J’invite les citoyens mauritaniens à faire un comptage sur la représentativité des castes dans les candidatures qui défilent. C’est pertinent de le faire dans la mesure où les castes sont encore des entités sociales très fermées dont les préoccupations quotidiennes peuvent différer, et parfois, hélas, entrer en oppositions profondes. En particulier quand il s’agit de remise en cause de l’ordre social et de ses aspects injustes.
C’est regrettable que l’État n’insiste pas assez là-dessus. Il ne suffit pas de fermer les yeux sur ces différences de préoccupations politico-sociales pour qu’elles disparaissent. Ainsi, laisser libre cours à une représentation biaisée ne fait que perdurer les injustices sociales dans la mesure où l’accumulation du pouvoir (politique, social et aussi économique) s’accentuerait dans les mains de ses détenteurs traditionnels, au détriment des autres. L’équité voudrait que l’on contrôle toutes ses configurations qui semblent spontanées, mais qui en réalité n’émanent que des fondations inégalitaires de notre société. La question des castes est d’autant plus pertinente dans ce contexte que ces dernières sont encore régies par des barrières sociales qui s’opposent fortement à la circulation des « gains » en vue. Il n’y a en réalité rien de prévu par la société actuelle pour faire circuler un bien ou un pouvoir d’une caste à une autre. Le mariage qui devait le permettre est, je le rappelle, proscrit, en règle générale, entre des castes assignées à des rangs différents. Or l’élection, en dehors des qualités personnelles de l’élu et de sa hauteur politique, est aussi une voie d’acquisition d’un pouvoir et, pour beaucoup, d’un bien et de quelques privilèges diplomatiques et d’autres dispositions liées à la fonction. Il s’agit là d’une armée d’outils allant donc du financier jusqu’au prestige social en passant par des moyens d’actions politiques directes. La représentativité est de rigueur.
Fidèle à ses idéaux et valeurs autour de la défense et la promotion des droits de l’homme, la lutte contre toutes les formes de discriminations, et particulièrement celles liées à la naissance, le mouvement Ganbaaxu fedde a organisé du 03 au 6 mars 2023 à Nouakchott, une session de formation sur l’élaboration du plaidoyer sur l’esclavage.
La lutte contre la féodalité, l’esclavage héréditaire ou par ascendance en milieux Soninké a été de tous les rendez-vous, ces six dernières années de Ganbaaxu fedde au point de cristalliser tout le combat du mouvement.
Cet atelier de formation a été organisé par Ganbaaxu fedde en partenariat avec le programme Recherche Action EMiFO- Esclavage et Migrations Forcées dans l’Ouest du Mali, dirigé par Dr Marie Rodet de l’Université de la SOAS à Londres. En plus d’éminents professeurs universitaires, comme Bakary Camara de l’Université des Sciences Juridiques et Politique de Bamako (USJPB), Dr Lotte Pelckmans de l’Université de Copenhague au Danemark pour ne citer que ceux-là.
Ont participé, et profité de cette formation dont la thématique est d’une pertinence qui s’impose d’elle-même, des membres du mouvement Ganbanaxu fedde, des journalistes, des militants des droits de l’homme, la société civile etc.
Cette session de formation vise à mieux outiller les défenseurs des droits de l’homme, en vue d’approprier les techniques du plaidoyer dans la lutte contre l’esclavage par ascendance avec en toile de fond : appréhender les cas d’esclavage par ascendance, comment aborder les victimes et les auteurs ? Comment interpeller la presse, les décideurs, les jeunes et les femmes sur la problématique de l’esclavage par ascendance ? Comment amener les Autorités à prendre leurs responsabilités notamment dans l’application des lois.
Cette initiative a été saluée par les différents participants qui se sont satisfaits des connaissances acquises en vue de mieux combattre l’esclavage par ascendance, une pratique encore vivace et ayant la peau dure en Afrique de l’Ouest et particulièrement en milieux Soninké.
Avec cette sortie le mouvement Ganbaaxu fedde marque sa présence sur la scène nationale du combat pour la promotion des droits de l’homme, de manière légale et autorisée ; au lendemain de sa reconnaissance les autorités, à la faveur des dispositions de l’article 7 de la loi 2001-004 du 10 février 2021 relative aux Associations, aux Fondations et aux Réseaux.
Par cette rencontre d’envergure et la pertinence de son contenu, Ganbanaxu fedde vient enrichir le paysage des Associations de lutte contre l’esclavage et les discriminations en Mauritanie en prouvant qu’il est en phase avec les lois de république Islamique de Mauritanie où l’esclavage est qualifié de crime.
Avec cette sortie le mouvement Ganbaaxu fedde marque sa présence sur la scène nationale du combat pour la promotion des droits de l’homme, de manière légale et autorisée ; au lendemain de sa reconnaissance les autorités, à la faveur des dispositions de l’article 7 de la loi 2001-004 du 10 février 2021 relative aux Associations, aux Fondations et aux Réseaux.
Par cette rencontre d’envergure et la pertinence de son contenu, Ganbanaxu fedde vient enrichir le paysage des Associations de lutte contre l’esclavage et les discriminations en Mauritanie en prouvant qu’il est en phase avec les lois de république Islamique de Mauritanie où l’esclavage est qualifié de crime.
Biram Dah Abeid, député et plusieurs fois candidat à la présidentielle, et deux experts livrent un brillant plaidoyer en faveur de l’officialisation et l’enseignement des langues nationales. En Mauritanie, les langues nationales sont le peul, le soninké et le wolof. L’arabe est la langue officielle du pays.
Le débat sur la nécessité d’introduire les langues nationales dans le système éducatif se poursuit. En juillet 2022, l’Assemblée nationale de Mauritanie a adopté une nouvelle loi introduisant les langues nationales dans l’enseignement primaire, en imposant l’enseignement de l’arabe aux non Arabes et au moins une langue nationale aux locuteurs arabes.
Biram Dah Abeid, député, opposant, plusieurs fois candidat malheureux à la présidentielle, insiste sur l’importance vitale de la langue et de la culture qui déterminent la personnalité d’un peuple. Il rappelle que l’officialisation et l’enseignement des langues nationales représentent une vieille revendication, toujours actuelle, qui figure dans son programme.
Abdallah Mohamed, linguiste, lie le retard de l’Afrique au non usage des langues nationales dans l’enseignement, et fait les éloges du multilinguisme.
Yero Sylla, expert ayant servi à l’Institut des Langues Nationales pendant une vingtaine d’années, souligne l’importance de la formation de base dans la langue de naissance, toujours déterminante dans la qualité de la suite du cursus scolaire et universitaire.
Le proverbe tunisien dit. « Allez, embrasse ton frère, et ce sera comme si rien ne s’était passé. »
M. Le président, J’ai vécu des jours très difficiles suite à votre déclaration du 21 févier 2023 autour de la présence des migrants d’Afrique Subsaharienne. Un discours d’une telle violence, venant de la plus haute autorité du pays, m’a profondément heurtée en tant que Citoyenne noire qui ai toujours subi le racisme dans mon pays, qui y ai résisté et qui l’ai dénoncé haut et fort. Aujourd’hui les migrants Subsahariens noirs ont réussi à dévoiler cette réalité toujours occultée. Et je leur dis MERCI. Votre discours a permis à ceux qui avaient des dispositions à la xénophobie et au racisme de les cultiver et de les traduire en actes, se permettant de lyncher, insulter et tabasser des migrants Subsahariens noirs, publiquement et sans aucune gêne. Les nombreux mouvements de contestation qui se sont opposés à votre discours et qui représentent l’opinion de nombreux Tunisiens vous ont contraint à prendre finalement des mesures en faveur des étudiants et migrants subsahariens en Tunisie. C’est un grand pas vers la paix sociale, la sagesse et la diplomatie MAIS
Monsieur le Président, tout d’abord, l’atteinte à la dignité et à l’humanité des Africains subsahariens a occasionné une profonde blessure. En effet, c’est l’institution législative tunisienne qui a promulgué des décrets qui punissent les propriétaires de logements loués à des migrants sans papiers ainsi que leurs employeurs. En conséquence ces personnes se sont retrouvées du jour au lendemain à la rue, alors que certaines ont des enfants, sont enceintes, malades ou encore fragiles psychologiquement…
Les atteintes des institutions aux droits des migrants ne se sont pas limitées à ces mesures visant à les expulser de leurs lieux de travail et à les laisser sans ressources. Un des départements du ministère des Transports, une institution nationale, a affiché un communiqué avec un tampon officiel interdisant aux agents de vendre des titres de transport aux migrants subsahariens ; en témoigne une photo prise dans une station de métro. Il s’agit d’une privation d’un des droits les plus élémentaires, SE DEPLACER. Et la liste est encore longue… Par ailleurs, des bénévoles qui se sont mobilisés pour venir en aide aux personnes renvoyées et rejetées ont été arrêtés par la police pour avoir participé à des campagnes d’aide humanitaire – livraisons de denrées de base, vitales, à savoir de la nourriture, des médicaments et de l’eau. Ils ont même été accusés de trahison par les adeptes du parti nationaliste Tunisien. S’agit-il de racisme institutionnel ? Bien évidemment, OUI. Et si ce n’est pas du racisme, qu’on nous donne une meilleure caractérisation ! Les migrants noirs, après votre déclaration, Monsieur le président, ont été battus, blessés et insultés ; certains d’entre eux se sont fait cambrioler leurs lieux d’habitat, voler leur argent durement gagné pour quitter notre pays, car nous savons bien que beaucoup d’entre eux souhaiteraient continuer vers l’Europe et ne pas rester sur le territoire Tunisien.
Monsieur le Président, tout simplement, les migrants subsahariens ont été touchés dans leur corps et leur dignité. On les a humiliés et intimidés, ils ont subi le sentiment d’être étrangers sur leur continent, comme ce sentiment est violent ! C’est à cause de nous, Tunisiens, combien j’ai honte ! Ce peuple Tunisien qui a appelé haut et fort lors de sa révolution contre la dictature et l’injustice à « la liberté, la justice, la dignité ». Comment peut-on réclamer notre liberté, la justice et notre dignité et en priver les autres ? Une partie du peuple tunisien, ce peuple connu pour sa générosité et son accueil, qui appelle au vivre ensemble, s’est rendue responsable des actes que j’ai cités plus haut : s’ils n’ont pas toujours commis directement des actes physiques et proféré des injures verbales envers les migrants, leurs écrits et les vidéos qu’ils ont publiées ont incité à la haine, à la xénophobie et au racisme contre nos frères et sœurs Africains subsahariens, je pense notamment au Parti nationaliste Tunisien.
Ce mal n’a pas seulement affecté les immigrés de l’Afrique subsaharienne, mais aussi le peuple tunisien dans son ensemble, et plus particulièrement les Tunisiens noirs qui sont nombreux à avoir été arrêtés dans le cadre de contrôles au faciès. Des conducteurs de taxis se sont permis de prendre le rôle de la police en demandant leurs pièces d’identité. Nous Tunisiens noirs, particulièrement à Tunis, la capitale, avons dû prouver que nous sommes Tunisiens parce que nous ne ressemblons pas à une « structure démographique » nationale fantasmée, me semble-il.
Une mauvaise image du peuple tunisien a fait le tour du monde ces derniers temps ; notre peuple a été qualifié de raciste et de barbare, et nous nous sommes retrouvés face à des situations dans lesquelles nous nous trouvions sur la défensive, à devoir justifier que la Tunisie n’est pas raciste, ou du moins qu’elle n’est pas raciste à ce point. Et ceci, même si nous connaissons très bien la réalité et si, en tant que Tunisiens noirs, nous avons toujours témoigné de ce racisme, ce que nous pourrions toujours argumenter. Je me demande, M. le président, si la démarche que vous avez entamée pourrait être en mesure de réparer ce que ces actes et ces propos ont gâché ! Personnellement, je l’espère. Mais il n’est pas possible de passer à ces mesures en faveur des immigrés d’Afrique subsaharienne sans avoir réalisé au préalable deux actes indispensables pour entamer un vrai processus de réparation.
Tout d’abord, s’excuser officiellement auprès du peuple tunisien pour avoir provoqué de telles agressions sur nos hôtes, qui ont affecté son image et sa réputation auprès des sociétés d’Afrique Subsaharienne et un peu partout dans le monde. S’excuser en particulier auprès des Tunisiens Noirs, dont l’appartenance nationale et la tunisianité ont été remises en question. Bien évidemment, nous demandons également des excuses solennelles aux migrants subsahariens et à leurs concitoyens qui ont aussi mal vécu cet épisode. Deuxièmement, dissoudre le Parti nationaliste tunisien qui a été à l’origine de la crise, en raison de la mobilisation qu’il a menée depuis plus de quatre ans, en portant un discours raciste, xénophobe, d’incitation à la haine et en influençant, avec un certain succès, l’opinion publique. Ce parti politique basé sur une idéologie raciste, qui diffuse des idées xénophobes, racistes et une idéologie fasciste Inédite dans l’histoire de la Tunisie et de son peuple ouvert, aimable et instruit, ne devrait pas exister dans notre Tunisie. Vive la République Tunisienne civilisée et humaine, vive le peule tunisien libre et digne ! Vive le continent Africain ! Merci.
N’Djim a réussi à prendre la fuite sur le chemin du retour d’une audience au Tribunal le mardi 14 février 2023. Cette information a fait le tour des réseaux sociaux, avec des versions plus ou moins mensongères. Approché par nos soins, son avocat Me Bakary Konaté, invite les uns et les autres à arrêter cette campagne de dénigrement en raison du principe de la présomption d’innocence qui s’applique à son client.
Me Bakary Konaté dit avoir appris l’information de cette évasion au même titre que les autres. Il confirme toutefois avoir été contacté à deux ou trois reprises par son client. Parlant de la personne de Boubacar N’Djim, il assure que son client est une personne normale qui est connue pour ses actions pour le respect des droits humains et son engagement de soutien des victimes de l’esclavagisme moderne.
A cet effet, il appelle les uns et les autres à faire preuve de retenue sur les réseaux sociaux en attendant que les faits soient établis par la justice. Cependant, Me Konaté s’abstient de tout commentaire sur l’affaire de son client sous motif qu’elle est pendante au niveau de la juridiction compétente.
Par ailleurs, à travers un communiqué, la coordination des organisations africaines engagées dans la lutte contre l’esclavage et ses séquelles condamne fermement les campagnes de dénigrement à son encontre sur les réseaux sociaux qui violent ses droits fondamentaux et l’instrumentalisation de la justice par des organisations et des réseaux esclavagistes pour réprimer et persécuter les défendeurs des droits humains et abolitionnistes.
La Coordination exprime toute sa solidarité et son soutien à M. Boubacar. En effet, selon le même communiqué, l’arrestation de M. N’Djim se rapporte à un contentieux commercial qui faisait déjà l’objet d’une procédure civile au niveau du Tribunal de commerce, qualifié opportunément et injustement d’escroquerie pour justifier sa détention ou il semble victime de menaces, persécution et sévices.
La Coordination dit faire appel à un examen circonstancié de la situation actuelle de Boubacar N’Djim conformément à la législation en vigueur au Mali et aux engagements internationaux signés par la République du Mali.
Notre force est dans notre capacité à nous unir, le FISO l’a démontré. Combien sont-ils, parmi nous à comprendre l’impérieuse nécessité de dépasser nos contradictions et différends.
La force et le respect d’une communauté résultent dans sa capacité à se remettre en cause; à rassembler lorsque la graine de la division est semée par quelques oiseaux de mauvaises augures.
La société Soninké a visiblement manqué de résilience et de ressort pour juguler les revendications d’une partie de son être, une partie non négligeable d’elle-même. Qu’elle ne peut abandonner, troquer ou trahir, et dont elle ne peut se passer.
La crise qui traverse la société Soninké est aggravée par le succès fulgurant des « grandes gueules », de nouveaux troubadours et courtisans qui ont investi l’espace public virtuel, les réseaux sociaux et qui se donnent à coeur joie à l’injure publique, proférant sans retenue et sans conscience, ni état d’âme des propos grotesques et haineux.
Ceux-là entendent se substituer aux sages du village, aux facilitateurs assermentés d’antan de la communauté. Ceux qui n’étaient ni récipiendaires d’un Master ou d’un doctorat mais avaient le bon sens en alerte, le flair « aiguisé » et ultra sensible, capable d’anticiper et d’annihiler, toute chose qui peut sonner le glas de l’harmonie du groupe. Harmonie au sens de consensus et de compromis pour préserver l’équilibre du groupe.
On nous raconte ( source tradition orale et histoires récentes qu’au Guidimakha ) qu’il est arrivé à plus d’une fois, qu’un chef de village en vient à prendre une décision impopulaire, sous le mode de la colère ou de l’émotion. Mais les sages intervenaient ou parfois même son épouse pour l’en dissuader.
Une fois raisonné, le chef perçoit l’impertinence et l’imprudence de sa décision et cède à la volonté populaire exprimée à travers les sages. Ce faisant, il n’hésitait guère de présenter ses excuses. Ce sont ce genre notabilités qui manque aujourd’hui dans le Soninkara. Notre crise est celle des valeurs, de la gouvernance et même des hommes. Reconnaissons-le pour avancer !
Cette façon de régler les différends du village était, plus portée sur la recherche de la cohésion et l’équilibre de la communauté que la « vérité ».
Le grand peuple Soninké est en train de se ridiculiser par son refus de s’adapter aux injonctions d’une ère nouvelle. Il doit se surpasser et se poser les bonnes questions. Une partie de nos intellectuels et la jeunesse censées être les porte- étendards d’une nouvelle configuration sociale, en vue de garantir l’égalité et la fraternité réelle, se sont laissés influencés pour défendre des postures indéfendables.
Les Soninké ont visiblement opté pour le pourrissement. Une stratégie qui n’arrange personne, si ce n’est le mal qui ronge et désagrège notre communauté: le temps joue en faveur du mal et nous fragilise davantage.
Et pourtant, à observer de près, les Soninké n’ont jamais été des va-t-en guerre, les peuples qui ont cohabité avec eux, leur reconnaissent cette qualité: ils ont toujours mis en place des forces dissuasives, disposées à défendre plutôt qu’à envahir ou conquérir.
Quelle « vérité » ou valeur peut-elle se prétendre plus noble, et au dessus de la paix sociale ? Je n’en connais point !
Faut-il sacrifier une société née à la suite de sacrifices et de pérégrinations périlleuses de nos aïeux, qui ont enduré les affres de l’existence pour exister ? Quelle société allons-nous, léguer à nos enfants, aux futures générations ?
La responsabilité de chacun et de tous est engagée .Tous ceux qui ont une influence, une audience, une tribune si minime soit elle, et ce quel qu’en soit sa nature doivent l’exploiter à bon escient, au service de la paix, pour rapprocher les deux parties d’un même corps en conflit.
La 7ème édition du Festival International Soninké (FISO) a été incontestablement un succès, au regard de la mobilisation, et la démonstration culturelle et artistique. Cependant, chacun d’entre nous dans son for intérieur, et loin de tout orgueilleux a dû regretter l’absence d’une partie de la communauté.
Et pourtant, l’histoire serait belle à écrire si la réconciliation entre les Soninké avait été scellée depuis Nouakchott à l’occasion du FISO.
Mais, nous avons préféré éviter ce sujet, ou disons ne pas en faire une priorité, pour sa complexité de crainte que ça ne dégénère ou encore de gâcher la fête.
Il n’y a pas échappatoire, de subterfuge, la réconciliation des Soninké est devenue » l’outre de l’éléphant » pour reprendre l’un de nos proverbes . Si tu la portes, tu risques d’être à la traine du peloton, et si tu décides de ne pas le porter, tu risques la mort certaine due à la soif. « Tuure sumalle Ji ndande angana wutu an kunke na xose angana wara daqu na ankari »
• Un porte-parole RMFP Gambana Mali, Issa Diarra rapportant le verdict de l’affaire de Diandioumé.
L’existence de l’esclavage par ascendance en milieu Soninké est avérée comme une montagne imposante à l’horizon. Le narratif du déni peut être tourné dans tous les sens par des esprits peu sincères et adeptes d’une perpétuelle fuite en avant, mais les faits dépassent parfois ce qu’on croit savoir du phénomène. Les faits, ça commence par cet éveil massif porté par Gambanaxu Fedde depuis plusieurs années qui interroge un ordre sociétal organisationnel qui se sait discriminatoire et ségrégationniste à travers le système hermétique des castes. Ce refus consciencieux de l’infériorité sociale par ascendance (le ladalenmaxu) , et les conséquences agressives venant d’un mekhzen réactionnaire au sein de la communauté soninké. Ici on expulse, là on met une quarantaine sociale, l’autre bord on accuse fallacieusement, par endroits on exproprie, on agresse et on laisse faire l’irréparable en assassinant certains militants anti-esclavagistes. J’aborde le cas de feu l’oncle Mountagha Diarriso et ses camarades (paix éternelle à leurs âmes de martyrs) de Diandioumé. Dans ce village Soninké dans la région de Kayes, dans la nuit du 1 septembre 2020, les extrémistes féodalo-esclavagistes sur place ont organisé une vendetta criminelle contre les familles qui se sont libérées de coutumes esclavagistes du lada Soninké. 4 pères de famille de 42 ans à 71 ans (Mountagha Diarriso, Hamet Sissoko, Youssou Sissoko et Gossi Sissoko) ont été lynchés à mort et plusieurs blessés parmi les rescapés. Notre tante Sokhona Diakhité grièvement atteinte, est décédée en juillet 2021 par la suite, lire https://www.ohchr.org/fr/2020/09/un-human-rights-experts-urge-mali-end-slavery-once-and-all?LangID=F&NewsID=26219 . En octobre 2021 lors de la visite de notre délégation à Nioro auprès des rescapés, monsieur Borou Sissoko (blessé et sauvé miraculeusement lors de l’attaque) m’avait appris que leurs familles étaient contraintes d’aller travailler aux champs de leurs maîtres jusqu’à courant 2018. Il a précisé que sans la journée de travail, ils devaient s’acquitter d’un montant d’argent de compensation. Actuellement à Kayes avec sa famille (Sissoko) et les rescapés de la famille Diarriso, dans nos derniers échanges hier soir, il se dit motivé en ayant espoir à la justice pour dire et appliquer le Droit. Ici l’expression renouvelée de mon soutien et ma disponibilité à mettre des mots à l’endroit de l’opinion nationale et internationale via mon espace médiatique, le Blog dont le visuel porte depuis septembre 2020 les initiales M-G-Y-H de martyrs et la date inoubliable 1-9-20.
• Les 4 militants anti-esclavagistes sooninkés tués dans la nuit du 1 septembre 2020• Communiqué CNDH Mali • Sokhona Diakhité (blessée grièvement) décédée en juillet 2021• Votre serviteur avec frère Borou Sissoko (rescapé) à Nioro 25 octobre 2021
Ce lundi 27 février s’ouvre une cour spéciale d’assises, et je dirais enfin il était temps pour que la justice se mette en route sur cette gravissime affaire liée à l’esclavage par ascendance au Mali. Assez de déni et d’impunité sous une certaine indifférence voire des suspectes complicités pro féodalo-esclavagistes des autorités étatiques aux temps du président feu IBK. C’était sous son règne boiteux dans un pays où l’insécurité secoue durement avec l’hydre terroriste, qu’en 2018 l’oncle militant abolitionniste feu Mountagha Diarriso (67 ans) avait été agressé par un jeune homme féodalo-esclavagiste. Il lui était reproché d’avoir accueilli une rencontre des militants anti-esclavagistes dans le village. De cette agression haineuse, la justice du côté de Nioro n’aurait pas été sévère pour punir son assaillant extrémiste issu de la milice féodalo-esclavagiste dans la jeunesse dite de Kingi.
• Encadré au centre l’agression de Mountagha Diarriso en 2018
La suite, on la connaît avec la terrible nuit du 1 septembre 2020. Ainsi espérons que la cour d’assises en cours fasse toute la lumière sur ce crime abominable lié à l’esclavage par ascendance. À Kayes, la zone où l’ordre colonial français avait aidé certaines communautés victimes de l’esclavage intra-africain au début du 20ème siècle, à fonder des cités de liberté (villages liberté). Plus d’un siècle après, et plusieurs décennies après l’indépendance de nos pays, le phénomène d’esclavage intra-muros (local) persiste et sévit gravement dans divers endroits sahara-saheliens. Aujourd’hui le déni derrière divers subterfuges ne tient plus en milieux sooninkés, le silence entretenu autour du phénomène est la source de toutes les frictions sociales. Les faits sont têtus, des consciences libres et disposées à aborder frontalement la « chose » s’affirment ouvertement. La dernière prise de parole en la matière, assurée par la présidente de l’association « Sironde do koffo » Mme Diabira Soukeyna, est à saluer. C’était lors d’un atelier dédié dans le programme du FISO (festival international soninké) tenu à Nouakchott, la capitale mauritanienne. Elle a osé mettre des mots sur les maux, ainsi elle appelle que cesse la culture du déni du phénomène et ses séquelles qui existent bien dans la communauté.
Espérons que le procès de l’affaire de Diandioumé soit un cas de référence pour exposer la gravité du phénomène, réconforter les militants abolitionnistes et pousser les autorités publiques à l’éradiquer nécessairement. Et ce, dans toutes nos contrées concernées dans la sous-région, particulièrement en pays sooninké.
Depuis le 27 janvier 2023 le recensement administratif à caractère électoral que certains appellent le « RAVEL » a été commencé dans tout le territoire national mauritanien jusqu’à l’heure où j’écris ces lignes aucun bureau n’est ouvert et aucune équipe n’ est sur place à l’étranger pour recenser les mauritaniens résidant à l’étranger particulièrement dans la circonscription Europe. Ce qui constitue une violation manifeste du principe d’égalité des citoyens mauritaniens devant la loi garanti par la constitution mauritanienne et les conventions internationales dont la RIM est signataire. Cette situation crée deux catégories de citoyens : une première, qui est celle des mauritaniens résidant sur le territoire national et la seconde est celle de mauritaniens résidant à l’étranger. Ce qui est inadmissible et illégal.
Une rupture d’égalité devant la loi par définition c’est lorsque un texte juridique place les citoyens dans des situations identiques et sous le même regime juridique mais ces dernièrs ne sont pas traités de la même façon; les uns sont discriminés ou privilégiés par rapport les autres.
Le préambule de la constitution mauritanienne proclame son attachement à l’islam et aux principes de la démocratie tels qu’ils ont été définis par la DUDH du 10 décembre 1948 et la charte africaine des droits de l’homme et des peuples du 28 juin 1981. Eut, pourtant toutes ces institutions internationales et africaines garantissent l’égalité des citoyens devant la loi.
Au terme de l’article premier de loi fondamentale mauritanienne » la Mauritanie est une république islamique, indivisible, démocratique et sociale. La république assure à tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de condition sociale l’égalité devant la loi… » . Je suis toujours surpris jusqu’ici le gouvernement ne réagit pas sur cette question même apres la déclaration ecrite de la section RAG en Europe ( un parti dirigé par le leader de l’opposition mauritanienne Birama O. Abeid.. Celui qui était arrivé 2eme lors de dernières élections présidentielles ) qui a dénoncé un silence assourdissant de la ceni sur le recensement des mauritaniens résidant à l’étranger. A quoi sert un texte juridique si les décideurs publics qui étaient eux-mêmes à l’origine de ce texte à l’assemblée nationale ne le respectent plus ?
Dimanche 26 février 2023 à l’ancienne Maison des jeunes, un grand rassemblement initié par la jeunesse du pôle politique dénommé Pôle de l’alternance a eu lieu dans une ferveur populaire. Prestations artistiques et speechs politiques de motivation de plusieurs intervenants dans toutes les nationales, l’événement se veut marquant une grande rentrée dans la capitale mauritanienne pour le député Biram Dah Abeid et ses partenaires après le périple marathon à l’intérieur du pays durant plusieurs semaines.
Lors de sa prise de parole, le leader abolitionniste et député national depuis 2018 à fait appel au peuple pour un vote massif pour les listes du pôle de l’alternance lors des élections du mois de mai prochain. À tous les niveaux : municipal, régional et législatif, il faut engranger un maximum d’élus pour donner force à la voie de l’alternance au sein des instances de gouvernance démocratiques.
À ce jour le Pôle de l’alternance est composé comme suit : Rag – Sawab – Manifeste Haratines – Afcd – Fnc – Afmfa – Al Assala. Le Parti RAG (Refondation pour une Action Globale) l’aile politique d’IRA-Mauritanie, n’est pas toujours reconnu par les autorités mauritaniennes. Pourtant il est porteur d’idéaux et porté par aura sociale et militante de la personnalité de Biram dans l’opinion publique à travers l’ensemble du pays.
Le député BDA arrivé deuxième aux présidentielles de 2014 et 2019, se positionne pour l’échéance de 2024.
En milieu soninké (sooninkara), on a connu de nombreux courageux chanteurs, chantres, rhapsodes et rappeurs qui ont fait triompher, magnifié et représenté la communauté soninké (sooninkaxu) partout dans le monde. C’est un plaisir pour moi, à travers ces lignes, de leur rendre un vibrant hommage.
Cependant, le travail qu’ils abattent pour la communauté ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur le rôle des artistes soninkés (sooninka sugaano) dans l’éveil des jeunes sur la question de l’hérédité ascendante, un fléau souvent décrié dans la communauté.
Dans ce contexte, en Mauritanie, on peut constater qu’il existe deux à trois catégories de chanteurs, chantres, rhapsodes et rappeurs.
La première catégorie est celle que nous aimons tous : les pionniers. L’histoire les nomme, dont Yimbi Kuma. À notre époque, il a été l’un des initiateurs du rap soninké sur la scène mauritanienne et a été parmi les premiers à prendre position contre ces organisations macabres (esclavagisme). Actuellement, cette place est détenue par Linky LK, un rappeur tantôt chantre et rhapsode.
La catégorie suivante est celle qui nous inquiète le plus : le silence. Nombreux sont les chanteurs et rappeurs qui optent pour la neutralité. Comme le dit Desmond Tutu, « Si l’on est neutre en situation d’injustice, alors on a choisi le côté de l’oppresseur. » Alors, sont-ils des oppresseurs ? On peut être tenté de répondre « oui », car lorsque des milliers de personnes les suivent, leur position a une forte influence sur l’éveil et la sensibilisation de la communauté. Malheureusement, ces derniers ont choisi la visibilité et veulent éviter les « critiques ».
La dernière catégorie a opté pour l’intangible « popularité » et les miettes. Ce sont ceux qui se présentent comme étant les courageux en continuant à lancer des attaques et à vociférer sur les autres. On peut se demander ce que la dignité signifie pour eux, car pour cette dernière catégorie, accepter un statu quo même si cela les dénude de toute existence humaine est préférable. Ils préfèrent les miettes que leur donnent les organisateurs en échange d’une mission qui peut prendre diverses formes, comme des chants à caractère apologétique.
En conclusion, je voudrais citer « La Peste » de Camus, qui souligne qu’il y a plusieurs choses à aimer chez les hommes plutôt que de les mépriser. On ne peut pas détester indéfiniment les personnes qui ont pris position contre l’évolution sociétale de la communauté, car elles peuvent apporter d’autres variables évolutives. Cependant, il est important de noter que ces personnes ne contribuent pas activement à l’amélioration de la situation de la communauté et qu’elles peuvent, en fin de compte, ralentir son évolution.
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