Tribune – Médias audiovisuels en Mauritanie (public et privé): GANBANAAXUN FEDDE est-il frappé d’une censure ourdie ?

Le mouvement citoyen et humaniste connu sous le vocable GANBANAAXUN FEDDE qui milite pour des réformes sociales dans la communauté soninké, a été initié par des ressortissants mauritaniens. Il comprend plusieurs associations dont 3 composées principalement des mauritaniens soninkés (Amees, Uvds et Armepes). Depuis de nombreuses années, l’engagement de ce mouvement populaire vise l’éradication des coutumes féodalo-esclavagistes qui nuisent à la cohésion communautaire et même nationale. Aujourd’hui il n’y a quasiment aucune famille soninké où le débat GANBANAAXUN ne s’est pas introduit d’une manière ou d’une autre. Ainsi les clivages qui en découlent ne sont que logiques et inévitables à cause de la sensibilité de la question abordée ayant trait à L’ESCLAVAGE et ses séquelles. De mon constat sur la médiatisation de ce phénomène inédit de masse, je dirais que les médias classiques de certains pays (le Mali, le Sénégal et la Gambie) ont été jusqu’à là plus accessibles aux activités de sensibilisation de GANBANAAXUN FEDDE. Du côté mauritanien, pourtant où cet éveil citoyen et humaniste a prouvé à plusieurs occasions une force mobilisatrice sans précédent chez les soninkés autour d’un IDÉAL pour l’égalité citoyenne et contre les hiérarchies sociales discriminatoires, le compte n’y est pas médiatiquement. À dire que certains milieux médiatiques se seraient passés le mot d’ordre d’une censure systématique contre le Message porté par les membres de GANBANAAXUN FEDDE. D’ailleurs lors d’une interview sur notre plateforme whatsapp Ganbanaaxu il y a quelques mois, le journaliste soninké de radio Mauritanie Gorgol, Issa Ndongo en répondant à nos remarques à ce sujet, avouait courageusement à demi-mot qu’il y aurait un lobbying anti Ganbanaaxu au sein des milieux médiatiques officiels. Pas très surprenant, on verrait très difficilement que certains soninkés accepter que le président Yakhoub Bakhayokho trouve l’occasion médiatique à ce niveau d’expliquer les objectifs louables et clairs du mouvement. Cet ordre de censure peut être considéré comme un parti pris et participe à l’entreprise de diabolisation de mauvaise foi. Si certains peuvent dire qu’ils évitent d’alimenter les tensions, on leur répondra qu’ils le font d’ailleurs en procédant par cette indifférence qui rime clairement complicité. À observer depuis quelques années, les invités et les contenus des émissions des uns et des autres, on se rend compte que l’évitement est savamment orchestré. On préférerait réaliser un élément médiatique sur l’odeur de l’eau du fleuve, que d’oser braquer les projecteurs sur les remous sociaux liés à cet esclavage coutumier par ascendance dans la communauté. Ce silence audiovisuel classique s’apparente même à une couverture des actes illégaux commis (Expropriations, embargo social, plaintes fallacieuses et diverses intimidations) par les milieux féodaux à l’encontre de personnes castées esclaves qui s’affirment abolitionnistes et se sont libérées du joug social des coutumes rétrogrades et discriminatoires (ladalenmaxu) dans nos contrées villageoises. Pourtant il est fréquent d’entendre sur les antennes de certains de ces médias en émissions soninké, que l’actuel Président Ghazouani est engagé à corriger les injustices sociales dans le pays, mais ils ne nomment jamais les injustices sociales qui sévissent dans la communauté soninké. Comme s’il y a des injustices sociales acceptables et d’autres inacceptables, et nous espérons que les hauts responsables de ces entités audiovisuelles (public et privé) s’intéressent davantage aux contenus médiatiques notamment en langues nationales (soninké surtout) , pour qu’ils ne soient pas l’expression exclusive d’une catégorie privilégiée de citoyens au détriment d’une autre. Et surtout la déontologie et le professionnalisme qui devraient y présider face aux actualités et aux maux de la Nation. Je finirais par l’exemple parlant d’une censure évidente, le président Gaye Traoré, l’initiateur du Forum Ganbanaaxu FEDDE venait de passer plusieurs mois en Mauritanie, et il n’a été invité par aucun média. Alors que nous avons vu passer des émissions soninké où il y a divers invités ici et là même parfois un artiste batteur de djembé au nom de la promotion d’une certaine vision réactionnaire de soninkaxu. Le danseur et chanteur folklorique qui fera l’éloge des coutumes féodales est mieux loti qu’un intellectuel visionnaire qui défend l’ordre citoyen et les valeurs d’égalité et d’équité sociales. Heureusement que les voi(es)x libres des réseaux sociaux existent, et notre Message y passe amplement et pacifiquement auprès du Peuple . L’objet de ce mot consiste à indexer une situation pas anodine qui mérite remarques pour l’Histoire . Notre crédo: Persévérance et Patience.

KS

MAURITANIE: Esclavage, viol de mineure et immunité de la police judiciaire

INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE
IRA – Mauritanie

Note d’alerte

Le 13 juillet 2020, le Président de la chambre correctionnelle près la Cour Suprême, Mohamed Ghaith Oumar, ordonne la libération de son cousin, membre de sa tribu, Ahmed Taleb Ould Elmokhtar Ould Cheikh dit Ahmed Taleb Mohamed, officier de gendarmerie, chef de la police judiciaire de la commune de Twil, accusé de viol et écroué depuis plusieurs semaines; le prévenu était convaincu d’abus sexuel et d’exploitation de mineure, sur une fillette de 12 ans, Toutou Mint Kaber, descendante d’esclave, issue de la communauté servile. Il sort provisoirement de prison, grâce à une caution de 40000 ouguiya nouvelle, soit 900 euros.

L’honorable Mohamed Ghaith Oumar dirige les délibérations d’une instance en charge de surveiller l’exécution de la loi; en l’occurrence, il enfreint les règles d’usage, s’agissant du régime de la liberté conditionnelle: en sont exceptés les auteurs d’infractions graves, tels le viol, la maltraitance physique, le travail des mineurs. L’esprit du droit, y compris la jurisprudence, consiste à empêcher la récidive et les tentatives d’intimider les victimes ou de faire disparaitre des preuves. Ici, aucune des précautions sus-énoncées ne s’applique à Ahmed Taleb Mohamed, en dépit de ses aveux, lors de l’enquête.

Pire, le juge d’instruction du tribunal d’Aïoun (Hodh occidental) a refusé de le lui accorder le privilège. Le Président de la Cour d’appel de Kiffa (Assaba) confirma le rejet. Tous semblent avoir pris la mesure des suspicions d’antécédents de viol, jusqu’ici sans suite, à cause de la solidarité tribale dont bénéficierait le susdit. De facto, la décision de la Cour suprême les dessaisit du dossier au moment opportun. Au regard de la culture locale de l’impunité, l’infériorité raciale et statutaire de la plaignante, explique les faveurs consenties à son agresseur. Il n’est pas incident de souligner que l’appareil de justice, l’administration territoriale et le commandement des forces de sécurité ne cessent, même s’ils sen défendent, d’illustrer l’inégalité de naissance face aux normes légales. Le noir – mauritanien et étranger – craint les commissariats et les magistrats. A ce titre, il s’efforce de les éviter. Malgré le désenchantement et la peur, les prisons de Mauritanie comptent une majorité nette d’origine subsaharienne. Nombreux y croupissent, en détention préventive, durant des années, parfois à la suite de larcins. Ceux-là n’oseraient prétendre à une liberté conditionnelle.

Un an après une transition au sommet du pouvoir qui promettait une gouvernance de l’équité et de l’éthique, les pratiques d’indulgence et de préférences basées sur la race et l’influence sociale continuent de saper le fondement théorique de l’Etat de droit. Ainsi, IRA-Mauritanie ne cesse de les dénoncer, expliquer et combattre. Le cas de Ahmed Taleb Mohamed, de la petite Toutou Mint Kaber et du magistrat Mohamed Ghaith Oumar démontrent, à qui en douterait encore, combien la Mauritanie demeure une république des tribus et le terrain d’échanges illicites, entre parentèles, au sein d’une même ethnie.

Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA-Mauritanie).


18 juillet 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

IRA – Mauritanie et le Parti RAG solidaires du Président Samba Thiam

Déclaration conjointe

IRA – Mauritanie et le Parti RAG solidaires du Président Samba Thiam

Dans la soirée du 10 au 11 juillet, le président des Forces Progressistes du Changement (FPC) Monsieur Samba Thiam, a été victime d’une agression. Sa résidence a été attaquée avec une violence inouïe dont l’objectif apparent était d’intimider. Les malfrats se sont attaqués au câble électrique reliant sa maison au réseau SOMELEC ce qui a endommagé le mur de l’édifice et pouvait provoquer un incendie dans le domicile par un court-circuit électrique.

Une attaque qui a tout d’une opération commanditée et téléguidée. Qu’est-ce que les promoteurs d’une telle violence reprocheraient-ils au camarade Samba Thiam ? Le courage de ses idées ? Son refus du compromis et de la compromission dans son combat pour toutes les causes justes ?

IRA – Mauritanie et le Parti Radical pour une Action Globale, attachés aux valeurs universelles des droits humains :


– Expriment, en ce moment difficile, leur solidarité avec le Président Samba Thiam,


– Condamnent avec vigueur l’agression honteuse dont il a été victime,


– Exigent des autorités nationales l’ouverture d’une enquête pour trouver les responsables de cet acte gravissime, tant les simples exécutants que les possibles commanditaires,


– Et enfin, exigent du pouvoir d’assurer, tel qu’il se doit, la sécurité des mauritaniens en générale et en particulier, celle des opposants.

Nouakchott, le 12 juillet 2020

IRA – Mauritanie
– Parti Radical pour une Action Globale

Tribune : Simone, veille sur Samba Thiam ! Par Mohamed Lam

Je n’ai jamais vu l’homme, je ne l’ai jamais connu, ni rencontré. Quand il quittait son pays, je n’étais pas né et quand il est revenu, je partais. À peu près pour les mêmes raisons : la recherche d’une place dans un environnement difficile et la reconnaissance d’une identité. Mais j’ai grandi, j’ai étudié et j’ai connu l’homme à travers des livres sur l’histoire politique de la Mauritanie. Aujourd’hui, je suis honoré de faire partie de son époque. Très honoré.

Samba Thiam, Qu’Allah veille sur toi.

Dans « Né pour la liberté » de Simone Weil, j’ai eu comme l’impression que le message est adressé au peuple Mauritanien. Le rêve de liberté et le sentiment qui l’accompagne, ce bonheur du passé, cassé par les années de braises, ce bonheur à venir dont certains enfants du pays veulent atteindre.

Il est désormais clair que ces derniers ne rêvent plus seulement de cette liberté mais œuvrent pour la concevoir et la voir se matérialiser. L’objectif étant désormais, plus que jamais, non pas d’atteindre la « liberté parfaite » mais de toucher « une liberté moins imparfaite que n’est notre condition actuelle ».

Il faut oser dire que les personnes Noires en Mauritanie sont en dehors du vrai jeu politique et des milieux décisionnels. Alors, il ne faut pas s’étonner que d’autres forces, mentales et intellectuelles, surgissent pour lutter et corriger les façons inégalitaires de traiter les questions sur l’ensemble.

D’oppression en oppression, on assiste aujourd’hui à l’intimidation des hommes libres puis à l’inaction des décideurs et à la négligence de l’importance de la vie humaine. On en arrive à s’attaquer à des hommes libres qui se battent pour la liberté de toute une Nation.

Quelle est la Mauritanie que nous voulons vraiment ? Celle qui ment et qui tue ? Celle qui discrimine et qui défavorise ? Celle qui méprise une partie de ses enfants au lieu de tous les protéger également ? Celle qui n’assume pas son passé ? Celle qui pille, qui vole, qui viole et qui écrase ?

Intimider un homme qui ne fait que pointer du doigt le creusement des injustices sociales et des inégalités de fortune est une méthode indigne. Un État qui se prétend être de droit, doit veiller à la sécurité de ses citoyens afin de pouvoir maintenir un équilibre raisonnable.

Il y a plusieurs raisons de ne plus accepter l’état actuel des choses. À force d’accepter l’inacceptable cela nous a tous conduit à une division profonde des valeurs de la République et les différents régimes politiques n’ont pas été inquiet de cet état de fait.

Mais nous sommes actuellement conscients que tout jugement porte sur un fait objectif mais ce jugement est souvent basé sur un tissu de nécessités.

Nous sommes également conscients que « l’homme vivant ne peut en aucun cas cesser d’être enserré de toutes parts par une nécessité absolument inflexible ; mais comme il pense, il a le choix entre céder aveuglément à l’aiguillon par lequel elle le pousse de l’extérieur, ou bien se conformer à la représentation intérieure qu’il s’en forge; et c’est ce en quoi consiste l’opposition entre servitude et liberté ».(S.Weil)

Je suis Samba Thiam…

Mohamed Lam
Écrivain Mauritanien
Humaniste et universaliste

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur

Mauritanie – Politique : Intervention du président et député Biram Dah Abeid au cours de la conférence de presse animée par le président du Parti Rag Omar ould Yali.



Mesdames et messieurs de la presse

Bienvenue à vous !

Nous avons souhaité nous adresser à vous, après un cumul exceptionnel de dysfonctionnements dans la gouvernance d’Etat. Parmi les évènements portés à votre connaissance, je souligne le détournement de fonds au siège de la Banque centrale de Mauritanie (Bcm), la découverte présumée d’un lot de faux dollars et les tentatives de cambriolage de bureaux de la Direction du budget et de la Cour suprême (Csm) ; à ces incidents – je n’en minore la gravité – s’ajoutent les contentieux de corruption en examen par la Commission d’enquête parlementaire (Cep). Selon toute probabilité, des scandales de même facture pourraient rajouter au discrédit d’une gestion publique, en panne dès le lendemain du 10 juillet 1978.

Notre propos, ici, ne consiste ni à exagérer la critique fût-elle légitime d’ailleurs, ni à démonter la faillite de l’hégémonie ethno-tribale. A cet égard, l’essentiel a été dit, réitéré et prouvé ; les derniers évènements confirment nos constats, de jour en jour. Vous vous souvenez avec quel scepticisme, une frange de l’opinion accueillit mon projet, formulé durant la campagne électorale en 2019, de confier, à une instance permanente de contrôle, le soin de vérifier et authentifier les diplômes et qualifications du personnel de l’Etat. A l’époque, je pressentais combien le pays s’enracinait dans la culture du faux, généreusement servie par la négligence, l’impunité, les ententes de clan, la pression des clientèles et le cynisme ambiant. L’autorité de l’Exécutif étant devenue une entreprise de prédation, elle ne produit plus que des passe-droits, des indulgences et des distributions rotatives de rente, sans se soucier de réduire les inégalités hérités, métastase de la gouvernance en Mauritanie. La clochardisation de la fonction publique et de ses bâtiments témoigne de la ruine. Oui, le modèle a dépassé ses limites et sa péremption menace les fondements de la cohésion sociale, du moins ce qu’il en subsiste.

Aussi, mon propos, ici, se résume en une injonction unique : l’heure impose d’oser la rupture, pour survivre, en paix.

L’objectif vital requiert d’abord la sincérité à l’application du droit, la réhabilitation de la justice, le nettoyage de la corporation des magistrats et l’avènement d’une transparence, tous azimuts. Ainsi quand tout semble perdu, un pouvoir légitime ou ambitieux de l’être gagne la confiance des gouvernés ou s’expose à l’insurrection. Or, à présent nos compatriotes ne croient plus à leurs dirigeants et regardent l’ensemble de l’élite, avec suspicion et impatience.

L’ampleur du défi exige une concertation nationale sur le devenir du pays, débat dont nul thématique ou acteur ne devrait s’exclure. Cette refondation, notre Parti radical pour une refondation globale (Rag), ne cesse de la réclamer, depuis longtemps, comme d’autres organisations interdites.

Aujourd’hui, le Président de la république et le Parlement ne sauraient éluder ni différer davantage l’instant de vérité, qui est le temps des réformes, à la racine et vite. Il lui appartient de prendre la population à témoin, d’en susciter la confiance puis le concours, sur la base d’un inventaire franc, qui n’esquive les fautes, les insuffisances, les erreurs, encore moins les crimes. Le moment est venu de reconnaitre, juger, présenter des excuses, réparer ; la part symbolique de l’exercice concerne, d’abord, les protagonistes actuels de la faillite. A force d’amnisties dénuées de raison juridique et de consensus, nous avons appris à banaliser le vol, l’usage de faux, les nominations pour faire plaisir, toujours aux mêmes. Je reviens, ici, sur la nécessité d’abroger la loi scélérate du 14 juin 1993, qui insulte la mémoire et le sentiment d’une composante de la communauté de destin.
Jusque-là, la Mauritanie se singularisait par le racisme et l’esclavage ; la voici atteinte au cœur de la crédibilité de ses institutions, ; les incidents que j’ai cités plus haut attestent d’une dérive vers l’Etat-voyou. Sortir de l’engrenage, a un prix, un seul : il faut aller loin, privilégier la générosité et le courage, bref oser mieux que des ravaudages de grand-mère, des demi-mesures et la sagesse fataliste du laisser le temps au temps.
Si le gouvernement et le Chef de l’Etat s’engage sur la voie du discernement et de l’équité, il mériterait notre soutien vigilant. En revanche, nous continuerions à combattre le maintien du statu quo, grâce au surcroit d’ardeur que commande l’urgence. Mon camarade Oumar Yali et moi n’avons failli au devoir de l’avertissement et de la proposition.
Tous deux, nous vous remercions d’accorder votre attention à notre propos liminaire.

Nouakchott, le 9 juin 2020

©️ Crédit : Réseaux IRA-MAURITANIE

Tribune: les velléités dominatrices de l’ordre féodal soninké, sources de tous les remous sociaux. Par CISSOKO Souleymane

JE NE SAVAIS PAS QUE LE FAIT QU’ON IGNORE LES FÉODAUX ET L’ORDRE FÉODAL (CHEFFERIE TRADITIONNELLE), ÇA LES DÉMANGER AUTANT.

Un titre qui était censé être que symbolique ou honorifique (dans mon subconscient en tout cas) s’avère être un leurre et vouloir imposer des diktats.
Ce n’est pas comme s’il n’y aurait une absence d’autorité puisqu’il y a l’Etat qui est là pour assurer l’autorité, ce à quoi on se réfère et on reconnaît comme seule entité détentrice d’autorité. Dès lors on admet que ce n’est pas pour prôner L’ANARCHIE dans la société que de dire qu’on ne veuille plus de cet ordre féodal discriminatoire et arrogant. D’ailleurs à y voir de près, c’est à se demander si ce n’est pas eux (les féodaux) qui veulent créer ce désordre en niant non seulement l’autorité de l’Etat qui est le seul qui doit jouer pleinement son rôle et par conséquent l’application pure et simple des lois sur l’étendu du territoire. C’est que les féodaux veulent s’arroger tous les privilèges tout en méprisant les autres….

Encore Heureux qu’on ait recours aux plaintes quand on s’estime léser. Par ce que c’est comme ça que ça devrait se faire dans toute société civilisée, on ne doit se faire justice soi même.
Là aussi on peut réitérer qu’on est plus que déterminé à conquérir sa liberté et se libérer de cette joug de l’ ORDRE FÉODAL SOUS TOUTES SES FORMES jusqu’à « ce que justice jaillisse comme l’eau et le droit comme un torrent. »
Le tempo dynamique d’une aspiration à la dignité bien ancré dans toutes les contrées fait entendre son battement au cœur d’une recherche de valeurs humaines universelles chez bien des gens victimes de cet ostracisme aux antipodes de nos VALEURS contrairement aux (VA) LEURRES que les féodaux véhiculent et veulent mettre dans nos têtes comme des libellules.

Quand au Monsieur, qui clame sa féodalité pleinement assumée, nous lui disons, a lui et à la commission chargée par le Président de la République que cette lutte a pris lentement forme et n’est pas prête de s’arrêter du jour au lendemain. Pour la simple raison qu’on est unanime et déterminé à le mener jusqu’au bout et que les privilègiés, comme ils se vantent d’être propriétaire du foncier, « cèdent rarement leurs privilèges sans une forte résistance. »
Quand on s’estime lésé par un système qui annihile et ostracise, on ne s’arrête pas en chemin avant d’avoir obtenu une dignité pleine et entière dont nous jouissons naturellement sauf dans nos organisations sociales…

©️ Crédit source: post FB de l’auteur (9/7/2020)

Système de castes en Mauritanie : du tribunal privé à la torture en public

Note d’interpellation


La victime de maltraitances infligées devant témoins et sans le secours d’aucun, est de nationalité malienne ; elle se nomme Modiba Doumbia, marabout-féticheur de son état, installé depuis 11 années dans le village de Dafort; il étendait aussi ses exploits discrets à l’intérieur du département de Ould Yengé, région du Guidimakha, au sud-est de la Mauritanie. Son premier hébergeur, à la fois tuteur et garant, serait Salou Fodié Camara. Le sieur Doumbia, négociant en services occultes, profitait de la tolérance par les dignitaires autochtones. Sollicité pour ses services à équidistance de la magie et de l’intercession des saints de l’Islam, il bénéficiait d’une rémunération plutôt enviable.
Or, la contestation des ordres statuaires qu’entretient la mémoire de l’esclavage en milieu Soninké, vient s’insinuer dans le métier du susdit et l’expose à perdre sa neutralité, au fil des conflits et règlements de comptes entre les deux camps. Les nobles reprochent, au médecin des âmes, sa proximité avec Gambanaxu, le courant hostile aux privilèges et inégalités de naissance. Le penchant indélicat indignait les tenants de l’autorité selon la tradition et le vote, alors réunis en la personne de Diadié Gagny Camara, édile de Dafort depuis 1988 et doyen des maires de Mauritanie.
Il accuse, le marabout, de charlatanisme et le met en demeure de quitter les lieux. Doumbia exclut de déguerpir avant d’empocher des montants, à lui dus, par certains villageois, en contrepartie de son magistère obscur. Face au refus relativement inédit ici, l’élu de la localité organise et conduit, le 18 juin 2020, une expédition punitive vers la demeure du rebelle, un domicile locatif. Diadié Gagny Camara, accompagné de son fils Mohamed Silly, se met-il à la tête de la foule armée de gourdins et d’une corde à bétail, comme en attestent les images. La meute humaine appréhende Doumbia, à proximité de la mosquée. Plusieurs hommes le maîtrisent, là, presque tous issus de la famille de l’ex-ministre Amédi Camara, proche collaborateur de l’ancien président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdelaziz et toujours membre du parti au pouvoir, l’Union pour la république (Upr). Le déchainement de violence en bande, tel que constaté, de jour, implique plusieurs notables, dont un conseiller de commune, Kolly Mamady Camara, frère de Amédi, précité. Hadiétou Camara, meneur du comité de village et Demba Diani Camara, identifiables sur la vidéo, tenaient, chacun, un bout de la corde de fibre végétale qui entravait le marabout ; le second est aussi le cousin de Mohamed Silly et de leur parent commun, Ali Bakary Camara.
Ligotée, battue, humiliée et filmée, la victime n’a eu droit à aucun secours, parmi la foule présente. Son supplice s’est prolongé jusqu’à l’arrivée des éléments la police judiciaire, grâce aux instances du maire, auteur des représailles. Il leur remit le corps malmené de Doumbia. Ce dernier, quoique supplicié, continua de demander, au village, la restitution de l’argent saisi sur lui, d’un montant de 53700 ouguiyas nouvelles. La maréchaussée lui répliquait que la réclamation de sa créance doit se faire à Ould Yengé, chef-lieu du département. Or, il s’agissait d’une promesse de circonstance : Doumbia, les mains vides, blessé et dépossédé de tout, se retrouve, à la frontière du Mali, où le jettent les gendarmes.
Il importe de souligner l’enchainement des conséquences et demander, aux autorités, d’y remédier sans délai :

  1. Au travers de leur comportement, les citoyens et gendarmes incriminés engagent la responsabilité du gouvernement de la République islamique de Mauritanie, en violation des articles 3 et 4 de l’Acte constitutif de l’Union africaine (Ua) et de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, de 1984 ; notre pays a signé et ratifié les deux instruments de droit international et fut condamné, au titre du second, le 1er juillet 2005, lors du procès du capitaine Ely Ould Dah, devant la Cour d’appel de Nîmes. Jusqu’à ce jour, l’Etat mauritanien s’abstient d’exécuter, aux pénal et civil, l’un des arrêts pionniers de la compétence universelle en Europe. Ainsi, convient-il de rappeler à quel degré de causalité, l’impunité favorise-t-elle la récidive.
  2. La somme des preuves disponibles, enregistrements audio et image animée inclus, n’autorisent aucun doute quant à l’identité des commanditaires de l’infraction ; certains se vantent de leur forfait, au cours d’échanges sur des groupes électroniques de discussion. La population civile est passible d’une incrimination de délits de non-assistance, d’apologie de l’esclavage et d’incitation à la haine.
  3. Il appartient, au gouvernement et à la magistrature, d’entamer, vis-à-vis des parrains, exécutants et complices du crime, l’ensemble des mécanismes disciplinaires et de poursuites en justice. Un tel niveau de brutalité n’échapperait à la rigueur des lois que dans une cité disposée à se reconnaitre la distinction de l’amoralité. Le présent appel s’adresse, surtout, aux institutions locales en charge de défendre la dignité de l’individu, lui porter assistance et obtenir réparation, de la pression physique, de l’intimidation et des atteintes à l’intégrité du corps.
  4. A la lumière de l’évènement susrelaté, le Parlement est désormais tenu de produire une législation explicite en matière de protection de l’étranger, sur le sol de la Mauritanie ; en vertu du principe de réciprocité, l’adoption de cette norme éthique constitue une mesure de prudence qui contribuera – d’où l’urgence de l’anticipation – à préserver la sûreté et les biens de nos compatriotes expatriés.
    Initiative de résurgence abolitionniste en

Mauritanie (Ira-M)
Nouakchott, le 5 juillet 2020

Lien connexe : cliquer, et visionner les séquences de sévices, perpétrés, le 18 juin 2020, au milieu de la localité.

Ampliation : Haut-commissariat des Nations unies aux droits l’Homme, bureau de Nouakchott, Délégation de l’Union européenne et représentations diplomatiques en Mauritanie, Assemblée nationale, Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile (Cdhahrsc), Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), Mécanisme national de prévention de la torture (Mnp).

Initiative de Résurgence Abolitionniste en Mauritanie
(Ira-M)


Nouakchott, 5 juillet 2020

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

TRIBUNE – MAURITANIE : VOUS AVEZ DIT EXTRÉMISTES ? Par Kaaw Touré

Il n’y a qu’un seul extrémisme en Mauritanie et il s’est exprimé d’une manière violente sur la scène politique nationale par des déportations massives de nos compatriotes noirs, des viols et vol du bétail, des spoliations et expropriations des terres, des colonies de peuplement, des occupations illégales, des tueries dans des gêoles, dans des casernes, des pogroms dans nos villes et des charniers dans la Vallée et surtout par un génocide culturel et biométrique sans oublier l’épuration ethnique dans l’armée, dans l’administration, dans les secteurs économiques et dans les médias d’État, une diplomatie ethno- fasciste où tout rime désormais avec Mauritude.
Les « activistes Noirs » n’ont fait que subir et réagir et surtout exiger une Mauritanie pour tous et par tous. Les qualifier de « petits racistes », « d’extrémistes », de  » nationalistes étroits » est une véritable imposture intellectuelle, une arnaque politique et une cécité idéologique. L’histoire retiendra que la politique de l’équilibrisme ne s’obtient pas par la malhonnêteté,
l’ hypocrisie, la désinformation, la manipulation et la création artificielle d’un exclusivisme, d’un extrémisme là où Il est objectivement introuvable.
Ce dont nous sommes certainement coupables c’est d’avoir osé toucher du doigt les pourritures du Système ethno-génocidaire et esclavagiste mauritanien à ce stade actuel de son évolution en projetant une lumière crue sur l’ensemble des mécanismes qui sont conçus, orientés et exécutés de manière à ce que le pays soit sous le contrôle effectif d’une seule nationalité racio- culturelle au détriment des autres.
Ce ne sont pas les philippiques, les menaces, les accusations fortuites, la diabolisation, le terrorisme intellectuel et policier qui nous feront baisser les armes ou rendre l´âme. Cette lutte est en fait comme disait l’autre notre « cosa nostra ». Comme nos ainés, pionniers de cette lutte, nous réitérons après les autres notre serment de toujours :
« Jurons sur notre honneur de ne jamais transiger ni avec le devoir, ni avec la conscience, de ne jamais nous départir de nos positions justes et honnêtes, de nous maintenir dans ces positions jusqu’à la disparition totale de toute tyrannie, domination et oppression exercées sur la communauté Noire et jusqu’à ce que tout citoyen mauritanien vive libre, digne et heureux en Mauritanie ».
La Mauritanie se fera avec tous ses fils et filles ou elle ne se fera pas.
Demain il fera jour et la lutte continue!

LLC!
Kaaw Touré .

Une tribune par Docteur Yaya SY

J’ai déjà dans mon ouvrage « Les légitimations de l’esclavage et de la colonisation des Nègres  » (la majuscule est expliquée) exposé que beaucoup d’ouvrages écrits sur l’esclavage portaient le sceau d’un petit parti pris… Lisez cet ouvrage vous y trouverez toutes les formes d’esclavages dirigées contre les Nègres d’Afrique (intérieures et extérieures). Les silences et les omissions coupables sur ces pratiques intérieures et extérieures. Les dénonciations des incidents survenus dans le Maghreb et en Mauritanie jusqu’à la parution de l’ouvrage en 2010. Les cas particuliers de la Mauritanie et du Soudan y sont exposés. Aujourd’hui, le regard doit tenter d’embrasser tous les pays pour y dénicher les conséquences de plus de 13 siècles d’esclavage et de déportation en Afrique par les Arabo-musulmans et cinq siècles d’esclavage, de colonisation et de néocolonisation par l’Occident . Ce qui se passe actuellement au Mali est insupportable ! Sur le Net, pas plus que la semaine écoulée, un homme a déclaré, se vautrant en vidéo dans la boue de ses idées nauséabondes… en s’adressant aux descendants d’esclaves soninkés en ces termes : « Si les esclaves repus veulent se libérer, ils n’ont qu’à venir voir l’association « Les nobles ne leur ressemblent pas » (une association qui a pignon sur rue dans What’sApp) par groupe de cinq, on leur accordera la liberté « . De tels propos passent comme une lettre à la poste chez nous au Mali en juin 2020 au moment même où l’on déboulonne des statues à travers le monde entier…. Au Nord du Nigeria on continue à vendre et à acheter des enfants, des hommes ou des femmes africaines. L’esclavage est un crime imprescriptible de l’esclavagiste !!! L’esclavagiste n’a pas de couleur de peau… Par conséquent le combat continue car les vraies séquelles de l’esclavage, qui est inséparable de la colonisation, c’est la mise sous tutelle politique, économique et culturelle de l’Afrique Noire avec en prime le mépris du Negre par les autres humains et par lui-même… En un mot le pillage des ressources de l’Afrique Noire par les anciens maîtres et leurs gouverneurs locaux alliés aux esclavagistes féodaux de l’intérieur, continue de plus belle. Ces trois groupes de prédateurs impitoyables exproprient et spolient les populations africaines démunies à tours de bras. Combattre l’esclavage et la colonisation c’est appréhender et identifier clairement leurs conséquences actuelles qui constituent de véritables obstacles au développement de l’Afrique.

Yaya SY Anthropologue et Historien.

Esclavage en Mauritanie : un militant disparaît et réapparaît au siège de la police politique (IRA-MAURITANIE)


Note d’alerte

Dans la soirée du 21 juin 2020, 4 éléments de la gendarmerie, à bord d’un véhicule banalisé et en tenue
civile, arrivent au village de Kseir Elbarka à 7 km de Adel Bagrou, près de la frontière avec le Mali ; les
visiteurs cherchent et s’emparent du jeune Mohamed Khatri membre du bureau Ira-M en Côte d’Ivoire,
fraichement revenu en famille, après un long séjour à Abidjan. Le groupe, auteur de l’enlèvement, n’a pas
décliné son identité, le motif du rapt ou la destination.

  1. A 21 h, Mohamed Elkhatri repartait de chez lui, aux mains de ses ravisseurs. 6 jours plus tard, l’appel
    téléphonique d’un fonctionnaire de police informe, Monsieur Mouchtaba Ould Mbareck, oncle du susdit,
    que ce dernier se trouve, depuis, à Nouakchott ; en conséquence, il peut le venir voir dans les locaux de la
    Direction générale de la sureté nationale (Dgsn). L’entretien ainsi proposé se déroula, le 26 juin, entre les
    2 hommes ; pour la première fois, Mohamed Elkhatri voit ou rencontre l’un des siens, depuis son
    arrestation, à 1370 km de la capitale. L’échange, sans doute à cause de sa brièveté, eut lieu sans pression
    physique mais en présence de tiers parmi le personnel de la sureté. Le détenu paraissait souffrir de fatigue
    et d’anxiété et affichait les symptômes de la démoralisation.
  2. Bien avant sa relégation, Mohamed Ould Khattri – petit-fils d’esclave – subit un lynchage sur les réseaux
    sociaux ; il y est gratifié de « raciste anti arabe…enragé anté-islamique… valet des juifs…membre de la
    bande criminelle de Ira-M, organisation de malfaiteurs inféodés au sionisme international et à l’Occident
    croisé », etc. Des bloggeurs de notoriété au sein de la communauté arabo-berbère, vivants à l’étranger ou
    en Mauritanie, l’accablaient d’insultes et de malédictions, essentiellement motivées en vertu de la religion
    et de la supériorité de race. Ould Khattri est accusé, au titre des lois contre l’incitation à la haine, d’avoir
    publié, sur sa page Facebook, le slogan « Frère hartani, si un bidhani t’indexe, brise-lui sa petite gueule».
    Or, sur son profil, Mustapha Nezih Bilal, recense, en détail, les éruptions de discours suprémaciste arabe
    que l’impunité consacre, si les auteurs sont arabo-berbères. La chronologie documentée, est accessible,
    ici : elle comporte l’identité, la photo et la localisation de chaque contrevenant. Aucun ne fut inquiété.
  3. Mohamed, isolé au secret depuis 9 jours, risque la violence au corps et le tourment moral, tous
    traitements infligés afin de briser sa résistance et, si possible, le retourner contre ses compagnons de lutte ;
    la réputation et le passif impuni des services de sécurité de la Mauritanie confortent la crainte de sévices
    systématiques, à l’encontre de prisonniers noirs. Jusqu’ici et malgré une pléthore de documents et de
    témoignages qui attestent des pratiques de torture ciblées dans le pays, aucun auteur présumé n’en a
    répondu devant un magistrat. Mêmes les mesures disciplinaires continuent à faire défaut.
  4. De l’ensemble des pratiques de contrainte en vigueur durant la garde à vue et plus souvent lors de la
    détention préventive de personnes de sexe masculin, nous rappelons la privation de sommeil, l’humiliation
    par la nudité, les coups de matraque électrique et de bâtons sur les mains et les pieds, la manipulation des
    parties génitales, la compression et le maintien du corps dans une posture de resserrement au moindre
    mouvement, enfin l’écartèlement graduel, dit Jaguar…

Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)
Nouakchott, le 30 juin 2020