● L’Algérie : cette voisine hypocrite ! | Par M. Brehima SIDIBE.

Lorsque vous avez l’occasion de vous exprimer, dites du bien de votre pays !

Cette phrase de l’ancien président Américain, Jimmy Carter, sied bien à la situation actuelle entre le Mali et l’Algérie. La récente brouille diplomatique fait suite à l’affaire du drone malien abattu par l’Algérie. Dans cet article, nous revenons sur l’origine de cette tension diplomatique ; la communication interposée des gouvernements maliens et algériens ;  la réplique de l’Alliance des Etats du Sahel et enfin  un plaidoyer pour la défense de la patrie. 

De la dénonciation des accords d’Alger à la brouille diplomatique

Depuis son indépendance en 1960, le Mali a été secoué par plusieurs rébellions qui menacent sa stabilité politique et institutionnelle. Toutes ces rébellions sont issues du septentrion malien, faisant frontière avec l’Algérie. Ainsi, ce pays a toujours été impliqué dans la recherche des solutions face à ces crises.  Pour preuve, le dernier accord entre le gouvernement du Mali et les groupes armés a été négocié sur le sol algérein en 2015. Cependant, peut-on être la solution d’un problème dont on est au moins en partie la source? Absolument pas ! C’est le cas de l’Algérie. En effet, il n’est un secret pour personne que ce pays n’a jamais joué franc jeu avec le Mali. Comment comprendre que les chefs terroristes et rebelles qui sèment la terreur au Mali trouvent toujours  refuge sur le sol algérien? Quelle hypocrisie !

  Après la reprise de la Ville de Kidal par l’armée malienne en novembre 2023, le gouvernement de transition a opté pour un changement de paradigme tant sur le plan sémantique que diplomatique. En effet, les anciens rebelles de la Coordination des Mouvements de l’AZAWAD (CMA) ont été requalifiés en “terroristes”. Ainsi, le président de la transition, le Général Assimi Goita, dénonce l’accord de paix et de réconciliation issu du processus d’Alger. Dans la foulée, le Dialogue inter-Maliens est initié et se tiendra en avril et mai 2024. Dès lors, l’Algérie semble perdre la main dans un dossier dont elle pensait avoir le monopole. La question que l’on se pose est la suivante : peut-on objectivement s’opposer qu’un pays puisse s’approprier la gestion d’une crise interne? De quoi l’Algérie se mêle finalement? Cet état de fait conduit à une escalade diplomatique. L’épilogue de ces tensions intervient avec l’attaque du drone malien par l’Algérie début avril 2025.

La communication interposée des gouvernements malien et  algérien

   Après l’attaque du drone malien à la frontière avec l’Algérie, le gouvernement algérien a été le premier à communiquer, affirmant que le drone était entré sur son territoire. On pouvait dès lors croire à une légitime défense. Il a fallu quelques jours, le temps de mener des enquêtes approfondies, pour que le gouvernement malien affirme que l’Algérie a bel et bien abattu le drone mais avec un détail important : sur le sol malien! En effet, coordonnées géographiques à l’appuie, le gouvernement de transition au Mali a démontré que le drone se trouvait à près d’une dizaine de kilomètres à la frontière de l’Algérie. Autre constat qui soutient cette thèse, l’épave du drone a été retrouvée sur le territoire malien. Il apparaît dès lors que ce pays voisin, ou pour ainsi dire cette voisine hypocrite, a délibérément abattu le drone

La réplique de l’AES

La réplique du Mali et plus globalement des pays de l’AES ne s’est pas faite attendre. En effet, dans un communiqué conjoint, le Mali, le Burkina et le Niger rappellent leurs ambassadeurs pour consultations. Et l’ambassadeur d’Algérie à Bamako sera convoqué au ministère des affaires étrangères. C’était là une application concrète de l’article 6 de la charte du Liptako-Gourma qui stipule que toute attaque contre un pays membre est considérée comme une attaque contre l’ensemble des pays. Aussi, faut-il rappeler que les territoires des trois pays sont désormais considérés comme un seul théâtre d’opérations. Si l’Algérie voulait tester la solidarité des pays de l’AES, elle a sa réponse. Au-delà du niveau institutionnel, les populations ne sont pas restées en marge de cette affaire.

Plaidoyer pour la défense de la patrie

Lorsque la Nation fait face à l’adversité venue de l’extérieur, il convient que chacun se range derrière le drapeau national, pas nécessairement derrière les autorités. Il faut dire que la quasi-totalité des partis politiques et des organisations de la société civile ont condamné cet acte d’agression contre notre pays. Néanmoins, nous sommes peinés de constater que certaines personnalités politiques et publiques participent à la cabale médiatique de l’Algérie contre le Mali, oubliant ainsi le principe même de l’action politique hélas…

Retrouvons-nous autour de l’essentiel, le Mali. C’est le seul combat qui vaille!

Brehima SIDIBE, Doctorant à CY Cergy Paris Université

● Mauritanie : La haine jusque dans la tombe ! | [IRA et LAA]

Note de vigilance citoyenne, Nouakchott, avril 2025
1. Le 7 avril 2025, une foule rameutée par des haut-parleurs, ponctués d’Allahou Akbar, affluait dans un cimetière de la ville de Sélibaby, chef-lieu de la région du Guidimagha, pour applaudir l’exhumation de la dépouille de Souleymane Sow, ressortissant malien, enterré depuis peu. Excités dès l’avant-veille sous l’instigation d’imams fanatisés, des milliers d’habitants refusaient l’enterrement du défunt parmi les sépultures musulmanes, au motif qu’il se serait converti, de son vivant, à la foi chrétienne. Dans une ambiance de kermesse, en présence passive de l’administration civile, de la sûreté, de la gendarmerie et de la garde, le mausolée est détruit et le corps est traîné à travers ruelles, comme un trophée. Nul ne sait, à ce jour, quelle fut la destination dernière du trépassé.
https://youtube.com/shorts/7B1hwnAJvAk?si=j1bAxGibMW_Rk9IC
2. Seul, vaillant au milieu des vociférations du populaire qui le voulait lyncher, le maire de Sélibaby s’opposa à la forfaiture. Quantité de séquences vidéo dévoilent les diverses facettes de l’instant d’hystérie collective où la population, solidaire, défendait sa religion menacée par un cadavre. Même les enfants participaient à l’émeute post-mortem.
https://www.facebook.com/share/r/1AacQLMAhB/
3. Souleymane Sow appartenait à une petite communauté de prédicateurs protestants, brièvement détenus en janvier 2024 puis libérés après avoir abjuré, sous la contrainte. Sitôt revenus à une existence normale, ils reprenaient leurs activités d’évangélisation, parcourant les villages à moto, afin de répandre le message du Christ. Souvent indifférente à leur égard, la paisible population du Guidimagha s’étonnait, cependant, de leur promptitude à venir en aide aux plus démunis. Certains les accusaient d’user de zèle caritatif pour attirer de nouveaux fidèles et porter ainsi atteinte à la cohésion de la Umma.
4. Le 8 avril, lendemain du trouble, une décision du sommet de l’Etat suspend le Gouverneur du Guidimagha en attendant son éviction formelle à l’occasion du prochain Conseil des ministres. Les autres premiers représentants de l’Etat au niveau de la région sont limogés, à l’exception du Procureur de la République et du Préfet. En réponses aux instances de notables religieux qui requéraient un avis officiel avant de passer à l’acte de profanation, les deux auraient signifié leur autorisation tacite.
5. Cependant, le plus choquant reste l’impunité dont jouissent les exécutants et les commanditaires, d’ailleurs connus, filmés et enregistrés en messages audio sur l’application WhatsApp. La plupart s’enorgueillissent de leur aplomb et en escomptent la rétribution auprès de Dieu. Parmi la classe politique, la quasi-absence de réprobation témoigne d’un malaise, voire d’une honte ravalée.
6. L’initiative de résurgence abolitionniste (Ira) et Lanceurs d’alertes associés (Laa) saluent la réaction ferme du gouvernement et encouragent l’appareil de justice à poursuivre l’ensemble des auteurs et complices d’une infamie d’autant moins excusable qu’elle déroge aux traditions locales de tolérance. Le temps est aussi venu de prendre conscience du péril de la radicalisation et de sa virulence le long de notre frontière avec le Sahel central.
7. Les deux associations joignent leur indignation au concert des humanistes atterrés, pour exhorter, le pouvoir du moment, à faire respecter, en toute circonstance, le repos des morts.  Il importe, également, de veiller à garantir la réciprocité entre Etats, dans le domaine sensible des libertés de conscience et de culte, conformément aux textes de droit universel dûment ratifiés par la Mauritanie. Sur le sol national, la moindre discrimination fondée sur la croyance nuirait gravement à la quiétude de nos concitoyens de la diaspora, compromettrait les intérêts stratégiques du pays et ruinerait sa réputation, déjà très abîmée.
https://eutoday.net/mauritania-human-rights-crisis-safety-of-christians/

Nouakchott, 13/04/2025.

Signataires : IRA et Laa

● Mauritanie | identités suspectes : Kaédi au cœur d’un scandale de naturalisation illégale [Points Chauds]

Points Chauds – Une opération sécuritaire visant à contrôler le statut des étrangers en Mauritanie a conduit à l’arrestation de cinq individus, dont la détention a révélé un possible trafic de documents officiels.

La police de Kaédi a ouvert une enquête pour élucider les conditions douteuses dans lesquelles ces étrangers ont obtenu des cartes d’identité nationales mauritaniennes. Selon des sources sécuritaires, l’enquête, pilotée par le directeur régional de la sécurité de Gorgol et soutenue par des commissaires venus d’autres régions, en est à ses phases préliminaires.

Les investigations pointent vers la complicité d’un ancien responsable du centre d’état civil de Kaédi et de collaborateurs au sein de l’administration. Les soupçons de fraude présumée auraient accéléré la mobilisation des autorités.

Interpellés dans un véhicule à Boki après un trajet depuis Bababé, les cinq suspects ont été transférés sous escorte renforcée à Kaédi, où ils sont toujours interrogés. Leur naturalisation, jugée irrégulière, a déclenché des instructions « urgentes » émanant des plus hauts niveaux de l’État.

Cette affaire relance le débat sur les failles administratives et les réseaux clandestins profitant des procédures de régularisation. L’enquête se poursuit pour identifier l’étendue du réseau et les responsables impliqués.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=782794

● Réflexion et Société | La relation « esclave-maître » ne se réforme pas, elle doit être séparée pour une commune utilité publique. | Par KS

L’origine de la relation « esclave-maître » ne s’est rarement tissée par un accord volontaire et équilibré en termes de position politique et d’habillage social dans le temps et dans l’espace. Ainsi, pour corriger valablement et moralement une société à relation esclavagiste, il faut savoir bien séparer le destin organisationnel (Honneurs et Avoirs) de 2 univers (réalité maîtresse et réalité esclavagisée) au moins sur 2 à  3 générations. Et qu’une autre entité régalienne exogène notamment l’État moderne devienne la référence impartiale à tous coûte que coûte à coup de plaidoyer visionnaire et patient et d’activisme résolument réfléchi. À chaud du présent et du court terme, toute tentative de réconciliation de 2 univers en frictions, se heurtera sèchement à la résurgence inévitable des velléités de subordination sociale et politique liée à l’origine. Dans les annales de l’histoire, même les prophètes et les grands sages n’ont pas réussi à « soigner » effectivement sur un temps court les âmes évoluant collectivement dans ces 2 univers interdépendants mais foncièrement déséquilibrés. Par exemple le cas historique du grand Prophète Moussa (psl) et les enfants d’Israël sous l’asservissement en Égypte pharaonique. La Mission de libération que Dieu lui a assignée fut justement une séparation organique nettement actée entre les 2 univers (l’ordre dominant et les dominés). La grande épreuve pour un ordre social ou politique suprémaciste serait d’accepter de faire corps social égalitaire dans le matériel et l’immatériel avec les éléments subalternisés historiquement dans son environnement. Et également, les éléments dominés et relégués statutairement dans l’environnement doivent se libérer de tous les complexes d’infériorité développés et « socialisés » en eux tout au long du processus de domination dont ils furent victimes. Par ailleurs, une nécessité de reconstruction existentielle doit s’amorcer pour eux dans une nouvelle trajectoire dans le temps et dans l’espace avec une vision réfléchie et une structuration sociale innovante. Surtout ne pas reproduire les marqueurs problématiques et conflictogènes subis ailleurs dans l’ancien univers.

KS pour le Blog https://ecrit-ose.blog/

● Mauritanie / affaire « Niofar » | N’est pas investisseur qui veut. Par M. Moussa Khairy

L’affaire dite “Niofar”, qui alimente les débats depuis quelques jours, jette un doute injustifié sur la capacité de notre pays à accueillir les investisseurs. À y regarder de plus près, il s’agit d’une société au capital modeste de 100.000 MRU, sans autre personnel que sa propre directrice, laquelle serait en situation d’irrégularité fiscale selon les premiers éléments de l’enquête.

Peut-on raisonnablement mobiliser un ministère pour une entité aussi fragile, dont la légitimité pose question ? Si elle était véritablement en règle, pourquoi tant de bruit ? Une structure saine n’a rien à craindre de la transparence ni de la justice.

Il est essentiel de ne pas confondre médiatisation et sérieux économique. Notre pays mérite mieux que des polémiques sans fondement. Car oui, il faut le rappeler : ce n’est pas l’étiquette d’investisseur qui fait l’investisseur.

Par M. Moussa Khairy

● Mauritanie | Le nouveau wali Dahmane Ould Beyrouk : bienvenue au Guidimakha | Par M. Seyré SIDIBE

Monsieur, le wali

Nous ne pouvons que nous réjouir de votre nomination comme, wali ( gouverneur), le responsable et représentant de l’exécutif, l’administration au niveau territorial.

Cette nomination, exceptionnelle par sa nature, une première dans l’histoire de notre région, est un motif d’espoir pour les populations du Guidimakha.

Cependant, il n’est pas question de jubiler encore; vous serez jugé sur la base de vos résultats et des actes que vous poserez.

En effet, le Guidimakha a toujours été une zone de non droit, échappant au pouvoir central, qui pour s’en débarrasser, a toujours volontairement œuvré pour en  faire un territoire délaissé et livré à lui-même, à la merci et à la convoitise éhontée d’administrateurs corrompus, malhonnêtes, arrogants jusqu’ à la condescendance; et animés par le seul souci de se remplir les poches, en plumant jusqu’à l’os les pauvres populations.

Certains ont fait plus de mal que les différents commandants Blanc de l’administration coloniale, qui se sont succédé alors que ces derniers avaient une mission claire, s’inscrivant dans une logique de domination, d’impérialisme et dans un rapport de colonisateur vs colonisé.

Le paradoxe est que nos compatriotes qui ont remplacé l’homme Blanc ont failli sur tous les plans: la région est devenue une plaque tournante de la drogue, un espace de prise de décisions de justice les plus ridicules et absurdes, une partie de la république où les riches commerçants et quelques dignitaires servent de boussole à la loi : ils orientent, manipulent, valident et invalident les décisions de justice.

Dans cette contrée, la justice se sert de notre origine sociale, de votre couleur de peau, de votre coloration politique, de votre disposition à corrompre pour soit vous condamner ou vous acquitter.

Ainsi, nos fameux administrateurs ne manquent pas d’imagination; ils ont toujours réussi à monter les populations les unes contre les autres, créant les conditions favorables à des conflits interminables et insolubles entre des populations, qui ont pourtant depuis des lustres entretenu d’excellentes relations.

Pour cela, ils peuvent compter sur les intermédiaires, souvent des fils de la région transformés en courtisans, prêts à vendre leurs propres frères pour quelques pièces de monnaie ou un repas.

Approcher, forcer une amitié de façades avec les responsables de l’État ( wali, procureur, commandant de la région militaire, de la gendarmerie, de la garde , et le directeur de la sûreté régionale etc.), c’est désormais une profession, un métier lucratif pour ces individus qui participent à la mise à mort de notre région.

Monsieur le wali

Il y a beaucoup de dossiers qui vous attendent, au premier chef la normalisation des relations entre les populations et les forces de défense et de sécurité, qui usent de leur position pour les terroriser.

La corruption à grande échelle qui gangrène tous les services déconcentrés de l’État, caractérisée par la prise en otage des représentants de l’État par les commerçants, hommes d’affaires et de pseudo dignitaires.

La justice, gros chantier à l’abandon à l’image du pays tout entier est un véritable rouleau compresseur qui broie et suce sans état d’âme les populations.

Monsieur le wali

Votre prédécesseur, n’est certainement  pas le plus mauvais des walis qui ont régné sur le Guidimakha. Seulement, lui a eu la malchance d’être emporté par un fait divers macabre et surmédiatisé grâce aux réseaux sociaux.

N’eût été les réseaux sociaux, aucune sanction ne serait prise . Ould serait encore le wali du Guidimakha. En effet , le Guidimakha n’intéresse personne. C’est une terre d’expérimentation de la terreur, des décisions de justice les plus folles, les plus puériles.

Les représentants de l’État sont investis d’une mission : terroriser, abuser et retarder, différer toutes initiatives de développement dans la région.

Grandir dans une région pareille, ne peut que façonner votre être ; ce qui n’est pas sans influence sur votre façon de voir la Mauritanie, de la comprendre et ainsi de votre appréhension politique.

Seyre Sidibe

● Mauritanie | Dahmane Ould Beyrouk succède à Ould Deih à la tête de la Wilaya du Guidimagha [rimnow.net]


Le Conseil des ministres a nommé au cours de son conclave hebdomadaire en date d’aujourd’hui mercredi 9 avril courant, Dahmane Ould Beyrouk au poste de wali du Guidimagha, succédant ainsi à Ahmed Ould Mohamed Mahmoud Ould Deih, éjecté de son poste à la suite de derniers incidents survenus dans la capitale de la Wilaya Selibaby.

Ould Deih a vu ses fonctions suspendues hier par le ministère de l’intérieur et de la décentralisation, à la suite des récents événements survenus dans la ville de Sélibaby et relatifs à l’exhumation peu orthodoxe d’un cimetière pour musulmans du corps d’un catholique.

Ould Beyrouk occupait à sa nomination le poste de Directeur général des partis et des libertés politiques au ministère de l’Intérieur.

Il a été remplacé à son poste par le conseiller du ministre de l’Intérieur, El-Bou Ould El Vadel.

Lien média https://rimnow.net/w/?q=fr%2Fnode%2F26975&fbclid=IwY2xjawJkVfZleHRuA2FlbQIxMQABHgZHsTLAYh9aQo6szgWibNhWaqo7WN8VROcPVW7U0KILwPAFgeH_8d9mIw2K_aem_dHSJyQKqlFBleWH9vGuypA

● Sélibaby | M. Ama Ba, MAIRE en vrai!


Il s’appelle Ama Ba, l’actuel dirigeant civil de l’administration municipale de Sélibaby. La capitale du Guidimagha (sud mauritanien) a connu ces derniers jours de sinistres soubresauts qui ont heurté affreusement l’opinion publique nationale et au-delà. L’affaire de la profanation en live d’une sépulture dans un cimetière local occupe toujours les conversations du public. Les images insoutenables diffusées largement sur les réseaux sociaux ont suscité sidératon et paralysie chez toutes les consciences dotées d’une humanité en veille avec moults questionnements…!

La personne dont le corps a été exhumé serait un adepte d’une petite communauté dite évangélique connue dans la ville. Les circonstances et sous-réalités de l’affaire restent à clarifier par une enquête sérieuse à diligenter par les hautes autorités étatiques. Ce qui a été annoncé dans un communiqué émanant des services présidentiels à Nouakchott, lire https://ecrit-ose.blog/2025/04/08/%e2%97%8f-mauritanie-evenements-de-selibaby-le-wali-du-guidimagha-suspendu-les-responsables-regionaux-de-la-securite-releves-de-leurs-fonctions-ami/. Une communication qui informe la suspension du gouverneur et également d’autres responsables sécuritaires ont été relevés de leurs fonctions. Une prompte réaction qu’il faut noter et saluer la pertinence et l’opportunité vu la tournure grave et scandaleuse de l’événement.

Alors, revenons aux trains qui arrivent à l’heure comme dirait l’autre. Dans cette situation aux tenants nébuleux et visiblement très mal gérée, le maire de la ville de Sélibaby, M. Ba a tenté en vain d’empêcher l’irréparable acte odieux. Dans un élément vidéo qui circule, on l’aperçoit et l’entend discuter vivement avec une partie de la foule hystérique. Le jeune élu en 2023 sous les couleurs de l’Udp, s’est distingué honorablement par ses tentatives face à un déchaînement populaire dans le cimetière. Son comportement est à louer chaleureusement et on ne se tromperait pas en avançant que s’il détenait la responsabilité effective sur les éléments policiers ou gardes aperçus dans la foule, les choses ne se seraient pas déroulées de la sorte la plus sordide. Un cadavre d’une personne déterré et traîné au sol par une foule en transe haineuse à l’encontre d’un mort. Un comportement d’intolérance qui interroge et mérite beaucoup d’analyse sociologique sur nos milieux par rapport au fait religieux ou plutôt son exploitation déraisonnée et manipulatrice. Ici, l’occasion de relever les initiatives en amont d’appel implicite à ce qui est advenu. En effet, certaines voix dites du clergé religieux local avaient appelé à manifester contre la présence de la tombe du défunt dans un cimetière musulman. Ainsi, doit-on admettre clairement que ces religieux ont contribué explicitement à envenimer les ressentiments populaires en amont et par la suite ils n’ont pas été à la hauteur logistiquement parlant pour contrôler avec responsabilité et courage le déroulé des événements. Leur responsabilité directe ou indirecte devrait être élucidée dans l’enquête et qu’ils répondent en toute transparence sur leur rôle tenu en coulisses. Ils sont loin d’être clean dans cette histoire troublante qui va impacter négativement l’image de notre capitale régionale voire celle de la région.

Encore, nous tenons à saluer les efforts louables consentis par le maire M. Ba qui s’est retrouvé malheureusement débordé et esseulé. Bravo à lui.

9 avril 2025

KS pour le BLOG

● Mauritanie | Événements de Sélibaby: le wali du Guidimagha suspendu, les responsables régionaux de la sécurité relevés de leurs fonctions [ami]



Suite aux événements survenus ces derniers jours dans la ville de Sélibaby, Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a ordonné au ministre de la Défense nationale, des Retraités et des Enfants de Martyrs, au ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local, ainsi qu’aux chefs d’état-major des structures de sécurité nationale, de diligenter une enquête approfondie sur les circonstances de l’incident.

Sur la base des résultats de cette enquête, les décisions suivantes ont été prises :

Suspension des fonctions du wali du Guidimagha.

En outre, le directeur régional de la Sûreté Nationale, le commandant de la Compagnie Régionale de la Gendarmerie Nationale et le commandant du Groupement Régional de la Garde Nationale de la wilaya du Guidimagha ont été relevés de leurs fonctions.

Lien média https://ami.mr/fr/archives/268507

● Mauritanie | Message solennel du député M. Biram Dah Abeid à l’attention de l’opinion publique 


Dans une intervention publique composée de 8 notes vocales, ce mardi 8 avril 2025, l’ancien candidat aux présidentielles en Mauritanie brosse avec beaucoup de détails la substance politique de l’actualité et ses positions concernant le dialogue en gestation. Il est revenu sur son passif relationnel avec l’actuel locataire du palais ocre, le président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, lors de son premier quinquennat (2019 à 2024).  Le candidat de la Coalition antisystème reconnaît avoir été berné par les premiers signaux du Raïs pour régler et normaliser l’atmosphère politique notamment la reconnaissance des partis politiques sans exclusive. M. Dah Abeid explique que d’autres tentatives de dialogue ont échoué parce que des pans du pouvoir ne sont pas disposés à une véritable normalisation de l’arène politique. Il a fait référence au pacte républicain entre le système et les partis politiques ufp et rfd qui n’a pas eu d’effet avant la présidentielle de 2024. Par la suite, il réitère que l’actuelle gestation pour un dialogue politique nécessite des préalables clairs (traitement du dossier des tueries, problématiques liées au passif humanitaire, la question des langues, l’esclavage et ses corollaires, les garanties du système démocratique…) pour son camp politique qui sont loin d’être envisagés du côté du pouvoir. Ainsi, selon lui, ses partenaires politiques et ses militants n’iront pas à un dialogue de faire-valoir sans prise en compte globale de grandes et lourdes thématiques de la vie nationale. Par ailleurs, il se dit résolu ainsi que ses partisans à mener l’engagement face aux provocations ourdies par des officines à la solde du système en place. Il demande plus de vigilance et de résilience pour résister et patienter jusqu’à la victoire de la vérité au bout du bout.

8 avril 2025

Substance transcrite par KS pour le BLOG