● L’esclavage par ascendance au Mali : Les affrontements à Nematoulaye font un mort.

Il s’appelle Oumar KONATE originaire de la localité soninké Nematoumaye (Zone de Nioro, kingui). Militant anti-esclavagiste soninké affilié à l’association RMFP Gambana-Mali, il a succombé à ses blessures dans la nuit du 10 au 11 mai 2024 à Bamako. Paix éternelle à son âme. Nos fraternelles condoléances à ses proches.

Il était parmi les blessés lors d’un violent affrontement dans la nuit du 5 au 6 mai dernier aux environs de cette localité au sujet d’une occupation d’un endroit pour paître du cheptel. Selon le témoignage reçu d’un activiste abolitionniste soninké basé à Bamako, les affreusements passés tirent leur origine d’un mépris social lié aux assignations féodalo-esclavagistes.

L’engagement militant anti-esclavagiste gambana a été reproché au défunt Oumar KONATE de la part d’éléments issus du camp réactionnaire. Ces derniers ne voulaient pas laisser monsieur KONATE construire son gîte pour surveiller ses animaux domestiques. Ainsi se serait déclenchée bagarre violente avec fusillade et armes blanches blessés , le défunt était atteint à la tête avec une hache et il finit par succomber à ses blessures. Il faut noter que des blessés sont à déplorer également parmi les assaillants réactionnaires, selon une source ayant suivi les événements depuis Bamako. La source laisse entendre que 7 suspects seraient aux arrêts à la suite des affrontements.

Encore une fois, les autorités maliennes si promptes à un regain revendicatif d’une digne souveraineté à recouvrer, tardent à contenir sérieusement les comportements criminels liés à l’esclavage coutumier qui sévissent dans certaines zones rurales notamment chez les milieux soninkés.

Depuis 2020, Oumar KONATE est la septième victime en milieux soninkés à perdre la vie à cause des violences perpétrées liées à l’esclavage par ascendance. Il faut le rappeler, Diandioumé (5 morts, Mountagha Diarriso,  Hamet Sissoko, Youssou Sissoko, Gossi Sissoko et Sokhna Diakhité) , Lany (1, Diogou Sidibé) et aujourd’hui Nematoumaye (Oumar KONATE). On peut ajouter les milliers de personnes déplacées ou chassées de leurs villages pour refus de ses sinistres coutumes esclavagistes.

Trop, c’est trop.

KS pour le BLOG

● Mauritanie : RSF dénonce des violences policières contre trois journalistes

Trois journalistes ont été pris à partie par la police alors qu’ils couvraient une manifestation organisée par des médecins à Nouakchott, la capitale mauritanienne. Parmi eux figure le correspondant de Reporters sans frontières (RSF), Saleck Zeid, aussi journaliste et directeur du site d’information Taqassy. L’organisation dénonce ces entraves et appelle le gouvernement à garantir la sécurité des journalistes.

Au moins trois journalistes ont été empêchés de couvrir un rassemblement organisé par des médecins de Nouakchott mardi 7 mai.

Le photographe de l’Agence de presse indépendante Alakhbar, Mohamed Ould Islam et le directeur du média d’investigation Taqassy et correspondant de RSF dans le pays Saleck Zeid, ont été violentés par les forces de l’ordre. Selon leurs propos recueillis par l’organisation, leurs téléphones et appareils photos ont été confisqués pendant plusieurs heures avant de leur être restitués.

« Les journalistes doivent pouvoir couvrir des rassemblements sans crainte d’être pris à partie par les forces de l’ordre. Leur mission d’informer doit être protégée, non entravée. RSF constate plusieurs épisodes de violences policières contre les journalistes et les photographes de presse ces derniers mois. Cette situation doit cesser et les autorités mauritaniennes doivent non seulement garantir aux journalistes leur droit de travailler sans craintes et faire de leur protection une priorité absolue. »
Khaled Drareni
Représentant de RSF en Afrique du Nord

« La police ne fait aucune distinction entre manifestants, journalistes et photographes. La mission de la police est de maintenir l’ordre et celle des journalistes est de couvrir l’actualité sur le terrain. Des directives urgentes doivent être émises par le gouvernement à l’adresse des forces de l’ordre pour mettre fin aux entraves contre les journalistes qui font leur travail. Ces attaques portent atteinte à la liberté de la presse.« 
Saleck Zeid
Journaliste et correspondant de RSF en Mauritanie

Alors que la Mauritanie a progressé dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2024 de RSF, en raison d’améliorations sur le plan légal et politique notamment, l’organisation enregistre ces derniers mois plusieurs cas de violences policières lors de manifestations et d’entraves.

En mars dernier, Mohamed Amine Abdouni et Mohamed Amine Othmane, journaliste et caméraman de l’agence de presse AlMoustakila, ont été frappés et empêchés de couvrir une manifestation étudiante par la police à Nouakchott. Deux mois auparavant, en janvier, la police mauritanienne a confisqué le téléphone du journaliste de l’agence de presse Al-Akhbar, Aldjid Mohamed Aïssa, alors qu’il filmait une manifestation d’étudiants à Nouakchott.

• Lien média https://rsf.org/fr/mauritanie-rsf-d%C3%A9nonce-des-violences-polici%C3%A8res-contre-trois-journalistes?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR0QVhiBZTXZeKp-u3Gk4m13DZHzStm74EET1utSvKSEz_KVoRf5tVx3I7s_aem_Ab21eNG50gt4B7ex0iY7GAmzmCkuLhdOt0rIVnhw8CMJZpQQ50HtNNFsimuH-xa6pu-_CxziP5yZcVCcxnUyabPT

● Centre Hospitalier de Selibaby : manque de poches de sang, c’est de mal en pire [L’information.net]

Le Guidimagha est marqué par une faible couverture des services essentiels de qualité en matière de santé depuis des années. Malgré une couverture sanitaire relativement existante sur l’étendue du territoire régional, on déplore la qualité des services dans les structures de santé aussi bien à l’intérieur de la région qu’à la capitale régionale Selibaby.
L’Etat a mobilisé des fonds ces dernières années pour l’amélioration des services de santé, mais les conditions restent toujours déplorables.
En effet, les structures de santé manquent de matériel et d’équipements alors que l’on sait que la santé passe tout.
Les populations de la région ne disposent que d’un hôpital régional qui fonctionne à son rythme. Les malades sont souvent évacués dans ce centre pour avoir des meilleurs soins, malheureusement, l’on constate les fondamentaux et le minimum en matière d’accès aux soins de santé n’y sont pas.
Le 06/05/2024, une patiente a été transférée d’une structure de santé de l’intérieur au centre hospitalier de Selibaby pour cause d’anémie sévère. A savoir que l’anémie survient quand il n’y a pas assez d’hémoglobine dans le corps pour transporter l’oxygène vers les organes et tissus.
Malheureusement à son arrivée, et après les premiers soins et analyses, on lui confirme sa situation d’anémie avant de demander de chercher des donneurs de sang. Dans cette situation, les parents du malade ont remué ciel et terre pour trouver quelques donneurs de sang.
Après un appel incessant, quelques bonnes volontés se sont rendues à l’hôpital pour rendre service. C’est ainsi qu’après le passage de deux volontaires, au tour de la troisième personne, on informe qu’il n’y a plus de poches de sang.
Oui, l’information est de taille, il n’y a plus de poches de sang dans un centre hospitalier régional pour les donneurs de sang ces derniers temps, par conséquent, ce qu’on appelait urgence anémiée doit attendre que les poches viennent de quelques parts, peut-être de Nouakchott. Quand ? on ne sait pas. On est en droit de se demander, si le seul centre hospitalier du Guidimagha est  un lieu des soins ou de rafistolage avec les patients.
Si l’on manque de poches de sang qui sont aussi essentiels dans le fonctionnement élémentaire et logique d’une structure régionale, y’a-t-il pas d’autres manquements graves qui mettent en danger la vie des patients.
S’agit –il de négligence, de mauvaise gestion ou de manque véritable de stocks depuis Nouakchott !? Le troisième cas étonnerait.
Il est à noter que dans le cadre de l’amélioration de la qualité des soins, l’Etat a construit un hôpital qui n’est pas encore inauguré. Espérons qu’avec l’ouverture de cet hôpital, les services d’accès aux soins de santé seront plus qu’améliorés. En attendant, les populations ont besoin d’une prise en charge de qualité des patients au sein de l’hôpital. Une réorganisation et un renforcement en équipements et matériel s’imposent pour répondre aux besoins de premier plan en matière sanitaire.


Sneiba

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● Présidentielle 2024 : « les mauritaniens aspirent à un changement systémique », déclare Samba Thiam (FPC)

Le Calame – Les forces patriotiques du changement (FPC), parti non reconnu par les autorités mauritaniennes a officialisé son soutien au candidat, à la présidentielle de juin prochain, M. Biram Dah Abdeid. La cérémonie s’est déroulée, ce mardi midi au siège dudit parti, à Sebkha.

Dans un mot qu’il a prononcé à cette occasion, en présence du candidat, le président des FPC, M. Samba Thiam, après s’être réjoui de la présence de Biram Dah Abeid, du président du parti RAG, M. Oumar Ould Yaly, de leurs militants et sympathisants aux côtés de ceux des FPC, a expliqué que le choix de son parti découle d’une réflexion longuement murie, basée sur des critères de légitimité et de popularité du candidat Biram.

« La Mauritanie est à un tournant historique, les mauritaniens aspirent à un changement systémique et seul le candidat Biram incarne ce changement », dira M. Thiam qui a ensuite indiqué que la décision de son parti a été difficile mais qu’elle demeure juste. « Aucune décision ne peut faire l’unanimité dans une organisation politique ou autre, celle des FPC n’a pas échappé à la règle, mais, la direction du parti a ainsi décidé et assume son choix », selon lui.

Poursuivant son propos, Samba Thiam a tenu à rappeler que le compagnonnage des FPC et de Biram date de 2011, mais que pour des pesanteurs et réticences de tous les côtés et obstacles du pouvoir, il n’a pas pu se concrétiser ; « cette alliance s’impose dans la mesure où les deux partis combattent contre un même système qui marginalise les négro-mauritaniens et les Haratines », a déclaré le président des FPC qui reconnaît qu’il y a « chez des arabo-berbères des hommes honnêtes, patriotes et des victimes de la pauvreté mais qu’ils profitent tous du système en place. »

A la question de savoir pourquoi, les FPC ne soutiennent pas le candidat de l’AJD/MR, le président Thiam explique que « la politique n’est pas une question de sentiment ou d’émotion, que les FPC sont conscients que sans une alliance avec les partis anti système ou avec ceux qui aspirent au changement du-système, on ne réussira pas à débarrasser la Mauritanie des généraux qui usent et abusent du pouvoir depuis des décennies. »

Intervenant à son tour, le candidat Biram s’est félicité du soutien des FPC, il a salué la jonction des victimes du système qui régente le pays et dit espérer qu’elle va créer une dynamique et conduire les autres partis de l’opposition à rejoindre sa candidature. Pour Biram, sa candidature reste la seule capable de sortir le pays de l’impasse actuelle, de le débarrasser des injustices, de l’esclavage et de la pauvreté.

Répondant à la une question relative aux parrainages et aux obstacles dénoncés par les autres prétendants à la présidentielle lors d’une conférence de presse, tenue le 4 mai et à laquelle il était absent, le candidat Biram explique que « les entraves de l’administration sont réelles mais qu’il reste optimiste pour dépasser cette étape, dans le cas échéant, nous aviserons ».

Il a ensuite justifié son absence à ladite conférence de presse pour protester contre l’action de sape des amis de l’ancien président Aziz qui tentent de saborder le travail de la CVE qui avait permis de créer une dynamique visant à fédérer les différents prétendants autour d’un candidat unique.

« Nous ne nous battons pas contre Ghazwani pour réinstaller Ould Abdel Aziz et inversement ; nous avons un autre objectif, à savoir, sortir la Mauritanie des injustices, de l’exclusion et de la pauvreté », dira-t-il. Biram n’exclut pas une reprise rapide de la dynamique mise en place par les prétendants de l’opposition à la présidentielle.

Relativement à une autre peau de banane sur son chemin, suite à une plainte portée contre lui par le président de l’UFP et qui a conduit à la levée de son immunité parlementaire, le candidat Biram affirme que quelqu’un qui mène le combat qu’il mène ne peut pas flancher, « il doit rester debout et fort, je suis dans cette posture », a-t-il conclu.

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● Le ministre de la Défense : « le Mali a entamé la mise en place d’un plan destiné à éviter tout débordement à l’intérieur des frontières mauritaniennes »

Saharamédias – Le ministre mauritanien de la défense, Hanena Ould Sidi, a déclaré que les autorités maliennes ont mis en place des plans solides pour éviter toute nouvelle intrusion en territoire mauritanien.

Ould Hanena s’exprimait lors d’une visite dans des villages relevant des moughatas d’Adel Begrou et Bassiknou, situées à la frontière avec la République du Mali en compagnie du ministre de l’Intérieur.

Le ministre a rappelé que les relations mauritano-maliennes ont été édifiées par des générations dans des circonstances difficiles et ont été préservées depuis longtemps.

Il a indiqué que le président mauritanien a envoyé une lettre à son homologue malien relative à la sécurisation des citoyens mauritaniens sur le territoire malien tout comme les citoyens maliens en Mauritanie.

Il a souligné que l’Etat du Mali connait des troubles sécuritaires récurrents, d’où la nécessité de la prudence et l’éloignement des zones de conflit, réaffirmant cependant que les forces armées mauritaniennes sont capables de préserver l’intégrité territoriale du pays et de protéger les citoyens et leurs biens promptement et efficacement.

Les unités militaires mauritaniennes sur la bande frontalière seront renforcées dans un proche avenir, a-t-il ajouté, notant qu’elles sont prêtes et disposées à défendre les citoyens et leurs biens sur le territoire territorial.

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🔴Remous frontaliers Mauritanie 🇲🇷/Mali 🇲🇱 | Sur TikTok, arrogance et haine mal placées de certains utilisateurs !

Il faut le rappeler d’emblée, un voisinage paisible entre 2 pays partageant un tracé frontalier de plus de 2 mille kilomètres est une louable situation à sauvegarder et consolider impérativement par/pour les 2 parties. Les rivages de cette frontière sont habités par quasiment les mêmes groupes sociolinguistiques (par exemple pour les soninkés dans la région de kayes accolée au Guidimagha mauritanien…). Lors de l’embargo Cédéao contre le pouvoir malien, la Mauritanie s’est clairement positionnée en gardant intacts ses liens politiques et commerciaux sans aucune influence extérieure, à lire davantage https://futureafrique.net/node/17113. Les données politiques et sécuritaires du Mali sont marquées par d’innombrables turbulences (rébellions, terrorisme, coups d’État…) depuis plus d’une décennie, et un pays qui y est très proche territorialement comme le nôtre ne peut aucunement se réjouir d’une telle instabilité étatique tout près. Ainsi dire, les derniers remous frontaliers du flanc Est doivent être traités avec responsabilité  et retenue de part et d’autre par les autorités respectives. Ce qui semble être le cas ces derniers temps avec une navette croisée des hauts représentants étatiques mauritaniens et maliens pour discuter et clarifier selon les bonnes pratiques diplomatiques entre peuples frères.
Notre modeste plaidoyer par ce billet s’inscrit dans cette donne . Par conséquent, toutes les provocations belliqueuses porteuses d’une sinistre dose haineuse qui est distillée par certains hâbleurs dans les réseaux sociaux, sont à dénoncer vigoureusement. Ces dernières heures, j’ai été brièvement témoin d’un Live TikTok autour d’un débat titré sous ces mots « Mauritanie, dernier bastion de l’esclavage », et en voulant contribuer avec mes réserves sur l’hystérie discursive à sens unique de certains intervenants (maliens principalement selon la teneur de leurs dires..  et soninkés pour certains), la mission m’a été rude. Certains propos fourre-tout indexant la Mauritanie sur la problématique de l’esclavage ont été d’une orientation malhonnêtement exagérée et gravement biaisée. Sans relativisme aucun, ils entendent racialiser la problématique de l’esclavage, en substance pour certains « des arabes seraient (ultra-minoritaire) les méchants esclavagistes sur la majorité composée des populations noires ». Et que les pouvoirs publics ne feraient rien pour changer cette situation, et en essayant de leur expliquer que la problématique est trans-communautaire comme au Mali (en citant des affaires liées à la question dans la région de Kayes, notamment dans la communauté soninké), j’ai été assailli par leurs excitations acerbes. Pour eux, le débat concerne la Mauritanie, et je serais hors sujet par mon angle d’intervention. J’ai pu répondre dans un brouhaha que la Mauritanie a des lois contre l’esclavage et que la pratique du phénomène est relevée comme un crime contre l’humanité. En précisant que l’application de l’arsenal juridique en vigueur n’est pas encore effective. J’espérais continuer en vain pour notifier qu’au Mali une loi anti-esclavagiste proprement dite est en souffrance depuis de nombreuses années.
En sourdine, il est évident qu’ils sont motivés par une vision raciale voire raciste par rapport aux événements frontaliers entre les 2 pays. À mon sens, Il s’y prennent abusivement par ce biais bien manipulable et manipulé. Notre pays traîne des problématiques politiques liées à la gouvernance et à la cohabitation entre les composantes nationales, mais en faire une exploitation simpliste par un mélange haineux de ce genre, est inacceptable. Toutes proportions gardées, les chroniques secousses politico sécuritaires du Nord Mali ne peuvent être mis au crédit d’une nuisibilité qui viendrait du territoire mauritanien. Toute la Mauritanie politique et sociale n’a pas à être stigmatisée par une fâcheuse et bouffonne imposture analytique.

Que nos hautes autorités (maliennes et mauritaniennes) retrouvent la voi(e)x de la sagesse et de la sérénité afin d’éviter tout débordement conflictuel qui ne ferait que des perdants à coup sûr.

Vive LA PAIX!

KS pour le BLOG


📷 photo 2 avec un militant abolitionniste malien de l’ONG Temedt rencontré à Bamako en octobre 2021.

● Le ministre de l’Intérieur appelle les Mauritaniens à éviter d’entrer au Mali

Taqadomy – Ce dimanche, le Ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Mohamed Lemine, a appelé les Mauritaniens à éviter d’être présents à l’heure actuelle sur le territoire malien, « compte tenu de la situation sécuritaire que connaît le pays. »

Ould Mohamed Lemine a déclaré lors d’une rencontre avec les habitants d’Adel Bagrou que la Mauritanie n’a aucun problème avec le Mali, rappelant que la Mauritanie a ouvert ses frontières pendant la période du siège infligé par la CEDEAO aux autorités de transition après le coup d’Etat.

Il a affirmé aux habitants que, « depuis l’indépendance, la coutume administrative de part et d’autre ne jugeait pas nécessaire la démarcation des frontières. Si bien qu’il y a des villages mauritaniens en territoire malien et vice versa. Et cela ne posait pas de problème », a-t-il déclaré.

Il a indiqué que l’Etat du Mali connaît une transformation sécuritaire et un manque de stabilité. « Le Mali reste un voisin et les relations historiques doivent être préservées », notant que la sécurité du citoyen dans son espace territorial est du ressort de l’Etat. Mais, lorsqu’il se trouve dans autre État, alors sa sécurité dépend de cet État », selon ses termes.

Il a souligné que le niveau des mesures à prendre ne peut être une intervention sécuritaire ou militaire dans un pays voisin, rappelant la voie diplomatique empruntée par la Mauritanie tout au long de la crise.

Il a dit que, dans son entretien avec le Président de la transition au Mali le Président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani a assuré Assimi Goïta de la présence de milliers de Maliens en toute sécurité en Mauritanie et lui a demandé d’assurer la sécurité des Mauritaniens au Mali.

Les ministres de la Défense et de l’Intérieur se sont rendus dans la région frontalière entre la Mauritanie et le Mali pour rencontrer des citoyens, après que des membres de l’armée malienne et de « Wagner » ont envahi et attaqué des villages habités par des Mauritaniens.

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● L’éditorial OndeInfo | Épargnez-nous une guerre contre le voisin malien

Ça fait plus de quatre décennies que la Mauritanie sortait d’une guerre.
La Guerre du Sahara des années 70- 80, le premier conflit armé auquel la Mauritanie s’est engagée au lendemain de son accession à l’indépendance, le 28 novembre 1960.
Du moins, une guerre que nos Autorités d’alors nous ont fait faire et subir sans nous consulter. C’était la guerre des Autorités des entités contre les deux peuples : mauritanien et sahraoui unis par la terre, le sang, la religion etc.

Une guerre pour rien qui a décimé notre vaillante armée multiethnique et professionnelle, une armée-nation; et dont les derniers survivants ont été exécutés ou poussés à l’exil par une autre guerre, plus subtile fabriquée depuis les laboratoires étrangers des États Arabes du Golfe : pudiquement appelé, les événements de 90.

La guerre contre le Polisario, cette foutue guerre, elle cache encore beaucoup de zones d’ombre. On n’en sait peu de ce conflit.
Des morts dont on parle peu, des patriotes envoyés à la mort pour défendre une cause absurde.
Cette guerre, qui porte certainement la signature des origines lointaines des tristes événements de 89, 90 et 91 aura fragilisé, fragmenté l’armée nationale, promu des hommes par défaut en lieu et place des plus méritants tombés sur le champ de bataille. Elle aura dès lors donné des idées à certains rescapés : la cruauté, le racisme, l’hybris du pouvoir qui s’est traduit par la quête du pouvoir politique : le coup d’État de 1978.

Guerre contre le voisin du Nord, du Sud et maintenant ça menace à l’Est.

Alors que la Mauritanie se remet difficilement des conséquences de la guerre du Sahara, et celles avortées contre le Sénégal, transformée en une chasse contre les populations Noires de Mauritanie, à jamais traumatisée, voilà que les autorités tiennent depuis quelques temps des propos va-t- en- guerre contre le voisin malien, déjà empêtré dans la nébuleuse terroriste et au bord de la partition.

Cette guerre est à éviter pour l’histoire d’autant plus que le président Ould Ghazouani assure en ce moment, la présidence de l’Union Africaine.

Le temps des guerres avec nos voisins doit être révolu. Nous sommes à une époque où la diplomatie est une arme redoutable plus efficace que toutes armes de destruction massive.
Le Mali a besoin d’être soutenu dans cette épreuve difficile qu’il traverse pour recouvrer sa souveraineté.
Que dit l’islam du voisinage ?
Pensez aux liens historiques, linguistiques, culturels, familiaux, aux brassages et échanges multiformes entre la Mauritanie et le Mali.
Une fois encore ne nous faites pas embarquer dans l’inconnu. Si l’on connaît toujours quand est-ce qu’ un conflit commence, il est presque impossible de prévoir sa fin et son dénouement ?

« La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas ». Paul Valéry
« La guerre, certains la décident et d’autres la subissent ».
Taha-Hassine FERHAT

A y réfléchir !

Seyré SIDIBE

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● Frontière Mali: Gouverneur Hodh El Charghi : «La Mauritanie est prête à répondre à toute attaque ou provocation…»

Senalioune – Les violations par l’armée malienne et le Groupe Wagner des frontières terrestres mauritaniennes à l’est du pays continuent de susciter à la fois désapprobation et inquiétude parmi les Mauritaniens, sur fond d’exigences pour mettre fin à toutes les provocations auxquelles les citoyens sont exposés.

La Mauritanie a annoncé la formation de comités pour rendre compte des pertes survenues suite aux récentes transgressions de Wagner et de l’armée malienne contre les villages de l’est du pays, a fait savoir par la voix du gouverneur de la Wilaya du Hodh El Chargui, Islam Ould Sidi.

Il a souligné que la Mauritanie est capable de protéger ses frontières et ses citoyens, et qu’elle est prête à répondre à toute attaque ou provocation, mais qu’elle préfère traiter avec sagesse et calme ce qui se passe actuellement à la frontière malienne.

Il a également souligné que l’armée est prête à faire face avec fermeté à toute nouvelle violation de la frontière.

Au cours des dix dernières années, plus de 50 Mauritaniens ont été tués par les tirs de l’armée malienne à la frontière commune entre les deux pays, et des dizaines d’autres ont été victimes d’arrestations arbitraires et de confiscations de voitures et de bétail.

Au milieu de ce mois, une force de la milice russe Wagner travaillant avec l’armée malienne est entrée sur le territoire mauritanien, plus précisément à la frontière sud-est, et a pris d’assaut les villages de Dar Al-Naim et Mad Allah.

Moustapha Sidiya

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● L’éditorial OndeInfo |  Mauritanie, présidentielle de juin : les dessous de la flopée de candidatures

La fonction présidentielle a été tellement banalisée sous nos tropiques, à l’image de nos institutions qui sont devenues pour l’essentiel des coquilles vides. Si bien que n’importe qui peut prétendre briguer la magistrature suprême. Nous sommes certes en démocratie, le jeu est en théorie ouvert mais il y a des critères qui doivent prévaloir pour le profil et le casting des candidats.

Il suffit d’observer la flopée des candidatures en Mauritanie pour en avoir le coeur net. Cette mauvaise pratique démocratique est largement en vogue sur le continent. Cette banalisation de la fonction suprême est loin d’être un signe de bonne santé démocratique. C’est plutôt, une espèce de désordre créée pour divertir et profiter de la stratégie bien connue : diviser pour mieux régner par une fraude souvent intelligemment et savamment orchestrée.

Cette pléthore de candidatures n’est qu’ une extravagance démocratique notamment lorsque vous comparez le nombre d’habitants du pays, au nombre d’éleveurs inscrits sur la liste électorale, nombre de partis politiques d’une part et le nombre de candidats en compétition pour la présidentielle, d’autre part. Résultat : cette configuration est incohérente, déséquilibrée disproportionnée et asymétrique.

Il s’agit d’un indicateur, parmi d’autres qui montrent que notre démocratie est mal en point ; des signes qui présagent d’une volonté de manipuler les résultats. Une manière de programmer la fraude surtout de la faire accepter dans les esprits.

En effet, cette déferlante de compétiteurs n’est pas forcément suivie par l’organe en charge de la préparation des élections. En d’autres notre CENI, qui n’est pas lavée de tout soupçon de fraude, d’incompétence et de manque d’indépendance – allégations et craintes exprimées par des politiques et la société civiles sur sa gestion des élections législatives, régionales et communales de mai 2023-, est-elle sérieusement préparée à une présidentielle avec autant de candidatures ?

Ce foisonnement de candidature contribue sans doute à l’émiettement des voix et des votes. Ce qui peut fausser la vérité des urnes à travers l’augmentation exponentielle du taux de votes nuls notamment chez les électeurs analphabètes, soit la majorité des électeurs mauritanien.
Si la démocratie est le pouvoir de la majorité par les urnes, on est alors loin du compte.
La majorité sera alors lésée, et aura tout simplement manqué ce rendez-vous citoyen plus que déterminant.

Dans le contexte qui est le nôtre, cette avalanche de candidatures met au grand jour le talon d’Achille de notre démocratie, de la démocratie africaine le vote tribal, identitaire, racial etc.
Finalement, peu importe les projets des candidats. Or, pour vaincre les inégalités et pour ériger un État mauritanien juste pour tous, il faut choisir la candidature de celui dont le combat et les valeurs qu’il porte expriment les préoccupations existentielles des Mauritaniens, soit l’écrasante majorité.

Candidatures identitaires : les trouble-fêtes de la présidentielle

Comme l’affirme le dicton français : « Une hirondelle ne fait pas le printemps ».
Ce raz-de-marée de candidatures est une volonté de créer la discorde entre les citoyens, devant en principe défendre les mêmes intérêts afin qu’ils ne puissent pas s’entendre sur l’essentiel et accorder les violons.
C’est somme toute la crainte du pouvoir qui soutient et facilite la candidature des outsiders au détriment de véritables challengers .
Cette fibre identitaire semble marcher à tous les coups face à une opposition dont le trait de caractère le plus prononcé reste l’orgueil et le narcissisme.
Ces candidatures de la désunion font éclater l’élan patriotique des citoyens mus par le désir ardent de changement en faisant fi de pêchés de notre république : l’origine sociale, la race, la tribu, la langue et même la région.
Ce type de candidats entend affirmer par leur participation à la présidentielle, leur appartenance et celle des siens contestée en d’autres circonstances à la république, l’authenticité de leur nationalité.
Comme si le simple fait de participer à une élection présidentielle perdue d’avance était suffisant pour solder la question de la citoyenneté effective pour une partie des Mauritaniens.
Ce profil est celui d’une candidature de prestige, portée un opposant au régime obnubilé par le vote et l’électorat ethniques qui fait cavalier seul contre vents et marées. Ses rapports avec le pouvoir peuvent être distants ou douteux.

Candidatures satellites : les subordonnées du pouvoir

C’est une identité politique peu recommandable peu soucieuse de l’éthique devenue la caractéristique principale de certaines formations politiques pour freiner l’éclosion démocratique, une réalité de notre microcosme politique depuis plusieurs décennies.
Ces partis satellites sont une duplication, une duplicité du pouvoir pour jouer les infiltrés au sein de l’opposition.

En effet, le pouvoir a besoin de « l’information politique » pour mieux diviser, conditionner, réprimer ou récompenser afin d’arriver à ses fins.
Tapis au sein de l’opposition, ces candidats issus des partis satellites jouent et cachent jusqu’à la perfection leur double appartenance.
Ils ne cherchent pas le pouvoir. Ils ont pour mandat de rapporter, de créer la diversion pour retarder pour tuer l’élan d’émancipation du peuple à travers l’opposition véritable.

Séparer le bon grain de l’ivraie

Cela doit être le rôle des intellectuels, la société civile, l’opposition, la famille, les leaders d’opinions désireux d’un changement en profondeur de la gouvernance en Mauritanie.
Les Mauritaniens de tous bords doivent à l’unisson se départir de leurs divergences ou complexes pour soutenir une candidature unique, celle du peuple, du prolétariat et non de la bourgeoisie et de l’oligarchie.
Pour montrer que les autres mauritaniens aussi ont droit au chapitre, à la fonction présidentielle.

Il s’agit de voter utile pour sanctionner les candidatures satellites et de subordination dont se sert le pouvoir pour fragiliser les véritables adversaires politiques et ainsi se positionner ou repositionner selon les éventuels cas de figures.

Seyré SIDIBE

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