● LA PRÉSIDENTIELLE  2024 | Vision sur notre communauté mauritanienne. Par Cissé-Ibrahima Diallo

Dans le monde actuel, l’unité d’un peuple est souvent mise à mal par des considérations partisanes et égocentriques. Pourtant, l’unité est essentielle pour le progrès et la stabilité d’une société. Malheureusement, certains individus s’acharnent sur leur seul leader charismatique capable de rassembler et de guider. Ceux-ci seraient motivés par la jalousie et la haine gratuite. Cette situation est d’autant plus révoltante que les intellectuels de ce peuple, qui pourraient jouer un rôle crucial, semblent paralysés par la procrastination et la pusillanimité.

Nous préférons malheureusement ériger des obstacles à l’unité par des considérations partisanes et égocentriques. Le plus souvent, les intérêts personnels et partisans prennent le pas sur le bien commun, même lorsqu’il s’agit de s’unir pour défendre des causes justes ! Il est regrettable que ces partis politiques et individus poursuivent des objectifs qui servent leurs propres ambitions plutôt que le bien-être collectif. Ce comportement individualiste empêche l’émergence d’une vision unifiée et partagée par l’ensemble de la communauté. Le tribalisme exacerbe encore ces divisions, chaque groupe cherchant à promouvoir ses propres intérêts aux dépens des autres, entraînant ainsi une fragmentation de notre société.

Dans une lutte, il arrive parfois que l’on cède, pas forcément de manière délibérée, à la jalousie et à la haine : le leader charismatique, souvent perçu comme une menace par ceux qui ne partagent pas sa vision ou qui envient sa popularité, devient la cible d’attaques injustifiées. Ces critiques, motivées par la jalousie et la haine gratuite, sapent sa capacité à rassembler et à inspirer le peuple. Plutôt que de reconnaître les efforts de ce leader pour unir et améliorer les diverses composantes de la société, certains préfèrent le dénigrer, ralentissant ainsi les progrès.

Pourtant, nous sommes tous d’accord sur l’importance d’un leader charismatique, car ce dernier joue un rôle crucial dans la promotion de l’unité. Grâce à sa vision, son charisme et sa capacité à mobiliser, il peut surmonter les divisions et encourager la coopération entre différentes franges de la communauté. Ce leader est souvent le seul à pouvoir inspirer confiance et espoir en l’avenir, et à promouvoir des initiatives bénéfiques pour tous.

Malgré ses efforts, ce leader fait face à une opposition persistante. Les attaques injustes et l’acharnement dont il est victime limitent son impact positif. Cette situation empêche la mise en œuvre de réformes nécessaires et freine la mobilisation collective indispensable pour surmonter les défis sociaux.

Le silence lourd de la plupart de nos intellectuels face à des événements aussi importants qu’une élection présidentielle est préoccupant. S’agirait-il d’un effet de procrastination, de pusillanimité, etc. ? Nos intellectuels, qui possèdent les compétences et la vision nécessaires pour analyser et résoudre les problèmes de notre société, semblent souvent paralysés par la procrastination ou un manque de courage. Leur inaction contribue à la stagnation de la société, car ils n’utilisent pas leur influence pour plaider en faveur du changement et de l’unité auxquels le peuple aspire.

Néanmoins, nous sommes sûrs du potentiel de nos intellectuels. Malgré leur inaction, ils jouissent d’un potentiel énorme pour mobiliser les citoyens. En prenant position et en utilisant leurs connaissances pour promouvoir le dialogue et la compréhension, ils peuvent jouer un rôle clé dans l’unité de nos citoyens, dont la plupart souffrent de l’analphabétisme. Pour cela, il est essentiel qu’ils surmontent leur pusillanimité et assument leur responsabilité sociale.

Enfin, l’urgence de surmonter les divisions pour le bien collectif est plus pressante que jamais. En soutenant le ou les leaders charismatiques et en incitant les intellectuels à s’engager activement, nos citoyens peuvent espérer atteindre l’unité et le progrès. Si ces obstacles sont surmontés, l’avenir peut être prometteur, riche en possibilités de développement et de prospérité pour tous.

C’est mon humble avis.

● Par Cissé-Ibrahima DIALLO

● La loi d’amnistie de 93, l’épine oubliée | Par Bocar Oumar BA.

L’opposition antisystème, comme il convient de le dire maintenant pour signifier les militants politiques qui sont pour un changement structurel de la Mauritanie, si elle est réellement attachée à son idéal d’une Mauritanie où règne la justice, ne peut continuer à négliger, voire ignorer l’épine sur son chemin que constitue la honteuse loi d’amnistie de 1993. Dans une livraison récente, je disais que la lutte pour l’abrogation de cette loi doit être la focale pour tout combat pour la justice dans notre pays.

Comment peut-on continuer à penser qu’une lutte sincère contre l’injustice soit possible dans un pays, sans que ne soit décrétée comme absolument prioritaire, l’abrogation d’une loi encore en vigueur faite justement pour protéger des criminels et narguer les victimes ? Imaginez une seule seconde qu’il subsiste encore dans nos textes une loi qui protège officiellement les maitres d’esclaves, les voleurs, les violeurs, etc. Je vois déjà le sourire de ceux qui s’empressent de me faire remarquer que si la loi ne les protège pas, la pratique le fait. Certes ! Mais l’édification d’une loi n’a pas la même valeur symbolique qu’une pratique qui vise justement à contourner une loi. Quand une assemblée vote une loi pour protéger des criminels là où même dans ses rêves les plus fous elle ne s’autoriserait pas à en voter une pour protéger des voleurs, quand bien même de fait l’état les protège par des pratiques connues de tous, ça dit quand même quelque chose sur le plan symbolique. Quand on sait que la plupart des personnes qui bénéficient de cette amnistie font partie de l’oligarchie arabe de ce pays, et que les victimes des atrocités ainsi niées sont toutes issues de la communauté négro-africaine déjà sous le joug du racisme d’état, la fracture nationale causée par les tenants du système apparait dans toute sa splendeur.

Que les tenants du système et ceux qui les applaudissent au quotidien n’aient pas intérêt à ce que la loi d’amnistie de 1993 ne soit pas dans la centralité du débat public, je le comprends aisément. Mais que ceux qui prétendent se battre pour la justice ne fassent pas de l’abrogation de cette loi le symbole même de leur lutte, j’en comprends moins la logique. Si ce n’est qu’il est facile de mesurer le cafouillis qui caractérise ce qu’on appelle « opposition », qui permet de masquer bien des lignes de fractures idéologiques pourtant essentielles pour mener de manière cohérente le seul combat qui vaille en Mauritanie : celui de faire nation. Le dialogue de l’opposition que nous avons appelé de nos vœux à l’Ajd-mr, sans y mettre, je l’admets, l’énergie que j’espérais, gagnerait pourtant à se tenir pour clarifier les logiques d’alliances qui, pour moi, doivent reposer d’abord sur une commune vision de la construction nationale, bien avant les logiques de stratégies électorales. Et dans cette démarche, le combat pour l’abrogation de la loi d’amnistie de 1993 et l’article 6 de la constitution officialisant la seule langue arabe sont des curseurs incontournables de cette mesure.

Quelle Mauritanie voulons-nous ? Celle qui fait le choix de piétiner des victimes parce qu’elles sont noires et de protéger des criminels, voire les promouvoir, parce qu’ils sont arabes ? Celle qui élève la langue d’une seule communauté nationale au statut de langue officielle et abandonne en rase-campagne les autres langues nationales, accentuant ainsi la discrimination que vivent déjà leurs locuteurs ? Ou voulons-nous une Mauritanie plus juste envers tous ses enfants, leur donnant le même accès à la justice et à la protection de la puissance publique ? Nous pourrions établir ainsi une série de thèmes et de critères pour voir qui de l’opposition est d’accord avec quoi, aussi au regard des textes et déclarations traditionnelles des partis concernés.

S’abandonner à une lutte essentiellement basée sur des slogans désormais plus répétés par habitus que par conviction est la meilleure façon de la banaliser. Les sud-africains ont fait de la libération de Mandela un symbole de lutte n’ont pas qu’ils perdaient de vue l’objectif final qui est celui d’abattre l’apartheid, mais parce qu’ils comprenaient qu’ils avaient tout intérêt à faire de Mandela un totem et un symbole. Free Mandela ! est un slogan bien plus facile à faire passer tout en sachant que la libération de Mandela ne laissera pas indemne le système d’apartheid.  De même, en Mauritanie, si nous arrivons à faire tomber le symbole que constitue la loi d’amnistie de 93, c’est l’idée même de l’impunité, base existentielle de l’injustice, que nous abattrions. Les tenants du système l’ont d’ailleurs parfaitement compris pour y tenir tant quel que soit le régime, ce depuis 31 ans…

Je suis d’ailleurs toujours étonné de l’étonnement des gens quant à la multiplication des meurtres d’innocents par le fait des forces de l’ordre. L’existence d’une loi protégeant des criminels dans le pays, est à elle seule la garantie de la répétition des faits du genre. Comment ne pas comprendre dès lors que ce qui prime c’est d’abattre cette fichue loi qui se moque des victimes et élève les criminels au statut d’intouchables ? 

Bocar Oumar BA

● Mauritanie : la justice, le chantier de toutes les priorités, depuis l’indépendance.

Rien n’est immuable. Tout est écoulement, tout change . Le plus puissant ne peut rester indéfiniment sur son petit nuage, regardant sans état d’âme, souvent les autres avec dédain et condescendance.

Le plus puissant peut du jour au lendemain tomber « en disgrâce », cherchant protection et défense .Telle est la condition humaine. Cette dynamique dont les manettes et l’horloge sont la propriété d’un être supérieur ( juste et parfait) rappelle à chacun et aux plus consciencieux que
la vie des hommes et de nos sociétés est précaire. Rien n’est éternel.
Tout est finitude. Tout est périssable au point que le philosophe s’est interrogé avec pertinence si vraiment, cette vie vaut la peine d’être vécue ?

Nous sommes tous faibles

A quelques heures de l’investiture du président Ould Ghazouani pour un second mandat, à l’issue de la présidentielle du 29 juin 2024, marquée par une crise post-électorale, tuée dans l’oeuf, emportant la vie d’au moins cinq jeunes à Kaedi, chacun mesure la force du pouvoir et sa capacité à faire accepter ou même imposer sa volonté.

Le président Ould Ghazouani est réélu, les morts sont morts pour rien. Il n’ y aura ni enquêtes ni coupables et encore moins un procès. On ne saura pas tout sur ces assassinats qui en rappellent d’autres.

La légitimité et la légalité, celui qui est porté au pouvoir dans nos États, peut s’en procurer à tout bout de champ, en actionnant plus d’un levier à sa disposition. La seule vérité qui vaille est celle du pouvoir, de celui qui est au pouvoir. Il devient l’incarnation de la loi et même l’esprit de la loi, la référence pour interpréter chaque mot, chaque paragraphe de la loi. Ce tableau quelque peu caricatural montre à merveille le malaise de notre système judiciaire.

Ould Abdel Aziz : rattrapé par sa propre justice

Sans vouloir, innocenter l’ancien président, Ould Abdel Aziz ou refaire son procès, qui n’a pas été choqué par la descendante aux enfers de l’homme ?

Un tout-puissant que même les mouches craignaient, réduit  » à quémander » un extrait d’acte de naissance, pendant deux semaines dans son projet ubuesque de candidature à la présidentielle, se plaignant ou pleurnichant auprès du président du Conseil Constitutionnel.

Cette image était bouleversante.
Peu importe comment, il est arrivé au pouvoir, Mohamed Ould Abdel Aziz a eu l’opportunité de réformer, formater voire réinventer notre système judiciaire. Il n’ y a jamais pensé parce qu’il était « du bon côté », le côté des puissants et de l’impunité. Or, cette justice à deux grandes vitesse ne protège pas pour longtemps.
L’ancien président s’en était servi pour éliminer, écraser, envoyer en prison ou sur le chemin de l’exil certains opposants ou contradicteurs.

Le président Ould Ghazouani va-t-il oser libérer la justice du joug de l’exécutif ?

Le président Ould Ghazouani va être installé, ce 02 août 2024, pour un second mandat. Il est interpellé pour faire de la justice, le premier chantier de son dernier quinquennat.
Cela commence par la promotion de l’excellence, de l’éthique, de la vertu; en mettant courageusement fin aux nominations politiques, jusqu’ ici, seul critère pour accéder à de nombreux postes clés de la haute administration.
Les nominations à coloration purement politique ( par recommandation) créent un sentiment de redevabilité et d’allégeance vis-à-vis d’un vassal politique, qui tire toujours les ficelles.

Voilà le mécanisme par lequel se nourrissent jusqu’à satiété : clientélisme, népotisme, corruption etc. La politique ne doit pas se mêler de tout, et tout n’est pas politique dans une république. En effet, le politique et le technocrate n’ont pas les mêmes grilles de lecture. Si le premier ne peut se laver de tout opportunisme, de la démagogie, de la séduction sur fond de flagornerie, le second est intègre, une qualité que lui impose la science qui se veut universelle et tient un discours intelligible.
La politisation tous azimuts de nos institutions publiques est source de léthargie, de déroute et de faillite: la compétence est sacrifiée sur l’autel de la complaisance et de toutes sortes de logiques qui ne servent pas le mérite et la compétence.

S’il vous plait, épargnez , la haute administration, et tout ce qui a trait à la recherche scientifique, au monde universitaire, à l’expertise, à la justice, à la santé … de la politique politicienne.

Entourez-vous de politiques pour diriger mais pour gouverner, il faut donner plus de place aux technocrates et experts. Ceux-là vous diront que l’eau boue à cent degrés, que le prophète Mahomet PSL est musulman, que le fer est un métal …

Les hommes politiques, chez nous excellent dans le mensonge, la manipulation et la compromission.

La justice est l’alpha et l’oméga

Tous les maux de notre société se résument en une expression : le manque de justice.
Le racisme, l’esclavage, la féodalité, le tribalisme les discriminations de tous ordres, le népotisme, le clientélisme, la corruption, l’impunité, l’extrémisme, la haine et le même la violence dans une certaine mesure, la médiocrité, le manque de patriotisme, l’incivisme, les coups d’État militaire, constitutionnels, tous ces péchés sont la manifestation de l’absence de justice.
Cette crise de la justice, de notre justice commence par l’irrespect de nos propres lois par les autorités, comme elles étaient votées pour être appliquées exclusivement aux plus fragiles ou à certaines personnes.

La jungle est encore préférable à une société humaine où l’injustice règne en maître . En effet, les animaux s’affrontent de manière sauvage et grégaire, et cela loin de tout projet génocidaire et de stigmatisation. La force, comme loi est toujours valable et en toute circonstance au royaume des bêtes où il n’ y a ni médisance, ni manipulation, ni hypocrisie…

Chez les hommes, et particulièrement en Mauritanie, c’est notre hypocrisie qui a atteint des proportions inquiétantes. On vote des lois qu’ on applique jamais. On criminalise des pratiques qu’on soutient en silence.
On essaie même de justifier l’impie par la religion pour plaire au chef, par une interprétation tendancieuse du texte etc.

Ces écarts à la morale sociale et religieuse, aux lois de la république n’ont été possible qu’ en l’absence de justice . La justice doit être la boussole, et seulement la crainte de la justice qui peut canaliser notre façon de vivre, de parler et même notre rapport avec les autres, et même la chose publique.

La justice aurait permis d’assainir notre société, donner à chacun et à tous l’opportunité de se réaliser dans le respect de l’intérêt général. Même notre foi, notre pratique religieuse aurait beaucoup gagné si véritablement, la justice était une préoccupation de nos gouvernants.

Le président Ould Ghazouani a tout intérêt à ce que la justice soit indépendante. En effet, une justice politisée est comme un monstre qu’ on a nourri, élevé sachant qu’ il finira toujours par dévorer son maître.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/mauritanie-la-justice-le-chantier-de-toutes-les-priorites-depuis-lindependance/

● Tewassoul : démission du vice-président du parti

Sahara Médias – Le vice-président du parti d’opposition Rassemblement national pour la réforme et le développement (Tewassoul) Mohamed Ould Mohamed M’Bareck, a annoncé sa démission du parti.

Il proteste pour contre ce qu’il a décrit comme « le blocage des institutions et des textes du parti, et la non-application de ceux-ci à ceux qui se sont rebellés contre ses décisions et ses institutions ».

Dans sa démission, Ould Mohamed M’Bareck a souligné son « adhésion à la ligne politique de l’opposition et du rejet du régime corrompu et corrupteur » accusant sa formation politique d’avoir « reconnu les résultats de l’élection présidentielle, objet de fraude généralisée par le biais du vote par procuration dans la capitale et à l’intérieur du pays. »

Il a estimé inacceptable et dangereux « la violation des textes et des institutions qui constituent une menace pour le présent du parti avant son avenir, ajoutant que la reconnaissance des résultats des élections frauduleuses ne sert ni la démocratie ni la paix sociale en Mauritanie.

Le vice-président de Tewassoul a encore dit que toute élection frauduleuse doit être rejetée de manière civile et pacifique, loin des émeutes et des sabotages condamnés et rejetés ».

Il a ajouté que « tout le monde doit appréhender la situation catastrophique et dangereuse que vivent les citoyens à cause des politiques de ce régime et de ce que cela exige en termes de positions fortes contre la corruption et les corrompus et pour la défense du pays et des citoyens ».

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=776243

● La déconnexion internet : une nouvelle forme de dictature | Par Seyré SIDIBE [OndeInfo]

En Mauritanie, plus de deux semaines après la présidentielle du 29 juin, le pays est coupé du monde. En effet, les autorités ont trouvé la formule propre aux régimes à poigne ( c’est un euphémisme ) pour isoler le pays du reste du monde.

Une mesure unilatérale qui a un coup économique, un aspect dont se soucient peu les autorités. Plongé le pays dans une telle situation, notamment au-delà d’une semaine devrait être justifié par une situation exceptionnelle : l’état de siège, par exemple.

La première expérience dans cette pratique, consistant à  » la déconnexion internet » remonte au régime de Ould Abdel Aziz, c’était encore dans un contexte post-électorale, pour permettre à l’actuel président, Ould Ghazouani d’accéder au fauteuil présidentiel.

Depuis, comme les mauvaises habitudes ressemblent aux mauvaises herbes, elles se ramifient, se développent, se propagent et s’installent vite, cinq ans après on assiste à un remake du contexte post-électorale de 2019, cette fois-ci avec plus de zèle.

Ce « sevrage internet » devient étouffant, absurde, incompréhensible, et relève d’une schizophrénie sécuritaire et autoritaire alors que le contexte national est loin d’être explosif.

Elles ( autorités ) décideront de rétablir la connexion mobile, quand elles voudront, sans explication et sans présenter des excuses au peuple.

Et comme le consommateur n’a aucun droit, comme en 2019, aucune mesure ne sera prise pour dédommager, les usagers d’Internet mobile qui avaient payer à perte des services, à cause de la coupure d’internet imposée par les autorités. Une situation qui va particulièrement affecter les plus indigents, qui végètent pour exiger, à côté d’une minorité richissime, et dont l’origine de la fortune reste un mystère.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/la-deconnexion-internet-une-nouvelle-forme-de-dictature/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR1YphvenOIZlPGDdx7UrdxxNDIuhf21CieUoqlZ8EFRJwHHrk41UpGIPuM_aem_pkqyHMvXECqp1AEF_REkrA

● Sur les évènements de Kaédi | Par Dr Mouhamadou Sy

Suite aux résultats de la présidentielle, Kaédi a été endeuillé, sévèrement frappé par les foudres de la répression policière. Je renouvelle mes condoléances aux proches des victimes et au peuple mauritanien qui essuie une fois de plus les violences du système odieux qui le gouverne.

Compte tenu de la fréquence de tels crimes, des meurtres récents de 2023 dans un contexte bien différent de celui d’une élection, il est raisonnable d’imputer la responsabilité de ces pertes à un système dans lequel sévit l’impunité qui, d’une certaine façon, sonne comme un mot d’ordre. Il n’y a pas encore eu, à ma connaissance, de mesures sérieuses prises à la suite de Lamine Mangane, ou d’Abass Diallo, ou de Souvi, de Oumar Diop, de Ould Samba, etc. Nous avons été à chaque fois confrontés à des justifications les plus ahurissantes: tir de semonce, conditions respiratoires défaillantes, etc. Il y a lieu ici d’exprimer aussi fortement et résolument que possible notre dénonciation de tous ces actes barbares et d’appeler à la justice. 

En deuxième lieu, il convient, si nous voulons être justes, d’aller au-delà du système décrit qui de toute évidence est coupable. Nous devons également situer les circonstances spécifiques.

Il y a quelque chose d’extrêmement contestable qui s’est passé dans le camp de l’opposition, le cercle de la coalition Biram pour nommer directement les choses, tout au long du dépouillement. Mesurant le danger que cela représentait, nous avons eu à appeler à la rigueur dans une « note méthodologique » parce que, précisément, nous craignions que cette dynamique n’aboutisse à une tragédie qui pouvait être évitable.

Dès le soir du 29 juin, des résultats partiels, purement sélectifs, ont commencé à submerger les réseaux sociaux montrant des écarts importants favorables au candidat Biram Dah Abeid. Ce qui a induit chez beaucoup une confiance et un espoir, voire une euphorie, quant à une victoire incontestable. Seulement le biais ici est flagrant, car au même moment d’autres circonscriptions affichaient également, peut-être à l’insu de la bulle pro-biramienne, des écarts tout aussi notables, si ce n’est largement plus, en sa défaveur. Un discours de contestation extrêmement peu documenté, comme si cela était voulu ainsi, commença à s’installer, réconfortant les espoirs des uns, transformant l’euphorie des autres en une conviction quant à un vol caractérisé. Tout cela sans un sérieux travail de documentation et de confrontation des données. Bref, le moins que l’on puisse dire est que la coalition Biram, principale contestataire, n’a pas basé ses revendications sur des données palpables, là où la CENI offrait une possibilité d’être contredite en affichant tous les détails et supports de ses chiffres en accès libre. Quelques PVs semblant entrer en contradiction avec les données de la CENI ont circulé, mais rien de tel à changer significativement les résultats. Au contraire, on retrouve bel et bien sur le site, telles quelles, les quelques données favorables à la coalition Biram qui avaient circulé la veille. 

Dans ces conditions, comment peut-on prétendre à une victoire? Comment peut-on appeler à manifester – ou tout au moins  y préparer – sachant les risques réels encourus? Soyons clairs: loin de moi l’idée d’accepter que l’on puisse arrêter, torturer et assassiner un manifestant. Cet état des choses est plus que révoltant. Mais, il s’agit d’un fait constaté en Mauritanie, et on doit le prendre en compte pour toute raison pratique. Je ne dis pas non plus qu’il faille être apeuré à tel point que l’on renonce au droit de manifester. Je dis cependant, sachant tout l’historique de la répression, qu’il est irresponsable de mettre des jeunes dans une telle situation sans aucune raison concrète derrière.

La vérité est qu’autant il nous a été difficile de prouver notre victoire, autant il est facile d’expliquer notre défaite.

Pouvons-nous contester par exemple les résultats de Bababé? Pouvons-nous comprendre quelles en sont les raisons? Ne connaissons-nous pas de véritables piliers du pouvoir, bien implantés ici et là, qui, à l’aide d’un clientélisme, raflent la grande part de la population votante? Et nous parlons de lieux qui étaient censés nous être favorables ! Mais, hélas on y perd assez largement. Et dans les quelques lieux où on l’emporte, on le fait avec des écarts facilement remontables. Les mécanismes de notre défaite sont, je le regrette, bien compris. Elle était prédictible et a bien été prédite.

Je pense que la conduite responsable ne consistait pas à crier au vol avec la manière que l’on connaît, qui a participé à disposer certains jeunes, de bonne foi, à s’engager dans la rue pour défendre une prétendue victoire au contact de la violence policière. Alors que l’on n’est même pas prêt à faire la démarche administrative consistant à un simple dépôt d’un recours auprès de l’autorité compétente. Cela relève d’une totale irresponsabilité a priori; et d’une indignité manifeste a posteriori.

Pour les besoins politiques de mobilisation bien compréhensibles, ce camp de l’opposition pouvait bien opter pour la critique des règles du jeu électoral bien critiquables, s’y confiner à défaut de pouvoir démanteler les données de la CENI. Ce sujet serait moins sensible, peu enclin à exposer la population, et serait plus conforme à la réalité.

En conclusion, nous devons dénoncer de toutes nos forces la violence et l’impunité qui régissent ce système. Nous devons aussi appeler les leaders à la responsabilité; à mesurer la portée de leurs postures et discours. Les risques étant si grands, il est nécessaire de s’assurer du bien fondé de la revendication avant de décréter des positions aussi incitatives.

11 Juillet 2024
Dr Mouhamadou Sy

● Post-électorale en Mauritanie : les manoeuvres du pouvoir pour isoler Biram Dah Abeid | Par Thomas Magassa.


L’histoire retiendra que, Outouma SOUMARÉ est le premier qui a semé la cacophonie au sein des candidats ayant participé à la présidentielle du 29 juin 2024. En effet, il sera le premier à soutenir à la face du monde que ses PV « correspondent parfaitement » aux résultats de la CENI. Cette sortie inattendue du Pr Outoumou Soumaré a été mal appréciée par certains de ses soutiens, parmi lesquels, la député Kadiata Malick Diallo, qui a parlé de trahison. 

Alors que, les autres candidats notamment Biram Dah Abeid, arrivé deuxième, accuse la Commission Électorale Nationale Indépendante d’avoir orchestré un hold-up électoral.

C’est donc au coeur de la contestation post-électorale, au moment où la police a assassiné, au moins trois jeunes à  Kaedi, que le candidat Soumaré a fait cette sortie: une manière de discréditer l’argumentaire de fraude évoqué et développé  par Biram Dah Abeid.

Plus tard, c’est autour du candidat de Tawassoul, parti islamiste, Hamadi Sid’El Mokhtar Mohamed Abdy qui avait pourtant vertement contesté ses résultats à la suite de la proclamation des résultats provisoires de la CENI,  en parlant de mascarade électorale, de faire volte-face, en  reconnaissant  la victoire du président Ould Ghazouani.

Les autorités travaillent dans une logique de mettre Biram Dah Abeid dans une espèce d’isolement, en amenant les autres protagonistes à  accepter par des déclarations publiques leurs résultats ( ceux proclamés par la CENI). Une manoeuvre de dédouaner la CENI de toute fraude et partant de crédibiliser le scrutin du 29 juin.

Ainsi, Biram sera isolé et prêchera  dans le désert comme un homme politique atteint de  schizophrénie.

Ces conciliabules avec le pouvoir, contre la personne de Biram,  montrent que même ceux qui s’auto proclament  opposants politiques, ici et là, ne sont pas prêts au  changement de système. Tous ont peur des idées du leader Biram qui entend s’attaquer aux tares de la société mauritanienne de tous ordres : sociétal, social,  religieux, politique et même historique etc.

Le pouvoir continue en douce de démarcher les candidats malheureux à la présidentielle et même certaines personnalités politiques indépendantes, en perspective de la validation des résultats par le Conseil Constitutionnel.

Une manière sournoise d’accabler Biram, de montrer l’absurdité de la fraude de la CENI, et des contestestations post- electorales ayant fait au moins trois morts. Comme pour dire, ils sont morts pour rien, en jetant la faute sur le candidat, Biram.

Thomas Magassa

• Lien média source https://ondeinfo.com/post-electorale-en-mauritanie-les-manoeuvres-du-pouvoir-pour-isoler-biram-dah-abeid/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR3SEXrZBy31e8UsUUplAfJAGtblIJh45D7ghQh0r_WwioxnrO2YlhQyrMI_aem_MhrRid6-wp2GjjjZm4gPPQ

🔴Mauritanie ~ 2 juin 2024 | quelques points marquants de la conférence de presse du candidat Biram Dah Abeid à Nouakchott

● Présentation de condoléances aux familles de jeunes manifestants morts ces dernières heures du côté de la ville de Kaedi. Et une ferme dénonciation et mise en cause des pratiques policières du régime en place. Le député appelle à la libération de tous détenus sur l’ensemble du territoire national.

● la cellule chargée des opérations électorales autour du candidat a donné brièvement des éléments d’irrégularités relevées lors du vote et dans les données de la CENI.

● Le candidat BDA réaffirme qu’une crise s’est installée à l’issue du scrutin frauduleux du 29 juin et qu’il refuse de reconnaître les résultats qui en sont issus. Et il dit disposé au dialogue avec les autorités afin de la régler. Il a dénoncé les arrestations dont sont victimes ses partisans et ceux de ses partenaires de la Coalition BDA 2024 ayant porté sa candidature. Il a botté en touche les accusations par la propagande visant à salir ses partenaires (en citant Samba Thiam et Bakary Tandia) dans une certaine opinion publique arabophone.

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🖋KS pour le BLOG

● Mauritanie | L’élection présidentielle du 29 juin 2024 : Bilan de l’instant !



Le scrutin présidentiel dans ce pays ouest-africain s’est soldé par la reconduction du président sortant selon les résultats provisoires publiés par la CENI (la commission électorale nationale indépendante). Données faisant l’object d’une ferme contestation exprimée par la coalition qui porte la candidature du leader abolitionniste mauritanien, le parlementaire M. Biram Dah Abeid. Lors de différentes sorties médiatiques, celui qui est arrivé deuxième avec 22,10% selon le bilan CENI, laisse entendre qu’un travail est en cours pour matérialiser les éléments prouvant la mise en cause des données sous le contrôle de la CENI. Ainsi, une évolution éventuelle en terme de recours est à suivre avant la proclamation officielle par le conseil constitutionnel. Du côté du Raïs annoncé réélu, il s’est exprimé dans la journée du 1 juin 2024 dans un élément vidéo prenant acte de la confiance renouvellée par le peuple à son égard dit-il.

Pour rappel, lors des élections générales de l’année dernière, son parti Insaf et ses alliés avaient largement dominé avec une majorité écrasante à l’assemblée nationale et 13 conseils régionaux conquis.

Ci-après quelques données clés provisoires du scrutin reccueillies sur la plateforme de la CENI :

Corps électoral de base :  1 939 342 inscrits

Taux de participation 55,39 %

Nombre des bureaux 4 503

1 – Mohamed Cheikh El-Ghazouani 56,12%

2 – Biram Dah Abeid 22,10%

3 – Hamadi Mohamed Abdi 12,78%

4 – El Id M’Bareck 3,57%

5 – Mamadou Ba 2,39%

6 – Outma Antoine Soumare 2,06%

7 – Mohamed Lemine El Wafi 0.98%

• Lien de source https://res-myceni.org/

Du côté de l’opposition sur les 3 dernières présidentielles (2014, 2019 et 2024), le leader antiesclavagiste BDA est en progression constante et s’est positionné comme le premier challenger des candidats de l’état profond. En effet, il y a 10 déjà, il était arrivé deuxième avec un score de 8,67% loin derrière l’ex président Ould Abdel Aziz, en 2019, il avait reccueilli 18,59% face à l’actuel président réélu.

L’arène politique dans ce pays reste à revoir en matière de gestion électorale. Les oppositions doivent se réinventer politiquement et enclencher d’autres stratégies visionnaires sur le long terme. Les échéances prochaines…2028 et 2029, respectivement attendues les générales et la présidentielle.

Ce jour, nous apprenons que les réseaux internet mobiles sont suspendus dans le pays. Ce qui rend confuse la situation actuelle postélectorale liée aux remous contestataires du scrutin.

Le 2 juin 2024

🖋KS pour le BLOG

● L’éditorial OndeInfo | On s’y attendait, Ould Ghazouani a gagné la présidentielle : qu’est-ce qui va changer ?

Pas grand-chose pour nous autres, parce que nous sommes, ce que nous sommes. Les élections présidentielles en Mauritanie se suivent et se ressemblent. Cette fois-ci encore le peuple, la majorité, celle qui aspire ardemment au changement a rêvé jusqu’ au soir du 29 juin. Au final, c’est un énième désenchantement !

La campagne aura été, comme à l’accoutumée un déversoir, un moment pour les éternels opprimés de se lâcher sans tabou.

La pilule est certes dure à avaler pour le pouvoir, mais il l’a ingurgitée quand-même, non sans difficulté et sans grimace, pour se prêter au jeu démocratique. Le temps d’une campagne est compté, assez court. Le pouvoir constitué, entre autres, d’une oligarchie militaro-esclavagiste- feodalo- affairiste a dû serrer les dents, en fermant les yeux sur ce qu’il considère, en d’autres circonstances comme des écarts de langage, – pratiques courantes-, pour enfreindre à la liberté d’expression.

Ainsi, le pouvoir a laissé faire non pas par principe, mais tout simplement, parce qu’il a peur du jugement de l’extérieur (l’opinion internationale). Le jugement de l’autre le préoccupe tant, au point qu’il oublie celui de (l’intérieur) le peuple souverain.

D’ordinaire, répressif et autoritaire, le pouvoir a fermé les yeux sans vraiment les fermer véritablement pendant la campagne électorale.

En effet, les services des renseignements travaillent à plein régime, sortent leur calepin et notent tout.

Et les premières mesures qui seront prises au lendemain de la réélection d’ Ould Ghazouani  prendront en considération grandement, le  travail abattu par les services de renseignements.

Pour ce faire, les nominations, les limogeages, l’orientation des projets dans les différentes régions du pays, le nombre de ministres par tribu, par communauté, par ethnie ainsi que leur origine sociale et même familiale etc. seront faits sur la base de ces éléments (fiches de renseignements).

D’un côté, il y a ceux qu’il faut abattre parce qu’ils ont osé dénoncer, s’allier avec l’adversaire politique du pouvoir. Ceux-là seront des victimes, même leurs proches ne seront pas épargnés.

Une espèce de règlement de comptes s’installe, à moins de se dédire, se racheter, faire son mea culpa, renoncer à ses convictions politiques, trahir tout simplement, pour acheter la paix et celle des siens.

L’après présidentiel, c’est également un moment de délation, au sein du cercle du pouvoir. Certains sont reclassés, d’autres déclassés, et tombent en disgrâce.

Et bien évidemment, il y a ceux qui seront récompensés, et qui gagneront la confiance du raïs pour s’être investis, souvent avec zèle pour ces derniers, c’est une nouvelle vie qui commence.

Il ne faut pas s’attendre à de grands changements. On reprendra ad vitam aeternam les mêmes. C’est l’éternel recommencement : les mêmes noms de familles vont revenir. Leur père, cousin, oncle ont occupé des postes de responsabilité, eux aussi sont prédestinés à la haute sphère de l’Etat.

Cette « reproduction en fac-similé », des élites issues des mêmes familles, mêmes fratries et tribus de générations en génération, depuis l’indépendance dans la gestion de l’Etat est une triste réalité partagée, – les postes de responsabilité au sein de l’Etat sont devenus, la chasse gardée pour certains- qu’on peut observer dans toutes les composantes sociologiques du pays.

Bien évidemment, chez les Beydane, la réalité est moins visible, du fait qu’ils détiennent la part du lion dans les nominations, alors que chez les autres, il y a en général deux à trois postes prévus. Ce qui fait qu’il est plus facile de remarquer la régularité des mêmes visages, des mêmes noms, des mêmes familles qui sont régulièrement promus. C’est la démocratie par les quotas. 

Le Guidimakha ne fera pas exception à cette tradition, plus forte que les lois et même la Constitution. Les nominations se suivent et se ressemblent, au profit des lignées pour asseoir leur domination et leur hégémonie sur les autres.

Et dans les discours officiels on continuera à mentir, à proclamer » l’égalité des chances, et même l’équité. 

Notre démocratie est grabataire, elle est en fin de vie. Faut-il l’euthanasier ?  A-t-elle encore une chance d’être sauvée ?
Le pessimisme est de mise et semble l’emporter. Les signes sont loin d’être rassurants. Et c’est parti encore pour cinq années d’aventure ou dit moins de mésaventure démocratique. Les mêmes intérêts seront préservés, les mêmes clans et les mêmes seront promus. Et après eux, ce sera le tour de leurs progénitures.

Seyré SIDIBE