Ce Monsieur peut être qualifié comme un ex vrai « faux » martyr d’une certaine pratique politique xénophobe et chauvine dans ce pays ouest-africain. À une époque troublée de l’après Félix Houphouët-Boigny (premier président mort en 1993), l’ancien économiste international (FMI) a été terriblement visé par le belliciste concept de « l’ivoirité » dégainé par le successeur du vieux, M. Henri KonanBédié. Ainsi, un clivage profond s’est glissé dans le corps social et politique du pays le divisant entre ensemble nordiste et ensemble sudiste sur la nationalité. Une politisation à outrance autour de l’identité ivoirienne dont l’épicentre est arrimé à la carrière politique de l’actuel président issu de l’ensemble nordiste. M. Alassane Dramane Ouattara siglé ADO avait bénéficié d’une large sympathie à travers le monde à juste titre, il était considéré comme une personnalité politique (ancien Premier ministre du pays) victime injustement d’une cabale xénophobe et discriminatoire orchestrée par une certaine élite politique du sud. À travers sa personne, c’est tout l’environnement socio-politique des gens du Nord (à majorité musulmane) qui subissait un certain étiquetage suspicieux concernant leur ivoirité. Le pays a connu diverses tensions politiques (tentatives de coup d’État, coup d’État…) jusqu’à l’éclatement d’une rébellion nordiste et sa division géographique sur une période. Au milieu des années 2000, après plusieus phases de négociations-réconciliation, le régime (contraint) de M. Laurent Gbagbo l’avait rétabli dans ses droits civiques. Lors des élections présidentielles de 2010 (31 octobre et 28 novembre), il était donné gagnant au second tour avec 54,10% face à M. Gbagbo qui conteste et s’en est suivie une grave crise post-électorale causant plusieus milliers de morts et blessés. Le système international (l’ONU et ses initiatives) sous l’égide très intéressée et douteuse de la France (l’ancienne puissance coloniale du pays), mettait fin au pouvoir sortant. Laurent Gbagbo arrêté avec plusieurs cadres de son régime, a été déporté à la CPI à La Haye en compagnie de M. Charles Blé Goudé. Ils y passent presque une décennie avant d’être acquittés et libérés en janvier 2019.
Au pouvoir depuis 2011, M. Ouattara et ses alliés dominent largement l’espace politique du pays et d’aucuns l’indexent qu’il pratique une sorte de rattrapage ethno-racial et confessionnel au cœur de l’Etat au profit d’un noyau substantiel de son camp. Il a eu droit sans peine à un second mandat et s’est permis un forcing constitutionnel pour en faire un 3ème en cours. Et le doute plane encore s’il ne compte pas y aller de nouveau pour l’échéance de cette année 2025. Ce qui est d’actualité vive concerne l’affaire de la liste électorale provisoire affichée par la Commission électorale indépendante (CEI) dirigée par un certain Ibrahime Coulibaly-Kuibiert. Faits problématiques ; 3 grandes figures politiques sont bannies de cette liste, en plus de l’ancien président L. Gbagbo, M. Soro Guillaume (ancien Premier ministre allié de Ouattara) et M. Charles BléGoudé (ancien ministre sous Gbagbo). Il reste la suite d’éventuels recours pour ces personnalités qui disposent chacune d’une certaine base sociale et politique dans le pays.
Espérons que le camp de M. Ouattara en haut lieu veille débloquer cette situation qui peut mener à d’autres frictions politiques d’ici l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. Après 15 ans de règne et âgé de 83 ans aujourd’hui, c’est peut-être enfin l’âge et les dispositions morales à la sagesse pour qu’il sorte de ça. Il faut PACIFIER le champ politique et social en laissant tous les candidats aller à la compétition sans micmacs déloyaux et injustes à l’encontre de certains opposants. Les méthodes iniques et discriminatoires utilisées contre lui par le passé, il n’en devrait pas être instigateur similairement pour écarter et écraser d’autres auteurs sociaux politiquement aujourd’hui. L’arène politique ivoirienne ne peut être qu’enrichie et palpitante avec un Gbagbo en quête de remontada politique, un Blé Goudé assagi et visionnaire et un Guillaume Soro retrouvant sa substance familière (la politique) depuis sa jeunesse.
Que la Paix Gagne Force et Pérennité en Afrique et dans le Monde !
Nous avons suivi avec un grand intérêt 2 interviews accordées par l’homme politique mauritanien M. Samba Thiam, à 2 plateforme Web TV. La dernière c’était chez Info Plus (https://www.facebook.com/share/p/12FnbciRBqz/) lors de laquelle il est revenu succinctement sur la genèse, l’évolution et l’actualité de son activisme politique. Une personnalité que d’aucuns qualifient de « controversée », dégage une teneur intellectuelle certaine et est dotée d’un parcours militant bien respectable et inspirant par sa constance et sa résilience. Le natif de Sélibaby dans le Guidimagha mauritanien, instituteur de formation, activiste téméraire, ancien prisonnier politique, ex président du mouvement des Flam et actuel président des Fpc (parti non reconnu par les autorités mauritaniennes), a su tenir vaillamment à ses convictions politiques sur une si longue durée. Sa parole publique retrace un pan historique de la marmite politique plus ou moins bouillante de notre pays. J’ai retrouvé divers éléments de comparaison dans ses récentes sorties médiatiques avec une certaine substance du livre « J’étais à Oualata » de l’ancien militaire M. Boye Alassane Harouna. L’ouvrage dont la préface porte la signature de M. Samba Thiam, ils ont connu la sinistre prison de Oualata et celle d’Aïoum. J’ai appris dans son interview, la durée de sa peine d’emprisonnement (5 ans) et qu’il fut gracié après 4 ans de prison. Une rude expérience humaine j’ose croire, et certains de leurs camarades de destin carcéral y ont péri affreusement. Les conditions de cette détention rapportées avec détails par M. Boye Alassane Harouna dans son ouvrage, sont inhumaines et infernales. C’était sous le régime répressif du colonel Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya qui s’est muté président élu dans une démocratie boiteuse (déposé par un coup d’état en août 2005 et en exil doré au Qatar depuis).
Également dans son livre, le militaire laisse comprendre son implication dans le putsch avorté du 22 octobre 1987 et n’admet pas de quelconques liens organisationnels avec les civils arrêtés (en 1986 suite à la publication du Manifeste politique) dont M. Samba Thiam faisait partie. Le coup d’État capoté était préparé par des éléments militaires appartenant tous au groupe sociolinguistique poularophone. L’auteur confesse que dans la grande muette, il ne manquait pas de ressentiments et petites tensions entre les éléments arabo-berbères et négro-africains. Et ce, surtout après l’introduction en 1987 de l’arabe dans les épreuves du brevet de capitaine. Il nous informe aussi qu’une organisation militaire clandestine fut créée déjà en 1985, sous la direction de feu le lieutenant Sarr Amadou.
Ce livre et celui de M. Mahamadou SY (ancien militaire également) « L’enfer d’Inal » constituent des données conséquentes de référence dans la littérature politico-militaire très lourde de notre pays. On espère un travail similaire en production livresque dédiée venant d’acteurs civils ayant participé, vécu ou subi cette phase troublante et conflictuelle dans l’arène politique mauritanienne d’antan. Un jour, les mémoires de la riche vie militante de tonton Samba Thiam, attendues sûrement…!
Aujourd’hui l’ancien exilé aux États-Unis, est toujours investi dans le champ politique et membre remarqué de la Coalition antisystème qui avait comme candidat aux présidentielles de 2024, le député M. BiramDah Abeid (arrivé 2ème avec 22,10% selon la CENI). Lors de ses interviews, M. Thiam a abordé quelques traits programmatiques de son parti politique, comme l’idée d’une décentralisation poussée dit-il du pays pour changer la nature de la gouvernance actuelle en vigueur depuis de nombreuses décennies. Selon lui, si le pays est subdivisé en 4 grands ensembles à la base des critères socio-économiques et culturels relativement homogènes, gérés directement (hors régalien) par les acteurs sociaux locaux, une dynamique en termes de développement multidimensionnel pourrait émerger.
Quelques questionnements de ma modeste position de citoyen observateur :
Dans un pays qui regroupe différentes communautés bâties intrinsèquement sur de piliers coutumiers et tribaux inégalitaires et discriminatoires par la naissance, les patronymes et les statuts, on voudrait bien savoir la nature substantielle de ce pouvoir local avec une gouvernance élue, héritée ou cooptée sur place… Ne va-t-on pas répliquer avec acuité à une échelle régionale tous les dysfonctionnements et carences en termes d’égalité sociale et citoyenne? Peut-être une promotion des systèmes intra-communautaires qui carburent au parfum féodalo-esclavagiste… d’autres petites bagarres intestines… type sud soudanais peuvent s’allumer… que Dieu nous en garde !
Et concernant le régalien, l’État central actuel sur la sensible question liée à l’éducation et aux langues et leur place politique (vue à l’international), ose t-il laisser une libre gestion de la politique linguistique aux institutions locales ?
Et les implications ou les imbrications imprévisibles à terme avec les environnements frontaliers avec nos voisins sénégalais, maliens, algériens, marocains et sahraouis…, un gros risque de séparatisme et conflits entre représentations démographiques…dans l’occupation des espaces (terres et eaux), sans parler de la problématique migratoire et les immixtions difficilement contrôlables de la parentèle transfrontalière…
Et la ville Capitale, Nouakchott région, aura quel corps électoral pour quelles institutions…? Va-t-elle nous imposer un visa d’entrée et d’actes de résidence…. hein..?
L’actualité politique respire d’un temps dialoguiste en perspective…. nous espérons un sans tabous pour l’avènement d’un véritable état de droit autour la qualité de LA CITOYENNETÉ PLEINE ET SANS SÉLECTIVITÉ en fonction de notre terroir originel de naissance.
En 1990, trente ans après le Soleil des Indépendances, lors du discours de La Baule, François Mitterrand, président français, appelait les États africains à s’engager dans la démocratisation en conditionnant l’aide au développement à l’ouverture politique. Cet appel marqua un tournant décisif en Afrique francophone et poussa des pays comme la Mauritanie à adopter le multipartisme en 1991. Cette ouverture est une opportunité pour construire une véritable unité, fondée sur l’inclusion et la justice sociale. De ce fait, l’unité nationale est célébrée comme l’un des piliers fondamentaux de tout État moderne. Au cours des dialogues entre l’opposition et le pouvoir -souvent disposant de la majorité-, ce concept revient. Dans notre république, il résonne particulièrement fort, tant dans les discours politiques que dans les aspirations populaires. Pourtant, derrière cet idéal se cachent des réalités plus complexes qui méritent une réflexion approfondie. Pourtant, plus de trois décennies après, la Mauritanie reste confrontée à des défis majeurs concernant les questions sociales, économiques et politiques. À première vue, l’unité nationale semble être une nécessité, un impératif pour garantir la stabilité et la prospérité. Cependant, si l’on observe de plus près, on constate que cet objectif reste souvent hors de portée —pour le moment. Les inégalités économiques persistantes, les exclusions politiques systématiques, la gestion tribale du pouvoir, l’influence militaire omniprésente, ainsi que les choix idéologiques en matière de langue et d’éducation continuent d’entraver l’émergence d’une véritable cohésion nationale. Dans ce contexte, l’unité nationale en Mauritanie est-elle une réalité en construction ou un leurre soigneusement entretenu ? Cette analyse propose d’explorer les soubassements internes, tout en mettant en lumière les perspectives d’unité fondée sur une gouvernance plus équitable et inclusive.
I. L’unité nationale : une aspiration légitime, mais un idéal fragile L’unité nationale, dans son sens le plus profond, repose sur l’idée d’une appartenance commune à une même nation, au-delà des différences de culture, de langue ou d’ethnie. En République islamique de Mauritanie, cette aspiration est « théoriquement » partagée par la majorité des citoyens. Cependant, dans la pratique, sa réalisation se heurte à plusieurs « Hurdles » décisifs. 1. La diversité, entre richesse et tensions Le pays, riche de sa diversité culturelle et géographique, aspire à l’unité, mais les fractures sociales, économiques et politiques sont toujours présentes et profondément enracinées. Dans cette nation mosaïque se trouve un peuple métisse. Cette diversité culturelle unique, se manifeste avec une population composée de Maures (Beïdane et Haratines), Peuls, Soninko, Wolofs et Bambaras. Cette diversité, au lieu d’être un facteur de cohésion, devient parfois un terrain fertile pour les crispations, exacerbées par des discriminations sociales et économiques persistantes, malgré l’adoption, au fil des années, de plusieurs lois d’orientation et lois organiques visant à renforcer l’unité nationale et à en garantir le respect. Alors que l’enrichissement de cette diversité tout en optant pour une culture citoyenne entièrement pourrait constituer un fondement solide pour une unité nationale basée sur la reconnaissance de chaque culture et identité, la réalité montre que les crispations identitaires et les inégalités nourrissent une forme d’exclusion. La construction d’une nation unie passe par une gestion inclusive de cette diversité, mais cette gestion semble, jusqu’à présent, manquer d’efficacité. 2. Unité nationale : des fondements institutionnels fragiles ? Tout au long de son histoire politique, plusieurs initiatives ont été mises en place pour promouvoir l’unité nationale. Des symboles ont été créés, des discours officiels prononcés et des efforts de réconciliation engagés, notamment avec le retour des réfugiés et la lutte contre l’esclavage. Pourtant, ces avancées restent fragiles face aux disparités persistantes dans l’accès aux leviers du pouvoir, aux exclusions politiques et aux inégalités économiques. En somme, les fondements d’une véritable cohésion nationale demeurent précaires. Les fractures sociales et économiques se reflètent dans une gestion politique marquée par une inclusion sélective, tandis que certains dénoncent une hégémonie culturelle. Ainsi, l’unité nationale ne saurait se limiter aux discours ; elle exige des actions concrètes en faveur de l’inclusion sociale, de l’égalité des chances et de l’équité politique entre les femmes et les hommes, ainsi qu’entre les différentes communautés culturelles. En l’absence de réformes structurelles profondes visant à combattre le système des castes, le tribalisme, le régionalisme et tous les autres -ismes qui divisent, sauf le patriotisme, cet idéal restera hors de portée. L’unité nationale demeure un projet en construction, nécessitant des réformes courageuses et une volonté sincère d’inclusion pour devenir une réalité partagée par toutes et tous.
II. Inégalités économiques : un obstacle majeur à l’unité L’une des causes profondes des inégalités en Mauritanie réside dans l’inégale répartition des richesses et des ressources. Malgré un potentiel économique important, grâce à l’exploitation des ressources naturelles telles que le fer, le gaz et le pétrole, les bénéfices économiques ne sont pas répartis de manière équitable. Une petite élite détient le contrôle de la majorité des secteurs économiques, laissant indifféremment une large partie de la population dans une précarité constante. 1. Une élite économique fermée Les inégalités économiques, aggravées par les obstacles liés à l’enrôlement à l’état civil et par un système éducatif ne répondant pas aux normes internationales, ne se résument pas à un simple écart entre riches et pauvres. Elles sont renforcées par une structure sociale figée et par le monopole d’un groupe sur l’ensemble des leviers économiques, limitant l’accès aux opportunités pour le reste de la population. Cette concentration des richesses entre les mains d’une élite restreinte alimente un profond sentiment de frustration et d’exclusion, en particulier chez les communautés marginalisées, telles que les Haratines et les populations dites négro-mauritaniennes. 2. Les ressources naturelles: une chance ou une malédiction ? La Mauritanie possède l’un des littoraux les plus poissonneux au monde. L’exploitation du fer y est ancienne, l’or y est extrait, et le pays dispose également de gisements de gaz et de pétrole, deux ressources convoitées par les grandes puissances. La gestion du gaz par consortium devait établir les bases d’une exploitation raisonnée et équilibrée des autres richesses nationales. L’arrivée du pétrole et du gaz représente un tournant potentiel pour la Mauritanie, mais elle soulève aussi des questions cruciales quant à la gestion de ces ressources. Si les revenus issus de ces secteurs ne sont pas utilisés de manière transparente et inclusive, il existe un risque réel que ces richesses aggravent les inégalités existantes au lieu de favoriser l’unité nationale. Le pays se trouve ainsi à un carrefour : ses ressources naturelles peuvent devenir un levier de développement partagé, à condition que leur gestion soit décentralisée et transparente, garantissant des opportunités pour l’ensemble de la population. À défaut, elles risquent d’accentuer les fractures sociales et de devenir un nouveau facteur de tensions.
III. Un système politique exclusif et verrouillé
1. La gestion du pouvoir : tribale ou démocratique ? L’accès au pouvoir en Mauritanie est souvent dicté par des logiques tribales et clientélistes, reléguant le mérite et la compétence au second plan. Bien que certaines compétences soient aujourd’hui mises en avant, les nominations dans l’administration et les postes de responsabilité restent largement influencées par des liens familiaux et tribaux, plutôt que par des critères de compétence ou de représentativité équitable. Certaines familles politiques reviennent ainsi de façon récurrente dans l’architecture du pouvoir. Cette gestion renforce le sentiment de marginalisation au sein de nombreuses communautés, qui se voient exclues des sphères décisionnelles. Elle perpétue une fracture entre l’élite et le reste de la population, favorisant l’émergence d’une classe politique hermétique, souvent déconnectée des préoccupations réelles des citoyens.
2. Un système politique inclusif ou non ? En dépit du fait que le pays organise des élections et permette l’existence de partis politiques, l’accès aux hautes fonctions de l’État repose encore largement sur des logiques tribales et clientélistes, où les nominations se font selon des alliances politiques et familiales, plutôt que sur des critères de compétence ou de mérite. L’alternance démocratique est alors freinée par un système politique où les forces sociales et politiques en dehors des cercles d’élite ont du mal à se faire entendre. Cela soulève une question cruciale : Comment construire une unité nationale solide si les mécanismes politiques d’inclusion sont absents ? Bien que la Mauritanie soit officiellement une démocratie multipartite, le paysage politique reste largement contrôlé par les cercles de pouvoir en place. Les élections, bien qu’existantes, sont souvent marquées par des irrégularités et des manipulations institutionnelles empêchant une réelle alternance. L’absence d’un véritable dialogue politique inclusif renforce le sentiment d’exclusion d’une partie de la population, réduisant ainsi les perspectives d’une unité nationale authentique.
IV. L’influence militaire : un État sous tutelle ? 1. Une omniprésence de l’armée dans la vie politique Depuis l’indépendance, l’armée a été un acteur central du pouvoir, oscillant entre coups d’État et influence discrète sur les décisions politiques. Si son intervention a parfois contribué à une certaine stabilité, elle a aussi freiné l’émergence d’une gouvernance véritablement civile ; voire démocratique. Son empreinte sur l’histoire politique du pays demeure profonde, tant par ses prises de pouvoir directes que par son poids dans les grandes orientations nationales. D’aucuns pensent que cela perpétue ainsi une présence qui limite la transition vers une réelle démocratie. 2. Une transition nécessaire vers un pouvoir civil uniquement Pour que la Mauritanie progresse vers une unité nationale durable, l’armée doit progressivement se retirer de la sphère politique et permettre l’émergence d’institutions autonomes et indépendantes. Cela exige des réformes constitutionnelles profondes, assurant une véritable séparation des pouvoirs. Si cette séparation semble visible en théorie, on peut s’interroger sur la réalité de son application : la présence de l’armée dans la vie politique ne constitue-t-elle pas un frein à une gouvernance véritablement inclusive et démocratique ? In fine, cette emprise pourrait représenter un obstacle majeur à l’unité nationale, d’autant plus que l’institution militaire, à l’instar des hautes sphères politiques, semble influencée par des considérations idéologiques..
V. Choix en matière de langue et d’éducation : des fractures invisibles mais profondes 1. La question de la langue : Une instrumentalisation idéologique ? L’arabe a été imposé comme langue dominante dans l’administration et la justice, accentuant la marginalisation des autres langues nationales ainsi que du français, pourtant essentiel à la transmission des savoirs techniques et scientifiques. Ce choix dépasse la simple question linguistique ; il relève d’une orientation idéologique. En privilégiant l’arabe, l’État a ignoré les autres langues pourtant parlées par une part significative de la population, instaurant ainsi une forme d’exclusion silencieuse. Par ailleurs, les écoles françaises restent largement accessibles aux enfants de l’élite, tandis que l’enseignement public, du primaire au secondaire, est en déclin, souffrant d’un manque criant de moyens et d’investissement.
2. L’importance d’une ouverture linguistique : le français et l’anglais comme clés de l’avenir ? Dans un monde globalisé, la maîtrise du français et de l’anglais est devenue indispensable pour accéder aux savoirs techniques, scientifiques et économiques. Le français, en particulier, relie la Mauritanie aux réseaux académiques et industriels internationaux, tandis que l’anglais s’impose comme une nécessité avec l’essor du secteur pétrolier et gazier, où il constitue la langue des formations et des outils spécialisés. Malgré la présence d’écoles américaines, celles-ci restent inaccessibles aux ménages à faibles revenus, creusant davantage les inégalités éducatives. La politique linguistique menée jusqu’ici a davantage servi un projet identitaire qu’un véritable objectif de développement. L’avenir du pays repose donc sur une approche éducative pragmatique, misant sur l’inclusion linguistique plutôt que sur une imposition idéologique
Conclusion : Unité nationale, un projet inachevé ? L’unité nationale en Mauritanie, bien que constamment invoquée, reste entravée par des fractures sociales, économiques et politiques profondes. La mauvaise gestion de la diversité culturelle, les exclusions politiques et économiques, l’influence militaire persistante et les tensions linguistiques compromettent la cohésion nationale. Toutefois, cet idéal demeure atteignable à condition d’engager des réformes structurelles courageuses : ● Une gouvernance transparente et inclusive
● Une redistribution équitable des ressources
● Une participation effective de toutes les communautés au processus décisionnel
● Une transition démocratique réelle, libérée de l’influence militaire
● L’avenir de l’unité nationale repose sur la volonté collective d’opérer ces transformations. Sans elles, elle restera un leurre ; avec elles, elle peut devenir une véritable lueur d’espoir pour une Mauritanie plus juste et inclusive.
Dans l’élément vidéo https://www.facebook.com/share/r/15dQYbU4Yo/ qui circule, ce compatriote ne semble pas apprécier les sorties en Europe du jeune député Khally Diallo. D’un ton visiblement compulsif et coléreux, le monsieur lâche quelques « perles » significatives à propos de ce que représente l’affaire du patronyme et des origines statutaires dans nos communautés respectives. Il indexe le député de n’être pas d’une haute (ou bonne) classe patronymique (Ba ou Kane) et qu’on ignorerait d’où il pouvait venir. En français facile, la chose la plus pesante dans nos relations sociales intra-communautaires et inter-communautaires, qui est le féodalisme et ses imbrications sociétales, apparait en arrière-fond dans la réplique Khattrienne. Ainsi dire, cette fixation par/sur les statuts des origines ou supposés statuts des origines, est une problématique qui peut nuire les uns et les autres dans le temps et dans l’espace. Elle tient ses racines du cœur institutionnel de nos communautés ou groupes sociolinguistiques et « s’entretient » malheureusement par nos divers complexes et sourdes fuites en avant. Un construit social qui ne peut pas se déconstruire par les silences bruyants et les évitements stratégiques qu’on tente de cultiver socialement et politiquement dans de nouvelles structures de socialité en milieux urbains loin dit-on de sphères villageoises…hein. Non… l’affaire est voyageuse et s’alimente en coulisses tout près. Elle peut surgir à tout moment pour stigmatiser les personnes à cause de leur appartenance supposée à une case statutaire donnée. Donc… il est d’un intérêt citoyen et militant pour déconstruire réellement ces univers mentaux qui végètent parmi nous et en nous, que les porteurs d’opinions et voix officielles s’en saisissent publiquement sans filtres, ni gants en dénonçant les torts et ceux qui en sont les auteurs dans nos communautés d’abord et surtout. Comme le système étatique est indexé pour ses manquements et ses procédés iniques, nos systèmes intra-communautaires ne sont pas innocents dans la perpétuation d’un monde des clichés sociaux tenus et largués ici et là contre X ou Y. Les rouages politico-militaires à l’échelle étatiques ont leurs équivalents dans nos villages et communautés, il faut s’y intéresser courageusement en osant affronter son propre complexe d’abord et faire face aux ressentiments voire à la désaffection des tenants réactionnaires du makhzen féodalo-esclavagiste qu’on sait tenir un certain ordre coutumier de gouvernance intrinsèquement inégalitaire. D’ailleurs… comme un député peut interpeller le gouvernement sur les actes anormaux d’un préfet ou d’un gouverneur, il devrait pouvoir le faire concernant un chef coutumier aux pratiques injustes et fascistes dans son giron communautaire.
Du boulot, il y en a beaucoup…pour l’avènement d’un ordre citoyen et juste dans notre pays. Ce fond langagier khattrien n’affiche qu’une facette de nous-mêmes…malheureusement !
Après des mois de controverse, la Maison des mondes africains, aussi appelée MansA va s’installer dans le Xe arrondissement de Paris. Ce centre pluridisciplinaire a pour ambition d’être le « QG permanent » des cultures africaines en France. Ce projet a été voulu par Emmanuel Macron et initié par le penseur camerounais Achille Mbembé. Les diverses autorités en charge du dossier se disputaient depuis des mois sur le lieu d’implantation de la maison.
Si l’art peut-être réaliste, les querelles parisiennes sont souvent surréalistes. Il a fallu des mois de débats et de controverse pour enfin décider du lieu d’implantation de la MansA, la maison des mondes africains. Ce sera finalement un ancien atelier du Xe arrondissement de Paris qui commencera à accueillir ses premiers visiteurs dès juin.
Pendant un temps, le ministère de la Culture souhaitait voir la maison s’installer sur les berges de la Seine, à la Monnaie de Paris. Mais le vénérable établissement datant du IXème siècle aurait dû partager un espace qu’il espérait rentabiliser pour financer son budget, faute de fonds publics.
La querelle avait pris un tour politique Par ailleurs, la querelle avait pris un tour politique. Les députés du Rassemblement national ont accusé le gouvernement de céder « aux sirènes de la repentance », vis-à-vis de l’Afrique. À cela, des difficultés budgétaires se sont ajoutées entre les deux ministères de tutelle, celui des Affaires étrangères et la Culture.
Au final, ce projet aura mis plus de trois ans à s’implanter. Sur le modèle de l’Institut du monde arabe, la MansA se veut à la fois une vitrine, un refuge et un tremplin pour les artistes africains.
L’enjeu, d’un changement de régime en Mauritanie, dépasse la seule personne de Biram. Biram est certes le porteur de la « VISION », le visionnaire, le seul à même de conduire cette vision à bon port, et quelques part l’homme providentiel de cette époque de l’Histoire de ce pays. Mais L’enjeu en lui même, est multidimensionnel, avec des répercussions sociales intergenerationnelles, transfrontalieres, régionales, voire mondiales. Le projet politique de Biram, n’est pas seulement local, mais est aussi une philosophie droit-de-l’hommiste et politique qui a vocation à être universelle; une contribution à résoudre des problématiques géopolitiques qui pourrait constituer un modèle réplicable à différentes échelles, dans différents pays, et au sein de communautés de pays. La centralité de l’Homme dans tout, comme matrice et fil conducteur, est le point fort de cette philosophie « implacable ». Si les tenants du régime actuel, et ceux du régime précédent, qui sont d’ailleurs presque les mêmes, avaient pris le temps d’analyser en profondeur ce que propose Biram, ils auraient certainement, s’ils sont intelligents, essayé de trouver le moyen de l’intégrer avec eux dans une configuration politique bénéfique à tous et au pays. Mais ils ne l’ont pas fait, et semblent toujours loin de le faire. Alors ils seront quand même rattrapés par la fatalité du sort: car le peuple aura le dernier mot… et le peuple n’a pas encore dit son dernier mot. La très prochaine salve d’élections finira d’entamer l’actuel régime, déjà à bout de souffle.
Par M. Moulaye El Hassene, militant droit-de-l’hommiste et acteur politique.
Biram Dah Abeid, chef de la Coalition des forces de l’opposition contre le régime, a déclaré que l’objectif de la coalition est de « renverser le régime de manière démocratique et d’accéder au pouvoir ».
Dans une interview exclusive accordée jeudi soir à Sahara 24, Ould Abeid a expliqué que les partis membres de la coalition « ne diffèrent pas dans leur opposition au régime », soulignant que « leur diagnostic sur son état est le même ».
« Les idéologies différentes ne divisent plus ceux qui luttent pour l’intérêt du peuple », a déclaré Ould Dah, soulignant que “le temps des tranchées idéologiques est révolu”.
Ould Abeid, arrivé en deuxième position lors de la dernière élection présidentielle de 2024, a fait part de son intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle, en déclarant chaque pas franchi est une préparation aux prochaines élections présidentielles ».
Parlant de son appel à l’autorisation des partis qui remplissent les conditions, il a déclaré convaincu que si le parti Rak était autorisé, « la Mauritanie verra la fin de la domination du parti au pouvoir sur la vie politique, une reconnaissance qui ne rompra pas nos relations avec le parti Sawab ».
« Nous avons des programmes clairs dans tous les domaines et nous avons la sympathie de nombreux cadres du régime qui ne peuvent pas manifester leur sympathie pour des raisons qui concernent le régime ».
Biram n’a pas nié ce que certains disent c’est-à-dire le fait que depuis qu’il s’est « réconcilié récemment avec la société traditionnelle, il a dû abandonner un grand pan de son radicalisme ».
« Mon objectif a-t-il dit n’est pas d’éliminer les notabilités traditionnelles et je n’ai aucun problème avec elles si les droits de la population étaient préservés » ajoutant qu’il avait gagné des batailles décisives avec les chefs traditionnels ».
A propos de l’autodafé, Biram a déclaré qu’il ne le regrettait pas considérant qu’il s’agit d’un acte glorieux auquel les gens se sont adaptés.
Ould Dah a parlé du mouvement IRA et de sa lutte pour mettre fin à l’esclavage, affirmant que « l’IRA est toujours présente sur toutes les places ».
Commentant son ascension, il a dit qu’elle « a transcendé les partis et les organisations et qu’elle est devenue en peu de temps l’égal du régime ».
Biram ne s’est pas dédouané de ses préoccupations politiques et a mentionné son souci de lutter contre l’esclavage en combattant la corruption.
« La question de l’esclavage est importante, mais je ne saurais ignorer la corruption dans mon pays, où les pots-de-vin sont répandus et où ses richesses sont pillées ».
« Je ne nie pas avoir des problèmes avec le régime d’Ould Daddah, et je suis sûr que si j’avais été à son époque, je m’y serais opposé », a-t-il déclaré, faisant référence à feu le président Mokhtar Ould Daddah.
« Cependant, ce qui caractérise son régime, c’est que la roue du développement dans tous les domaines a avancé dans un système basé sur l’abstinence à l’endroit des deniers publics ».
« Le seul reproche que je lui fais est celui d’avoir mené la guerre du Sahara “ mais je m’oppose cependant au coup d’État de juillet 1978, car il a retardé et même hypothéqué le développement du pays”.
VOA AFRIQUE – Un député d’opposition sénégalais proche de l’ex-président Macky Sall a été inculpé et écroué jeudi à Dakar pour « blanchiment, escroquerie sur les deniers publics et association de malfaiteurs », a indiqué à l’AFP l’un de ses avocats qui s’est dit « scandalisé » par cette décision.
Mouhamadou Ngom dit Farba, également maire d’une commune dans le nord du pays, a été entendu par un juge du pool judiciaire financier (PJF), un organe anti-corruption, qui l’a écroué, a déclaré Me Doudou Ndoye.
Il a été « placé sous mandat à la très grande surprise de ses avocats scandalisés par la procédure qui ne correspond à aucune des règles du droit sénégalais. L’accusateur ne dit rien de ce qu’il a fait. On le met en prison en attendant de savoir ce qu’il a fait », a fustigé Me Ndoye.
L’Assemblée nationale du Sénégal, saisie par le PJF, un organe mis en place par les anciennes autorités, avait le 24 janvier levé l’immunité parlementaire de M. Ngom pour qu’il soit entendu par la justice après des soupçons sur son implication présumée dans des irrégularités.
Le parquet de cette juridiction affirmait avoir reçu des rapports de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), un organe du ministère des Finances, qu’il a transmis à l’institution parlementaire, largement contrôlée par le pouvoir, pour la levée de l’immunité de M. Ngom, un homme de confiance de l’ex-président Sall (2012-2024).
« Les investigations menées révèlent des mécanismes sophistiqués de blanchiment de capitaux par le biais de sociétés écrans qui auraient été utilisées pour des transactions suspectes d’une valeur estimée provisoirement à plus de 125 milliards de francs CFA » (plus de 192 millions d’euros), avait affirmé le parquet du PJF dans un communiqué publié le 12 janvier.
Plusieurs autres personnes proches de l’ex-pouvoir sont citées dans ce dossier, selon la presse locale. Des dizaines de partisans du député Ngom qui ont manifesté jeudi aux abords du siège du PJF, en face de l’Université de Dakar, ont été dispersés par la police, a constaté un photographe de l’AFP.
L’entourage du député dénonce depuis plusieurs semaines l’exécution, selon lui, d’une « commande politique » par la justice. Le nouveau pouvoir sénégalais, issu de l’élection en mars du président Bassirou Diomaye Faye, a notamment promis de rompre avec l’ancien système.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a promis en septembre des enquêtes sur la « corruption généralisée » ayant sévi selon lui sous l’ex-régime. Plusieurs ex-responsables ont été inculpés et écroués ces derniers mois.
Birame rencontrera Ghazouani dans le cadre du dialogue futur entre les acteurs politiques
Le président de la République, Mohamed Cheikh Ghazouani a adressé une invitation à son double dauphin aux présidentielles de 2019 et 2024, le député Birame Dah Abeid, pour une audience à deux. C’était le jeudi 20 février 2025, alors que les sirènes d’un éventuel dialogue déchirent déjà l’arène politique. Quid de cette audience qui a pris tout le monde au dépourvu ?
Personne ne s’y attendait ! Pourtant, c’est arrivé ! Le président Ghazouani a convié le député Birame Dah Abeid, actuellement en déplacement à Dakar, pour une rencontre au sommet.
L’invitation lancée le jeudi 20 février 2025 a aussitôt entrainé une réunion d’urgence des présidents de la coalition antisystème que préside Birame Dah Abeid pour examiner cette main tendue du président Ghazouani. Après délibérations, le conseil a décidé à l’unanimité de répondre favorablement à cette invitation, tout en réaffirmant son attachement au dialogue constructif et à la défense de l’intérêt général.
Quelques jours auparavant, aux termes d’un débat entre les partis de l’opposition pour échanger sur le dialogue en perspective, Birame Dah Abeid avait déclaré qu’il ne prendrait pas part à ce dialogue sauf sous certaines conditions.
Auparavant, le chef de file de l’opposition démocratique, Hamadi Sidi Mokhtar, président du parti Tawassoul avait fait le tour des leaders, dont en particulier Birame Dah Abeid et Mohamed Ould Maouloud, président de l’Union des Forces du Progrès (UFP).
Cette effervescence de la scène politique en léthargie depuis la dernière campagne présidentielle de 2024, résultait de l’appel au dialogue qu’avait lancé le Premier Ministre, Mokhtar Ould Djay durant sa Déclaration de Politique Général (DPG) de janvier 2025 devant les députés de l’Assemblée Nationale. Il reprenait l’idée qu’il avait lancée déjà en novembre 2024 suite au discours de Ghazouani qui avait appelé déjà en 2023 à un dialogue politique nationale, idée reprise et confirmée plus récemment par le ministre de la Culture et porte-parole du gouvernement, Houssein Meddou.
Enfin, réhabilité ?
Faisant fi du déni de reconnaissance dans son entourage de la dimension politique de Birame Dah Abeid sur la scène nationale, le président Ghazouani se serait sans nul doute rendu à l’évidence que la politique de l’autruche ne saurait perdurer et qu’il fallait donner à César ce qui appartient à César.
La volonté évidente de son ministre de l’Intérieur d’écarter Birame Dah Abeid d’un dialogue qu’il comptait mener en solitaire sans devoir rendre des comptes, se serait enfin brisé sur la clairvoyance de Ghazouani qui pesait tout le ridicule qu’un tel scénario pouvait entraîner.
En effet, les acteurs nationaux, même les plus proches du pouvoir, mais surtout les partenaires extérieurs, voyaient très mal cette fuite en avant dans le déni de reconnaissance de la dimension politique de Birame et le refus entêté de lui délivrer les moyens légaux d’une participation politique, à travers la reconnaissance de son part, RAG.
L’invitation officielle que le président Ghazouani vient d’adresser à Birame Dah Abeid ne serait ainsi que la manifestation d’une reconnaissance explicite de sa dimension d’homme d’Etat.
Les termes éventuels d’un deal
Il est attendu, selon plusieurs observateurs, que l’entrevue entre Ghazouani et Birame porte essentiellement sur des questions politiques, en tête desquelles la reconnaissance de son parti, RAG, ainsi que celle des FPC de Samba Thiam, entre autres formations politiques en gestation.
Les échanges porteront de manière plus large sur le dialogue envisagé entre les acteurs politiques. Birame réitérera sans nul doute les exigences qu’il avait posées durant sa dernière rencontre avec le pool de l’opposition. A savoir, des garanties formelles sur la transparence du dialogue et de ses résultats, le choix des acteurs, la désignation d’un organe de supervision qui ne serait pas le ministère de l’Intérieur, et le caractère décisionnel des conclusions auxquelles les acteurs parviendront, exit toutes formes de recommandations.
Birame pourrait aussi poser le cas des jeunes assassinés à Kaédi et dans d’autres villes de la Vallée, à Boghé en particulier, lors des manifestations qui ont suivi la proclamation des résultats de la présidentielle de 2024. Aucune enquête n’a été menée depuis lors pour déterminer les circonstances du drame et désigner les auteurs.
En retour, le président Ghazouani, sous réserves des exigences déjà citées et d’autres que pourraient avancer Birame Dah Abeid au cours de l’audience, pourrait demander la participation de Birame au dialogue, la reconnaissance des résultats de l’élection présidentielle de 2024 qu’il continue de refuser.
En perspective de 2026
Il faut dire que la Mauritanie se dirige vers une succession démocratique en 2026 à laquelle l’actuel président, Mohamed Cheikh Ghazouani, sera écarté. Déjà, beaucoup de sources parlent d’officiers supérieurs qui prendront le relais, des noms circulent, comme si le pays est condamné à être dirigé par l’Armée. Le recyclage des militaires en costume durent depuis 47 ans. Et le peuple en a assez. Le changement vers un régime civil est le souhait actuel de tous les Mauritaniens, eu égard aux grands tords que les régimes militaires successifs ont créé. Retard de développement, mauvaise gouvernance, gabegie, émergence de tous les « ismes » destructeurs (tribalisme, clientélisme, despotisme, régionalisme, éthnicisme, etc.). La Mauritanie s’enfonce de plus en plus dans un gouffre sans fond, avec la recrudescence des injustices, du favoritisme, des passe-droits, de la compartimentation sociale, de la déliquescence du service public, pour ne citer que ceux-là.
Ghazouani serait ainsi bien inspiré, en tant qu’acteur principal des futurs enjeux politiques, de veiller à ce que l’élection présidentielle de 2026 soit l’une des plus transparente possible. De combattre ce qui devra être son ex-camp contre les magouilles et les tripatouillages dont il détient les secrets. Faire tout pour que la volonté populaire puisse s’exprimer en toute liberté et que le plus fort gagne. Laisser enfin un pays réconcilié avec lui-même et d’être l’artisan de la deuxième transition démocratique du pays, après celle qui avait amené Sidi Cheikh Abdallahi au pouvoir en 2006.
À Bamako, des mesures récentes, fortes et nombreuses, semblent annoncer des décisions plus graves touchant bien sûr le Mali, mais aussi les hommes qui le dirigent. Quel avenir ceux-ci se préparent-ils alors que la Confédération des États du Sahel se construit peu à peu ? Les institutions de cet édifice original vont se retrouver entre les mains de certains officiers. Malgré de piteux résultats (I), ils ont anticipé les temps à venir en se promouvant dans la carrière militaire en vue de la répartition des postes au sein de la Confédération (II) ; et, sur le plan interne, ils cherchent à pérenniser le statu quo (III).
I ~ La promotion de l’inefficacité et de la dangerosité
La dernière duperie de l’armée date du 16 octobre 2024 : les cinq colonels putschistes et leur compère Abdoulaye Maïga ont joui d’une promotion exceptionnelle – tant par son importance que par son caractère injuste. Les nouveaux généraux n’ont pourtant rien fait qui mérite telle récompense : au ministère de la Défense et des Anciens Combattants, Sadio Camara n’a pas endigué les violences terroristes ; en matière d’organisation des élections, chacun vérifie sans effort l’inefficacité du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Abdoulaye Maïga. Seul Ismaël Wagué, chargé de la Réconciliation nationale, pourrait se vanter d’avoir atteint quelques objectifs, mais tout Malien sait que les Assemblées nationales de la réconciliation nationale (ANR) et le Dialogue inter-Maliens (DIM) ont produit des recommandations écrites par la junte elle-même, une fois ses opposants écartés. De plus, les exigences à cette réconciliation imposées par Amadou Kouffa, à la tête du mouvement islamiste Katiba Macina, comme le respect de la charia, sont un camouflet, sinon une terrible humiliation. Quant à Malick Diaw, il n’a pas cherché à motiver les membres du Conseil national de la Transition (CNT), qu’il préside, pour légiférer contre le prix élevé de l’énergie. Le 1er novembre, il a même contribué, avec eux, à abîmer, encore, les règles de droit constitutionnel en votant la loi ratifiant le Traité de Confédération des États du Sahel. Enfin, concernant l’ordonnateur du désordre et de l’inefficacité érigée en programme politique, le général d’armée Goïta, il a organisé la perte de la souveraineté du Mali, partiellement confisquée par la Russie, par la Chine, et par la si puissante association interétatique en train de se constituer avec le Niger et le Burkina Faso. Un tel bilan ne les préoccupe pas, tant leur intérêt est ailleurs.
II ~ La répartition des fonctions au sein de la Confédération des États du Sahel
L’élévation des colonels au grade de général de division pour l’un, de corps d’armée pour quatre d’entre eux, et d’armée pour le premier de tous signale une ambition égotique. Elle signale aussi la nécessité pour ce quarteron de se hisser au rang le plus élevé de la hiérarchie militaire pour peser, au moins de façon symbolique, face au capitaine Ibrahim Traoré et, surtout, face au général de brigade Abdourahamane Tiani, leurs alliés et leurs complices depuis la signature du Traité portant création de la Confédération des États du Sahel le 6 juillet 2024. En effet, si ces hommes ont des intérêts communs, l’article 7 de leur Traité dispose que « le collège des chefs d’États est l’instance suprême de la Confédération » et que, selon l’article 8, leurs « décisions sont prises à l’unanimité ». Paraître le plus fort n’est donc pas un détail pour faire adopter son point de vue : les discussions entre les trois dirigeants seront inévitablement parfois tendues. Comme il faut régler les problèmes avant qu’ils n’arrivent, la nomination des hommes forts de la junte malienne s’explique aussi au cas où Assimi Goïta devait être temporairement remplacé par l’un d’eux : « En cas de changement à la présidence de l’État assurant la présidence de la Confédération, le nouveau Président de cet État continue le mandat de son prédécesseur jusqu’à son terme. » Ainsi le précise le cinquième alinéa de l’article 8. Elle s’explique aussi au vu de la deuxième instance de la Confédération que constituent les Sessions confédérales du Conseil des ministres. D’après l’article 12, celles-ci comptent les ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de la Sécurité et de ceux qui coordonnent le Développement. Là aussi, prendre part aux discussions en uniforme de général offrira à ces serviteurs de l’État un avantage certain. La reconnaissance, même théorique, par les autorités militaires suprêmes du Mali, de leur estimable parcours, leur offrira une stature considérable, utile lors des rencontres avec les autres dirigeants africains, et qui les légitimera un peu à leurs yeux, tant la culture du chef est encore vive dans cette partie du monde. L’actuel président du CNT sera sûrement désigné député confédéral et présidera la première session du Parlement de la Confédération, puisque c’est au Mali qu’a échu la première Présidence tournante de la Confédération. Il ne reste qu’à transposer, à l’échelon confédéral, la répartition des postes telle qu’elle est actuellement à l’échelon national.
III ~ Le statu quo au plan intérieur
La mise en place des institutions confédérales va continuer d’influencer l’ajournement des élections législatives et de la présidentielle : si elle organisait ces scrutins avant l’achèvement de l’édifice supra-étatique, la junte courrait le risque de perdre sa mainmise sur le Parlement national, donc sur le Parlement confédéral, d’autant plus que la Constitution de la IVe République prévoit l’existence de deux chambres législatives, ce qui augmente le danger de perdre la majorité, sinon l’unanimité. De ce point de vue, la situation présente des nouveaux généraux qui commandent le Mali est assurée de rester telle qu’elle est tant qu’ils empêcheront les citoyens d’élire leurs représentants. Mais même quand cela arriverait, il faut mesurer le péril qu’encourraient les putschistes de déchoir, car c’est au Conseil des chefs d’États que le Traité de Confédération donne un pouvoir gigantesque : ce sont eux qui actionneront les mécanismes de cette machine singulière ; eux qui convoqueront les Sessions du Parlement et les Sessions du Conseil des ministres. Quoi qu’il en soit, il est presque certain qu’Assimi Goïta conservera le fauteuil présidentiel, l’une des recommandations du DIM entendant « susciter la candidature du colonel Assimi Goïta à la prochaine élection présidentielle ». Une fois suivie, cette suggestion écartera la disposition de la loi électorale du 24 juin 2022, qui gêne le chef de la junte, puisqu’elle interdit à un membre de l’armée de se présenter à l’élection présidentielle, sauf s’il démissionne ou demande sa mise à la retraite. D’autres expédients sont possibles, comme imiter le moyen employé par le capitaine Traoré, qui, le 25 mai 2024, a fait modifier la Charte de la Transition pour prolonger de soixante mois (article 22) le régime exceptionnel et ainsi demeurer au palais présidentiel.
M. Balla CISSÉ, docteur en droit public Avocat au Barreau de Paris Diplômé en Administration électorale
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