ALAKHBAR (Nouakchott) – Un ancien commandant de la marine mauritanienne du nom de Ahmed Ould Hasna, a annoncé, jeudi, dans un communique filmé, la création d’un Front pour le Changement, avec comme objectif de « renverser le régime du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. »
Le communiqué a été signé par le médecin colonel à la retraite Sidi Ali Ould Bakar et lu par Ould Hasna.
La vidéo présente également deux autres individus en uniforme des forces armées mauritaniennes, portant des cagoules.
Que des Palestiniens et Israéliens s’entretuent et se livrent à une bataille sans fin, l’esprit et la raison peuvent l’entendre et le saisir. Nous disons tout simplement qu’ il s’agit de la continuité des guerres de religion.
Pour les Israéliens, il s’agit de conquérir un territoire identitaire pour mettre fin à l’errance d’un peuple : un espace vital. Et pour les Palestiniens, c’est d’abord une question de dignité; il ne faut rien céder, en opposant à l’envahisseur une résistance farouche pour ne pas se faire voler un héritage sacré.
Et cette guerre est l’une des injustices les plus vieilles du monde face à laquelle la communauté internationale péche par une partialité et un silence assourdissant à crever les yeux.
En revanche, ce qui est difficile à expliquer, à accepter et à soutenir, c’est le massacre de Mauritaniens par d’autres Mauritaniens, tous militaires de surcroît ayant servi tous sous le même drapeau national et porteurs des mêmes valeurs islamiques.
La pendaison de 28 négro-Mauritanien dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990 par leurs frères d’arme pour célébrer de façon sadique et cynique la fête nationale est digne d’un film d’horreur.
Crimes odieux, parjure irréparable. Absence d’humanité, négation de toute religion et morale. Cette histoire douloureuse, cette page sombre, cet épisode difficile à raconter, à soutenir et à occulter restera toujours présent, pesant et bourdonnera dans les oreilles et la conscience de tout Mauritanien juste, soucieux de l’unité et la cohésion nationales.
Aucune répression, banalisation jusqu’à la diabolisation, aucune politique nauséabonde et négationniste ne réussira à faire oublier ou effacer ces crimes. Même le temps, qui en d’autres circonstances efface les preuves et la douleur des victimes par sa force, sa capacité corrosive et évanescente ne réussira à « diluer » cette tragédie.
Seule la justice pourra panser les coeurs saillants. Cette justice attendue désespérément depuis 33 ans par les veuves et orphelins, par une partie du peuple Mauritanien interviendra, un jour comme une espèce de garrot qui arrêtera l’hémorragie et les larmes des familles explorées.
Les Palestiniens sont dans une logique de guerre avec Israël. Chez nous, les événements meurtriers des années 90 – 91 n’avaient rien de tel. C’est un État qui a planifié le massacre de ses fils sur la base de considérations politiques, fallacieuses et schizophrènes.
L’unité nationale se construit sur des valeurs communes qui fédèrent et fraternisent. L’orphelin comme la veuve Israéliens à l’image de ceux issus des rangs des négro-mauritaniens des années de braise cherchent une seule chose : justice .
Certains comportements inhibent les efforts consentis de manière disjointe dans l’ancrage de la cohésion nationale par les différents régimes qui se sont succédé.
La compassion excessive pour un peuple meurtri au nom des idéaux de notre politique étrangère au détriment d’une partie du peuple, de nous-mêmes. C’est un manque de décence, de l’antipatriotisme qui ne nous rassemble et nous fragilise davantage. La Mauritanie et les Mauritaniens d’abord tel doit être la doctrine de nos gouvernants. Cette prééminence des questions nationales et de la citoyenneté doit guider notre politique étrangère pour qu’elle soit cohérente et pertinente.
Sahara Médias – L’ancien président mauritanien Mohamed O. Abdel Aziz a pris la parole lundi devant le tribunal correctionnel spécialisé dans la lutte contre la corruption, avant que celle-ci ne rende son verdict à propos des dix chefs d’accusation majeurs retenus contre lui, dont les plus marquants sont la corruption, le blanchiment d’argent et l’enrichissement illicite. .
Lors de son intervention devant le tribunal qui a duré quatre heures d’horloge, de 10h à 14h, l’ancien président a renouvelé son attachement à l’article 93 de la constitution qui lui accorderait, selon lui, une entière immunité en sa qualité d’ancien président de la république.
A propos de sa richesse, Ould Abdel Aziz a rappelé avoir signé un procès-verbal déclarant son patrimoine le 31 juillet 2019, deux jours avant de remettre le pouvoir au président élu Mohamed O. cheikh El Ghazouani.
Il a ajouté qu’il avait refusé dans un premier temps de révéler l’origine de sa fortune, mais qu’après l’insistance de ses avocats, il avait décidé de livrer certaines informations.
Selon Ould Abdel Aziz, le 02 aout 2019, il avait organisé un dîner en l’honneur du président élu, Mohamed O. Cheikh El Ghazouani, arrivé à ce dîner avec deux valises, l’une d’elles de couleur rouge, contenant 5,5 millions d’euros en coupures de 200 euros et l’autre, de couleur beige contenant 5 millions de dollars.
Ould Abdel Aziz a ajouté que le président Ghazouani lui a dit que ces montants sont les reliquats des financements de la campagne électorale.
Ce montant qu’il a avait reçu de son prédécesseur représente 50 à 60% de sa fortune ce qui signifie que celle-ci ne dépasse pas 17 millions d’euros.
Les autorités mauritaniennes ont saisi des biens de l’ancien président évalués à 41 milliards MRO, soit plus de 100 millions de dollars, aujourd’hui gelés au niveau du bureau chargé de la gestion des biens gelés et saisis et confisqués et de la gestion des avoirs criminels.
Le tribunal, après avoir entendu tous les accusés doit entamer les délibérations avant de rendre son verdict.
Pour rappel le parquet avait requis une peine de prison de 20 ans et la confiscation de ses biens et de ses revenus pendant la période d’enquête.
Senalioune – Dans une scène chargée d’émotion à l’Assemblée nationale de Mauritanie ce 25 novembre 2023, le député Ibrahim Moctar Sarr a pris la parole pour évoquer les années sombres passé de la nation et en particulier la date du 28 novembre.
Cette date rappelle un événement tragique où 28 soldats negro-mauritaniens ont été pendus sous le régime de l’ancien président Maouiya Ould Sid Ahmed Taya. Le discours du député Sarr a été marqué par un appel à la prière et au respect envers les défunts, mais malheureusement, les députés de la majorité ont refusé de se lever, suscitant ainsi une vive controverse dans un pays qui se revendique musulman.
Cette scène à l’Assemblée nationale a rapidement fait le tour des médias et des réseaux sociaux, suscitant une vague d’indignation parmi les citoyens mauritaniens.
De nombreux internautes ont exprimé leur déception et leur colère face à cette attitude des députés de la majorité. Certains ont souligné que cet événement mettait en évidence l’importance de l’éducation et de la sensibilisation pour construire une société plus juste et respectueuse de tous.
Les réactions à l’intervention du député Sarr et au refus des députés de la majorité de se lever ont ouvert un débat crucial sur la nécessité de faire face au passé douloureux de la Mauritanie et d’œuvrer pour la réconciliation et la justice.
Beaucoup estiment que reconnaître les erreurs commises par le passé et rendre hommage aux victimes est essentiel pour guérir les plaies encore ouvertes de la nation.
L’Eveil Hebdo – Dans une déclaration intervenue lors d’une réunion, dans la ville de Kaédi, avec les autorités administratives des wilayas du Gorgol, du Brakna et du Guidimakha, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, a souligné la nécessité de redoubler d’efforts pour contribuer à obtenir le plus grand résultat d’enrôlement des citoyens, «en respectant le délai spécifié pour terminer l’enregistrement dans les registres d’état-civil».
Avec cette dernière phrase, le ministre confirme à demi-mots, que la date du 31 décembre serait la date buttoir pour se faire enrôler.
Une phrase qui suscite des interrogations au moment où des candidats à l’enrôlement continuent d’être confrontés à de nombreuses difficultés et entraves de la part de chefs de centres zélés qui n’en font, apparemment, qu’à leurs têtes et en fonction de la tête du client.
En effet, des milliers de ressortissants de la Vallée continuent à se faire balader pour des arguments parfois plus fallacieux les uns que les autres. Une situation particulièrement difficile pour les ressortissants des localités éloignées des centres d’enrôlement.
Imaginer des femmes avec des enfants parcourir des kilomètres, délaissant leurs activités quotidiennes de survie, passer toute une journée à faire la queue et se faire signifier en fin de journée qu’il n’y pas de réseau, par exemple, et qu’il faut revenir le lendemain.
Et c’est une scène qui peut se répéter plusieurs fois jusqu’au découragement des prétendants. Certains observateurs pensent qu’il y a quelque part une volonté de ralentir délibérément le processus pour enrôler le moins de personnes possibles – même ceux qui en ont le droit – sachant que la date limite va bientôt arriver.
Procédures toujours pas clarifiées… volontairement ?
En effet, il est difficile de comprendre qu’il n’y ait pas d’informations claires dans la conduite du processus. Il est doit pourtant être aisé d’afficher dans les Centres ou de communiquer par des canaux appropriés l’ensemble des critères et des conditions à remplir pour se faire enrôler. A ce niveau la responsabilité des élus locaux est engagée.
C’est à eux d’encadrer les populations dans ce processus pour que celui qui en a le droit se fasse enrôler et celui qui n’en a pas le droit reçoive des explications claires et convaincantes qui lui feront comprendre qu’il ne peut pas l’être.
Pourtant, il y a déjà quelques années, les autorités avaient mis en place une commission présidée par Thiam Diombar pour proposer des procédures simples et claires à tous ceux qui s’estimaient être lésés.
La première expérience en 2017 s’était terminée en queue de poisson. Un processus relancé en 2022 à l’occasion d’une visite à Kaédi du Président de la République au cours de laquelle il s’était engagé à «régler rapidement les problèmes d’accès à l’état-civil, en se mettant tout de suite au travail».
Cet engagement s’est rapidement traduit par la mise en place de nouvelles procédures qui devaient permettre même à ceux qui ne disposaient pas d’un dossier complet de se faire recenser sur simples témoignages.
En effet, dans chaque Centre, il est mis en place une commission composée d’un chef de village, de deux membres de chaque localité, deux membres du conseil municipal et un membre de l’administration locale.
Le Commissariat aux Droits de l’Homme avait même lancé, à cette occasion, en collaboration avec la Société Civile une grande campagne de sensibilisation pour inciter les citoyens à se rendre massivement dans les Centres d’enrôlement.
Volonté affichée en haut lieu, blocages et entraves au niveau des exécutants
Les obstacles devaient donc être aplanis. Mais en pratique, les choses sont toujours compliquées. Outre des «coupures» récurrentes – et opportunes ? – du réseau, il y a lieu de noter le doute quasi-permanent sur la citoyenneté de certains requérants entrainant le rejet parfois de dossiers bien ficelés, la jeunesse des chefs de Centre, leur manque d’expérience et surtout de courtoisie, le tout couronné par le peu – ou pas du tout – d’implication des maires et députés sur le terrain pour accompagner les opérations…
Conséquences, de très nombreux citoyens se trouvent dans la même situation qu’il y a quelques mois. Compte tenu de cette situation, on aurait pu s’attendre à ce que cette visite du ministre de l’Intérieur dans cette zone soit une occasion de donner des instructions allant dans le sens de faciliter les démarches pour les citoyens, dans le respect de la loi naturellement ; mais le ministre semble faire fi des nombreuses difficultés et entraves auxquelles sont confrontées les populations et se focalise plutôt sur le respect des délais.
Si le Président de la République semble accorder une grande importance à cette opération, comme il l’a d’ailleurs rappelé à l’occasion de sa récente rencontre avec la presse, on ne peut pas en dire autant pour ses principaux collaborateurs, encore moins les préposés aux Centres d’enrôlement. On peut donc affirmer, sans risque de se tromper, qu’à la date du 31 décembre 2023, les opérations d’enrôlement seront peut-être clôturées, mais que le dossier de l’enrôlement n’en sera pas pour autant clos.
Par une note d’information à l’attention de l’opinion nationale et internationale, le Chef d’état-major général des Armées du Mali annonce le positionnement des FAMa (Forces Armées Maliennes) à Kidal, ville stratégique dans les régions du Nord malien. Cette cité a été toujours ces dernières années, le centre névralgique d’un consortium fourre-tout de bandes terroristes et d’éléments séparatistes Touaregs.
Et également la ville de Kidal symbolisait de fait une grosse faille dans l’intégrité territoriale du pays de Modibo Keita. Ce 14 novembre 2023 est l’aboutissement d’une dynamique décisive enclenchée par la junte des colonels au pouvoir pour reconquérir la souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire malien. Il y a une décennie c’était un magma diffus de forces agressives (rebelles ou-et terroristes) qui menaçait d’envahir le Sud malien, et aujourd’hui c’est l’État central de Bamako qui semble retrouver et renforcer sa mainmise légitime sur le cœur du giron rebelle.
Après l’intervention des forces françaises et le montage militaire onusien, finalement ce sont bien les forces nationales et leurs alliés conseillers militaires russes qui sont en phase d’asseoir l’ordre étatique (militaire pour le moment) sur le terrain. Ce qu’il faut saluer naturellement.
Les velléités indépendantistes du mouvement rebelle Mnla avec son projet subversif de pays de l’Azawad dans le Nord doivent être contenues et écartées vigoureusement.
Le territoire malien du 22 septembre 1960 reste et demeure le Mali de 2023.
Le journal électronique Shems Maarif Interview avec le Deputé Biram Dah Abeid, président de l’ONG IRA; par Yedali Fall.
● 1- Shems Maarif : Monsieur le député bonjour. Vous revenez d’une tournée qui vous a conduit hors du pays. Quel en était l’objectif ?
Biram Dah Abeid: Mon voyage en Europe (France, Belgique et Suisse) visait trois objectifs : reprendre contact et s’organiser nos sections en Europe et la diaspora mauritanienne, pour les batailles présentes et futures, dans le domaine des droits humains et du projet d’alternance, faire l’état des lieux avec les partenaires d’IRA, européens et onusiens, de la situation du pays depuis que le régime du président Ghazouani a renié la ligne d’ouverture enclenchée, au début de son mandat, en direction de la mouvance citoyenne; le troisième objectif de ce voyage était consacré à mes contrôles de santé.
● 2/ Shems Maarif : Quelle lecture faites-vous de la scène politique nationale six mois après les élections du 13 mai 2023 ?
BDA : La scène et ses acteurs résultent d’une ligne de séparation racialiste et de classe, orchestrée par le régime en place, comme ses prédécesseurs issus du même bloc dominant que caractérisent le monolinguisme et le désir de la toute-puissance. Ces lignes discriminatoires et de fracture croissante se matérialise dans le refus catégorique, par le pouvoir et ses lois, d’autoriser l’activité des forces issus des milieux majoritaires : il faut, désormais, considérer que l’intimidation des autochtones d’ascendance subsaharienne, devient une finalité de l’Etat et des segments réactionnaires dont il tire sa légitimité. Victimes d’une gouvernance de marginalisation et d’impunité depuis plusieurs décennies, ces groupes subissent, aussi, l’interdiction de fonder de nouveaux partis, à l’ombre de la légalité. Du début du siècle jusqu’à nos jours le constat ne varie : Action pour le changement (Ac) et Convention pour le changement (Cc) ont été abrogés successivement ; de 2013 à 2014, la mesure d’éviction frappe Refondation pour une action globale (Rag) et Forces progressistes pour le changement (Fpc). Les Ong Touche pas à ma nationalité(Tpmn), l’organisation pour la promotion et l’officialisation des langues nationales(Olan), les associations des rescapés des vagues d’épuration ethniques, des veuves, des orphelins, sont privées de reconnaissance de jure ou/et de fait, un peu à l’image d’IRA, tolérée du bout des lèvres mais interdites de toute participation aux travaux de son interlocuteur officiel, en l’occurrence le Commissariat aux droits de l’Homme, à la lutte contre la pauvreté et à l’insertion. Les actes de représailles visent toute entité privée qui n’obéit pas aux limites du discours, de la pensée et des gestes assignés, par le pouvoir, aux acteurs de la société civile ; ici, les cas de dissidence, de liberté de ton et de lanceur d’alerte suscitent, de la part du gouvernement, une batterie de mesures de rétorsions. La plus immédiate consiste à exclure, les associations, du bénéfice des financements extérieurs, comme celui de la France, en Mauritanie. Donc l’état des lieux, au surlendemain des élections générales, se résume à un tableau d’apartheid politique exécuté au profit d’une communauté de citoyens de premier ordre au détriment de l’humanité périphérique, celle du nombre et de la misère où bouillonne la révolte des parias, la communauté de citoyens secondaires. Les Hratin, représentant, selon les approximations de la Banque mondiale (Bm)et d’autres institutions indépendantes, plus ou moins la moitié de la population ; ils ont droit à 10 sièges de député dans une assemblée qui en compte 176. Les communautés autochtones d’ascendance subsaharienne, même locutrices de l’arabe dialectal local, le hassaniya, n’ont pu bénéficier d’un traitement à la hauteur de leur domestication mentale, d’ailleurs achevée sous les auspices du sacré. L’Apartheid arabo-musulman prive, ces mauritaniens, de papiers d’état civil, donc du vote, en vue de reproduire une majorité artificielle dans les urnes et perpétuer, ainsi, la domination et la jouissance de ses fruits. La Commission nationale électorale indépendante (Céni) que le passé de son président expose à la défiance, est une boîte d’agents et d’hommes de mains du ministre de l’Intérieur, ainsi que de figurants de formations triées selon le triple critère de l’impuissance, de la connivence et de l’allégeance. Les anciens putschistes, usurpateurs et détourneurs des institutions civiles, ont mis en place un mécanisme trompeur de démocratie : des partis vassalisés, d’autres alimentaires compulsifs, sans oublier la cohorte alignée dans le rang du ralliement, voici de quoi fabriquer des plébiscites discount. De facto, une seule communauté possède la faculté réelle d’écarter des concurrents, d’acheter des électeurs et de neutraliser la justice. Il n’est pas étonnant qu’elle gagne les élections, n’en déplaise aux enseignants d’arithmétique et de logique. Grace à ce procédé, en sus des coup d’Etat électoraux, comme la présidentielle de 2019, la majorité du peuple va continuer à souffrir jusqu’à l’éclatement d’une révolution violente à l’image des tristes et regrettables événements de l’île de Zanzibar, au milieu des années 60…
● 3/ Shems Maarif : Au vu du constat que vous venez de dresser êtes-vous candidat à l’élection présidentielle prochaine ?
BDA : Cette question doit être posée au régime en place, l’actuel chef de l’Etat et à son gouvernement ; sont-ils prêts admettre les conditions et le verdict d’une compétition équitable et impartiale ? Sont-ils prêts à accepter qu’un courant politique présidentiel comme le Rag, cesse d’être hors-la-loi ? Sont-ils prêts à accepter qu’un mouvement social anticonformiste, allergique aux œillères comme le Fpc, participe au marché ouvert de la persuasion, argument contre argument ? Sont-ils prêts à lever les obstructions énormes et infranchissables à l’enrôlement des Mauritaniens autochtones ? Sont-ils prêts à accepter une Céni, un Conseil constitutionnel (Cc), des fichier et code électoraux, transparents et consensuels ? Sont-ils prêts à accepter la candidature de Biram Dah Abeid, supporteraient-ils la participation d’un candidat qui aurait dû battre Ghazouani en 2019 et pourrait y parvenir 5 ans après ? Le président Ghazouani va-t-il accepter de courir le risque de valider une candidature qui lui imposerait un deuxième tour en 2024 et l’obligerait de recourir, une seconde fois, à l’armée et à la répression pour imposer sa victoire ? Ne serait-il plus en sécurité en éliminant la candidature d’un adversaire aguerri, notoire et dangereux, au profit de candidature faibles et convenues ? Je pense qu’il revient au pouvoir de clarifier sa prédisposition à réaliser une élection vraie ; c’est à lui de dire quelle catégorie de candidat autoriserait- il dans sa démocratie très contrôlée.
● 4/Shems Maarif : Quels rapports entretenez-vous avec les partis de l’opposition notamment l’UFP, le RFD qui ont engagé un dialogue avec le pouvoir ?
BDA : Nous en tant que courant de l’opposition, comme toutes les fractions qui l’animent, gardions des relations de concertation et de coordination avec ces deux partis, au titre de de notre rejet commun du dernier scrutin au suffrage universel mais, à notre grande surprise, nos alliés sont brusquement revenus, d’une pêche nocturne avec, au fond du filet, un accord de connivence générale, entre le gouvernement et eux, sur le fondement de mots d’ordre et d’intention forts louables; aujourd’hui, les voici partenaires de l’Insaf, donc, membres de la majorité, c’est-à-dire comptables de son bilan et de ses erreurs.
● 5/Shems Maarif : Le président du parti SAWAB sous les couleurs duquel vous êtes élus à l’Assemblée nationale pour la seconde fois a écrit sur sa page FACEBOOK un commentaire très critique à l’égard des propos du président GHAZOUANI concernant la France partagez-vous ces propos ? Vous engagent-ils ?
BDA : De prime abord, il est de notoriété publique que les liens du parti de mes compagnons de Rag à ceux de Sawab, concernent plutôt les élections. Les membres du Rag n’ont pas intégré le parti Sawab et Sawab réciproquement. Certaines personnalités du Sawab, ne cachent pas leurs hostilité et allergie à davantage de rapprochement avec le Rag. En vérité, l’idéologie des uns et des autres ainsi que leurs choix et priorités divergent, quant au fond et de manière décisive. C’est pourquoi, en vertu d’une certaine forme de coordination électorale, le Rag hors-la-loi ne pouvait se présenter au vote que sous le label, le couvert d’une entité reconnue ; alors, d’entente commune, sans drame ni épanchement, les deux partis développent chacun sa stratégie, ses positions et ses discours, en toute autonomie. Par exemple, le Rag s’est retiré, en mai 2022, du dialogue concocté par le président Ghazouani lorsque nous avons été trahis ; or, Sawab est resté siéger avec d’autres partis jusqu’à ce que le président Ghazouani mette un terme à l’expérience, sans consulter ses partenaires du moment. Lorsque le Chef de l’Etat et son ministre de l’Intérieur initiaient un autre dialogue à la veille des dernières élections locales et législatives anticipées, ils avaient pris le soin préalable de le restreindre à un format excluant les courants d’opinion non-autorisés ; Sawab, en toute indépendance et liberté, participa au rendez-vous. Concernant le libellé de votre question, nous assumons nos critiques à l’endroit du président Ghazouani et le parti Sawab formule les siennes propres, ceci n’est pas un problème et c’est un fait connu de tous. Par ailleurs, nous sommes entièrement d’accord avec le ministre de l’Economie, Abdessalam Mohamed Saleh, quand il rappelle que le Français est une langue d’innovation scientifique, qui fait désormais partie de nos patrimoine et personnalité culturelle ; avec l’Arabe, le Français reste notre langue de travail et d’ouverture sur le monde et d’acquisition des sciences. Je pense, pour ma part, que le véritable impérialisme qui nous a défiguré sur le plan culturel et religieux et mis en danger, à long terme notre sécurité physique et culturelle, c’est l’hégémonie wahabite ; nous dénonçons son emprise sur la vulnérabilité sociale, ses projets de domination du monde, d’occultation perpétuelle des femmes et l’inclination de ses disciples à appliquer, le droit musulman de l’esclavage ; à cause du pétrodollar et du délire arabiste, nous avons été déracinés de chez nous, notre Islam tolérant a cédé la place aux pratiques rigoristes, ô combien étrangères à notre mémoire; le radicalisme et l’extrémisme violent nous ont infiltré, cassé notre mode de vie, la dénomination de nos paysages et lieux-dits et notre toponymie ; même les prénoms de nos enfants sont maintenant importés de la chanson de variété et du cinéma de l’Orient sémite. L’hégémonie culturelle en Mauritanie vient de l’Orient ; à l’image des relations entre nos élites tribales et quelques puissants personnages du Golfe et du Bosphore, elle prend un visage si familier et banal que l’on finit par l’ignorer, comme une évidence. De mon point de vue, la France ne représente aucun danger culturel en Mauritanie. Nous pensons aussi, que dans le monde actuel, devenu un village unique, avec des défis très grands, multiples et variés, tous les pays du monde, et surtout le nôtre, ont besoin de la proximité de grandes nations, dont certaines valeurs cardinales fondent notre lutte et la marqueront toujours ; je pense, ici, à la liberté et à l’égalité. La France et les Français en font partie.
● 6/ Shems Maarif : Un commentaire sur le procès de l’ancien président Mohamed OULD ABDEL AZIZ.
BDB : Nous pensons que ce procès pouvait être une énorme opportunité pour la Mauritanie, n’eussent était la flagrance d’une procédure ciblée, l’arrangement de l’impunité et la poursuite de la corruption, de la gabegie et du pillage, sous l’ère de son successeur. Je qualifierait, ce procès, de « gâchis »…
● 7/ Shems Maarif : Vous avez eu un entretien avec l’ambassadeur de l’Union européenne, quel était l’objet de cette rencontre ?
BDA : J’étais reçu par son Excellence l’ambassadeur de l’Union européenne (Ue) à Nouakchott, en compagnie des présidents des Fpc, Samba Thiam et du président du Rag, Oumar Yali; l’entretient s’est articulé autour d’échanges sur les questions de l’État de droits et des droits humains.
● 8/ Shems Maarif : Mr Samba Thiam président des FPC était présent lors de cet entretien, il était également à vos côtés lors de la visite de Mr Andres Morana directeur du bureau chargé de la Mauritanie au Département d’Etat américain peut-on parler d’un rapprochement entre vous ?
BDA : Franchement parlé, et vous pouvez remonter le fil de notre existence, dès la naissance d’IRA et de Rag, nous avons toujours été engagés jusqu’au bout, en discours et actes, dans la promotion des causes justes. Samba Thiam est parmi les portes flambeau légitimes de la plupart de ces causes. Nous nous n’avons jamais été loin ni des victimes de l’injustice ni des porteurs de leur revendication.
● 9/ Shems Maarif : Un mot pour la Palestine BDA : Si l’Occident ne se ressaisit pas de la pente glissante et dangereuse où l’entraîne le fasciste Netanyahu et sa bande de tueurs, le monde dit libéral et libre va devoir entamer son déclin mortel que le glas conclut. Vive le Peuple de Palestine, Vive la solution à deux États ! Merci
La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) reçoit comme invité, monsieur Yahaya SOUKOUNA. Il est diplômé en sciences politiques et originaire du Mali (issu de la communauté soninké). Dans cette interview, il nous sert de pertinentes analyses sur diverses thématiques abordées. Nous lui adressons nos vifs remerciements pour sa disponibilité.
Ci-dessous l’intégralité de l’entretien :
● Question 1 : Bonjour monsieur SOUKOUNA, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Yahaya SOUKOUNA : Bonjour, je suis Yahaya SOUKOUNA, français d’origine malienne, diplômé en Sciences politiques et en Administration publique. Ancien collaborateur parlementaire, je suis actuellement consultant en stratégie internationale. Je conseille des acteurs du secteur public et privé sur divers sujets stratégiques. Je les accompagne vers la prise de décision, sur leur réorganisation structurelle et sur leurs choix stratégiques globaux. Durant mes temps libres, j’officie en tant qu’entraîneur dans un club de football amateur, j’y entame ma neuvième saison. Il m’arrive aussi d’écrire. Il y a deux ans, j’ai sorti un abécédaire autobiographique et je suis actuellement en train de finaliser un nouvel ouvrage portant sur l’Accord pour la Paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger de 2015.
● Question 2 : Étant issu de la communauté soninké qui est très attirée par l’environnement migratoire à travers le monde notamment en France, quel est votre diagnostic sur la situation actuelle de ce phénomène ? (Avantages et inconvénients)
YS : Avant toute analyse, j’aimerais témoigner ma fierté d’appartenir à la communauté soninké vivant en France. Je pense intimement que l’héritage culturel que nos aînés nous ont légué doit demeurer intact et poursuivre son cheminement générationnel. La solidarité, le partage, l’humilité, la discrétion et le respect de l’aîné sont autant de valeurs qui doivent perdurer. À notre tour, on se doit d’être les futures courroies de transmissions de ce « package » ancestral. Pour me recentrer sur la question, il me paraît important de préciser un aspect singulier à la communauté soninké sur le plan migratoire. Cette dernière immigre considérablement à travers le monde entier. L’Europe, principalement la France et l’Espagne, le continent africain, et l’Amérique du Nord, sont les principales destinations de la communauté native d’Assouan en Égypte. Elle se trouve donc fortement impactée par les tendances contemporaines de ce puissant enjeu géopolitique qu’est la migration. En effet, la fragilité des marchés financiers et les crises engendrées, à l’image de celle de 2008, ont profondément bouleversé l’ordre mondial. Les économies mondialisées ont toutes été fortement perturbées, entraînant des conséquences en cascade. L’occident, principale terre d’accueil de migrant, a connu une baisse radicale de l’interventionnisme étatique et un élargissement de la paupérisation de sa société. C’est dans ce contexte que s’est diffusé un profond sentiment patriotique nationaliste provoquant l’émergence de mouvements réfractaires à l’accueil des personnes étrangères, les estimant responsables de la baisse de leur niveau de vie. Paradoxalement en Afrique, la multiplication des conflits, l’instabilité politique, l’affaissement du niveau de vie et le difficile accès à l’éducation et à la santé ont renforcé le désir d’exode d’une part importante de la jeunesse en quête d’un avenir meilleur. Malgré les mesures drastiques imposées par les autorités méditerranéennes, les vagues migratoires s’intensifient et s’échouent le long des côtes marocaines, espagnoles et italiennes avec son lot de rescapés et de morts que la mer avale. Nous assistons à la collision de ces deux réalités dynamiques qui ne semble pas promises à la convergence. Pire encore, avec la montée des groupes extrémistes et la détermination de ceux qui désirent l’eldorado, les prochains rendez-vous s’annoncent inquiétants.
● Question 3 : Ces derniers jours, le gouvernement malien a annoncé le report de l’élection présidentielle (initialement prévue en février), pouvez-vous nous éclairer sur les données politiques et sécuritaires dans le pays actuellement ?
YS : Depuis l’an 2020 et la chute du régime du président Ibrahim Boubacar Keita, le Mali est dans une transition. De 2020 à 2021, celle-ci fut civile et militaire, dirigée par l’ancien président Bah N’daw. Pour des raisons difficilement déchiffrables, ce dernier a été renversé en 2021 par le colonel Assimi Goïta qui est depuis devenu le président de la transition. Des élections présidentielles devaient avoir lieu, mais ont été reportées par le régime, entraînant une batterie de sanctions de la part de la communauté internationale et des organisations sous-régionales sous l’impulsion de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Des négociations ont abouti sur l’organisation d’élections présidentielles en février 2024 et ont permis de lever une partie des sanctions économiques qui participaient à la tentative d’asphyxie de l’économie malienne. Ce laps de temps a permis aux autorités de faire voter une nouvelle constitution. Projet que leurs prédécesseurs, démocratiquement élus, ont initié sans parvenir à leur terme. Dans un récent communiqué, le ministère de l’Administration territoriale a annoncé le report des élections présidentielles de février 2024 à une date ultérieure de quoi alimenter les suspicions quant aux désirs des autorités de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible. Il faut noter que ce report s’établit dans un contexte sécuritaire des plus tendus que certains observateurs assimilent à celui de 2012. Cette période dans laquelle les combats entre l’armée malienne et les mouvements rebelles associés aux groupes jihadistes ont entraîné la scission du pays en deux et la proclamation de l’Azawad par le mouvement national de Libération de l’Azawad (MLNA). Aujourd’hui, la situation est confuse. On assiste d’une part à l’intensification par l’armée d’opérations de communication et de reconquête du territoire vers le nord du pays à mesure que la mission onusienne de maintien de la paix (MINUSMA) libère les camps qu’elle occupait. Concomitamment, des actes terroristes sont perpétrés sur l’ensemble du territoire laissant penser à une fragile restauration de la sécurité dans le pays. Ajoutons à cela, une recrudescence des affrontements entre l’armée malienne et les mouvements jihadistes, mais également, une détérioration des relations entre l’État et une partie des mouvements signataires de l’Accord d’Alger (Le Cadre Stratégique Permanent). Tout cela a pour effet de prolonger l’imbroglio du cas malien. Un rapide retour à l’ordre constitutionnel répondrait bien plus à des injonctions de la communauté internationale qu’a une nécessité immédiate pour la restauration d’un État unitaire et stable.
● Question 4 : La communauté soninké est traversée par une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles seraient selon vous, des précautions efficientes pour recouvrer une certaine sérénité communautaire sans cette tare ?
YS : La problématique de l’esclavage par ascendance est un sujet d’une extrême sensibilité, mais qui requiert un positionnement clair. La mienne est que ces pratiques doivent cesser d’exister. Je crois aussi que pour traiter un phénomène de cette ampleur, il faut avoir l’humilité de l’étudier, non pas pour cautionner, mais pour comprendre le pourquoi de la pérennité de ce procédé ancestral qui nuit au fonctionnement harmonieux de communautés qui très souvent se ressemblent. Il est important de s’intéresser en profondeur aux raisons qui distinguent le droit pour une communauté de jouir de pouvoirs réducteurs et humiliants vis-à-vis d’une autre contre son gré. Même si cette variante de l’esclavage existe au sein de la communauté soninké, ce phénomène que l’on peut penser mineur et bien plus répandu que l’on ne pourrait le croire. Il trouve des germes dans les 5 grands continents et répond à des règles, des coutumes, des rituels qui doivent être déconstruits par le dialogue, la médiation, et si nécessaire, par des réponses pénales. Même s’il existe des organismes internationaux qui traitent le sujet, la réponse politique globale est bien en deçà de l’ampleur que représente le fléau. Je crois qu’à l’image d’un sujet fédérateur comme l’écologie, la lutte contre l’esclavage par ascendance mérite une place beaucoup plus épaisse dans les principaux engagements des états concernés par ce phénomène. Conscient que dans certaines régions du monde, il participe à calibrer certaines sociétés (et/ou communautés), et que toute tentative d’entrave menacerait certains équilibres de pouvoir. Néanmoins, sa lutte doit être prise à bras le corps. Ce faisant, des mécanismes internationaux devraient contraindre les États à montrer patte blanche en matière de lutte.
● Question 5 : la France connaît diverses frictions diplomatiques avec certains pays du Sahel (ses anciennes colonies), pouvez-vous nous donner quelques éléments de compréhension sur ces relations dans l’actuel environnement géopolitique mondial ?
YS : Depuis quelques années, la France rencontre des difficultés sur le plan diplomatique, peine à maintenir un dialogue serein avec une partie de ses anciennes colonies sahéliennes, et perd de son influence historique sur une partie de plus en plus grande du continent. Les nombreuses et récentes attaques verbales par communiqués interposés entre Paris et les principaux régimes militaires de la bande sahélienne que sont Bamako (Mali), Ouagadougou (Burkina Faso) et Niamey (Niger) témoignent de la fragilité des rapports existants. Nous sommes bien loin de l’an 2013 où le président français Francois Hollande avait reçu un accueil triomphal par une foule en liesse à Bamako lors du lancement de l’opération SERVAL, destinée à repousser l’avancée des jihadistes, qui étaient parvenus jusqu’au centre du pays à Kona. « La journée la plus importante de ma vie politique », avait-il lancé. La nouvelle tendance relationnelle entre la France et ces états sahéliens ne se résume pas qu’aux relations d’ordre politique ou protocolaire, mais s’étend désormais à la société civile. En effet, la longévité de la présence militaire étrangère sur le sol africain et les quelques abus qui en ont découlé ont créé de la frustration chez une partie des populations. De plus, l’absence de résultats des opérations militaires telles que Serval, Barkhane, et la Minusma, et leur incapacité à libérer les zones occupées du nord du Mali notamment, ont également suscité un rejet de celles-ci par les populations concernées. Par ailleurs, avec la montée en puissance de l’accès aux nouvelles technologies, le continent s’informe vite et s’éduque. Au cœur de la jeunesse africaine émerge un vaste désir d’affranchissement avec ses anciennes colonies, particulièrement avec la France. À dominante musulmane par leur composition, leurs us et coutumes, les populations sahéliennes sont particulièrement sensibles au traitement qui est infligé à leur coreligionnaire dans la sphère médiatique française depuis quelques années. L’ensemble de ces facteurs fragilise la relation entre la France et ses anciennes colonies africaines. Cela offre l’opportunité géopolitique pour une nation comme la Russie de revenir au devant de la scène en réactivant l’importante influence « soviétoafricaine » qui était la sienne lors des successions d’indépendance. Et cela à l’image de celle avec la Guinée de Sékou Touré dès 1958 et du Mali de Modibo Keita dès 1960. Depuis le coup d’État malien de 2020, la relation avec la France bat de l’aile. D’un autre côté, le Mali et la Russie se sont fortement rapprochés aussi bien sur le plan militaire, qu’économique, et diplomatique. De quoi susciter des rivalités sur fond d’influence. Le Mali est au cœur d’enjeux géopolitiques c’est pourquoi nous sommes en droit de nous interroger sur la question suivante : le pays n’est-il pas involontairement devenu l’un des instruments d’une nouvelle Guerre froide qui ne dit pas son nom ?
Ce dimanche 22 octobre 2023, la capitale togolaise a abrité le premier rendez-vous inaugural d’une initiative panafricaine. Il s’agit de Manssah qu’on peut qualifier d’un type de think tank d’un ton très ambitieux. À la manette, l’emblématique journaliste camerounais Alain Foka (démissionnaire de RFI récemment) et 14 autres co-fondateurs. Des profils d’une belle crème d’intellectuels et d’entrepreneurs, qui visent l’émergence d’une renaissance panafricaine sous le sillage historique d’un symbolique personnage africain d’antan, Manssah Moussa du Mali. À entendre les communications lors cet événement à Lomé par la pertinence des diagnostics et les visions exposées en perspective, on en conclut qu’un Grand Espoir pointe à l’horizon pour débloquer certains imaginaires sur – dans le continent africain. Sans complexes dans le fond dit, les Manssah pionniers affirment leur détermination à questionner TOUT (l’éducation, la gouvernance, l’économie…) . À la question de savoir pourquoi l’Afrique francophone a été choisie pour lancer leurs activités, ils lancent sans sourciller en terme imagé que « quand notre maison est sale, pour la nettoyer, on doit commencer par la pièce la plus sale ». Ainsi dire que leur initiative a vocation continentale et s’inscrit dans un schéma ambitieux de développement pour faire émerger l’esprit Manssah partout. Il faut noter la présence des ministres des affaires étrangères du Togo et du Mali et d’un officiel en tenue militaire du Niger.
À suivre ci-joint le lien YouTube de l’événement :
Le leader de l’opposition Sénégalaise Monsieur Ousmane Sonko vient de boucler au total 55 jours de grève de la faim depuis son arrestation à son domicile, après 55 jours de séquestration par l’Etat du Sénégal sous le silence assourdissant des dignitaires religieux aphones et de la communauté internationale qui a toujours assumé le rôle de garant des droits civils et politiques ainsi que des droits et libertés démocratiques.
Depuis sa reprise de la grève de la faim, là détérioration de son état de santé s’est accélérée et il est à craindre le pire .
Tout laisse croire que l’Etat qui a jeté le masque, dévoilant sa véritable nature réfractaire aux lois qu’il viole avec arrogance et mépris à l’égard des citoyens sans aucun respect à l’endroit de dignes et loyaux magistrats
Tout porte à croire que l’exécutif tente d’affaiblir le pouvoir spirituel auprès des disciples,car les appels et interventions de ce dernier auprès du chef de l’Etat n’ont à ce jour enregistré aucun résultat.
Seul Ousmane Sonko a eu à donner des résultats positifs au pouvoir spirituel, en écoutant et en satisfaisant ses demandes sans rien obtenir en retour.
L’homme politique qui a une alternative de gouvernance a si enduré et souffert d’injustices, a encore foi au peuple Sénégalais qui aspire au changement et continue à subir une violence d’Etat, avec des arrestations arbitraires et des abus de qualifications juridiques qui ôtent au juge gardien des libertés, toute liberté d’appréciation et maîtrise de ses dossiers sur la détention provisoire.
Point n’est besoin de polémiquer sur le comportement hors la loi de l’Eat du Sénégal qui s’est illustré avec son refus d’exécuter les décisions de justice (jugement dé Ziguinchor dont le recours devant la Cour Suprême et les délais de Recours ne sont pas suspensifs , ordonnant la réinscription de Ousmane Sonko sur les listes électorales),refuse d’enrôler à nouveau le dossier Adji Rabi Sarr pour juger Ousmane Sonko en violation avec allégresse la loi.
Face à autant d’épreuves dont la seule et entière responsabilité incombe aux autorités politiques, judiciaires, administratives , des intellectuels dégénérés et ensemble les forces de défense et de sécurité, il est à craindre qu’Ousmane Sonko ne laisse pas les autorités faire porter le chapeau de ce qui semble désormais prévisible aux autorités hospitalières, vu l’état dans lequel il a terminé sa journée du 22 octobre, et qu’il exige d’être ramené en prison.
Le degré profond d’encrage de la démocratie et de l’Etat de droit, ne laissait nullement présager que le machiavélisme et le cynisme d’un groupuscule de personnes pouvaient réussir par la manipulation des textes de lois, le bruit des bottes et la trahison de leur serment de gens de justice , à causer autant de mal et de dégâts qui ont sapés les fondements des institutions devenues moribondes.
Il ne faut jamais avoir la vanité de son intelligence et l’orgueil démesuré du paon, car le réveil brutal ne manquera pas de vous surprendre.
Cire Clédor ly Avocat sans frontières Membre du collectif de défense d’Ousmane Sonko
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