● Éléments biographiques de cheikh Madiakho Tandjigora

• Nom complet : El-haj Mohamed ibn el-haj Aboubekr ibn mohamed khalil Tandjigora connu également sous le teknonyme (kunya) Abu Elyas

Il est ressortissant du village sooninké de Kounghany au Sénégal, d’une famille des lettrés religieux et prédicateurs originaire du Mali. Une famille issue de l’ensemble clanique des Cissé. Né en 1953, le professeur communément appelé cheikh Madiakho, est une voix intellectuelle, spirituelle et sociale qui a une certaine aura auprès des communautés sooninkés à travers le monde. Un lettré traducteur, prêcheur consciencieux et penseur très dynamique en réflexions sur l’héritage intellectuel et savant de la voie classique sunnite. Ouvert et témoin de son temps, on peut l’encarter également comme fin éducateur, philosophe, psychologue et observateur attentionné des relations internationales.

L’auteur du livre du Saint Coran traduit (sens des versets) intégralement en langue sooninké paru en avril 2021, voir ce lien https://soninkideesjose.wordpress.com/2021/04/28/la-parution-dun-ouvrage-dune-portee-intellectuelle-monumentale-en-milieux-soninkes-le-saint-coran-traduit-en-langue-soninke-par-le-professeur-muhammad-diakho-tandjigora/ , est l’objet de notre modeste contribution retraçant quelques éléments biographiques de sa vie. Ici nos sources sont tirées d’une vidéo YouTube https://youtu.be/doMWQg2JVws de la rencontre publique en date 22 février 2016 entre le cheikh et des étudiants sooninkés à l’université de Médine en Arabie Saoudite.

Ci-dessous notre transcription réalisée après une soumission au professeur pour vérification et corrections.

Parcours d’études et enseignants fréquentés :

– Initiation Étude du Coran auprès de cheikh Sikhou Mama Diakho 1957-1961

– Mémorisation d’une partie du Coran auprès d’un lettré religieux Peul cheikh Ahmed Ba 1961 – 1962

– Mahadra de cheikh Hamidou Sita Tandjigora

– Mahadra (10 ans d’études) de cheikh Fodie Makha Dramé de Moudery (décédé 1988)

– Auprès de Kandioura Lamina Dramé

– Auprès de cheikh Al-housseinou ibn Assoura Dramé

– Auprès de cheikh El-haj Bouna Diakhité de Bakel.

– Auprès de cheikh El-haj Fodie Makha Touré

Les efforts et réalisations dans la prédication et l’enseignement :

– Postes d’imam en France :

À Rouen, Miramas, Toulouse, Paris 19ème Foyer Commanderie

– Ses cercles d’études et d’enseignement fondés :

Séances de Tafsir dans Paris 14ème arrondissement (à partir de 1994…)

• Établissements fondés au Sénégal et en Gambie :

– Création avec d’autres partenaires d’une Madrassa (Ibn Massaoud en 1998) à Dakar

– Création avec 2 autres partenaires d’une Madrassa (Ibn Massaoud en 2000) en Gambie

– Création d’une Madrassa dédiée aux filles et femmes (Ibn Massaoud en 2000) à Dakar

– En 2006, fondation d’un collège franco-arabe et de Mémorisation du Saint Coran

• Ses ouvrages et livres en projet :

39 recensés publiés ou manuscrits en projet.

Je peux citer certains de ses livres en français que j’ai eu la chance de lire :

Servitude à Dieu d’Ibn Taymiyya (Introduit, traduit et annoté) paru en 2014

Le mariage forcé en Islam : Des origines coutumières et ancestrales paru en 2006

L’esclavage en Islam (Entre les traditions arabes et les principes de l’Islam) paru en 2004

Déontologie de l’exégèse coranique dans l’enseignement d’Ibn Taymiyya (Introduit, traduit et annoté) paru en 2013




©️ Crédit : premières sources et ressources tirées d’un audio de présentation (Par Ibrahim Korera) ayant comme source initiale la vidéo YouTube citée plus haut.

Longue vie et santé à lui. Ameen

✍️🏿 KS pour le BLOG

● Référendum 2016 : un stratagème constitutionnel pour un troisième mandat en 2024 | Par Mamoudou Baidy Gaye

Au Sénégal, beaucoup d’observateurs avertis commencent à se demander si la révision constitutionnelle de 2016 n’était juste qu’une ruse de Ndiombor pour acter en 2024, de façon subtile, un troisième mandat pour Macky Sall, après un septennat (2012-2019) et un quinquennat (2019–2024).

A y voir clair, c’est comme si Macky Sall, avec sa dernière tournée économique à Tambacounda, est en train de tester en phase expérimentale le ressenti populaire sénégalais dans son dessein de briguer un troisième mandat présidentiel qui est en train de se profiler à l’horizon en 2024 au Sénégal.

Même si Macky Sall a adopté, pour l’instant, la tactique motus bouche cousue en ce qui concerne sa déclaration officielle de candidature pour la présidentielle de 2024, ses partisans sur les plateaux de télévision et lors de leurs discours publics se sont mués en chevaux de Troie pour cette cause du troisième mandat en étant des ballons de sonde pour tester l’opinion populaire sénégalaise.

Des partisans de Macky Sall d’aujourd’hui et des anciens « caïmans » et « renégats » politiques du régime de Me Abdoulaye essaiment au tour de leur ancien numéro 2 du parti démocratique sénégalais (PDS) avec comme volonté cupide de continuer le festin avec ce qu’ils qualifient comme deuxième quinquennat et non de troisième mandat.

Le premier mandat de président de Macky Sall a été marqué par cette fameuse Loi constitutionnelle n° 2016-10 du 05 avril 2016 portant révision de la Constitution qui avait pourtant renforcé l’image du Sénégal au niveau international.

Le 20 Mars 2016, le président Maky Sall avait appelé les citoyens sénégalais à un énième référendum après celui de 2001. Macky Sall avait ainsi affirmé sa volonté de promouvoir des réformes visant à moderniser le régime politique, à renforcer la bonne gouvernance ainsi qu’à consolider l’État de droit et la démocratie.

C’est pourquoi il avait invité les Sénégalais à se prononcer sur un projet de réformes constitutionnelles de 15 points. Durant ce rendez-vous, le ‘’Oui’’ l’emportera à hauteur de 64,54%. Il s’agissait entre autres de ces réformes :
1. la modernisation du rôle des partis politiques dans le système démocratique ;
2. la participation des candidats indépendants à tous les types d’élection ;
3. la promotion de la gouvernance locale et du développement territorial par la création du Haut Conseil des collectivités territoriales ;
4. la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens : droits à un environnement sain, sur leurs ressources naturelles et leur patrimoine foncier ;
5. le renforcement de la citoyenneté par la consécration de devoirs du citoyen ;
6. la restauration du quinquennat pour le mandat présidentiel ;
7. le renforcement des droits de l’opposition et de son Chef ;
8. la représentation des Sénégalais de l’extérieur par des députés à eux dédiés ;
9. l’élargissement des pouvoirs de l’Assemblée nationale en matière de contrôle de l’action gouvernementale et d’évaluation des politiques publiques ;
10. la soumission au Conseil constitutionnel des lois organiques pour contrôle de constitutionnalité avant leur promulgation ;
11. l’augmentation du nombre des membres du Conseil constitutionnel de cinq (5) à sept (7) ;
12. la proposition par le Président de l’Assemblée nationale de 2 des 7 membres du Conseil constitutionnel ;
13. l’élargissement des compétences du Conseil constitutionnel pour donner des avis et connaître des exceptions d’inconstitutionnalité soulevées devant la Cour d’appel ;
14. la constitutionnalisation des principes de la décentralisation et de la déconcentration ;
15. l’intangibilité des dispositions relatives au mode d’élection, à la durée et au nombre de mandats consécutifs du Président de la République.

Malheureusement en Afrique, les textes sont bien écrits, mais leur application pose toujours beaucoup de problèmes avec la pluralité des interprétations et les intentions de se maintenir au pouvoir vaille que vaille.

En outre, nous notons, sous le régime du président Macky Sall, beaucoup d’arrestations du côté des journalistes, des membres de la société civile et même des membres de l’opposition avec la négation presque dictatoriale des droits des citoyens sénégalais à exprimer leur opinion sur les réseaux sociaux.

Des dérives autoritaires qui sont à l’origine aujourd’hui de la montée d’adrénaline de la crispation politique au pays de Senghor, Diouf et Wade.

Sur la situation sociale, la corde est devenue aussi raide avec la conjoncture mondiale post Covid 19 et la guerre Russie-Ukraine. Autant de facteurs qui risquent de plonger davantage le Sénégal dans une crise profonde et multiforme.

La pomme de discorde est née de ce stratagème constitutionnel de 2016 bien ourdi sur la restauration du quinquennat pour le mandat présidentiel.

Le président Macky Sall a déjà affirmé publiquement qu’il ne briguera pas un troisième mandat, mais, l’onde de choc devient chaque jour de plus en plus envahissant face à une l’opposition de plus en plus radicale qui clame le contraire. Ces divergences peuvent être une sérieuse menace pour la préservation de la paix au Sénégal qui a pourtant toujours échappé aux convulsions nées des crises qui secouent l’Afrique depuis les indépendances.

Mamoudou Baidy Gaye

©️ Via http://fr.alakhbar.info/16696-0-Referendum-2016-un-stratageme-constitutionnel-pour-un-troisieme-mandat-en-2024.html

● LE PASSIF HUMANITAIRE… et NOUS | Par Mohamed Vall O. Bellal

Mohamed Vall Bellal, diplomate, ancien ministre, ancien Président de la CENI
Je souhaite dans ce posting provoquer un débat tranquille sur le passif humanitaire. Je n’ai nullement la prétention de suggérer des solutions, ni même des pistes de solution; mon objectif est tout simplement d’introduire une discussion franche et apaisée, en espérant provoquer une nouvelle initiative à propos dudit dossier.
LE PASSIF HUMANITAIRE… et NOUS
Tout au long de notre histoire nous avons connu des hauts et des bas, et traversé de dures épreuves.
Il y eut des moments où la grandeur d’âme, la lucidité, le discernement et la bonté de cœur de nos pères et grands-pères ont manqué à nos gouvernants.
Il y eut des moments où notre pays n’a pas été fidèle à son Histoire et à ses valeurs; des moments où il a manqué à lui-même, à ce qu’il veut être, à ce qu’il doit être.
Ces manquements nous ont occasionné des revers, parfois graves, et des ratés de parcours.
Nous avons connu: torture, séquestration, emprisonnement arbitraire, exécution extrajudiciaire, parodie de procès,
etc. Aucune couche ou composante de notre peuple n’a vraiment été épargnée: les élèves, les étudiants, les ouvriers, les politiques et syndicalistes, et même les militaires dans leurs casernes.
Mais dans ce registre, les événements de 89-91 sont sûrement les plus lourds, les plus poignants et les plus critiques! Il n’y a aucun mot pour décrire la douleur et la souffrance qu’ils ont causées à notre peuple dans toutes ses composantes. Quelle que soit la perception que l’on a de ces événements – répression ethnique ciblée et disproportionnée pour certains, opérations de maintien de l’ordre dans les casernes pour d’autres – leur douleur est ressentie par TOUS! Ils ont touché en profondeur l’âme et l’esprit du peuple tout entier. Tout le monde ressent la même tristesse et la même douleur, et réclame des solutions idoines à ce problème douloureux.
Trois décennies se sont écoulées, et ces événements continuent de nous accabler. Plus que tout, ils ne cessent de nous faire tourner en rond, d’empoisonner l’atmosphère et d’altérer l’unité.
Mais que faire ? Les préjudices du passé sont-ils réparables ? Faut-il criminaliser le passé et le juger ? Si oui, comment, et par quelle voie? Quel sens donner à la justice transitionnelle ? Nous nous posons ces questions, autant que le monde entier se les pose. Elles font l’actualité dans tous les instituts de recherche, et traduisent une prise de conscience mondiale du poids de l’histoire, de la nécessité de « réparer » ses dégâts, et de construire une nouvelle relation avec le passé. En posant ces questions, l’objectif visé est beaucoup plus de “réparer” le présent, plutôt que “d’incriminer” l’histoire.
Nous ne pouvons ni rectifier ni réformer le passé avec ses lots de violence et d’injustice, mais nous pouvons et nous devons «soigner» et « guérir » le présent, et réformer les relations actuelles entre les individus et les composantes de la société.
Dans ce domaine, le monde est entré dans une nouvelle phase avec l’apparition, à la fin des années 90, des « Commissions Vérité ou Équité et Réconciliation » dans plus de 30 pays, notamment en Afrique du Sud, au Maroc, au Rwanda, etc…Avec ces commissions, la “justice pénale” cède le pas à la «justice transitionnelle», dont le but n’est plus de “sanctionner” le passé, mais “d’apaiser les tensions, de vider les poches de douleur et d’amertume, et d’empêcher que le passé ne se reproduise” (Antoine Garapon). Cette nouvelle approche fait de la «réconciliation» son cheval de bataille pour atteindre l’objectif visé, à savoir: faire la paix et reconstruire une société politique apaisée.
Mais aujourd’hui, le monde a tendance à dépasser l’idée de «transition» pour aller directement vers la « réparation ». L’objectif n’est plus seulement “d’apaiser”, mais de « réparer” les torts et les dommages hérités du passé. Cette réparation, pour citer le même auteur, prend généralement 3 formes: symbolique, matérielle et politique.

La réparation symbolique vise à transcender les événements historiques par des initiatives et des gestes qui expriment le regret et l’engagement de ne plus répéter ce qui s’est passé.
La réparation matérielle appelle à une compensation financière destinée à réparer les dommages causés.
La réparation politique se traduit par la recherche des moyens concrets et pratiques pour éliminer les effets des préjudices passés qui continuent d’affliger la société.
En la matière, le droit pénal n’est plus la référence, et la sanction n’est plus l’objectif visé. L’on se tourne désormais vers le “civil” dans l’unique but de réparer les préjudices du passé en compensant les dommages y afférents.
En revenant au cas spécifique de notre pays et au traitement du “passif humanitaire”, force est de noter que l’État a posé des gestes symboliques forts depuis 2007, matérialisés par la reconnaissance officielle par le Président de la République des souffrances infligées aux victimes des événements en cause. Dans son discours historique du 27 juin 2007, il a exprimé les regrets et les remords de la République et du peuple tout entier. Ce fut ensuite le retour de la première vague de réfugiés, le 8 janvier 2008, et le début de leur réintégration sous l’égide de l’ANAIR. Puis, le 25 mars 2009 intervient à Kaëdi un autre geste symbolique fort: le gouvernement organise en présence du président de la République, une «prière, dite prière de l’Absent» à la mémoire des disparus. Enfin, en 2020-2021 avec le président actuel, des consultations commencent au sujet des compensations matérielles.
S’il est vrai que ces mesures sont positives; elles laissent cependant un goût d’inachevé. Nous devons les valoriser humainement et politiquement à la faveur du climat actuel d’entente et d’apaisement. Le Président Ghazouani a montré sa volonté de résoudre ce problème en l’inscrivant à l’ordre du jour du dialogue national reporté jusqu’à nouvel ordre. De par son tempérament tranquille, sa volonté d’unité, son esprit d’ouverture et de dialogue, Ghazouani est suffisamment crédible et rassurant quant à l’avenir de ce dossier. Il serait dans l’ordre normal des choses qu’il crée une “COMMISSION INSSAF et RÉCONCILIATION (CIR)” composée de personnalités qualifiées au plan moral, juridique et politique, dont la tâche principale sera d’aller vers la paix et la sérénité des cœurs, avec comme mandat:

• de faire la lumière sur ces événements de manière constructive, responsable et objective.
• de rechercher et de trouver les moyens de nature à réparer les dommages psychiques et psychologiques subis par les victimes.
• de veiller à la réparation des préjudices: indemnisation, réadaptation, satisfaction et garantie de non-répétition.
• de (re)prendre le processus de concertation et de dialogue avec les ayants droit pour finaliser le processus de réparation financière.
• de suivre et d’assurer la réintégration dans la fonction publique des anciens fonctionnaires, et leur régularisation administrative ou professionnelle, etc.
Une telle approche est de nature à créer un nouveau pacte national de fraternité et d’unité entre les mauritaniens, et une base de réconciliation entre eux et l’État.
• Enfin, je sais que ces propos seront tournés en dérision par une opinion généralement peu encline à l’action, la modération et la mesure. L’on criera à l’aventure, à l’utopie, au risque de remuer le couteau dans la plaie, de raviver des douleurs enfouies, ou de susciter une guerre des mémoires.
Ce n’est pas totalement faux, mais la rupture est là. De 1992 à 2019 (inclus), toutes les élections qui se sont déroulées ont montré que les populations de « Ghabou » à « N’diagou » en passant par les communes rurales, les départements et les capitales régionales, jusqu’aux faubourgs et médinas de Nouakchott et Nouadhibou ont invariablement voté en majorité contre le candidat du pouvoir. Ce message des urnes, sans cesse réitéré depuis 30 ans, est éloquent, clair et précis. Il invite à RÉPARER, RÉCONCILIER, UNIR!

Mohamed Vall O. Bellal
le 31-12-20224

©️ via https://initiativesnews.com/index.php/2022/12/31/libre-opinion-le-passif-humanitaire-et-nous/

● Baliou Coulibaly, nouveau président de PCQVP: « Mon élection est une reconnaissance des efforts de la société civile » | [Le Calame]

Le Calame : Vous venez d’être porté à la tête de la coalition PCQVP, il y a quelques jours. Pouvez-vous nous livrez vos premières impressions ?

Baliou Coulibaly: Satisfait oui, car cette élection constitue une reconnaissance de la part des acteurs de la société civile Mauritanienne des modestes efforts que nous avons menés durant depuis plus d’une décennie dans le cadre de la promotion de la gouvernance économique en Mauritanie.

Mais aussi conscient de la charge de la responsabilité qui nous attend à la tête de cette importante organisation dans un pays où l’exploitation des ressources naturelles constitue la principale source de revenu pour l’économie nationale.

Qu’est-ce que PCQVP ? Quelle est sa mission principale?

-La mission de PCQVP consiste à s’assurer que les revenus tirés de l’exploitation des ressources extractives profitent de manière significative au pays, au secteur privé et à l’ensemble des segments de la communauté

Que les ressources extractives sont exploitées de manière rationnelle qui préserve l’environnement et la santé des communautés et des travailleurs

Mener des campagnes de plaidoyer pour influencer les politiques et pratiques afin d’éviter a notre pays de tomber dans le fameux piège de la malédiction des ressources connue sous le vocable du Syndrome Hollandais.

• Quels sont les grands axes de votre mandat?

-Les grands axes de notre mandat tourneront autour de trois priorités.

-Le suivi des obligations contractuelles des compagnies

-Le suivi des obligations environnementales

-Actions de plaidoyer pour améliorer les politiques pour s’assurer que l’ensemble des parties prenantes profitent des revenus qui proviennent de nos ressources à travers une politique de contenu local pertinente et adaptée qui assure un développement durable inclusif et apaisé pour le bien-être.

Propos recueillis par Dalay Lam

©️ Via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=761785

● Union des Blogueurs Mauritaniens | Présentation



Une structure naissante décidée en date du 29 novembre 2022 regroupe des blogueurs mauritaniens et acteurs sensibles aux thématiques liées au champ communicationnel du blogging. L’UBM se fixe comme objectifs entre autres, une approche de promotion de la paix et du dialogue pour la résolution des conflits et pour la concorde sociale. Elle bénéficie d’un appui du projet SEMAH. Son activité pionnière a été une caravane de sensibilisation sur les dangers des fake news, effectuée à Rosso les 17 et 18 décembre passés.

Ce vendredi 30 décembre 2022 à Nouakchott, l’Union a organisé une rencontre nommée Thé Palabre sur la thématique suivante : Rôle des blogueurs et artistes pour la promotion de la paix, du dialogue et de la prévention des conflits.

Il est lieu ici de saluer cette belle initiative citoyenne pour la consolidation de l’entente sociale, gage de développement multidimensionnel dans notre cher pays.

Notre blog exprime nos encouragements et notre reconnaissance à l’endroit des porteurs de cette Union visionnaire et annonce notre adhésion à ce projet. Bravo!

• Quelques photos sur les activités réalisées :



Les contacts Tél : 20382688 ou 47617698

31 décembre 2022

KS pour le BLOG

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● Ma rencontre avec Hampâté Bâ | Par Mouhamadou Sy dit Pullo Gaynaako

J’avais treize ans en ce matin d’un printemps veillissant. Le collège était une toute nouvelle étape que j’entamais avec un enthousiasme débordant. Le nom d’Amadou Hampâté Bâ ne constituait alors qu’une réalité lointaine éparpillée dans mon jeune esprit. Une ombre intermittente qui planait au gré des discussions savantes des aînés du village, des citations furtives glanées ça-et-là à l’écoute des vieilles cassettes ou à la lecture de quelques débris de textes que le hasard faisait tomber sur ma main. Rien de tel à en constituer une idée cohérente. Mais n’était-ce pas là une envie naïve de l’esprit de vouloir tout figer, y compris la représentation d’un homme de cette dimension ? Je ne tarderai plus à faire plus ample connaissance de ce personnage, de cet auteur, et à y découvrir un maître que je ne quitterai plus.
Il y avait de cela deux ans, mois pour mois, que mon père venait de disparaître. C’était mon interlocuteur par excellence. Mon groupe d’âge qui peinait à me `décoller’ de lui et me faire sortir (pour jouer, s’amuser ou juste à l’occasion des grandes fêtes) se consolait, dans un ton désespéré mais pas moins vindicatif, en tenant ces propos à mon égard : « Laissez-le, il est du groupe d’âge de son père !». Le mardi 11 décembre 2001 fera retentir dans mon for intérieur le bruit assourdissant d’un vide amer, mon « groupe » devait s’évaporer laissant derrière lui le son sans écho que pousse un enfant jeté dans le puits sans fond de l’inconnu. Nous étions tous les deux malades depuis deux bonnes semaines. Il m’était impossible de ne pas sentir quelque chose d’inédit se profilait ; mais me l’avouer était impensable. Aux confins de ce mois de ramadan, à la lisière de cette journée ombrageuse de l’hiver naissant, l’inévitable allait survenir… Comme les jours précédents, la coupure du jeun ne se fut que dans la détresse ambiante. Un peu plus tard, la voix de Baaba Aamadu appela les fidèles à la prière du Nâfila. Tout le monde sortit pour l’accomplir dehors, nous laissant ainsi en tête à tête dans la véranda, allongés sur deux matelas positionnés en équerre, et affaiblis par deux semaines de souffrance. Ce que les langues n’avaient point la force de dire, les yeux l’exprimaient à travers la lumière pourvue par la lampe à pétrole qui éclairait la pièce. Nos oreilles, quant à elles, étaient livrées à la voix impérieuse du muezzin, Baaba Aamadu, qui traduisait fidèlement les ordres de l’imam à l’attention des « suiveurs des maisons » comme ma mère, mes frères et sœurs qui ne nous quittaient plus que de quelques mètres.
Seuls dans la pièce, mon père me fixa longuement. Je ne me sentis pas devoir me limiter à ce que les conventions de politesse me permettaient, je le fixai également. Nos quatre yeux ne se quittaient plus. Comme si nous nous livrions, nous aussi, à un rituel qui nous était propre. Les injonctions du muezzin semblaient cadencer cette entrevue insolite. Mais il m’échappait encore qu’il s’agissait là des battements d’un lugubre compte à rebours. Les raka’as tombaient par deux. Baaba Aamadu les clôturait par la formule de salutation, aussitôt on entendait les braves fidèles se relevaient pour entamer la marche suivante. Vint la dernière raka’a, à peine Baaba Aamadu donnait la formule libératrice, je vis mon père toussoter et soudain, son visage jusque-là calme, poussa un appel. Il appelait ma mère qui finissait juste sa prière. Celle-ci se précipita dans la pièce et vint lui toucher le front. Au même moment, il rendit l’âme. Sa vie s’arrêtait là. La mienne restait en suspens, elle le restera bien après ma maladie. Un vieillard qui meurt c’est un orphelin qui bascule…

C’est ainsi deux ans après cet évènement capital de ma vie que je ferai connaissance avec Hampâté.
J’étais en cours d’histoire au collège-lycée de Kaédi que je venais d’intégrer les semaines précédentes. Était-ce un compliment ou une ironie ? Je ne m’en rappelle plus. Mais toujours est-il que notre professeur sortit ce vers qui m’était encore inconnu : « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». Il nous livra le nom de l’auteur et celui de la pièce en précisant qu’il était possible de se la procurer à la bibliothèque du lycée. Je n’avais pas encore visité la bibliothèque. Il fallait en effet tout expliquer à ces « villageois », terme dont usaient les « citadins » pour se moquer gentiment de nous autres non Kaédiens ! À la pause suivante, je demandai le chemin du temple des livres pour aller trouver Le Cid, demeure de ce vers d’une beauté intrigante. J’arrivai à l’entrée, deux hommes se tenaient à l’accueil positionné à ma droite. Je leur fis connaître l’objet de ma recherche. « Ah Corneille, c’est la lettre C, c’est juste devant toi » me dirent-ils en m’indiquant les étagères auxquelles je faisais face. J’avançai doucement. Devant l’abondance des livres, mes yeux faisaient multiplier mes cibles. Soudain, un nom absorba tout mon regard éparpillé et m’entraîna vers lui comme par une force mystérieuse. J’avais devant moi, dans la section B, un alignement de livres signés par cette existence quelque peu fantômatique dont la représentation, jusque-là insaisissable, vint coloniser tout mon esprit. J’oubliai ainsi Corneille et Le Cid, je me mis à feuilleter Petit Bodiel et Kaydara. Je rentrerai ce jour avec Kaydara, après avoir sincèrement remercié la personne qui décida de placer les lettres B et C côte-à-côte dans l’alphabet ! Quant à la pièce de Corneille, elle devra attendre comme elle a déjà su le faire depuis des siècles.
À partir de ce moment, je retrouvai un autre type d’équilibre au contact de Hampâté : je ne faisais pas que lire ses œuvres, je vivais avec. Sans le savoir, je me construisais et surtout me reconstruisais dans le souffle qu’il m’avait généreusement offert. Il n’était donc pas question, et il ne l’est toujours pas, de finir un livre de Hampâté ; cela n’a aucun sens chez moi. Je le lis à volonté. Je peux réciter des passages de Kaydara, de petit Bodiel et de Njeddo Dewal, tellement ces œuvres m’ont imprégné, les ayant laissé m’adopter depuis l’enfance. Mais en les relisant, je me sens comme un nouvel aventurier dans les merveilles d’un monde qui se dévoile dans tous ses effets, les plus surprenants et chargés de sens, le long des pages et dans chaque coin de phrase. C’est pour moi un lieu d’écoute et de parole, un interlocuteur retrouvé. Je découvrirai dans la foulée ses mémoires. D’autres textes initiatiques me seront disponibles plus tard. Mais comme les autres, ceux-ci viennent avec le même effet, j’en suis boulimique. Réfléchir sur l’œuvre de celui qui est devenu un maître universel pour moi devint une activité chronique et une source intarissable d’inspiration. Il fut et reste ma bouée de sauvetage, mon retranchement, un lien renoué avec « mon Groupe ».

Mouhamadou Sy dit Pullo Gaynaako
27 décembre 2022

● Réforme du système éducatif : A quand la Mauritanie de la raison ?

Établie par l’administration coloniale, le premier système d’enseignement public en Mauritanie, qui a vu le jour à la fin du XIX siècle et au début du XX ème siècle, s’est heurté aux réticences des populations qui voyaient d’un mauvais œil la venue de l’école occidentale en terres d’islam.

La naissance au forceps de l’école dite moderne en Mauritanie a connu des points d’achoppements tant au niveau du contenu historico-culturel à transmettre qu’au niveau de la langue de formation.

A la fin de la colonisation, les politiques éducatives étaient plutôt conçues autour de l’affirmation, la construction et le renforcement d’un État-nation musulman et arabo-africain naissant.

Cependant 60 ans après l’indépendance, force est de constater que la question primordiale de l’éducation qui devrait être inculquée aux jeunes mauritaniennes et mauritaniens, pour en faire des citoyens modèles et qualifiés, n’a toujours pas été structurellement réglée. Pour cause, le modèle éducatif qui doit émaner d’une vision politique claire, a été parasitée par une forte dose d’idéologie.

Confirmant ainsi cette vieille assertion D’Emmanuel Kant selon laquelle « l’art de gouverner les hommes et celui de les éduquer sont les deux découvertes humaines les plus difficiles pour l’humanité ».

L’éducation étant le pilier de toute les sociétés aspirant à un devenir meilleur, son contenu doit faire l’objet d’une composition et d’une malléabilité habile. Une sorte de potion magique résultant d’un mélange de valeurs culturelles, spirituelles, intellectuelles et sociétales, qui, administrées aux jeunes mauritaniennes et mauritaniens en fera des esprits fertiles à même de répondre le mieux aux défis qui se posent à la société et le monde. Toutefois, cette manœuvre suppose un diagnostic sans complaisance avec une démarche allant du bas vers le haut, du réel vers la conceptualisation et des problèmes vers les solutions.

Les systèmes éducatifs successifs adoptés par les autorités mauritaniennes n’ont jamais réussi à cristalliser les attentes du pays dans sa diversité à travers un programme commun d’inclusion.

Les courants idéologiques de tous bords privilégient plus souvent leurs aspirations personnelles et leurs intérêts communautaires, ou identitaires, parfois dans un but hégémonique, au détriment d’une vision nationale qui tirerait toute la Mauritanie vers le haut.

L’Etat, chef d’orchestre par excellence, qui devrait être guidé par le bien-être commun et débarrassé de toute considération partisane, n’a pas pour l’instant, joué pleinement son rôle.

La Mauritanie de la Raison…

Au lendemain de l’indépendance, il était judicieux d’adapter le programme éducatif aux réalités et aspirations du pays.

Lorsque la Mauritanie devient indépendante en 1960, l’arabe (littéraire) est langue nationale, mais le français est la seule langue officielle du nouvel Etat. Puis l’arabe a été ajouté au français en tant que langues officielles.

Avec la réforme éducative de 1966 et le renforcement du coefficient de l’Arabe dans le système éducatif, qui a donné naissance au bilinguisme séparatiste, nous avons assisté à la formation de deux mondes parallèles que tout sépare, avec chacun son programme éducatif. Ce système a abouti à la division du pays en deux, les arabophones et les francophones.

A partir de 1991, l’arabisation progressive et à marche forcée s’est mise en route avec comme conséquences notables, une baisse tragique et continue du niveau des élèves et la floraison des écoles privées aux programmes étrangers accueillant la masse de petits mauritaniens fuyant le système scolaire national bancal.

Il est plus que temps de remettre la mosquée au cœur du village. En effet, la Mauritanie gagnerait à ce qu’elle soit au centre des préoccupations nationales et non telle ou telle autre communauté.

Sur la question des langues d’enseignement, de communication et de travail, il nous suffit d’un peu de réflexion et d’analyse sans complaisance pour trouver la solution, à moins d’avoir des considérations non avouées.

La Mauritanie est majoritairement hassanophone. Il est, de ce fait, normal et souhaitable de capitaliser sur cet acquis pour faciliter la communication avec une grande partie de la population. Notons que beaucoup de pays africains caractérisés par une fragmentation plus importante de leurs populations n’ont pas cette chance. A contrario, des pays voisins comme le Mali et le Sénégal voient la quasi-totalité de leurs populations s’agréger autour d’une même langue.

La Mauritanie, pour des raisons démographiques, culturelles et pratiques, se doit d’ériger l’arabe au rang de langue officielle (ce que personne d’ailleurs ne récuse) donc langue d’enseignement et de communication.

Il reste que l’arabe n’est pas pratiquée par tous les mauritaniens et que tous les mauritaniens ne sont pas arabes. Pour des raisons d’unité et de cohésion nationales, mais également pour que la greffe puisse prendre, il est indispensable que des ponts linguistiques soient créés avec les autres communautés nationales. Pour ce faire, serait-il réaliste et même souhaitable que toutes les langues nationales soient officialisées et enseignées comme le proposent certains ? Est-ce le meilleur moyen de créer une nation et un avenir en commun que de permettre à chaque communauté de rester enfermé dans sa langue et sa culture ? Un tel système peut-il être objectivement et rationnellement justifié y égard aux véritables défis que sont ceux du pays ?

Les réponses à ces questions nous semblent, à priori, s’énoncer négativement, mais même à supposer que nous ayons tout faux, ce qui est possible, la mise en place d’un tel dispositif nécessite une grande préparation dans la formation du personnel, l’élaboration des programmes et l’installation des infrastructures.

En attendant, la formule qui siérait tant à la Mauritanie, de notre point de vue, serait un système commun à deux langues officielles et d’enseignements que seraient l’arabe et le français avec obligation à tous les mauritaniens de les maitriser toutes à la sortie de la scolarité.

Le choix du français ne s’explique pas par l’amour irraisonné que nous aurions pour la langue de Molière mais parce qu’elle est déjà inscrite dans notre histoire et installée dans notre quotidien. La langue française, au-delà du fait qu’elle nous ouvre au monde permettraient au pays et aux citoyens francophones de garder leurs acquis sur l’histoire (politique, administrative…) de la Mauritanie qui s’est faite en grande partie en français.

Notre conviction, qui sans aucun doute est celle de la majorité des mauritaniens, est que notre pays doit marcher sur un programme commun unique qui nous rassemble tous autour de l’essentiel, c’est-à-dire un avenir radieux. A coup sûr, cela ne s’obtiendra pas lorsque les intérêts communautaires prennent le dessus sur le destin commun national, mais lorsque chacun fait des concessions pour l’intérêt suprême général qui, in fine, nous protège tous.

Un tel système doit toutefois favoriser, en parallèle, un climat propice au développement des langues nationales par une liberté de presse notamment audiovisuelle et une expression culturelle de la diversité.

Cercle Citoyen Mauritanien

©️ via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=761762

● Mauritanie : Un parlementaire islamiste ose l’apologie de l’esclavage | Par IRA-Mauritanie

Note d’alerte

Nouakchott, le 20 décembre 2022


Le 18 décembre 2022, à la faveur d’un audio en partage sur les réseaux sociaux, le député Elkotob ould Emmat, du parti islamiste Tawassoul, réplique à certains de ses camarades, en l’occurrence Mohamed Jemil ould Mansour et Mohameden ould Mohamed Ghoulam, tous deux partisans d’une lecture progressiste de la Charia. Il se livre, alors, à une glorification explicite de l’esclavage, selon le livre saint et la tradition (Sunna) ; ainsi, pousse-t-il la témérité, au point de rejeter, les militants de l’abolition, dans les ténèbres de la mécréance (Kofr) et les menace du châtiment divin, à l’heure de la résurrection. A mainte reprise, sollicitant des citations du Coran, des hadiths et de l’épopée des califes successeurs du Prophète (Psl), il justifie, arguments à l’appui, l’inégalité entre les humains, par la volonté de Dieu. Dans la bouche de l’honorable, le propos, dont nous reproduisons la teneur traduite, en annexe, ne manquera d’écœurer la communauté des gens civilisés.
Or, malgré le caractère univoque de ses paroles, nettement audibles ici, Elkotob ould Emmat, se fend, le même jour, d’un communiqué de reddition oblique où il relativise la teneur de l’enregistrement : usant d’un sens consommé du dédoublement de soi, il prétend n’avoir rien proféré de scandaleux, sauf à exposer et commenter le débat sur les clauses du droit musulman, durant le siècle inaugural de la Umma.

La feinte s’avère grossière et d’une hypocrise si manifeste qu’elle ne saurait emporter l’adhésion, à moins d’épuiser, à cette fin, des trésors d’indulgence.

Maintenant, voici, désormais établie, la preuve d’une atteinte à la dignité de milliers de Mauritaniens et de descendants d’esclaves, victimes de la traite transsaharienne, jusqu’aux comptoirs de Zanzibar et de Mombassa ; en conséquence, notre interpellation s’adresse, d’abord, au ministre de la Justice et à son collègue de l’Intérieur, sans omettre le bureau de l’Assemblée nationale : quelles poursuites pénales et sanctions disciplinaires mérite une telle incitation à la discorde ? En vertu de quelle acrobatie clientéliste, tant de mépris aux engagements internationaux de la Mauritanie bénéficierait-il, d’une énième tolérance? Continuera-t-on à excuser le défi provocateur, parce que l’auteur de l’insulte se prévaut de l’immunité de naissance ? Va-t-on, une fois de trop, laisser passer l’ignominie, suivant l’injonction de la supériorité de race ? L’apostrophe vise, également, la direction de Tawassoul, souvent prise en flagrant délit de connivence-mutité, avec les porte-voix de l’islamo-fascisme et leurs accès de misogynie…Nul n’oublie la rage sexiste, du bloc de la conservation, envers la survivante aux viols, Mariem mint Cheibani, soumise, de mère en fille, à la libido de ses maîtres.

Pourtant, le seuil du supportable dépassé, elle se résolut à dénoncer les châtiments corporels, le cuissage et les travaux forcés. Aussitôt, le tortionnaire, Cheikhna ould Chehlawi, allié et soutien du député de Tawassoul dans la ville de Tintane, le fameux Mohamd Elmokhtar ould Taleb Navee, reçut les encouragements de son protecteur et cousin ; l’élu islamiste ne manqua, toute vergogne bue, de marquer de l’aversion aux normes d’incrimination de l’esclavage ; in fine, il parvint à soustraire, son parent, aux rigueurs de la loi. Aux motifs similaires, la condamnation à mort du blogueur Mohamed Cheikh ould Mkheïtir révélait, quelques années plus tôt, la densité et l’enracinement du fanatisme et de la pulsion de mort, parmi les sympathisants et personnalités de Tawassoul, la première force de l’opposition, en nombre de sièges.

Aujourd’hui, outrés, surpris et néanmoins mobilisés, nous attendons, des politiciens, de la société civile et des représentants du pouvoir, la réaction qui convient à la brutalité de l’infraction, avant d’en appeler au verdict non-violent de la rue. Nous voulons manifester, loin de la casse et de l’anathème, afin de signifier combien nous en avons marre de la banalisation du racisme, sur la terre bénie de nos ancêtres. Nous, Africains autochtones au sud du Sahara, progéniture des peuples encore subjugués, n’acceptons plus que la religion, son exégèse et ses avatars servent, toujours, à nous prescrire la sacralisation de notre infériorité.

Souvenez-vous-en, dès 2012, nous dévoilions la mesure de notre vigueur et la fermeté de nos actes, quand Biram Dah Abeid prit la responsabilité d’incinérer, devant témoins, les écrits de jurisconsultes, animés, au fil des siècles, par l’obstination de nous amoindrir. En dépit des appels au meurtre, il a survécu et se dresse, debout, comme un avertissement à l’imprudence des orgueilleux.
Fils et petits-fils d’esclaves, à présent gorgés de la fureur de vivre à l’abri des chaînes mentales de l’oppression, enfants de castes nobiliaires, natifs de la liberté eu berceau, justes, acquis à l’universalité des droits, levez-vous, nombreux, votre jour est arrivé ! Démontrez, à vos compatriotes distraits, malvoyants ou sourds, que votre colère légitime devrait être la leur, au nom de la promesse d’un avenir en commun, pour la paix qui dure, sous l’étendard de l’équité, solidaires certes mais, surtout, égaux, à jamais !


Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M), le Bureau Exécutif



Annexe : traduction verbatim

« Je respecte Cheikh Jemil et Mohameden mais les deux grands cheikhs, se sont lourdement trompés et il faut le dire très haut. Ils ont attenté à l’image rayonnante de l’Islam, c’est cet Islam qui consiste à appliquer textuellement ce que Dieu a décidé et décrété, parce que Dieu a dit : « Nous avons partagé leur avoir pendant la vie sur terre et nous avons élevé des groupes au-dessous d’autres groupes jusqu’à en faire des strates pour que certains hommes exploitent d’autres et les fonts travailler mais la miséricorde de Dieu est bien meilleure que les biens qu’ils collectent. L’exploitation de l’homme par l’homme(l’esclavage), est une destinée que Dieu a décidée, donc c’est une relation, entre les hommes, que Dieu a décrétée et qui doit rester à jamais et ne pourrait pas être abolie parce que c’est loi musulmane. L’image de l’Islam a été rayonnante alors qu’il y a une caste d’esclaves dans la société.

Et c’est contrairement à ces concepts intrus qui voudraient prétendre que l’Islam a indiqué de traiter l’esclave avec égards ou comme on traite l’homme libre ou de le considérer comme égal à ce dernier. Cette assertion est fausse et je défie quiconque pouvant me donner un exemple du temps du prophète et de ses Khalifs. Ces érudits qui inventent que l’esclavage en Islam est issu d’un traitement réciproque que les musulmans appliquaient aux prisonniers de guerre non-musulmans en les réduisant en esclavage, n’ont aucunement raison ; car jamais les idolâtres n’ont réduit, en servitude, les prisonniers de guerre musulmans ; je défie quiconque d’apporter un seul exemple d’un musulman qui a été réduit en esclavage par les idolâtres. Donc où est cet esclavage que les idolâtres ont commis contre les musulmans pour que les musulmans inventent toute une jurisprudence de l’esclavage pour dominer, les idolâtres, en guise de réciprocité ? Ce qui est incontestable est que l’Islam a ses lois qui codifient l’esclavage et Dieu et son prophète ont dit que l’Islam est complet et ses lois complètes et sacrées. Si vous pensez que l’Islam n’est pas encore complet et vous voulez le compléter en décrétant l’abolition de l’esclavage, sachez que vous êtes tombés dans l’hérésie et vous êtes sortis de l’Islam.

Donc, étant donné que l’Islam est intact, vous ne pouvez plus faire des acrobaties et des discours de complaisance, l’esclavage fait partie de l’Islam et des lois Islamiques car après le prophète, son khalife Aboubakr à pratiqué l’esclavage ; Omar le successeur de Aboubakr a distribué les filles de Jirjira, qui sont des esclaves, il les a distribués en guise d’offrande aux compagnons du prophète. Donc cette question de la légitimité de l’esclavage doit être pour nous, musulmans (ici l’orateur prend à partie les responsables du parti Islamiste modéré mauritanien, Tawassoul), une question et un principe indiscutables car entérinés, de manière définitive, par le prophète et ses plus proches compagnons.

Donc, il y a les grandes causes de l’Islam comme celle-là face auxquelles nous ne devons pas avoir de gêne et nous ne devons pas chercher à adoucir la charia, nous devons être sans état d’âmes dans son application. Il faut décliner la charia telle qu’elle est : la sagesse de l’Islam indique que l’esclave il faut le nourrir de ce dont tu te nourris et l’habiller de ce dont tu t’habille. Le compagnon du prophète du nom de Abou Dhar a reçu un hôte parmi les compagnons du prophète et ce dernier était étonné que l’esclave de Abou Dhar était mieux habillé que ce dernier; il a fait part de son étonnement à Abou Dhar parce que les compagnons du prophète n’étaient pas habitués à traiter si bien leurs esclaves et il s’est avéré, après la réponse de Abou Dhar à son hôte, que c’était une exception qui confirme la règle car Abou Dhar voulait expier un pêcher qu’il avait commis du temps du prophète lorsqu’il a insulté un disciple de ce dernier, d’origine négroïde, par la couleur de sa peau; chargé de remords, Abou Dhar ne cessait de consentir des bienfaits aux esclaves mais la loi islamique est tout à fait autre chose.

Et si Jemil Mansour et Mohameden Ould Mohamed Ghoulam s’offusquent des conditions des esclaves chez nous(en Mauritanie), ils sont donc carrément sortis de la foi islamique car cette situation d’esclavage est très légitimement et immuablement islamique et j’appelle tous ceux qui m’écoutent à considérer que les deux hommes sont totalement en dehors de l’Islam et de la foi Islamique s’ils pensent que l’esclavage n’est pas légal et légitime dans la loi islamique et il faut les condamner en tant qu’apostats. Il faut savoir dire la vérité de l’Islam, il ne faut pas chercher à complaire. Les filles et femmes juives ont été razziées par l’armée du prophète après la défaite des Béni Almoustalighe ; le prophète a distribué, séance tenante, les filles et femmes des vaincus à ses compagnons pour qu’ils en fassent des esclaves. C’est ça la loi de Dieu et nous adorons Dieu avec ces lois, donc comment pourrait-on les nier; c’est la volonté de Dieu qui a instauré l’inégalité et les relations de maîtres à esclaves entre les musulmans et ceci va rester immuable jusqu’à la fin du monde; donc il faut des gens dans la société dont le rôle, la vocation et la destinée, immuables, est d’être affectés aux corvées comme nettoyer, cuisiner, s’occuper du bétail…ect; et ceci n’est pas inventé par les Mauritaniens, parce que nous les Mauritaniens, ceux parmi nous qui sont Arabes, descendants des compagnons du prophète, ont emmené, en Mauritanie, la progéniture des esclaves juifs de Béni Almoustaligh que le prophète avait distribués, à nos ascendants; donc certains parmi nous n’ont pas libéré ces esclaves hérités et possédés depuis le temps du prophète; nous ne sommes pas obligés de les libérer car la loi de Dieu ne nous y oblige pas. Donc je vous mets en garde, vous qui vous aventurez à vouloir dévier de l’interprétation ou de la compréhension de la charia, ouvrez vos yeux, cessez de tenter de travestir notre charia, car elle est belle même avec son esclavage, elle est basée sur les intérêts et le les biens ; le Khalife Omar a appliqué une politique implacable d’esclavage et n’avait aucunement peur d’une révolution en conséquence, donc c’est l’exemple à suivre ».

IRA-MAURITANIE

● Un nouveau président pour la Coalition mauritanienne PCQVP


Un nouveau président pour la Coalition mauritanienne PCQVP
Initiatives News – La coalition mauritanienne Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) a élu aujourd’hui un nouveau président en la personne de Baliou Coulibaly. Cela s’est passé à Nouakchott à l’occasion d’une assemblée générale à laquelle ont assisté les membres du bureau sortant.

Cette élection s’est déroulée sous la supervision de Demba Seydi Coordonnateur Afrique Francophone de PCQVP venu spécialement de Dakar. Dans son mot introductif Mohamed Abdallahi Bellil, un des membres actifs de la coalition a fait le point sur son évolution ; un parcours semé d’embûches.

Mais, malgré les couacs, la coalition a enregistré des succès comme a eu à le souligner le Coordinateur Afrique lui-même qui a reconnu qu’à un certain moment elle était parmi les plus en vue de la région.

Demba Seydi a par ailleurs souligné l’importance de la coalition pour un pays comme la Mauritanie qui dispose d’énormes ressources pour une population peu nombreuse.

Le nouveau président de PCQVP Mauritanie qui connait bien les rouages de l’organisation a promis de se battre avec son équipe afin de relever les grands défis auxquels ils font face.

Le nouveau bureau exécutif est composé comme suit :

-Président : Baliou Coulibaly

-Vice-Présidente : Nedwa Moctar Nech

-Secrétaire Général : Abdel Ghoudouss

-Secrétaire Général Adjoint : Ahmed Fall Yarba

-Trésorière : Salimata Sy

-Membre titulaire : Teslem Mint Samba

-Membre titulaire : Ahmed M’bareck

Rappelons que la Coalition Mauritanienne « Publiez Ce Que Vous Payez » (PCQVP) a pour objectif de jeter un regard sur la transparence (de gestion) dans les industries extractives.

Depuis son lancement en 2006, PCQVP Mauritanie vise quatre objectifs clés pour assurer la transparence dans les industries extractives : mise en œuvre de l’ITIE, influencer la législation nationale, promouvoir la responsabilité sociale à travers l’utilisation transparente des recettes et faire campagne pour la transparence des contrats.

Bakari Gueye

©️ via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=761689

● Le Bureau Provisoire du parti RAG en France

Le nouveau secrétaire général du RAG en France, M. Elhadj FALL appelle tous les mauritaniens à venir rejoindre ce parti pour un changement véritable en Mauritanie. Ci-dessous, la nouvelle composition du bureau provisoire en attendant la prochaine Assemblée Générale (AG).

1- Elhadj FALL: Secrétaire Général

2- Diko HANOUNE: Chargé de Communication

3- Aleyda TRAORÉ et Moussa Mohamed: Trésorier

4- Diop Fatimata et Daya THIOYE: Chargées de la Condition Féminine

5- Koundou SOUMARÉ: chargé de communication numérique

6- DIALLO Demba : Chargé des Finances

7- Brahim Ould Ali et Mohamed Hachim : Chargés de la Coordination

8- KONATÉ Sadio : Chargé de l’organisation événementielle

9- Doro TRAORÉ : Chargé des affaires Panafricaines

10- Diabé N’DIAYE Magassouba alias Thomas : Chargé de sensibilisation et de mobilisation

11-Moussa Souleymane DIA et Ali TRAORÉ : Chargés de la Jeunesse et des Sports

12-Abdoulaye TRAORÉ : Chargé de l’Éducation

13- Moumy TRAORÉ, chargée de communication

Les conseillers Politique, en France, du président du parti RAG, Oumar YALI et du candidat Biram Dah ABEID sont:

13- Mamadou SY

14- Ameth GAYE

15- Moulaye HACENE

16- Abdoulaye TRAORE



Paris le 10 décembre 2022

RAG-Section France