Pendant longtemps, appartenir à une même communauté linguistique, parler la même langue, était une raison suffisante pour défendre de facto, les mêmes intérêts et partant appartenir à un même « empire ». C’était s’inscrire dans une même communauté des destins. En effet, la langue était un lien fort qui transcendait les marigots, les rivières, les fleuves, les montagnes, les dunes et même les océans pour fédérer, rassembler des locuteurs venus de partout et de nulle part.
Dans une échelle plus grande, la francophonie est devenue une véritable cacophonie pour certains,- ils ne s’y retrouvent pas – et se sentent plus liés à des lusophones, anglophones ou arabophones par le fait qu’ils ont en commun les mêmes problèmes existentiels.
Parler la même langue était source de rapprochement, de complicité et de confiance mutuelle ; si bien que les locuteurs d’une même langue partageaient les mêmes croyances et préjugés, des normes et références communes : ce qui était suffisant pour qu’ils s’unissent pour le meilleur et pour le pire.
La langue était ainsi l’un des critères de classification les plus déterminants comme la tribu, dans certains pays du monde, qui représente la référence Absolue, et dont la prééminence et la stature vont jusqu’à concurrencer, la nationalité ainsi que l’Etat et ses symboles.
Cette fracture est également observée dans la religion qui a montré ses limites : prier dans la même mosquée, fréquenter la même synagogue ou la même paroisse ne suffissent plus pour créer les conditions d’une alliance qui garantit la paix et la cohésion sociales.
Désormais, seule la condition sociale s’impose comme l’élément fédérateur le plus pertinent capable de créer des liens sincères et francs entre les humains : plus fraternels que les rapports sociaux et communautaires classiques basés sur la race, la langue, la tribu, l’appartenance géographique ou culturelle.
L’injustice, la discrimination, la marginalisation, l’exclusion créent ainsi des dynamiques sociales, « une supra classe sociale » portée par des réalités et contextes socio-politiques, économiques et culturelles spécifiques : des nouvelles alliances. Il en est de même pour une position sociale avantageuse et confortable qui rassemble des individus autour des mêmes intérêts et se moque de leurs appartenances diverses et spécifiques.
Dès lors, s’investir à défendre une langue, même de surcroit maternelle est certes une démarche identitaire et naturelle, mais elle ne peut garantir l’émancipation et l’égale dignité de toute la communauté linguistique et ethnique – les inégalités sociales mises « en jachère » referont surface une fois le but atteint- ; on combat une injustice venue du dehors et on camoufle et maintien celle de l’intérieur.
La langue est certes un facteur d’unité mais une unité de façade. Elle n’est pas toujours égalitaire pour tout le monde. Ses voyelles et consommes n’ont pas les mêmes longueurs et les mêmes largeurs pour tous les locuteurs, sa musicalité sonne différemment, selon les locuteurs : les intérêts sont divergents selon les classes.
En revanche, la condition sociale crée une ferveur et une rencontre heureuse entre des « victimes » de tous bords unies par l’instinct de survie pour former une communauté hétérogène du fait de la diversité des provenances et origines pour « fraterniser ensemble » autour d’un même destin, souvent implacable. Ce lien est plus fort que la parenté, la famille et la langue ou encore les classifications sociales traditionnelles et statiques.
La langue surtout lorsqu’elle fait référence à une « communauté ethnique » a cessé d’être un critère déterminant et identitaire pour unir des individus par ce que conjuguant seulement le même verbe. En effet, elle n’exprime pas toujours la même sagesse et la même fierté de s’y identifier pour tous les membres de la communauté linguistique.
En définitive, seule la condition sociale compte. Elle transcende et bouscule les liens et alliances traditionnels basés sur la langue ; par le fait qu’elle est partagée et commune à des millions et de milliers de personnes qui ne se connaissent forcement pas, ne se sont jamais rencontrées, mais liées par le besoin de s’affranchir, de s’émanciper d’une situation qui les broie, leur ampute une partie de leur dignité et de leur humanité.
Il faut donc compter avec cette nouvelle classe, une alliance nouvelle dynamique, ouverte, supranationale et mondiale née de l’expérience et du vécu pour défendre le même idéal et des intérêts Existentiels quasi identiques.
Essahraa – Le dossier de notre client « est cliniquement, légalement et judiciairement mort », a affirmé ce jeudi 3 novembre courant, le coordinateur du collectif de défense de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz Me Mohameden Ould Icheddou.
La « mort clinique » du dossier est dû au fait qu’il avait été édifié sur du faux, a-t-il ajouté, disant que l’accusation avait été prononcée sur la base du rapport de la commission parlementaire, qui a été créée « en violation du texte constitutionnel », a précisé l’avocat.
Me Ould Icheddou a fait ces déclarations au cours d’une conférence de presse tenue par le collectif de défense de l’ex Chef de l’Etat, qui se trouve actuellement hors du pays
Dans cette interview, ondeinfo a donné l’opportunité à M. Gaye TRAORE, président de Ganbanaxu fedde, de passage à Nouakchott, d’édifier « les communautés Soninké » du monde et même au-delà, sur le combat que mène son mouvement depuis maintenant 5 ans, dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest, principalement, – Mauritanie, Mali, Sénégal, Gambie – à travers la diaspora et les réseaux sociaux. Ce mouvement réformateur que d’aucuns appellent révolutionnaire s’attaque aux idées iconoclastes et fait de la lutte contre l’esclavage par ascendance, sous toutes ses manifestations en milieu Soninké, l’une de ses priorités. Pour Gaye TRAORE, le combat de Ganbanaxu est aussi une question de défense de droit humain, en harmonie avec les lois de la république Islamique de Mauritanie où l’esclavage est criminalisé. Ainsi, c’est avec beaucoup de sérénité, de conviction et d’éloquence que M. TRAORE s’est prêté à nos questions.
M. Gaye Tene Traoré : Bonjour ! Ganbanaaxu Fedde sous le format forum initié par mes soins étant à l’époque secrétaire général d’Armepes-France (Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Eradication de la Pratique de l’Esclavage et ses Séquelles) créée en 2010, a été lancé le 5 octobre 2016 comme un espace d’échanges et de sensibilisation sur l’application WhatsApp. Aujourd’hui, c’est une mouvance anti-esclavagiste transnationale à travers l’ensemble communautaire sooninké et au-delà. Il y a plusieurs entités associatives qui la composent sous différentes dénominations d’un pays à l’autre. Côté mauritanien, l’alliance structurelle Ganbanaaxu est composée d’Amees, d’Uvds, d’Armepes-France et de l’association Ganbanaaxu Fedde RIM. Par ailleurs, sous le vocable Ganbanaaxu, il faut y compter une assise ingénieuse d’une composante sociale naissante qui prend corps peu à peu, dont le credo est l’effectivité d’une Fraternité Réelle et d’une Égalité Sociale et citoyenne.
• Le mouvement Ganbanaxu est souvent accusé à tort ou à raison, d’être extrémiste, d’avoir mal posé la question de la lutte contre l’esclavage coutumier. Que répondez-vous ?
Je dirais, c’est un mauvais procès dégainé par certains détracteurs de notre Cause humaniste qui font de la fuite en avant. La perfection est de l’ordre du Divin, nous ne sommes extrémistes en rien du tout. Nous avons posé un débat autour d’une problématique très taboue jusque-là ; et les tensions ont surgi par les réactions acerbes venant des milieux réactionnaires dans le déni.
Certains de leurs extrémistes ont constitué de groupes WhatsApp comme « Démocratia-Islamique», « Tunkalenmu mbafade Daxa », « fans donald trump » et d’autres pour se soutenir et en faisant de l’apologie de cet esclavage par ascendance et des contre-campagnes anti-reformes dans la société sooninké. Nous avons toujours articulé nos mobilisations militantes autour du droit et des textes constitutionnels dans nos pays. Nous demandons une égalité sociale et citoyenne et refusons les discriminations liées aux coutumes féodalo-esclavagistes. Un projet pareil va heurter les mentalités moyenâgeuses qui n’admettent pas une communauté sans les hiérarchies sociales humiliantes.
• Quel bilan faites-vous de la lutte contre l’esclavage coutumier, que d’aucuns appellent féodalité en milieu Soninké ?
L’esclavage par ascendance serait le terme adéquat pour ressortir le fond de la réalité. Le caractère tabou a été dégoupillé à jamais et la prise de conscience massive est irréversible aujourd’hui. Le langage apologétique de l’esclavage n’est plus normalisé comme avant. Et toute la communauté sooninké dans son ensemble est interpellée sur la problématique et il nous faut ensemble définir un cap d’un nouveau Vivre-ensemble selon l’ordre citoyen et l’égale dignité entre tous ses membres. Un défi à toutes les voix progressistes, je rappelle que des réformes sont nécessaires pour un nouveau pacte social en phase avec notre époque.
• L’esclavage est un crime en Mauritanie, quels rapports entretenez-vous avec les autorités Mauritaniennes ? Le mouvement Ganbanaxu est-il consulté ou associé à la lutte contre ce fléau ?
La Mauritanie est bien dotée d’un arsenal juridique concernant cette problématique d’esclavage, je dirais que l’esclavage par ascendance n’est pas bien pris en compte dans sa spécificité. Il en faut davantage à ce niveau pour couvrir avec pertinence les manifestations sociétales de l’esclavage par ascendance ancré socialement dans nos différentes communautés.
Nos contacts restent timides avec les pouvoirs publics et nous continuons notre plaidoyer pour expliciter et exposer le fond sérieux de notre engagement dans le sillage global de la société civile droit-de-lhommiste en Mauritanie.
Au cours de cette année, le discours de Ouadane du président de la République son excellence M. Mohamed Ould CheikhEl Ghazouani et celui du président de l’Assemblée Nationale Cheikh Ould Baya indexant les préjugés ou autres stigmatisations liés à une certaine hiérarchisation sociale, nous y avons trouvé de données similaires aux objectifs de notre engagement.
• A l’heure actuelle, n’est-il pas temps que les Soninkés se réconcilient entre eux ?
La paix a un prix, le mouvement Ganbanaxu est-il prêt à négocier, auquel cas à faire des concessions et des compromis ?
La paix, la vraie ne se refuse jamais. Nous ne réclamons rien de miraculeux d’ailleurs, il suffit que l’ordre régalien étatique à différents niveaux retrouve sa plénitude et sa rigueur dans nos localités pour tout mettre à l’endroit. Tout ce qui est du domaine public (foncier, l’imamat ou la gestion des mosquées par exemple), c’est à la force publique d’arbitrer fermement avec justice là où il y a litiges. Ce qui est de l’ordre de l’organisation coutumière, la qualité de Citoyen va prévaloir pour nos familles et nos composantes sociales. Ainsi l’autorité publique doit s’appliquer sur nous comme d’autres sans filtres ni intermédiaires d’un régime féodal. Tous égaux en droits, en devoirs et en dignité.
• En tant que président du mouvement Ganbanaxu, vous jouissez d’une grande aura en Mauritanie, au Mali, au Sénégal, en Gambie et ailleurs. Vous êtes souvent en Mauritanie, pour les vacances, mais vous êtes quasi absent sur les médias publics et privés.
Est-ce un choix de votre part ?
Non, ce n’est pas un choix de notre part, je dirai une censure ourdie quelque part peut-être. Mon chargé de communication Koundou Soumaré avait écrit une contribution sur cet élément de constat il y a quelques années. Cet effacement sur l’espace médiatique public serait du fait d’un lobbying anti-Ganbanaxu qui ne dit pas son nom en coulisses. Nous portons un discours d’appel à l’égalité citoyenne et à la dignité humaine, et certains milieux soninkés introduits et influents pro statu quo intra-communautaire, dans certains services ne veulent pas d’une diffusion large d’un pareil discours.
Du coup, nous nous contentons de nos propres canaux médiatiques accessibles (Réseaux sociaux, sites internet et blogs) pour communiquer avec efficacité d’ailleurs. La présente interview avec OndeInfo en est une preuve notable.
• Si le mouvement Ganbanaxu était invité à participer au FISO, festival International Soninké, qui se tiendra à Nouakchott, en février 2023, répondra-t- il favorablement à l’invitation ?
Notre mouvement ne rejette pas une invitation qui se ferait dans des règles claires et correspondantes aux principes de notre engagement. Ainsi si cette invitation arrivait à l’occasion du FISO annoncé en février prochain à Nouakchott, en toute transparence nous allons apprécier les contours et les conditions, et décider au final la pertinence d’y répondre favorablement ou pas. Pour l’instant donnons le temps au temps, on verra bien le moment venu.
• Si une perspective de réconciliation et de sortie de crise s’offrait aux Soninkos, le mouvement Ganbanaxu a-t-il des points sur lesquels, il reste intransigeant ?
Au risque de me répéter, je dirais encore si l’autorité publique s’implique sérieusement, nous sommes disposés à discuter et à trouver des solutions de paix et d’entente sociale. Et notre mouvement ne démoderait rien de particulier qui serait contraire aux droits garantis à tout (e) citoyen(ne) par la Constitution de notre pays. Par ailleurs nous n’accepterions jamais une quelconque soumission sociale à un ordre féodalo-esclavagiste. Notre référence suprême sera la loi qui ne reconnaît que le Citoyen comme unité régalienne par essence avant tout autre considération d’ordre coutumier ou autre.
• Peut-on considérer Ganbanaaxu Fedde comme une organisation de droits humains ?
Oui, la mouvance Ganbanaaxu Fedde évolue dans le champ de la défense des droits humains. Du côté mauritanien, l’entité associative Ganbanaaxu Fedde Mauritanie dispose de sa reconnaissance officielle il y’a quelques mois et ses objectifs sont clairement énoncés pour le droit. Notre ambition est de l’intégrer dans la société civile droit-de-l’hommiste avec efficience.
L’universitaire feu Ousmane Moussa Diagana a écrit un Dictionnaire soninké- français (Mauritanie). L’ouvrage comprend près de 5800 entrées. Un travail incroyable ! Il avait aussi, en tant que linguiste et « puits de savoir », écrit La langue soninké, morphosyntaxe et sens. Cet ouvrage -que j’aimerai lire- est sans doute un legs pour notre génération et celles du futur.
Deux questions nécessitent l’attention : Est-ce que les sooninké et amoureux de la langue ont valorisé ce travail colossal et tant d’autres ?
Y’a t-il eu une suite pour prendre le flambeau ?
On voit l’organisation du Fiso (Festival International Soninké) depuis des années. Des personnes de tous bords en pays sooninké se retrouvent pour « fêter » la culture sooninké : soonikaxu. D’ailleurs, comme toutes les cultures de la civilisation Ouest-africaines, la culture sooninké a ses hauts et ses bas. Ses tares et ses manques. Cette culture regorge aussi dans ses vestiges des principes pour la consolidation de la fierté et de la dignité.
Le festival transnational prend-t-il en compte le travail scientifique de Feu Ousmane Moussa Diagana et d’autres personnes ? Bis repetita !
La rencontre rappelle l’organisation étriquée de la société sooninké ; sans aucun doute. Certains se chargent des procédures administratives, les « biens nés », les autres « pseudos-humains » se chargent des tam-tams et de la cuisine. Les dits griots trouvent leur compte. L’ego est conforté. Les exigences de la modernité sont oubliées. Le folklore à son apogée. La culture se limitera aux chants et danses. A la présentation d’objets qui n’ont de sens que dans le subconscient. Jamais utilisés au quotidien. C’est aussi le lieu de la promotion des « grands maîtres » de cérémonies. Les docteurs de tous bords. Les professeurs. Ce que les « diables » aux marmites dans le cadre des festivités ordinaires ne peuvent comprendre.
Espérons que la publication du Glossaire Français- Soninké préfacé par Barbara Cassin, membre de l’Académie française, connaîtra un franc succès cette saison, oups cette année lors de la rencontre du «peuple sooninké«. Un peuple ou un groupe sociolinguistique attaché à Wagadu, l’allégorie de léclatement social. Le groupe de « Sooni remu », les enfants de Sooni, se sont dispersés et ont hérité de l’appellation « Soonikara », l’éclatement de Sooni. Un Soninké : « soni nké » est alors un individu parlant la langue et partageant cette culture. Étant donné que cette dernière, c’est ce qui dans la nature est l’œuvre de l’humain : elle doit évoluer et prendre en compte les exigences de la modernité à savoir le principe de justice et d’égalité… Pourquoi pas d’équité face aux institutions?
Cette année, le Fiso se fera de nouveau à Nouakchott-Mauritanie en février, le thème aurait pu porté sur l’apport des recherches scientifiques sur la langue sooninké pour la revalorisation de l’être sooninké… On aurait pu pousser loin en brossant un état des lieux, en étudiant la place de la culture, de la langue ; même l’épineuse question des pratiques attentatoires à la dignité humaine : l’excision des femmes encore courantes, les conséquences du lévirat, le soroat, l’esclavage par ascendance, etc. Surtout le phénomène de caste qui est un véritable cancer social. Mais non ! Le thème portera sur l’agroalimentaire. L’agro
L’APS (Association pour la promotion de la langue soninké) prendra comme à l’accoutumée les devants de la scène. Les cadres, dit-on, qui n’assistent à aucune manifestation ou rassemblement pour les langues s’érigeant en défenseur de la langue seront les messagers des autorités… Quelle finalité ?
Mohamed BABA – La Mauritanie traverse une crise profonde et multidimensionnelle. La période électorale qui s’annonce revêt un aspect crucial pour l’avenir de notre pays. Elle opposera deux principaux pôles qui marquent aujourd’hui la scène politique :
-le pôle du changement comprenant de nombreux courants et initiatives politiques, émergeant sous l’impulsion d’une élite jeune et prenant en charge les revendications de larges couches sociales, conscientes du besoin impérieux de changement.
Ce pôle du changement a aussi l’ambition de consolider les acquis démocratiques en s’appuyant sur les expériences accumulées par la très longue et tortueuse lutte de l’opposition ces dernières décennies ;
-le pôle du statu quo, organisé autour d’une majorité présidentielle éclatée, tiraillé et englué dans ses contradictions, sans cap clairement défini ni leadership affirmé. Ce pôle du statu quo est de plus discrédité par le bilan désastreux du pouvoir en place. Son principal ferment de pensée puise sa force dans ce qui est le plus rétrograde à savoir le clientélisme, le tribalisme, le régionalisme et le communautarisme. À ces références persistantes sont venus s’ajouter, la corruption généralisée, la gabegie, le détournement des biens publics, le trafic d’influence et le blanchiment de l’argent sale.
Pour mener le pays vers une démocratie réelle et apaisée, le Pôle du Changement a besoin de garantie quant à la sincérité du scrutin et à la liberté de concourir. Cela passe par la mise en échec et la dénonciation des velléités, clairement affichées, du Pôle du Statu quo, aidé en cela par une Administration domestiquée, de torpiller le processus, le calendrier comme les opérations électorales en vue du contrôle effectif des résultats.
Nous PATRIOTES REFONDATEURS, lançons un appel à l’ensemble des acteurs politiques (partis, organisations de la Société Civile, leader d’opinion…) qui se reconnaissent dans les valeurs et objectifs du Pôle du Changement, ici décrits, pour agir ensemble afin de :
– se dresser, dans le cadre d’un front organisé et uni, autour d’une plateforme commune, contre les velléités du Pouvoir à instrumentaliser l’Administration au profit du Pôle du Statu quo ;
-exiger un Recensement Administratif à Vocation Electorale (RAVEL) large conduisant à l’établissement d’une nouvelle liste électorale pour assurer la participation de tous ;
-faciliter l’accès à la candidature : agrément pour les partis l’ayant demandé et autorisation donnée aux candidatures indépendantes ;
-mettre en place une institution chargée de l’organisation de l’élection, réellement indépendante et dotée des moyens juridiques et financiers lui permettant d’accomplir sa mission.
Un événement organisé à Paris ce samedi 29 octobre 2022, par l’association Avenir vivable http://www.avenirvivable.ouvaton.org/. Au sein de la Halle Saint Pierre dans le 18ème arrondissement à quelques pas du touristique Sacré Cœur.
Avant la projection, un fils de monsieur Hoare nous a servis une brève présentation de 3 artistes peintres mauritaniens . Il s’agit d’Amy Sow, d’Oumar Ball et de Saleh Lo. Il a annoncé un chiffrage donnant que la Mauritanie compterait autour de 100 artistes peintres et que le domaine n’est pas assez valorisé.
L’épisode du film retrace une partie tumultueuse de l’histoire politique mauritanienne. Le réalisateur précise que d’autres épisodes ont été diffusés et en accès libre via sa plateforme YouTube https://youtube.com/user/HoareMichael. Et d’autres vont suivre prochainement.
Le titre de l’épisode du jour est « Des années 70 à la rédaction du Manifeste du Négro-mauritanien opprimé » devant le public d’une vingtaine de spectateurs, il retrace un pan de l’historique politique mauritanien. Archives télévisuelles et des témoignages d’acteurs de l’époque, le film est très instructif et donne un aperçu fouillé sur cette période politique tumultueuse dont les répercussions restent marquantes dans les enjeux tendus d’aujourd’hui. Notamment ceux qui sont liés à la problématique de la cohabitation entre communautés ethno-raciales en Mauritanie. La question sur l’identité du pays a surgi dès sa naissance, et j’ose remarquer qu’il n’a pas eu de baptême consensuel pour la jeune personnalité « Mauritanie ». Son premier président feu MoktarOuld Daddah opta pour un forcing unilatéral vers l’arabité au profit de son ensemble ethno-racial d’origine (arabo-berbère). En face l’ensemble negro-africain (hors haratines) se sentant piégé par un processus d’arabisation de la personnalité politique et culturelle « Mauritanie », a réagi avec de groupes contestataires qui émergent contre l’ordre étatique en déséquilibre progressif entre les 2 ensembles. Ainsi on notera l’affaire des dix-neuf du Manifeste de 1966, par la suite la composition clandestine des Flam (Forces de libération africaines de Mauritanie) en 1983. En 1986, le Manifeste du Négro-mauritanien opprimé est sorti et non signé selon les propos de monsieur Ibrahima Abou Sall (co-rédacteur du Manifeste). Intervenant principal dans le film, monsieur Sall était présent physiquement dans la salle et ses réponses et explications ont été édifiantes avec quelques détails poussés. D’ailleurs j’ai des regrets de n’avoir pas filmé son intervention après le visionnage du film. Dans le documentaire, j’ai observé une analyse clinicienne dans certains propos du Chercheur mauritanien Abdel WedoudOuld Cheikh. En substance dans un propros, il laissait entendre qu’à la genèse de cette Mauritanie au départ, il y’a eu affrontement pour le pouvoir (sources de richesses et de puissance) entre les milieux élitistes et lettrés issus des aristocraties ethno-raciales de deux ensembles (arabo-berbère et negro-africain).
À titre informatif, on apprend que le Manifeste d’avril 1986 est composé de 46 pages et a été traduit en arabe et en langue pulaar. Monsieur Sall, secrétaire des Flam au premier congrès (13-14 mars 1983) assure qu’ils ne trouvaient pas de traducteurs sooninké et Olof en qui ils ont confiance vu la situation de clandestinité de la mission.
Dans le discours controversé qu’il a prononcé du haut de la tribune des Nations-Unies le 24 Septembre dernier, le Premier Ministre Malien par intérim, Monsieur Abdoulaye Maïga, a qualifié d’étranger, le président du Niger, Monsieur Bazoum, faisant sans doute allusion aux origines arabes de celui-ci. Cette malheureuse sortie nous pousse à émettre deux remarques. De même qu’un ministre français-surtout celui des affaires étrangères- n’a pas à décerner un certificat de légitimité à un gouvernement malien, un Premier Ministre malien n’a pas à décréter qui est Nigérien et qui ne l’est pas (il a autre chose à faire surtout par les temps qui courent !). D’autre part, en ce moment crucial où, accablée de misère et de crises de toutes sortes, l’Afrique cherche confusément l’union salvatrice, ce propos xénophobe sonnent comme une hérésie dans la bouche d’un homme d’Etat de cette envergure, surtout dans cet espace soudano-sahélien, où depuis toujours, le brassage a été la règle.
Les puissants empires et royaumes qui s’y sont succédé et le génie assimilateur de l’Islam y ont largement favorisé le mélange des langues, des ethnies et des races. En tout état de cause, les Peuls, les Mandingues, les Songhaïs et les Arabes ne sont étrangers nulle part dans cette portion du continent : pas un recoin qu’ils n’aient foulé ; pas une ethnie à laquelle ils n’aient mêlé leur sang !
C’est le moment ou jamais de tordre le cou à cette idée reçue selon laquelle il existerait une Afrique Noire et une Afrique Blanche. Le Sahara n’a jamais été une frontière, une barrière infranchissable. C’est un placenta civilisationnel. Noirs et Sémitiques ont toujours vécu ensemble que ce soit au bord du Nil ou au cœur du Sahara. Ils ont peuplé l’Egypte Ancienne où leur brassage a donné ce que les contemporains des pharaons ont appelé la race intermédiaire. Entendez, les Ethiopiens, les Somaliens, les Soudanais, les Toubous, les Peuls, les Touaregs et même une bonne partie des Mandingues.
Le Premier Ministre Maïga sait qu’il y a des Arabes dans son pays, le Mali, surtout à Tombouctou, ville dont il est probablement originaire. Il en existe en Mauritanie, au Niger, au Tchad, même au nord du Cameroun. Si on y ajoute les diasporas libanaises, l’Arabe devient aussi commun que la plus autochtone de nos ethnies. Quant au Maghreb, cette fausse Afrique Blanche, que l’on me montre donc un seul bled qui n’a pas ses Noirs ! Les Noirs et les Arabo-berbères ne sont pas étrangers les uns aux autres en dépit des vicissitudes de l’Histoire.
Le panafricanisme doit commencer à la maison. Si nous cultivons la tolérance ethnique, raciale et religieuse dans nos familles et dans nos villages, l’unité africaine se fera d’elle-même. Regardons autour de nous : le maire d’Amsterdam est un Marocain d’origine, celui de Londres, un Pakistanais. Le nouveau Premier Ministre britannique est un Indien. Il y a quelques jours, le ministre des Finances du roi Charles III était un Ghanéen. Et nous, nous en sommes encore à nous demander si le Dioula de Côte d’Ivoire est ivoirien, si le Peul de Guinée est Guinéen, si l’Arabe du Niger est Nigérien, si le Bamiléké du Cameroun est camerounais, si le Soninké de Mauritanie est mauritanien, si le Noir de Tunisie est tunisien…
Les mots ont une force et un pouvoir thérapeutiques. Il faut oser les employer de manière appropriée, bien à propos pour nommer les maux.
Dans la dénonciation, l’euphémisme est un style trop policé, trop civilisé. C’est un registre destiné aux têtes bien faites, aux aristocrates de l’esprit. En revanche, le plus souvent, cette figure de style exprime la lâcheté, une volonté d’atténuer une idée ou une pratique déplaisante dans le dessein d’en cacher le caractère affreux et épouvantable.
Les lois, si elles sont appliquées avec rigueur et vigueur peuvent s’avérer être efficaces pour combattre les fléaux de notre époque dont le terreau est la société : terrorisme et extrémisme, corruption et népotisme, adultère et viol, esclavage, féodalité et racisme etc.
Les trois derniers de la liste, que je nomme « la peste des âmes » ont une carapace et se nourrissent de complicité à plusieurs échelles dont la rhétorique se fonde sur le négationnisme.
La religion semble être faible face à ces tentations sataniques, ces pratiques abominables et abjectes devenues banales comme la mort. La religion, elle est infatigablement prêchée et enseignée partout, mais l’humain reste sourd à la parole salvatrice. Il n’y a pas plus sourd qu’un dogmatique, qu’un fanatique, celui qui prend « ses songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties », disait Voltaire.
Attenter à la vie d’un homme, ôter la vie à l’humain ne gêne plus personne, la fraternité humaine n’est qu’un rêve. Une illusion ! Partout, la haine s’installe dans les esprits et les cœurs rendant l’espèce humaine plus cruelle, cruelle avec elle-même et avec tout ce qui l’entoure, même l’environnement prend un coup dur de cette violence aveugle pour « l’hégémonie et l’honneur », même au prix de la division, de la scission, et même de sa propre disparition.
Haro sur toutes ces calamités, malédictions : l’esclavage en l’occurrence, même lorsqu’il est subtilement et insidieusement moulé dans la tradition. On s’est rendu compte que cette abomination sociale et communautaire redoute d’être nommée, « affichée », placardée, mise à nue et sans détour, comme un vulgaire montré du doigt.
Même criminalisé, l’esclavage fait de la résistance, ailleurs et plus encore chez nous où il se meut en us et coutumes, en valeurs sociales, en traditions, en empruntant cruellement un visage humain, séduisant de l’extérieur, par ce que sous couvert de la solidarité et de l’entraide sociales, mais corrosif et vénéneux à l’intérieur.
Une autre société est possible, plus égalitaire pour tout le monde, fraternelle et distributive. Mais cela suppose des actes allant dans le sens, de la reconnaissance du mal, du regret, du pardon, de la repentance et le renoncement à toutes références et à tous esprits suprématistes.
La direction du Port de l’Amitié a unilatéralement et sans préavis rompu la convention qu’elle a signé en 2016 avec les syndicats des dockers. Cette convention permettait aux deux parties de réguler et mieux organiser le travail à l’intérieur du port et garantissait les droits des travailleurs. A la suite de cette rupture une grève a été déclenchée par ces derniers le 03 octobre 2022
21 jours après le début de la grève un rassemblement devant le portail du port (port de l’Amitié) -, pour protester contre leur mise à l’écart par les autorités censées les protéger contre un patronat sans vergogne – a été la goutte qui a fait déborder le vase.
En effet la gendarmerie lourdement équipée s’est acharnée sur les pauvres dockers qui ne faisaient que réclamer leur droit de grève, garanti par la Constitution.
Mais, ils ont été assaillis par des grenades lacrymogènes, des coups de matraques suivis d’arrestations arbitraires.
A l’issue de cette répression sauvage et disproportionnée quatre dockers et un activiste des droits de l’homme venu les soutenir ont été arrêtés et aussitôt jetés en prison, admis dans le même espace carcéral que des voyous et bandits de grands chemins. Il s’agit de : – Mohamed Lemine Bilal dit capitaine – Ahmed Sidi Mohamed – Mohamed Abdatt – Yacoub Louly – En plus de l’activiste Mohamed Lemine Seck (Président de l’ONG « Partisants du Changement » Les heurts avec la gendarmerie ont commencé à 16 heures le lundi 24 octobre devant le portail du port. Il y a eu des blessés dont le détenu Mohamed Abdatt qui a eu le bras gauche fracturé. A 17 heures les détenus ont été conduits à la brigade de gendarmerie du Port. Le mercredi 26 octobre 2022 ils ont été déférés au tribunal Nouakchott Sud Le procureur les a inculpés d’ « attaque des membres des forces de l’ordre » selon la procédure de flagrant délit déposés à la prison civile de Nouakchott
Face à cette dégradation sans précédent de la situation des droits de l’homme en Mauritanie, IRA – Apporte son soutien sans réserve aux dockers injustement emprisonnés et demande leur libération sans condition – Appelle les autorités pour un règlement juste, qui satisfasse les revendications des dockers – Le président d’IRA, le député Birman Dah Abeid, absent de Nouakchott, a lancé un appel dans un message audio, à toutes les institutions et membres d’IRA, pour soutenir par tous les moyens légaux les détenus – La situation des droits en Mauritanie continue à se dégrader après le dernier rapport du rapporteur spécial des NU sur les formes contemporaines d’esclavage, le dernier rapport du département d’État Américain et encore le tout dernier rapport de l’institution : Projet Mondial de Justice qui classe la Mauritanie au 131eme rang mondial sur 140 pays en matière du respect de l’Etat de droit, des droits humains, de l’égalité devant la loi et de la transparence.
Les populations sont à présent éveillées et ne peuvent accepter d’être toujours humiliées et méprisées : l’esclavage traditionnel par ascendance, comme moderne, a la peau dure en république Islamique de Mauritanie.
A.S.E.P.T (Association Solidarité Éveil Progrès Toulel), un organisme d’intérêt général est créé en 2012 par des ressortissants mauritaniens originaires du village de Toulel (Région de Gorgol).
Basée principalement en France, ses activités couvrent 2 volets (Nord – Sud). En France (Volet Nord), parmi ses tâches ; Orienter les primo-arrivants, Dispenser des cours de FLE, Participer aux événements socio-culturels, associatifs et du mouvement de l’égalité et de fraternité en milieu soninké.
À travers le Volet Sud à Toulel, l’association organise et prend en charge des cours de renforcement et d’aide aux devoirs pour les élèves. L’amélioration des conditions d’accès à l’eau, et elle sensibilise sur les tares sociétales à bannir au sein du corps social.
La soirée du 22 octobre 2022 à Clichy (92) dans la région parisienne a été l’occasion pour les responsables de l’association d’exposer l’historique de leur engagement, leurs réalisations et leurs ambitieuses perspectives d’avenir. À noter une dynamique implication des femmes dans les activités menées et à mener. Un événement culturel et convivial marqué par diverses prestations musicales (Osuka label, Mamoye Moussa, Rappeurs…), et un sketch de sensibilisation pour l’entente et la cohésion sociale dans la communauté soninké.
La cérémonie a été savamment animée avec gaieté et humour par IbrahimaDiallo de TV Tooba.
Mes encouragements au président d’ASEPT, frère Tahirou Coulibaly et à toute sa dream Team.
• Ci-dessous quelques photos marquantes comme vous y étiez par notre Blog :
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