« Affaire » L’EED qui affole certains milieux soninkés du Guidimagha!

● Mon bref avis en quelques points :

1 – Des gens peuvent reprocher des « choses » à L’EED à raison ou à tort… comme dans la vie, les Humains et leurs manquements inévitablement j’ose croire !

2 – Certains détracteurs audibles et visibles de l’EED aujourd’hui, s’y étaient engagés en troubadours militants anti-Ganbanaaxu au sein de la communauté soninké dans l’arène folklorique, et en croyant que L’EED devrait être ce don du ciel pour prêcher le statu quo sociétal dénoncé par l’éveil abolitionniste et anti-féodalité. Personnellement, j’avais posté un mot signalant qu’un condamné pour apologie d’esclavage en Mauritanie vit une promotion sociale et parasite autour de l’EED en France, et la réponse en privé du président et frère Waly Diawara à mon endroit me laissait dans des réserves embarrassées.

3 – L’EED pourrait être une énième victime de ce que les idéaux portés par GANBANAAXU dénoncent dans la société soninké. Nous le savons, en soninkara, TOUT ce qu’on organise collectivement de « moderne » qui ne se soumet pas à la féodalisation à partir de l’élément Village, créerait forcément des fortes turbulences. Ainsi entre jalousies, intrigues, calomnies, fiertés infectes et mains invisibles politiciennes, chacun va contribuer à l’ébullition de la MARMITE du moment avec croisement et divergence des intérêts des uns et des autres en fonction des circonstances. Les justifications biaisées de certains dévoilent leurs contradictions criantes ici et là-bas.

4 – Par ces temps-ci sur tout ce qu’on entend des différentes obédiences sur le cas l’EED, l’équation me trouble un peu, on peut entendre un type qui déteste viscéralement Ganbanaaxu et vomit l’EED aussi… pas pour les mêmes motivations évidemment. Une autre voix peut jeter des fleurs à flots sur L’EED, mais à l’opposé s’attaque violemment à GANBANAAXU…!

Conclusion : Plusieurs inconnus et différents non-dits chez les uns et chez les autres.

5 – l’idée L’EED portait une vision inédite en matière d’association portant des projets de développement à partir de la diaspora notamment de la France. Les actes posés initialement sur certains volets en particulier sur l’éducation et la santé, sont à saluer amplement. Et espérons que l’élan enclenché continue sur des bases revues et assainies en sortant de logiques structurelles de FÉODALISATION de l’élément Village. Les bénéficiaires dans nos localités doivent être considérés comme des citoyens et des populations à aider et à faire aider par le matériel (Outillages) et l’immatériel (techniques et savoir-faire) mais non comme des villageois catalogués par l’ancien clanisme féodal soninké.

Je mets en lien quelques contributions de témoignages via notre BLOG :

▪︎https://soninkideesjose.wordpress.com/2017/08/14/leed-comme-educatif-la-visite-de-courtoisie-de-notre-blog-aux-ecoliers-et-enseignants-invites-en-vacances-scolaires-en-france/

▪︎https://soninkideesjose.wordpress.com/2017/07/15/un-samedi-foot-de-leed-photos-reportage-de-notre-blog/

– Par KS pour le BLOG

SONINKARA, MA CHÈRE COMMUNAUTÉ, REVOYONS NOTRE LOGICIEL ORGANISATIONNEL !

Une pluie torrentielle s’abat sur mon cœur à l’heure où j’écris ces mots. Et me sens main morte à chaque fois que je spécule sur le sort de ma communauté. Celle qui depuis l’aube de son histoire n’a pas su établir des principes de justice, d’égalité et d’équité en son cœur.

Désarmé que je suis, loin de la renoncer, je n’ai sans fausse modestie qu’une minable force de prendre ma plume, et même s’il le faut la tremper dans l’encre de Chine avec espoir de mettre des mots sur les maux des hommes sans défense traqués depuis belle lurette par des diktats qui refusent de s’avouer de nos jours décadents et révolus.

«… Juste il est des vérités qui valent qu’on meure pour elles, mais aucune qui vaille qu’on tue en leur nom…,» affirme Émile Ajar.

Alors qu’en est-il pour des choses qui ne doivent leur légende d’honneur qu’à l’opprobre ?
De surcroît, quoi de plus honteux et de plus infâme que de voler le droit vie de ses frères !
La peur me ronge, mais elle n’est pas une bonne demeure alors je ne l’habiterai guère, une imminente guerre toque à nos portes, et les bruits de ses vacarmes rebattent nos lobes cependant l’insouciance nous gagne.

D’aucuns attisent le feu et ne se demandent point que la mèche qu’ils allument peut embraser leurs propres demeures. D’aucuns veulent réprimer le mal et s’arrachent les cheveux et les dents pour s’enquérir des résolutions. Et d’aucuns s’autoproclament neutres.
Ceux qui se taisent sont d’autant plus coupables que ceux qui sèment la zizanie.
L’heure de la spéculation et la capitulation, n’a-t-elle pas encore sonné ?

Oui, Capitulation ! Car ce serait malhonnête de ma part de dire que ma communauté n’est pas en guerre fratricide. Il est temps de capituler avant de brûler complétement nos vaisseaux.
Jadis, nos ancêtres faisaient grand cas des traditions ignominieuses. Alors force est de constater que chaque chose à son temps et que les hommes doivent être en sempiternelle transformation.

«Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements,» affirmait Charles Darwin. L’espèce n’est pas une
exception. Donc malheureux sont ceux qui ne tirent pas profit des apports positifs du siècle présent. Il convient pour ne pas vivre à l’insu du temps d’accepter ses perpétuels changements.
La mort dans l’âme, j’assiste à la dégradation de bonnes mœurs, de l’humanité au sein de cette communauté baignant dans un paradoxe inouï.

J’aurais aimé être sous terre pour ne pas voir l’opprobre qui couvre le soleil. À présent que le souffle divin me berce, je n’ai qu’un devoir le refus d’être du côté de l’oppresseur quand bien même qu’il soit mon géniteur.
Pour mieux vivre ensemble, il nous incombe de faire table rase de nos traditions et de ne garder du passé que des valeurs positives surtout celles qui sont relatives à notre identité culturelle.
Il est temps nous pencher ensemble sur le miroir pour mieux regarder nos infirmités afin de les soigner.

Par Salihina Moussa Konate, étudiant en Biologie, Nouakchott – Mauritanie

Réflexion | Notre « noir » n’est pas causé par que du Blanc !

Certains militants afro-panafricanistes sont tellement obsédés par le fait « Homme Blanc », qu’ils perdent toute lucidité militante et intellectuelle jusqu’à vouloir dédouaner nos dirigeants Noirs tortionnaires et également nos propres tares abjectes. Genre, on était au paradis dans Mama Africa avant l’arrivée du Blanc (oriental ou occidental), et l’esclavage intra-africain serait importé… ou il n’existe pas du tout. Sauf qu’en parlant d’Afrique, je me demandais pourquoi parmi les Noirs, les tenants des traites (orientales et occidentales) trouvèrent facilement un marché d’hommes Noirs en masse sur plusieurs siècles alors que d’autres populations non Noires furent épargnées…!

Dans l’Histoire, d’autres peuples non Noirs ont subi l’esclavage, mais si le Noir a été essentialisé comme le « marqueur universel et originel » de l’esclave, revient à nous réapprendre profondément en matière civilisationnelle.

Pire, on devrait se poser certaines questions, pourquoi ça se passait à sens unique ce trafic d’êtres humains ?

Pourquoi ne trouve t- on pas aujourd’hui des populations blanches d’ascendance esclave dans des zones majoritairement Noires ?

Les diasporas afros d’outremer et en milieux orientaux d’aujourd’hui ne suffisent pas comme matière à questionnements perpétuels pour nous…?

Le célèbre kankan Musa dans son voyage en Orient, il avait beaucoup d’or dit – on mais également beaucoup d’esclaves sous son joug apparemment qui ne seraient autre chose que du Noir en masse. A t – il pu ramener tous ces esclaves à leurs terres originelles…?

Les souverains orientaux lui avaient-ils donné comme présents d’esclaves blancs issus de leurs sociétés orientales…?

En Occident d’aujourd’hui, quand un mauritanien Noir rencontre un africain black acquis idéologiquement à certaines thèses afrocentrées et anti-blancs, et lui parle d’esclavage, il sautille en indexant des méchants arabes qui seraient venus d’Orient pour nous réduire en esclavage. En répliquant que Non, ce sont des Noirs qui considèrent d’autres Noirs d’esclaves dans leurs propres communautés dites autochtones, et là il va se sentir perturbé amèrement…. et il peut même te suspecter d’être un vendu à la cause du monde Blanc…!

Et c’est Vrai pourtant !

La lutte anti-esclavagiste engagée dans les communautés soninkés en Afrique de l’ouest, symbolise les tristes et acerbes réalités de cet esclavage par ascendance . Voir et lire ces liens médiatiques :

https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26219&LangID=F

https://observers.france24.com/fr/20191118-resister-esclavage-ascendance-kayes-caste-malinke-soninke-peuls

KS pour le BLOG

HOMMAGE: L’APPEL DE SIDIOCA, JE ME RAPPELLE!

Le 12 mars 2007 la CENI annoncait pour la première fois la tenue d’un 2ème tour qui opposait le candidat Sidi Ould Cheikh Abdallah (SIDIOCA) à Ahmed Ould Daddah de l´UFD/Ère nouvelle. Deux jours plus tard et plus précisement le 14 mars 2007 qui coincidait avec le 24ème anniversaire de notre mouvement les Flam je recois un appel de la Mauritanie et j’entendais au bout du fil une voix suave et chaleureuse qui ne m’était pas familière. Après les salutations d´usage et amabilités, Je demandai à qui avais- je l´honneur et il me répondit calmement : C´est Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Je réponds en pulaar : « Bismilla ma monsieur le président », entendez au nom de Dieu soyez le bienvenu monsieur le président!

Sans tarder il m´exposa l´objet de son appel et me dit que dans son programme il a un volet prioritaire qui lui tenait à coeur à savoir l´unité nationale et la résolution de l´épineuse question nationale et pour cela il pensait qu´il ne pouvait régler ce probleme sans parler avec les concernés et surtout ceux qui ont fait de cette question leur cheval de bataille. C´est pourquoi il tenait à aborder le problème directement avec les FLAM, qui ont payé cher, par leur engagement, pour la résolution de cette question.

Je saluai l´initiative que je trouvais assez courageuse et patriotique. Je revins largement sur notre lutte, nos revendications tout en soulignant que nous avions des réserves par rapport au processus démocratique entamé par les militaires du CMJD, mais que nous ne pouvions qu´apprécier sa démarche et son honnetêté intellectuelle. Il me dit que son initiative n´était pas pour chercher un soutien électoral mais surtout pour connaitre notre revendication et nos propositions de solution et il promet de nous contacter à nouveau une fois élu pour montrer sa bonne foi. Il m´avoua qu´il était choqué par ce qui s´est passé pendant les années de braise et qu´il ne pouvait cautionner une politique à fondement racial en Mauritanie parce qu´il a dans sa propre famille des frères métisses donc des négro-mauritaniens et en plus il a une relation particulière et séculaire avec la communauté noire de Mauritanie et du Sénégal à travers la confrèrie Niassène dont il est un fervent disciple. Je saluais sa disponibilité à discuter et à trouver des solutions avec nous. Je lui proposais de le mettre en contact avec notre camarade Samba Thiam président de notre mouvement pour continuer l´échange. Ce qu´il accepta volontiers.

Le 26 mars les résultats du 2ème tour du 25 mars 2007 tombent Sidioca est élu président de la Mauritanie avec plus de 53% du suffrage exprimé.
Le 27 mars j´appelle le président élu pour le féliciter de sa victoire. Sidioca me réitère son engagement et me met en contact avec quelques membres de son cabinet, pour leur soumettre notre document et nos propositions avant son investiture qui était prévue le 19 avril 2007. Dans la même journée j´accorde deux interviews aux journalistes Olivier Roger de Rfi et Idrissa Fall de la Voix d´Amérique pour exprimer nos attentes auprès du nouveau régime. Quelques jours après je lui envoie notre plate-forme pour une Mauritanie réconcilée.

Le 29 juin 2007 le président Sidi Ould Cheikh Abdallah adressa un message solennel au peuple mauritanien dans lequel il s´engageait à prendre en charge les problèmes liés à l’Unité nationale et à l´esclavage, à réconcilier les Mauritaniens entre eux, et à panser les plaies ouvertes des douloureux évènements du passé. Ce discours répondait en partie à nos préoccupations consignées dans la ”PLATE-FORME POUR L´UNITÉ NATIONALE” soumise au président de la République.
Nous saluâmes cette disposition d’esprit positive du Chef de l’Etat dans une déclaration de presse publiée le 30 juin 2007, qui, non seulement assume pour la première fois dans notre histoire au nom de l´Etat mauritanien les violations massives des droits humains commises contre une partie de nos populations, mais surtout s’engage à les réparer.

Pour nous, le retour organisé sous l’égide du HCR de nos compatriotes déportés suivi de leur rétablissement dans tous leurs droits, le réglement juste et équitable du génocide ainsi que l’engagement à éradiquer toutes les formes d’esclavage représentent un préalable important à la décrispation du climat social nécessaire pour la réconciliation nationale. C’est une avancée notable vers l’instauration des conditions du dialogue interne, franc et sans exclusive, sur le problème politique de fond devant poser les bases de notre unité. Ainsi donc le dialogue est entamé avec les nouvelles autorités.
Le président Sidi prévoit d´envoyer une mission inter-ministérielle au Sénégal pour préparer le retour organisé des déportés il nous contacte à nouveau, nous les mettons en relation avec nos camarades responsables des réfugiés au Sénégal pour préparer la tournée ministérielle dans les camps des déportés de la vallée.
Ces échanges seront maintenus et couronnés par la rencontre historique à New-York entre le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi président de la république islamique de Mauritanie et le président des Forces de libération africaines de Mauritanie Mr Samba Thiam en compagnie du camarade Mamadou Barry Secrétaire général des Flam-Amérique, en marge du sommet annuel des nations unies le 26 septembre 2007. C´est ainsi qu´il nous invita à un retour au pays après plus de 24 ans d´exil et de bannissement pour aider à poser la question et à mobiliser la classe politique autour de la question nationale et sociale.

Sans tarder il passa à l´acte et organisa le premier retour des déportés à la terre natale. Un espoir renait mais les démons de la division se réveillèrent. Les idéologues du Système ethno-génocidaire et autres partisans de l´idéologie raciste, sortirent la grande batterie avec des articles au vitriol sur la toile contre Sidi et certains n´hésiteront même pas à parler du ”retour organisé des Sénégalais”, de ”l´envahissement et repeuplement de la Mauritanie par des étrangers” et du complot des Flam contre l´angélique Mauritanie! Nous réagissons à cette campagne par un article sur CRIDEM et FLAMNET signé le 16 juillet 2007 intitulé : ”Ces Flam qui dérangent les forces du mal”.
Cette campagne malveillante orchestrée finira par le putsch des généraux et la destitution du président Sidioca au mois d´août 2008. Arrestaion, emprisonnement et mise en résidence surveillée du premier président élu démocratiquement de la Mauritanie à Lemden son village natal.
Le peuple mauritanien s´opposa avec véhémence au putsch à travers le FNDD et les forces politiques en exil. Des manifestations seront sévérement réprimées à l´intérieur et fortes mobilisations à l´extérieur. Le putsch sera malheureusement entériné par les fameux accords de Dakar avec ses pièges et zones d´ombre.
Ainsi donc, retour à la case de départ de juillet 1978, fermeture de la courte page civile et maintien des militaires au pouvoir à travers une élection dont l´issue était connue d´avance.
Avec la pression internationale le président est libéré. Je l´appellai; il me salua chaleureusement avec ces mots qui résonnent toujours en moi : « Kaaw, pendant ce putsch, de tous les soutiens, c´est le vôtre qui m’est le plus allé droit au coeur et que je n´oublierai jamais. Vous pouviez dire que vous n´êtiez pas de mon gouvernement, ni de ma majorité comme certains opposants qui ont soutenu le putsch, mais vous avez défendu des principes et des valeurs de justice. Je
n´oublie pas votre patriotisme, pendant ma présidence, nous étions en contact permanent mais vous ne m´avez jamais posé des problèmes personnels seulement l´intérêt national contrairement à mes parents où chacun essayait de caser un fils ou un parent. Vous-êtes des vrais et dignes patriotes ! ».

En moins de 15 mois Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui était considéré par certains comme « le candidat du Système » s´est révélé être comme l´homme anti-Système; il suscita beaucoup d´espoir auprès des exclus et opprimés et essaya de résoudre l´épineuse question de la cohabitation qui demeure toujours actuelle après son éviction. Il a montré qu´avec la volonté on peut réconcilier les Mauritaniens malgré la profonde déchirure.
L´histoire retiendra de cet homme comme étant un homme de paix, pieux, humble, désintéressé, franc, direct et attaché à l´unité du peuple mauritanien. Il fut un homme de Dieu, de foi profonde qui acheve son parcours de président en simple Imam de croyants dans son village, en toute humilité.
Mes condoléances les plus attristées au peuple mauritanien dans son ensemble, à la Oumma islamique, à sa famille, à sa fille adorée – ma complice-, ma soeur de coeur Amal.
Adieu Sidi et paix éternelle à votre âme « mister president », le seul élu démocratiquement et réellement dans l´histoire politique de la Mauritanie.
Sidi est parti mais la lutte continue pour une Mauritanie plus juste, non raciale, égalitaire et réconciliée.

LLC !


Stockholm le 30 novembre 2020


Kaaw Touré

©️ Crédit source: reçu de l’auteur

Mauritanie : Après 60 ans par l’honorable député Ogo Bakary Coulibaly

Voici notre Nation à l’aube de ses 60 ans, l’âge de la raison sûrement et du bilan nécessairement. Voilà 60 ans que nous cherchons à réaliser nos rêves individuels à travers l’effort, l’imagination et l’impératif de travailler ensemble pour un bien commun. Comme tout jeune État, nous avons connus des périodes de grâces et des périodes sombres. Les ramifications sociales et économiques, des processus politiques entamés jusque-là, se sont passés de la volonté des citoyens menant à des situations inextricables. Qui à terme provoquent l’effondrement du processus politique qui à justement engendré cette situation, qui aura pour conséquence l’émergence d’un extrémisme scabreux au détriment du patriotisme et de l’intérêt général. Les résolutions menant à des hostilités ne sont pas des résolutions. Ce sont en réalité des conspirations dans l’unique but de manipuler l’opinion publique à des fins d’intérêts économiques et politiques inavouable. A l’heure du bilan nous nous devons à nous-mêmes une posture citoyenne pour prôner la paix, d’encenser la même compréhension de la réconciliation. A partir de cet instant là et si nous arrivons à définir la réconciliation, de façon, uniforme, communautaire, nous pourrions déjà parler le même langage. La matrice de nos valeurs communes est consubstantielle à l’identité plurielle des éléments composant l’espace de vie commune et que seule l’acceptation d’imbriquer nos identités respectives mettra en exergue le citoyen mauritanien. Aujourd’hui c’est encore possible d’apaiser les tensions et les crépitements qui subsistent, d’illuminer notre avenir, nous attendons peut être l’homme providentiel. Est ce que ça peut exister, oui le Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi le fut, que la terre lui soit légère. Qui va avoir l’ascendance et la transcendance de son propre camp et aller vers les autres, pour expliquer que la diversité, la différence, la contradiction nourrit et grandit. Les gens sont crispés, nous attendons des rapprochements et cela ne pourra se faire qu’en taisant les personnalités qui sont différentes et en sachant même que la diversité est une obligation de vie commune pour nous, afin de briser le mur de méfiance. Le moment est venu de reconnaître publiquement et courageusement chacun des éléments de notre passé, notre histoire ne sera jamais complétée, si nous voulons vraiment être uni, vraiment réconcilier en tant que pays, en tant que nation, en tant que frère et même avec notre conscience alors notre histoire doit être reconnue dans sa totalité. Cependant, Nous avons ce qu’il faut pour faire face aux défis. Nous avons toutes les ressources pour relever les défis, notre jeunesse, notre dynamisme, notre diversité et notre capacité à prendre des risques sont empiriques. La création de notre propre monnaie et la nationalisation de la SNIM, illustrent dès les premières décennies de notre souveraineté, nos aptitudes à nous réinventer! Veut dire que l’avenir est à nous. Nous avons tous besoin de réconciliation. Ce potentiel ne pourra être réalisé que si notre démocratie fonctionne et si seulement nos politiques reflètent mieux la décence de nos valeurs islamiques et humaines inamovibles de probité, de rectitude et de solidarité. Par la volonté populaire, en répondant à l’exigence de la raison , de la responsabilité et à l’observation de l’égalité, pour la mise en place de l’état de droit son Excellence le Président de la République Mohammed Ould Cheikh El Ghazwani nous éloigne avec acuité des mesurettes politiques qui sont tout le temps dans un agenda électoraliste étriqué qui ne permet pas de faire un travail abyssal ,mais aussi du spectre d’une gouvernance politique unilatérale, sans concertation et non inclusive qui se manifeste par la restriction des droits fondamentaux, empêchant toute possibilité de dialogue et d’apaisement qui rend non effective notre démocratie.

Vive l’Unité!

Vive notre Chère Mauritanie Par-dessus tout

©️ Crédit source: http://cridem.org/C_Info.php?article=743153

Réflexion : La lecture, source de liberté, Par Salihina Moussa KONATE

Bien que toute liberté demeure relative. Elle existe quand même. La liberté n’est que le pouvoir d’esquisser sa voie sereinement sans se soucier du regard des autres ; qu’on soit la cible de l’attention ou non, quelles que soient les circonstances. Elle consiste à faire des choix aussi loin que ces derniers ne nuisent pas au mieux-être d’autrui, puisqu’on ne sera jamais libre en privant l’autre de sa liberté. Quoi qu’on fasse, l’absolu reste toujours inaccessible à l’homme même quand il perd sa raison. Quand il devient fou, il obéit aussi à des lois dites instinctives sans savoir ce qu’il fait vraiment. Il peut jouir d’une sorte de liberté, mais qui ne sort jamais du cadre de la relativité restreinte, en l’occurrence, il peut jouir instinctivement d’une liberté d’expression, dire tout ce qui se passe par sa tête sans savoir exactement ce qu’il dit. Cependant, il y a une liberté que tout individu doit goûter, c’est celle de vivre pleinement sa vie en toute quiétude sans se préoccuper des jugements que les autres portent sur lui.

«Le secret de la liberté, c’est la librairie,» affirme un auteur de fiction de nos jours, Bernard Weber dans son livre intitulé « les Thanatonautes. »
La liberté, c’est aussi la lecture des livres comme disait le Toto de Juliette Drouet «tout homme ouvrant un livre y trouve des ailes, et peut planer là-haut où l’âme en liberté se meut » . «La liberté commence où finit l’ignorance», disait-il. Puisque l’ignorant se fait plus de torts qu’on ne lui en fait subir. Alors qui veut voler sans ailes doit ouvrir des livres et s’exposer à la nature pour y lire la sagesse qu’elle nous procure. Lire des livres délivre et aide à gérer sa liberté sans nuire à celle d’autrui. Qui lit, conserve sa liberté, lime son cerveau comme on lime un couteau et s’arme contre toutes formes de violences. Qui lit s’immunise contre les torts de ses congénères. Point de liberté en dehors de livres. Ces manuels qui sauvent l’homme même dans les moments ingrats de la vie et qui donnent vie à toute âme meurtrie et à tout cœur perclus.

Nous vivons dans un monde de silhouette, un monde où l’honnêteté, la justice, somme toute la bonne foi boite en cassure par conséquent faire nos humanités est notre unique voie de salut, aussi le moyen le plus efficace pour conquérir notre liberté et de nous éclairer.

«Diminuer le nombre des ténébreux, augmenter le nombre des lumineux, voilà le but. C’est pourquoi nous crions : enseignement ! Science ! Apprendre à lire, c’est allumer du feu ; toute syllabe épelée étincelle», arguait Toto de Juliette.

Il n’y a pas de connaissance sans la lecture et sans connaissance il n’y a pas de liberté.
L’ignorance fait de l’homme un serf, le maintient en servilité et lui fait accroire qu’il jouit pleinement de sa liberté.
Nous devons recourir aux lettres à tout moment car elles sont indispensables.

« Il n’y a jamais trop de livres ! Il en faut, et encore, et toujours ! C’est par le livre, et non par l’épée, que l’humanité vaincra le mensonge et l’injustice, conquerra la paix finale de la fraternité entre les peuples.»
Sans la connaissance, nous ne saurions faire humanité ensemble.

Qui lit,

S’arme.

La lecture est un sésame
Vers la réussite.
Le livre est une panacée
Qui cure l’esprit,
Et le préserve du mépris.
Qui lit,
S’immunise contre un monde de silhouette,
Parfume sa matière grise de bluette
S’inocule contre les torts de ses congénères,
Se cultive et onques ne se dégénère.

Le livre est un bel ami,
Aussi le meilleur palliatif
Qui berce les troubles cognitifs.
Celui qui veut se consoler et se hisser au rang des élites,
Celui qui cherche à toucher au faîte de la gloire,
Qu’il s’abreuve, se nourrisse des lettres.

©️ Crédit source: Reçu de l’auteur.

Mauritanie 🇲🇷|60 ans d’indépendance ce 28 Novembre 2020

Notre Espoir : Faisons vivre Honneur, Fraternité et Justice

🇲🇷28 NOVEMBRE 1960 – 28 NOVEMBRE 2020🇲🇷 MAURITANIE

OUI, CÉLÉBRATION D’UN DÉPART D’IL Y A 60 ANS QUI NOUS DONNAIT UNE EXISTENCE LÉGALE SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE DANS CE MONDE DE L’APRÈS- 2ÈME GUERRE MONDIALE.

OUI, LA POLITIQUE EXTRÉMISTE AU SENS GLAUQUE ET HÉGÉMONIQUE A CAUSÉ DES ÉNORMITÉS ET DES CRIMES DANS NOTRE JEUNE HISTOIRE, ET IL FAUT VRAIMENT D’AUTRES HORIZONS POLITIQUES DE COURAGE ET D’HUMANISME POUR DIRE OFFICIELLEMENT ET RECTIFIER NÉCESSAIREMENT AU NOM DE NOTRE MAURITANIE COMMUNE.

AU NIVEAU DE LA CONSCIENCE, LE STATUT D’UN BOURREAU EST PLUS PERTURBANT QUE CELUI DE VICTIME.

QU’ON S’ENTRAIDE EN TOUTE FRATERNITÉ, C’EST POSSIBLE…!

L’ÉTAT PROFOND PEUT INITIER L’AFFAIRE ET Y MENER HUMAINEMENT CONCORDE SOCIALE ET COHÉSION NATIONALE…!

BONNE FÊTE D’INDÉPENDANCE À TOUS !

– KS pour le BLOG

Situation de crise profonde en Mauritanie, Par l’honorable députée Coumba Dada Kane

À la douloureuse occasion du décès de l’ex président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, je présente mes condoléances à la nation mauritanienne, à la famille et aux proches du défunt. Qu’Allah lui accorde le paradis. J’ai connu l’homme et sa famille bien longtemps avant qu’il ne préside aux destinées de la Mauritanie, sa disparition est une grande perte pour la Mauritanie.
Imam, guide religieux, patriote, notre ex président a été rappelé à Allah alors que la Mauritanie traverse une crise multiforme.

En effet, investi à la présidence de la république le 1er août 2019, le chef de l’Etat Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani est au pouvoir depuis bientôt seize mois. Pendant la campagne présidentielle, l’on se rappelle «Mes engagements» – son projet de société pour la Mauritanie. L’on se rappelle également, après son installation, l’euphorie suscitée suite aux rencontres qu’il a eues avec les principaux leaders politiques du pays qui ont apprécié chez lui sa «franchise», son «sens de l’écoute  » et, surtout, ses promesses de rupture avec les anciennes pratiques de gouvernance.

Les mauritaniens ont espéré et attendu ; les cents premiers jours sont passés. Les mois se succèdent et les mauritaniens, las d’attendre les changements tant espérés, expriment de plus en plus leur découragement et même leur inquiétude pour l’avenir.
Bien sûr l’on nous rétorquera que la pandémie du coronavirus est passée par là. Justement, pour commencer, revenons sur un aspect de la gestion catastrophique de la pandémie par les autorités nationales.

En effet, par un formidable élan de solidarité, plus de quinze milliards d’anciennes ouguiya ont été collectés pour alimenter le fonds qui était destiné à aider les plus vulnérables à supporter les conséquences des mesures de restriction prises par le gouvernement pour lutter contre la propagation de la pandémie. Pour parler des seules distributions de denrées alimentaires, nous avons été parmi des populations pauvres à Nouakchott et à l’intérieur du pays et nous avons fini par nous demander à qui les aides alimentaires sont parvenues ? Tout le pays a eu les échos des dérives qui ont été signalées dans l’achat des produits désinfectants, des équipements d’hygiène et matériel roulant (tricycles). L’indignation quasi générale a provoqué une réaction des autorités qui ont annoncé l’imminence d’une inspection par l’IGE (inspection générale de l’Etat) de la gestion des fonds par la commission qui en avait la charge. Qui est ce qui est advenu de cette décision d’inspection ? Plus de nouvelles. Les mauritaniens veulent savoir comment près de quinze milliards d’ouguiya ont été dépensés sans que cela laisse de traces.
Le blocage pendant quelques semaines des importations de fruits et de légumes a mis à rude épreuve le panier de la ménagère mauritanienne et nous a éloquemment montré le niveau de vulnérabilité de notre économie nationale mais aussi l’incapacité des autorités compétentes à venir en aide aux populations dans de pareilles situations.

Les tentatives de création d’emplois pour résorber le chômage qui affectent surtout les jeunes sont à l’état de balbutiement. Ce ne sont pas les micro-projets financés au profit de cinq cents jeunes qui viendront à bout du chômage dont le taux avoisine les 31% de la population active, selon l’organisation Internationale du Travail. Le rythme est bien lent au goût des nombreux jeunes que nous rencontrons.
Les mauritaniens ont de plus en plus peur pour leur santé et sont inquiets pour l’éducation de leurs enfants ; ils ne voient pas de prémisses d’amélioration à l’horizon ; aucun signal positif.
Sur la question de l’esclavage, notre déception en tant que abolitionnistes est grande. Rien n’a changé, les abolitionnistes continuent à être réprimés et emprisonnés alors que les magistrats et les responsables de la police judiciaire se complaisent à décharger les personnes poursuivies pour pratiques esclavagistes ou actes associés. Où sont passées les promesses de rupture ?
Au moment où les organisations de rescapés et d’ayant-droits des massacres extra judiciaires des années 89-91 se préparent à commémorer les 27 et 28 novembre pour dire NON à l’oubli des évènements tragiques de cette nuit de 1990 où 28 jeunes vies ont été arrachées sur l’autel du racisme d’Etat, les autorités nationales restent sourdent aux sollicitations de la veuve, de l’orphelin, du rescapé militaires et du peuple mauritanien. La demande d’audience des représentants des collectifs auprès du cabinet du président de la république est restée encore lettre morte. Pourquoi ?
Que dire du dossier sur les présumés malversations dont l’ex président Mohamed Ould Abdel Aziz et ses proches se seraient rendus coupables pendant une décennie de mal gouvernance ? Que dire encore du maintien à de hauts postes de responsabilité de personnes citées pour des faits de malversation très graves dans le rapport de la commission d’enquête parlementaire ? Mais surtout, des nouvelles nominations d’anciens hauts responsables accusés par la commission d’enquête parlementaire de malversations de très grandes dimensions ? Le peuple mauritanien a de sérieux doutes sur cette procédure.
A Son excellence Monsieur le président de la République et à ceux qui pensent que sa politique tient la route, je dirais que seize mois sont passés, cela est peut être peu mais très suffisant pour donner des signaux qui rassurent et alimenteraient notre espoir.
Monsieur le président, s’il vous plait, revenez à «vos engagements», revoyez votre copie avant qu’il ne soit trop tard, je pense sincèrement que vous pouvez mieux faire !

Coumba Dada Kane
Vice – présidente d’IRA Mauritanie
Députée à l’Assemblée nationale

©️ Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE

À propos de la réaction de l’Islam « du juste milieu » face au blasphème élevé à la dimension du droit et suscitant l’émoi général des musulmans. Par Professeur Outouma Soumaré

Crédit source photo via Kassataya

LE CONTEXTE ACTUEL

Notre pays, la Mauritanie, n’échappe pas aux conséquences du débat protéiforme et aux amalgames liés aux caricatures itératives sur le Prophète de l’Islam, par un journal satirique français. Ce débat devenu inévitable sur ce qui relève de la satire, de la liberté d’expression, de la provocation, de l’insulte, de l’islamophobie ou du blasphème, se fait dans un contexte de dérives violentes jusqu’à l’assassinat des auteurs ou relais de ces caricatures. Il est aussi en lien avec des guerres injustes et un terrorisme étendu au monde entier, se revendiquant de toutes confessions et idéologies confondues.

Le Président de la République française a été perçu récemment, non seulement par la communauté musulmane internationale mais également par le monde anglo-saxon, comme étant à l’origine d’une surenchère dangereuse lors d’une prise de parole officielle, en « assimilant » ces caricatures, blasphématoires aux yeux de l’Islam, comme une simple manifestation du droit, intangible, à la liberté d’expression. Ce qui lui est reproché c’est d’avoir occulté dans son allocution la nécessaire contingence à la liberté, du respect de l’autre et du sens de la responsabilité dans tout acte, quel qu’il soit, en particulier s’il comporte le risque d’offenser son prochain. Son manque de discernement a privé son pays, de la pondération clairvoyante nécessaire à un chef d’État, pour rassembler tout son Peuple dans un moment aussi grave et solennel. En n’évoquant pas, avec la même insistance, les principes d’égalité et de fraternité, indissociables de la liberté, il en oublie que ces valeurs nées dans la douleur de la Révolution française et affirmées dans la France des Lumières doivent être au service de tous.

Ce même contexte est alourdi par une réactivation de la polémique sur ces caricatures à l’occasion du procès des terroristes ayant décimé la rédaction du journal satirique français, ainsi que, de l’assassinat abject d’un professeur d’histoire. Ce dernier a persisté à s’appuyer sur le support de ces caricatures qui, à l’évidence et a posteriori, ont plus suscité l’émoi qu’ils n’ont servi l’esprit critique, pour illustrer un cours sur la liberté d’expression, malgré le recadrage de l’inspection académique d’éducation, suite aux contestations de certains parents d’élèves auprès de la direction du collège.

Évidemment rien ne justifie ni ne peut légitimer le terrorisme mais lorsque l’Homme y est confronté, il se doit, par honnêteté intellectuelle et afin de se donner les moyens de bien le circonscrire, en faire une évaluation rigoureuse et holistique.

Le positionnement du chef de l’État français, controversé et critiquable, inédit à ce niveau de responsabilité, s’est révélé à la suite d’un discours récent se portant en héraut d’un projet de loi sur le séparatisme sans en définir la généralité des principes et des concepts. Invoquant le renforcement de la laïcité, il s’est limité à réduire la portée de son projet de loi à un séparatisme qualifié par lui-même d’islamiste, alors même que plusieurs spécialistes de la loi sur la laïcité, ont estimé que l’arsenal juridique déjà disponible était suffisant. Le niveau de responsabilité du Président de la République française engage à plus de vigilance dans le choix des termes employés qui doivent servir une rhétorique aussi précise que mesurée, à la hauteur de l’importance et de la sensibilité de la thématique mais aussi du statut. Cette précaution de langage dans son discours aurait permis ainsi d’éviter toute tentative et possibilité d’amalgame, entre la communauté musulmane française, plus nombreuse que la population de bien de pays musulmans dont la Mauritanie, et, les terroristes.

Les attentats, dans le paysage médiatico-politique français, sont taxés « instantanément » et systématiquement d’islamistes avant même d’avoir pris la peine et la précaution de vérifier l’authenticité d’éventuelles revendications et les réelles motivations des actes terroristes. En effet, il ne faut pas occulter la possibilité, sachant que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les sujets entre 15 et 24 ans, d’un raptus, ultime manifestation d’une détresse humaine, qui pourrait être lié à des difficultés personnelles ou socio-professionnelles, sur un terrain de fragilité mentale, nourrie par l’ignorance, la misère ou l’exclusion.
Un assassinat quel qu’en soit sa motivation ou sa cause n’en demeure pas moins condamnable mais soigner les maux d’une société et lutter contre le terrorisme ne relève pas de la même nature.

Nous avons pu constater pendant cette récente période dramatique et confuse en France, mais avec une couverture médiatique moins tapageuse, que deux femmes voilées ont été agressées au couteau à Paris, un activiste d’extrême droite a été confondu par la police avec un « djihadiste » à Avignon, un homme par dépit amoureux a blessé par balles un prêtre orthodoxe à Lyon, et, deux personnes ont été tuées par arme blanche à Cholet par un individu qui a revendiqué un motif religieux non islamique. Dans la même verve, des actes terroristes commis par des individus se réclamant de l’Islam et pouvant s’autoproclamer, ad hoc, sur les réseaux sociaux quelques instants avant leur forfait, de quelque organisation terroriste islamiste, jusqu’alors inconnus comme tels par leur entourage, ni par la police, devraient a priori être classés dans la rubrique des faits divers et être traités ainsi jusqu’à la preuve du contraire. Le label « d’islamiste » estampillé à tout acte criminel commis par un musulman se fait avant même d’attendre des éléments probants de l’enquête judiciaire. Cette rigueur dans la procédure judiciaire n’implique pas nécessairement qu’en terme de sécurité tout ne soit pas mis en œuvre pour prévenir un « sur-attentat » mais elle est une nécessité de l’État de Droit et permettrait de ne pas blesser, gratuitement et de façon récurrente, la première communauté religieuse aujourd’hui dans le monde, pacifiste par essence, ainsi que dans sa quasi totalité.

Afin d’illustrer la relativité toute factuelle et à géométrie variable du brandissement du principe « sacro-saint » de la liberté d’expression face à la contestation d’un « droit au blasphème », nous souhaitons évoquer deux affaires aujourd’hui rappelées au souvenir de l’opinion publique par l’actualité.
La première concerne les circonstances de la dissolution par décision de justice de l’ancêtre de l’hebdomadaire satirique, qui s’était « suicidé », c’est vrai il y a une cinquantaine d’années, à travers un crime de « lèse-Présidence », à la mort d’un ancien président de la France, quelque peu sacralisé par l’Histoire et occupant une place privilégiée dans le cœur des citoyens français, victime post-mortem d’une caricature satirique. Depuis, après avoir changé immédiatement de dénomination, et se parant du camouflage de l’équidistance dans ses attaques contre toutes les religions et contre toutes les opinions, ce journal mène depuis plusieurs années une escalade islamophobe obsessionnelle dont la partialité a été démasquée par l’affaire qui l’a opposé à un de ses caricaturistes vedettes, il y a juste une dizaine d’années. Pourtant la caricature en cause dans cette deuxième affaire ne constituait en soi, ni un crime de « lèse-Présidence » puisqu’elle mettait en cause le fils du président en exercice de l’époque objet de la satire, ni une atteinte à la sacralité religieuse.
Comment alors espérer que les citoyens, discriminés dans « la ghettoïsation de la République », ne s’interrogent sur ces attitudes trop systématiques du « deux poids deux mesures » ?

Ainsi de manière caricaturale, la personnalité de ce jeune technocrate, sans grande expérience politique, devenu Président en exercice de la France dans des circonstances très particulières, se rapprocherait plus d’un Charles MARTEL fantasmé ou d’un Nicolas SARKOZY voulant « karchériser la racaille » des banlieues, que, d’un VOLTAIRE des lumières, d’un Napoléon BONAPARTE ambitieux bâtisseur de grandes institutions, d’un Alphonse de LAMARTINE, d’un Victor HUGO, d’un Émile ZOLA, d’un François MITTERRAND ou d’un Jacques CHIRAC pour ne citer que ceux-ci.

La dimension d’un Homme est une question de substance. Elle n’est relative ni à la fonction ni à l’époque à travers lesquelles il aspirerait y laisser son empreinte.

En tant que musulmans inspirés par une conception coranique « du juste milieu », nous devons nous positionner au-delà des images avilissantes à l’égard de notre vénérable Prophète dont la vie exemplaire et hors du commun, reconnue avec objectivité scientifique par les plus grands historiens, transcende tous les blasphèmes. Derrière les objectifs affichés de leurs auteurs, se cachent en réalité des intentions non avouables et dépassant le cadre de la satire journalistique. Leurs tentatives doivent rester vaines et ne devraient susciter aucune réaction disproportionnée pour ceux qui se conforment aux prescriptions coraniques. Cette islamophobie apparemment partagée officiellement par une certaine classe politico-médiatique française décomplexée, prend ainsi une envergure internationale, au-delà de la division de la Nation française elle-même. Elle est aussi à l’origine de dissonances au sein de la communauté musulmane sur l’attitude à tenir, qui devrait amener tout citoyen mauritanien, en particulier l’élite religieuse et celle issue de l’instruction académique plus générale, à s’impliquer davantage dans le débat public pour ne pas laisser le champ libre aux populistes qui tentent de susciter divisions et confrontations. Ceci ne peut se faire sans référence au Coran pour méditer sur la réaction la plus appropriée.

LE TEXTE CORANIQUE RELATIF AU COMPORTEMENT À ADOPTER EN SITUATION D’OFFENSE À NOTRE SAINTE RELIGION L’ISLAM

L’Islam reconnaît un droit à la mesure et à la proportion en réciprocité dans la réaction à une agression, enjoint à ne pas réagir de manière disproportionnée pour ne pas être soi-même agresseur à son tour, et, magnifie la préférence de l’élévation spirituelle consistant à pardonner dans la quête de la récompense divine. En effet, Dieu est le meilleur et ultime juge en définitive pour établir la responsabilité des actes commis par chacun, que ce soit de son propre chef, sous l’influence de quelqu’un ou entrainé par un mouvement de masse. Il recommande la conciliation, l’humilité et la bienveillance également envers les non-croyants et nous prescrit de nous éloigner de toute polémique stérile en se référant à la signification du sens des Signes du Saint Coran à ce sujet :

• Coran : Sourate 2 ; Signe 194.

الشَّهْرُ الْحَرَامُ بِالشَّهْرِ الْحَرَامِ وَالْحُرُمَاتُ قِصَاصٌ ۚ فَمَنِ اعْتَدَىٰ عَلَيْكُمْ فَاعْتَدُوا عَلَيْهِ بِمِثْلِ مَا اعْتَدَىٰ عَلَيْكُمْ ۚ وَاتَّقُوا اللَّهَ وَاعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ مَعَ الْمُتَّقِينَ

Mois sacré pour mois sacré et dans toutes choses sacrées la réciprocité. Donc, quiconque transgresse contre vous, transgressez contre lui, à transgression équivalente. Et craignez Allah. Et sachez qu’Allah est avec ceux qui le craignent.

• Coran : Sourate 42 ; Signe 40.

وَجَزَاءُ سَيِّئَةٍ سَيِّئَةٌ مِثْلُهَا ۖ فَمَنْ عَفَا وَأَصْلَحَ فَأَجْرُهُ عَلَى اللَّهِ ۚ إِنَّهُ لَا يُحِبُّ الظَّالِمِينَ

Une offense reçue appelle en effet une riposte de nature équivalente. Mais quiconque privilégie le pardon et la conciliation trouvera sa récompense auprès d’Allah. Certes, Il n’aime point les injustes.

• Coran : Sourate 16 ; Signes 125 et 126.

ادْعُ إِلَىٰ سَبِيلِ رَبِّكَ بِالْحِكْمَةِ وَالْمَوْعِظَةِ الْحَسَنَةِ ۖ وَجَادِلْهُمْ بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ ۚ إِنَّ رَبَّكَ هُوَ أَعْلَمُ بِمَنْ ضَلَّ عَنْ سَبِيلِهِ ۖ وَهُوَ أَعْلَمُ بِالْمُهْتَدِينَ

وَإِنْ عَاقَبْتُمْ فَعَاقِبُوا بِمِثْلِ مَا عُوقِبْتُمْ بِهِ ۖ وَلَئِنْ صَبَرْتُمْ لَهُوَ خَيْرٌ لِلصَّابِرِينَ

Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon. Car c’est ton Seigneur qui connaît le mieux celui qui s’égare de Son sentier et c’est Lui qui connaît le mieux ceux qui sont bien guidés.

Et si vous punissez, infligez [à l’agresseur] une punition équivalente au tort qu’il vous a fait. Et si vous endurez avec patience, cela est certes meilleur pour les patients endurants.

• Coran : Sourate 3 ; Signes 132 à 134.
وَأَطِيعُوا اللَّهَ وَالرَّسُولَ لَعَلَّكُم تُرْحَمُونَ ْ

وَسَارِعُوا إِلَىٰ مَغْفِرَةٍ مِنْ رَبِّكُمْ وَجَنَّةٍ عَرْضُهَا السَّمَاوَات وَالْأَرْضُ أُعِدَّتْ لِلْمُتَّقِينَ ُ

الَّذِينَ يُنْفِقُونَ فِي السَّرَّاءِ وَالضَّرَّاءِ وَالْكَاظِمِينَ الْغَيْظَ وَالْعَافِينَ عَنِ النَّاسِ ۗ وَاللَّهُ يُحِبُّ الْمُحْسِنِينَ
Et obéissez à Allah et au Messager afin qu’il vous soit fait miséricorde.

Et concourez au pardon de votre Seigneur, et à un Paradis vaste comme les cieux et la terre, aménagé pour les gens pieux,

ceux qui dépensent dans l’aisance et dans l’adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui et Allah aime les bienfaisants.

• Coran : Sourate 45 ; Signes 14 et 15.

قُلْ لِلَّذِينَ آمَنُوا يَغْفِرُوا لِلَّذِينَ لَا يَرْجُونَ أَيَّامَ اللَّهِ لِيَجْزِيَ قَوْمًا بِمَا كَانُوا يَكْسِبُونَ

مَنْ عَمِلَ صَالِحًا فَلِنَفْسِهِ ۖ وَمَنْ أَسَاءَ فَعَلَيْهَا ۖ ثُمَّ إِلَىٰ رَبِّكُمْ تُرْجَعُونَ

Dis à ceux qui ont cru de pardonner à ceux qui n’espèrent pas les jours d’Allah afin qu’Il rétribue [chaque] peuple pour les acquis qu’ils faisaient.

Quiconque fait le bien, le fait pour lui-même ; et quiconque agit mal, agit contre lui-même. Puis vous serez ramenés vers votre Seigneur.

• Coran : Sourate 6 ; Signe 164.

قُلْ أَغَيْرَ اللَّهِ أَبْغِي رَبًّا وَهُوَ رَبُّ كُلِّ شَيْءٍ ۚ وَلَا تَكْسِبُ كُلُّ نَفْسٍ إِلَّا عَلَيْهَا ۚ وَلَا تَزِرُ وَازِرَةٌ وِزْرَ أُخْرَىٰ ۚ ثُمَّ إِلَىٰ رَبِّكُمْ مَرْجِعُكُمْ فَيُنَبِّئُكُمْ بِمَا كُنْتُمْ فِيهِ تَخْتَلِفُونَ

Dis : « Chercherais-je un autre Seigneur qu’Allah, alors qu’Il est le Seigneur de toute chose ? » Toute âme n’acquiert ce qu’elle acquiert qu’à son propre détriment et personne ne portera la charge (responsabilité) d’autrui. Puis c’est vers votre Seigneur que se fera votre retour et Il vous informera de ce en quoi vous étiez en désaccord.

• Coran : Sourate 39 ; Signe 46.

قُلِ اللَّهُمَّ فَاطِرَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ عَالِمَ الْغَيْبِ وَالشَّهَادَةِ أَنْتَ تَحْكُمُ بَيْنَ عِبَادِكَ فِي مَا كَانُوا فِيهِ يَخْتَلِفُونَ
Dis : « Ô Allah, Créateur des cieux et de la terre, Connaisseur de tout ce que le monde ignore comme de ce qu’il perçoit, c’est Toi qui jugeras entre Tes serviteurs ce sur quoi ils divergeaient ».

• Coran : Sourate 42 ; Signes 13 à 15.

شَرَعَ لَكُمْ مِنَ الدِّينِ مَا وَصَّىٰ بِهِ نُوحًا وَالَّذِي أَوْحَيْنَا إِلَيْكَ وَمَا وَصَّيْنَا بِهِ إِبْرَاهِيمَ وَمُوسَىٰ وَعِيسَىٰ ۖ أَنْ أَقِيمُوا الدِّينَ وَلَا تَتَفَرَّقُوا فِيهِ ۚ كَبُرَ عَلَى الْمُشْرِكِينَ مَا تَدْعُوهُمْ إِلَيْهِ ۚ اللَّهُ يَجْتَبِي إِلَيْهِ مَنْ يَشَاءُ وَيَهْدِي إِلَيْهِ مَنْ يُنِيبُ

وَمَا تَفَرَّقُوا إِلَّا مِنْ بَعْدِ مَا جَاءَهُمُ الْعِلْمُ بَغْيًا بَيْنَهُمْ ۚ وَلَوْلَا كَلِمَةٌ سَبَقَتْ مِنْ رَبِّكَ إِلَىٰ أَجَلٍ مُسَمًّى لَقُضِيَ بَيْنَهُمْ ۚ وَإِنَّ الَّذِينَ أُورِثُوا الْكِتَابَ مِنْ بَعْدِهِمْ لَفِي شَكٍّ مِنْهُ مُرِيبٍ

فَلِذَٰلِكَ فَادْعُ ۖ وَاسْتَقِمْ كَمَا أُمِرْتَ ۖ وَلَا تَتَّبِعْ أَهْوَاءَهُمْ ۖ وَقُلْ آمَنْتُ بِمَا أَنْزَلَ اللَّهُ مِنْ كِتَابٍ ۖ وَأُمِرْتُ لِأَعْدِلَ بَيْنَكُمُ ۖ اللَّهُ رَبُّنَا وَرَبُّكُمْ ۖ لَنَا أَعْمَالُنَا وَلَكُمْ أَعْمَالُكُمْ ۖ لَا حُجَّةَ بَيْنَنَا وَبَيْنَكُمُ ۖ اللَّهُ يَجْمَعُ بَيْنَنَا ۖ وَإِلَيْهِ الْمَصِيرُ

Il vous a légiféré en matière de religion, ce qu’Il avait enjoint à Noé, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus : « établissez la religion ; et n’en faites pas un sujet de division ». Ce à quoi tu appelles les associateurs leur parait énorme. Allah élit et rapproche de Lui qui Il veut et guide vers Lui celui qui se repent.

Ils ne se sont divisés qu’après avoir reçu la connaissance et ceci par rivalité entre eux. Et si ce n’était une parole préalable de ton Seigneur pour un terme fixé, on aurait certainement tranché entre eux. Ceux à qui le Livre a été donné en héritage après eux sont vraiment à son sujet, dans un doute troublant.

Appelle donc (les gens) à cela ; reste droit comme il t’a été commandé ; ne suis pas leurs passions ; et dis : « Je crois en tout ce qu’Allah a fait descendre comme Livre, et il m’a été commandé d’être équitable entre vous. Allah est notre Seigneur et votre Seigneur. A nous nos œuvres et à vous vos œuvres. Aucun argument [ne peut trancher] entre nous et vous. Allah nous regroupera tous. Et vers Lui est la destination ».

• Coran : Sourate 28 ; Signes 54 à 56.

أُولَٰئِكَ يُؤْتَوْنَ أَجْرَهُمْ مَرَّتَيْنِ بِمَا صَبَرُوا وَيَدْرَءُونَ بِالْحَسَنَةِ السَّيِّئَةَ وَمِمَّا رَزَقْنَاهُمْ يُنْفِقُونَ

وَإِذَا سَمِعُوا اللَّغْوَ أَعْرَضُوا عَنْهُ وَقَالُوا لَنَا أَعْمَالُنَا وَلَكُمْ أَعْمَالُكُمْ سَلَامٌ عَلَيْكُمْ لَا
نَبْتَغِي الْجَاهِلِينَ

إِنَّكَ لَا تَهْدِي مَنْ أَحْبَبْتَ وَلَٰكِنَّ اللَّهَ يَهْدِي مَنْ يَشَاءُ ۚ وَهُوَ أَعْلَمُ بِالْمُهْتَدِينَ

Voilà ceux qui recevront deux fois leur récompense pour leur endurance, pour avoir répondu au mal par le bien, et pour avoir dépensé de ce que Nous leur avons attribué ;

et quand ils entendent des futilités, ils s’en détournent et disent : « A nous nos actions, et à vous les vôtres. Paix sur vous. Nous ne recherchons pas les ignorants ».
Tu (Mohamed) ne diriges pas celui que tu aimes : mais c’est Allah qui guide qui Il veut. Il connaît mieux cependant les bien-guidés.

• Coran : Sourate 6 ; Signes 68 et 69.

وَإِذَا رَأَيْتَ الَّذِينَ يَخُوضُونَ فِي آيَاتِنَا فَأَعْرِضْ عَنْهُمْ حَتَّىٰ يَخُوضُوا فِي حَدِيثٍ غَيْرِهِ ۚ وَإِمَّا يُنْسِيَنَّكَ الشَّيْطَانُ فَلَا تَقْعُدْ بَعْدَ الذِّكْرَىٰ مَعَ الْقَوْمِ الظَّالِمِينَ

وَمَا عَلَى الَّذِينَ يَتَّقُونَ مِنْ حِسَابِهِمْ مِنْ شَيْءٍ وَلَٰكِنْ ذِكْرَىٰ لَعَلَّهُمْ يَتَّقُونَ

Quand tu vois ceux qui ergotent dans des discussions à propos de Nos versets, éloigne-toi d’eux jusqu’à ce qu’ils entament une autre discussion. Et si le Diable te fait oublier, alors, dès que tu te rappelles, ne reste pas avec les injustes.

Il n’incombe nullement à ceux qui sont pieux de rendre compte pour ces gens-là. Mais c’est à titre de rappel. Peut-être craindront-ils [Dieu].

• Coran : Sourate 7 ; Signe 199.
خُذِ الْعَفْوَ وَأْمُرْ بِالْعُرْفِ وَأَعْرِضْ عَنِ الْجَاهِلِينَ

Accepte ce qu’on t’offre de raisonnable, commande ce qui est convenable et éloigne-toi des ignorants.

• Coran : Sourate 25 ; Signe 63.

وَعِبَادُ الرَّحْمَٰنِ الَّذِينَ يَمْشُونَ عَلَى الْأَرْضِ هَوْنًا وَإِذَا خَاطَبَهُمُ الْجَاهِلُونَ قَالُوا سَلَامًا

Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre, qui, lorsque les ignorants s’adressent à eux, disent : « Paix »,

• POUR CONCLURE

Nous jugeons les caricatures du Prophète de l’Islam comme blasphématoires et nous proposons en réaction à l’islamophobie grandissante et décomplexée de nous référer naturellement et directement à notre saint Coran qui se décrit par essence comme un message clair et devant interpeller nos consciences en plus de nous appeler à méditer, notamment en faisant référence à la signification du sens des Signes :

1 et 2 de la Sourate 2 ;
الم

ذَٰلِكَ الْكِتَابُ لَا رَيْبَ فِيهِ هُدًى لِّلْمُتَّقِينَ
Alif, Lâm, Mim.

Voici le Livre qui sans aucun doute est un guide pour les gens pieux.

1 de la Sourate 12 ;
الر ۚ تِلْكَ آيَاتُ الْكِتَابِ الْمُبِينِ

Alif-lam-ra, tels sont là des signes du Livre explicite.

17 de la Sourate 54 ;
وَلَقَدْ يَسَّرْنَا الْقُرْآنَ لِلذِّكْرِ فَهَلْ مِن مُّدَّكِرٍ

En effet, Nous avons rendu le Coran facile pour le rappel. N’y a t-il donc personne pour en bénéficier ?

29 de la Sourate 28 ;
كِتَابٌ أَنزَلْنَاهُ إِلَيْكَ مُبَارَكٌ لِّيَدَّبَّرُوا آيَاتِهِ وَلِيَتَذَكَّرَ أُولُو الْأَلْبَابِ

[Voici] un Livre béni que Nous avons fait descendre vers toi, afin qu’ils méditent sur ses versets et que les doués d’intelligence réfléchissent !

Nous retenons ainsi de manière explicite à travers le Coran qu’il nous est préférable d’adopter une attitude du « juste milieu » en faisant un effort sur soi-même (الأكبر الجهاد) vers une meilleure maîtrise de son ego (النفس) dans la recherche de l’élévation spirituelle par le pardon sans rien attendre en retour d’autre que la satisfaction divine et en dehors de toute surenchère ou polémique futile afin de nous éloigner de toute discorde (الفتنة) dans notre communauté et au sein de toute l’humanité (الأمة).

Pour illustrer concrètement une réaction qui nous semblerait appropriée à propos des caricatures du sceau des Prophètes et sans nous même utiliser la représentation de notre Prophète, il faudrait s’inspirer du dessin qu’a commandé à un spécialiste en illustration journalistique la Reine Rania AL-YASSIN de Jordanie. Elle fait réponse à une autre caricature de ce même journal satirique ignoble représentant un enfant syrien mort noyé sur une plage turque en septembre 2016, rappelant un fait divers de l’époque qui aurait impliqué des réfugiés syriens dans des agressions sexuelles en Allemagne. Cette caricature suggérait que ce petit garçon, paix à son âme, serait devenu lui-même un futur agresseur courant derrière les jupes des allemandes, s’il avait grandi.

La réponse inspirée de la Reine Rania AL-YASSIN de Jordanie que nous nous permettons, ici, de reproduire, semble, elle, être prémonitoire si on se réfère à l’actualité de la pandémie de COVID-19. Cette actualité met en avant les chercheurs, comme ce marocain né en Belgique et ayant migré aux Etats-Unis, Monsieur Moncef SLAOUI, ancien dirigeant pharmaceutique ayant capitalisé l’expérience de la supervision du développement de 14 vaccins, nommé conseiller scientifique en chef de l’Opération « Warp Speed », partenariat public-privé initié par l’administration américaine, pour faciliter et accélérer le développement, la fabrication et la distribution de vaccins contre la Covid-19. Ou encore, l’histoire particulière de cette équipe allemande dirigée par un couple, formé de Monsieur Ugur SAHIN né en Turquie et ayant immigré en Allemagne et de son épouse Madame Oclem TURECI née en Allemagne de parents migrants turques, qui a mis au point le premier candidat vaccin qui vraisemblablement est en passe d’être commercialisé.
Il n’est pas vain ainsi de rappeler que ces pays d’accueil de migrants profitent de la fuite des cerveaux engendrée par la guerre et la précarité, dont ils sont, d’un point de vue des considérations stratégiques et géopolitiques, en partie responsables.

L’Humanité est une chaîne dont chaque maillon est important et interdépendant. N’ayons pas l’outrecuidance de l’oublier…

Professeur Outouma Soumaré
Neurochirurgien des hopitaux

©️ Crédit source: reçu via mail CSM

Mauritanie : Soixante ans, il est temps de changer d’heure ! (Lettre au Président de la République)

Monsieur le Président,


C’est avec respect et honneur que j’ai décidé de vous adresser ces lignes. Dans quelques jours vous allez vous adresser à la nation mauritanienne pour accomplir le rituel annuel célébrant l’indépendance du pays. Vous n’êtes pas sans savoir que, depuis 30 ans, ce rituel est parallèlement accompagné d’un autre beaucoup moins festif. Le 28 Novembre 1990, à Inal, des militaires noirs mauritaniens ont été pendus par le pouvoir d’alors afin de célébrer cette même indépendance. Le contexte génocidaire de cet évènement particulièrement marquant pour le pays n’a nul besoin d’être présenté dans les détails, surtout qu’il est bien connu de tous les Mauritaniens. Ce qu’on peut retenir c’est que, depuis 30 ans, une Mauritanie fête l’indépendance sous le coup des fanfares, et une autre se recueille sobrement devant la mémoire des morts. Et cela n’a que trop duré. Ma lettre, loin de se vouloir une quelconque singularité, est une voix comme toutes ces autres qui résonnent dans les coins des rues de Nouakchott, d’Atar, de Kaédi ou de ces villes à travers le monde qui accueillent notre diaspora.
J’ai la moitié de l’âge de notre pays, le même âge que l’horreur d’Inal, je suis un jeune Mauritanien qui exprime son droit, si ce n’est son devoir, d’exposer, dans une large mesure, sa vision, ses craintes et ses perspectives pour son pays.
Pour ce faire, que l’on m’accorde un espace de liberté, en effet, sans liberté pas de réflexion. Que l’on tolère aussi ma fougue, pour moi une jeunesse sans fougue est une vieillesse prématurée. En retour, je garantis le respect dans l’expression mais, plus important encore, je promets l’honnêteté et la franchise.
Si les années étaient des minutes, on en aurait consommé 60 et il serait alors temps de changer d’heure. Nos voisins et cousins Dogons nous diraient de prendre très au sérieux cette période de 60 ans quand eux-mêmes la suivent pour observer leurs fameuses cérémonies de Sigi marquant la fin du siècle dogon. Je ne dis pas qu’il faudrait organiser, nous aussi, une fête des masques et un congrès mystique, mais nous avons plus grave : c’est la conscience de notre pays qui est appelée à la barre.
Durant ses premiers soixante ans, notre pays a pu traverser une vie mouvementée. Il a expérimenté diverses solutions aux questions essentielles qui se posent naturellement à un état composite. La question de la cohabitation de ses diverses communautés linguistiques est de loin le plus important de ses défis nationaux. Ce ne serait qu’employer un euphémisme si on disait que la Mauritanie n’a pas réussi à y répondre efficacement. On serait plus exact si on disait qu’elle y a répondu par des voies dangereuses dont les conséquences, au-delà des assassinats, de la détention politique, de la déportation massive et d’autres exactions, ont miné le pays sur bien des plans : politique, économique, militaire. 
Le courant nationaliste arabe revigoré par l’effervescence de la décolonisation a été adopté par certains cercles mauritaniens de façon progressive. Le mouvement qui en a résulté a été renforcé après que des mauritaniens formés dans des pays arabes sont rentrés au pays et qu’ils se sont mis à appliquer les principes du panarabisme dans un pays pourtant multiculturel. Ce mouvement panarabiste est le principal responsable de l’échec de la cohabitation et ses conséquences. Je n’ai rien contre le panarabisme, je dis juste qu’il ne s’applique pas dans un pays comme la Mauritanie. Et on a bien vu les conséquences criminelles qu’il a occasionnées dans le pays.
L’autre problème majeur de la Mauritanie est l’utilisation ambivalente de la religion. Tantôt considérée comme un facteur de cohésion pour un pays à la croisée des cultures mais entièrement musulman, tantôt utilisée, de façon sournoise, comme élément d’oppression et de justification de toutes les injustices, la religion est sans aucun doute un des nœuds du problème mauritanien. Les questions qui la concernent sont d’ordre social et judiciaire.  Car à côté de la mouvance panarabiste, un courant fondamentaliste religieux a peu à peu prospéré et s’est servi de la part judiciaire tandis que le panarabisme s’est déjà installé sur la chaise politique. Une sorte de cohabitation que l’on ne peut que trouver curieuse si on connaît un peu les tendances plutôt laïques des mouvements panarabistes (tels que le baathisme) dans les pays où ils se sont établis pendant des décennies – Irak, Syrie, Tunisie, Libye ouÉgypte. Leurs dirigeants dans ces pays-là avaient affirmé un choix laïque clair. En Mauritanie, curieusement, panarabisme et fondamentalisme religieux partagent le lit à deux places du pouvoir et convolent à des noces pour le moins suspectes.  Mais bien évidemment que personne n’est dupe sur le fait qu’il ne s’agit là que d’une alliance de circonstance si ce n’est une utilisation pure et simple des fondamentalistes par les panarabistes qui, dans leur rhétorique, n’hésitent pas à brandir des textes religieux pour justifier leur idéologie. Une victime récurrente de cette bassesse est la question des langues nationales. 
Très tôt après la vague des indépendances, les résistants Noirs mauritaniens se sont retrouvés dans un autre combat politique. Face à la volonté d’imposer l’arabisme, ils ont compris assez tôt que l’occupation coloniale à laquelle ils s’étaient opposés avait laissé sa place à une forme d’oppression culturelle bien déterminée à redéfinir la destinée du pays. Ils ont alors initié la résistance culturelle organisée autour de la promotion de leurs langues et de l’expression de leurs cultures. Ce n’est pas un hasard si la conférence dite de Mbagne tenue en 1962 dans les environs de cette localité du sud de la Mauritanie a devancé de quatre ans la grande conférence de l’UNESCO dite de Bamako sur la transcription des langues africaines. La question des langues était étudiée en long et en large et intégrée par les intellectuels du mouvement des Noirs mauritaniens qui prônaient l’égalité des cultures et des langues auprès de l’état et de ses institutions. Il convient de noter une dissymétrie importante entre le mouvement panarabiste et celui des Noirs mauritaniens. Tandis que le premier se préoccupe exclusivement de l’Arabe et assume sa volonté de domination, le second adopte une démarche inclusive et égalitariste des langues. De toute façon, les intellectuels noirs, étant eux-mêmes musulmans, ont une certaine tendresse à l’égard de leur langue liturgique. Ainsi, le jeu auquel on a affaire n’est pas exactement à somme nulle.  La religion, même si on ne peut affirmer qu’elle est un inconvénient pour le mouvement noir dans ce problème précis, est néanmoins un avantage à exploiter pour le mouvement arabe. Et comme dit plus haut, ce dernier n’a pas hésité à transgresser son principe laïque pour en capitaliser. 
Le panarabisme s’est exprimé dans tous les régimes qui ont successivement gouverné la Mauritanie. Une raison simple à cet état de fait est qu’il est structurel. D’ailleurs une occurrence qui réconforte cette affirmation est le fait que l’Arabe est l’unique langue officielle de la Mauritanie. Au niveau de l’éducation nationale, une série de réformes procède au remplacement du Français, hérité de la colonisation, par l’Arabe. Sur ce point précis des réformes, on trouve un argument fallacieux que les panarabistes opposent au mouvement noir. Cet argument consiste à dire que l’Arabe est authentiquement mauritanien et musulman alors que le Français est occidental et que donc qu’une Mauritanie dans laquelle l’Arabe aurait détrôné le Français dans tous les secteurs serait la meilleure. Les opposants à ces réformes sont souvent taxés de toutes les traîtrises. Mais ce qui est en jeu est fondamentalement une question de justice sociale. Nous, tous, savons la parenté que la langue Hassaniya a avec l’Arabe. Cette parenté occasionne naturellement une tendance des locuteurs du Hassaniya à l’adopter comme langue dominante tant dis que la plupart des Noirs mauritaniens optent pour le Français. Et ce, depuis le temps que ces deux langues cohabitent dans le système éducatif. Une élimination du Français s’accompagnera nécessairement d’une réduction drastique de la présence des Noirs mauritaniens dans tous les domaines du corps administratif, mais surtout d’une sélection biaisée des futures générations. Si la Mauritanie veut plus de mauritanité dans son système éducatif et dans son administration, elle devrait accéder aux requêtes demandant l’officialisation de toutes les langues mauritaniennes et leur introduction à l’école et dans l’administration. D’ailleurs, l’expérience faite sous le contrôle de l’institut des langues nationales dans les années 80 et 90 a été concluante. Mais bizarrement, on y a mis un terme sans aucune explication ! 
Les causes de l’arrêt de cette expérience pourraient être cherchées du côté de nos chers militants du panarabisme à la tête desquels se trouvent des auteurs de ce que l’écriture et la logique ont connu de pire !
Ely Ould Sneiba se distingue particulièrement quand il s’agit de déployer un raisonnement fallacieux connecté par des formules abracadabrantesques. Dans sa dernière sortie sur les langues, il associe avec sa magie habituelle des histoires incompatibles pour ériger un édifice mensonger culminant, comme on pourrait s’y attendre, à un rabaissement des langues comme le Pulaar, le Soninké ou le Wolof et à l’élévation de l’Arabe en passant par l’anéantissement du Français. Sneiba prétend que si ces langues ne sont officialisées dans aucun pays, alors il ne faudrait pas le faire en Mauritanie. La question de l’officialisation des langues nationales n’est pas aussi étrange que Sneiba veut le faire croire, un pays comme la suisse a trois langues officielles avec une quatrième à statut assez haut, la Belgique en a également trois, la Russie en a des dizaines par exemple. Nos voisins du nord, le Maroc et l’Algérie, ont fini par officialiser l’Amazigh après des décennies de lutte. Les dynamiques linguistiques au Sénégal et au Mali tendent également vers l’officialisation de leurs langues nationales. Le texte de Sneiba est loin de refléter la situation réelle des langues ne serait-ce que chez nos voisins immédiats. Je ne m’attarderai pas aux autres fantaisies qu’il prend plaisir à employer pour tenter de discréditer les partisans du multilinguisme et par la même occasion de s’attaquer à des communautés entières ; ces fantaisies ne dénotent qu’une absence d’arguments valables, et ici nous avons plus sérieux à faire.


Monsieur le Président,


Je m’excuse de cette longue digression sur la situation du pays. J’aurais aimé m’arrêter là sur les rappels historiques mais, hélas, vous savez que le pire reste à décrire. Quand le panarabisme en est venu à la solution ultime pour se débarrasser du problème noir mauritanien. Quand la répression violente s’est invitée au terrain des idées, quand la terreur est utilisée pour intimider, le plan le plus macabre se dessinait discrètement. Ce plan a muri pendant la présidence d’Ould Taya dont les agents ont procédé à l’arrestation systématique des intellectuels noirs (la prison de Oualata en a gagné une célébrité), la suppression physique de toute substance noire à tous les échelons de l’armée nationale (Inal et Jreida en sont devenus de hauts lieux), l’occupation militaire de la vallée du fleuve Sénégal, peuplée essentiellement par les Noirs, afin d’y semer la terreur en procédant à de diverses exactions, en particulier aux déportations massives des mauritaniens vers le Sénégal et le Mali. Monsieur le Président, vous venez du corps militaire. Vous savez ce que signifie la fraternité d’armes. Le 28 Novembre 1990, des officiers arabes ont pendu 28 militaires noirs compatriotes pour célébrer l’indépendance du pays. Cette ignominie s’est passée au milieu de mois d’épuration ethnique procédée au sein de l’armée, et dans le pays en général. Monsieur le Président, après ces années d’enfer que les Noirs mauritaniens ont subies, des lois d’amnistie ont été imposées pour bloquer des poursuites à l’encontre des responsables au rang desquels se trouvait Ould Taya. Aujourd’hui encore, les rescapés, les veuves, les orphelins, les déportés demandent activement que justice se prononce, mais un mur se dresse devant eux.  Tous les jours des rescapés voient leurs anciens bourreaux mener des vies et des carrières sans être inquiétés, des orphelins croisent les assassins de leurs pères laissés en liberté, les déportés observent leurs terres et leurs maisons occupées sans pouvoir les récupérer. Monsieur le Président, si le projet de Ould Taya et les idéologues de la Mauritanie arabe était clairement une épuration ethnique en Mauritanie, celui de ses successeurs n’a pas l’air de s’y opposer fermement. Sinon pourquoi aucun de vous, présidents de la Mauritanie, n’a décidé d’ouvrir une enquête sur le génocide ? Pourquoi aucun de vous ne réhabilite les déportés ? Pourquoi aucun de vous ne décide de prendre le fond du problème, qui est une lutte culturelle, et ne promet par des actes forts la promotion et l’égalité des langues et des cultures de Mauritanie ?


Monsieur le Président,


Notre pays a 60 ans, 60 ans que les termites de l’injustice rongent les piliers de notre jeune état, 60 ans que la gestion calamiteuse de notre pays par une classe de dirigeants nous enfonce dans les abysses de la misère, 60 ans que notre bateau vogue hasardeusement dans la dangereuse mer de l’oppression et de l’esclavage et que nos chances de devenir un peuple uni périclitent jour après jour.  Il est temps de faire le bilan, le bilan de 60 ans d’existence, de nos calvaires, de nos réussites si maigres soient-elles, de nos échecs si déshonorants qu’ils puissent paraître. Le constat d’un échec est en effet un acte honorifique, même si cet échec était aussi déshonorant que celui que pose une humanité lorsqu’elle faillit à en devenir criminelle. Le déni, à l’inverse, loin de faire échapper au déshonneur, l’accumule dans une enceinte bien protégée, l’amplifie silencieusement jusqu’à la submersion et la paralysie totale de l’âme. Il est temps que la Mauritanie sorte du déni et regarde son histoire d’un œil tragique mais honnête, intransigeant sur les faits mais responsable, d’un œil à la fois serein et sensible. Il va sans dire que l’ouverture d’un tel œil ne peut se résumer à un simple réveil mécanique, mais elle implique un réveil plus profond ; celui de la sensibilité de chaque citoyen, d’une conscience aigüe des dirigeants, la capacité de la nation à éprouver de la compassion à l’égard des victimes et sa volonté à désigner les coupables. Cette histoire n’est pas une affaire dans laquelle la Mauritanie serait scindée en deux camps : victimes, d’un côté, face aux coupables, de l’autre. Loin d’un tel schéma vicieux, ce à quoi la Mauritanie est invitée c’est tout simplement de faire valoir son rôle suprême de mère et prendre en charge cette question vitale. Et seulement après avoir situé clairement les responsabilités, il lui incombera d’organiser un cadre d’explication en vue d’une réconciliation nationale véritable et durable.
Monsieur le Président,
Vous allez vous adresser au peuple mauritanien dans quelques jours. Puis-je espérer qu’enfin vous le saluerez dans ses différentes langues en signe d’engagement de votre part à faire de l’égalité linguistique une de vos priorités ? Puissions-nous nous attendre, mes compatriotes et moi, à ce que vous annonciez en cette date doublement symbolique de 28 Novembre que le massacre d’Inal et tous les autres feront l’objet d’une vraie enquête en vue de rendre la justice tant attendue aux ayants-droit et ainsi décharger notre pays de ce poids ? Pourrai-je m’attendre à ce que vous annonciez la libération des détenus d’opinion ? Monsieur le Président, le peuple peut-il s’attendre aux décisions de la vraie rupture qui aboutiront au pansement des plaies de notre pays, pour que plus jamais deux célébrations du 28 Novembre ne puissent être possibles sur notre territoire ? 
Monsieur le Président, ce sont les circonstances qui forgent nos destins ; vous avez devant vous une porte d’entrée à la cour des grands serviteurs de l’humanité. Cette cour de l’honneur où les sièges sont faits d’actes nobles et de conduites héroïques. Cette haute cour qui se distingue des bas lieux dans lesquels la grandeur du chef est déterminée par l’éloge des laudateurs. Monsieur le Président, poussez la porte ! Poussez la porte et faites sortir le pays du cercle vicieux de l’injustice et du déni. Poussez la porte que nous nous embarquions dans la trajectoire vertueuse de l’égalité et du vivre-ensemble. Poussez la porte pour qu’enfin les mauritaniens puissent dépasser les différences apparentes et accéder à l’essentiel humain qui les réunit afin de vivre dans la solidarité et la fraternité.
Notre pays, de par sa position géographique et de sa constitution culturelle, a un rôle fondamental à jouer dans la sous-région. Un rôle de mise en contact des sociétés. Et aucun réductionnisme idéologique ne devrait nous faire trahir ce destin. Assumer ce rôle passe nécessairement par l’acceptation de notre diversité et l’adoption de rapports profonds, et à distribution équitable, avec d’un côté l’Afrique subsaharienne et de de l’autre le Maghreb.
Du haut de ses cent millions d’années d’existence, le géant Guelb er Richât nous observe. Nombreux sont évènements et saisons dans sa mémoire, nombreux sont paysages et êtres qu’il a vus défiler et ne jamais revenir. Er Richât a témoigné de tant de beauté, de tant de tragédies et de tant d’enchantements. Mais dans sa mémoire récente, Er Richât est témoin des gloires de nos ancêtres, Er Richât voit et entend ce que disent la plaine de Foriet les sables de Bilbassi.  Comme pour tous les autres, le géant œil conservera le spectre de nos actes en son fond lorsque nous aurons disparu. J’ose imaginer que d’ici là nous aurons infléchi le cours de notre plume de sorte à laisser une signature honorable de notre passage. 
Enfin, j’appellerais les Mauritaniens à plus de solidarité et de compassion envers leurs compatriotes victimes d’injustice, n’importe laquelle. La mesquinerie c’est quand l’homme refuse de se retrouver dans le juste combat des femmes, quand le privilégié n’est pas dérangé de l’état de son compatriote lésé, quand l’hétérosexuel appelle à l’oppression sur l’homosexuel, quand l’adepte du rigorisme soutient les peines infligées au libertaire. Je dis que nous sommes honteux quand, en lieu et place du débat d’idées, nous préférons la force de la répression ; dans une logique telle que celle-ci nous ne faisons que trinquer autour de la table des horreurs avec nos propres oppresseurs. Le destin des Mauritaniens opprimés c’est la solidarité indépendamment du critère selon lequel on est opprimé. 
Si nos premiers 60 ans sont marqués par une dynamique conflictuelle ayant passé par une phase génocidaire, nous avons le devoir de faire des prochains un lieu de reconstruction. Alorsil faut que cesse cette oppression qui, du fond des idéologies délirantes, continue encore d’agir au cœur de notre administration, dans notre armée et au sein même de notre état civil. Monsieur le Président, vous ne nous rassurez guère si depuis votre investiture nous voyons déferler des listes quasi-monocolores de recrues dans l’administration et dans l’armée. L’impression qui se dessine jusqu’à présent est que vous êtes, comme le furent vos prédécesseurs, l’otage des courants nationalistes arabes. J’appelle aussi les intellectuels qui se sont fait une profession de justifier les actes de ce système à se ressaisir et à bien comprendre qu’aimer la Mauritanie ne veut pas dire s’aligner à tout prix sur les principes du système. Non ! La Mauritanie est au-dessus de tout système, juste ou fautif, qui s’y exécute. Aimer la Mauritanie c’est justement avoir unelecture du système à l’aune des valeurs que le pays est censé porter et de formuler en conséquence des critiques constructives. Ainsi, aucun système, ni juste et encore moins malhonnête, ne peut absorber le principe de la république de sorte à faire passer les reproches à son égard pour des calomnies contre la nation. Nos prochains soixante ans doivent être ceux du dépassement de toutes les hypocrisies, ceux de la justice et de la responsabilité. 
Notre pays a des défis, beaucoup de défis qui, s’ils ne sont pas relevés, compromettront sérieusement notre avenir. L’éducation, la recherche, la santé et l’environnement sont des domaines interconnectés qui détermineront notre sort dans un contexte de changement climatique global, d’une transition démographique et d’une globalisation sans précédent. Notre activité intellectuelle devrait plus se mobiliser pour être à la hauteur de ces enjeux monumentaux. L’investissement dans la jeunesse sur le plan de sa formation et de son implication est primordial. Il nous faut de brillants esprits capables de mener les projets les plus ambitieux, d’échafauder des solutions efficaces et d’assurer leur mise en œuvre effective.  
Cependant, sans un traitement sérieux de la question nationale, on ne pourra réussir une seule de ces missions qui sont d’ordre technique.
Notre pays a des chances de rayonner si, loin des fanatismes, nous décidons de le construire avec son matériau de chance qu’est sa diversité. C’est dans les vestiges de Koumbi Saleh et d’Aoudaghost, dans ceux de Tekrouri, dans la grande mémoire du sahara et les rues perdues de Njurbel que nous retrouverons ce matériau, seul garant de la pérennité de l’édifice Mauritanie. Il est temps de changer d’heure et de consacrer nos soixante prochains battements à sa collecte et à la construction de l’œuvre de notre existence. Les mauritaniens, dans leur diversité, sont appelés à ce projet. Aucun défi ne pourra résister devant la force de notre union.


Mouhamadou SY

©️ Crédit source: http://rmi-info.com/mauritanie-soixante-ans-il-est-temps-de-changer-dheure-lettre-au-president-de-la-republique/?preview=true&frame-nonce=caeeba45d8