Alakhbar – La police de la République Islamique de Mauritanie a arrêté trois individus à Sélibabi (Guidimakha -Sud), soupçonnés de s’être convertis au christianisme et de propager cette foi, a appris Alakhbar, jeudi, de source locale.
La source a ajouté que la Police est à la recherche d’autres personnes impliquées. Les arrestations font suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant des personnes participant à un baptême selon les rites chrétiens.
Que des Palestiniens et Israéliens s’entretuent et se livrent à une bataille sans fin, l’esprit et la raison peuvent l’entendre et le saisir. Nous disons tout simplement qu’ il s’agit de la continuité des guerres de religion.
Pour les Israéliens, il s’agit de conquérir un territoire identitaire pour mettre fin à l’errance d’un peuple : un espace vital. Et pour les Palestiniens, c’est d’abord une question de dignité; il ne faut rien céder, en opposant à l’envahisseur une résistance farouche pour ne pas se faire voler un héritage sacré.
Et cette guerre est l’une des injustices les plus vieilles du monde face à laquelle la communauté internationale péche par une partialité et un silence assourdissant à crever les yeux.
En revanche, ce qui est difficile à expliquer, à accepter et à soutenir, c’est le massacre de Mauritaniens par d’autres Mauritaniens, tous militaires de surcroît ayant servi tous sous le même drapeau national et porteurs des mêmes valeurs islamiques.
La pendaison de 28 négro-Mauritanien dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990 par leurs frères d’arme pour célébrer de façon sadique et cynique la fête nationale est digne d’un film d’horreur.
Crimes odieux, parjure irréparable. Absence d’humanité, négation de toute religion et morale. Cette histoire douloureuse, cette page sombre, cet épisode difficile à raconter, à soutenir et à occulter restera toujours présent, pesant et bourdonnera dans les oreilles et la conscience de tout Mauritanien juste, soucieux de l’unité et la cohésion nationales.
Aucune répression, banalisation jusqu’à la diabolisation, aucune politique nauséabonde et négationniste ne réussira à faire oublier ou effacer ces crimes. Même le temps, qui en d’autres circonstances efface les preuves et la douleur des victimes par sa force, sa capacité corrosive et évanescente ne réussira à « diluer » cette tragédie.
Seule la justice pourra panser les coeurs saillants. Cette justice attendue désespérément depuis 33 ans par les veuves et orphelins, par une partie du peuple Mauritanien interviendra, un jour comme une espèce de garrot qui arrêtera l’hémorragie et les larmes des familles explorées.
Les Palestiniens sont dans une logique de guerre avec Israël. Chez nous, les événements meurtriers des années 90 – 91 n’avaient rien de tel. C’est un État qui a planifié le massacre de ses fils sur la base de considérations politiques, fallacieuses et schizophrènes.
L’unité nationale se construit sur des valeurs communes qui fédèrent et fraternisent. L’orphelin comme la veuve Israéliens à l’image de ceux issus des rangs des négro-mauritaniens des années de braise cherchent une seule chose : justice .
Certains comportements inhibent les efforts consentis de manière disjointe dans l’ancrage de la cohésion nationale par les différents régimes qui se sont succédé.
La compassion excessive pour un peuple meurtri au nom des idéaux de notre politique étrangère au détriment d’une partie du peuple, de nous-mêmes. C’est un manque de décence, de l’antipatriotisme qui ne nous rassemble et nous fragilise davantage. La Mauritanie et les Mauritaniens d’abord tel doit être la doctrine de nos gouvernants. Cette prééminence des questions nationales et de la citoyenneté doit guider notre politique étrangère pour qu’elle soit cohérente et pertinente.
Hier, le 27 novembre 2023, lors d’une audience de son procès, l’ancien Président Mohamed Ould Abdel Aziz, fait usage du droit à la contradiction. A sa propre initiative, devant l’assistance, il reconnaît avoir reçu, de son successeur, en août 2019, des millions de dollars et d’euros en liquide et 50 véhicules neufs soulignant qu’il s’agit d’une partie du reliquat de la campagne électorale de la même année, au terme de laquelle Mohamed Ould Cheikh Ghazouani accédait à la magistrature suprême. D’emblée, les déclarations du susdit comportent quelques enseignements et suscitent des observations, à la fois d’ordre empirique et moral : 1. L’opacité du financement du parti Upr, devenu Insaf est désormais établie, hors de la moindre ambiguïté. 2. Les faits allégués relèvent du crime économique et appellent une enquête, distincte de la procédure en cours. Après 45 ans de règne de la concussion et de la prévarication, l’occasion s’offre ainsi, à la justice, de redorer son blason, ô combien terni. 3. Le caractère tardif des révélations laisse transparaître une volonté manifeste de règlement de comptes, dans le cadre de la lutte de préséance entre l’ex-Chef de l’Etat et l’actuel. 4. Longuement, à la faveur d’un monologue interminable, l’ex-chef de l’Etat Mauritanien s’est livré au décompte de ses « réalisations » avec une insistance sur la réorganisation et la modernisation des forces armées, comme s’il cherchait à stimuler-entretenir la tentation d’un nouveau putsch. 5. La gouvernance militaire de la République islamique de Mauritanie correspond, loin de l’exagération et de la surenchère, à une entreprise de prédation, relevant du modèle classique de privatisation du profit et de socialisation des pertes. Les tribus et les clans restent les acteurs et bénéficiaires exclusifs du pillage. 6. A la veille de la commémoration de la fête de l’Indépendance, au demeurant endeuillée par la tuerie raciste d’Inal (27 novembre 1990), il ressort que la restauration de la concorde entre nos compatriotes requiert un débat ouvert et inclusif quant à l’urgence de refonder le vivre-ensemble, sur des bases de transparence de la gestion publique, de vérité et de réparation. Derrière les violations massives de la dignité de la personne, prospère, en réalité, une industrie du détournement et de la fraude ; les Mauritaniens en ont été constamment distraits. 7. Les Mauritaniens vont devoir donner raison à une certaine opposition et lui demander pardon, elle qui dénonce de tels agissements, depuis des décennies, sans parvenir à en produire la preuve. L’aveu de Mohamed Ould Abdel Aziz vient combler la faille, enfin. Il appartient, à l’opinion, de se livrer à l’examen rétrospectif : qui a volé, torturé, déporté, tué et s’en trouve toujours récompensé ? 8. La corruption au sein de l’appareil d’Etat constitue un pilier structurant de l’exercice du pouvoir politique en Mauritanie. La pratique atteint un niveau de banalisation tel qu’une épuration s’impose, sous peine de voir le pays se disloquer, à l’image de la Somalie de Siad Barre. 9. Compte tenu de ce qui précède, il serait extrêmement préjudiciable, à l’avenir de l’Etat de droit, que les actes délictuels de l’ancien Président et ses complices inclus ou en dehors de la procédure judiciaire actuelle, ainsi que de grands escrocs, habillés en hommes d’affaire, arnaquants l’Etat et corrompants les hauts fonctionnaires, soient couverts, un jour, par leurs soustraction à la loi, l’impunité ou autre mesure d’amnistie ou de grâce. Le moment d’en finir avec l’impunité multidimensionnelle n’a que trop tardé.
Le 28 novembre 2023, la cérémonie de remise des décorations par le Président de la République vient clore un long cycle de mépris et de violence à l’endroit des militants de la lutte contre l’impunité et les discriminations en Mauritanie.
Boubacar Ould Messaoud, longtemps persécuté, condamné en 1998 à 16 mois de prison, affamé, marginalisé et désigné à la vindicte publique durant les années de dictature de Ould Taya, est enfin reconnu, distingué, honoré et ce n’est pas trop tôt. Même vieux et malade, Boubacar sort aujourd’hui de l’épreuve, la tête haute, en digne précurseur de l’autre Mauritanie, celle de demain, définitivement émancipée des inégalités de naissance. SOS Esclaves, son associations pionnière mène désormais ses activités, en collaboration avec le Commissariat aux droits de l’Homme, une évolution que nul n’aurait pressentie, quelques années avant.
Hier accusé de servir l’agenda d’un imaginaire complot des juifs et des chrétiens, le voici savourant, non sans dignité, sa douce et tranquille revanche sur les cuistres et les tartuffes de l’ère Prds. D’autres compatriotes, injustement marginalisés, méritent un traitement similaire, en hommage à leur courage, quand il fallait applaudir et ramper pour manger et grapiller les menues faveurs du tyran.
Tout le mérite revient au Chef de l’Etat, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. Aucun de ses prédécesseurs ne s’était risqué, jusqu’ici, à admettre l’évidence de la faute ni l’urgence de la devoir corriger. A présent, c’est fait et tant mieux, n’en déplaise aux chauvins !
Association des Mauritaniens de la Nouvelle Aquitaine (A.M.N.A)
Travail – Solidarité – Intégration
Cher(e)s ami(e)s de la Mauritanie, concitoyennes et concitoyens,
C’est avec une grande fierté et un enthousiasme débordant que nous vous présentons AMNA. Notre association est née de la passion partagée pour les cultures, l’histoire et le patrimoine commun que nous partageons en tant que mauritaniennes et mauritaniens. L’Asso des Mauritaniens de la Nouvelle Aquitaine a donc pour mission de créer un espace dynamique où s’exprime d’emblée la diversité culturelle.
Après plusieurs semaines de rencontres et de réflexions, nous avons décidé de mettre en place cette structure le 24 septembre 2023 à la salle UTSF de Cenon, lors d’une assemblée générale des Mauritaniens résidents à Bordeaux et ses environs.
Il faut rappeler que l’Asso des Étudiants et Ressortissants Mauritaniens en Gironde (AERMG) était en place depuis 2007 ; elle a beaucoup œuvré pour la communauté mauritanienne, mais elle est restée inactive avec l’arrivée de la COVID 19. L’AERMG était majoritairement composé par des étudiants ; certains pouvaient changer de ville d’une année à l’autre, pouvant de ce fait perturber ou freiner l’activité. Le cadre de cette nouvelle association, AMNA, est ouvert à tous les compatriotes de la Nouvelle Aquitaine. Ainsi, nous avons toutes les catégories socioprofessionnelles (étudiants, salariés, indépendants, chefs d’entreprise,…) au sein du bureau.
Notre Mission :
À AMNA , nous croyons fermement à la puissance de l’action et à la diversité culturelle. Notre mission est alors de promouvoir la richesse et la diversité des expressions culturelles que nous offrent la Mauritanie à travers une variété d’événements, d’activités et d’initiatives, de rencontres autour d’un thé avec des professionnels, des familles, des jeunes étudiants et travailleurs
Nos Activités :
● Organisation d’ événements culturels tels que rencontres et débats. ● Pour le lancement de nos activités, nous travaillons sur l’organisation en début d’année 2024 pour une journée d’inauguration où seront conviés des personnalités et artistes mauritaniens de la diaspora ; ● Participation à des tournois de football pour représenter la Mauritanie en Nouvelle Aquitaine (A.N) ● Promouvoir la diaspora mauritanienne en N.A et au-delà.
Nos Objectifs :
● Elargir l’association à tous les mauritaniens de la Nouvelle Aquitaine ; ● Identifier et recenser tous les Mauritaniens pour leur soumettre notre souhait de travailler ensemble ;
● L’implantation d’un consulat d’honoraire ou itinérant à Bordeaux pour faciliter nos démarches administratives compte tenu de la grande communauté mauritanienne en Nouvelle Aquitaine ; ● Travailler avec d’autres associations dans la région et en Mauritanie ● Mettre en place des partenariats avec des entreprises mauritaniennes pour la réalisation de projets dans le domaine de la santé,de l’éducation,de l’agriculture,etc., en Mauritanie.
Nos Engagements :
● Éducation Culturelle : Mettre en place des programmes éducatifs visant à sensibiliser la communauté à la richesse culturelle qui nous entoure en Mauritanie ; ● Création de partenariat avec des structures académiques et professionnelles ; ● Mise en place une cellule d’intégration des nouveaux arrivants et une commission d’orientation professionnelle pour les étudiants, salariés et indépendants porteurs de projets.
Rejoignez-nous !
AMNA est l’endroit idéal pour vous. Ensemble, construisons un espace où les Mauritaniens se retrouvent pour la solidarité et l’entraide.
Rejoignez-nous dans cette aventure associative extraordinaire et contribuez à faire d’AMNA un point culminant des mauritaniennes et mauritaniens.
Pour plus d’informations ou pour rejoindre notre association, n’hésitez pas à nous contacter à mauritanie.bordeaux@gmail.com ou par téléphone au +33 7 61 39 95 68.
Ensemble, faisons résonner la voix de la Mauritanie dans la Nouvelle Aquitaine ! Pour cela, AMNA se veut inclusive et invite tous les mauritaniens à venir intégrer ses différents pôles.
BPM – A la rencontre de la diaspora mauritanienne en France et en Belgique sous le thème : « Mieux vous connaître pour mieux vous accompagner dans vos projets ».
Dans la continuité de notre stratégie de proximité vis-à-vis de notre diaspora, la Banque Populaire de Mauritanie lance une campagne commerciale et de sensibilisation marquée par l’organisation d’évènements de rencontre qui auront lieu au sein des principales villes en France et en Belgique accueillant une diaspora mauritanienne importante.
Durant cette mission commerciale, une équipe représentant la Banque Populaire de Mauritanie organisera plusieurs rencontres, en collaboration avec les représentants et les membres socialement actifs de la diaspora, afin de partager un moment convivial et leur proposer des produits et des services de la Banque pouvant améliorer la gestion de leur finance au quotidien et accompagner leur futur projet en Mauritanie.
En particulier, toutes les questions liées à l’ouverture et à la gestion d’un compte bancaire à distance, aux transferts d’argent vers la Mauritanie, à la demande de produits et services bancaires, aux conditions d’éligibilité à une solution de financement immobilier seront abordées et à la gestion des réclamations.
Nous invitons toutes les associations et membres actifs dans ces villes de prendre connaissance des informations suivantes et à nous rejoindre aux lieux et horaires prévus, par ville, lesquels seront communiqués sur nos réseaux sociaux et via les plateformes actives de la Diaspora.
Message de remerciements pour les concepteurs et acteurs de AFRAB et d’informations pour le public abolitionniste. J’informe tous les collègues, chercheurs ou activistes, avec qui j’ai partagé une excellente semaine à l’université de Dar es Salam, dans le cadre du projet AFRAB, que je suis arrivé au sein de la famille à Dakar, en parfaite santé et dans des bonnes conditions. Je compte aussi mobiliser des chercheurs mauritaniens, basés à l’université de Nouakchott ou dans des universités étrangères, pour rallier le projet et la conception AFRAB, une idée géniale qui contribuerait beaucoup à l’effort africain et mondial visant à informer sur l’esclavagisme en vue de son éradication totale. Le projet AFRAB (acronym de «African Abolitionism: The Rise and Transformations of Anti-slavery in Africa») a soutenu et financé la participation de 32 participants, dont des membres du réseau G5 Sahel contre l’Esclavage, à la conférence UDSM en Dar es Salaam du 6 au 10 novembre 2023. Le G5 Sahel est un consortium d’ongs anti-esclavagistes, travaillant au Mali, Niger, Mauritanie, Tchad, Burkina Fasso et autres pays du Sahel, Sahara ou Afrique de l’Ouest. Le G5Sahel Contre l’Esclavage est dirigé par Ali Bouzou, secrétaire général du consortium et président de l’organisation Timidria du Niger. AFRAB est coordonné par la professeure Benedetta Rossi, basée au Département d’histoire de l’université « University College London » (UCL) à Londres, au Royaume-Uni. AFRAB est financé par le Conseil Européen de la Recherche (convention de subvention n° 885418).
Ce dimanche 22 octobre 2023, la capitale togolaise a abrité le premier rendez-vous inaugural d’une initiative panafricaine. Il s’agit de Manssah qu’on peut qualifier d’un type de think tank d’un ton très ambitieux. À la manette, l’emblématique journaliste camerounais Alain Foka (démissionnaire de RFI récemment) et 14 autres co-fondateurs. Des profils d’une belle crème d’intellectuels et d’entrepreneurs, qui visent l’émergence d’une renaissance panafricaine sous le sillage historique d’un symbolique personnage africain d’antan, Manssah Moussa du Mali. À entendre les communications lors cet événement à Lomé par la pertinence des diagnostics et les visions exposées en perspective, on en conclut qu’un Grand Espoir pointe à l’horizon pour débloquer certains imaginaires sur – dans le continent africain. Sans complexes dans le fond dit, les Manssah pionniers affirment leur détermination à questionner TOUT (l’éducation, la gouvernance, l’économie…) . À la question de savoir pourquoi l’Afrique francophone a été choisie pour lancer leurs activités, ils lancent sans sourciller en terme imagé que « quand notre maison est sale, pour la nettoyer, on doit commencer par la pièce la plus sale ». Ainsi dire que leur initiative a vocation continentale et s’inscrit dans un schéma ambitieux de développement pour faire émerger l’esprit Manssah partout. Il faut noter la présence des ministres des affaires étrangères du Togo et du Mali et d’un officiel en tenue militaire du Niger.
À suivre ci-joint le lien YouTube de l’événement :
À l’université de Londres, une conférence publique s’est tenue sous le thème « l’activisme anti-esclavagiste en Afrique de l’ouest » du 23 au 24 octobre 2023. Une activité organisée par le programme EMiFo https://www.slaveryforcedmigration.org/ sous la direction de Dr Marie Rodet de l’université SOAS et ses partenaires.
La soirée du 24 octobre a été consacrée à une communication de votre « serviteur » blogueur Koundou Soumaré, une projection d’un film de Dr LottePelckmans (Universitaire à Copenhague) et du visionnage d’un film de dessin animé de Dr Marie Rodet. Les contenus diffusés et commentés sont axés sur la dynamique militante anti-esclavagiste (contre l’esclavage par ascendance) en Afrique de l’ouest. Le mouvement d’éveil abolitionniste Ganbanaaxun Fedde a fait l’objet d’un cas illustratif dans les différents échanges. Il faut noter la présence des représentants de l’association Donkosira du Mali et d’un militant abolitionniste soninké de Mauritanie vivant à Londres, M. SambaDiallo.
La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) vous propose l’interview avec l’étudiant mauritanien M. SouleymaneSidibé. Notre Blog a publié différentes contributions sous sa plume sur des thématiques variées. Ici, il accepte de répondre à nos questions axées sur son parcours et sur des thèmes plus ou moins divers. Nos remerciements à lui pour cette disponibilité.
Ci-après l’intégralité de l’interview :
● Question 1 : Bonjour monsieur Sidibé, nos remerciements pour votre disponibilité, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
SouleymaneSidibé : Bonjour Koundou Soumaré. C’est un plaisir pour moi de répondre aux questions de votre blog. Je m’appelle Souleymane Sidibé. Je suis né à Nouakchott à Sebkha et j’ai passé mon enfance entre Socogim K (notre maison familiale ), Sixième chez mes grand-parents, Socogim Bagdad, Socogim Ps un peu; Ilok K et Tevragh Zeine avec les amis. Je suis nouakchottois. Après les études primaires à Dioukhamadya (Médina 3) jusqu’en première année collège dans le programme mauritanien, j’ai rejoint le système éducatif français en classe de 5ème (2e année collège) au Petit Centre (Ilot K) ; puis au Lycée Privé du Sahel. J’ai quitté la Mauritanie pour Bordeaux après l’obtention du bac S que j’ai passé au Lycée Français Théodore Monod (LFTM) de Nouakchott en 2016. Cela m’a fait découvrir l’Université de Bordeaux en France, à mes 18 ans, dans un parcours Santé que je n’ai pas pu poursuivre ; ensuite, je me suis inscrit en biologie. J’ai également pris des cours en gestion et maîtrise de l’eau dans une université privée .
● Question 2 : Étudiant mauritanien et africain en France depuis quelques années, quelle expérience en tirez-vous jusqu’à là ? Atouts et pièges éventuels à éviter pour des futurs étudiants…
SS : Vieil étudiant, dirais-je. J’avoue qu’être étudiant en France, c’est d’abord être confronté à une autre réalité, un autre rythme de vie et de travail. Les cours sont une continuité de ce que l’on a étudié, mais les codes culturels ainsi que le sérieux demandé, la rigueur et le statut d’étudiant nous renvoient dans d’autres référentiels. Tout d’abord, être étudiant est un statut dans un pays d’accueil pour le nouvel étudiant que je fus. Il fallait étudier en étant dans l’obligation de moyens afin d’attester de ma situation d’étudiant. Il faut fournir chaque année son évolution. L’obligation de réussite s’impose après un ou deux échecs pour ne pas perdre ce statut. La vie estudiantine est un passage dans lequel on suit un apprentissage. Chaque cours, chaque TD, chaque TP, dans le domaine qui est le mien, même ailleurs, est l’occasion d’apprendre quelque chose de nouveau. Ensuite, on élargit ses perspectives en ayant un projet d’études ou en le construisant tout au long, on devient résilient. On apprend à gérer son temps, faire le ménage -ce que ma mère m’avait habitué les fins de semaines-, faire la cuisine ; on cultive ses relations personnelles tout au long. Enfin, pour me permettre de donner un conseil à un futur étudiant ou une étudiante, c’est de croire en soi en étant réaliste. Les études en France demandent des moyens. Il faut des ressources financières, de l’argent. Si l’on n’a pas beaucoup de moyens, on ne peut pas s’inscrire dans certaines écoles. Même si c’est dans le public. Il faut alors ajuster ses ambitions. Et surtout favoriser actuellement les formations avec des alternances quand on a un peu d’aide parentale, familiale. Il est important de rester focus en étant ouvert au conseil. C’est très difficile de faire certains parcours en travaillant, par exemple, dans la restauration en parallèle. Étant donné qu’il s’agit d’un apprentissage et d’un enrichissement continus, parlant de la vie d’étudiant, c’est alors nécessaire de faire régulièrement un bilan de ses expériences. Quand on est là, comme tout le monde, on se met petit à petit dans le bain sans se faire un sang d’encre ou se mettre la rate au court-bouillon. C’est aussi important de changer d’habitude ainsi que prendre soin de sa santé mentale et physique.
● Question 3 : Vous avez publié un recueil de poèmes intitulé La Poésie démeurt, il y a de cela quelques temps, pouvez-vous nous présenter brièvement cet ouvrage et comment peut-on se le procurer ?
SS : La Poésie démeurt est un recueil que j’ai écrit pour déclarer mon amour à la poésie. J’écris toujours et lis dès que l’occasion s’offre. On lit en prélude l’hommage à ma tante décédée à Paris. C’est un livre à sa mémoire. Un format de 68 pages publié chez Les Editions Universitaires (Muse) que je déconseille et un autre chez Amazon contenant 203 pages. Je remets la présentation du livre sur les sites de vente ou en bibliothèque à partir de ISBN 979-8496349680. La Poésie démeurt rassemble des poèmes que j’ai écrits entre 2016 et 2021. Entre cris nocturnes, mélancoliques et réflexions philosophiques, ce recueil s’imprègne d’une écriture rythmée et lamentée par le quotidien. Le recueil de poèmes parle du continent africain, de la patrie, de mes études, de son auteur, de l’amour-ses contradictions, son dévouement et sa belle cruauté-, également de belles choses de la vie, et son épitaphe : la mort. En poète amateur, je survole le monde par les mots en pansant les maux. Je suis un admirateur des grands noms de la poésie à l’image de Ousmane Moussa Diagana de mon pays comme des auteurs de ce que je qualifie de poésie-merveille (parlant de la poésie française). Je dessine mon monde à dessein des autres calamités.
● Question 4 : Ces dernières années, la communauté sooninké vit beaucoup de frictions sociales liées à l’organisation intra-communautaire (féodalisme, discriminations…) et au phénomène de l’esclavage statutaire, comme jeune sooninké lettré en phase universitaire, quelles sont vos réflexions à propos ?
SS : La communauté sooninké a vécu des conflits bien avant la Seconde Guerre mondiale. Des villages sont nés au fil du temps suite à des discordes, des batailles rudes, des installations de campements… Il y a des survivances idéologiques liées à l’esclavage et à la féodalité. Les rapports ancestraux fossilisés pour parler comme le chercheur Sidi Ndiaye animent les imaginaires collectifs de différentes fractions sociales. Nous avons au sein de cette communauté comme dans d’autres en Mauritanie une organisation étriquée que la culture citoyenne doit balayer. Cela n’est malheureusement pas possible d’un simple revers de main. Il faut l’implication des acteurs sérieux des droits humains et des politiques débarrassés des préjugés sociaux. L’esclavage statutaire est une réalité. On voit même des individus avancer des propos pour justifier qu’ils ne sont pas issus d’une certaine catégorisation sociale en indexant d’autres. Il est urgent de se débarrasser de l’idée de la noblesse. L’idée de la citoyenneté doit naître au profit de tous ses maux. Les laada (accords coutumiers) étaient les verrous du rapport subalterne ou dominé socialement (kome, sakke, tage, etc) au moodi (marabout statutaire) et hoore (noble) dans le milieu sooninké. Il y a eu des familles engagées contre cette supercherie pour plusieurs raisons (éducation moderne, fierté culturelle, etc), mais il faut connaître qu’avec l’arrivé du mouvement Gambanaaxu qui un consortium d’association luttant pour l’égalité citoyenne en milieu sooninké, la donne a considérablement changé. On a vu pulluler des contre-mouvements qui ne font ni le poids électoral ni la force de conviction et de sérieux ; nullement comparable se cachant derrière un fantasme social que le capitalisme ne considère pas. L’Etat changera d’allier inévitablement si l’occasion se présente. Les militants de Gambana (l’éveil citoyen) -pour ceux que je connais- ne font pas du militantisme à la carte comparée à bon nombre de d’associations. Je pense simplement que la vie, c’est quelques fois des rapports de force. Il faut arriver à démystifier le discours des tenants de l’ordre inique qui vivent avec nous et nous sourient à longueur de journée. Après les laada, la démystification des discours puérils dans les oreilles d’un citoyen moderne, il faut se former, se donner les ressources financières et tester son coefficient d’adversité. Il s’agit d’un mépris historique, je ne vois pas d’autres voies à part le terrain de la lutte des idées et la revendication du respect. Sur le terrain scientifique, il y a eu des écrits pertinents. Il ne s’agit plus de «cogito», cogiter (penser), mais de “practise” (pratique). La pratique, c’est ce qui est demandé. L’appellation Jabankaanu est le nom redonné à un quartier dans un village du Guidimakha à la place de komo nkani. Ce montre l’esprit alerte de la nouvelle génération, même de l’ancienne de se débarrasser des tares. Avant, certains vieux disaient «o komon kaani», se traduisant par «chez nous esclaves». Cette appellation était implantée dans leur conscience. Je discutais avec un monsieur il y a de cela quelques années. J’ai voulu à travers lui comprendre l’organisation sociale. Je n’ai été au village qu’une fois et ce, étant très petit. Je lui ai avancé quelques arguments pour la destruction des tares. Il me dit que son village -dont je tairai le nom-, c’est pour « leurs esclaves » et eux. J’analysais son discours et essayais de comprendre les mécanismes qui régissent sa pensée et son être. Je lui ai posé la question de savoir s’il pouvait se marier avec une personne issu du groupe qu’il qualifie de komo. Il me répondit : « Non, pour rien au monde. Pourquoi ont-ils accepté cette dénomination ? ». Cette réponse est parlante. Comment on justifie idéologiquement la perception féodale ? C’est pour montrer là que le discours qui légitiment cela doit être attaqué. En tant que jeune apprenant, j’espère continuer à l’être dans ce monde où le savoir et la bonne information sont importants, Il y a des jeunes qui ne tiennent plus compte du référentiel coutumier. Les choses avancent, tant mieux. Tant pis pour les blessés de l’existence qui sont encore attachés à leur illusion. Nous devons aspirer à une chose : c’est la citoyenneté. C’est difficile avec l’absence des politiques publiques, l’école pour tous et les arguments de militants des droits humains. On remarque que la hiérarchisation de la société sooninké suit son cours jusqu’en France. Les noms des foyers ont des connotations. Certains font appel à des religieux coutumiers pour les festivités. Il y a des tenants du système inique. Ces dernières années sont tout de même l’amorce de l’éveil citoyen en masse. C’est du concret.
● Question 5 : Concernant l’éducation, beaucoup d’initiatives sont prises au sein des communautés villageoises sooninké du Guidimakha (système hybride Mahadra- école) en dehors du cadre de l’enseignement étatique, vous y voyez quoi en termes d’inconvénients et d’avantages ? Et quel regard portez-vous sur l’éducation des jeunes filles dans nos communautés ? Et vos préconisations éventuelles en la matière ?
SS : Je ne suis pas un fin connaisseur du village à proprement parler, puisque je n’y ai pas vécu. Je connais l’organisation et observe les individus issus de ce milieu. En ce sens, il m’arrive d’observer et faire mon analyse à partir des ressortissants qui clament leur fierté. Ces dernières années, l’élément religieux (la conduite de la prière, les prêches du vendredi, le tissage des liens matrimoniaux, les baptêmes en partie…) n’est plus une propriété privée d’une famille qui se dit garante de la religion au sein du village ou des villes. La connaissance prime dans les grandes villes, de nos jours. Quelques émigrés financent l’école coranique de leurs enfants pour ensuite construire des mosquées afin qu’ils y enseignent la parole d’Allah. Cette approche n’a pas pour objectif premier de déconstruire les survivances idéologiques. Tout de même, elle aide à l’émancipation des mentalités en mettant en avant l’idée de croyant. Il jongle dans une vision entre le délaissement de ce qui est proscrit (interdit) et la mise en avant de ce qui lui est prescrit à côté de celle que doit véhiculer une nation. Je parle de l’idée de citoyen. Ce que tu appelles système hybride est une juxtaposition de deux systèmes d’apprentissage. D’un côté, on a les madrassas comme on appelle les mahadras dans les milieux ruraux du Guidimakha qui sont un espace pour l’apprentissage de l’arabe et du coran où l’enfant apprend les lettres originelles. Cet apprentissage suit sa pédagogie. Et, d’un autre, on voit l’école – censée être- républicaine. Elle est délabrée à l’instant où j’écris ces quelques mots. Il faut la refonder et assainir de façon matérielle et immatérielle. Malgré les différents manquements, l’école moderne doit être la priorité pour saisir son environnement, assurer son lendemain par une formation classique ou professionnelle et se perfectionner pour la vie en société. On peut entendre par «système hybride», le renforcement de l’arabe et de l’apprentissage de la religion dans le programme scolaire. A Nouakchott, les enfants arrivent à apprendre les lettres «originelles» à la maison. On doit favoriser l’école à mon sens pour la formation qualitative axée sur l’aspect citoyen et technique. Nos universités doivent accueillir des étudiantes et étudiants ayant des prérequis (savoir et savoir-faire) pour affronter le monde du travail, la recherche scientifique et laisser en place des filières pour les personnes désireuses de continuer dans les sciences sociales et les sciences dites islamiques. Ce n’est pas le rôle des collèges et lycée. Ce système hybride dans le deuxième cas est un échec assuré. Concernant les jeunes filles appelées à devenir des femmes à partir de la maturité, notre société doit comprendre qu’elles sont des citoyennes entières et non pas à part entière. L’hypersexualisation dès le bas âge avec tout un pan culturel doit cesser. Les jeunes femmes doivent assurer les mêmes postes, car elles ont droit aux mêmes qualifications. Je vais de ce principe. Combien de familles ont sacrifié les études de jeunes femmes à cause d’un mariage ? Cette «programmation » au foyer met en danger des vocations. Le manque d’éducation est un danger pour la santé même. Comment comprendre la reproduction féminine et les maladies qui n’épargnent pas à l’image des cancers du col de l’utérus et du sein qui sont fréquents ? C’est à travers l’éducation que l’on agrandit ses horizons, et l’école est le point le plus crucial pour arriver à se construire. Je pense que l’on ne peut pas inventer d’autres combats. Soutenons les combats sur le terrain, partageons et mettons en valeurs les femmes qui se sont émancipées du poids social pour émerger. Elles sont nombreuses. Quand il y a souvent des sorties pour la promotion de l’éducation des jeunes filles, on voit plus d’hommes et peu de femmes. Toute occasion est bonne pour faire la promotion du système patriarcal qui prédomine. Les choses bougent dans les grandes villes. Hélas, on peine encore à recenser des filles parmi les admis au baccalauréat dans les villages. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une sensibilisation au sein des terroirs. La volonté y est, mais les moyens étatiques sont maigres. L’assertion de Cheikh Sadbouh Kamara est comprise dans certains foyers. «De nos jours, le premier mari d’une femme, c’est son salaire », disait-il. Le projet professionnel et la compétence avant le projet matrimonial.
● Question 6 : Vous publiez régulièrement sur les réseaux sociaux (votre page Facebook notamment) sur diverses thématiques, quelle analyse faites-vous de la situation politique et sociale mauritanienne après les élections générales de mai 2023 ?
SS : Effectivement ! Je publie très souvent l’actualité sur ma page personnelle, en me laissant aller vers l’interrogation critique, et comme tout le monde, avancer quelques opinions sur la politique… Les Live de Souleymane est ma page où des invités donnent leurs avis sur diverses thématiques. Les directs sont un moment de militantisme ou de débats, d’échanges. Quant à la situation politique après les élections législatives de mai 2023, on remarque une nouvelle configuration. Cette nouvelle configuration politique est le résultat de tiraillements des dernières décennies. Les grandes figures de l’opposition politique dont on ne voyait pas – à priori- une alternance au sein de leur mouvement se sont retrouvés derrière des partis naissants, nés de compromis ; même sur des bases militantes pour certains. Le pouvoir a tout de même su maintenir sa domination sur le terrain politique. La politique politicienne et le populisme ont également de beaux jours devant eux. C’est le constat. A côté, la situation socio-économique devient alarmante. Des réformes voient le jour. Quelles sont leurs finalités ? On se demande. L’arabisation est un facteur qui contribue à la dégradation de l’école censée être républicaine. Que faire ? Pour être bref, les choses suivent leur cours. La politique qui reste le tremplin pour l’ascension se détourne de vraies questions. Les partis qui posent certaines questions essentielles en passant sous silence d’autres ou dont les dirigeants minimisent le sens des choses ne sont pas reconnus. Il est important de noter que ces dernières élections ont montré que le citoyen et son vote comptent. Les personnes dites d’extractions serviles ou d’ascendance servile ont manifesté leur rapport de force dans la bataille politique au sein du Guidimakha. Si les survivances idéologiques font écho dans le traitement politique au sein de l’appareil étatique, l’opposition n’en est pas indemne. Il y a une conscientisation face aux enjeux et aux défis économiques, le partage des richesses, etc., au sein des communautés mauritaniennes dont celle haratine longtemps délaissée.
● Question 7 : Sur le cas du Sénégal, nos voisins, durent des remous sociaux et politiques autour de l’opposant Ousmane Sonko du Pastef (dissous récemment), en tant qu’observateur que se joue réellement entre l’actuel régime et le camp Sonko ?
SS : Tout d’abord, il faut souligner ma proximité avec certains cadres du parti des patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). Disons que la plupart des membres de Pastef sont plus dans le militantisme que dans les calculs politiques. Ils sont dans une logique de construire le Sénégal qui selon la vision de Felwine Sarr ainsi que d’autres intellectuels est entrain de perdre ses acquis démocratiques. Ces «remous» partent de l’expression de la volonté de l’actuel président de réduire l’opposition à sa simple expression». Ce type de pensée est connu des chefs d’Etats dans les démocratures. On remarque l’instrumentalisation de la justice, des arrestations arbitraires, des femmes séparées de leurs nourrissons,des hommes torturés, des personnes qui optent pour le silence dans une atmosphère de tension politique où toute cette brutalité est dirigée vers les Patriotes et leur président arrêté. La question du troisième mandat est écartée, le pouvoir en laissant cette opposition faire campagne risque de se retrouver devant les tribunaux. Quelques personnes de l’administration, juges, etc., refusent de céder à des manœuvres politiques qui ne disent pas leurs noms. Ce qui m’impressionne, au Sénégal, deux membres d’une même famille peuvent être de bords politiques différents, tout en étant dévoués. Cela montre la maturité politique des sénégalais. Tout de même, quel que soit celui qui présidera aux destinées du Sénégal, il aura pour premier objectif politique de décrisper la scène politique.
● Question 8 : En quelques mots, quelle substance en matière de réflexion donnez-vous comme définition au panafricanisme aujourd’hui ?
SS : Le panafricanisme est un mouvement politique et idéologique qui va de l’histoire africaine (esclavages, colonisation…), de la lutte pour l’indépendance, de la philosophie africaine, culture, et tant d’autres choses pour mettre en avant une unité africaine. Cette idéologie s’attaque de prime abord à l’impérialisme économique et au néocolonialisme, de nos jours. Je conseille un enregistrement avec Dr Amzat sur ma page les Live de Souleymane Sidibé intitulé : Le panafricanisme à l’ère du numérique. Il est historien spécialiste du panafricanisme.
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