Avant toute chose, précisons que cet article n’a pas vocation à juger si les pratiques sont “normales” ou “injustes”.
Il n’est pas question de défendre qui que ce soit, mais uniquement d’expliquer les logiques diplomatiques, économiques et stratégiques derrière certains comportements d’État.
Beaucoup réagissent avec émotion ou fanatisme, sans comprendre les réalités froides du fonctionnement entre pays. Il est temps d’être lucide.
1. Libre circulation et accords bilatéraux : pourquoi les Ivoiriens ont-ils un traitement particulier ?
En Mauritanie, certains ressortissants ivoiriens bénéficient d’une facilité d’accès à la carte de séjour, grâce à un accord bilatéral entre Nouakchott et Abidjan.
• Comment cela fonctionne-t-il ?
• Les Ivoiriens s’inscrivent auprès d’une entité officielle ivoirienne installée à Nouakchott. • Cette entité transmet leurs informations au ministère mauritanien des Affaires étrangères. • En retour, ces Ivoiriens obtiennent gratuitement leur carte de séjour.
Pourquoi cet avantage ?
Parce que la Mauritanie et la Côte d’Ivoire ont des intérêts croisés forts : • Des milliers de commerçants mauritaniens vivent et prospèrent en Côte d’Ivoire (boutiques, import-export, gros commerce, etc.). • La Mauritanie a donc tout intérêt à ménager la diaspora ivoirienne chez elle pour protéger ses propres ressortissants en Côte d’Ivoire.
Exemple concret :
Si demain la Côte d’Ivoire expulse massivement des commerçants mauritaniens, cela entraînerait un désastre économique pour des milliers de familles mauritaniennes.
2. Pourquoi cette situation n’est-elle pas la même avec le Sénégal ou le Mali ?
Il est vrai que la Mauritanie a aussi des commerçants au Sénégal et au Mali. Mais : • Le volume est beaucoup plus faible qu’en Côte d’Ivoire. • L’activité est différente : au Sénégal, par exemple, de nombreux Mauritaniens sont liés au commerce de proximité ou viennent se soigner ou étudier, mais ils ne dépendent pas massivement du marché sénégalais ou malien. • Le transfert est possible : si un jour un conflit éclatait, un commerçant mauritanien au Sénégal pourrait facilement s’installer en Gambie ou en Guinée-Bissau. Les risques économiques sont donc limités.
En revanche, pour la Mauritanie, perdre l’accès au marché ivoirien serait un coup stratégique majeur. Conclusion simple : là où il y a plus d’intérêt, il y a plus d’efforts diplomatiques pour ménager l’autre partie.
3. La vraie mécanique des relations Nord-Sud
Quand deux pays collaborent, ce n’est jamais par amour ou par simple voisinage. C’est toujours une question de : • Qui dépend de qui ? • Qui perdrait quoi en cas de crise ? • Quels sont les leviers de pression disponibles ?
Exemples simples pour comprendre :
• Licences de pêche : La Mauritanie octroie chaque année des permis de pêche aux Sénégalais. Si tension il y a, ces licences peuvent être suspendues, créant une crise pour des milliers de pêcheurs sénégalais.
• Diaspora active : Il y a beaucoup plus de Sénégalais vivant et travaillant en Mauritanie que l’inverse. Donc, Nouakchott a un levier de pression plus fort. • Flux financiers : Plus d’argent sort de Mauritanie pour aller au Sénégal et au Mali que l’inverse. Cela crée un déséquilibre économique que Nouakchott peut utiliser.
4. La Gambie, un autre exemple de “statut privilégié”
La Gambie est un autre pays où la relation est particulière : • Beaucoup de commerçants mauritaniens sont établis en Gambie. • La majorité des Gambiens en Mauritanie sont des étudiants venus pour des études islamiques. • Résultat : Même s’ils paient leur carte de séjour, les Gambiens bénéficient d’une certaine tolérance.
La raison est toujours la même : protéger ses propres ressortissants à l’étranger.
5. Exemple frappant : le Mali et les représailles sur les commerçants
Quand la Mauritanie a expulsé des Maliens récemment, des jeunes à Bamako ont voulu fermer les boutiques mauritaniennes.
Réaction rapide des autorités maliennes : les jeunes ont été arrêtés et le Mali a réagi pour protéger ses autres intérêts en Mauritanie.
Cela montre que les États négocient selon leurs intérêts stratégiques réels, pas selon les sentiments populaires.
Comprendre sans fanatisme
Chers amis, il faut arrêter d’analyser ces questions avec des lunettes de colère ou de fanatisme.
Les relations internationales, surtout entre pays africains, fonctionnent selon des règles pragmatiques : intérêts économiques, équilibre de pouvoir, dépendances mutuelles.
Celui qui domine économiquement négocie mieux. Celui qui a plus à perdre plie.
Ne vous laissez pas tromper par des discours émotionnels : il ne s’agit pas d’amour, de fraternité ou autre , mais bien d’intérêt froid et calculé.
Comprendre cela, c’est grandir et éviter de se ridiculiser en confondant nationalisme de café et réalités géopolitiques.
Actus. L’attaque jihadiste perpétrée jeudi 17 avril dans le nord du Bénin a fait 54 morts parmi les militaires, selon un nouveau bilan officiel annoncé mercredi 23 avril. L’attaque, revendiquée par le GSIM affilié à Al-Qaïda, cible une zone frontalière critique.
Au Bénin, le gouvernement a annoncé mercredi 23 avril un nouveau bilan de 54 morts dans les rangs de l’armée à la suite d’une attaque jihadiste survenue le jeudi 17 avril dans le nord du pays. Il s’agit du plus lourd bilan jamais enregistré dans cette région frontalière, de plus en plus ciblée par les groupes armés islamistes opérant depuis le Burkina Faso et le Niger.
Les assaillants ont frappé deux positions militaires de l’opération antijihadiste « Mirador » dans le parc W, au niveau des chutes de Koudou et du « triple point », zone stratégique à la frontière entre les trois pays.
L’attaque a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda. Ce groupe est classé comme organisation terroriste par l’ONU, les États-Unis et l’Union européenne.
• Un manque de coopération régionale dénoncé Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a regretté la faible coopération avec les autorités du Niger et du Burkina Faso. Il a souligné que l’absence de dispositifs sécuritaires équivalents de l’autre côté de la frontière facilitait de telles incursions.
Malgré les tensions régionales, le Bénin réaffirme sa détermination à lutter contre le terrorisme. « Nous ne céderons pas », a assuré le porte-parole.
Depuis 2022, Cotonou a massivement renforcé sa présence militaire au nord, avec plus de 8 000 soldats mobilisés. Mais la région reste vulnérable à l’instabilité sahélienne croissante.
• La réaction de la Cedeao La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a réagi à cette attaque. Elle « condamne avec la plus grande fermeté cet acte barbare et lâche, qui vise une fois de plus à semer la terreur et à déstabiliser nos États membres », selon un communiqué reçu à Abidjan.
Le Calame — Notre pays va mal. Très très mal. Nous sommes plus que jamais prisonniers d’un prisme racial aveuglant, avec une référence systématique et obsessionnelle à la couleur de la peau ou à une supposée « communauté ». Une clef de lecture devenue hégémonique, à travers laquelle nous avons tendance à appréhender tous les phénomènes sociaux et politiques.
N’importe quel acte administratif et n’importe quelle décision politique ne peuvent échapper à cette logique réductrice. Une implacable lecture raciale qui parasite le débat et compromet les chances de trouver des solutions viables aux différentes polarisations porteuses d’incertitudes.
Malgré des perspectives prometteuses de développement accéléré, grâce notamment à la croissance économique et l’exploitation des hydrocarbures, nous continuons de traîner des fragilités structurelles qui pourraient, si l’on n’y prend garde, miner la stabilité et la cohésion nationale (chômage massif des jeunes, migration régulière, menaces régionales).
Mais le plus grave demeure tous ces désaccords qui nourrissent des cristallisations identitaires et alimentent régulièrement des crises politiques et sociales, de nature à remettre en cause la stabilité et l’unité nationale.
• Fragilités structurelles
Nous avions mis en garde contre le discours décomplexé de surenchère, véhiculé par des hérauts de la séparation raciale, dont la conséquence est aujourd’hui cet enfermement communautaire et ce repli identitaire frileux, avec des grilles d’analyse simplistes et manichéennes qui transforment n’importe quel acte individuel en une discrimination institutionnelle puis en responsabilité collective.
En classant les Mauritaniens en fonction de leur appartenance ethnique, raciale ou de leur couleur de peau, en réduisant les contradictions sociales à une supposée lutte raciale, en faisant la promotion de solidarités mécaniques, au détriment du sentiment d’appartenance nationale, ce discours anti-démocratique alimente le feu de la discorde. Il finit par dresser les Mauritaniens, les uns contre les autres, favorisant ainsi une logique d’affrontement porteuse de luttes fratricides, susceptible de précipiter le pays vers le chaos.
Cette tendance à tout ramener aux discriminations institutionnelles verse largement dans la dimension symbolique, en simplifiant les problèmes, forcément complexes et en les réduisant à des dimensions épidermiques ou d’appartenances ethniques, au lieu d’essayer de comprendre et d’analyser les défis structurels, les dysfonctionnements et les problèmes auxquels sont confrontés tel ou tel secteur pour proposer des solutions.
D’où cette propension à se situer dans la dénonciation systématique, dénuée de nuance et à tout expliquer par le prisme de la discrimination, faute d’avoir quelque chose à dire sur le reste. Comme si aucune rationalité ne pourrait exister en dehors d’une telle posture. Pourtant, tout ne se résume pas dans notre pays à une dimension discriminatoire.
De manière plus prosaïque, en quoi la cooptation de ministres ou de directeurs supplémentaires, issus de la communauté négro-africaine va-t-elle contribuer à régler les problèmes prosaïques des populations pauvres dans la vallée? En quoi la promotion de généraux Maures au sein de l’armée a-t-elle amélioré les conditions de vie des populations bidhanes démunies au fin fond des Hodh ou dans le Trarza ? Et en quoi la désignation de premiers ministres et de plusieurs ministres haratines a comme impact sur la vie des adwabas ?
• Un obstacle au dialogue
En réalité, ces lectures dichotomiques qui prolifèrent notamment sur les réseaux sociaux sont un obstacle à tout dialogue constructif. Dans ces conditions, nous devons tous nous opposer à ce terrorisme intellectuel qui voudrait imposer une lecture raciale des problèmes de la Mauritanie. Nous devons inscrire notre action davantage sur un registre de revendication des droits et de promotion d’une citoyenneté fondée sur l’égalité de tous devant la loi et qui renforce l’appartenance à l’Etat, au détriment des communautés.
Quant au gouvernement, il devrait agir avec des politiques ambitieuses, volontaristes et avec l’ampleur requise, en s’en donnant les moyens, pour renforcer l’État de droit, réduire les inégalités sociales et garantir une redistribution plus juste des richesses. Il doit lutter contre la corruption et la pauvreté, combattre l’exclusion, l’injustice, l’arbitraire et les discriminations sous toutes leurs formes…et qui touchent de manière indifférenciée une majorité de Mauritaniens, quelle que soit leur appartenance communautaire.
Enfin, le dialogue qui s’annonce pourrait aider au dépassement des lectures raciales, non par leur négation mais par des solutions créatives et consensuelles. Il pourrait permettre de traiter les causes immédiates et structurelles des désaccords, afin d’identifier des propositions de réforme permettant d’y répondre.
Il pourrait aider à normaliser la vie politique nationale, en favorisant un consensus national sur les règles du jeu politique et les moyens de résoudre les contentieux pendants (tels que le passif humanitaire, l’esclavage…). L’objectif n’est pas forcément de résoudre tous les défis dans l’immédiat mais de mettre en place des mécanismes pour les traiter, dans le cadre d’une approche consensuelle favorisant la réconciliation nationale.
Mohamed El Mounir Docteur en science politique Expert international en développement Ancien fonctionnaire des Nations Unies
Ce dialogue en perspective est voué à l’échec comme les précédents, faute d’une réelle volonté, par manque de sincérité, paradoxalement de ceux qui appellent de leurs vœux au dialogue.
Les signes ne trompent pas. Ils présagent d’un dialogue orienté, calculé, des concertations dont les conclusions sont déjà écrites.
En effet, les actes que posent les initiateurs du dialogue ne rassurent personne. Quand on appelle au dialogue, on est conscient d’une crise, d’un malentendu, d’un dysfonctionnement…
Conséquence d’un regret se traduisant par une volonté de rupture, de mieux faire, de changer au besoin de paradigme, d’être plus attentif et inclusif. Appeler au dialogue, suppose qu’on est conscient du malaise, qu’on a identifié les écueils, les difficultés et les préoccupations de son interlocuteur, de ses interlocuteurs.
Mais alors, pourquoi lancer un dialogue juste pour faire de la communication politique ? Pourquoi un dialogue alors qu’on persiste et signe dans la même logique ?
Au moment où les autorités appellent au dialogue, on voit qu’elles continuent sans sourciller, à multiplier des actes sources de désunion, de crise politique et sociale, pouvant conduire à la fracture de la république.
Parmi ceux-ci, la décision de levée de l’immunité parlementaire à deux députés, de l’opposition évidemment, et la vraie opposition. Même si les autorités se réservent de révéler l’identité de ces représentants du peuple. Un secret de polichinelle : tout le monde sait de qui il s’agit. Dans un contexte de dialogue, on prône la désescalade, on fait profil bas, on calme le jeu et on cesse la provocation.
L’autre fait qui corrobore la thèse selon laquelle, ce dialogue en gestation n’en est pas un. C’est la rafle au faciès, qui cible officiellement les étrangers subsahariens dans sa mise en œuvre. Chaque Etat a ses lois.
Chaque Etat est souverain. Cependant, dans un pays où l’on n’arrive toujours pas à régler, à évacuer, à dépasser, à solder le passif humanitaire que d’aucuns appellent génocide, on doit se démarquer de tout ce qui peut rappeler, une telle tragédie.
Ma mère aime répéter ce proverbe Soninké: « Lorsque quelque chose de rouge a emporté ( tué) ton père , à chaque apparition du soleil, tu prends peur en disant il arrive « . Traumatisés par les évènements des années 90, les Noirs Mauritaniens, sans être complaisants avec les étrangers, sans vouloir les soutenir, craignent pour eux-mêmes : le retour des vieux démons. Est-ce qu’ils ont tort ? Mais non, la façon dont se comportent les forces de l’ordre ne peut rassurer aucun Mauritanien de peau noire, surtout lorsqu’il ne parle pas Hassaniya.
Ainsi, il revient aux autorités, une fois de plus de comprendre que leurs compatriotes, n’ont pas fini de refouler les années de braises, en les épargnant des méthodes de brutalité, de violence dont ils font l’objet dans leur interpellation, à chaque fois qu’ils sont confondus aux étrangers. l’État peut être ferme sans être « inhumain ». Il peut appliquer la loi sans piétiner, insulter, traumatiser ses propres citoyens sous prétexte d’une lutte contre l’émigration clandestine.
Que dire alors de ces compatriotes « sans identités » arrêtés, des sans-papiers créés par notre propre état civil ?
Les envoyer vers d’autres pays ? Je m’en voudrais à vie, si un jour, il m’arrivait de faire du mal à un compatriote surtout lorsque je suis dépositaire d’une portion de l’autorité publique.
Quel sadisme ! Sans mauvaise volonté, sans un agenda caché, la chasse aux clandestins ne peut emporter des Mauritaniens.
Aucun Mauritanien Blanc ou Noir n’est tombé du ciel. Nous avons tous des attaches quelque part: une famille, une tribu, un quartier, un village, une région, des amis d’enfance etc.Interroger ces éléments sociaux, géographiques, historiques, si vous avez un doute sur la nationalité d’un Mauritanien devenu apatride par la seule volonté de notre système d’enrôlement, la réponse ne saurait tarder.
Nous sommes un petit pays. On se connait tous. Nous sommes très imbriqués, même si nous œuvrons avec la bénédiction des politiques à nous détester, à nous séparer, à nous diviser etc.
Voilà des faits concrets, des méthodes, des agissements, des comportements de nos autorités, qui attestent que le dialogue qu’elles mijotent n’est qu’un écran de fumée.
Celui qui est conscient de la nécessité du dialogue, ( de dialoguer), s’inscrit dans une dynamique de remise en cause, d’apaisement, d’accommodation, de renoncement, de concession, d’arrangement. Il fera tout pour éviter la confrontation, le conflit, la provocation, le cafouillage, le camouflage et le double langage, qui sont vecteurs de crises, de déstabilisation et de chaos.
L’actualité du pays ces derniers temps est comme ce temps qui nous rattrape ou cet autre archaïsme qui nous définit. De l’aberration et de l’abjection vis-à-vis de ce qui pourrait et devrait être un pays. Oui un pays avec tous ces attributs. La Mauritanie souffre réellement de nos turpitudes. Ici et là dans ce pays, il était vrai qu’on magnifie le voleur. Le tricheur est applaudi et le menteur héroïsé. Et pour cela rien n’a changé. C’est réellement l’identité qui nous sied encore mieux. Mais nous le savons aussi qu’il est mauritaniennement admis que l’intègre fils de ce pays soit qualifié comme un fou, un bon à rien qui ne veut rien et même considéré comme l’ennemi du « pays, le pays du système ». Il est, coûte que coûte, l’homme à abattre. Voici comment ce pays est pris en otage où les sangsues décident de notre devenir et l’hypocrisie gouverne notre quotidien. Voilà pourquoi, malgré les bonnes intentions d’une certaine élite qui veut se dédouaner et chercher à requinquer un passé récent peu reluisant, nous ne décollons pas. Et nous ne décollerons pas de sitôt sans un réel sursaut, une véritable et profonde rupture, tellement la vermine s’est véritablement incrustée. Alors tout s’explique, comme ces derniers événements qui nous sont jetés en pâture. La bêtise humaine de Sélibabi. Petits, nos parents racontaient que les chiens déterraient les morts. Ainsi, la surveillance des cimetières s’accentue après chaque deuil au village. A Sélibabi, ce n’était pas des chiens mais des personnes qui ont déterré un corps qui, selon eux, est impur et n’est pas au bon endroit… violation de sépulture ne peut être bien, c’est le summum de la cruauté bestiale… humaine je veux dire. Fiodor Dostoeievski disait : « On parle parfois de la cruauté bestiale de l’homme, mais c’est terriblement injuste et offensant pour les bêtes, aucun animal ne pourra jamais être aussi cruel qu’un homme, si habilement, si artistiquement cruel ». A Sélibabi, ce qui s’est passé là-bas, résonnera longtemps dans notre rétroviseur collectif. Sur ce sujet, je ne peux dire plus après lecture de la magnifique plume de Pr Ely Moustapha, qu’Allah swt le garde longtemps. Alors mon propos est, comme annoncé par le titre, s’oriente vers une tentative de décryptage sommaire de l’homme en charge du dialogue. Je me définis comme un méfiant (comme cet aveugle dont les parties intimes avaient été piétinées et qui s’affaire à écouter tout bruit de pas) contrairement à ceux qui me qualifient de polémiste. Voilà pourquoi je suis grandement partisan de questionnements ne se laissant jamais dominer par la curiosité du public mais plutôt par l’intérêt public. Alors, qui est Moussa Fall dans l’histoire politique de ce pays ? Que peut-on attendre de cet homme ? Un personnage énigmatique, profond et trop complexe ? S’il est le premier à s’occuper durant l’époque de feu Président Sidi la résolution d’une partie du passif humanitaire, notamment le retour et l’insertion de certains rapatriés mauritaniens qui étaient au Sénégal, on n’oubliera pas qu’il a été aussi du groupe politique transfuge de l’UFD/Ere Nouvelle pour le PRDS de Maaouya ? Qu’est-il devenu depuis ? Avant mes réponses à ces questions, l’actualité m’autorise à donner mon opinion sur l’histoire du député Khaly Diallo, l’affaire opposant la jeune Warda à Khatri Ould Dié et la demande de pardon de Biram. Je pense que Khaly a été la surprise des laudateurs du système en reprenant dans l’hémicycle ce que les militants d’une Mauritanie juste clament depuis plus de 30 ans. Rien de nouveau qu’une réaction aux faits et gestes continus de ce système de mépris et d’exclusion. Et Rien de nouveau si ce n’est un certain Khatri Ould Dié du journal Maghreb-Hebdo qui vient insulter notre conscience en traitant quasiment le député Khaly de sous-homme et que le même puissant Khatri envoie une jeune dame en prison au prétexte que celle-ci l’aurait humilié. Ainsi, des hommes défilent chez lui pour qu’il retire sa plainte et, parfois, en le suppliant. Voici pourquoi nous ne décollons pas. Un applaudisseur de tous les pouvoirs, un produit du système qui a trituré, nargue ce qu’il y a d’institution de ce pays depuis Maouya à nos jours, en voulant coûte que coûte humilier une jeune dame par la prison. La Mauritanie, quant à elle, humiliée, pillée, saccagée et qui porte plainte contre notre conscience de citoyen de devoir ne fait pas larmoyer. C’est dans cette atmosphère qu’intervient une demande de pardon qui occupe les réseaux sociaux, une demande venue de Biram, patron du mouvement IRA. Une demande de pardon qui s’inscrit dans un registre que seul Biram sait la valeur. Mais comme on le dit, nos hommes politiques ne pensent pas comme nous et n’analysent pas comme nous et surtout ils le font quand nous dormons. Et on ne peut que constater notre méconnaissance de jour en jour de la source de décisions ou positions voire positionnement de nos politiques sur les questions d’actualité et de leur priorisation. Le peuple subit sans comprendre et, tellement ahuri, pense toujours se tromper, voulant garder leurs héros politiques… Alors, le Président Ghazouani, en nommant Moussa Fall Coordinateur du dialogue, veut par cet acte institutionnalisé… le dialogue. Le dialogue est une dimension de maturité politique de nature à ressasser les points de blocage de la vie et de l’existence d’un pays. Il est l’attrait d’une grandeur politique pour que les acteurs de la vie active d’un pays se parlent en vue de résoudre les problèmes du peuple. Par le passé, les Mauritaniens se sont parlés dans le format classique. Des résolutions ont été prises, considérées comme des remèdes à notre situation. Mais comme nos magnifiques textes juridiques et/ou lois n’ont pas connu de terrain d’expression. Et les soutiens du système, sans sourciller, défendent que tout va bien au moment où le patron de l’Exécutif appelle au dialogue. On appelle ça danser plus que le son du tamtam. N’ayant pas pu empêcher le coup d’état contre SIDIOCA, Moussa Fall va-t-il réussir à déjouer ce possible coup contre l’espoir d’un peuple désappointé vu les résultats des dialogues passés ? J’aimerais me tromper si la profondeur et l’expérience de l’homme peuvent le laisser croire mais son parcours politique jette un petit bémol. Pour l’histoire, MF pourrait et devrait surprendre les sceptiques. Le transfuge de la plus grande formation politique de l’histoire de l’opposition a beaucoup à faire pour requinquer son image et celle du pays. Il pourrait être le mieux indiqué car connaissant les détenteurs des leviers qui empêchent ce pays de se repenser pour être admis dans les rangs des nations civilisées et développées. Cela demande courage et détermination pour le bien-être de ce projet de pays jusque-là mal pensé. Le courage de MF nous renvoie à sa posture après le coup d’Etat contre Sidi. Est-ce suffisant pour mener à bien cette mission avec des hommes et des femmes qui disent tout va bien dans ce pays pourtant presque à terre ? Ce sont ces hommes et femmes qui feignent ignorer la souffrance de l’exclu, de l’orphelin des années de braise, du rapatrié mais aussi de l’apatride et qui cautionnent la communautarisation de notre marche commune. Ils disent tout va bien car ils réfléchissent par et pour la tribu. La mission de MF si, elle n’est pas impossible, est incommensurablement immense car la vérité irrite les tenants du pouvoir qui ont transformé une grande partie des opposants en plaisantins et certains d’entre nous autres (la presse) en griots béats… le griot du voleur. Ce sont ces hommes et femmes qui narguent le bien-être commun pour leurs intérêts individuels. La Mauritanie ne les préoccupe pas car elle est pour eux comme une vache laitière qu’il faut traire pour investir ailleurs. Ce sont ceux-là sans vergogne qui mangent dans toute les sauces, l’intérêt pour eux est que le pain soit mouillé. Ils sont aussi experts dans l’amalgame pour retarder le rayonnement de notre devenir. MF le sait. Mais sait-il comment les contraindre pour redorer leurs blasons pour la Mauritanie de nous tous ? Pour l’histoire de la marche du pays et son histoire à lui, Moussa Fall, bien qu’armé, doit davantage s’armer pour l’écriture positive de cette page combien essentielle pour notre devenir. Le devenir d’un pays réellement en faillite.
Le témoignage vrai d’une expérience brève soit-elle, vaut mieux qu’un pâle corporatisme magnifié de circonstances. Une version adaptée d’une assertion que j’aime énoncer en soninké «Seede seren da a yan fa sa an ga saafandi a da» qui donne approximativement «sois témoin justement vaut mieux qu’une prise de position partisane par bellicisme» . Le journaliste mauritanien et désormais ex webmaster du site internet d’information Cridem , M. Babacar Baye Ndiaye a annoncé par un post Facebook https://www.facebook.com/share/p/1PHe67Vuu5/ qu’il quittait ce 23 avril 2025, la célèbre plateforme Web dans l’espace médiatique francophone en Mauritanie. Ce frère en humanité et compatriote, je ne l’ai pas encore rencontré physiquement, l’occasion viendra un jour, in sha Allah. Très sûrement nos contacts via mails remontent de plus d’une décennie, mes sollicitations étaient nombreuses voire probablement pesantes (hein) à son endroit pour la diffusion de mes -et- nos contributions et communications dans le site Cridem. Oui… Cridem était et reste encore ce must en termes de visibilité communicationnelle pour nos contenus. Et… il était en première ligne à la réception de nos « poubelles littéraires » et nos contributions à titre individuel ou au nom d’une organisation, j’ose confesser que je comprenais effectivement ses silences et ses retours pas toujours à la hauteur de nos attentes (mes attentes). Professionnalisme et obligations éditoriales obligent, il a su faire son mieux pour la prise en compte de nos (mes) nombreuses sollicitations. Aux débuts des années 2010, l’investissement disruptif du champ militant couvrant les problématiques féodalo-esclavagistes au sein de nos communautés, coche toutes les cases d’une dynamique subversive et clivante ne laissant personne indifférente. Ainsi, les médias en ligne, tenant lieu d’un grand arbre à palabres de divers horizons, se permettraient en partie en toute logique, méfiance et observations avec une certaine distance de traitement pour les uns et des autres.
Aisément avec le recul dépassionné du temps militant, j’admets mille et N circonstances excusables pour notre maestro M. Ndiaye. Il gérait un univers professionnel sous certaines conditions liées à une entreprise médiatique avec un patron ou des patrons en arrière-fond méconnu de nous. Ce qu’il faut intégrer impérativement dans nos données analytiques à son endroit, nous n’évoluons pas dans le même univers que lui. Il était (est) journaliste et nous sommes de passeurs des messages. Il ne peut pas être d’accord avec tous nos messages ni contre également, et il ne peut pas ni ne doit les subir d’ailleurs. Verdict… mon verdict : il a su faire preuve d’une praxis via media (du juste milieu) et BRAVO lui !
Je te souhaite frère, bon vent et un heureux horizon professionnel encore plus au Top à la hauteur de tes aspirations. Ameen
La police doit le savoir: ne pas détenir de pièces d’état-civil n’est ni un crime ni un délit. Ce n’est pas un défaut de citoyenneté ou de nationalité. Surtout lorsque, dans la plupart des cas, c’est par la faute de l’administration elle même qu’une telle désagréable situation est imposée aux citoyens, surtout les plus démunis, spécialement les négro-africains. Car alors, l’amalgame est vite faite: un citoyen négro-africain qui ne peut présenter ses pièces, est forcément un étranger, forcément » sénégalais », » malien » etc. Même si tout le quartier, y compris bien sûr les membres de sa famille, atteste du contraire. A la fin des années 80, les déportations ont emporté des dizaines de milliers de mauritaniens vers des terres étrangères , et parfois à jamais pour les victimes, pour la même sale raison de l’amalgame et du doute de nationalité qui pèsent potentiellement dans ce pays, sur tout négro-africain, à cause de sa langue et de sa couleur de peau. Que ceux qui doutent du calvaire du doute de nationalité se griment en négro-africain. Ils vivront l’espace d’un instant la réalité terrifiante et sombre d’un autre monde que celui qui leur est familier. Ils comprendront pourquoi pour un négro-africain la pire terreur est celle d’être sans papiers et d’être entre les mains de la police. D’une certaine police l’espace d’un seul instant.
Financial Afrik – Un air sec balaye les ruelles sablonneuses de Mederdra, petite bourgade du sud-ouest mauritanien. Là, au cœur du Trarza, dans une maison modeste de cette région frontalière du Sénégal, grandit un garçon réservé, curieux, avide de comprendre les mécanismes du monde. Un demi-siècle plus tard, c’est dans les couloirs lambrissés de la finance multilatérale, entre les tours de la BADEA et les salons feutrés des sommets africains, qu’on évoque son nom. Sidi Mohamed Ould Tah, 61 ans, pourrait devenir en mai 2025 le premier Mauritanien, et le premier ressortissant sahélien, à diriger la Banque africaine de développement.
Il n’a pas le verbe haut, ni les habits de lumière. Pas de storytelling marketing, ni de promesses flamboyantes. Et pourtant, ceux qui le connaissent le savent : ce technocrate trilingue au pas mesuré est l’un des esprits les plus stratégiques du continent. Il ne court pas les plateaux télé. Il préfère les marges d’un accord financier bien ficelé, les équilibres subtils d’un budget d’État, la mécanique discrète d’une négociation arabo-africaine.
Sidi Mohamed Ould Tah, 61 ans, n’est pas un inconnu dans le cercle du développement en Afrique. Celui qui est aujourd’hui pressenti pour prendre les rênes de la Banque africaine de développement est un pur produit de la technocratie mauritanienne, avec une riche carrière à cheval entre Nouakchott et les institutions internationales. Né en 1964 à Mederdra, dans le sud-ouest de la Mauritanie, Sidi Mohamed Ould Tah appartient à cette génération de hauts fonctionnaires façonnés dans les règles de l’art : formation académique solide – doctorat en sciences économiques à Nice, DEA à Paris VII –, complétée par des programmes exécutifs à Harvard, à la London Business School ou encore au Swiss Finance Institute. La langue n’a jamais été une barrière : il parle couramment l’arabe, le français et l’anglais, et possède des notions de portugais et d’espagnol, des des atouts linguistiques pour évoluer avec aisance dans les milieux diplomatiques et financiers.
Son immersion dans les sphères économiques commence tôt. Il va occuper des postes de jeune expert en Mauritanie : d’abord à la Banque Mauritanienne pour le Développement et le Commerce (BMDC) en 1984-1986, puis comme analyste financier à la Commission de sécurité alimentaire . Rapidement, il gravit les échelons de l’administration : à 23 ans, il devient directeur administratif et financier de la mairie de Nouakchott (1987), avant de passer près de huit ans au port autonome de Nouakchott (Port de l’Amitié) comme conseiller du directeur général puis directeur de l’audit interne .
À partir de 1996, la carrière de Sidi Ould Tah prend une dimension internationale. Il rejoint cette année-là l’Autorité Arabe pour l’Investissement et le Développement Agricole (AAAID) basée à Khartoum, où il officie comme analyste financier jusqu’en 1999 . Repéré pour ses compétences, il intègre ensuite la Banque Islamique de Développement (BID) à Jeddah – institution financière multilatérale majeure du monde musulman – en tant que cadre chargé de la promotion des investissements, puis assistant technique auprès du président de la BID de 1999 à 2006 . Là, il affine ses compétences en financement structuré, apprend à naviguer dans les jeux d’influence interétatiques, et commence à tisser un réseau d’envergure dans les pays du Golfe et d’Afrique.
• Artisan du renouveau économique mauritanien En 2006, après plus de quinze ans passés hors du pays, Ould Tah est rappelé en Mauritanie pour servir le gouvernement. Il devient conseiller économique à la Présidence de la République, puis auprès du Premier ministre entre 2006 et 2008 . C’est une période charnière : la Mauritanie sort d’une transition politique et s’apprête à tenir des élections démocratiques (2007) suivies malheureusement d’un coup d’État (2008). En juillet 2008, quelques jours après la prise de pouvoir par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, Sidi Ould Tah est nommé ministre de l’Économie et des Finances dans le nouveau gouvernement . Il conservera, sous différentes appellations, le portefeuille économique durant toute la décennie suivante, devenant en 2009 ministre des Affaires économiques et du Développement – un super-ministère qui englobe la planification et la coopération internationale – poste qu’il occupera jusqu’en 2015.
À ce titre, Sidi Ould Tah est l’un des principaux artisans de la politique économique mauritanienne durant les années Abdel Aziz. Il pilote des réformes financières et budgétaires destinées à stabiliser le cadre macroéconomique (maîtrise de l’inflation, réformes fiscales) alors que le pays bénéficie du boom du minerai de fer. Il impulse également des projets d’infrastructures (énergie, routes, hydraulique) soutenus par les bailleurs de fonds. Ould Tah siège dans de nombreux conseils d’administration d’entreprises publiques et d’organismes stratégiques : il préside par exemple le Conseil national de la statistique et est secrétaire permanent du Conseil présidentiel pour l’investissement .
Parallèlement, en tant que ministre, il représente la Mauritanie auprès des grandes institutions financières internationales. Il rassure les bailleurs, signe avec le FMI, siège au conseil des gouverneurs de la Banque mondiale, de la BAD, de la BID.
Ces casquettes le conduisent à négocier des financements, à défendre les projets mauritaniens dans ces instances et à se constituer un carnet d’adresses haut placé (ministres africains des finances, dirigeants de banques multilatérales, etc.). Ses anciens collègues racontent qu’il savait “mettre à profit sa double culture arabo-africaine pour rapprocher les positions, gagner des soutiens tant à Riyad ou Koweït City qu’à Paris ou Washington”.
“C’est lui qui, face à la sécheresse du Sahel, mobilise l’aide alimentaire. Lui encore qui attire les financements chinois et arabes pour les routes, les centrales, les réseaux hydrauliques. Il n’a jamais été élu, mais chaque projet stratégique passait par notre bureau. Les diplomates le respectaient, les investisseurs l’écoutaient. La presse, elle, ignore presque tout de lui”, confie un ancien collaborateur. Ce passage au sommet de l’appareil économique national a assis sa réputation d’homme de dossiers.
• À la tête de la BADEA : un pont entre l’Arabie et l’Afrique En avril 2015, une nouvelle page s’ouvre pour Sidi Ould Tah lorsqu’il est élu président de la BADEA (Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique) . Cette banque, créée en 1973 par les pays de la Ligue arabe pour financer des projets en Afrique subsaharienne, est basée à Khartoum (Soudan) mais rayonne sur tout le continent. Son élection, à l’unanimité des gouverneurs arabes, est une consécration pour le Mauritanien : il devient le premier responsable d’Afrique de l’Ouest à diriger cette institution. Il prend ses fonctions en juillet 2015 , apportant dans ses bagages sa longue expérience de bilingue culturel entre monde arabe et Afrique noire.
À la BADEA, Sidi Ould Tah va laisser son empreinte. En une décennie, il redynamise l’institution, en modernise la gestion et élargit son portefeuille. L’un de ses coups d’éclat a été de quadrupler le capital de la BADEA, passé de 4,2 à 20 milliards de dollars, grâce aux contributions soutenues des actionnaires arabes (notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar). Cet accroissement de ressources a permis à la banque d’augmenter significativement ses financements en faveur de projets africains : routes, développement rural, énergie, PME…
Depuis sa création, la BADEA revendique avoir approuvé plus de 2 000 opérations dans 44 pays africains, pour un montant total supérieur à 15 milliards de dollars, dont 11 milliards ont été engagés sous la présidence d’Ould Tah. En dix ans, la banque a ainsi doublé le volume de financement qu’elle avait mobilisé au cours des quatre décennies précédentes, à travers le financement concessionnel, le soutien au commerce et les prêts souverains pour projets structurants.
Sous l’ère Ould Tah, l’activité s’est intensifiée, avec un accent sur la coopération Sud-Sud et le cofinancement aux côtés d’autres banques multilatérales (BAD, Banque mondiale, etc.). En 2024, la BADEA a franchi un nouveau cap avec le lancement d’un plan stratégique 2025-2030 doté de 18,4 milliards de dollars, orienté vers les infrastructures, le soutien aux PME et les investissements stratégiques. Ce plan s’inscrit dans une dynamique plus large portée par les bailleurs arabes. C’est également sous sa présidence que le Groupe de Coordination Arabe (ACG) – qui regroupe les principales institutions financières du Golfe – a annoncé une mobilisation de 50 milliards de dollars pour financer des projets de développement en Afrique, un tournant majeur dans les relations arabo-africaines.
“Il a également veillé à ce que la BADEA joue un rôle de pont entre les fonds du Golfe et les besoins africains, par exemple en finançant des études de faisabilité pour des projets susceptibles d’attirer des investisseurs arabes”, commente un cadre de la BADEA.
L’instabilité politique au Soudan depuis 2019, et surtout le conflit armé déclenché en 2023, a poussé la BADEA à transférer temporairement son siège à Riyad. Une opération sensible, que Sidi Ould Tah a menée sans interruption des activités. Il a su préserver l’unité du personnel, maintenir la confiance des États actionnaires et renforcer les outils digitaux de la banque.
Et quand la guerre éclate au Soudan en 2023, il prend une décision rapide et chirurgicale : le siège de la banque est transféré temporairement à Riyad. Une opération sensible, que Sidi Ould Tah a menée sans interruption des activités. “Son leadership discret mais efficace lui a valu la reconnaissance de ses pairs : il est régulièrement invité dans les forums économiques africains et arabes, et il a su conserver l’appui des poids lourds arabes grâce à sa gestion prudente”, confie un de ses proches lieutenants.
• Un homme de consensus porté par la « nouvelle Mauritanie » La trajectoire de Sidi Ould Tah épouse en filigrane l’évolution de la Mauritanie elle-même. Jadis pays marginalisé, la Mauritanie de 2025 bénéficie d’un regain de crédibilité sur la scène continentale, comme en témoigne le succès de la présidence de l’Union Africaine par le président Ghazouani. Sidi Ould Tah fait partie de cette génération de cadres mauritaniens qui profitent de l’aura diplomatique nouvelle du pays. Sa candidature à la présidence de la BAD n’aurait sans doute pas eu autant d’écho sans le contexte favorable créé par Nouakchott ces dernières années : stabilité intérieure exemplaire, diplomatie active, image de bonne gouvernance (illustrée par le classement RSF nº1 en Afrique pour la liberté de la presse ). En ce sens, Ould Tah est autant le produit que le vecteur de la montée en puissance de la Mauritanie dans les cercles panafricains.
Sur le plan personnel, ceux qui le côtoient décrivent Sidi Ould Tah comme un homme affable, à l’ego maîtrisé, qui privilégie le résultat au bruit médiatique. “Il s’exprime peu dans les médias internationaux – hormis pour promouvoir la BADEA – et a la réputation de faire consensus”, apprécie un banquier de développement, basé à Lomé. “Ni idéologue ni homme politique au sens partisan, il s’est toujours défini comme un serviteur de l’État et du développement africain. Cette posture apolitique est un avantage dans une élection à la BAD, qui requiert de rassurer l’ensemble des actionnaires et de s’élever au-dessus des rivalités nationales”, poursuit ce financier du développement.
Sidi Ould Tah s’est également construit un réseau d’alliances au-delà des cercles financiers. Sur le continent, il peut compter sur l’amitié de nombreux ministres des finances et gouverneurs de banques centrales qui l’ont côtoyé lors de réunions annuelles au FMI ou à la BAD. Il est proche par exemple de l’Ivoirien Adama Koné (ex-ministre ivoirien proche d’Alassane Ouattara) ou du Sénégalais Amadou Hott, également candidat, avec qui il a collaboré sur des initiatives régionales. On parle également du Béninois Serge Ekue qui dirige la BOAD. Dans le monde arabe, il bénéficie de l’estime de hauts responsables saoudiens, émiratis et koweïtiens de par son rôle à la BADEA. “Cet ancrage diversifié pourrait être déterminant pour recueillir les voix nécessaires à son élection”, souligne un journaliste qui suit de près la campagne pour la présidence de la BAD.
« Si Sidi Ould Tah était élu président de la BAD fin mai 2025, ce serait l’aboutissement logique d’une carrière dédiée à l’intégration financière de l’Afrique. Il a toujours défendu une vision structurée, pragmatique et inclusive du développement du continent », estime un haut responsable mauritanien. Au-delà du parcours individuel, cette candidature porte un poids symbolique. « Ce serait aussi un symbole très fort pour la Mauritanie : nous serions le premier pays sahélien à placer un de nos ressortissants à la tête de la Banque africaine de développement. C’est une reconnaissance. » Et surtout, un signal politique. Une victoire viendrait conforter la position géopolitique de la Mauritanie dans les instances régionales. « Cela consacrerait le rôle pivot que le pays entend jouer dans l’architecture du continent », résume ce même interlocuteur.
Qu’il l’emporte ou non, sa présence parmi les favoris confirme l’évolution du statut géopolitique de la Mauritanie, désormais capable de faire émerger des figures de leadership à l’échelle africaine.
Le Centre Socioéducatif et Culturel de l’ADVEM est une structure communautaire créée par l’Association pour la Défense de la Voix des Enfants en Mauritanie (ADVEM), dans le but de répondre aux besoins croissants d’encadrement, de formation, d’écoute et d’accompagnement des enfants, des jeunes et des familles dans les quartiers vulnérables, en particulier dans la commune de Riyad à Nouakchott.
Dans un contexte où les défis liés à l’éducation, à la pauvreté, à la marginalisation, au décrochage scolaire, à la violence et au manque d’espaces sûrs pour les jeunes sont omniprésents, le centre se positionne comme une réponse concrète, humaine et durable. Il constitue un véritable lieu d’accueil, d’espoir et de résilience pour celles et ceux qui sont souvent laissés pour compte par les structures publiques classiques.
Notre vision : Construire une société où chaque enfant et chaque jeune a la possibilité de s’épanouir, d’accéder à ses droits fondamentaux, de développer son potentiel et de contribuer activement au développement social, éducatif et culturel de sa communauté.
Notre mission : Offrir un espace ouvert, inclusif et dynamique qui favorise l’éducation, la culture, la formation, la participation citoyenne et l’autonomisation à travers des activités concrètes, participatives et adaptées aux réalités locales.
Axes d’intervention :
1. Éducation et accompagnement scolaire :
Cours de soutien pour les élèves en difficulté scolaire.
Alphabétisation pour les enfants non scolarisés et les femmes.
Sensibilisation à l’importance de la scolarisation, en particulier des filles.
Mise à disposition d’une bibliothèque communautaire.
Organisation de spectacles, de festivals et d’expositions pour valoriser les talents locaux.
Activités sportives encadrées pour renforcer l’esprit d’équipe et la discipline.
3. Développement personnel et citoyenneté :
Formations en leadership, prise de parole en public, développement de l’estime de soi.
Clubs de jeunes pour la promotion des droits de l’enfant, la culture de la paix et la citoyenneté active.
Espaces de dialogue intergénérationnel et de médiation sociale.
4. Appui aux femmes et aux familles :
Sessions de formation professionnelle (couture, artisanat, cuisine, gestion).
Accompagnement psychosocial des femmes victimes de violences.
Sensibilisation sur la santé maternelle, l’hygiène, les droits des femmes et la parentalité positive.
5. Plaidoyer et partenariats :
Actions de plaidoyer pour une meilleure prise en compte des droits des enfants et des jeunes dans les politiques publiques.
Collaboration avec les écoles, les ONG, les institutions étatiques et les partenaires techniques et financiers.
Implication des jeunes dans les processus décisionnels les concernant
Nos valeurs :
Solidarité : Nous croyons en la force du collectif et de l’entraide.
Équité : Chaque enfant, chaque femme, chaque jeune mérite les mêmes chances.
Respect : Des cultures, des personnes, des diversités.
Engagement : Nous travaillons avec passion pour des résultats concrets.
Participation : Les bénéficiaires sont au cœur de nos actions et décisions.
Impact et rayonnement : Depuis sa création, le Centre a accueilli des centaines d’enfants et de jeunes, organisé de nombreuses activités éducatives, culturelles et sociales, et formé plusieurs dizaines de femmes. Il a permis à de nombreux enfants de renouer avec la scolarité, à des jeunes de découvrir et développer leurs talents, et à des familles de se reconstruire dans la dignité.
Le Centre Socioéducatif et Culturel de l’ADVEM est bien plus qu’un simple lieu d’activités : c’est un foyer d’espoir, une fabrique de talents, un moteur de changement. Il incarne la vision d’une Mauritanie inclusive, solidaire et respectueuse des droits humains.
Sahara Médias – Les autorités mauritaniennes ont ouvert la porte aux ressortissants sénégalais pour enregistrer leur résidence pour une période d’un an renouvelable à partir de lundi prochain, a rapporté un correspondant de Sahara Media dans la ville de Rosso.
L’enregistrement de la résidence se fera par le biais d’un nouveau système biométrique, dans le but d’authentifier les déclarants par leurs empreintes digitales. L’ancien système en Mauritanie donnait aux Sénégalais une carte d’accès de trois mois, renouvelable.
Cette mesure intervient dans un contexte d’escalade de la question migratoire en Mauritanie, où les autorités procèdent à l’expulsion des migrants en situation irrégulière.
La Mauritanie et le Sénégal ont convenu de travailler à la libre circulation des personnes et de faciliter les conditions de résidence et de stabilité des citoyens des deux pays.
Cet accord a été conclu en marge de la visite du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko à Nouakchott à la mi-janvier.
Les deux parties ont convenu de mettre en place un cadre opérationnel pour faire face aux défis sécuritaires communs aux deux pays, notamment dans les domaines de la lutte contre la migration irrégulière et la criminalité organisée transfrontalière.
A cet égard, la partie mauritanienne soumettra, dans les meilleurs délais, un projet d’accord sur la migration à la partie sénégalaise.
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