« Notre malhonnêteté n’a d’égal que notre égoïsme… » | Par Pr Mahamadou Sy



Nous sommes quand même une société des plus illogiques et inconséquentes. Nous adorons manifester notre colère quand nous recevons de l’extérieur des attaques discriminatoires ou basées sur un type de racisme ou un autre; ce qui est assez compréhensible. Nous célébrons des éléments extérieurs quand ils défendent notre dignité; nous aimons citer des gens comme Abraham Lincoln et autres personnes qui ont bravé les diktats racistes et discriminatoires imposés par leur propre milieu social sur des individus que nous sommes ou auxquels nous nous identifions. Quand il s’agit de dénoncer l’esclavage et autres torts commis par des maures, nous sommes sans réserve; nous voyons tout de suite de quoi il s’agit, rien ne fait écran alors entre nous et la réaction nécessaire de dénoncer voire d’agir pour que cela cesse. Nous n’allons pas scruter les détails langagiers de celui qui fournit le récit, ni ceux de l’évènement particulier servant de prétexte au soulèvement. Non, nous savons juste qu’il y a un esclavage – ou un suprémacisme tout au moins, et que les évènements en cours ont lieu dans ce contexte révoltant, cela suffit pour dénoncer. Après tout que peut-on faire de pire à l’humain que lui ôter sa dignité sociale?
Que peut-on reprocher à l’Homme qui veut reconquérir sa dignité fondamentale niée par la société qui n’est prête à la lui rendre? Autrefois, loin de tout reproche, on lui chanterait des louanges!


Ce qui s’est passé à Kaédi s’inscrit dans un contexte d’un suprémacisme assez expressif dont notre société n’est pas encore déterminée à se défaire. Nous ne vivons en paix que parce que les dominants ont ce qu’ils veulent sur les dominés: le prestige et les privilèges sociaux qui ont des répercussions économiques. À chaque fois que les dominés s’y opposent alors c’est le choc, c’est l’inconfort, le « déséquilibre » dans la force. Nous ne sommes pas prêts à voir, ni même à imaginer, le choc que cela fut pour eux durant des siècles sous domination sociale, l’inconfort de rester au bas de l’échelle sociale, le déséquilibre dont il s’agit quand on leur inculque socialement un état mental consistant à rationaliser et à digérer avant de faire hériter la condition servile.
Dans quelle de nos localités une prière publique dirigée par un individu issu du groupe dominé ne provoquerait pas de réactions virulentes? S’il voulait devenir imam permanent, ce serait alors la guerre. Et ce peu importe son savoir religieux! Cela est un fait. Donc dénoncer l’affaire de Kaédi c’est s’opposer à tout un système qui, s’il n’est pas éteint par tous les moyens, occasionnera encore et encore des violences. Car, que cela soit clair, aucun humain ne consentira à sa propre mise en servitude, même si celle-ci est soutenue par un dogme religieux farfelu.
Si nous voulons être logiques avec nous mêmes, nous devons compatir avec les victimes de toutes injustices et participer avec toute notre force à ce que celles-ci cessent. Combien de ceux qui se plaignent du système de gouvernance qui sévit en Mauritanie sont, par ailleurs, d’accord qu’on continue à interdir aux dits esclaves – ou descendants d’esclaves – de diriger la prière? Combien des dits esclaves sont d’accord que les femmes restent dominées? Combien de femmes dominées appellent la mort sur les homosexuels? Combien d’homosexuels sont de purs racistes? La façon sincère et optimale de lutter contre l’injustice est de transcender ses motifs d’expression et de saisir sa nature fondamentale qui est le fait d’être un tort profond sur la dignité et la vie d’un être humain. Si nous n’arrivons pas à le faire, alors, en réalité, ce n’est pas l’injustice en elle même qui nous répugne mais bien seulement celle dont nous sommes les victimes. S’il y a une injustice que ton appartenance sociale ou ta religion t’empêchent de combattre, ou, pire, te convainquent de commettre, alors sache quand même une chose: la tienne d’injustice n’est aucunement plus acceptable que les autres en raison des justificatifs en lesquels tu crois. Tu es tout simplement assez faible et corruptible pour t’allier avec des croyances criminelles au meilleur des cas, et au pire des cas tu es un criminel qui avait besoin de motivation ou de caution. Dans un cas ou dans un autre, ce sera extrêmement difficile pour toi de trouver une paix logique si jamais tu y étais un tant soit peu sensible.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=787518572172399&id=100027427912973

Affaire de Kaédi | « C’est une conjonction du féodalisme avec la religion. » Par le mathématicien Sy Mahamadou

L’affaire de Kaédi doit être dénoncée avec toutes nos forces. C’est une conjonction du féodalisme avec la religion. Le féodalisme désigne une catégorie de personnes comme esclave et la loi religieuse finit le travail en prônant l’infériorité religieuse d’une catégorie déclarée de façon inhumaine comme servile. Et le féodalisme et les lois religieuses concernées sont à bannir pour le bien de notre société. Il y a un peu plus d’un an, une conférence d’un marabout de renom au Fuuta avait fait le tour des réseaux sociaux. Conférence dans laquelle ce marabout exposait toute la théorie religieuse prévue par l’islam pour le traitement du dit esclave, allant du rapport entre les dits libres et l’avoir du dit esclave à des restrictions religieuses hautement discriminatoires et humainement rabaissantes. Il faut dire que ce qui s’est passé à Kaédi est une mise en pratique de la même théorie, et il est clair que si la même action de diriger la prière s’était passée dans d’autres localités, on aurait assisté à des réactions similaires. Donc on voit bien le problème. Non à la hiérarchisation des humains, non aux privilèges religieux à caractère discriminatoire. Je réitère mon soutien total à la lutte anti-esclavagiste, en particulier celle qui a lieu au sein de notre société.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur en date 7/4/21 https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=786467285610861&id=100027427912973

Mauritanie | Esclavage chez les négros-mauritaniens. Par Thiam Houssein

Aujourd’hui, même si les pratiques ne sont plus les mêmes, l’esclavage reste dans les esprits de certaines personnes, car ses séquelles peuvent être un vecteur de trouble à l’ordre social, à l’instar de ce qu’il s’est passé à Kaédi ce lundi 5 avril 2021 lors d’une querelle opposant les anciens esclaves aux familles qui, traditionnellement, dirigeaient les prières à la chapelle de Mpali Kaba. Cette querelle s’est tristement soldée par un bilan de dix blessés, dont deux graves.

En Mauritanie, le combat du militant Biram Dah Abeid s’est uniquement articulé autour de l’esclavage chez les maures-haratines, passant sous le silence les pratiques aussi esclavagistes qu’anti-républicaine, qui sévissent dans la société des négros-mauritaniens. Cependant que les attitudes esclavagistes, bien que cachées par le déni et l’indifférence, demeurent une monnaie courante au sein de la communauté négro-mauritanienne, d’aucuns n’hésitent d’évoquer la notion des séquelles de l’esclavage en adoptant la posture des négationnistes dans le milieu maure.
Tout acte esclavagiste est mauvais et à bannir. Par contre, l’esprit esclavagiste dans les négros-mauritaniennes est autant violent qu’avilissant .


En effet, il est observable chez les maures qu’un Hartani qui sait lire le Coran peut présider une prière; ensuite quand un Hartani meurt, il est enterré avec les maures.
Aussi les maures et les hartanis se président-ils la prière, se partagent le même cimetière, contrairement aux négros-mauritaniens.

Un intellectuel issu d’une famille anciennement esclave, n’a même pas le droit de porter un brassard dans une équipe au Fouta, présider une prière ou diriger une association du village.
Si une personne issue d’une famille d’anciens esclaves se marie avec une soi-disant noble, ce n’est pas parce qu’elle soit considérée comme un homme vivant dans une république qui fonctionne selon des lois qui ne font aucune différence entre les citoyens, mais c’est parce que cette personne-là a beaucoup d’argent.
Ces pratiques esclavagistes et féodales sont courantes chez les négros-mauritaniens, mais la conscience collective n’est pas encore prête d’en parler en prenant cette question à bras-le-corps.
Or, les soit-disants militants progressistes négro-mauritaniens, quoiqu’ils n’abordent jamais la question de l’esclavage sévissant dans leur propre société, ils sont promptes à sauter sur les cas de l’esclavage que l’on découvre dans la société maure pour en faire un tapage médiatique. Cette hypocrisie doit cesser.

J’accuse ! Oui, J’ACCUSE l’État mauritanien de profiter de ce différend au sein de la communauté négro-mauritanienne pour s’asseoir son pouvoir. Il est à noter que l’élite négro-mauritanienne au POUVOIR est issue d’une seule caste, celle des soi-disants nobles.
Il faut regarder les ministres négro-mauritaniens, les élus et les ambassadeurs pour s’en rendre compte, alors que nous avons des jeunes si brillants, mais également d’intellectuels issus des castes qui sont reléguées au bas le l’échelle sociale, à savoir les castés et les jeunes issus d’anciens familles serviles.
Dans ces conditions, l’État est complice de ces pratiques esclavagistes, féodales dans ce pays, Ce qui, à coup sûr, va compromettre le développement de notre pays en retardant le processus de mise en place d’un ÉTAT de DROIT.

Un pays ne saurait être si bien posé sur la rampe de l’évolution si une partie de ses enfants jouie des priviléges fondées sur la place que chaque individu occupe dans la stratification sociale.
Cette situation qui ressemble à l’organisation de la société française pendant l’ancien régime doit cesser pour laisser la place à une société fondée sur la rationalité sociale, base essentielle du républicanisme.
Nous réitérons que cela doit cesser pour le grand bonheur de notre communauté, pour le bien de la société, pour le bien de notre cher pays.
Plus jamais un Mauritanien, quelle que soit sa classe sociale, n’acceptera de se faire humilier.
Le conflit de Kaedi n’est qu’un avertissement.
Il est temps encore, de bâtir une société saine, un État fort, solide, loin de ses pratiques moyenâgeux.

“Si l’esclavage n’est pas mauvais, rien n’est mauvais.” dixit Abraham Lincoln. Mettons nos complexes d’à côté, parlons, discutons des choses sérieuses pour le bien de notre cohésion sociale et nationale.

Houssein Thiam alias Grand Thiam
Nouadhibou, Mauritanie

Réflexion – Mauritanie | Point de vue sur le Passif Humanitaire , Par Salihina Moussa Konaté

 

Vendre le dossier du Passif Humanitaire, c’est :
– Trahir la mémoire de nos ancêtres.
– Saborder le combat mené depuis des décennies par de bonnes gens 
– Une insulte à la conscience de tous les Mauritaniens en particulier des négro-mauritaniens.

Dire que nous avons mené trente-un ans de combat et nous n’avons pas obtenu gain de cause alors il faut vendre le dossier : cela signifie qu’on n’était pas sincère dans ce que l’on faisait ou l’on n’était pas convaincu de la légitimité de notre combat.

Ouvrons grandement les yeux, ce dossier ne doit en aucun être vendu puisqu’on ne peut pas acheter une Vie humaine. Et j’imagine que les veuves et les orphelins témoignent beaucoup de respect à l’endroit de leurs proches et jamais, ils n’abandonneront pas ce combat tant qu’ils n’auront pas eu gain de cause, au temps pour moi, tant que nous n’aurons pas eu gain de cause.
Abandonner parce que nous avons lutté décennie et que rien n’a changé, ce n’est pas tenir compte des réalités historiques telles que la résistance chilienne pour ne citer que celle-ci.

Ceux qui s’improvisent aujourd’hui en prêcheurs de la bonne parole, ont-ils ne serait-ce qu’une fois donné une becquée à ces pauvres dont les parents ont été rudoyés, humiliés et torturés jusqu’à ce que mort s’en suive ?

Il n’y a qu’un maroufle qui s’agenouille devant l’argent, qui met son ventre, sa gamelle au-devant sa dignité humaine.
Tant qu’il n’y aura pas ce que j’appelle la concession douloureuse pour adoucir l’absinthe, à savoir la justice, notre combat doit continuer.

Un de mes amis m’a dit, le 28 novembre 2020, qu’il fallait qu’on arrête les soulèvements populaires pour revendiquer les droits de nos prédécesseurs puisque l’on vit dans la sérénité et que le passé, c’est le passé. Je lui ai rappelé qu’un passé noir, pour le porter sereinement et le vivre en toute quiétude pour le vivre ainsi, il faut qu’il soit reconnu et il faut que lumière soit faite sur celui-ci afin d’éviter les amalgames. Cependant, tant qu’il y a des criminels en liberté, tant qu’il n’y aura pas de réparation judiciaire ou comme disait sommairement Samba Thiam lors d’un cours politique il ne faut pas renoncer tant qu’il n’y aura pas au minimum les devoirs suivants :
– Vérité (c’est-à-dire faire la lumière)
– Réparation judiciaire.

– indemnisation substantielle importante

– Mémoire (un monument symbolique et historique à la mémoire de nos ancêtres ).
Sans au minimum-là, tant que le cœur me battra, je ne ferai jamais fine bouche.

Lors d’une intervention, quelqu’un m’a interrogé si je suis issu de la communauté Puular (communauté dont les victimes sont majoritaires). Il voulait juste me renvoyer à mon appartenance ethnique comme s’il fallait être ceci ou cela pour dénoncer une injustice. Quand le droit d’un semblable est bafoué quelle que soit son appartenance ethnique, communautaire, religieuse ou son appartenance raciale (même si je n’aime pas ce terme), tout individu normalement constitué doit s’indigner. Il nous faut tout de même une liqueur de Dakin pour lénifier la brûlure de nos blessures. Alors nous devons travailler d’arrache-pied et chercher à gratter la croûte pour ressortir la mémoire de nos ancêtres afin de la peindre à l’aquarelle et de l’écrire pour la confier à l’éternité. Tene Youssouf Gueye ne mérite pas la mort ainsi que les autres prud’hommes. Je plains ceux qui veulent les enterrer à l’échange de bric-à-brac ou d’une somme modique.

L’important comme disait l’abbé Galliani à Mme d’Epinay n’est pas de guérir, mais de vivre avec ses maux. Et Stig Degerman avait si bien appréhendé l’inassouvissement de l’être humain à être consolé, disons l’impossibilité de la satisfaction de notre besoin de consolation. Donc nous ne cherchons pas une corde à tourner le vent cependant, juste un principe fondamental pour le vivre-ensemble.


J’abhorre l’hypocrisie mauritanienne, nous nous contentons de faire la politique de l’autruche sans jamais vouloir mettre le doigt là où le bât blesse. Nota bene il n’y a jamais eu de paix dans l’impunité alors il est temps pour nous de sortir de l’ombre pour honorer la mémoire de nos ancêtres, bien entendu avec l’établissement de la justice. Au lieu de se regarder en chiens de faïence. Rien ne se construit sur le silence. Nous devons apprendre notre histoire y compris l’histoire de tous les événements mauritaniens à mon sens l’histoire de lesdits événements doit être instaurée dans l’éducation nationale. Je conclus mon propos avec la fameuse citation du philosophe Élie Wiesel « ceux qui ne connaissent pas leur histoire, s’exposent à ce qu’elle recommence. »

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur (5/4/2021)

LA RÉVOLUTION TORODO DE 1776 AU FOUTA, Par Kaaw Touré

RÉVOLUTION ET MAUSOLÉE: C’est ici à Dieriyel Toumbéré (Djingué Mauritanie) non loin de Jowol que se repose Thierno Souleymani Baal le guide de la révolution Torobbe de 1776 au Fouta.





Thierno Souleymane Ball de Bodé, Tafsir Amadou Amath Couro Wane de Mboumba, Thierno Mollé Mamadou Ly de Thilogne, Abdel Kader Kane de Kobilo, El Fécky Agne de Gawol, Abdou Karim Daf de Séno Palel …et quelques autres érudits proclamèrent la République en 1776 au Fouta et rédigèrent la Constitution la plus avancée, pour leur époque.
Les historiens admettent volontiers que le révolutionnaire haïtien Anne Alexandre Sabès dit “ Pétion ” dans son discours à la constituante en 1790 cite cette révolution du Fouta en exemple précurseur.
: « Ils refusèrent les présents des compagnies négrières et interdirent la traite et le passage de toute caravane d’esclaves à travers leur pays ” a témoigné Pétion devant l’Assemblée constituante érigée par les révolutionnaires de 1789. Baron Roger en prit ombrage certainement qui ironisait sur cette antériorité démocratique d’un peuple noir :
“ Rien ne pourrait ôter de l’idée des peulhs, qu’en interdisant la traite des noirs, les Européens ont été déterminés par leur exemple. Ils sont fiers de nous avoir distancés dans la carrière de la raison et de l’humanité… ”

Les recommandations directives de Ceerno Suleyman Baal étaient les suivantes :

1°) – « Choisissez un homme savant, pieux et honnête qui n’accapare pas les richesses de ce bas monde pour son profit personnel ou pour celui de ses enfants » ;
2°) – « Détrônez tout Imâm dont vous verrez la fortune s’accroître et confisquez l’ensemble de ses biens » ;
3°) – « Combattez-le et expulsez-le s’il s’entête »;
4°) – « Veuillez bien à ce que l’Imâmat ne soit pas transformé en une royauté héréditaire où seuls les fils se succèdent à leurs pères »;
5°) – « Choisissez toujours un homme savant et travailleur ; »
6°) – « Il ne faut jamais limiter le choix à une seule et même province » ;
7°) – « Fondez-vous toujours sur le critère de l’aptitude ». »


La lutte continue!


Kaaw Touré.

©️ Crédit source : Post FB – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10158185926860544&id=731995543

Réflexion | Ces freins coutumiers au mariage chez ces Soninkés, Par Bano Coulibaly

Bonjour à tous !

Je voulais poster ce post depuis bien longtemps; depuis que ma chère Mauritanie s’est qualifiée à la CAN pour la deuxième fois de suite. félicitations aux Mourabitounes !!!

Mais je me suis dit que ce n’était pas le moment, vu la ferveur que cette qualification a suscitée.

Bon, maintenant que les choses se sont calmées , je me permets de m’adresser à tous ceux qui veulent se marier avec un(e) soninké, afin de leur donner quelques règles « d’or » avant qu’ils ne s’engagent.

1) D’abord, faites en sorte qu’il ou elle soit du même pays que vous. Et ceci, même si vous êtes à l’étranger et qu’il n’y a qu’une chance sur 1 000 000 que vous alliez vivre dans votre pays d’origine.

2) Ensuite, si vous pouvez avoir le même nom de famille que la/le prétendant(e), vous marqueriez des points (aux yeux des parents et donc de la communauté )

3) Mais attention !!! tous les noms de familles ne se valent point, en fonction de votre pays d’origine; d’où la règle 1. ( ouii ouii je sais que c’est compliqué ) et ce n’est que le début.

4) Si vous êtes sûr de RESPECTER toutes ses règles, alors bravo !

5) Mais gare à vous si vous avez le malheur de ne pas remplir les « critères », alors on dira que c’est la religion qui les guide. Mais si vous poussez le bouchon un peu trop fort, on vous avouera que ça n’a rien avoir avec la religion et l’argument que vous auriez, la voici: « CE N’EST PAS DANS NOS COUTUMES ».

À toi futur prétendant(e), es-tu prêt à relever le défi ?
Si ta réponse est oui alors permets moi de te dire en avance ce invocation prophétique: بارك الله لكما وبارك عليكما وجمع بينكما في الخير !!!

Moralité de l’histoire:

J’aime ma communauté plus que tout; mais quand les règles de ma communauté sont contraires aux règles DIVINES, alors NON.

À toutes ces jeunes filles de France et d’ailleurs (mais surtout de France) qui ont la vingtaine, la trentaine, voir même la quarantaine, prenez votre courage à deux mains ! Sachez faire comprendre à vos parents que dans un mariage, c’est l’intérêt de la fille qui prime.
Bien que les coutumes existent (et toutes les coutumes ne sont pas à bannir , bien au contraire ) mais elles doivent d’être complément de quelque chose et non LA RÈGLE.

À toutes ces jeunes filles (de France) sachez dire à vos parents: Pourquoi accepteriez vous que je j’épouse un portugais ou un souraxé (ce n’est guère péjoratif ) dont vous ignorez tout, plutôt qu’un garçon dont les parents sont « vos amis » et vos connaissances proches dans la communauté ?

À tous ces parents coutumiers, ne voyez vous pas la souffrance de vos filles ? sacrifierez-vous leur vie pour satisfaire un système qui ne dit pas son nom ?

Alors continuons, continuons de défendre l’indéfendable, Allah éclatera la vérité le jour des ténèbres.

• Par Bano COULIBALY

©️ Crédit source : repris de l’auteur via RS.

Un Mot sur l’identité Haratine. | Par Maham Youssouf

Notre identité haratine c ‘est nous qui la déterminons et je ne dirai pas plus que ce qu’avait dis mon grand frère Izmane Ould Bidiel, une fierté de la communauté et de la république.
Notre identité qui fut de tout temps malmenée par le segment dominant actif dont le seul soucis est de s’imposer démographiquement.
Celui qui lirait la charte d’Elhor, l’l’idéologie Iraouite et le manifeste pour les droits politiques, économiques et civiques des Haratines saurait que cette communauté qui a beau souffrir le martyr et la sévérité de l’esclavage commence a s’affirmer en développant sa propre identité se manifestant par une prise en compte affichée volontariste de sa problématique tant ignorée par ceux qui les exploitaient et qui veulent a tout prix les diluer aujourd’hui par dessin politique en leur sein, ce qui est a peine perdu, car la conscientisation des enfants de la périphérie excédée que nous sommes s’est répandue Elhamdoulillah.
Notre identité n’est plus a démontrer, nous sommes ce que nous sommes, mais aussi d’origine negroide.
Tous ceux qui sont sincères de cette communauté martyrisée l’affirment haut et fort, parmi eux et pas le moindre Mohamed yahye ould Cire.
Aussi je pense avoir lu Messaoud Ould Boulkheir, dans son document publié lors de son initiative en 2013, dans la partie traitant des composantes que les Haratines faisaient partie des Noirs de Mauritanie au même titre que les Soninke, Poular et Wolof.
Aujourdhui par leur poids démographique, leur spécificité culturelle et la souffrance vecue, l’entité officielle haratine est née avec son identité spécifique.

Maham Ould Youssouf.

©️ Crédit source: post FB de l’auteur – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4128273350539088&id=100000693903981

L’ENGAGEMENT DE LA JEUNESSE MAURITANIENNE, Par Madame Aissata NIASS

Il est des moments dans la vie où il faut faire le choix de donner un sens à sa vie. Ce don est destiné à relever le défi d’être au côté des masses vulnérables, celles-là même qui ont besoin d’un homme de la trempe du Président Biram Dah ABEID. Oui j’invite la jeunesse mauritanienne à joindre sa force à celle de notre leader, notre Zaim pour faire face à une injustice, j’interpelle cette jeunesse qui ose.
Biram n’est pas un Homme qui se laisse impressionné ; non c’est un homme qui a le sens de la stratégie aigue dans le combat contre toute forme d’injustice : esclavage, racisme, exclusion. Il a été de toutes les batailles.
Nous devons savoir ce que nous voulons, faire avancer les choses consiste à voir les objectifs à atteindre dans ce combat et non écouter ceux qui ont échoué, surtout ceux qui lui en veulent d’oser de n’avoir d’état d’âme dans ce combat ou seule une endurance longue et laborieuse peut être déterminante pour la victoire effective de la justice.
Point d’illusion Birama est un homme et la perfection est divine et non humaine. Nous devons oser affronter les défis avec courage et dignité. Nous ne démissionnerons pas et nous resterons avec Biram, nous lui renouvelons notre confiance quant aux défis auxquels il est confronté.
Donner le sens à sa vie, c’est à travers le combat que mène Biram, lui renouvelé notre engagement et notre confiance. Nous ne sauterons pas à chaque évènement, non tels des soldats de la cause nous marcherons sans peur, sans trembler pour que les laissés pour compte gagnent leur droit d’exister dignement.
Frantz FANON disait que :
« Chaque génération doit, dans une relative opacité, affronter sa mission : la remplir ou la trahir « .


SOYONS CETTE JEUNESSE QUI AFFRONTE ET REMPLISSE SA MISSION EN SOUTENANT NOTRE LEADER CHARISMATIQUE
MONSIEUR LE PRÉSIDENT BIRAM DAH ABEID

Mme. Aissata NIASS
Vice-Présidente RAG.

©️ Crédit source: Réseaux IRA/RAG

Débat | Regardez « Muhammad Diakho : l’islam a-t-il aboli l’esclavage ? » sur YouTube

Une interview accordée par cheikh Muhammad Diakho Tandjigora à la chaîne YouTube Mizane TV. Penseur, professeur et écrivain, ce conférencier sénégalais d’ethnie soninké aborde ici la problématique de l’esclavage en islam. Il y expose ses réflexions avec pertinence.

SÉNÉGAL, UNE DÉMOCRATIE À LA DÉRIVE | Felwine Sarr (via SENEPLUS)

L’élimination d’opposants politiques de la course aux élections présidentielles est une constante de la scène politique ouest-africaine. Les moyens sont hélas bien connus : accusation de détournement de deniers publics ou de fraude fiscale, remise en cause de la nationalité du candidat, exils, bannissements, emprisonnements, mandats d’arrêt internationaux, instrumentalisation de la justice et du parlement. La panoplie est vaste et l’imagination de nos gouvernants en ce domaine est fertile.

Sous nos latitudes, lorsque l’on accède au pouvoir, on le garde. On révise la constitution pour rester plus de mandats que prévu ; à défaut, on ne la respecte pas, on en tort l’interprétation à l’aide de juristes vénaux ou de conseils constitutionnels aux ordres. On inféode les contre-pouvoirs. De la démocratie, on ne retient que les formes institutionnelles et l’on s’empresse d’en évacuer le sens et la substance. On achète quand on peut certains organes de presse pour museler l’expression libre, on entrave le droit à la manifestation des citoyens pourtant garanti par la constitution, on restreint l’espace publique et les libertés individuelles, on intimide les voix dissonantes. Au lendemain d’élections formelles, scrutées par des observateurs nationaux et surtout internationaux (lorsqu’on les a admis), on quête le satisfecit de la communauté internationale sur la validité et la transparence du processus. Une fois ce blanc-seing en poche, l’on s’en retourne affamer la population, entretenir ses clientèles politiques, jouir du pouvoir et de ses démesures, trahir le contrat social du bien-être partagé, d’égalité des chances et de justice sociale au nom duquel on a été élu. À quelques exceptions près, l’on ne se prête au jeu de la compétition électorale qu’une fois que l’on s’est assuré que l’on a assez maitrisé la machinerie électorale et/ou que les adversaires les plus sérieux ont été éliminés du jeu. L’adage est connu, sous nos cieux, quand on a le pouvoir, on n’organise pas les élections pour les perdre, a moins de s’être assuré d’une succession qui vous absout de la redevabilité nécessaire de l’action publique, une fois redevenu un citoyen normal.

Nous avons tous été témoins de l’évènement. Une affaire privée opposant un leader politique de l’opposition et une citoyenne sénégalaise dont le théâtre fut l’intimité d’un salon de massage est devenue une affaire d’État. Ousmane Sonko, leader de Pastef est accusé de viol par la citoyenne Adji Sarr. Cette affaire aurait pu (due) être tranchée devant les tribunaux compétents, dans le temps normal de la justice sénégalaise, en respectant les droits des deux parties, dans une sérénité qui nous aurait éloignés de tout soupçon de machination ou de non-impartialité. Au lieu de cela, le domicile du leader du Pastef fut assiégé dès les premiers jours de l’affaire par les forces de l’ordre. Ce qui d’emblée a conféré à cette affaire un caractère politique. L’on s’est empressé de mettre en branle contre lui l’appareil judiciaire avec une célérité que l’on ne connaissait pas à notre justice, tordant au passage quelques règles de droit. L’accusé, Ousmane Sonko, a vu en une dizaine de jours son immunité parlementaire levée. En dépit du fait que les procès-verbaux des auditions des gendarmes, qui ont fuité, induisent chez toute personne censée et impartiale un sérieux doute sur la qualification des faits, le procureur de la République, maître des poursuites, décida de mettre en branle la massue judiciaire, car c’est bien de cela qu’il est question, quand il s’agit d’opposants au régime en place dont on prend au sérieux les prétentions au trône. L’affaire Khalifa Sall est là pour nous édifier. L’extrême impartialité dont il a été l’objet nous a tous laissé un goût amer, mais surtout a allumé dans nos cerveaux une alerte, qui s’est mise à tinter lorsque l’on a vu s’esquisser le même scénario. Un étrange et persistant sentiment de déjà-vu nous a habités. Rappelons juste que l’accusé Ousmane Sonko a obtenu pour une première participation aux élections présidentielles de 2019, plus de 15 % des suffrages des Sénégalais, ce qui fait de lui en l’absence d’une gauche sénégalaise et d’une réelle alternative politique, un candidat sérieux aux prochaines joutes électorales. Il s’agit d’analyser ce que l’évènement nous révèle et la vérité dont il est porteur quant à la nature de notre vie politique nationale. La tournure que prend cette affaire est l’expression d’une crise profonde de notre démocratie, qui par ailleurs, se vante d’être exemplaire en se comparant toujours à moins aboutie qu’elle sur le continent.

Depuis Wade, l’affaiblissement et la corrosion des acquis de la démocratie sénégalaise est une douce pente que nous avons empruntée. N’eût été le sursaut du 23 juin 2011 et du 25 mars 2012 ; notamment le barrage des Sénégalais et des Sénégalaises à sa tentative d’installer un ticket présidentiel ne requérant que 25 % des suffrages pour être élu, et celle de briguer un troisième mandat anticonstitutionnel, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Une dévolution monarchique du pouvoir nous guettait. Le M23, Y en A Marre, Devoir de résistance, l’opposition, la société civile, les syndicats, les citoyens et les citoyennes sénégalaises, nous en ont préservé.

Les idéaux pour lesquels nous nous sommes battus en 2012 : le raffermissement de notre démocratie par des réformes institutionnelles adéquates, l’équilibre des pouvoirs, la justice sociale, la redevabilité, l’égalité des citoyens devant la loi, l’élimination de la corruption ont été continuellement érodés depuis. Nous avons vu des personnages emblématiques du régime de Wade contre lequel nous nous sommes élevés en 2012, transhumer vers la majorité présidentielle, certains reniant urbi et orbi leurs engagements précédents ; des individus soupçonnés de détournement de deniers publics, certains épinglés par les rapports des corps de contrôles de l’État, retrouver grâce aux côtés du Prince. La déliquescence morale de la vie politique a amené la plupart des citoyens de ce pays à considérer la politique comme le lieu par excellence de l’expression des cynismes et de l’affrontement des opportunités, alors qu’elle doit être cet espace où la communauté configure son destin et œuvre à réaliser ses aspirations les plus élevées. Ceci est aussi dû en partie au fait que nous avons déserté ce lieu, jugeant son air peu respirable. À quoi avons-nous assisté ces dernières semaines ? Des activistes exerçant leur droit de protestation arrêtés et jetés en prison, une chasse des partisans de Pastef, des citoyennes manifestant leur soutien à leur leader, embarquées par la police, des journalistes entravés dans l’exercice de leur profession. D’ailleurs, ces dernières années la couleur fut annoncée ; plusieurs opposants ont fait l’expérience de la prison, l’embastillement récurrent d’activistes exerçant leur liberté de critique (Guy Marius Sagna en est devenu l’emblème. Il est actuellement détenu en isolement au Cap Manuel dans des conditions indignes) ; une Sénégalaise, Oulèye Mané, ayant fait circuler dans son WhatsApp une caricature du chef de l’État, Saer Kébé, un jeune lycéen de 16 ans ayant tenu des propos contre Charlie sur les réseaux sociaux se sont retrouvés eux aussi en prison. Le Sénégal est pourtant le pays d’une liberté d’expression gagnée de haute lutte. Nous sentions bien que liy raam ci nag ba la jëm.

De la multitude des faits que l’on pourrait égrener à l’infini, il s’agit cependant de passer au paradigme. Nous avons vécu ces dernières années une série de dépossessions démocratiques et c’est ce cycle que nous devons arrêter. La démocratie, plus qu’une forme d’État est une figure réelle de la vie politique. Elle nous engage à défendre ce qui fait tenir ensemble la société. Et l’un de ces piliers est la Justice. Dans notre contexte, la question est autant l’exercice du pouvoir, les normes auxquelles ce pouvoir est soumis, que les finalités qu’il se donne. Un pouvoir séparé de l’idée de justice, que rien n’équilibre plus, qu’aucune digue ne retient, ivre du monopole de l’exercice de la force publique, est exposé à toutes les dérives. Et Dieu sait que les tâches auxquelles il doit s’atteler pour les bien-être des populations sénégalaises vulnérabilisées sont nombreuses. Faut-il rappeler à ceux qui l’exercent que c’est nous qui le leur avons confié pour un temps, afin qu’ils s’attèlent aux conditions de notre plus grand bien ? Le leader de Pastef alors qu’il se rendait à la convocation de la justice été arrêté pour troubles à l’ordre public et placé en garde à vue dans les locaux de la section de recherche de la gendarmerie à Colobane.

Le sursaut auquel nous devrons notre salut est aujourd’hui dans le camp de la Justice. C’est à elle de restaurer l’État de droit et de juger les faits par une instruction impartiale. Il lui faut trancher le contentieux Ousmane Sonko et Adji Sarr par un jugement équitable, en dehors de tout agenda politique. Notre salut est aussi dans la vigilance et l’engagement des citoyens et citoyennes, à défendre l’idée que nous nous faisons de ce que la communauté doit devenir. Il s’agit pour nous de ne pas nous laisser déposséder de la capacité de configurer notre destin collectif. Au-delà de la bataille présente pour une démocratie réelle et une justice impartiale, il nous faudra sérieusement nous atteler à construire une véritable alternative sociale et politique et refonder ainsi la nation sénégalaise.

©️ Crédit source: https://www.seneplus.com/opinions/senegal-une-democratie-la-derive