● Mauritanie : le racisme d’État, l’arbre qui cache la forêt| Par M. Seyre SIDIBE

Dans un contexte où l’on s’achemine vers la présidentielle de juin 2024, il est plus qu’ opportun de se poser la question de savoir à quand un Noir mauritanien sera locataire du palais ocre.
Après 64 ans d’indépendance, la question est toute légitime et ne manque pas de pertinence au regard de la composition sociologique de la Mauritanie.

Même si certains y verront un réflexe raciste, sans se rappeler qu’un tel ressentiment vient naturellement de quelque part.

Il est l’expression, et la cristallisation des politiques odieuses et nauséabondes mises en place par les différents régimes qui se sont succédé au pouvoir depuis la naissance de la Mauritanie.

Résultat : la méritocratie n’a plus droit de cité.
Désormais, les seuls critères qui vaillent pour les nominations ou cooptations se fondent exclusivement sur l’origine raciale, sociale, tribale, régionale ou encore le clientélisme etc.

Ainsi des quotas sont affectés aux différents groupes communautaires de la république, avec une constante toujours respectée et perpétuée de génération en génération, telle une mauvaise tradition qui a la dent dure, et dont la toile de fond est de privilégier la composante dirigeante (Arabe, arabophone et arabophile) pour asphyxier les autres composantes sociales et linguistiques du pays.

Ce raisonnement fait écho chez tous ceux qui sont victimes d’exclusion, de racisme et de discrimination. Il rassemble tous les déshérités de la république au-delà de la couleur de peau.
Si bien que critiquer vertement l’élite Arabe est plutôt bien perçue.

C’est le sport favori de la plupart d’entre nous à chaque fois que l’occasion se présente : dans les colloques, dans les salons, dans nos articles de presse et maintenant surtout sur les réseaux sociaux notamment groupes Whatsapp et Facebook . Nous n’avions d’autres choix que de critiquer, des critiques constructives pour la plupart du temps pour que la situation change positivement.

En réalité, on manque de logique. En effet ceux qui crient au racisme sont eux-mêmes racistes à l’intérieur de leur communauté. Si le fauteuil de président de la république est taillée sur mesure pour la composante Beydane, ce qui est injuste, il faut rappeler tout de même que depuis 1960, chez les Noirs aussi les choix ne se font que dans certaines familles, au sein des mêmes cercles, qu’on peut citer sur les doigts d’une seule main.

Il y a désormais une nouvelle dynamique qui est en train de reconfigurer la société mauritanienne . Celle-ci s’intéresse plus aux injustices subies à l’intérieur des communautés noires, par d’autres noirs. Des questions laissées en rade au profit de la partie visible de l’iceberg : le racisme d’État qui frappe toutes les communautés noires de manière générale.

Ce qui revient à dire que parmi les Noirs, il y a ceux qui sont doublement opprimés et marginalisés. S’ils partagent avec tous les Noirs de Mauritanie les affres et les malheurs du système racial, à l’échelle communautaire, ils sont victimes d’une forme d’ostracisme alors qu’ ils constituent la majorité d’un point de vue démographique.
Dans la plupart du temps, ils sont exclus de la propriété foncière, des nominations politiques.
Et au plan religieux, ils ne peuvent diriger la prière, et ce quel que soit leur niveau d’instruction à cause de leur origine sociale et parfois des traditions en vigueur.

Le racisme d’État érigé en système de gouvernance en Mauritanie est une realite évidente. Mais qui peut porter ce message en toute cohérence ?
Les intellectuels . Quels intellectuels ?
L’une des qualités premières d’un intellectuel, c’est la constance, la cohérence et la crédibilité : des principes et des valeurs qui ne peuvent s’écarter de la recherche de la justice et de l’égalité entre les hommes. Et qui ne peuvent être à géométrie variable.

Le palais Ocre sera occupé par un Noir mauritanien, le jour où le Noir comprendra que son ennemi, c’est plus lui-même, son orgueil et sa vanité. Finalement, le procès fait aux Beydanes n’est pas sérieux : on les accuse de développer des politiques hégémoniques qui excluent et dominent et font de nous des citoyens de seconde zône etc., c’est exactement ce que nous faisons à l’intérieur de nos communautés. Nous posons les mêmes actes.

Tant que le Noir mauritanien s’accommode et se satisfait d’être meilleur que son frère sur la base de la naissance, il peut dire adieu à la prestigieuse magistrature suprême.
Il ne sera qu’ un faire-valoir ad vitam aeternam.

Le racisme en Mauritanie cache d’autres formes de racismes et de discriminations peu médiatisées et qui ne semblent intéresser personne.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/mauritanie-le-racisme-detat-larbre-qui-cache-la-foret/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR3D3WSK_MIcx9xPLpoMdB_fYQjevx83FD4g9q66S4jXHdFTM4jwllzHMww_aem_AYQLh4mgm7B06jO-PILerRj5PpTQSYl7P9yCGtWJFj4EoBfPJun3sKzOMzj_2sDBdK60iChjf5TpdjRUxt3iPt__

● Constat amer sur mon pays [Mauritanie] | Par Aboubacar siré Dicko .

Je me souviens encore comme si c’était hier, au collège à Sélibaby, pendant un cours d’histoire-géographie, au cours duquel notre professeur Monsieur S. BA, nous faisait part d’une information capitale que l’on ignorait à l’époque. Il nous disait ceci : « Si jamais, toutes les richesses de la Mauritanie se répartissaient comme il se doit, chaque citoyen bénéficierait dès sa naissance, jusqu’à la fin de ses jours : une maison, une vache, un salaire pour chaque mois, sans exagération 》.

J’étais assis sur ce petit banc, entrain de le fixer avec curiosité, cela était peut-être dû par mon ignorance car je ne comprenais pas le sens et l’importance des mots, qui sortaient de sa bouche.
Une question qui me venait en tête le plus souvent en l’écoutant, est ceci :  ce Monsieur n’est est-il pas un opposant malheureux qui ne gagne pas assez pour survivre ou un mécontent de la société ? Mais plus d’une décennie après, j’ai heureusement fini par comprendre qu’il disait vrai.
Malheureusement quand on est adolescent, on comprend les choses comme un adolescent.

Cependant, quand j’ai commencé à lire correctement entre les lignes, et c’est lorsque j’ai commencé à observer notre pays avec les yeux d’un adulte que j’ai d’emblée compris que j’étais trop limité intellectuellement et psychologiquement à comprendre certaines choses.
En outre, ma maturité intellectuelle n’avait pas été assez développée pour appréhender les propos/dires de mon professeur.

Je rappelle que je ne fais point aucune révélation, ni moins une divulgation de secret d’Etat, c’est plutôt tant de réflexion et de vérification. Peut-être même ce que je dirai est certainement connu de tous. D’ailleurs on n’a pas besoin d’être intellectuel pour le savoir.

Les simples raisons qui me poussent à dire tous ces tralalas, que j’estime aussi convaincantes.  Mes chers lecteurs permettez-moi de citer les différents types de ressources que regorge notre cher pays offert par DIEU TOUT PUISSANT.

Depuis 1960 à nos jours il y a des ressources qui alimentent notre caisse nationale, mais, les effets sont invisibles dans un petit pays comme le nôtre, à titre d’illustration : (Minerais de fer, Cuivre, Or, Pétrole, Gaz naturel, les cotes les plus poissonneuses), sans compter aussi les fonds distribués « soit disant aides ou subventions » par papas (FMI, BAD, UNION EUROPEENE, BANQUE MONDIALE), etc…, j’en passe.

Dans ce cas on serait forcé de citer également les réalisations majeures qu’a connu notre cher pays depuis l’indépendance à nos jours. Aucune bonne route, la route de l’espoir (ou de la morgue) qui n’a pas encore fini de compter ses victimes, la route de guidimakha du 01 au 31 en chantier.

Un simple pont digne de son nom n’a jamais vu jour en Mauritanie exceptés les fameux EYSAKINE et carrefour Madrid qui traînent comme une tortue, aucune autoroute, alors que la monnaie ouguiya n’a nulle part où aller, si ce n’est pas sous le lit « Oul Foulane ». On se demande honnêtement ou passent toutes ses ressources.

J’ai honte, j’ai mal !!

Ouvert à toutes les critiques !

Aboubacar siré Dicko

● Guidimakha : préservons les noms de nos villages de la prédation culturelle | Par M. Seyre SIDIBE

Danguéremou = Chiteybeu

Niéléba = Awoycheu

Bokedianby = Sambatougeux

Diaguily = Boyboo

Sedelmé = Tijiritt

Gorilakhé = Mɓeydiyasakha

Kininkoumou = Khooumkhoum

Woulounbony = Debaye

Diogountouro = Bichdoure

Cela semble anodin pour de nombreux Soninké du Guidimakha, qui ne semblent guère offusqués, irrités et outragés par la « rebaptisation » des noms de leurs villages. Ces quelques exemples triés sur le volet sont révélateurs de l’ampleur du phénomène.

Il se manifeste de deux manières : l’attribution d’un autre nom, autre que celui donné par les habitants eux-mêmes ou une déformation subtile et volontaire du nom du village, en lui intégrant un timbre étranger et arabisé.
Ce qui conduira demain à semer le doute, en ouvrant la voie à des interprétations conflictuelles liées à la fabrication d’identités et de personnalités doubles autour de l’histoire de la fondation de nos terroirs.

Ce mal rampant et sournois progresse, en gagnant du terrain sans que les populations autochtones ne s’en inquiètent.
Ces dernières sont embourbées et empêtrées dans une guéguerre absurde pour servir un orgueil qui appartient à une époque révolue.

Pendant ce temps, leur histoire, leur patrimoine, et les preuves de leur antériorité au Guidimakha sont en train d’être falsifiées, et demain effacées.

Dans de nombreux villages Soninké, qui existent pour la plupart depuis plusieurs dizaines de décennies, on assiste indifféremment à ce drame qui rappelle, ce que d’aucuns appellent ailleurs, dans d’autres circonstances : « le grand remplacement ».

Personne ne dit rien. Les élus, les cadres ne s’en préoccupent même pas, leurs priorités sont ailleurs.
Nos intellectuels, ils sont eux préoccupés dans une logique de justification de la noblesse d’une partie de la communauté par rapport à d’autres; en alimentant la haine et les rancoeurs sur des questions surannées.

Voilà les genres de sujets croustillants pour notre intelligentsia, y compris nos marabouts : s’investir à expliquer et défendre une prétendue noblesse périmée tel un médicament dont la date de péremption est clairement indiquée dans la notice. Mais on s’entête fanatiquement. Coûte que coûte, on veut l’administrer au malade. Devinez la suite !

La défense de la culture Soninké en vue de sa pérennisation en Mauritanie (contexte particulier) passe d’abord par la préservation et la sauvegarde des aspects de nos us et coutumes consensuels. Notamment les éléments du patrimoine Soninké autour desquels tous les groupes communautaires se retrouvent et s’y identifient .

Les noms des villages Soninké font partie de ceux-là. En effet, quelle que soit la nature, et la tournure regrettable des conflits qui opposent les Soninké, ( progressistes et passéistes ) aucune partie n’a jusqu’ ici eu l’idée d’appeler jusqu’ au changement du nom donné à son village.

Les noms de chacun de nos villages ont une histoire et une signification liée à leur genèse.
Ils ont un contenu phonétique, sémantique propre qui renvoie à quelque chose de singulier et symbolique, plus approprié à défendre qu’une noblesse évanescente.

Il y a eu certes des quartiers rebaptisés, parce que l’ancien nom était stigmatisant et dégradant du fait qu’il rappelle un passé déshonorant pour certains. Mais il n’en est jamais était question de rebaptiser le village. C’est peut être la preuve que les deux parties en brouille seraient toutes fondatrices et autochtones. Ce détail sans être insignifiant et superflu doit être l’élément de réconciliation entre les Soninké au Guidimakha.

Ceux qui aiment à la moindre occasion bomber le torse pour clamer leur supériorité sont curieusement atones et inaudibles ; alors que les temples, soit les dernières citadelles de l’identité Soninké dans cette contrée sont menacées.

Appeler autrement nos villages, les « renommer « , c’est comme changer l’emballage d’un produit dont vous n’êtes pas dépositaire du brevet. Après avoir changé le contenant, la deuxième étape consistera à y introduire un contenu nouveau, c’est la démarche de l’impérialiste.

Refuser des concessions, des reformes sociétales consistant à réviser le contrat communautaire pour le rendre plus juste et égalitaire, sous le fallacieux argument que celles-ci compromettent l’identité et la culture Soninké, et paradoxalement se taire devant un projet d’appropriation, de falsification des noms des villages, c’est en somme manquer de clairvoyance, d’esprit d’anticipation et de leadership. Le mal est là où il n’est pas .

Si rien n’est fait, nous ne lèguerons à la postérité que la somme de nos contradictions : des vallées des larmes, humiliation et souffrances etc. Elle sera condamnée à payer le prix de notre passivité, de notre lâcheté…

Alors, prenons y garde en nous investissant tous et ensemble pour la préservation de ce qui reste de nos villages contre la prédation culturelle.

J’invite vivement les étudiants et chercheurs du Guidimakha, les communes à s’intéresser à cette problématique liée à la toponymie de nos villages pour éviter la destruction ou d’usurpation de notre patrimoine.

Seyré SIDIBE

• Lien https://ondeinfo.com/guidimakha-preservons-les-noms-de-nos-villages-de-la-predation-culturelle/

● Lettre ouverte aux candidats de l’opposition | Par Dr. Mouhamadou Sy



Honorables et distingués destinataires,

Permettez moi de ne pas passer par les rappels peu pertinents et les déclarations encombrantes, pour ainsi aller droit au but.

Cette note est un appel désespéré à une unité de candidature, à s’entendre sur une voix qui sera portée par une de vos personnalités respectées dans une volonté d’alliance de la part de tous. Nous parlons bien d’une forme de coalition qui, s’il le faut, passera par le désistement de tous sauf un, à savoir le candidat sur lequel vous tomberez d’accord. En plus d’être une réclamation vers laquelle la voix populaire converge peu à peu et de plus en plus fortement, ce scénario est soutenu par des considérations purement objectives et rationnelles.

Car une chose relève d’une certitude presque mathématique (et j’aimerais bien me tromper sur ce point): Si vous y allez tous, vous perdrez tous! Et, non seulement vous perdrez, mais vous perdriez dans une relative insignifiance. Et ce n’est ni être pessimiste, ni être défaitiste, et encore moins être un oiseau de mauvaise augure que de l’affirmer. Vous allez en effet vous obstruer le chemin les uns les autres; car vous empruntez bien un chemin commun. Et par la force des choses, vous vous livrerez à une lutte intestine inévitable, menée par vos lieutenants locaux respectifs; vous vous bloquerez la route dans le désir dont chacun de vos camps sera naturellement animé d’avoir l’avantage sur le reste. Et tout cela, vous le ferez sur la moitié de l’autoroute qui vous sera disponible dans toute son étroitesse; l’autre étant occupée par le convoi du pouvoir chargeant déjà toute la masse acquise à sa cause notamment par des voies bien connues du clientélisme électoral dont il semble jusque là détenir l’ultime secret du fonctionnement.

L’enjeu capital d’une présidentielle mauritanienne est de forcer le parti au pouvoir à un second tour. Ce qui reste un fait d’une grande rareté dans l’histoire électorale du pays. Étant donné le mécanisme décrit ci-dessus, les chances d’y parvenir sont objectivement moindres dans la configuration actuelle, en dehors même des irrégularités du processus à prévoir.

Cependant, vous avez une possibilité sans faille d’acquérir cet objectif en coupant l’herbe sous le pied du pouvoir et choisissant de jouer le deuxième tour au premier tour: c’est ce que l’unité de candidature permet justement de faire. Dans une telle option, vous avez des chances de gagner incomparablement meilleures que celles actuelles; et s’il arrivait que les urnes vous donnent perdant, votre résultat n’en serait en aucun cas similaire au score habituel du candidat malheureux; celui-là qui n’a jamais encore pu faire de son détenteur une force d’opposition prépondérante. Ainsi, votre hypothétique coalition serait, même dans le cas défavorable, en mesure de constituer une force politique conséquente capable de redonner espoir au peuple qui souffre, et de dynamiser les aspirations au changement. Le bilan prévisionnel est donc simple à formuler: Réunis, vous êtes sûrs de gagner – le pouvoir ou la force suffisante à le contrer. Dispersés, vous perdez immanquablement et repartez dépourvus de toute capacité populaire à bâtir un pôle d’actions politiques significatif.

Je mesure parfaitement vos gigantesques investissements personnels respectifs. Je comprends les aventures et les attentes. Mais je fais aussi confiance en vos capacités à faire preuve de réalisme et d’abnégation, et à vous dépasser au bénéfice du bien commun imposé par la situation.

Si je vous écris aujourd’hui, à cinq semaines du jour des urnes, c’est bien par obligation. Je me sens, à l’instar de ces milliers de concitoyens, obligé de vous interpeller. À ce jour précis et ce jusqu’au matin du vote, plus qu’au pouvoir et au système régulièrement dénoncé, les commandes du changement vous appartiennent. Vous pouvez choisir de les utiliser à bon escient, tout comme vous pouvez vous inscrire dans le traditionnel sabordage des opportunités dont les conséquences se résument à des protestations postélectorales assorties d’atteintes physiques et d’arrestations sur des manifestants.

Que ferez-vous de ce pouvoir que vous tenez déjà entre vos mains ? Allez-vous prendre la décision rationnelle qui s’impose, loin des considérations personnelles secondaires? Oserez-vous donner au peuple la chance de pouvoir enfin agir significativement à partir de l’isoloir? Saisirez-vous cette opportunité de réaliser un tel événement historique? Nous sommes nombreux à compter sur votre sagesse.  

Veuillez s’il vous plaît recevoir mes salutations distinguées.

Vendredi 24 Mai 2024

Dr. Mouhamadou Sy

● Paris | Une journée à la Semaine Africaine de l’Unesco.

Jeudi 23 mai 2024, deuxième journée de la Semaine Africaine ouverte à l’Unesco (Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture). À Paris, à la Place de Fontenoy 75007, s’y tient cette édition d’un riche événement qui met à l’honneur des Cultures Africaines. Notre Blog y consacre pour vous cette visite photo-reportage. Un parcours d’exploration dans les allées et les locaux, qui a été facilité par un frère, ami et compatriote mauritanien Dr Ousmane Sao. Il est membre conseiller spécialisé dans la délégation permanente de la Mauritanie auprès de cette institution internationale. L’occasion de lui adresser nos vifs remerciements pour sa disponibilité tout au long de notre présence. Titulaire de deux doctorats, monsieur Sao a été un témoin privilégié lors du processus du plaidoyer qui a abouti à l’instauration d’une Journée internationale consacrée à la langue soninké par l’Unesco. Actée courant 2023, cette journée est fixée au 25 septembre de chaque année.
Nous avons visité le stand mauritanien très unicolore ou dire uniculturel ne reflétant aucunement la diversité culturelle de notre pays. Je tiens à saluer les 4 exposants rencontrés (bijoutiers et bijoutières principalement) sur place pour leur accueil chaleureux et les échanges cordiaux.

Notre Top moment instructif a été le visionnage du film documentaire « African Glory » dans la Salle IV. Sorti en 2023, ce documentaire réalisé par Thierry Bugaud explore historiquement l’aventure d’un empereur du Mali du moyen-âge qui s’était engagé avec ses troupes naviguantes dans l’océan Atlantique. Il s’agit d’Abu Bakr II du Manden. Il entreprit un voyage vers les terres outre atlantiques au treizième siècle… furent-ils arrivés ? Et que devinrent-ils par la suite ?
Dans le film documentaire, un intervenant rapporte qu’un autre empereur du Mali, pas le moindre, au Caire le célèbre Kankan Moussa fit mention verbalement (reccueilli par écrit auprès du sultan égyptien) de ce voyage de son prédécesseur vers l’Amérique. Ainsi dire, le narratif ressassé faisant du génois Christophe Colomb, l’exploitateur pionnier d’un monde nouveau (l’Amérique) en 1492, est foncièrement occidentalo-centré. Il l’eut découverte pour son monde à lui dans son environnement géographique mais d’autres humanités visionnaires sous d’autres cieux prirent des initiatives diverses et variées au cours de la Grande Histoire du Monde dans les temps les plus éloignés.

À noter des rencontres fraternelles et amicales avec des compatriotes mauritaniens et d’autres frères africains. Je cite entre autres, notre grand-frère Cheikh Dieng et sa compagne Mme Dieng, la grande sœur et militante Mariam Kane, le frère Dr Abou N’gaidé et le grand-frère Sow Boubacar. Belles retrouvailles !

Notre MOT de conclusion en guise de plaidoyer : Nos autorités doivent décentrer et ouvrir la carte d’identité culturelle mauritanienne à l’ensemble du spectre culturel dans sa diversité. À l’intérieur du pays comme à l’extérieur, et cet événement à l’Unesco voit exposer une Mauritanie diminuée.

✍️🏿KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

Voir ci-après le fil 📷-reportage :👇🏿👇🏿👇🏿

● L’empire de Wagadu ou l’antériorité du peuple Soninké

J’ai lu les TDRs du projet de film documentaire sur l’Empire du Ghana (Wagadu) dont le commanditaire est le Ministère de la Culture, de la jeunesse , des Sports et des Relations avec le Parlement.

Les protestations de la communauté Soninké sont plus que légitimes. En effet, lorsque vous parcourez le document, il y a quand-même quelques curiosités qui présagent d’une volonté d’orienter le documentaire, en mettant en exergue des éléments historiques généraux au détriment des aspects singuliers, authentiques et propres à une communauté historiquement, politiquement et géographiquement définie et connue.

Premier constat :

Le nom Wagadou n’apparaît nulle part dans les termes de références (TDR s) du film documentaire.
Or, l’empire de Wagadou est l’appellation consacrée et authentique des fondateurs.
En évitant et en escamotant ce terme chargé d’histoires et de signification en langue Soninké relève de la malhonnêteté intellectuelle ou d’une volonté de falsifier l’histoire.

Deuxième constat :

Dans les TDRs, le vocable Soninké est absent : Il n’est pas cité même une seule fois.
Voilà des indices qui peuvent expliquer l’inquiétude de la communauté Soninké notamment dans un pays où l’impérialisme culturel se meut en négation de la culture de l’autre.

Autre insuffisance des TDRs

On peut lire entre les lignes une volonté de donner à cette histoire, à ce patrimoine une dimension nationale. Ce qui n’est pas mal en soi du fait qu’ il participe d’une vision de construction de l’unité nationale et certainement de l’expression d’une forme de patriotisme.
Cependant les limites d’une telle démarche résultent du fait que l’Empire du Wagadou ( Ghana), bien qu’ayant pour capitale Koumbi Saleh ( en Mauritanie) est antérieur au découpage colonial des frontières.

Ainsi l’histoire de cet empire apostrophe et interpelle d’abord les Soninké du monde, aujourd’hui répartis dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest principalement (Mauritanie, Mali, Sénégal Gambie, Guinée et Côte d’Ivoire ), en plus de la diaspora.

S’y retrouvent dans cette histoire tous les peuples africains, du fait de la symbolique et de ce qu’aura été cet empire en termes d’organisation sociale, politique ainsi que sa stature aux plans du négoce et du brassage.

Un film documentaire sur cet empire doit être très sérieux et ne peut être circonscrit que dans les limites de la Mauritanie.
En effet, ce patrimoine est également celui des Soninké vivant dans les pays cités plus haut, en plus d’être celle de tous les africains voire de l’humanité.

Les personnes ressources devant être interviewées doivent impérativement appartenir à toutes ces entités.
Cette liste devrait englober des « dépositaires » de la tradition orale, des historiens, des anthropologues, des journalistes, des universitaires, des politiques etc. de tous abords au niveau du continent et au-delà.

Il faut rendre à César ce qui appartient à César

Le destin a voulu que Kumbi Saleh, la capitale de ce grand empire Ouest africain (IV siècle au XIII siecle) soit en terre Mauritanienne et que les Soninké en soient les fondateurs.
La Mauritanie doit en être fière et s’y identifier, en l’intégrant et en la considérant comme un pan du patrimoine national aux côtés des autres patrimoines de notre pays, une nation-arc-en ciel, multiethnique et multiculturelle.

Un film documentaire sur le rayonnement culturel de cet empire est à saluer à condition que cette démarche exclut toutes velléités de « réécriture » ou de falsification de l’histoire d’un peuple dont la paternité de l’empire, son antériorité et sa Gloire Soninké sont écrites avec de l’encre indélébile.

Jusqu’à preuve du contraire, l’empire du Ghana est Soninké et le demeurera. Et pour être complet, l’histoire nous renseigne que les envahisseurs, les rapineurs et les pillards étaient des chameliers, venus d’un ailleurs lointain : les tombeurs de l’une des plus grandes civilisations africaines d’alors.

Et comme si cela ne suffisait pas, ce film documentaire dans sa conception entend « anéantir » les survivances et les résidus qui ont échappé au travail de sabotage, de pillage des envahisseurs.
Si pour ceux qui veulent « réécrire l’histoire » du Wagadou, Koumbi Saleh le nom de la capitale de l’empire est étymologiquement expliqué de manière fragmentée et sans cohérence, l’historien Soninké, Abdoulaye Waiga, lui affirme que que Koumbi vient de Koubeenu ( ceux qui ), ga saale (se sont déterminés ou distingués par leur courage et probité ).

Par un phénomène linguistique bien connu la contraction » Koubeenu ga sale » est devenu par l’usage Koumbi sale. Ainsi chaque unité lexicale peut être expliquée en Soninké d’hier et d’aujourd’hui : la capitale du Wagadu ( Koumbi Saleh) exprime une reconnaissance pour le courage et l’intégrité qui ont identifié et désigné cette aire géographique, posé en quelque sorte la première pierre de la ville du pouvoir politique Soninké.

Seyre SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/lempire-de-wagadu-ou-lanteriorite-du-peuple-soninke/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR1MVxmEYAaq8Fo_lM-OQNxEz3zyFXFuFTR9lOPuhdtR8nmDzBtlU-jNgCY_aem_AXbkTb9FwjAdkQWNnreym3ImMvqZ98O-AKXuPjGo7vRHNF20ssjf_xArw3RdIV0UqwqCauYuonpUzIz_Gzd7hxIF

🔴Remous frontaliers Mauritanie 🇲🇷/Mali 🇲🇱 | Sur TikTok, arrogance et haine mal placées de certains utilisateurs !

Il faut le rappeler d’emblée, un voisinage paisible entre 2 pays partageant un tracé frontalier de plus de 2 mille kilomètres est une louable situation à sauvegarder et consolider impérativement par/pour les 2 parties. Les rivages de cette frontière sont habités par quasiment les mêmes groupes sociolinguistiques (par exemple pour les soninkés dans la région de kayes accolée au Guidimagha mauritanien…). Lors de l’embargo Cédéao contre le pouvoir malien, la Mauritanie s’est clairement positionnée en gardant intacts ses liens politiques et commerciaux sans aucune influence extérieure, à lire davantage https://futureafrique.net/node/17113. Les données politiques et sécuritaires du Mali sont marquées par d’innombrables turbulences (rébellions, terrorisme, coups d’État…) depuis plus d’une décennie, et un pays qui y est très proche territorialement comme le nôtre ne peut aucunement se réjouir d’une telle instabilité étatique tout près. Ainsi dire, les derniers remous frontaliers du flanc Est doivent être traités avec responsabilité  et retenue de part et d’autre par les autorités respectives. Ce qui semble être le cas ces derniers temps avec une navette croisée des hauts représentants étatiques mauritaniens et maliens pour discuter et clarifier selon les bonnes pratiques diplomatiques entre peuples frères.
Notre modeste plaidoyer par ce billet s’inscrit dans cette donne . Par conséquent, toutes les provocations belliqueuses porteuses d’une sinistre dose haineuse qui est distillée par certains hâbleurs dans les réseaux sociaux, sont à dénoncer vigoureusement. Ces dernières heures, j’ai été brièvement témoin d’un Live TikTok autour d’un débat titré sous ces mots « Mauritanie, dernier bastion de l’esclavage », et en voulant contribuer avec mes réserves sur l’hystérie discursive à sens unique de certains intervenants (maliens principalement selon la teneur de leurs dires..  et soninkés pour certains), la mission m’a été rude. Certains propos fourre-tout indexant la Mauritanie sur la problématique de l’esclavage ont été d’une orientation malhonnêtement exagérée et gravement biaisée. Sans relativisme aucun, ils entendent racialiser la problématique de l’esclavage, en substance pour certains « des arabes seraient (ultra-minoritaire) les méchants esclavagistes sur la majorité composée des populations noires ». Et que les pouvoirs publics ne feraient rien pour changer cette situation, et en essayant de leur expliquer que la problématique est trans-communautaire comme au Mali (en citant des affaires liées à la question dans la région de Kayes, notamment dans la communauté soninké), j’ai été assailli par leurs excitations acerbes. Pour eux, le débat concerne la Mauritanie, et je serais hors sujet par mon angle d’intervention. J’ai pu répondre dans un brouhaha que la Mauritanie a des lois contre l’esclavage et que la pratique du phénomène est relevée comme un crime contre l’humanité. En précisant que l’application de l’arsenal juridique en vigueur n’est pas encore effective. J’espérais continuer en vain pour notifier qu’au Mali une loi anti-esclavagiste proprement dite est en souffrance depuis de nombreuses années.
En sourdine, il est évident qu’ils sont motivés par une vision raciale voire raciste par rapport aux événements frontaliers entre les 2 pays. À mon sens, Il s’y prennent abusivement par ce biais bien manipulable et manipulé. Notre pays traîne des problématiques politiques liées à la gouvernance et à la cohabitation entre les composantes nationales, mais en faire une exploitation simpliste par un mélange haineux de ce genre, est inacceptable. Toutes proportions gardées, les chroniques secousses politico sécuritaires du Nord Mali ne peuvent être mis au crédit d’une nuisibilité qui viendrait du territoire mauritanien. Toute la Mauritanie politique et sociale n’a pas à être stigmatisée par une fâcheuse et bouffonne imposture analytique.

Que nos hautes autorités (maliennes et mauritaniennes) retrouvent la voi(e)x de la sagesse et de la sérénité afin d’éviter tout débordement conflictuel qui ne ferait que des perdants à coup sûr.

Vive LA PAIX!

KS pour le BLOG


📷 photo 2 avec un militant abolitionniste malien de l’ONG Temedt rencontré à Bamako en octobre 2021.

● L’éditorial OndeInfo |  Mauritanie, présidentielle de juin : les dessous de la flopée de candidatures

La fonction présidentielle a été tellement banalisée sous nos tropiques, à l’image de nos institutions qui sont devenues pour l’essentiel des coquilles vides. Si bien que n’importe qui peut prétendre briguer la magistrature suprême. Nous sommes certes en démocratie, le jeu est en théorie ouvert mais il y a des critères qui doivent prévaloir pour le profil et le casting des candidats.

Il suffit d’observer la flopée des candidatures en Mauritanie pour en avoir le coeur net. Cette mauvaise pratique démocratique est largement en vogue sur le continent. Cette banalisation de la fonction suprême est loin d’être un signe de bonne santé démocratique. C’est plutôt, une espèce de désordre créée pour divertir et profiter de la stratégie bien connue : diviser pour mieux régner par une fraude souvent intelligemment et savamment orchestrée.

Cette pléthore de candidatures n’est qu’ une extravagance démocratique notamment lorsque vous comparez le nombre d’habitants du pays, au nombre d’éleveurs inscrits sur la liste électorale, nombre de partis politiques d’une part et le nombre de candidats en compétition pour la présidentielle, d’autre part. Résultat : cette configuration est incohérente, déséquilibrée disproportionnée et asymétrique.

Il s’agit d’un indicateur, parmi d’autres qui montrent que notre démocratie est mal en point ; des signes qui présagent d’une volonté de manipuler les résultats. Une manière de programmer la fraude surtout de la faire accepter dans les esprits.

En effet, cette déferlante de compétiteurs n’est pas forcément suivie par l’organe en charge de la préparation des élections. En d’autres notre CENI, qui n’est pas lavée de tout soupçon de fraude, d’incompétence et de manque d’indépendance – allégations et craintes exprimées par des politiques et la société civiles sur sa gestion des élections législatives, régionales et communales de mai 2023-, est-elle sérieusement préparée à une présidentielle avec autant de candidatures ?

Ce foisonnement de candidature contribue sans doute à l’émiettement des voix et des votes. Ce qui peut fausser la vérité des urnes à travers l’augmentation exponentielle du taux de votes nuls notamment chez les électeurs analphabètes, soit la majorité des électeurs mauritanien.
Si la démocratie est le pouvoir de la majorité par les urnes, on est alors loin du compte.
La majorité sera alors lésée, et aura tout simplement manqué ce rendez-vous citoyen plus que déterminant.

Dans le contexte qui est le nôtre, cette avalanche de candidatures met au grand jour le talon d’Achille de notre démocratie, de la démocratie africaine le vote tribal, identitaire, racial etc.
Finalement, peu importe les projets des candidats. Or, pour vaincre les inégalités et pour ériger un État mauritanien juste pour tous, il faut choisir la candidature de celui dont le combat et les valeurs qu’il porte expriment les préoccupations existentielles des Mauritaniens, soit l’écrasante majorité.

Candidatures identitaires : les trouble-fêtes de la présidentielle

Comme l’affirme le dicton français : « Une hirondelle ne fait pas le printemps ».
Ce raz-de-marée de candidatures est une volonté de créer la discorde entre les citoyens, devant en principe défendre les mêmes intérêts afin qu’ils ne puissent pas s’entendre sur l’essentiel et accorder les violons.
C’est somme toute la crainte du pouvoir qui soutient et facilite la candidature des outsiders au détriment de véritables challengers .
Cette fibre identitaire semble marcher à tous les coups face à une opposition dont le trait de caractère le plus prononcé reste l’orgueil et le narcissisme.
Ces candidatures de la désunion font éclater l’élan patriotique des citoyens mus par le désir ardent de changement en faisant fi de pêchés de notre république : l’origine sociale, la race, la tribu, la langue et même la région.
Ce type de candidats entend affirmer par leur participation à la présidentielle, leur appartenance et celle des siens contestée en d’autres circonstances à la république, l’authenticité de leur nationalité.
Comme si le simple fait de participer à une élection présidentielle perdue d’avance était suffisant pour solder la question de la citoyenneté effective pour une partie des Mauritaniens.
Ce profil est celui d’une candidature de prestige, portée un opposant au régime obnubilé par le vote et l’électorat ethniques qui fait cavalier seul contre vents et marées. Ses rapports avec le pouvoir peuvent être distants ou douteux.

Candidatures satellites : les subordonnées du pouvoir

C’est une identité politique peu recommandable peu soucieuse de l’éthique devenue la caractéristique principale de certaines formations politiques pour freiner l’éclosion démocratique, une réalité de notre microcosme politique depuis plusieurs décennies.
Ces partis satellites sont une duplication, une duplicité du pouvoir pour jouer les infiltrés au sein de l’opposition.

En effet, le pouvoir a besoin de « l’information politique » pour mieux diviser, conditionner, réprimer ou récompenser afin d’arriver à ses fins.
Tapis au sein de l’opposition, ces candidats issus des partis satellites jouent et cachent jusqu’à la perfection leur double appartenance.
Ils ne cherchent pas le pouvoir. Ils ont pour mandat de rapporter, de créer la diversion pour retarder pour tuer l’élan d’émancipation du peuple à travers l’opposition véritable.

Séparer le bon grain de l’ivraie

Cela doit être le rôle des intellectuels, la société civile, l’opposition, la famille, les leaders d’opinions désireux d’un changement en profondeur de la gouvernance en Mauritanie.
Les Mauritaniens de tous bords doivent à l’unisson se départir de leurs divergences ou complexes pour soutenir une candidature unique, celle du peuple, du prolétariat et non de la bourgeoisie et de l’oligarchie.
Pour montrer que les autres mauritaniens aussi ont droit au chapitre, à la fonction présidentielle.

Il s’agit de voter utile pour sanctionner les candidatures satellites et de subordination dont se sert le pouvoir pour fragiliser les véritables adversaires politiques et ainsi se positionner ou repositionner selon les éventuels cas de figures.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/mauritanie-presidentielle-de-juin-les-dessous-de-la-flopee-de-candidature/

● Une pertinente note de lecture de notre dernier ouvrage | Par Dr Diallo Djibril dit Hadya.

Je viens de terminer la lecture de l’ouvrage de mon neveu Koundou Soumaré, qu’il a intitulé « Brève initiation à la géopolitique pour un jeune soninké : repères et événements historiques« .
J’ai été subjugué par la qualité de l’œuvre malgré son caractère synthétique,  moins d’une centaine de pages. Pour tout dire, j’ai été agréablement surpris, enfin….pas tellement,  compte tenu de l’esprit brillant qui l’a produit.
La lecture de cet ouvrage est une aubaine pour les amoureux de la géopolitique. La finesse de l’analyse, le choix judicieux des dates clés et des événements historiques majeurs, tout est minutieusement imbriqués.
Du 02 février 1885, moment crucial pour le continent noir, car consacrant son morcellement,  en passant par le 03 mars 1924, moment charnière pour la umma islamique avec la disparition du califat, symbole d’unité, à la fin de la seconde guerre mondiale et la création de l’organisation des nations unies en 1945, structure censée assurer la paix et la sécurité mondiale,  tous ces événements sont structurés,   organisés et commentés avec la rigueur et l’esprit de synthèse qu’on lui connaît et qui le caractérise indubitablement.
En faisant focus sur certains leviers propres à la sphère géopolitique à l’instar de la déclaration Balfour du 02 novembre 1917 pour l’établissement en Palestine d’un foyer national du peuple juif, l’organisation du traité de l’atlantique Nord du 04 avril 1949, bras militaire d’influence d’un occident offensif, sans oublier la montée soudaine des BRICS quii veulent finir avec un monde unipolaire sous la houlette de l’oncle Sam pour renouer avec une forme de multipolarité sur la scène internationale, l’auteur avec son style assez particulier à dressé les foyers de tension et les enjeux globaux de notre monde contemporain agité.
En concluant son envol rapide de la géopolitique par son pays natal, l’auteur a su comme à l’accoutumé avec brio mettre en exergue les points névralgiques de cette Mauritanie moderne, notamment la problématique des langues, la gouvernance politique,  économique et institutionnelle plus ou moins chaotiques.
Aussi, il a su placer le curseur sur certaines dates et évenements saillants comme le congrès d’Aleg, tenu du 02 au 05 mai 1958 avec l’objectif de définir la nature et les contours du futur Etat naissant et surtout le 28 novembre 1960 qui consacre l’indépendance de la République Islamique de Mauritanie,  qui quittait définitivement son statut de territoire d’outre-mer mais également de République autonome au sein de la communauté française.
En définitive,  cet ouvrage de mon neveu,  le blogueur, le militant des droits humains, est une mine d’or d’informations et d’événements historiques qui éclaire la lanterne du novice et lui offre les outils pour mieux lire et comprendre l’univers de la géopolitique.

À mettre entre toutes les mains.

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Mes chaleureux remerciements renouvelés à lui pour sa disponibilité et ses suggestions correctives de toujours.

• Lien Amazon de l’ouvrage https://www.amazon.fr/dp/B0D1NF32CZ

● Les conditions d’une véritable alternance politique en Mauritanie

Les Mauritaniens votent régulièrement depuis les années 90, avec l’avènement du multipartisme : élections présidentielles, communales, législatives et même régionales.

Vu de l’étranger la démocratie est en marche, les institutions sont en place et fonctionnent comme dans les grandes démocraties de ce monde.
Un écran de fumée !

Le rendez-vous avec les urnes n’est pas plus qu’une gymnastique, une  » théâtralisation démocratique », une supercherie qui coûte trop chère au contribuable, et qui met à rude épreuve
les éléments éparses de ce qui reste de l’unité nationale.

Le 29 juin prochain, les Mauritaniens retournent aux urnes pour élir le président de la république.
Mais d’ores et déjà la réélection du président sortant, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouna est assurée. On a même pas besoin de faire recours à l’art divinatoire.

Dans notre démocratie unique au monde, l’issue d’une élection présidentielle n’est un secret pour personne. Il n’y a point de suspense, tout est joué d’avance . Autre particularité de notre démocratie, comme en 2008 après le coup d’État contre Sidi Ould Cheikh Abdallahi, Ould Abdel Aziz est arrivé au pouvoir ; avant même qu’il ne termine son premier quinquennat, son successeur était tout désigné et son élection assurée d’avance.
L’histoire va-t-elle se répéter ?
Alors que le président Ould Ghazouani est dans l’assurance de succéder à lui-même pour son dernier quinquennat, le nom de son successeur circule depuis longtemps dans les bureaux, les marchés, les mosquées, les salons et dans la rue.

Le charme de la démocratie, d’une élection reste incontestablement le suspense, qui se manifeste par l’attente anxieuse des résultats, comme dans un examen sérieux où les candidats sont suspendus jusqu’au bout, non sans angoisse à la délibération.

Où est donc passée l’opposition ?

Finalement, en toute logique , on en vient à se poser la question de savoir s’il existe dans ce pays une opposition ? Et à quoi sert-elle ?

L’opposition, elle existe cependant, elle est l’ombre d’elle-même par ce qu’ elle est traversée par des divergences frivoles et capricieuses : problème d’égo, origine sociale, langue etc.

Des contradictions insensées qui la condamnent à ne jamais s’entendre autour d’une personnalité consensuelle en dépit des injustices qu’elle subit, qu’ elle dénonce inlassablement.

Tant que l’opposition ne réussira pas à s’affranchir des pesanteurs de plusieurs ordres, qui inhibent sa progression et sa cohésion, elle donne à l’autre les moyens de l’abattre.

Ce qui reste de l’opposition n’est plus que l’ombre d’elle-même puisqu’ elle est désormais ambivalente, difficile à cerner, à situer tant elle oscille dans tous les sens et dans toutes les directions : elle crie à hue et à dia.

Au-delà des élections : la réalité du pouvoir politique en Mauritanie

En vérité depuis l’indépendance, en Mauritanie on assiste au même pouvoir qui se meut en plusieurs régimes.
Ce sont les mêmes personnes à travers les mêmes familles, les mêmes tribus, les mêmes noms qui nous dirigent et s’invitent autour de la mangeoire. Un jeu de passe-passe sans fin.

Cette triste réalité est moins médiatisée que la question raciale, elle s’appuie encore sur des considérations sociales rétrogrades hiérarchisant les  » familles en grandes et petites ».
Celles qui doivent diriger et celles qui doivent garder le troupeau ou astreintes aux travaux domestiques et champêtres.

Des logiques qui sont en contradiction avec la république et ses valeurs. Ainsi une majorité qui se présente dans sa mosaïque de couleurs et de cultures ( Arabe, Hartani, Pulaar, Soninké et Wolof) prend en otage le peuple mauritanien, soit la majorité. Cette dernière est exclue, et subit la dictature et l’injustice d’une oligarchie manipulatrice réfractaire à tout changement au nom de ses intérêts venus héréditaires.

Le peuple est la source de toute légitimité : l’exemple sénégalais

Il est grand temps que le peuple souverain, cette majorité silencieuse marginalisée prenne conscience, comme au Sénégal pour s’imposer, faire prévaloir son poids électoral et démographique afin de faire basculer la balance du bon côté, celui de l’intérêt général.

En effet, c’est au peuple de dicter sa volonté par les urnes et garantir la transparence de l’élection présidentielle du 29 juin prochain.
Au Sénégal, c’est bien la pression du peuple uni et engagé pour le changement qui a fini par payer, et porter au pouvoir des jeunes gens issus pour la plupart d’origines modestes.
Le pouvoir a tout tenté, tout essayé pour empêcher cette ascension mais c’était sans compter sur la détermination du PASTEF.

Chez nous aussi, cette prise de conscience doit naître, cet exemple doit nous inspirer pour mettre en termes à cet exercice du pouvoir politique basé sur l’origine sociale et tribale .

Il faut que l’école soit un vecteur d’ascension et de promotion sociales, la méritocratie comme critère principal de sélection : de sortes que le fils du charbonnier, du paysan, du berger, de l’éboueur, et celui du général, du colonel, du magistrat, du ministre et de l’homme d’affaires aient les mêmes chances lorsqu’ ils ont les mêmes diplômes.

Seule la vigilance citoyenne peut faire peur à l’Etat malgré les gros moyens dont il dispose : moyens de répression, de dissuasion, de corruption, de manipulation etc.

Partout sur le continent où l’alternance a été possible, elle est l’oeuvre des masses déterminées résolument à éradiquer l’injustice, les inégalités, la dictature, la mal gouvernance, et les « privilèges des clans ».

Face à l’entêtement, l’opiniâtreté du peuple, les institutions et les hommes qui les dirigent, soit les gardiens des intérêts du pouvoir finissent toujours par céder pour dire le droit, la Vérité…

Cela n’est possible que lorsque le pouvoir est bousculé, acculé non pas par une opposition politique réunie sous la bannière d’une formation politique, mais un peuple uni, solidaire et convaincu qu’ il est le vrai visage du pouvoir, sa raison d’être, son émanation, sa légitimité et sa puissance.

Fort de cette volonté revigorée de son unité, le peuple décide alors de soutenir un homme, soit le plus en vue, le plus pesant, le plus proche du bas peuple et le plus charismatique, le profil idéal et véritable épouvantail capable de battre le pouvoir.

Voilà dans quelle perspective, l’alternance politique est envisageable en Mauritanie.
Une vraie alternance celle des hommes, celles des institutions et des pratiques.
C’est seulement à ce moment qu’on verra arriver au pouvoir des jeunes et des femmes venus de milieux modestes.

Des gens nouveaux, propres et immaculés issus de la masse laborieuse, porteurs de valeurs de travail, de justice et d’égalité dont ils sont l’émanation et l’incarnation.

Seyré SIDIBE

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