✓Epilogue de la crise de Feralla : Après 30 ans d’expropriation, Ibn Khaldoum n’est plus. Vive Koylal | Par Chérif Ba

Cherif Ba – Un épineux problème vient de connaître son dénouement, une issue heureuse que l’on doit indéniablement à trois parties : l’État mauritanien, les médiateurs de l’IPAR et les populations concernées, celles de Feralla et environs.

Le problème naît dans les années 1980, quand le régime sanguinaire de Taya, sûr de son fait et non content de mettre fin à des vies tout au long de la vallée, s’est illustré dans une autre forme de provocation contre les populations de la vallée en faisant main basse sur leurs terres.

Ainsi, une colonie avancée fut implantée, sous couvert de la coopérative Ibn Khaldoum dans le sinistre dessein d’exproprier les populations locales, propriétaires légitimes de la plaine de Koylal. Subissant un régime de terreur, les populations, la mort dans l’âme, s’accommodèrent de la situation, sans jamais l’accepter.

A l’occasion d’un nouvel aménagement sur ces mêmes terres, les populations exprimèrent leur ras-le-bol et manifestèrent même sur le site de Koylal joignant à cette action une lettre de protestation contre la Banque Mondiale, complice pour ses fonds injectés soutenant le projet Paris.

L’institution de Bretton Woods fut prompte dans sa réponse et manda illico une mission d’experts pour faire la lumière sur les récriminations des paysans de Koylal portées contre elle. Au terme de sa mission, et exploitant les informations tirées de toutes les parties, la Banque Mondiale décida de suspendre son assistance et de ne poursuivre celle-ci qu’avec une médiation qui garantirait les conditions d’une collaboration franche.

l’État mauritanien, sous la direction du Président Mohamed Cheikh Ghazouani, semble rompre avec les politiques d’expropriation des régimes passés et veut privilégier les populations concernées en discutant avec elles, en les impliquant dans toutes les prises de décision. Il faut saluer ce changement d’ attitude dans la gestion du potentiel foncier. Après Wuro Elimaan Abuu (Darel Barka), c’est la plaine de Koylal qui est restituée, à son tour, à ses propriétaires légitimes confirmant ainsi la nouvelle option des autorités nationales, décidées de s’éloigner de toute forme d’injustice.

Ainsi, le même gouvernement mauritanien lança un appel d’offre de médiation remporté par IPAR, organisme engagé pour une gouvernance foncière juste, seul clé d’un développement inclusif réel.

La délégation de l’IPAR, conduite par son Directeur exécutif, au terme de son séjour dans la zone et après avoir rencontré toutes les parties concernées par le conflit foncier, est parvenue à faire signer aux différents protagonistes un protocole très inspiré qui restitue les terres de la cuvette de Koylal à leurs propriétaires, qui prévoit l’aménagement de nouvelles parcelles à la coopérative Ibn Khaldoum dont les membres, armés par Taya afin de pousser les populations de la vallée à s’enfuir, seront donc réinstallés dans leurs domaines propres, situés entre le Debeya de Boubou Aawdi ( Bouchama) et Doubel (Mbeydiya). Ces deux points sont, à n’en pas douter, les points saillants d’un protocole paraphé par le préfet représentant le gouvernement dont il faut saluer la responsabilité et les vues constructives.

Finalement, sans envisager des solutions radicales et en privilégiant le dialogue, les populations de Feralla et environs ont apporté une éminente contribution au règlement d’un problème qui a cristallisé beaucoup de passions.

Entre mauritaniens, mus par leur grand patriotisme, toutes les parties ont, dans une atmosphère de franchise, privilégié l’intérêt supérieur du pays et donné ainsi une leçon magistrale aux adeptes des confrontations et solutions violentes.

Puisse le protocole de Feralla inspirer tous les coins du pays où le problème foncier divise et nourrit des tensions inopportunes. Des avancées ont été enregistrées à Darel Barka et à Feralla mais elles doivent aussi décupler la vigilance des populations soumises à une pression foncière liée aux grands enjeux mondiaux se déclinant en termes de lutte contre la faim et la pauvreté, de recherche de nouvelles opportunités foncières obsédant les détenteurs des gros moyens, de colonisation de nouvelles terres pour étendre des empires.

Cherif Ba
Cincinnati, Ohio
bamoctar20@gmail.com

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=748467

✓Mot d’hommage à la mémoire de notre oncle Adama Samba Coulibaly | Décédé le 25 août 2021 à Nouakchott

Les grands Hommes meurent mais leur digne Mémoire reste pour l’éternité.

Sa prise de parole lors d’une réunion régionale Ganbanaaxu à Selibaby (courant 2021)

xx/xx/1963 ~ 25/08/2021

Il s’appelait Adama Samba Coulibaly connu communément Boubou Artoumo. Un géant de 58 ans natif de Dafort dans la région du Guidimagha (Sud mauritanien). Dans la nuit du 25 août 2021 à Nouakchott, il a été rattrapé par l’irréversible rendez-vous (La Mort) qui traque toute vie sur Terre d’une manière ou d’une autre. Responsable de la section Amees Dafort (association mauritanienne pour l’éradication de l’esclavage et ses séquelles), il était un pilier du mouvement anti-esclavagiste soninké Ganbanaaxu Fedde. Mouvement populaire (fondé en 2016) militant pour l’égalité sociale et contre les mentalités féodales et esclavagistes qui relèguent et discriminent les descendants d’esclaves Soninkés. Vaillamment mobilisé dans cet engagement droit-de-lhommiste, il a pris part avec dignité à la défense des droits citoyens et sociaux de la communauté Ganbanaaxu Dafort. Également conseiller municipal depuis septembre 2018, tonton Boubou Artoumo a été injustement emprisonné par 2 fois (49 jours à Selibaby en 2017 et 2 jours en 2020 à Nouakchott). Cela suite à des plaintes fallacieuses et autres bizarreries administratives et judiciaires orchestrées en coulisses par des détracteurs mesquins troublés socialement par la cause anti-esclavagiste au sein de la communauté soninké notamment à Dafort. Ces gens comptaient le faire renoncer en vain, sa résilience et sa détermination ont fait son renom inscrit à jamais dans notre conscience sociale et citoyenne.

• À droite sur cette photo avec 2 membres Ganbanaaxu Dafort et un conseiller municipal peul.

Analphabète, monsieur Coulibaly a su s’imprégner de l’éveil du militant fièrement avec respect par son aura de tribun très conscient de la phase historique des enjeux sociaux en cours. Il a été calomnié et insulté fréquemment par certains haineux déclassés socialement via les réseaux sociaux notamment WhatsApp. En Mars 2019, par diverses intrigues manipulatrices ourdies par l’ancien ordre coutumier, on voulait atteindre son activité professionnelle de boucher avec un embargo causant une séparation avec certains travailleurs bouchers acquis à la domination coutumière du village. Ainsi il était interdit formellement aux acheteurs d’aller chez lui. Il s’était réorganisé avec ses partenaires issus de la communauté Ganbanaaxu, pour poursuivre leurs activités de boucher en servant avec efficacité les familles Ganbanaaxu Dafort. Ce présent témoignage à son sujet revêt une mission obligatoire pour ma conscience, car sa mémoire honorable le mérite amplement.

Avec le député Biram Dah Abeid, président d’IRA-Mauritanie
• En compagnie du doyen Ladji Traoré et d’autres frères militants anti-esclavagistes
Ici au milieu d’autres frères et responsables abolitionnistes

Il croyait à des réformes sociales pour notre communauté où l’esclavage par ascendance est érigé socialement comme marqueur « valorisant » à faire perpétuer. Ainsi le Lion Massassi a accompli sa mission dignement, il est parti Digne et Libre. Il a su dissocier les vraies personnes qui l’adulaient en homme utile collectivement et les fausses personnes qui se servaient jadis de lui occasionnellement pour magnifier l’ordre féodal discriminatoire et trompeur. Sa mémoire sera un nœud indéfectible de notre SERMENT pour plaider les visionnaires objectifs de cet engagement pacifique pour une vie sociale harmonieuse et juste dans SONINKARA. inshâAllah.

✓Paix éternelle à votre Âme, cher oncle. Ameen

~ Par votre neveu et camarade Koundou SOUMARÉ, mes respects.

Birame fait le point de sa tournée dans le Sud et souligne la nécessité du dialogue | Par Bakari Gueye

© Crédit photo Al Akhbar

Le président du mouvement IRA et député au parlement mauritanien, Birame Dah Abeid a tenu ce matin à Nouakchott une conférence de presse dans laquelle il a fait un compte rendu de sa dernière visite dans la vallée (Guidimaka et Gorgol).

Au cours de cette visite il s’est particulièrement intéressé à l’esclavage Soninké mais aussi à la situation peu enviable des populations vulnérables.

Des pratiques esclavagistes bien ancrées

Au Guidimaka où la hiérarchie sociale et les mentalités rétrogrades permettent encore aujourd’hui de maintenir des citoyens en esclavage, la situation est d’autant plus révoltante, s’émeut le leader anti-esclavagiste, qu’elle est cautionnée par les autorités administratives, sécuritaires et judiciaires, estime-t-il.

Le pouvoir des potentats locaux est toujours très important dans ces zones de l’intérieur du pays où l’Etat est quasi absent selon Birame qui a rejeté au passage la politique de feu Moktar Ould Dadah qui avait marginalisé les chefs tribaux dont la présence est en porte-à-faux avec l’Etat et la citoyenneté.

Selon Birame en matière d’esclavage la société maure est plus ouverte que les sociétés soninké et poular où on est esclave à vie, sans aucune perspective d’évoluer et de changer de statut.

Dans les deux premières sociétés, l’esclave ne peut devenir ni Imam de mosquée ni propriétaire terrien.

Et aujourd’hui, au Guidimaka suite au vent de révolte des esclaves ceux-ci subissent un embargo économique et sont soumis à des traitements humiliants et dégradants.

Avant l’organisation du travail s’effectuait comme suit : les esclaves travaillent les terres de leurs maitres le matin et le soir ils travaillent pour leur propre compte. Mais suite à leur volonté de s’émanciper on assiste à l’expropriation de leurs champs. Et Birame de donner l’exemple de ces paysans qui cultivent leurs champs et qui à la veille de la récolte sont déboutés sur une curieuse décision du juge qui est toujours du côté des soi-disant maîtres.

De ce fait, la main d’œuvre agricole soninké n’a plus de quoi vivre. Et ces « esclaves » sont parfois torturés à l’instar de leurs frères du Guidimaka malien. Le dernier cas en date, c’est celui de l’homme de Dafort qui a été cruellement torturé et filmé en toute impunité.

L’administration locale (police, justice) tolère ces graves manquements, s’indigne-t-il.

Au cours de cette visite, le député affirme avoir consacré 48 heures d’affilées pour écouter les témoignages poignants des populations victimes de l’injustice, des personnes qui n’ont rien ni aucun droit.

Et les maîtres font recours à l’administration pour sanctionner les esclaves dit-il et ce au grand dam de l’Etat dont le rôle est la protection des citoyens et de la loi.

Birame est revenu sur ce qu’il considère comme la décennie de tous les dangers et où il avait été diabolisé avec son mouvement et présenté comme un suppôt des européens, des juifs et des américains.

Les accusations d’anti-maures et de potentiel partisan de la guerre civile, les pressions de toutes sortes ne l’ont pas poussé à quitter le pays. J’ai dit-il continué à lutter pour la cause que je défends et pour mes principes.

Il a salué au passage le climat de liberté et d’apaisement qui règne dans le pays et qui lui permet aujourd’hui de mener librement ses activités et de lutter contre l’esclavage au sein de toutes les communautés.

« Ghazouani doit s’attaquer à l’esclavaje dans toutes les communautés »

Maintenant il s’attaque à la lutte contre ce phénomène dans la société soninké et après le Covid promet-il, ce sera au sein de la société poular.

L’esclavage est toujours là, assure Birame qui conseille au président Ghazouani de s’attaquer à ce phénomène au sein de toutes les communautés, d’ouvrer pour l’instauration de l’Etat de droit et jeter un coup d’œil sur ce qui se passe dans la Mauritanie profonde.

Tous ces problèmes devraient être posés au dialogue en vue et solutionnés.

« Aucun recul des libertés »

A ce sujet Birame salue l’ouverture du président Ghazouani. Ceux qui disent qu’il y a un recul des libertés cherchent peut-être qu’on revienne à la case départ, une situation qui les arrange dit-il. Pour lui, on doit éviter la confrontation.

Mais poursuit-il tout n’est pas réglé et beaucoup reste à faire. Et le député de donner des exemples frappants, des situations qu’il a observé de visu au cours de cette tournée.

Une absence de l’Etat

Dans un village du Guidimaka on trouve une école de 6 niveaux et qui ne dispose que d’un seul maître et d’une seule salle de classe. Et dans cette école fantôme créée en 1995, il n’y a jamais eu un admis à l’entrée en 6ème (collège).

Dans un autre villaje il y a une école créée en 1993 mais il n’y a jamais eu l’organisation du concours d’entrée en 6ème.

Les élèves arrêtent leur scolarité dès la 2ème année. C’est paraît-il un modèle dans la région.

Dans un autre village, les populations ne peuvent pas boire l’eau d’une ADP (sondage) construit par l’Etat.

Autre anomalie, cette fois-ci dans le village de Kelinkino situé à quelques encablures de Sélibaby où la mosquée financée par la diaspora avec la bagatelle de 80 millions d’ouguiyas. Pour la famille de maîtres de la localité, l’imam ne peut être issu que de ses rangs.

Les bailleurs disent niet et c’est la bagarre générale et la fermeture de la mosquée.

Des histoires à couper le souffle dans une région où la vie sociale est toujours régie en vertu d’une mentalité et de comportements barbares et moyenâgeux.

Au cours de cette conférence de presse, Birame a répondu aux questions des journalistes qui ont abordé entres autres la récente conférence de presse de l’opposition, la situation des orpailleurs les résultats du bac, les prestations de la SOMELEC, les fonds obtenus durant la dernière présidentielle et l’absence remarqué du député anti-esclavagiste à l’occasion des sessions parlementaires.

Bakari Gueye

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/birame-fait-le-point-de-sa-tournee-dans-le-sud-et-souligne-la-necessite-du-dialogue/

« Si vous pensez que l’éducation est Chère, essayez l’ignorance » | Par Bakary Tandia

Avec 83% d’échecs et 8% d’ admis sur 46587 candidats au baccalauréat de 2021 en Mauritanie, de tels résultats devaient motiver la tenue immédiate d’un conseil des ministres extraordinaire pour examiner le problème comme une urgence nationale.

Malheureusement à la grande surprise du public, les autorités compétentes ne semblent pas appréhender le degré de la magnitude du séisme qui vient de secouer énergiquement la nation, particulièrement le système éducatif qui est son pilier central.

Autrefois le système éducatif était une priorité nationale, non seulement pour former des cadres compétents, mais aussi forger l’esprit de nation en servant de creuset de brassage social et culturel dans lequel tous les enfants pays se côtoyaient dans une ambiance de fraternité.

Ce système a fait ses preuves en produisant des cadres compétents qui ont brillamment servi le pays malgré ses multiples défis. Mais depuis que le système est devenu politisé pour servir des idéaux qui n’ ont rien á avoir avec les objectifs de développement du pays, nous assistons á une détérioration vertigineuse de la qualité de l’éducation. A cause de cette politisation, contrairement á sa mission de consolider l’unité nationale, le système éducatif est devenu — une source de préjugés et de méfiance qui éloigne les communautés les unes des autres chaque jour qui passe.

Au lieu de développer un système éducatif cohérent qui répond adéquatement aux besoins du pays, et rend nos élèves et étudiants plus compétitifs sur le plan international, l’Etat a laissé — la politisation éroder le tissu éducatif au point qu’il est devenu méconnaissable. Le gouvernement doit comprendre que l’éducation constitue les yeux de la nation. C’est grâce á elle que nous pouvons identifier le chemin qui nous mène vers nos objectifs. Autrement ce serait le tâtonnement interminable dans l’obscurité sans lendemain. Il est également important que l’ Etat comprenne que le futur du pays dépend essentiellement de la qualité de l’éducation qu’il offre á ses enfants.

Car, comme le dit une affiche publicitaire dans le métro de New York City (qui est plein d’enseignement), « la jeunesse représente 50% (cinquante pour cent) de notre population, et 100% (cent pour cent) de notre futur. Il est clair que compromettre la qualité de l’éducations c’ est saper le pilier central de l’Etat. Alors la sagesse nous recommande de ne jamais scier la branche sur laquelle on est assis. En plus il est á rappeler — qu’il n’y a aucun investissement plus rentable que l’éducation. Sinon, « si vous pensez que l’éducations est chère, essayez l’ignorance, » comme l’a fait remarquer Derek Bok, Président de l’Université de Harvard. Je suis convaincu que les conséquences seront incalculables.

C’ est ce que certains pays tels que la Corée du Sud ont compris et mis en pratique. Grâce un leadership éclairé, ils n’ont pas hésité á investir prioritairement dans leur système éducatif pour en faire l’un des top systèmes du monde. C’ est avec fierté qu’ ils le considèrent comme leur joyau national comparativement aux autres professions. Par exemple il est plus difficile d’accéder á l’école des professeurs qu’á la faculté de droit. Ce qui leur a permis d’ entamer leur décollage économique en trombe qui constitue un modèle de développement exemplaire qui fait leur fierté nationale. Une telle réalisation n’aurait jamais été possible sans un système d’éducation compétitif.

Si les dirigeants de la Mauritanie veulent sauver le pays, ils doivent d’abord commencer par restaurer la dignité du système éducatif en mettant fin á sa politisation et la corruption. C’est maintenant ou jamais. Car notre système éducatif est actuellement titubant et au bord du précipice. Nous avons besoin d’ un leader courageux, alerte et éclairé pour prendre le problème á bras le corps car il y va de la survie et de l’honneur du pays.

Par ailleurs les autorités compétentes du pays, à commencer par le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Chef de l’Etat, doivent cesser d’ignorer les problèmes dont elles ont la charge de régler en prétendant qu’il n’y a pas de crise dans le pays. Pour y arriver Elles doivent commencer par les reconnaitre, ensuite adopter des mesures effectives contre l’esclavage et ses séquelles et en prêter une oreille attentive aux appels stridents de justice des veuves, des rescapés et des refugiés Mauritaniens au Sénégal et au Mali depuis une trentaine d’années.

Enfin ces questions doivent être traitées comme une urgence dans le cadre d’un dialogue national inclusif. Compte tenu de leur complexité, leur règlement demande la participation — des victimes et des ayants droit, et de toutes les forces vives du pays — pour une solution juste , satisfaisante et durable.

Comme partout ailleurs, en pareille situation, il relève du leadership du Président de donner au processus l’autorité politique et morale nécessaire pour qu’il puisse atteindre ses objectifs.

Bakary Tandia, Human Rights Advocate

New York

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=748284

✓Le député mauritanien BDA assiste à un point de presse avec une association d’intégration des albinos en Mauritanie.

Dans un hôtel à Nouakchott, ce 18 août 2021 le député mauritanien Biram Dah Abeid (président des réseaux IRA-Mauritanie) a pris part à une conférence de presse auprès de l’association qui défend les droits légitimes de personnes albinos en Mauritanie. Dans une prise de parole, le député BDA a exprimé son soutien résolu à l’association et assurant qu’il va plaider leur cause pour une intégration soutenue et la prise en compte de leurs spécificités dans tous les domaines de la vie sociale et professionnelle.

©️ Crédit source : Réseaux IRA-Mauritanie

• KS pour le BLOG

Afghanistan – Si on s’interrogeait…un peu!



L’antenne officielle « affaires étrangères » des talibans répond à Doha au Qatar. Les gens qui veulent fuir l’arrivée du pouvoir taliban comptent rejoindre les pays occidentaux principalement. D’ailleurs les voix humanistes qui s’entendent plus depuis 3 jours pour s’inquiéter de la situation humanitaire, viennent en gros du giron occidental. Pourtant il suffirait aux riches pays pétroliers du golf d’ouvrir leurs portes pour accueillir dignement beaucoup de monde en détresse. Par exemple les Qataris du PSG peuvent se permettre beaucoup de largesses matérielles et financières dans d’autres domaines mais ici… c’est du silence étrangement. Après tout cela, s’il y’a une tromperie criminelle et une exploitation cynique autour de l’élément « Oumma » ou « Islam », il faut observer les comportements de certains pays dits musulmans dans les relations géopolitiques internationales. Ces gens qui fuient vers le giron occidental, ils ne viennent pas se convertir au christianisme ou au libertinage, mais comptent sur l’espoir d’une certaine Humanité à retrouver.

Les images autour de ce cargo US à l’aéroport de Kaboul et les individus qui se sont accrochés et éjectés fatalement dans les airs, font crever les cœurs et les esprits de gens réfléchis.

• KS pour le BLOG

Notre silence inquiète face à la gangrène que subit notre société. | Par Diabé Magassa


La lutte contre l’esclavage en milieu Soninké n’est pas encore gagnée. Nous n’admettons toujours pas de façon effective qu’il existe. Pouvons-nous résoudre un problème si nous ignorons son existence ? C’est une lutte universelle pouvant impliquer tout le monde. Mais en société soninké, la tendance est à la méfiance manifeste vis-à-vis de ceux qui s’intéressent de façon engagée à la question. On se refuse à croire à l’évidence que certaines bases sur lesquelles notre société repose deviennent obsolètes et qu’elles ne survivront pas longtemps aux changements des mentalités et à la révolte des esprits.

On dit de nous que nous sommes une société solidaire, vivant en harmonie. Je vais être clair. Ce n’est pas vrai. Et c’est le Soninké que je suis qui le défend.

Ce que j’observe m’inquiète profondément, et croyez-moi, ce ne sont pas des paroles en l’air. Nous paraissons inconscients de la situation chaotique que nous créons autour de nous. Pour reprendre Jean-Christophe Grange, nous semons la haine. Nous récoltons la violence, la vengeance, la mort. C’est l’héritage que nous sommes en train de léguer à la postérité. Sommes-nous prêt à endosser cette responsabilité?

Je pense que la haine a atteint son paroxysme chez nous. Je vais citer, et j’en assume la charge, une de ses conséquences à l’origine des derniers évènements violents survenus dans une localité au Guidimakha. Ceux-là m’interpellent.

A en juger par les images y afférentes qui circulent sur les réseaux sociaux ces derniers temps, sans doute, l’esclavage persiste bel et bien en milieu Soninké. En effet, il s’est une fois encore manifesté par des actes d’une violence inouïe, auxquels s’est livré un groupe de personnes dit de famille noble à l’encontre d’un homme d’extraction servile à Dafor pour un problème foncier.

La violence des images est choquante. De prime abord, c’est elle que nous observons et analysons.

Les conséquences d’une telle violence doivent capter notre attention et on se doit d’en prendre conscience.

Un homme a été frappé, blessé, ligoté et filmé en toute liberté dans un champ. Des enregistrements vidéo, j’ai pu observer la formation d’un spectacle passif et insensible autour de la scène et entendre des voix exprimer avec fierté leur consentement pour le traitement humiliant réservé à l’homme. Cet homme a une identité, un nom, et certainement une femme, des enfants et donc une famille partageant le même espace social que les spectateurs. Nous ne sommes pas en Amérique à l’époque de la traite négrière. Nous sommes à Dafor en 2021.

Je dénonce cette violence d’où qu’elle puisse naître et pour quelque raison au nom de quelque principe que ce soit. Nul n’est au-dessus de la loi et nul principe ne peut transcender la vie d’un homme.

Revoyons nos fondements pour aller de l’avant. Changeons-les s’il le faut et avançons avec le monde.

Nous faisons l’objet d’un laisser-aller, d’un abandon et d’un silence manifestes vis-à-vis de nos responsabilités envers la société. Nous avons, chacun, un devoir à son endroit : celui de veiller à la pérennisation du vivre-ensemble. Il n’est pas encore tard. Agissons !

©️ Crédit source : Post FB https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=6715174405177861&id=100000561042491

✓Manifestation Ganbanaaxu Fedde 14/08/2021 devant l’ambassade RIM à Paris. | La déclaration [Vidéo]

🔴 TOUS CONTRE LES VIOLENCES SUR LES DESCENDANTS D’ESCLAVES DANS NOS VILLAGES AU GUIDIMAGHA (MAURITANIE).

✓Notre Déclaration par Monsieur Samba Fofana , le vice-président Armepes-France

Le 31 juillet 2021 à #Dafort dans la région du Guidimagha, monsieur Samba Moussa Koné (47 ans) militant anti-esclavagiste du mouvement Ganbanaaxu Fedde, a été sauvagement lynché, assommé et ligoté comme un animal dans un guet apens orchestré par un clan familial issu des milieux féodaux défenseurs des coutumes esclavagistes sur place. Les images atroces de ce forfait abject sur lui ont fait le tour du monde entier, prises et diffusées dans les officines des réseaux sociaux notamment WhatsApp proches du camp féodalo-esclavagiste soninké.

Le seul tort de monsieur Koné est d’avoir rejeté les assignations discriminatoires liées à l’esclavage par ascendance dans la communauté soninké. Ainsi sa famille et d’autres familles dans différentes localités villageoises sont visées par diverses atteintes à leurs droits fondamentaux de citoyens notamment par des expropriations de terres, des privations de certains services du domaine public, d’autres pressions sociales et d’harcèlements judiciaires.

Aujourd’hui l’objet de notre manifestation se veut une énième alerte destinée aux hautes autorités de notre pays, au président de la République Mohamed Cheikh El-Ghazouani en personne sur une situation sociale d’une extrême gravité autour des problématiques liées à cet esclavage coutumier dans la communauté soninké au Guidimagha. Avant la criminelle agression sur notre frère Samba Moussa Koné, il y’a eu d’autres événements gravissimes comme le tir à fusil sur 2 jeunes d’une vingtaine d’années Diadie Aly Traoré et Bakary Sankhare à Hamedallaye, l’agression violente par Moto sur notre tante Madjigui Moctar Coulibaly (61 ans) à Hassi-Chaggar et la lâche attaque sur notre sœur Assata Dicko (40 ans) à Danguerimou il y a quelques semaines . Nous dénonçons cette série de violences graves sur nos paisibles parents qui se sont levés pour retrouver leur dignité humaine et sociale dans la communauté.
Ainsi nous appelons :

à une prise en compte sérieuse de la question par les autorités administratives et judiciaires avec l’application effective des lois pour garantir l’état de droit entre tous les citoyens quel que soit l’endroit sur notre territoire,
• qu’une attention aiguisée soit portée aux réseaux de soutiens de cette idéologie sociale de l’esclavage par ascendance dans la diaspora notamment en France. Leurs discours de haine et d’incitation à la violence via WhatsApp contre les familles qui rejettent les humiliantes coutumes dans les villages, ont une grande responsabilité dans ce qui se passe dans nos terroirs.

Paris 14 août 2021

ARMEPES-France et Partenaires (Réseaux Ganbanaaxu Fedde)
✓Notre site web : https://www.ganbanaaxufedde.com/

– Photo Reportage :

Le décryptage de la tournée de Biram Dah Abeîd au Guidimakha | Par Abdalahi Sassine

Le mensonge est séduisant et fascinant. Il est également brillant et éloquent mais seulement de manière éphémère comme une mauvaise herbe dans un verger.

Aidez-moi à me retrouver. Je n’en peux plus. On m’a toujours fait comprendre qu’il n’y a pas d’esclavage chez les soninkés au Guidimakha. Il y a juste ces dernières années un mouvement extrémiste qui s’emploie à créer la zizanie au sein de la société. J’y ai cru bêtement.

Désormais, je renonce à cette assertion. Et pour cause, j’ai suivi sur Facebook la visite du député et président du mouvement abolitionniste, IRA chez les Soninkés dans la wilaya du Guidimakha.

Les images forcent l’estime de l’homme qui a changé de discours et trouvé un interlocuteur attentif, en la personne du président de la république, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Au Guidimakha, ces cinq dernières années sont marquées par une espèce de big bang social caractérisé par le réveil de la majorité silencieuse appelée esclaves. Au début, l’Etat a fait semblant de ne rien entendre. Ensuite, elle a essayé de faire l’arbitrage en faisant fi des lois du pays pourtant particulièrement sévères sur les pratiques esclavagistes. Et après, il mord à l’hameçon des soninkés : la corruption. Conséquence le droit ne sera jamais dit. Les pauvres populations s’entredéchirent et s’organisent à soudoyer l’administration locale qui trouve la situation « appétissante ».

Contre toute attente.

Voilà un député qui fait cavalier seul en allant à la rencontre des populations pour les entendre sur une problématique devenue sérieuse du fait qu’elle impacte négativement un segment du vivre-ensemble et l’unité nationale : l’esclavage coutumier.

Dans d’autres démocraties, c’est l’assemblée nationale forte de sa légitimité et de sa stature de conglomérats de représentants du peuple qui se saisit de cette question aux relents de défense des droits humains puisse qu’il s’agit de la dignité humaine dont il s’agit. Mais hélas !

Je disais alors que j’ai été roulé dans la farine, en croyant naïvement à ce que me disaient mes amis soninké du Guidimakha sur la question de l’esclavage.

Mais quand, je regarde l’aura de l’accueil réservée à Biram Dah Abeîd, je comprends aisément là où se situe la vérité.

Cet accueil est digne de celui d’un chef de l’Etat. Celui qui a brigué au chiffrage universel. Celui qui gouverne et dirige le pays. Il offre les postes ministériels et est dépositaire de la force publique et de tous les avantages y afférents : il tient les cordons de la bourse.

Un président de la république avec sa position jouit de tous les pouvoirs. Ainsi ses partisans peuvent mobiliser les foules par les mécanismes que nous connaissons tous. Mais la conviction et la sincérité ne sont pas là : C’est le piège de la mise en scène.

En revanche, les images que j’ai vues montrent des populations déchainées et libérées accueillant Biram Dah Abeîd comme un libérateur. Elles traduisent la vérité et le mal être des populations victimes de l’arbitraire.

Pendant les réunions aux allures d’audiences foraines, les anciens esclaves se relaient devant le député : chacun raconte son histoire et son calvaire lié au foncier.

C’est ahurissant ! Mais où est la république ? A quoi servent toutes nos lois votées contre l’esclavage ? Le silence de l’Etat est coupable et complice. C’est le moins qu’on puisse dire.

En revanche, la démarche du Président du mouvement abolitionniste est salutaire et constitue un cours magistral dispensé pour servir la démocratie et l’Etat de droit.

Abdallahi Sassine

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/le-decryptage-de-la-tournee-de-biram-dah-abeid-au-guidimakha/

« ✓Quelques moments forts de la visite du député #Biram #Dah #Abeid au #Guidimagha (Août 2021) » [Vidéo] sur YouTube

Le député mauritanien Biram Dah Abeid et sa délégation composée de cadres du mouvement anti-esclavagiste IRA-Mauritanie et du parti RAG effectuent une visite de prise de contact dans 2 régions du Sud mauritanien (Gorgol et Guidimagha). Ces dernières heures , quelques rencontres chaleureuses ont eu lieu de Tachott à Selibaby. Séances d’accueil du public en liesse , de rencontres d’explications et d’écoute, et prise en charge des doléances à l’occasion. Ce matin du 10 août 2021, il a rendu visite à Selibaby au militant anti-esclavagiste soninké Samba Moussa Koné lâchement lynché et assommé par des extrémistes féodaux dans le village de Dafort le 31 juillet 2021, lire https://cridem.org/C_Info.php?article=747569 .

Pour rappel, le leader abolitionniste avait été empêché par l’ancien pouvoir mauritanien en mai 2017 d’entamer une visite similaire dans la région du Guidimagha où couvent d’innombrables problématiques criantes liées à l’esclavage par ascendance dans les villages soninkés.

✓ Suivre quelques photos de la visite :