Mauritanie : Journées de concertation au sein de lacoordination IRA/RAG

La coordination du mouvement IRA et du parti RAG a entamé hier des journées de concertations et d’échanges entre la direction e la base. Obectif : évaluer la nouvelle approche menée dans le cadre de l’apaisement avec le pouvoir, un processus enclenché il y a plus de deux ans avec l’arrivée du président Ghazouani aux commandes.

Ces 3 journées dont la première s’est tenu ce mercredi 08 septembre à Nouakchott Nord sont supervisées par le président Birame Dah Abeid.

Dans son mot introductif Birame a salué le « climat de paix et de coopération positive entre IRA-RAG et le pouvoir de Ghazouani. »

Et de rappeler qu’après les élections présidentielles de 2019 et la fraude qui s’en est suivi à son détriment, des branches du pouvoir et de l’opposition basée à l’étranger avaient concocté un plan diabolique ayant pour objectif une confrontation violente et sanguinaire entre mauritaniens. Ce plan dit-il a foiré car nous avons choisi le camp du peuple.

Nous avons donc choisi d’éviter l’effusion de sang et la guerre civile car c’est nous qui détenons la force populaire, la jeunesse dynamique et les deux dernières élections présidentielles l’ont prouvé, ajoute-t-il. Et de poursuivre en affirmant, c’est à nous de protéger les mauritaniens en usant de moyens pacifiques.

Et Birame de saluer la nouvelle atmosphère qui permet à IRA/RAG de consolider son emprise, d’avoir l’oreille du pouvoir et partant de mieux défendre les intérêts des populations.

Ainsi IRA ne fait plus face à la répression à l’emprisonnement et aux procès politiques. Beaucoup d’avantages ont été souligné, des progrès notoires et une scène apaisée. C’est là le point de vue de IRA.

Mais face à cette approche il y a des gens qui disent que IRA a perdu son âme en pactisant avec le diable.

Ces journées de concertations constituent un message pour la classe politique et pour le pouvoir. Et comme ont eu à le souligner les différents intervenants les rencontres avec Birame dans les bureaux sont insuffisants.

Ainsi Mahfoud Habib,Mohamed Samba, Salek Ould Maatala, Hamada Ould Lekhal, Abdallahi Abou Diop, Yeslem Ould Salem, Jibril, Bilal Ould Salem, Amadou Traoré, Salem Ould Sid’Ahmed et bien d’autres cadres et militants de IRA/RAG ont tous salué la main tendue du pouvoir mais l’ont jugée insuffisante.

Les intervenants s’impatientent notamment pour la légalisation du mouvement IRA et du parti RAG. Ils ne comprennent pas pourquoi toutes ces tergiversations de la part du pouvoir.

Ils ont aussi réclamé l’instauration de la justice, l’accès aux centres d’enrôlement, la lutte contre l’esclavage, les inégalités, les prix.

Les cadres et militants ont invité le pouvoir a profiter de l’occasion pur lâcher du lest.

Face à ce qu’ils considèrent comme un immobilisme ils menacent de renouer avec la rue, une menace qui exprime un ras-le-bol et qui sonne comme un avertissement.

Notons qu’une journée de concertation similaire se tiendra cet après midi à Sebkha.

Bakari Guèye

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/journees-de-concertation-au-sein-de-la-coordination-ira-rag/

✓ Photo-reportage autour de l’évènement via RS :

✓Entretien de RMI avec Chebih CHEIKH-MELAININE

• Pour suivre l’émission via la chaîne Youtube RMI-info :

On ne présente plus Chebih CHEIKH-MELAININE dans le paysage politique mauritanien. À la fois penseur, homme politique et écrivain, Chebih est une personne ressource. Dans cet entretien, il apparaît, comme à l’accoutoumé, en tant qu’ un homme de gauche toujours proche du peuple. Il fut ministre à trois reprises et mène toujours une grande influence sur la vie politique mauritanienne.

Chebih CHEIKH-MELAININE vient de publier “Confession d’un esclave”. À cette occasion, il accordé à cette occasion une interview exclusive à RMI-info.com.

Dans cette première de la saison de votre émission l’Entretien de RMI, Chebih CHEIKH-MELAININE revient, à la fois sur son livre, et son parcours professionnel. Enfin, à travers ses analyses toujours percutantes, il revient sur certains aspects de la vie et l’actualité politique mauritanienne .

©️ Crédit source : https://rmi-info.com/entretien-de-rmi-avec-chebih-cheikh-melainine/

De la linguistique pour expliquer l’existence ou la persistance de l’esclavage coutumier chez les Soninkés du Guidimakha | Par le journaliste Seyré SIDIBÉ

Le lexique d’une langue est un répertoire plutôt une base de données où sont stockés tous les mots de cette langue.

Il s’agit d’un inventaire extensible suivant la compétence et la performance linguistiques du locuteur.

Au-delà d’être une liste infinie de mots dans laquelle puisent tous les locuteurs d’une langue, le lexique reste un marqueur de la vitalité et du dynamisme de la langue.

Par ailleurs, les mots ne sont jamais neutres et «innocents » : ils sont toujours l’expression d’une manière d’être, de penser, de voir, de se représenter, de présenter le monde et la cosmogonie.

Les mots disent plus que ce qu’on entend. Ils sont trop bavards. Il suffit d’avoir la compétence et le génie de les interroger. Ils véhiculent donc toute une philosophie sociale et populaire, culturelle, cultuelle, historique, empirique, d’une société etc.

Ainsi, le lexique reste le référentiel le plus pertinent et éloquent, comme la « boite noire » qui ne cesse de nous surprendre en révélant tous ses secrets suite à un crash d’avion.

Pour ceux qui ne savent pas, la linguistique est une branche des sciences du langage. Elle se veut descriptive et non prescriptive comme la grammaire : du coup, elle essaie de comprendre, d’expliquer et même de « disséquer » la langue, son objet d’étude, avec la rigueur et l’impartialité requises, lesquelles constituent l’idéal scientifique.

Ceci dit, je vous propose ce corpus tiré de la langue soninké dans une approche à la fois diachronique et synchronique.

Les mots utilisés ici ne représentent qu’un échantillon pour illustrer notre propos. Ils correspondent aux différentes manières de nommer les personnes d’extraction servile.

Singulier – pluriel – signification littérale en français

Kome – Komo : Esclave

Fonlenme – Fonlenmu : littéralement petites gens ou encore qui est diminué, inachevé, retardé, incomplet, déficitaire aux sens physique, morale, éducationnel et congénital.

Tunbare – Tunbaru : c’est spécifique aux femmes, l’équivalent d’esclave “Kome” qui s’emploie pour l’homme et la femme.

Kabu – kabunu : signifie le nombre neuf. Autrefois, pour compter les Soninké procèdent par des tas de dix pour après faire le total. Ainsi dix « Tanmu », est complet, correspond à la noblesse par opposition à neuf (en manque).

Liberte – Liberte : vient du français liberté, très usité en ce moment par ce qu’il veut dire un esclave récalcitrant, révolté ou/et insubordonné.

Comme on peut le constater, ces mots sont, aujourd’hui, encore en usage dans la langue et dans la quasi-totalité des contrées du Guidimakha, particulièrement dans le Guidimakha « d’en Haut » par opposition à celui du fleuve (d’en bas) où les populations sont moins réfractaires au changement en raison de l’influence du Sénégal.

Il faut signaler qu’avec le vent d’émancipation et de liberté, l’usage de ces mots tend à devenir marginal et circonstanciel.

Autrefois et encore aujourd’hui, ces vocables traduisent des contenus abjects ; stigmatisants, dégradants, avilissants, déshonorants et méprisables.

Cependant dans un contexte de citoyenneté, de liberté et démocratie : un homme, une voix, ils sortent peu à peu de la normalité.

Seuls quelques irréductibles et nostalgiques continuent encore de les utiliser publiquement.

Ils surgissent néanmoins lors de bagarres pour froisser, diminuer ou humilier une personne d’extraction servile.

Dans les villes, ces « aberrations » sont souvent employées dans les salons ou cercles restreints pour porter atteinte de manière envieuse à la dignité d’une personne d’ascendance esclave qui a réussi socialement et s’est forgée un nouveau statut social plus respectable.

Au regard de ce qui précède, on comprend aisément que les mots ont connu une « dynamique sémantique » imposée par le temps et le contexte qui échappent heureusement ou malheureusement à la féodalité.

Cette évolution du sens dans la façon de nommer les esclaves est en soi un curseur qui montre la nouvelle trajectoire d’un monde plus égalitaire et porteur de valeurs universalistes.

Après avoir démontré par les concepts la persistance de l’esclavage chez les Soninké et sa mutation sous d’autres formes plus subtiles ou sournoises, à l’image de la plupart des sociétés africaines, j’entends dire seulement aux négationnistes qu’ils ont tort de tout nier en bloc.

La pratique a existé. Elle a, certes, fait des mus pour s’adapter en intégrant un autre corps, en perdant de sa vigueur et vivacité. Mais le substrat et la philosophie de la tradition féodale sont restés et s’évertuent vaille que vaille à résister aux appels au changement.

Personne n’a jamais soutenu qu’aujourd’hui au Guidimakha, il existe des marchés aux esclaves, des hommes, des femmes et des enfants traités comme du bétail, taillable et corvéable à merci comme les serfs l’étaient au Moyen-Age par les Seigneurs. Non !

Il s’agit de montrer tout simplement que les descendants d’esclaves sont victimes d’une forme d’injustice et de stigmatisation dans les mots, dans les rapports avec les autres au sein de l’espace public communautaire et dans la gestion des affaires communautaires.

Cela peut également s’appeler discriminations. En effet, les personnes d’extraction servile sont de facto défavorisées par la naissance sur la base du système féodal qui n’est qu’une déclinaison de l’esclavage traditionnel.

Ainsi, l’esclavage tant décrié aujourd’hui chez les Soninkés et même dans la plupart des sociétés africaines ne peut être comparé à la traite transatlantique et orientale, basée sur l’exploitation de l’homme par l’homme, sa déshumanisation et sa négation tout simplement.

Heureusement, le contexte ne le permet plus. Mais les ambitions et les velléités de la classe féodale restent tenaces et têtues. Elle feint de ne rien entendre et comprendre, ignorant et méprisant les aspirations légitimes de la « majorité silencieuse », comme un dictateur aux dernières heures de son pouvoir.

Seyré SIDIBE – Journaliste

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/de-la-linguistique-pour-expliquer-lexistence-ou-la-persistance-de-lesclavage-coutumier-chez-les-soninkes-du-guidimakha/

NOUS NE VOUS OUBLIERONS JAMAIS (Par Yaya SY) | Les crimes de l’esclavage par ascendance chez les Soninkés


Le mardi 1ER septembre 2020 quatre militants antiesclavagistes maliens du village de Diandioumme ont été sauvagement agressés, lynchés, assassinés et jetés dans l’eau entre 20H et 22h (voire plus tard).

Il s’agit de :

Mountakha Jarisso

Moussa Cissokho,

Youssouf Cissokho

Hamet Cissokho

GLOIRE, HONNEUR ET RESPECT ETERNELS POUR VOUS !!!
Ils ont été assassinés au seul motif qu’ils ont refusé leur statut d’esclaves éternels dans leur village et de s’être engagés dans l’association Gambanaaxu-Fedde (Association « Tous égaux »). L’objectif de leur combat est de faire disparaître ce fléau des vestiges de l’esclavage dans les régions à majorité soninkophone et par extension dans toute l’Afrique et dans le monde entier.

Aujourd’hui nous nous recueillons devant vos tombes car pour toute l’humanité vous êtes des exemples, des modèles, des symboles et des martyrs.
Vous avez donné vos vies à la liberté, la dignité, l’égalité, le respect de la personne humaine. Vous êtes tombés au champ d’honneur et des millions d’Africains reprendront le flambeau de la liberté.
Par cette première commémoration nous élargirons toujours plus
pacifiquement le cercle de votre cri d’égalité à tous les peuples soninkés, à tous les peuples d’Afrique à tous les peuples du monde, sans haine ni rancune.
Nous vous promettons de vous arracher à l’oubli en expliquant à tous les Soninkés et à tous les hommes, le sens de votre sacrifice ultime. Une bougie éternelle d’amour et d’espoir, désormais éclaire nos cœurs.


REFUSONS comme ces quatre militants de Gambanaxu-Fedde, toute idée de soumission d’un être humain à un autre par l’esclavage et par la force.

© Crédit source : reçu de l’auteur, l’anthropologue Yaya SY depuis les Antilles.

⚽ TOURNOI FOOT – ÉDITION 1️⃣ | GANBANAAXU FRANCE


La première édition du tournoi de football Ganbanaaxu France s’est déroulée en Format Journée sur ces 2 derniers week-ends du mois d’août 2021. Le dimanche 22 août et le samedi 28 août avec 12 villages participants dans une ambiance conviviale et fraternelle autour l’expression sportive des idéaux portés par GANBANAAXU FEDDE. Malgré un timing serré au niveau organisationnel notamment la disponibilité du stade, l’équipe « Événementiel » d’Armepes-France dirigée par Monsieur Adama Traoré a su permettre un tournoi très réussi. Nous saluons les efforts de l’entité Jeunesse Ganbanaaxu Gorilakhé pour l’appui organisationnel.

Le tournoi a été remporté par l’équipe de Diaguily-Memouké qui a battu en finale l’équipe de Gorilakhé par 3 – 1.

Nos vifs remerciements aux participants et à toute l’équipe organisatrice.

✓Rendez-vous est pris pour l’an prochain avec un format plus élargi. inshâAllah

29 août 2021



©️ Pour la communication Équipe Événementiel d’Armepes-France.

Images fortes du Tournoi :

✓Epilogue de la crise de Feralla : Après 30 ans d’expropriation, Ibn Khaldoum n’est plus. Vive Koylal | Par Chérif Ba

Cherif Ba – Un épineux problème vient de connaître son dénouement, une issue heureuse que l’on doit indéniablement à trois parties : l’État mauritanien, les médiateurs de l’IPAR et les populations concernées, celles de Feralla et environs.

Le problème naît dans les années 1980, quand le régime sanguinaire de Taya, sûr de son fait et non content de mettre fin à des vies tout au long de la vallée, s’est illustré dans une autre forme de provocation contre les populations de la vallée en faisant main basse sur leurs terres.

Ainsi, une colonie avancée fut implantée, sous couvert de la coopérative Ibn Khaldoum dans le sinistre dessein d’exproprier les populations locales, propriétaires légitimes de la plaine de Koylal. Subissant un régime de terreur, les populations, la mort dans l’âme, s’accommodèrent de la situation, sans jamais l’accepter.

A l’occasion d’un nouvel aménagement sur ces mêmes terres, les populations exprimèrent leur ras-le-bol et manifestèrent même sur le site de Koylal joignant à cette action une lettre de protestation contre la Banque Mondiale, complice pour ses fonds injectés soutenant le projet Paris.

L’institution de Bretton Woods fut prompte dans sa réponse et manda illico une mission d’experts pour faire la lumière sur les récriminations des paysans de Koylal portées contre elle. Au terme de sa mission, et exploitant les informations tirées de toutes les parties, la Banque Mondiale décida de suspendre son assistance et de ne poursuivre celle-ci qu’avec une médiation qui garantirait les conditions d’une collaboration franche.

l’État mauritanien, sous la direction du Président Mohamed Cheikh Ghazouani, semble rompre avec les politiques d’expropriation des régimes passés et veut privilégier les populations concernées en discutant avec elles, en les impliquant dans toutes les prises de décision. Il faut saluer ce changement d’ attitude dans la gestion du potentiel foncier. Après Wuro Elimaan Abuu (Darel Barka), c’est la plaine de Koylal qui est restituée, à son tour, à ses propriétaires légitimes confirmant ainsi la nouvelle option des autorités nationales, décidées de s’éloigner de toute forme d’injustice.

Ainsi, le même gouvernement mauritanien lança un appel d’offre de médiation remporté par IPAR, organisme engagé pour une gouvernance foncière juste, seul clé d’un développement inclusif réel.

La délégation de l’IPAR, conduite par son Directeur exécutif, au terme de son séjour dans la zone et après avoir rencontré toutes les parties concernées par le conflit foncier, est parvenue à faire signer aux différents protagonistes un protocole très inspiré qui restitue les terres de la cuvette de Koylal à leurs propriétaires, qui prévoit l’aménagement de nouvelles parcelles à la coopérative Ibn Khaldoum dont les membres, armés par Taya afin de pousser les populations de la vallée à s’enfuir, seront donc réinstallés dans leurs domaines propres, situés entre le Debeya de Boubou Aawdi ( Bouchama) et Doubel (Mbeydiya). Ces deux points sont, à n’en pas douter, les points saillants d’un protocole paraphé par le préfet représentant le gouvernement dont il faut saluer la responsabilité et les vues constructives.

Finalement, sans envisager des solutions radicales et en privilégiant le dialogue, les populations de Feralla et environs ont apporté une éminente contribution au règlement d’un problème qui a cristallisé beaucoup de passions.

Entre mauritaniens, mus par leur grand patriotisme, toutes les parties ont, dans une atmosphère de franchise, privilégié l’intérêt supérieur du pays et donné ainsi une leçon magistrale aux adeptes des confrontations et solutions violentes.

Puisse le protocole de Feralla inspirer tous les coins du pays où le problème foncier divise et nourrit des tensions inopportunes. Des avancées ont été enregistrées à Darel Barka et à Feralla mais elles doivent aussi décupler la vigilance des populations soumises à une pression foncière liée aux grands enjeux mondiaux se déclinant en termes de lutte contre la faim et la pauvreté, de recherche de nouvelles opportunités foncières obsédant les détenteurs des gros moyens, de colonisation de nouvelles terres pour étendre des empires.

Cherif Ba
Cincinnati, Ohio
bamoctar20@gmail.com

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=748467

✓Mot d’hommage à la mémoire de notre oncle Adama Samba Coulibaly | Décédé le 25 août 2021 à Nouakchott

Les grands Hommes meurent mais leur digne Mémoire reste pour l’éternité.

Sa prise de parole lors d’une réunion régionale Ganbanaaxu à Selibaby (courant 2021)

xx/xx/1963 ~ 25/08/2021

Il s’appelait Adama Samba Coulibaly connu communément Boubou Artoumo. Un géant de 58 ans natif de Dafort dans la région du Guidimagha (Sud mauritanien). Dans la nuit du 25 août 2021 à Nouakchott, il a été rattrapé par l’irréversible rendez-vous (La Mort) qui traque toute vie sur Terre d’une manière ou d’une autre. Responsable de la section Amees Dafort (association mauritanienne pour l’éradication de l’esclavage et ses séquelles), il était un pilier du mouvement anti-esclavagiste soninké Ganbanaaxu Fedde. Mouvement populaire (fondé en 2016) militant pour l’égalité sociale et contre les mentalités féodales et esclavagistes qui relèguent et discriminent les descendants d’esclaves Soninkés. Vaillamment mobilisé dans cet engagement droit-de-lhommiste, il a pris part avec dignité à la défense des droits citoyens et sociaux de la communauté Ganbanaaxu Dafort. Également conseiller municipal depuis septembre 2018, tonton Boubou Artoumo a été injustement emprisonné par 2 fois (49 jours à Selibaby en 2017 et 2 jours en 2020 à Nouakchott). Cela suite à des plaintes fallacieuses et autres bizarreries administratives et judiciaires orchestrées en coulisses par des détracteurs mesquins troublés socialement par la cause anti-esclavagiste au sein de la communauté soninké notamment à Dafort. Ces gens comptaient le faire renoncer en vain, sa résilience et sa détermination ont fait son renom inscrit à jamais dans notre conscience sociale et citoyenne.

• À droite sur cette photo avec 2 membres Ganbanaaxu Dafort et un conseiller municipal peul.

Analphabète, monsieur Coulibaly a su s’imprégner de l’éveil du militant fièrement avec respect par son aura de tribun très conscient de la phase historique des enjeux sociaux en cours. Il a été calomnié et insulté fréquemment par certains haineux déclassés socialement via les réseaux sociaux notamment WhatsApp. En Mars 2019, par diverses intrigues manipulatrices ourdies par l’ancien ordre coutumier, on voulait atteindre son activité professionnelle de boucher avec un embargo causant une séparation avec certains travailleurs bouchers acquis à la domination coutumière du village. Ainsi il était interdit formellement aux acheteurs d’aller chez lui. Il s’était réorganisé avec ses partenaires issus de la communauté Ganbanaaxu, pour poursuivre leurs activités de boucher en servant avec efficacité les familles Ganbanaaxu Dafort. Ce présent témoignage à son sujet revêt une mission obligatoire pour ma conscience, car sa mémoire honorable le mérite amplement.

Avec le député Biram Dah Abeid, président d’IRA-Mauritanie
• En compagnie du doyen Ladji Traoré et d’autres frères militants anti-esclavagistes
Ici au milieu d’autres frères et responsables abolitionnistes

Il croyait à des réformes sociales pour notre communauté où l’esclavage par ascendance est érigé socialement comme marqueur « valorisant » à faire perpétuer. Ainsi le Lion Massassi a accompli sa mission dignement, il est parti Digne et Libre. Il a su dissocier les vraies personnes qui l’adulaient en homme utile collectivement et les fausses personnes qui se servaient jadis de lui occasionnellement pour magnifier l’ordre féodal discriminatoire et trompeur. Sa mémoire sera un nœud indéfectible de notre SERMENT pour plaider les visionnaires objectifs de cet engagement pacifique pour une vie sociale harmonieuse et juste dans SONINKARA. inshâAllah.

✓Paix éternelle à votre Âme, cher oncle. Ameen

~ Par votre neveu et camarade Koundou SOUMARÉ, mes respects.

Birame fait le point de sa tournée dans le Sud et souligne la nécessité du dialogue | Par Bakari Gueye

© Crédit photo Al Akhbar

Le président du mouvement IRA et député au parlement mauritanien, Birame Dah Abeid a tenu ce matin à Nouakchott une conférence de presse dans laquelle il a fait un compte rendu de sa dernière visite dans la vallée (Guidimaka et Gorgol).

Au cours de cette visite il s’est particulièrement intéressé à l’esclavage Soninké mais aussi à la situation peu enviable des populations vulnérables.

Des pratiques esclavagistes bien ancrées

Au Guidimaka où la hiérarchie sociale et les mentalités rétrogrades permettent encore aujourd’hui de maintenir des citoyens en esclavage, la situation est d’autant plus révoltante, s’émeut le leader anti-esclavagiste, qu’elle est cautionnée par les autorités administratives, sécuritaires et judiciaires, estime-t-il.

Le pouvoir des potentats locaux est toujours très important dans ces zones de l’intérieur du pays où l’Etat est quasi absent selon Birame qui a rejeté au passage la politique de feu Moktar Ould Dadah qui avait marginalisé les chefs tribaux dont la présence est en porte-à-faux avec l’Etat et la citoyenneté.

Selon Birame en matière d’esclavage la société maure est plus ouverte que les sociétés soninké et poular où on est esclave à vie, sans aucune perspective d’évoluer et de changer de statut.

Dans les deux premières sociétés, l’esclave ne peut devenir ni Imam de mosquée ni propriétaire terrien.

Et aujourd’hui, au Guidimaka suite au vent de révolte des esclaves ceux-ci subissent un embargo économique et sont soumis à des traitements humiliants et dégradants.

Avant l’organisation du travail s’effectuait comme suit : les esclaves travaillent les terres de leurs maitres le matin et le soir ils travaillent pour leur propre compte. Mais suite à leur volonté de s’émanciper on assiste à l’expropriation de leurs champs. Et Birame de donner l’exemple de ces paysans qui cultivent leurs champs et qui à la veille de la récolte sont déboutés sur une curieuse décision du juge qui est toujours du côté des soi-disant maîtres.

De ce fait, la main d’œuvre agricole soninké n’a plus de quoi vivre. Et ces « esclaves » sont parfois torturés à l’instar de leurs frères du Guidimaka malien. Le dernier cas en date, c’est celui de l’homme de Dafort qui a été cruellement torturé et filmé en toute impunité.

L’administration locale (police, justice) tolère ces graves manquements, s’indigne-t-il.

Au cours de cette visite, le député affirme avoir consacré 48 heures d’affilées pour écouter les témoignages poignants des populations victimes de l’injustice, des personnes qui n’ont rien ni aucun droit.

Et les maîtres font recours à l’administration pour sanctionner les esclaves dit-il et ce au grand dam de l’Etat dont le rôle est la protection des citoyens et de la loi.

Birame est revenu sur ce qu’il considère comme la décennie de tous les dangers et où il avait été diabolisé avec son mouvement et présenté comme un suppôt des européens, des juifs et des américains.

Les accusations d’anti-maures et de potentiel partisan de la guerre civile, les pressions de toutes sortes ne l’ont pas poussé à quitter le pays. J’ai dit-il continué à lutter pour la cause que je défends et pour mes principes.

Il a salué au passage le climat de liberté et d’apaisement qui règne dans le pays et qui lui permet aujourd’hui de mener librement ses activités et de lutter contre l’esclavage au sein de toutes les communautés.

« Ghazouani doit s’attaquer à l’esclavaje dans toutes les communautés »

Maintenant il s’attaque à la lutte contre ce phénomène dans la société soninké et après le Covid promet-il, ce sera au sein de la société poular.

L’esclavage est toujours là, assure Birame qui conseille au président Ghazouani de s’attaquer à ce phénomène au sein de toutes les communautés, d’ouvrer pour l’instauration de l’Etat de droit et jeter un coup d’œil sur ce qui se passe dans la Mauritanie profonde.

Tous ces problèmes devraient être posés au dialogue en vue et solutionnés.

« Aucun recul des libertés »

A ce sujet Birame salue l’ouverture du président Ghazouani. Ceux qui disent qu’il y a un recul des libertés cherchent peut-être qu’on revienne à la case départ, une situation qui les arrange dit-il. Pour lui, on doit éviter la confrontation.

Mais poursuit-il tout n’est pas réglé et beaucoup reste à faire. Et le député de donner des exemples frappants, des situations qu’il a observé de visu au cours de cette tournée.

Une absence de l’Etat

Dans un village du Guidimaka on trouve une école de 6 niveaux et qui ne dispose que d’un seul maître et d’une seule salle de classe. Et dans cette école fantôme créée en 1995, il n’y a jamais eu un admis à l’entrée en 6ème (collège).

Dans un autre villaje il y a une école créée en 1993 mais il n’y a jamais eu l’organisation du concours d’entrée en 6ème.

Les élèves arrêtent leur scolarité dès la 2ème année. C’est paraît-il un modèle dans la région.

Dans un autre village, les populations ne peuvent pas boire l’eau d’une ADP (sondage) construit par l’Etat.

Autre anomalie, cette fois-ci dans le village de Kelinkino situé à quelques encablures de Sélibaby où la mosquée financée par la diaspora avec la bagatelle de 80 millions d’ouguiyas. Pour la famille de maîtres de la localité, l’imam ne peut être issu que de ses rangs.

Les bailleurs disent niet et c’est la bagarre générale et la fermeture de la mosquée.

Des histoires à couper le souffle dans une région où la vie sociale est toujours régie en vertu d’une mentalité et de comportements barbares et moyenâgeux.

Au cours de cette conférence de presse, Birame a répondu aux questions des journalistes qui ont abordé entres autres la récente conférence de presse de l’opposition, la situation des orpailleurs les résultats du bac, les prestations de la SOMELEC, les fonds obtenus durant la dernière présidentielle et l’absence remarqué du député anti-esclavagiste à l’occasion des sessions parlementaires.

Bakari Gueye

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/birame-fait-le-point-de-sa-tournee-dans-le-sud-et-souligne-la-necessite-du-dialogue/

« Si vous pensez que l’éducation est Chère, essayez l’ignorance » | Par Bakary Tandia

Avec 83% d’échecs et 8% d’ admis sur 46587 candidats au baccalauréat de 2021 en Mauritanie, de tels résultats devaient motiver la tenue immédiate d’un conseil des ministres extraordinaire pour examiner le problème comme une urgence nationale.

Malheureusement à la grande surprise du public, les autorités compétentes ne semblent pas appréhender le degré de la magnitude du séisme qui vient de secouer énergiquement la nation, particulièrement le système éducatif qui est son pilier central.

Autrefois le système éducatif était une priorité nationale, non seulement pour former des cadres compétents, mais aussi forger l’esprit de nation en servant de creuset de brassage social et culturel dans lequel tous les enfants pays se côtoyaient dans une ambiance de fraternité.

Ce système a fait ses preuves en produisant des cadres compétents qui ont brillamment servi le pays malgré ses multiples défis. Mais depuis que le système est devenu politisé pour servir des idéaux qui n’ ont rien á avoir avec les objectifs de développement du pays, nous assistons á une détérioration vertigineuse de la qualité de l’éducation. A cause de cette politisation, contrairement á sa mission de consolider l’unité nationale, le système éducatif est devenu — une source de préjugés et de méfiance qui éloigne les communautés les unes des autres chaque jour qui passe.

Au lieu de développer un système éducatif cohérent qui répond adéquatement aux besoins du pays, et rend nos élèves et étudiants plus compétitifs sur le plan international, l’Etat a laissé — la politisation éroder le tissu éducatif au point qu’il est devenu méconnaissable. Le gouvernement doit comprendre que l’éducation constitue les yeux de la nation. C’est grâce á elle que nous pouvons identifier le chemin qui nous mène vers nos objectifs. Autrement ce serait le tâtonnement interminable dans l’obscurité sans lendemain. Il est également important que l’ Etat comprenne que le futur du pays dépend essentiellement de la qualité de l’éducation qu’il offre á ses enfants.

Car, comme le dit une affiche publicitaire dans le métro de New York City (qui est plein d’enseignement), « la jeunesse représente 50% (cinquante pour cent) de notre population, et 100% (cent pour cent) de notre futur. Il est clair que compromettre la qualité de l’éducations c’ est saper le pilier central de l’Etat. Alors la sagesse nous recommande de ne jamais scier la branche sur laquelle on est assis. En plus il est á rappeler — qu’il n’y a aucun investissement plus rentable que l’éducation. Sinon, « si vous pensez que l’éducations est chère, essayez l’ignorance, » comme l’a fait remarquer Derek Bok, Président de l’Université de Harvard. Je suis convaincu que les conséquences seront incalculables.

C’ est ce que certains pays tels que la Corée du Sud ont compris et mis en pratique. Grâce un leadership éclairé, ils n’ont pas hésité á investir prioritairement dans leur système éducatif pour en faire l’un des top systèmes du monde. C’ est avec fierté qu’ ils le considèrent comme leur joyau national comparativement aux autres professions. Par exemple il est plus difficile d’accéder á l’école des professeurs qu’á la faculté de droit. Ce qui leur a permis d’ entamer leur décollage économique en trombe qui constitue un modèle de développement exemplaire qui fait leur fierté nationale. Une telle réalisation n’aurait jamais été possible sans un système d’éducation compétitif.

Si les dirigeants de la Mauritanie veulent sauver le pays, ils doivent d’abord commencer par restaurer la dignité du système éducatif en mettant fin á sa politisation et la corruption. C’est maintenant ou jamais. Car notre système éducatif est actuellement titubant et au bord du précipice. Nous avons besoin d’ un leader courageux, alerte et éclairé pour prendre le problème á bras le corps car il y va de la survie et de l’honneur du pays.

Par ailleurs les autorités compétentes du pays, à commencer par le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Chef de l’Etat, doivent cesser d’ignorer les problèmes dont elles ont la charge de régler en prétendant qu’il n’y a pas de crise dans le pays. Pour y arriver Elles doivent commencer par les reconnaitre, ensuite adopter des mesures effectives contre l’esclavage et ses séquelles et en prêter une oreille attentive aux appels stridents de justice des veuves, des rescapés et des refugiés Mauritaniens au Sénégal et au Mali depuis une trentaine d’années.

Enfin ces questions doivent être traitées comme une urgence dans le cadre d’un dialogue national inclusif. Compte tenu de leur complexité, leur règlement demande la participation — des victimes et des ayants droit, et de toutes les forces vives du pays — pour une solution juste , satisfaisante et durable.

Comme partout ailleurs, en pareille situation, il relève du leadership du Président de donner au processus l’autorité politique et morale nécessaire pour qu’il puisse atteindre ses objectifs.

Bakary Tandia, Human Rights Advocate

New York

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=748284

✓Le député mauritanien BDA assiste à un point de presse avec une association d’intégration des albinos en Mauritanie.

Dans un hôtel à Nouakchott, ce 18 août 2021 le député mauritanien Biram Dah Abeid (président des réseaux IRA-Mauritanie) a pris part à une conférence de presse auprès de l’association qui défend les droits légitimes de personnes albinos en Mauritanie. Dans une prise de parole, le député BDA a exprimé son soutien résolu à l’association et assurant qu’il va plaider leur cause pour une intégration soutenue et la prise en compte de leurs spécificités dans tous les domaines de la vie sociale et professionnelle.

©️ Crédit source : Réseaux IRA-Mauritanie

• KS pour le BLOG