrement ceux dans le secteur de la santé et au nom de toutes les lois sur la violence faites aux femmes. »
Le360afrique – L’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz (2008-2019) fait l’objet d’une ordonnance définitive de renvoi devant une juridiction chargée de la répression contre la corruption, rendue à la mi-décembre par la Cour suprême.
Les avocats de la défense de Mohamed Ould Abdel Aziz redoutaient la décision de la juridiction suprême de la Mauritanie. Elle est tombée vendredi 30 décembre comme un couperet.
Cette décision rend inéluctable la perspective du passage d’un ancien chef d’Etat devant des juges anti-corruption pour la première fois dans l’histoire politique et judiciaire du pays. Me Taleb Khiyar, avocat d’Ould Abdel Aziz, formule plusieurs griefs contre un arrêt de renvoi «comportant 9 pages dont 6 réservées à l’évocation des faits».
Mohamed Vall Bellal, diplomate, ancien ministre, ancien Président de la CENI Je souhaite dans ce posting provoquer un débat tranquille sur le passif humanitaire. Je n’ai nullement la prétention de suggérer des solutions, ni même des pistes de solution; mon objectif est tout simplement d’introduire une discussion franche et apaisée, en espérant provoquer une nouvelle initiative à propos dudit dossier. LE PASSIF HUMANITAIRE… et NOUS Tout au long de notre histoire nous avons connu des hauts et des bas, et traversé de dures épreuves. Il y eut des moments où la grandeur d’âme, la lucidité, le discernement et la bonté de cœur de nos pères et grands-pères ont manqué à nos gouvernants. Il y eut des moments où notre pays n’a pas été fidèle à son Histoire et à ses valeurs; des moments où il a manqué à lui-même, à ce qu’il veut être, à ce qu’il doit être. Ces manquements nous ont occasionné des revers, parfois graves, et des ratés de parcours. Nous avons connu: torture, séquestration, emprisonnement arbitraire, exécution extrajudiciaire, parodie de procès, etc. Aucune couche ou composante de notre peuple n’a vraiment été épargnée: les élèves, les étudiants, les ouvriers, les politiques et syndicalistes, et même les militaires dans leurs casernes. Mais dans ce registre, les événements de 89-91 sont sûrement les plus lourds, les plus poignants et les plus critiques! Il n’y a aucun mot pour décrire la douleur et la souffrance qu’ils ont causées à notre peuple dans toutes ses composantes. Quelle que soit la perception que l’on a de ces événements – répression ethnique ciblée et disproportionnée pour certains, opérations de maintien de l’ordre dans les casernes pour d’autres – leur douleur est ressentie par TOUS! Ils ont touché en profondeur l’âme et l’esprit du peuple tout entier. Tout le monde ressent la même tristesse et la même douleur, et réclame des solutions idoines à ce problème douloureux. Trois décennies se sont écoulées, et ces événements continuent de nous accabler. Plus que tout, ils ne cessent de nous faire tourner en rond, d’empoisonner l’atmosphère et d’altérer l’unité. Mais que faire ? Les préjudices du passé sont-ils réparables ? Faut-il criminaliser le passé et le juger ? Si oui, comment, et par quelle voie? Quel sens donner à la justice transitionnelle ? Nous nous posons ces questions, autant que le monde entier se les pose. Elles font l’actualité dans tous les instituts de recherche, et traduisent une prise de conscience mondiale du poids de l’histoire, de la nécessité de « réparer » ses dégâts, et de construire une nouvelle relation avec le passé. En posant ces questions, l’objectif visé est beaucoup plus de “réparer” le présent, plutôt que “d’incriminer” l’histoire. Nous ne pouvons ni rectifier ni réformer le passé avec ses lots de violence et d’injustice, mais nous pouvons et nous devons «soigner» et « guérir » le présent, et réformer les relations actuelles entre les individus et les composantes de la société. Dans ce domaine, le monde est entré dans une nouvelle phase avec l’apparition, à la fin des années 90, des « Commissions Vérité ou Équité et Réconciliation » dans plus de 30 pays, notamment en Afrique du Sud, au Maroc, au Rwanda, etc…Avec ces commissions, la “justice pénale” cède le pas à la «justice transitionnelle», dont le but n’est plus de “sanctionner” le passé, mais “d’apaiser les tensions, de vider les poches de douleur et d’amertume, et d’empêcher que le passé ne se reproduise” (Antoine Garapon). Cette nouvelle approche fait de la «réconciliation» son cheval de bataille pour atteindre l’objectif visé, à savoir: faire la paix et reconstruire une société politique apaisée. Mais aujourd’hui, le monde a tendance à dépasser l’idée de «transition» pour aller directement vers la « réparation ». L’objectif n’est plus seulement “d’apaiser”, mais de « réparer” les torts et les dommages hérités du passé. Cette réparation, pour citer le même auteur, prend généralement 3 formes: symbolique, matérielle et politique.
La réparation symbolique vise à transcender les événements historiques par des initiatives et des gestes qui expriment le regret et l’engagement de ne plus répéter ce qui s’est passé. La réparation matérielle appelle à une compensation financière destinée à réparer les dommages causés. La réparation politique se traduit par la recherche des moyens concrets et pratiques pour éliminer les effets des préjudices passés qui continuent d’affliger la société. En la matière, le droit pénal n’est plus la référence, et la sanction n’est plus l’objectif visé. L’on se tourne désormais vers le “civil” dans l’unique but de réparer les préjudices du passé en compensant les dommages y afférents. En revenant au cas spécifique de notre pays et au traitement du “passif humanitaire”, force est de noter que l’État a posé des gestes symboliques forts depuis 2007, matérialisés par la reconnaissance officielle par le Président de la République des souffrances infligées aux victimes des événements en cause. Dans son discours historique du 27 juin 2007, il a exprimé les regrets et les remords de la République et du peuple tout entier. Ce fut ensuite le retour de la première vague de réfugiés, le 8 janvier 2008, et le début de leur réintégration sous l’égide de l’ANAIR. Puis, le 25 mars 2009 intervient à Kaëdi un autre geste symbolique fort: le gouvernement organise en présence du président de la République, une «prière, dite prière de l’Absent» à la mémoire des disparus. Enfin, en 2020-2021 avec le président actuel, des consultations commencent au sujet des compensations matérielles. S’il est vrai que ces mesures sont positives; elles laissent cependant un goût d’inachevé. Nous devons les valoriser humainement et politiquement à la faveur du climat actuel d’entente et d’apaisement. Le Président Ghazouani a montré sa volonté de résoudre ce problème en l’inscrivant à l’ordre du jour du dialogue national reporté jusqu’à nouvel ordre. De par son tempérament tranquille, sa volonté d’unité, son esprit d’ouverture et de dialogue, Ghazouani est suffisamment crédible et rassurant quant à l’avenir de ce dossier. Il serait dans l’ordre normal des choses qu’il crée une “COMMISSION INSSAF et RÉCONCILIATION (CIR)” composée de personnalités qualifiées au plan moral, juridique et politique, dont la tâche principale sera d’aller vers la paix et la sérénité des cœurs, avec comme mandat:
• de faire la lumière sur ces événements de manière constructive, responsable et objective. • de rechercher et de trouver les moyens de nature à réparer les dommages psychiques et psychologiques subis par les victimes. • de veiller à la réparation des préjudices: indemnisation, réadaptation, satisfaction et garantie de non-répétition. • de (re)prendre le processus de concertation et de dialogue avec les ayants droit pour finaliser le processus de réparation financière. • de suivre et d’assurer la réintégration dans la fonction publique des anciens fonctionnaires, et leur régularisation administrative ou professionnelle, etc. Une telle approche est de nature à créer un nouveau pacte national de fraternité et d’unité entre les mauritaniens, et une base de réconciliation entre eux et l’État. • Enfin, je sais que ces propos seront tournés en dérision par une opinion généralement peu encline à l’action, la modération et la mesure. L’on criera à l’aventure, à l’utopie, au risque de remuer le couteau dans la plaie, de raviver des douleurs enfouies, ou de susciter une guerre des mémoires. Ce n’est pas totalement faux, mais la rupture est là. De 1992 à 2019 (inclus), toutes les élections qui se sont déroulées ont montré que les populations de « Ghabou » à « N’diagou » en passant par les communes rurales, les départements et les capitales régionales, jusqu’aux faubourgs et médinas de Nouakchott et Nouadhibou ont invariablement voté en majorité contre le candidat du pouvoir. Ce message des urnes, sans cesse réitéré depuis 30 ans, est éloquent, clair et précis. Il invite à RÉPARER, RÉCONCILIER, UNIR!
Le Calame : Vous venez d’être porté à la tête de la coalition PCQVP, il y a quelques jours. Pouvez-vous nous livrez vos premières impressions ?
Baliou Coulibaly: Satisfait oui, car cette élection constitue une reconnaissance de la part des acteurs de la société civile Mauritanienne des modestes efforts que nous avons menés durant depuis plus d’une décennie dans le cadre de la promotion de la gouvernance économique en Mauritanie.
Mais aussi conscient de la charge de la responsabilité qui nous attend à la tête de cette importante organisation dans un pays où l’exploitation des ressources naturelles constitue la principale source de revenu pour l’économie nationale.
• Qu’est-ce que PCQVP ? Quelle est sa mission principale?
-La mission de PCQVP consiste à s’assurer que les revenus tirés de l’exploitation des ressources extractives profitent de manière significative au pays, au secteur privé et à l’ensemble des segments de la communauté
Que les ressources extractives sont exploitées de manière rationnelle qui préserve l’environnement et la santé des communautés et des travailleurs
Mener des campagnes de plaidoyer pour influencer les politiques et pratiques afin d’éviter a notre pays de tomber dans le fameux piège de la malédiction des ressources connue sous le vocable du Syndrome Hollandais.
• Quels sont les grands axes de votre mandat?
-Les grands axes de notre mandat tourneront autour de trois priorités.
-Le suivi des obligations contractuelles des compagnies
-Le suivi des obligations environnementales
-Actions de plaidoyer pour améliorer les politiques pour s’assurer que l’ensemble des parties prenantes profitent des revenus qui proviennent de nos ressources à travers une politique de contenu local pertinente et adaptée qui assure un développement durable inclusif et apaisé pour le bien-être.
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