● Mauritanie / affaire « Niofar » | N’est pas investisseur qui veut. Par M. Moussa Khairy

L’affaire dite “Niofar”, qui alimente les débats depuis quelques jours, jette un doute injustifié sur la capacité de notre pays à accueillir les investisseurs. À y regarder de plus près, il s’agit d’une société au capital modeste de 100.000 MRU, sans autre personnel que sa propre directrice, laquelle serait en situation d’irrégularité fiscale selon les premiers éléments de l’enquête.

Peut-on raisonnablement mobiliser un ministère pour une entité aussi fragile, dont la légitimité pose question ? Si elle était véritablement en règle, pourquoi tant de bruit ? Une structure saine n’a rien à craindre de la transparence ni de la justice.

Il est essentiel de ne pas confondre médiatisation et sérieux économique. Notre pays mérite mieux que des polémiques sans fondement. Car oui, il faut le rappeler : ce n’est pas l’étiquette d’investisseur qui fait l’investisseur.

Par M. Moussa Khairy

● La Mauritanie et l’accueil des étrangers  : Un atout pour le développement | Par M. Ibrahima Dioum

La Mauritanie, avec ses vastes étendues et sa position stratégique entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, a toujours été une terre d’échanges et de brassage culturel. Dans ce contexte, l’ouverture aux étrangers constitue un levier essentiel pour son développement économique. En accueillant des travailleurs qualifiés venus d’autres pays africains, notamment du Sénégal et du Mali, la Mauritanie bénéficie de compétences complémentaires qui renforcent divers secteurs clés de son économie.

Un besoin en main-d’œuvre qualifiée

L’un des défis majeurs de la Mauritanie est le manque de main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs domaines techniques. Les Mauritaniens, en raison d’un système éducatif encore en construction, ne disposent pas toujours des compétences nécessaires dans des secteurs comme la maçonnerie, la menuiserie, la restauration, la plomberie, ou encore la mécanique. C’est là que l’apport des travailleurs étrangers devient crucial.

Les Sénégalais, par exemple, sont reconnus pour leur expertise en maçonnerie, en restauration et en mécanique, des secteurs indispensables pour soutenir la croissance urbaine et industrielle du pays. Leur présence permet de pallier le manque de techniciens locaux et d’assurer des services de qualité aux entreprises et aux particuliers. Qui peut compter le nombre de maçons sénégalais ayant construit de belles  villas à Tevrag zeina, à  la Cité plage de Nouakchott et à l’intérieur du pays ? Qui connaît le nombre d’ingénieurs et d’architectes sénégalais ayant bâti des stades et des édifices publics en Mauritanie ? Les chefs cuisiniers ne sont-ils pas en nombre dans les maisons et les restaurants Mauritaniens ?

Un pilier du secteur de la pêche

La pêche est un secteur vital pour l’économie mauritanienne, tant pour la consommation locale que pour l’exportation. Or, ce secteur repose en grande partie sur les pêcheurs sénégalais (capitaines de bateaux et « mooles »), qui possèdent un savoir-faire transmis de génération en génération. Lorsque ces derniers retournent au Sénégal pour des fêtes religieuses comme la Tabaski, le daaka et le Maggal, la Mauritanie subit une pénurie de poissons, illustrant leur rôle fondamental dans l’approvisionnement du marché local.

L’intégration de ces pêcheurs dans l’économie mauritanienne est donc un atout stratégique. En favorisant leur installation et en facilitant leur travail, la Mauritanie garantit une meilleure stabilité de son marché halieutique.

Des échanges économiques dynamiques avec le Mali

Le Mali, voisin direct de la Mauritanie, est un partenaire commercial de premier plan. Les échanges entre les deux pays sont nombreux, notamment dans le commerce du bétail, des céréales et d’autres produits agricoles (arachides, mangues, coton…). De nombreux commerçants maliens s’installent en Mauritanie pour faciliter ces transactions, contribuant ainsi à la fluidité du marché et à la disponibilité des produits.

En retour, la Mauritanie bénéficie de la présence de ces acteurs économiques qui dynamisent le commerce et assurent un approvisionnement constant du pays en denrées essentielles.

Une tradition d’immigration réciproque

Si la Mauritanie accueille des étrangers pour répondre à ses besoins économiques, il est important de souligner que de nombreux Mauritaniens ont eux aussi migré vers d’autres pays d’Afrique, notamment la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, le Sénégal, le Mali ou encore le Gabon pour ne citer que ceux-ci. Ces expatriés contribuent à l’économie des pays d’accueil et envoient des fonds à leurs familles en Mauritanie, créant ainsi un cycle économique bénéfique.

Cette réciprocité dans les mouvements de population montre que l’immigration n’est pas une menace, mais plutôt une opportunité d’échange et de développement mutuel.

Une politique d’ouverture nécessaire

Accueillir des étrangers qualifiés en Mauritanie ne doit pas être vu comme une dépendance, mais comme une opportunité stratégique. La complémentarité des compétences permet de combler les lacunes locales et de garantir un développement économique plus dynamique.

En facilitant l’installation des travailleurs étrangers et en valorisant leur contribution, la Mauritanie pourra tirer pleinement parti de son potentiel économique tout en renforçant les liens avec ses voisins africains comme l’a fait le Maroc pour devenir un pays émergent. Une politique d’ouverture bien pensée ne profitera pas seulement aux étrangers, mais aussi à l’ensemble de la population mauritanienne, qui bénéficiera d’une économie plus stable et prospère.

L’immigration n’est pas une menace mais une opportunité pour les Mauritaniens. La Mauritanie a tout intérêt à favoriser et faciliter l’installation et l’intégration des étrangers sur ses dunes et plaines.

Par M. Ibrahima Dioum

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● Fuite de gaz sur le champ GTA : La Coalition Mauritanienne PCQVP exige la lumière | Par M. Baliou Coulibaly.

MADAR – D’après une information de source autorisée ; « il a été constaté ce 19 février 2025 des fuites de gaz au niveau du puits A02 du champ de production de gaz Grand Tortue Ahmeyim au large des cotés Mauritano Sénégalaise. »

Selon la même source « des solutions sont mobilisées pour faire face à cette catastrophe y compris la mobilisation d’équipement et de personnel spécialisés pour appuyer les efforts de réparation . Le communiqué précise que l’entreprise considère la sécurité des personnes et de l’environnement comme une priorité ».

Le communiqué rassure par ailleurs que « l’incident du puits A02 qui fait partie des 4 puits du projet GTA n’a pas d’impact immédiat sur les activités de production en cours dans les autres puits. »

Malgré les assurances données par les sources proches des opérateurs ce genre d’incident doit être l’objet d’une attention particulière . Les opérations du champ gazier GTA s’effectuent dans une zone maritime extrêmement sensible caractérisée par un écosystème riche et diversifié, une forte concentration humaine avec des activités socio-économiques qui dépendent de ce équilibre environnemental.

Certes les études d’impact environnemental avaient prévu des incidents de ce genre mais personne ne pouvait imaginer qu’un tel incident pouvait subvenir aussitôt à seulement un mois du début de l’exploitation officielle du gaz.

La Coalition Mauritanienne PCQVP déplore cet incident malheureux et lance un appel aux opérateurs et aux services compétents de l’état pour que toute la lumière soit faite sur cette fuite afin qu’on puisse en tirer les bonnes leçons et éviter que cela ne se reproduise.

La Coalition Mauritanienne recommande que l’ensemble des parties prenantes y compris les communautés locales riveraines de la Mauritanie et du Sénégal soient non seulement informées sur la portée réelle de cet incident mais surtout suffisamment associées à la mise en œuvre du plan de gestion environnemental et social existant.

Un plan qui doit faire l’objet d’évaluations périodiques avec les communautés locales pour une meilleure prise en charge des différents impacts nouveaux ou accidentels.

Sur la base de sa mission de promotion d’une « gestion transparente et responsable de nos ressources naturelles », la Coalition entend ainsi apporter sa contribution en vue d’assurer un développement humain durable et inclusif dans le respect des normes environnementales qui protègent notre planète déjà fortement éprouvée.

Le Président

Ba Aliou Coulibaly

Tel : 222 46455504

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● Mauritanie | Signature d’un nouvel accord pour la révision des prix des produits alimentaires de base (AMI)

La ministre du Commerce et du Tourisme, Mme Zeinabou Mint Ahmednah, en présence du ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, M. Memma Ould Beibate, et du conseiller du Premier ministre, M. Mohamed Abeih Ould Jeilani, a procédé vendredi dans les locaux du ministère à Nouakchott à la signature d’un nouvel accord portant sur la révision des prix des denrées alimentaires de base.

L’accord, qui intervient après une série de réunions avec la Fédération du Commerce présidée par M. Mahmoud Riyad, fixe les prix des produits alimentaires de base à partir du 1er janvier 2025 pour une période de quatre mois, y compris le mois sacré du Ramadan, comme suit :

– Le prix du kilogramme de sucre est fixé à 300 anciennes ouguiyas (A -UM) ;

– Le prix du kg de riz mauritanien de qualité supérieure est de 320 A – UM ;

– Le prix de la boite de lait concentré (OMELA) est de 170 A – UM ;

– Le prix du kg de blé est de 130 A – UM ;

– Le prix du litre d’huile de cuisine est de 620 A – UM.

Cette révision a été marquée par la stabilisation des prix du blé, du riz local et du lait concentré OMELA, tandis que le prix du sucre a baissé de 310 A -UM par kg à 300, et l’huile de cuisine a augmenté de 580 A – UM à 620 A – UM ;

A cette occasion, le ministre a souligné l’importance que Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, accorde à cette question en raison de son impact direct sur la vie des citoyens, ce à quoi le gouvernement, dirigé par le Premier ministre, M. Mokhtar Ould Diay, s’attelle.

Pour sa part, la Fédération du Commerce, en présence de ses membres, s’est engagée à mettre en œuvre les termes de ce nouvel accord.

La réunion s’est déroulée en présence du secrétaire général du ministère, du président du Comité de Contrôle du Marché, du conseiller en charge de la Communication, du directeur de la Concurrence et de la Régulation du Marché, du directeur de la Protection du Consommateur et de la Répression des Fraudes, ainsi que des membres de la Fédération du Commerce.

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● Mauritanie – Le Grand Entretien du BLOG | En exclusivité avec M. Abdel Kerim CISSÉ, un cadre au Commissariat à la Sécurité Alimentaire (Mauritanie).


La rubrique Le Grand Entretien du BLOG (Le GEB) vous propose l’interview d’un jeune cadre mauritanien originaire de la région du Guidimagha. En la personne de M. Abdel Kerim CISSÉ, cadre professionnel dans le secteur du développement rural, il nous livre ses expériences et réflexions en répondant à nos questions. Nous lui adressons nos fraternels remerciements pour la disponibilité et lui souhaitons une bonne continuation dans ses fonctions.


Ci-après l’intégralité de l’entretien :

● Question 1 : Bonjour Monsieur Cissé, merci d’avoir accepté notre interview, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Abdel Kerim CISSÉ : Tout d’abord, permettez-moi de vous remercier de m’avoir invité sur votre blog, et c’est avec un réel plaisir que je m’adresse à vous et aux visiteurs du site pour répondre vos questionnaires à la limite de ma modeste connaissance. J’ai une profonde conviction que votre blog sera un trait d’union entre les intellectuels et le grand public. Car j’ai constaté que votre blog est une plateforme libre où chaque intellectuel peut s’y exprimer librement ces points de vue sur tous les domaines sans tabou. Je vous remercie une fois encore pour votre courage et votre engagement. Je m’appelle Abdel Kerim Cissé, du village de Hassi Bagra, qui est attaché administrativement la commune de Arr, la Moughataa de Wompou et la région du Guidimakha. La région du Guidimakha se situe à l’extrême sud de la Mauritanie, sa capitale est Sélibaby.
En effet, concernant mon parcours scolaire, j’ai fait mes études primaires et secondaires au Guidimakha, et le lycée à Nouakchott où j’ai obtenu mon baccalauréat en 2009, série D (scientifique).
Après l’obtention du baccalauréat, j’ai poursuivi mes études supérieures à l’Institut Supérieur d’Enseignement Technologie de Rosso (ISET), promotion de 2013 étant sorti avec licence professionnel en Génie Rural.

● Question 2 : Dans quel domaine particulier évoluez – vous comme professionnel ?

AKC : Suite à l’obtention de mon diplôme professionnel en Génie Rural, j’ai décidé de rester dans mon pays pour mettre en lumière ce que j’ai appris à l’université et participer au développement du secteur agricole de mon pays tout en connaissant davantage la géographie et les différentes cultures en milieu rural de notre pays avant de faire une aventure à l’extérieur pour poursuivre mes études, c’était ça mon objectif principal.
Pour ce faire, depuis 2013 jusqu’à 2016 j’ai travaillé en tant que personnel non permanent au compte du ministère de développement Rural à l’époque, qui est devenu aujourd’hui, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, pendant ces temps j’ai participé aux travaux des aménagements agricoles réalisés au bord du fleuve Sénégal sur la rive droite.
Et ensuite, j’ai travaillé pour un bureau d’étude et contrôle des travaux pendant deux ans entre 2017 et 2018. Suite au lancement d’un concours de recrutement en décembre 2018, j’ai réussi à m’intégrer au Commissariat à la Sécurité Alimentaire, à la direction de programme de développement en tant que cadre flottant, affecté au Hodh El Gharbi, j’y fait deux ans successifs. En revanche, j’ai rejoint Nouakchott en 2021 pour occuper le poste de chef division de programmation et étude des projets de développement. En tant que cadre du CSA j’ai eu l’occasion de sillonner à travers mes activités presque tout le territoire mauritanien excepté deux région qui sont Zoueiratt et Nouadhibou.

● Question 3 : actuellement, plusieurs villages riverains du fleuve Sénégal sont fortement inondés à cause d’une grande remontée des eaux, savez-vous quelques défaillances techniques l’ont provoquée ? Le barrage de Manantali est régulièrement cité, que sait-on à ce niveau ?

AKC : Je profite de cette occasion pour exprimer ma profonde solidarité envers tous ceux qui ont été touchés par cette inondation suite aux lâchés du barrage hydroélectrique de Manantali qui a causé le débordement du fleuve Sénégal où les inondations sans précédent ont eu lieu à partir du 11 octobre 2024. J’aurais souhaité que le soutien des gouvernements soit à la hauteur de l’attente des populations sinistrées et j’en appelle à la responsabilité de tout un chacun surtout à nos parents de la Diaspora et à toutes les personnes de bonnes volontés pour venir en aide aux sinistrés tout au long de l’année car d’après les experts les impacts d’inondations vont se sentir aux populations vulnérables.
Il faut savoir que les inondations récentes n’ont pas été déclenchées en aucun cas suite aux défaillances techniques liées à la gestion des ouvrages de Manantali. D’après ma modeste connaissance en hydrologie et d’après plusieurs analyses des experts, la raison de cette montée du niveau de l’eau s’explique par ce mois de septembre pluvieux. « Principalement ces crues sont dues à la forte pluviométrie tombée sur les différents affluents qui alimentent en amont et en aval du barrage Manantali dès le mois de juillet jusqu’au début octobre. En résumé l’inondation est provoquée par la combinaison des précipitations enregistrées le long du fleuve Sénégal et en Guinée qui ont engendré le lâcher de réserve du barrage par OMSV suite aux alertes précoces répétitives, depuis le début de mois de Septembres les cotes d’alertes des consignes de sécurité d’ouvrage ont presque été atteints. 
Suite aux communiqués successifs de l’OMVS rendus publiques ; je rejoins ma voix à celle du Professeur Cheikh Mbow, Directeur général du Centre de Suivi Écologique au Sénégal lorsqu’il a dit que : Les autorités auraient pu mieux anticiper ces crues. « L’alerte précoce aurait dû être suivie d’actions immédiates. Nous avions vu venir cette situation. En août et début septembre, les alertes montraient que le fleuve allait déborder, et des plans de contingence et d’intervention auraient dû être mis en place.
Malheureusement les actions préventives n’ont pas eu lieu par nos états malgré les nombreuses alertes communiquées par l’organe gestionnaire dudit barrage. Si les autorités avaient pris au sérieux les alertes de l’OMVS et mis en œuvre de plans préventifs les impacts de cette inondation n’auraient pas atteint à cette ampleur.   
Il est important de dire qu’en matière de gestion de risques de catastrophes et désastres naturels, il n’y a guère place à la fatalité et à l’improvisation. Lorsque survient la catastrophe, il sera trop tard pour préparer les réponses, les réactions et la gestion de crise. Le marathon comme la course de vitesse se préparent en avance, pas le jour de la compétition comme les autorités de nos pays fonts.
Tous les pays, petits et grands, peuvent et doivent anticiper et préparer des plans de réponse aux risques naturels, en particulier du fait des changements climatiques.

● Question 4 : De par votre expérience, quels sont les différents écueils à une véritable émergence d’un développement rural dans nos terroirs ? Notamment dans le cas de la région du Guidimagha…

AKC : Le développement d’une matière générale repose sur plusieurs aspects : historiques, écologique, géographique, géopolitique et socio-culturels . Il faut que tous ces aspects soient réunis pour qu’on puisse étudier le développement d’un territoire local, national et sous-régional.
En aperçu de contexte national : La Mauritanie avant son indépendance en 1960, était un pays dont sur le plan économique, les populations dépendaient majoritairement des activités rurales. Les systèmes de production traditionnelle qui sont principalement, les activités agricoles (agriculture, élevage, sylviculture et pêche) reposaient sur des modes de mise en valeur très primaires et dépendaient entièrement des conditions climatiques (pluviométrie, crue des cours d’eau). Compte tenu du caractère quasi-désertique du pays, les ressources en eau et en terre, en faune, flore et en pâturages sont limitées, ce qui constitue une contrainte majeure au développement de l’agriculture, de la sylviculture et de l’élevage. Les ressources halieutiques dont dispose le pays, malgré leur important potentiel, étaient insuffisamment connues et peu exploitées.
Après l’indépendance la Mauritanie à l’instar des pays colonisés par la France souffre de quatre goulets d’étranglement qui sont :
Les changements climatiques (sécheresse récurrente, inondations, dégradation des terres arables…etc.,)
Les problèmes fonciers (les autorités sont incapables de mettre en place des plans des aménagements territoriaux cohérents et des lois équitables foncières)
L’insuffisance d’investissements dans les secteurs vitaux (agriculture, élevage, infrastructures hydrauliques, routières, santé, et l’éducation)
Le faible accès des petits producteurs au crédit agricole en milieu rural (la lourdeur de procédure d’accès, la cherté de prix et l’inexistence des établissements financiers en milieu rural)
Instabilité politique (coup d’état répétitif, conflits entre les communautés éleveurs et agriculteurs, conflit entre les ethnies ou fractions voire transfrontalier)
Manque de décentralisation et mauvaise gestion de ressources de l’Etat.
Ces obstacles et d’autres qui ne peuvent pas être cités ici créent une situation paradoxale : 60 à 70% de la population active sur le continent travaille dans le secteur agricole mais c’est sur le même continent qu’on parle de la sous-nutrition, de la malnutrition et de l’insécurité alimentaire. 
En ce qui concerne la Région du Guidimakha
Le Guidimakha est l’une des willayas les plus pauvres en Mauritanie avec plus de 62,7% de sa population vivant sous le seuil de pauvreté et plus de 13,56% vivant sous le seuil d’extrême pauvreté selon (L’Enquête Permanente sur les Conditions de Vie des ménages en Mauritanie EPCV). Ce seuil est fixé à 94 637 Ouguiya/mois/an (UM) pour la pauvreté et 70 401 UM pour l’extrême pauvreté. Pourtant, les conditions climatiques permettent au Guidimakha d’être la région agricole par excellence mais paradoxalement il est identifié par différents enquêteurs nationaux et experts internationaux qu’il est la région la plus pauvre en Mauritanie.
L’une des activités essentielles de la région est l’agriculture et cette dernière combine des systèmes pluviaux à des systèmes de décrue, dans les dépressions et les terrains inondables (vallée du fleuve Sénégal essentiellement). Cependant, les cultures pluviales (Diéri) ont connu une diminution progressive en raison des effets conjugués de la dégradation des sols, le déficit hydrique, des conflits intra agriculteurs, extra agriculteurs éleveurs et des faibles rendements. Et il important de signaler que les aménagements hydro-agricoles réalisés par l’Etat surtout sur la vallée du fleuve Sénégal, la région du Guidimakha est toujours en derrière position, de milliers d’hectares de terre sont aménagés chaque année dans les autres régions alors que Guidimakha compte moins de mille hectares aménagés par l’état malgré le potentiel de terres arables existant. Il faut rappeler que l’état réalise et réhabilite également chaque année des micros barrages et digues de retenue a vocation agro-pastorale dans les régions de deux hodhs, Adrar et l’assaba tandis que toute la région du Gudimakha compte moins de cinq micro barrages, alors que cette région est la plus pluvieuse du pays j’en passe.
Les résultats de cette situation décevante ont poussé la population du Guidimakha (adultes, jeunes, moins jeunes et récemment jeunes filles et dames) vers l’émigration pour subvenir aux besoins familiaux en terme de nourriture, vêtements, construction des maisons, infrastructures sanitaires, scolaires et hydrauliques car la région du Guidimakha est victime des inégalités politiques de l’état. Et ceux qui n’ont pas des moins pour s’émigrer en Europe, ils vivent avec les achats à crédit, la réduction des rations alimentaires, la substitution de denrées en fonction des prix (céréales locales par le riz ou le blé) voire même la suppression dans les repas des denrées jugés non prioritaires (viande) constituent les principales stratégies de résilience face à l’acuité des problèmes alimentaires.

● Question 5 : concernant l’exode migratoire qui vide nos terroirs de la jeunesse, quel est votre diagnostic sur le phénomène et quelles pistes de sa résolution selon vous ?

AKC : L’exode migratoire a fait l’objet des nombreuses études depuis précolonial ; il y a eu en effet des débats, colloques internationaux souvent controversés entre les dirigeants des pays développés et des pays moins développés chacun rejettent la responsabilité sur l’autre, les débats se clauses en général sans résultats.
Ce qui nous concerne ici est la communauté soninké. Historiquement parlant, la région du Guidimakha est l’une des principales wilayas à forte densité de ressortissants migrants. D’après l’étude sur le terrain, faite par GRDR, les premiers mouvements migratoires de cette wilaya datent de la période d’après-guerre (1ère Guerre Mondiale) et plus exactement dans les années 20 et 30. Ce phénomène migratoire est donc très ancien dans cette région et caractérisé majoritairement par une migration de l’ethnie Soninké. Être migrant reste « un mythe et un phénomène de mode » et très souvent le manque d’éducation et de qualification professionnelle entraîne ces jeunes vers la voie illégale : la clandestinité.
La migration au Guidimakha a pris tellement d’ampleur que la pression sociale provoque des actions suicidaires en embarquant dans des pirogues pour atteindre « l’Eldorado » selon eux. Les motivations de ce départ restent économiques.
Il faut reconnaitre, que l’exode migratoire est l’une des caractéristiques essentielles de l’économie locale en particulier en milieu Soninké. Les revenus de la migration se traduisent par une capacité d’investissement relativement importante : bétail, mosquée, maisons, barrages, prêts pour les coopératives, réhabilitation de certains équipements ou infrastructures. Cette situation est gravée dans la mémoire collective c’est pourquoi il est rare de voir un parent soninké qui est contre l’émigration car pour eux l’immigration est la seule solution efficace qui assure leur sécurité alimentaire après étaient délaissé par leurs pays respectifs (Sénégal, Mali et Mauritanie). Il faut dire que dans ces trois pays ; les soninkés sont parmi de minorités donc il est rare qu’une minorité trouve ses droits dans les pays où les tribalismes, clientélismes et ethnismes dominent.
En effet, la mentalité dominante de communauté soninké est de partir car pour eux est une seule solution même si on sait tous que partir de cette manière est non seulement inquiétant mais aussi a des répercussions négatives sur le plan éducatif, culturel, religieux et politique à long terme.
En ce qui concerne des suggestions pour trouver de résolution de ce phénome qui a mis en retard notre développement et émergence de nos pays.
L’exode migratoire est un défi majeur de pays de tiers monde si vous me permettez d’utiliser ce therme autrement dit les pays du sud, les pays moins avancés plus particulièrement les pays africains. Bien sûr que les pays moins développés cherchent continuellement des solutions face à cette crise en collaborant avec les pays de nord, ils ont mis en place beaucoup des stratégies en long terme, moyen terme et court terme et des plans d’actions mais sans résultats escomptés et la situation devient pire ; les jeunes meurent au quotidien en traversant méditerranéen pour se rejoindre les pays de nord.
Après l’échec des toutes ces stratégies nationales et internationales. Je suis persuadé que seul l’émergence des pays pauvres qui peuvent stopper l’émigration massive des jeunes vers les pays riches. La question, est comment ces pays peuvent émerger rapidement que possible ?
L’émergence accélérée sur le plan économique de la Chine est une leçon importante dont l’Afrique peut l’imiter tout en créant son propre model pour déclencher son économie et développer le continent. A partir de là, une nouvelle dynamique et une puissance économique verra le jour et l’Afrique prendra son destin à main et sera considérer au même titre que les autres continents et pays. Le continent africain a tous les atouts pour se développer : les ressources naturelles abondantes ; l’énergie renouvelable, la terre fertile et une population jeune. 

● Question 6 : Ces dernières années, la communauté soninké traverse différentes frictions sociales à cause de l’esclavage par ascendance et l’ancien système organisationnel, que pensez-vous de la problématique et vos propositions d’une entente possible ?

AKC : Merci encore une fois pour votre engagement dans cette lutte humaine et civique ; je savais que tu vas me poser cette question. Je salue votre courage d’écrire un livre uniquement sur ce sujet intitulé les restes féodalo-esclavagistes intra-africains : ce qu’il faut comprendre pour s’en débarrasser. J’ai eu l’honneur de lire ce livre et je le trouve intéressant.
Il faut noter que les mouvements anti-esclavagistes et pour la liberté, la justice et l’égalité datent très longtemps dans la communauté soninké, cela ne commence pas aujourd’hui. Pourtant depuis des années vers 1900 le temps de colons il y a eu des villages entiers qui ont été fondés par les anti-esclavagistes mais malheureusement personne n’en parle, notre grand malheur nous les africains la majorité n’écrit pas et ne lit pas nos histoires pour en tirer les leçons.
Quant à la situation actuelle de notre communauté est très désolant, au milieu de 21eme siècle l’esclavage par ascendance perdure dans notre société. Et si un groupe des gens engagent de lutter contre cela, ils seront menacés, diabolisés et souvent torturés je trouve que cela inadmissible, inacceptable et inhumain.
Pour trouver une entente, je ne vois pas d’autre solution qu’un dialogue intégral en discutant ensemble sans tabou. Les intellectuels, les penseurs et les savants (ouléma) à leur tour doivent rédiger un document constituant des nouvelles règles sociales en basant sur la charia islamique et des conventions universelles relatives à l’esclavage. Et ce document doit être inclusif et signé par les notables, les notaires et les autorités concernées et il sera une base de restructuration de notre société dans laquelle chacun trouve sa dignité et ses droits de vivre en tant qu’être humain. 

🗓Octobre 2024

• Réalisé par KS pour le BLOG L’Écrit Osé

● D’après Africa Intelligence, Sidi Ould Tah sera le candidat de la Mauritanie à la présidence de la BAD

EN BREF | Cridem – D’après le média en ligne Africa Intelligence, le président Ghazouani a porté son choix sur la candidature du directeur général de la Badea, Sidi Ould Tah à la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD).

« Alors que l’ancien vice-président de la Banque africaine de développement, Ousmane Kane, faisait figure de favori, le chef de l’État mauritanien devrait décider de choisir un autre économiste pour porter la candidature de Nouakchott. […] », indique Africa Intelligence.

Pour rappel, Sidi Ould Tah est le Directeur général de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) depuis juin 2015.

Avant d’être nommé à ce poste, il était ministre des Affaires économiques et du Développement de la Mauritanie.

Par la rédaction | CRIDEM.ORG

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=779555

● France | Travailleurs sans-papiers : qu’est-ce que la circulaire Valls que le ministre de l’Intérieur veut faire disparaitre ? [Infomigrants.net]

Instaurée en 2012 par l’ancien ministre Manuel Valls, la circulaire qui porte son nom permet de régulariser des étrangers sans-papiers, par le travail ou pour motifs familiaux. De nombreux travailleurs sans-papiers comptent sur cette disposition pour obtenir un titre de séjour – pourtant délivré au compte-goutte depuis des années.

C’est le nouveau cheval de bataille de Bruno Retailleau : les sans-papiers. Dans un entretien au Parisien, mercredi 9 octobre, le ministre de l’Intérieur a déclaré qu’il souhaitait « remplacer » la circulaire Valls qui permet, entre autres, d’offrir à titre exceptionnel une carte de séjour aux travailleurs étrangers en situation irrégulière. Pour Bruno Retailleau, cette circulaire Valls est un appel d’air migratoire. Il faut donc selon lui durcir les règles de régularisation : « Nous ne devons régulariser qu’au compte-goutte, sur la base de la réalité du travail », a-t-il notamment déclaré.

Une posture que déplore Stéphane Maugendre, avocat spécialiste de l’immigration et président honoraire du Gisti, une association d’aide aux immigrés. « On nous fait croire que la circulaire Valls, qui est à peine appliquée par les préfectures, régularisait en masse les sans-papiers. C’est n’importe quoi », explique-t-il. En effet, sur les 450 000 sans-papiers que compte la France, seuls 11 500 ont été exceptionnellement régularisés grâce à leur travail en 2023, selon les chiffres de l’Intérieur.

« Il faut rappeler que la circulaire Valls n’est pas opposable à l’administration, c’est-à-dire que ce n’est pas une loi, c’est un simple courrier que les préfectures reçoivent, elles peuvent suivre la circulaire ou bien l’ignorer », rappelle Me Maugendre.

Cette circulaire offre un titre de séjour d’un an renouvelable. « C’est une régularisation qui dans les faits reste très précaire. Au bout de 12 mois, il faut redemander des papiers à l’employeur, refaire des démarches, retourner en préfecture, avec l’angoisse de voir son dossier rejeté », continue l’avocat.

InfoMigrants s’est penché sur cette circulaire, ciblé par Bruno Retailleau. Que dit-elle exactement ? Qui régularise-t-elle ?

Lire la suite https://www.infomigrants.net/fr/post/60476/travailleurs-sanspapiers–questce-que-la-circulaire-valls-que-le-ministre-de-linterieur-veut-faire-disparaitre?utm_slink=go.france24.com%2FIcy&utm_term=FRANCE24&utm_campaign=facebook&utm_source=nonli&utm_medium=social

● Sebkha souffre (encore) de coupures récurrentes d’eau

Le Calame – La pénurie d’eau qui secoue depuis deux semaines Sebkha et sa banlieue (Basra et Kouva notamment) demeure plus que préoccupante. Les populations continuent de manquer cruellement d’eau et cherchent le précieux liquide à longueur de journée… Ce sésame est encore aux abonnés absents!

A Sebkha, contrairement au reste des départements de Nouakchott notamment Tevragh Zeïna, Ksar ou Arafat, les problèmes d’eau sont cycliques et les habitants de cette moughataa particulièrement de Basra font face à de sévères pénuries depuis de nombreuses années.

En plus d’autres préoccupations, les populations sont confrontées régulièrement à ce problème récurrent de l’accessibilité de l’eau pour les ménages. Bizarre !

Aller à la borne-fontaine est devenu, pour de nombreuses personnes disposant pourtant de robinets et s’acquittant régulièrement de leurs factures d’eau qui tombent en dépit des grosses coupures, le seul moyen d’avoir de l’eau dans certains quartiers de Sebkha. Étrange ?

L’on se demande quel est le critère fixé par la Société Nationale de l’Eau (SNDE) pour la distribution du liquide dans les communes de Nouakchott. Face au mutisme de la SNDE, les populations qui ne savent plus à quand un retour à la normale, sont dans la désillusion.

Phénomène déplorable à Basra et Kouva, d’aucuns passent des nuits blanches pour chasser les précieuses gouttes d’eau du robinet. Les populations pensaient avoir conjuré le mauvais sort avec le retour dans la nuit du mercredi 7 août à 3 heures du matin, de l’eau. Joie de courte durée avant le retour à la triste réalité.

Avec un débit des plus faibles, la précieuse liquide n’a coulé que deux heures d’horloge. Depuis lors, plus rien en attendant un prochain lâchage !

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=776638

● La lutte contre la corruption en Mauritanie : une bataille qui exige une approche globale.


La lutte contre la corruption en Mauritanie ne peut se contenter de demi-mesures. Elle nécessite une approche holistique, un terme souvent galvaudé dans le cadre des réformes éducatives qui peinent à aboutir. Espérons que cette fois, il soit compris dans toute sa portée. Cette lutte doit intégrer des réformes structurelles profondes, un effort éducatif massif impliquant les éducateurs, les politiques, les influenceurs et bien d’autres acteurs de la société, ainsi qu’une volonté politique indéfectible.

L’application rigoureuse des lois : la clé du succès

Il est clair que tout commence par une seule et même priorité : l’application rigoureuse des lois. Pour y parvenir, il est crucial de renforcer les institutions judiciaires. Garantir l’indépendance de la justice est primordial pour permettre aux juges d’enquêter et de poursuivre les cas de corruption sans subir de pression politique. À ce jour, bien que certains juges se battent avec intégrité pour mener à bien leur mission, d’autres sont malheureusement corrompus. Ceux-ci doivent être écartés pour laisser place aux magistrats intègres et compétents.

La barrière de la langue : un obstacle à surmonter

Un défi majeur réside dans la langue utilisée pour rédiger les textes de loi, principalement en arabe, ce qui empêche une grande partie de la population de les comprendre. Il est donc urgent de trouver un équilibre linguistique qui permette une meilleure compréhension des lois par tous les citoyens, favorisant ainsi une véritable justice accessible à tous.

Transparence et contrôle : les fondements d’une gouvernance saine

La transparence des finances publiques est un autre pilier essentiel. Publier régulièrement les comptes publics et les contrats d’État permettrait une surveillance accrue de la part des citoyens et des journalistes. Les députés, dont le rôle est d’informer l’opinion et de suivre l’action gouvernementale, doivent élargir leurs prérogatives en dénonçant notamment les pratiques de gré à gré qui minent la confiance publique.

Protéger les lanceurs d’alerte : un impératif moral et juridique

Il est impératif de mettre en place des mécanismes de protection robustes pour ceux qui dénoncent des actes de corruption. Les lanceurs d’alerte, ainsi que les journalistes d’investigation, doivent être protégés pour exercer leur rôle de vigie sans craindre les représailles. Cette protection doit aller au-delà des réseaux sociaux, touchant le terrain où les risques sont réels.

Sensibilisation et réformes administratives : les outils d’une prévention efficace

Les campagnes d’éducation et de sensibilisation sur les dangers de la corruption et l’importance de l’éthique, notamment auprès des jeunes et des fonctionnaires, sont essentielles. Ces initiatives doivent être accompagnées de réformes administratives visant à simplifier les procédures pour réduire les opportunités de corruption. Des contrôles internes rigoureux doivent également être instaurés pour prévenir les dérives.

Systèmes électroniques et coopération internationale : des solutions modernes

La gestion électronique des documents et des transactions est un levier efficace pour limiter les manipulations humaines et renforcer la traçabilité. En parallèle, travailler avec des organismes internationaux permettrait à la Mauritanie de bénéficier de leur expertise et de leur soutien dans cette lutte, où la langue reste encore une fois un enjeu crucial.

Des sanctions sévères pour dissuader la corruption

In fine, l’application de sanctions sévères, à travers des peines strictes incluant la prison et des amendes dissuasives, doit être systématique. Seule une répression ferme des actes de corruption, appliquée sans relâche, pourra instaurer une véritable culture d’intégrité en Mauritanie.

En somme, la lutte contre la corruption en Mauritanie est un combat de longue haleine qui nécessite des réformes globales, une éducation renforcée, une justice indépendante et des sanctions exemplaires. Ce n’est qu’à ce prix que le pays pourra espérer éradiquer ce fléau et construire une société plus juste et équitable.

Souleymane Sidibé,
Bordeaux, le 08 août 2024

● Le Grand Entretien du BLOG | En exclusivité avec l’entrepreneure Amina Habib.

Le Grand Entretien du BLOG vous revient avec une invitée d’une prodigieuse vitalité intellectuelle, en la personne de Madame Amina Habib. Une compatriote mauritanienne, entrepreneure, écrivaine et conseillère socio-économique (pas seulement) qui a accepté gentiment la sollicitation pour cette rubrique du Blog à l’heure estivale. Nos vifs remerciements à elle et lui souhaitons plein succès dans ses différentes activités.

• Son profil officiel Facebook https://www.facebook.com/profile.php?id=61556744987462

• Ci-après l’intégralité de l’interview :

1- Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Amina Habib : Je suis Amina Habib, entrepreneure, présidente d’une ONG dédiée à l’autonomisation et au leadership féminin, auteure et conférencière. Depuis plusieurs années en parallèle de mes activités professionnelles, je me consacre à promouvoir le leadership féminin et à soutenir les femmes dans leur parcours vers l’indépendance économique et personnelle.

2 – Active dans l’entrepreneuriat, pouvez-vous nous présenter votre champ (vos champs) d’investissement ? Et également une présentation de vos livres…

AH : Mon champ d’investissement se concentre principalement sur l’éducation, la formation professionnelle, le business conseil et l’accompagnement des chefs d’entreprises dans la structuration de leurs business. En tant qu’auteure, j’ai publié 2 livres, le premier relatait mon parcours personnel et le second sur l’entrepreneuriat, je partage des conseils pratiques pour surmonter les échecs et réussir sur ses projets personnels.

3 – Ainsi, dans ce cadre, si on ose aborder le prisme du genre, quels écueils avez-vous eus à faire face comme entrepreneuse dans le milieu ?

AH : En tant qu’entrepreneuse, j’ai souvent dû faire face à des préjugés de genre et à des scepticismes concernant mes capacités. Il a parfois été difficile de trouver des investisseurs et des partenaires qui prennent au sérieux les projets menés par des femmes. Cependant, ces défis m’ont également motivée à travailler plus dur et à prouver que les femmes peuvent réussir dans des domaines traditionnellement dominés par les hommes.

4 – Concernant l’environnement de l’influence par les canaux réseaux sociaux, quelles analyses faites-vous du phénomène dans notre pays ? conseils ou mises en garde éventuellement pour le public…

AH : Les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans la diffusion de l’information et l’influence des opinions. En Mauritanie, ils offrent une plateforme pour que les voix marginalisées puissent être entendues. Cependant, il est important de consommer l’information de manière critique et de vérifier les sources pour éviter la désinformation. Je conseille également aux utilisateurs de réseaux sociaux de maintenir un équilibre entre leur vie en ligne et hors ligne pour préserver leur santé mentale.

5 – Les espaces réseaux sociaux via différents supports semblent évoluer séparément entre arabophones et francophones en Mauritanie, selon vous que faut-il faire pour tempérer voire éliminer cette frontière invisible ?

AH : Pour réduire cette frontière, il serait bénéfique de promouvoir des initiatives bilingues qui encouragent l’inclusion et la compréhension entre les communautés arabophones et francophones. Organiser des événements en ligne et hors ligne où les deux groupes peuvent interagir et collaborer peut également aider à créer des ponts et à favoriser un dialogue plus inclusif. C’est quelque chose qui peut se faire, il faudra juste de la volonté de part et d’autre.

6 – Notre pays sort d’une élection présidentielle (29 juin 2024), avez-vous quelques observations sur son déroulé et sur les événements post-électoraux ?

AH : En tant que citoyenne engagée, j’ai suivi de près le déroulement des élections. Toutefois, il est crucial de continuer à observer attentivement les développements post-électoraux afin de s’assurer que l’intérêt de l’ensemble des citoyens sera bien pris en compte et que les promesses électorales seront aussi respectées.

29 juillet 2024

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