● Sur les évènements de Kaédi | Par Dr Mouhamadou Sy

Suite aux résultats de la présidentielle, Kaédi a été endeuillé, sévèrement frappé par les foudres de la répression policière. Je renouvelle mes condoléances aux proches des victimes et au peuple mauritanien qui essuie une fois de plus les violences du système odieux qui le gouverne.

Compte tenu de la fréquence de tels crimes, des meurtres récents de 2023 dans un contexte bien différent de celui d’une élection, il est raisonnable d’imputer la responsabilité de ces pertes à un système dans lequel sévit l’impunité qui, d’une certaine façon, sonne comme un mot d’ordre. Il n’y a pas encore eu, à ma connaissance, de mesures sérieuses prises à la suite de Lamine Mangane, ou d’Abass Diallo, ou de Souvi, de Oumar Diop, de Ould Samba, etc. Nous avons été à chaque fois confrontés à des justifications les plus ahurissantes: tir de semonce, conditions respiratoires défaillantes, etc. Il y a lieu ici d’exprimer aussi fortement et résolument que possible notre dénonciation de tous ces actes barbares et d’appeler à la justice. 

En deuxième lieu, il convient, si nous voulons être justes, d’aller au-delà du système décrit qui de toute évidence est coupable. Nous devons également situer les circonstances spécifiques.

Il y a quelque chose d’extrêmement contestable qui s’est passé dans le camp de l’opposition, le cercle de la coalition Biram pour nommer directement les choses, tout au long du dépouillement. Mesurant le danger que cela représentait, nous avons eu à appeler à la rigueur dans une « note méthodologique » parce que, précisément, nous craignions que cette dynamique n’aboutisse à une tragédie qui pouvait être évitable.

Dès le soir du 29 juin, des résultats partiels, purement sélectifs, ont commencé à submerger les réseaux sociaux montrant des écarts importants favorables au candidat Biram Dah Abeid. Ce qui a induit chez beaucoup une confiance et un espoir, voire une euphorie, quant à une victoire incontestable. Seulement le biais ici est flagrant, car au même moment d’autres circonscriptions affichaient également, peut-être à l’insu de la bulle pro-biramienne, des écarts tout aussi notables, si ce n’est largement plus, en sa défaveur. Un discours de contestation extrêmement peu documenté, comme si cela était voulu ainsi, commença à s’installer, réconfortant les espoirs des uns, transformant l’euphorie des autres en une conviction quant à un vol caractérisé. Tout cela sans un sérieux travail de documentation et de confrontation des données. Bref, le moins que l’on puisse dire est que la coalition Biram, principale contestataire, n’a pas basé ses revendications sur des données palpables, là où la CENI offrait une possibilité d’être contredite en affichant tous les détails et supports de ses chiffres en accès libre. Quelques PVs semblant entrer en contradiction avec les données de la CENI ont circulé, mais rien de tel à changer significativement les résultats. Au contraire, on retrouve bel et bien sur le site, telles quelles, les quelques données favorables à la coalition Biram qui avaient circulé la veille. 

Dans ces conditions, comment peut-on prétendre à une victoire? Comment peut-on appeler à manifester – ou tout au moins  y préparer – sachant les risques réels encourus? Soyons clairs: loin de moi l’idée d’accepter que l’on puisse arrêter, torturer et assassiner un manifestant. Cet état des choses est plus que révoltant. Mais, il s’agit d’un fait constaté en Mauritanie, et on doit le prendre en compte pour toute raison pratique. Je ne dis pas non plus qu’il faille être apeuré à tel point que l’on renonce au droit de manifester. Je dis cependant, sachant tout l’historique de la répression, qu’il est irresponsable de mettre des jeunes dans une telle situation sans aucune raison concrète derrière.

La vérité est qu’autant il nous a été difficile de prouver notre victoire, autant il est facile d’expliquer notre défaite.

Pouvons-nous contester par exemple les résultats de Bababé? Pouvons-nous comprendre quelles en sont les raisons? Ne connaissons-nous pas de véritables piliers du pouvoir, bien implantés ici et là, qui, à l’aide d’un clientélisme, raflent la grande part de la population votante? Et nous parlons de lieux qui étaient censés nous être favorables ! Mais, hélas on y perd assez largement. Et dans les quelques lieux où on l’emporte, on le fait avec des écarts facilement remontables. Les mécanismes de notre défaite sont, je le regrette, bien compris. Elle était prédictible et a bien été prédite.

Je pense que la conduite responsable ne consistait pas à crier au vol avec la manière que l’on connaît, qui a participé à disposer certains jeunes, de bonne foi, à s’engager dans la rue pour défendre une prétendue victoire au contact de la violence policière. Alors que l’on n’est même pas prêt à faire la démarche administrative consistant à un simple dépôt d’un recours auprès de l’autorité compétente. Cela relève d’une totale irresponsabilité a priori; et d’une indignité manifeste a posteriori.

Pour les besoins politiques de mobilisation bien compréhensibles, ce camp de l’opposition pouvait bien opter pour la critique des règles du jeu électoral bien critiquables, s’y confiner à défaut de pouvoir démanteler les données de la CENI. Ce sujet serait moins sensible, peu enclin à exposer la population, et serait plus conforme à la réalité.

En conclusion, nous devons dénoncer de toutes nos forces la violence et l’impunité qui régissent ce système. Nous devons aussi appeler les leaders à la responsabilité; à mesurer la portée de leurs postures et discours. Les risques étant si grands, il est nécessaire de s’assurer du bien fondé de la revendication avant de décréter des positions aussi incitatives.

11 Juillet 2024
Dr Mouhamadou Sy

● Post-électorale en Mauritanie : les manoeuvres du pouvoir pour isoler Biram Dah Abeid | Par Thomas Magassa.


L’histoire retiendra que, Outouma SOUMARÉ est le premier qui a semé la cacophonie au sein des candidats ayant participé à la présidentielle du 29 juin 2024. En effet, il sera le premier à soutenir à la face du monde que ses PV « correspondent parfaitement » aux résultats de la CENI. Cette sortie inattendue du Pr Outoumou Soumaré a été mal appréciée par certains de ses soutiens, parmi lesquels, la député Kadiata Malick Diallo, qui a parlé de trahison. 

Alors que, les autres candidats notamment Biram Dah Abeid, arrivé deuxième, accuse la Commission Électorale Nationale Indépendante d’avoir orchestré un hold-up électoral.

C’est donc au coeur de la contestation post-électorale, au moment où la police a assassiné, au moins trois jeunes à  Kaedi, que le candidat Soumaré a fait cette sortie: une manière de discréditer l’argumentaire de fraude évoqué et développé  par Biram Dah Abeid.

Plus tard, c’est autour du candidat de Tawassoul, parti islamiste, Hamadi Sid’El Mokhtar Mohamed Abdy qui avait pourtant vertement contesté ses résultats à la suite de la proclamation des résultats provisoires de la CENI,  en parlant de mascarade électorale, de faire volte-face, en  reconnaissant  la victoire du président Ould Ghazouani.

Les autorités travaillent dans une logique de mettre Biram Dah Abeid dans une espèce d’isolement, en amenant les autres protagonistes à  accepter par des déclarations publiques leurs résultats ( ceux proclamés par la CENI). Une manoeuvre de dédouaner la CENI de toute fraude et partant de crédibiliser le scrutin du 29 juin.

Ainsi, Biram sera isolé et prêchera  dans le désert comme un homme politique atteint de  schizophrénie.

Ces conciliabules avec le pouvoir, contre la personne de Biram,  montrent que même ceux qui s’auto proclament  opposants politiques, ici et là, ne sont pas prêts au  changement de système. Tous ont peur des idées du leader Biram qui entend s’attaquer aux tares de la société mauritanienne de tous ordres : sociétal, social,  religieux, politique et même historique etc.

Le pouvoir continue en douce de démarcher les candidats malheureux à la présidentielle et même certaines personnalités politiques indépendantes, en perspective de la validation des résultats par le Conseil Constitutionnel.

Une manière sournoise d’accabler Biram, de montrer l’absurdité de la fraude de la CENI, et des contestestations post- electorales ayant fait au moins trois morts. Comme pour dire, ils sont morts pour rien, en jetant la faute sur le candidat, Biram.

Thomas Magassa

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🔴Mauritanie ~ 2 juin 2024 | quelques points marquants de la conférence de presse du candidat Biram Dah Abeid à Nouakchott

● Présentation de condoléances aux familles de jeunes manifestants morts ces dernières heures du côté de la ville de Kaedi. Et une ferme dénonciation et mise en cause des pratiques policières du régime en place. Le député appelle à la libération de tous détenus sur l’ensemble du territoire national.

● la cellule chargée des opérations électorales autour du candidat a donné brièvement des éléments d’irrégularités relevées lors du vote et dans les données de la CENI.

● Le candidat BDA réaffirme qu’une crise s’est installée à l’issue du scrutin frauduleux du 29 juin et qu’il refuse de reconnaître les résultats qui en sont issus. Et il dit disposé au dialogue avec les autorités afin de la régler. Il a dénoncé les arrestations dont sont victimes ses partisans et ceux de ses partenaires de la Coalition BDA 2024 ayant porté sa candidature. Il a botté en touche les accusations par la propagande visant à salir ses partenaires (en citant Samba Thiam et Bakary Tandia) dans une certaine opinion publique arabophone.

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🖋KS pour le BLOG

● Mauritanie | L’élection présidentielle du 29 juin 2024 : Bilan de l’instant !



Le scrutin présidentiel dans ce pays ouest-africain s’est soldé par la reconduction du président sortant selon les résultats provisoires publiés par la CENI (la commission électorale nationale indépendante). Données faisant l’object d’une ferme contestation exprimée par la coalition qui porte la candidature du leader abolitionniste mauritanien, le parlementaire M. Biram Dah Abeid. Lors de différentes sorties médiatiques, celui qui est arrivé deuxième avec 22,10% selon le bilan CENI, laisse entendre qu’un travail est en cours pour matérialiser les éléments prouvant la mise en cause des données sous le contrôle de la CENI. Ainsi, une évolution éventuelle en terme de recours est à suivre avant la proclamation officielle par le conseil constitutionnel. Du côté du Raïs annoncé réélu, il s’est exprimé dans la journée du 1 juin 2024 dans un élément vidéo prenant acte de la confiance renouvellée par le peuple à son égard dit-il.

Pour rappel, lors des élections générales de l’année dernière, son parti Insaf et ses alliés avaient largement dominé avec une majorité écrasante à l’assemblée nationale et 13 conseils régionaux conquis.

Ci-après quelques données clés provisoires du scrutin reccueillies sur la plateforme de la CENI :

Corps électoral de base :  1 939 342 inscrits

Taux de participation 55,39 %

Nombre des bureaux 4 503

1 – Mohamed Cheikh El-Ghazouani 56,12%

2 – Biram Dah Abeid 22,10%

3 – Hamadi Mohamed Abdi 12,78%

4 – El Id M’Bareck 3,57%

5 – Mamadou Ba 2,39%

6 – Outma Antoine Soumare 2,06%

7 – Mohamed Lemine El Wafi 0.98%

• Lien de source https://res-myceni.org/

Du côté de l’opposition sur les 3 dernières présidentielles (2014, 2019 et 2024), le leader antiesclavagiste BDA est en progression constante et s’est positionné comme le premier challenger des candidats de l’état profond. En effet, il y a 10 déjà, il était arrivé deuxième avec un score de 8,67% loin derrière l’ex président Ould Abdel Aziz, en 2019, il avait reccueilli 18,59% face à l’actuel président réélu.

L’arène politique dans ce pays reste à revoir en matière de gestion électorale. Les oppositions doivent se réinventer politiquement et enclencher d’autres stratégies visionnaires sur le long terme. Les échéances prochaines…2028 et 2029, respectivement attendues les générales et la présidentielle.

Ce jour, nous apprenons que les réseaux internet mobiles sont suspendus dans le pays. Ce qui rend confuse la situation actuelle postélectorale liée aux remous contestataires du scrutin.

Le 2 juin 2024

🖋KS pour le BLOG

● L’éditorial OndeInfo | On s’y attendait, Ould Ghazouani a gagné la présidentielle : qu’est-ce qui va changer ?

Pas grand-chose pour nous autres, parce que nous sommes, ce que nous sommes. Les élections présidentielles en Mauritanie se suivent et se ressemblent. Cette fois-ci encore le peuple, la majorité, celle qui aspire ardemment au changement a rêvé jusqu’ au soir du 29 juin. Au final, c’est un énième désenchantement !

La campagne aura été, comme à l’accoutumée un déversoir, un moment pour les éternels opprimés de se lâcher sans tabou.

La pilule est certes dure à avaler pour le pouvoir, mais il l’a ingurgitée quand-même, non sans difficulté et sans grimace, pour se prêter au jeu démocratique. Le temps d’une campagne est compté, assez court. Le pouvoir constitué, entre autres, d’une oligarchie militaro-esclavagiste- feodalo- affairiste a dû serrer les dents, en fermant les yeux sur ce qu’il considère, en d’autres circonstances comme des écarts de langage, – pratiques courantes-, pour enfreindre à la liberté d’expression.

Ainsi, le pouvoir a laissé faire non pas par principe, mais tout simplement, parce qu’il a peur du jugement de l’extérieur (l’opinion internationale). Le jugement de l’autre le préoccupe tant, au point qu’il oublie celui de (l’intérieur) le peuple souverain.

D’ordinaire, répressif et autoritaire, le pouvoir a fermé les yeux sans vraiment les fermer véritablement pendant la campagne électorale.

En effet, les services des renseignements travaillent à plein régime, sortent leur calepin et notent tout.

Et les premières mesures qui seront prises au lendemain de la réélection d’ Ould Ghazouani  prendront en considération grandement, le  travail abattu par les services de renseignements.

Pour ce faire, les nominations, les limogeages, l’orientation des projets dans les différentes régions du pays, le nombre de ministres par tribu, par communauté, par ethnie ainsi que leur origine sociale et même familiale etc. seront faits sur la base de ces éléments (fiches de renseignements).

D’un côté, il y a ceux qu’il faut abattre parce qu’ils ont osé dénoncer, s’allier avec l’adversaire politique du pouvoir. Ceux-là seront des victimes, même leurs proches ne seront pas épargnés.

Une espèce de règlement de comptes s’installe, à moins de se dédire, se racheter, faire son mea culpa, renoncer à ses convictions politiques, trahir tout simplement, pour acheter la paix et celle des siens.

L’après présidentiel, c’est également un moment de délation, au sein du cercle du pouvoir. Certains sont reclassés, d’autres déclassés, et tombent en disgrâce.

Et bien évidemment, il y a ceux qui seront récompensés, et qui gagneront la confiance du raïs pour s’être investis, souvent avec zèle pour ces derniers, c’est une nouvelle vie qui commence.

Il ne faut pas s’attendre à de grands changements. On reprendra ad vitam aeternam les mêmes. C’est l’éternel recommencement : les mêmes noms de familles vont revenir. Leur père, cousin, oncle ont occupé des postes de responsabilité, eux aussi sont prédestinés à la haute sphère de l’Etat.

Cette « reproduction en fac-similé », des élites issues des mêmes familles, mêmes fratries et tribus de générations en génération, depuis l’indépendance dans la gestion de l’Etat est une triste réalité partagée, – les postes de responsabilité au sein de l’Etat sont devenus, la chasse gardée pour certains- qu’on peut observer dans toutes les composantes sociologiques du pays.

Bien évidemment, chez les Beydane, la réalité est moins visible, du fait qu’ils détiennent la part du lion dans les nominations, alors que chez les autres, il y a en général deux à trois postes prévus. Ce qui fait qu’il est plus facile de remarquer la régularité des mêmes visages, des mêmes noms, des mêmes familles qui sont régulièrement promus. C’est la démocratie par les quotas. 

Le Guidimakha ne fera pas exception à cette tradition, plus forte que les lois et même la Constitution. Les nominations se suivent et se ressemblent, au profit des lignées pour asseoir leur domination et leur hégémonie sur les autres.

Et dans les discours officiels on continuera à mentir, à proclamer » l’égalité des chances, et même l’équité. 

Notre démocratie est grabataire, elle est en fin de vie. Faut-il l’euthanasier ?  A-t-elle encore une chance d’être sauvée ?
Le pessimisme est de mise et semble l’emporter. Les signes sont loin d’être rassurants. Et c’est parti encore pour cinq années d’aventure ou dit moins de mésaventure démocratique. Les mêmes intérêts seront préservés, les mêmes clans et les mêmes seront promus. Et après eux, ce sera le tour de leurs progénitures.

Seyré SIDIBE

● Une élection, c’est une épreuve de sciences exactes

Il n’ y a pas plus angoissant que d’être suspendu à la  délibération, des résultats  d’un concours auquel, vous avez  participé alors que vous avez  des réserves sérieuses, à la fois sur la probité et l’impartialité  des correcteurs et du jury. 
Vous êtes d’autant plus dévasté, à l’idée d’un éventuel échec surtout lorsque vous êtes le meilleur de la classe. Ce que vous avez su  prouver pendant neuf mois à  travers vos notes des contrôles continus. 

Si vous êtes littéraire, et le concours porte sur la  dissertation, par exemple, vous pouvez être
plus indulgent, et comprendre votre échec par le caractère particulier des disciplines littéraires. 

Ainsi, dédouaner plus aisément  les correcteurs et le jury ; en raison du caractère « subjectif » des disciplines littéraires ( les sciences humaines), qui pour autant, obéissent bien entendu à  des règles précises et sont donc loin s’être dénuées de toute logique. 

En revanche, dans un concours où les épreuves sont dans les sciences exactes, il y a peu de place à la subjectivité. On doit pouvoir expliquer l’échec comme le succès. 

En effet, si le jury est transparent et neutre, il doit accepter sans récriminations, les réclamations et contestations des candidats recalés, en vue de les étudier et envisager une nouvelle correction, avec d’autres correcteurs dont les qualités et l’intégralité morales sont avérées, et ce en présence des requérants. 

Par une telle démarche, le jury peut se laver les mains proprement de tout soupçon, de complicité ou connivence. Il y va pour son image en tant qu’institution.

Dans le domaine des sciences exactes, le résultat n’est pas parachuté, inventé et imposé.
Il s’impose par lui-même, de lui-même par la démarche, la méthodologie. Même les plus incrédules, ne peuvent résister, refuser « pendant longtemps »  la vérité scientifique.

Seyré  SIDIBE

● La diabolisation comme arme de destruction politique 

On entend ici et là, que le candidat à la présidentielle de juin, Biram Dah Abeid ne peut pas diriger la Mauritanie.  On lui reproche de tenir un discours extrémiste, violent, pourfendeur et dézingueur qui détruit tout, y compris de l’unité nationale.

Ce sont ces mêmes personnes qui ont diabolisé des années durant, le leader charismatique de la cause négro mauritanienne, Samba Thiam en le taxant de raciste, d’anti Beydane pour le rendre épouvantable et infréquentable.

Idem pour Ibrahima Moctar SARR  de l’AJDM/R parce que, lui aussi, a toujours su trouver les mots justes, adéquats et appropriés mais acerbes pour qualifier le système, pour le décrire, le décrypter et le mettre à nu sans complaisance. Les maux ont peur des mots. La dénonciation finira toujours par vaincre l’injustice et la dictature.

Dans une histoire récente, de l’autre côté du fleuve aussi, on a vu des gens de la même espèce tenir les mêmes propos contre les leaders du Pastef, en l’occurrence Ousmane Sonko, le qualifiant d’extrémiste, dangereux pour le Sénégal. Incapable de diriger ce pays au risque de le conduire vers le chaos. 

En dépit de tout ce qu’on a dit d’Ousmane Sonko et du Pastef, les Sénégalais ont résisté en refusant de se faire manipuler. La page, Macky SALL et ses acolytes est tournée de la plus belle des manières par les urnes : l’alternance dans sa forme la plus achevée et complète. La rupture est désormais effective avec à la clé un changement générationnel, un nouveau Sénégal est en gestation. 

En vérité, ceux qui tiennent de tels propos, ici et ailleurs, ont quelque chose en commun. Ils sont soit au pouvoir, proches du pouvoir ou bénéficient des avantages du pouvoir (du système) qu’ils entendent préserver à tout prix, y compris par la diabolisation, la mystification, la calomnie, la manipulation…

Quant aux victimes de ces campagnes obscènes et diffamatoires, elles présentent généralement les mêmes similitudes : elles s’opposent à un système mafieux, à un pouvoir discrédité, souvent à la dérive, et qui entend éliminer par toutes sortes de méthodes déloyales et anti démocratique ses adversaires.

Ainsi, les véritables challengers sont traqués, combattus, souvent par « la main représailles » du pouvoir : les forces de défense et de sécurité. Et comme ces genres de pouvoirs ont pour slogan et morale  » la fin justifie les moyens « , ils mettent en branle toutes sortes de stratégies, de plans machiavéliques et macabres pour arriver à leurs fins.

Il ressort de ces deux exemples que pour déboulonner un système politique arbitraire, discriminatoire, autocratique et inique, il faut des mots forts, un discours virulent. Une telle attitude est une réponse à la violence et ne saurait être considérée comme de la violence. Il n’y a pas plus de violence que les violences policières, l’usage disproportionné des grenades lacrymogènes etc. Quid de la corruption qui compromet l’avenir des générations futures en contribuant grandement à la paupérisation.

Il n’y a pas plus violent qu’un système politique mafieux qui détruit et exclut systématiquement tous ceux qui ne sont pas du sérail, du clan, du cercle fermé, un univers constitué exclusivement de quelques privilégiés, qui sont aux commandes du pays depuis l’indépendance. 

Si bien que l’égalité des chances n’est qu’un vain mot. L’école ne sert plus à grand-chose. D’ailleurs, elle a cessé d’être un ascenseur social depuis qu’elle a été décrétée Républicaine. Les diplômes, la compétence et les études ne sont plus considérés comme des vecteurs de réussite sociale. Il vaut mieux décliner le nom de son père, son patronyme : Ould Velanne, de telle tribu…

Pour briser ce système oligarchique (militaro-féodalo- tribalo-raciste), une telle véritable  machine à fabriquer les inégalités, la corruption, les injustices de toutes sortes, en contradiction avec l’Etat de droit, la république, la démocratie et de l’islam, il va bien falloir « dégainer » des mots forts, des « missiles » en dénonçant avec force et vigueur. 

Dans cet exercice de diabolisation, on joue sur les peurs et elle prend toutes les formes. On va fouiller dans les origines sociales, familiales, dans le parcours scolaire, académique où professionnel de l’opposant pour chercher la petite bête. Si tout est clean. C’est rarement le cas d’ailleurs, en effet qui cherche finira toujours par trouver.
Ainsi, vous conviendrez avec moi, que Biram est victime d’un faux procès du genre : « il va déstabiliser le pays, il va le vendre au diable, il n’a point d’expériences dans la gestion de État » etc. Cependant, en dépit des nombreuses campagnes de déstabilisation, de coups bas, et toutes sortes de stratégies utilisées, depuis l’ère Mohamed Ould Abdel Aziz pour éliminer l’homme, il résiste vaillamment.

Et comme requinqué plus que jamais, il donne du fil à retordre au pouvoir en créant une situation inédite dans le pays où la réélection du président sortant fait douter plus d’un.

A mesure qu’on s’approche du scrutin du 29 juin, le scepticisme est de mise quant à la victoire du pouvoir ; à en croire les échos de la campagne et la mobilisation des citoyens plutôt favorables au changement, à la mise à mort du système politique en place depuis plusieurs décennies.

Mais, en Afrique, l’issue d’une élection est toujours mystérieuse. Que d’acteurs visibles mais surtout invisibles interagissent pour faire basculer le suffrage des électeurs du côté qu’ils n’ont souvent pas choisi. La sécurisation des votes est dès lors essentielle et constitue tout l’enjeu de cette présidentielle.

Seyré SIDIBE

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● Réponse à la sortie médiatico-politique de Baliou Mamayary Coulibaly | Par M. Souleymane Sidibé

Je souhaite exprimer mon profond désaccord avec les récentes déclarations de Baliou Coulibaly. Elles semblent davantage motivées par des louanges politiques infondées et des calculs stratégiques que par une analyse factuelle et objective. Certes, la campagne présidentielle est un moment d’euphorie, mais il est crucial de garder raison dans son soutien et dans les lauriers que l’on décerne à son candidat.

Il est nécessaire d’apporter des clarifications afin d’éviter toute confusion :

Primo, en ce qui concerne le soutien de Biram Dah Abeid, il est impératif de rectifier les faits. Contrairement aux affirmations de Baliou Coulibaly, dont je pense que l’engagement détaché serait plus utile que cette sortie, Biram Dah Abeid ne l’a pas soutenu lorsqu’il était confronté aux défenseurs du statut quo social inique. En réalité, Biram l’a confronté à l’un des éléments pouvant lui rapporter un électorat, démontrant ainsi l’absence de soutien mutuel dans cette situation.

Deuxio, lors de la première réunion non officielle de l’ARMEPES, l’IRA n’était pas encore fondée. Les insinuations selon lesquelles le courage en milieu sooninké en matière de lutte contre l’esclavage est né avec l’apparition de son « messie » sont non seulement erronées, mais également trompeuses et historiquement inexactes.

Tertio, affirmer que c’est grâce à Biram Dah Abeid que la dénonciation de l’esclavage en milieu sooninké a commencé est une contre-vérité flagrante. De nombreux militants ont travaillé ardemment bien avant l’émergence de figures médiatiques comme Biram, et leurs efforts ne doivent pas être ignorés ou minimisés. Des mouvements comme El Hor ont eu un impact significatif. Dans les milieux où l’on dénonce encore les réflexes de subordination et où des centaines de familles refusent depuis les années 70 le bouclier de protection des tares qu’est le laadalenmaxu, des mouvements comme AMEES ont posé des actions concrètes.

De ce fait, la lutte contre l’esclavage et les injustices sociales mérite une approche rigoureuse et honnête. Les tentatives de récupération politique ne font que diviser et désinformer, trahissant ainsi les efforts de nombreux activistes dévoués.
Pourquoi ne pas miser sur le bon cheval ? Cette question mérite une réponse. À défaut de savoir pourquoi attribuer une « paternité » dans la lutte contre les inégalités sociales à un candidat dont on connaît les mérites, malgré les divergences, et qui n’a pas besoin de cela, voici ma réponse :

Pour nous, la politique est un moyen de discuter des destinées dans un contexte géopolitique et géostratégique. Nous ne soutenons pas un candidat médiocre. Ce sont d’abord le discours et le parcours qui comptent. À cela s’ajoutent le respect et la bienveillance, qualités essentielles pour un leader.

Nous misons sur le bon profil, les compétences et le sérieux. Nous ne sommes pas du genre à nous limiter aux désidératas d’un homme politique. Pour moi, le bon profil c’est quelqu’un qui vit de son savoir, de ses compétences et qui ne se perd pas dans les manœuvres politiques mesquines. La politique est un art, et je veux un leader exemplaire, sans casseroles à traîner. Mon soutien est personnel. Ceux qui sont convaincus continueront avec ceux qui font des calculs stratégiques, et ceux qui ne le sont plus, s’en iront. Notre véritable adversaire, c’est le régime en place.

Je reste engagé à soutenir une cause juste et à collaborer avec tous ceux qui partagent cet engagement, sans opportunisme ni manipulations.

Souleymane Sidibé 
Bordeaux, le 24 juin 2024.

● Mauritanie : l’apaisement politique, une saignée pour la démocratie | [Éditorial OndeInfo]

La praxis politique en Mauritanie ressemble fort à la circulation routière du pays : un désordre indescriptible, un véritable capharnaüm. Cette anarchie qu’on peut observer dans les rues de Nouakchott est révélatrice de notre rapport à la loi, aux règles, aux symboles et partant à tout ce qui est institutionnel. Ainsi, le malaise qui touche actuellement les grands noms de l’histoire politique de notre pays est symptomatique de notre relation avec les « choses instituées ».

Une crise qui a fait « glisser », voire emporter plus d’un homme politique, parmi lesquels certains mammouths et ténors de la politique nationale vers des destinations incertaines pour servir la compromission. 

Ces dérives inopportunes dans le contexte de l’élection présidentielle du 29 juin, réconfortent   l’analyse d’un confrère et doyen, qui soutient en substance, que les partis politiques en Mauritanie sont le plus souvent créés, ex nihilo par un homme, et ne reposent sur aucune référence, assise théorique qui sous-tend un projet de société, des idéaux et des valeurs. C’est assurément l’une des raisons qui expliquent les transhumances politiques devenues de véritables « migrations politiques ».

Des pratiques qui ont atteint un pic sans précédent sous l’ère Ould Ghazouani. On n’aura tout vu. Au nom de l’apaisement politique tous les compromis, tous les deals, toutes sortes d’accords, d’arrangements et même de transactions contre nature ont été passés pour être admis dans le giron du pouvoir, et ce au détriment de la « doctrine factice » dont se revendiquent ces formations politiques.

S’il est communément admis que la politique est par essence opportunisme, jeu d’intérêts ; elle a tout de même besoin d’une once de vertu pour ne pas être monstrueuse. En effet, quel sens donné à la chose politique lorsqu’ elle est portée par des hommes sans crédibilité ?

Nos partis politiques sont donc de véritables quincailleries où l’on trouve tout et n’importe quoi. Exception faite pour certains. En vérité, la majorité de nos formations politiques ne s’identifie à aucune doctrine, ce qui rend problématique leur désignation ou caractérisation. 

De véritables passe-partout, toujours à l’affût de tous les régimes, excellant dans l’art de la flagornerie, tout en faisant fi de la nature de ces pouvoirs : légitimes ou illégitimes, populaires ou impopulaires, démocratiques ou autocratiques etc.

Dans une démocratie normale, les partis politiques sont toujours nés autour d’une certaine philosophie, ils sont porteurs d’idées et de convictions. Ces identifiants déterminent et régulent la vie, les fréquentations et accointances de chaque formations politiques. 

La scène politique est devenue la Cour du roi Petaud. Confuse et illisible.  Pour la première fois des partis emblématiques et caractéristiques de l’opposition, dans l’histoire du pluralisme politique du pays – UFP, RFD, APP – sont au bord de l’implosion, au point que les observateurs se demandent : de quels bords politiques sont-ils désormais placés ?

Décidément, ce premier quinquennat du président Ould Ghazouani a fait du mal à la démocratie mauritanienne. On assiste à un big bang de l’édifice démocratique, en passe d’emporter les « Temples et Académies » de la démocratie du pays. Un effet destructeur qui va consolider le pouvoir en place, au détriment du pluralisme démocratique.

À quelque chose malheur est bon dit l’adage.  L’opposition étant consubstantielle à la nature humaine et à la démocratie. Une autre alternative, d’autres alternatives est / sont née.s pour porter la voix et les aspirations d’une partie du peuple, qui attend et croit encore au changement. 

Seyré SIDIBE

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● « Gouverner autrement de par une véritable alternance et un réel changement » | Par Maitre Abou Kalidou N’DIAYE.

L’approche du rendez-vous de l’élection présidentielle en Mauritanie dont le premier  tour est prévu le 29 juin, le directeur de campagne du candidat M. Biram Dah Abeid en Europe pour la diaspora mauritanienne, nous accorde la présente interview. En effet, il s’agit du juriste et militant très investi, Maitre Abou Kalidou N’DIAYE. Il a répondu succinctement à nos questions comme suit en brossant les enjeux du scrutin et quelques points marquants du programme de la Coalition Antisystème qui porte le député droit-de-l’hommiste BDA comme candidat :

● Question 1 : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Maitre Abou Kalidou N’DIAYE : Bonjour, très ravi et honoré par l’intérêt porté à notre Coalition BDA que je représente aujourd’hui en Europe. Je m’appelle Maitre Abou Kalidou N’DIAYE . Je suis inscrit au barreau de Nouakchott en Mauritanie et réside en France avec ma famille.
En France j’exerce dans le social avec un diplôme de cadre. Je suis aussi très actif dans le réseau associatif Mauritanien et très présent sur le terrain de la revendication de nos droits, en tant qu’acteur des droits de l’homme.

● Question 2 : Nous avons lu dans les médias votre nomination à la tête du Directoire de la diaspora en Europe pour la campagne du Candidat Biram DAH ABEID, pouvez-vous nous en dire davantage ?

AKN : C’est tout à fait vrai, je suis aujourd’hui nommé Directeur de campagne de la coalition BDA en Europe.
Avant tout un immense honneur et une grande reconnaissance en ma personne, et du candidat que j’ai toujours côtoyé et épousé le projet et des personnalités avec lesquelles je fais équipe aujourd’hui, qui ont bien voulu me faire confiance.
C’est à la suite de fructueuses entrevues et échanges, dans un esprit responsable et consensuel, que notre bureau du Directoire Europe de la Coalition de l’honorable député Biram DAH ABEID a été validé par le Candidat et son Directoire National.
Je dirai enfin que c’est un projet inédit, bien inspiré par la clairvoyance du candidat, que d’avoir réussi à rassembler, à coaliser des entités potentielles pour le soutenir, pour enfin le changement et l’Alternance en Mauritanie.

● Question 3 : Quels seraient les grands enjeux du scrutin présidentiel du 29 Juin prochain pour la vie politique mauritanienne ?

AKN : Gouverner autrement de par une véritable alternance et un réel changement : L’Armée Mauritanienne, pour ne pas dire une oligarchie militaire gouverne le pays depuis 1978 et une seule communauté en possède les reines, dans un pays arc-en-ciel multiethnique.
Un des enjeux majeurs de ce scrutin présidentiel, est qu’au-delà de son importance pour l’avenir de nos compatriotes, c’est d’avoir enfin accès à un rêve pour  la plupart de nos concitoyens qui en ont assez d’un système séculaire destructeur de notre unité et de notre vivre ensemble : ce rêve est celui de l’avènement au pouvoir d’un civil issu de l’opposition antisystème au cœur et à l’écoute des revendications sociales ( Education, santé, travail, citoyenneté, entreprenariat…), notamment le respect des droits fondamentaux et le rétablissement avant tout de la justice sociale et ses paradigmes. Mais également d’une alternance sociale avec comme président, une autre composante ethnique, symbolisant la diversité culturelle du pays.
Enfin, un autre enjeu non négligeable, est celui d’enfin espérer des opérations électorales inclusives et TRANSPARENTES, eu égards aux mauvais souvenirs des présidentielles de 2019. D’où l’intérêt de la sensibilisation de l’opinion internationale, particulièrement des médias, comme le vôtre.

● Question 4 : Quels sont les points marquants du contrat programmatique du candidat que vous citerez à l’endroit de l’opinion publique nationale et en particulier à l’attention de l’électorat de notre diaspora Europe ?

AKN : Unis pour la Liberté, ensemble pour l’Avenir » :
Ce slogan résume succinctement la vision du candidat, son projet pour la Mauritanie.
Je retiendrai deux grandes orientations : la justice sociale (une priorité du mandat présidentiel) dans laquelle sont incarnées les valeurs de la justice, de la liberté, de la solidarité, de l’intégrité, de la démocratie et de la durabilité et le renouveau institutionnel garant d’une réelle alternance, d’un véritable renouveau des institutions corrompues et désuètes. Que tous les citoyens se sentent enfin égaux devant la loi républicaine, sans discrimination ni privilège d’aucune nature (égalité des chances et de l’accès au service publique) et ensemble prendre leur avenir en main.
Concernant l’électorat de notre Diaspora, éveillée, productrice de richesses et de matière grise, je noterai l’importance de sa participation effective à la reconstruction du pays par un appel solennel à son adresse. Enfin une diaspora qui jouera pleinement le rôle qui lui sied, comme pilier de l’économie nationale.

● Question 5 : Avez-vous relevé des problématiques persistantes au sein de la population mauritanienne ?
Que proposez-vous comme piste de solution ?

AKN : Mon constat en tant qu’observateur averti, étant acteur de terrain, est qu’une partie importante de la population très affectée par des décennies de mauvaise gouvernance et ses corollaires de communautarisme, d’esclavagisme, de discriminations, de violences policières et institutionnelles, de politiques nocives machiavéliques du diviser pour mieux régner…, demeure inconsciente et insouciante à la démocratie participative. Ce constat se caractérise par l’achat de pièces d’identité avec des sommes insignifiantes, la peur de s’opposer à l’injonction de l’administration en tant que subordonnés, et par conséquent la perte de l’estime de soi et la résignation.
Beaucoup de Mauritaniens et de Mauritaniens ne croient plus à l’alternance démocratique et au changement du même système, du même clan qui les martyrise des décennies durant. Ils ont aussi perdu la confiance aux leaders d’une opposition qui n’en est pas une.
L’Exemple épatant du holdup électoral lors des élections présidentielles en Mauritanie en date du 22 mai 2019 donnant gagnant le présent sortant la victoire au premier tour avec 52% des voix, contre 18,6% pour l’opposant antisystème l’honorable député Biram DAH ABEID, en deuxième position. Avant même la proclamation officielle des résultats par la CENI, l’armée a investi les grandes artères de la capitale ainsi que les quartiers sensibles pour intimider et museler le peuple, alors privée de sa victoire éclatante. Cet évènement vient renforcer, pour certains, que malgré tout, rien ne changera.

Je crois que cette fois-ci, sans aucune naïveté de ma part, eu égard à l’avènement d’une coalition représentative, d’un programme parlant et d’un homme au parcours exemplaire et atypique, il y’a une lueur d’espoir qui renait chez beaucoup d’entre eux.
Il faudra certes continuer à sensibiliser et à convaincre et persévérer à préserver les acquis. Pour lever ses freins très encrés, le crédo que je préconise est de ne rien lâcher et que chacun soit acteur à part entière du projet, en sensibilisant à son tour les siens. Faire surtout comprendre, que l’argent ne rendra jamais la liberté et la dignité bafouées au peuple. Seul l’engagement patriotique et citoyen, permettra d’accéder enfin au pouvoir du peuple, pour le peuple et par le peuple.
Quoi qu’il arrive, la résistance et la lutte doivent continuer.