● La CENI tient des réunions de coordination avec les représentants des candidats à la présidentielle

Rimnow – La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a lancé des réunions de coordination avec les représentants des 7 candidats officiels à l’élection présidentielles de juin prochain, 24 heures seulement, après avoir reçu jeudi, de la part du Conseil Constitutionnel, la liste définitive des candidats retenus.

Ces rencontres ont discuté des mécanismes permettant de contrôler étroitement le déroulement du cycle électoral, dans le but de préparer de présidentielles transparentes et équitables.

La CENI a confirmé à cette occasion, la poursuite de réunions similaires dans les prochains jours pour garantir l’organisation d’élections transparentes, libres et équitables.

• Lien https://cridem.org/C_Info.php?article=775138

● Lettre ouverte aux candidats de l’opposition | Par Dr. Mouhamadou Sy



Honorables et distingués destinataires,

Permettez moi de ne pas passer par les rappels peu pertinents et les déclarations encombrantes, pour ainsi aller droit au but.

Cette note est un appel désespéré à une unité de candidature, à s’entendre sur une voix qui sera portée par une de vos personnalités respectées dans une volonté d’alliance de la part de tous. Nous parlons bien d’une forme de coalition qui, s’il le faut, passera par le désistement de tous sauf un, à savoir le candidat sur lequel vous tomberez d’accord. En plus d’être une réclamation vers laquelle la voix populaire converge peu à peu et de plus en plus fortement, ce scénario est soutenu par des considérations purement objectives et rationnelles.

Car une chose relève d’une certitude presque mathématique (et j’aimerais bien me tromper sur ce point): Si vous y allez tous, vous perdrez tous! Et, non seulement vous perdrez, mais vous perdriez dans une relative insignifiance. Et ce n’est ni être pessimiste, ni être défaitiste, et encore moins être un oiseau de mauvaise augure que de l’affirmer. Vous allez en effet vous obstruer le chemin les uns les autres; car vous empruntez bien un chemin commun. Et par la force des choses, vous vous livrerez à une lutte intestine inévitable, menée par vos lieutenants locaux respectifs; vous vous bloquerez la route dans le désir dont chacun de vos camps sera naturellement animé d’avoir l’avantage sur le reste. Et tout cela, vous le ferez sur la moitié de l’autoroute qui vous sera disponible dans toute son étroitesse; l’autre étant occupée par le convoi du pouvoir chargeant déjà toute la masse acquise à sa cause notamment par des voies bien connues du clientélisme électoral dont il semble jusque là détenir l’ultime secret du fonctionnement.

L’enjeu capital d’une présidentielle mauritanienne est de forcer le parti au pouvoir à un second tour. Ce qui reste un fait d’une grande rareté dans l’histoire électorale du pays. Étant donné le mécanisme décrit ci-dessus, les chances d’y parvenir sont objectivement moindres dans la configuration actuelle, en dehors même des irrégularités du processus à prévoir.

Cependant, vous avez une possibilité sans faille d’acquérir cet objectif en coupant l’herbe sous le pied du pouvoir et choisissant de jouer le deuxième tour au premier tour: c’est ce que l’unité de candidature permet justement de faire. Dans une telle option, vous avez des chances de gagner incomparablement meilleures que celles actuelles; et s’il arrivait que les urnes vous donnent perdant, votre résultat n’en serait en aucun cas similaire au score habituel du candidat malheureux; celui-là qui n’a jamais encore pu faire de son détenteur une force d’opposition prépondérante. Ainsi, votre hypothétique coalition serait, même dans le cas défavorable, en mesure de constituer une force politique conséquente capable de redonner espoir au peuple qui souffre, et de dynamiser les aspirations au changement. Le bilan prévisionnel est donc simple à formuler: Réunis, vous êtes sûrs de gagner – le pouvoir ou la force suffisante à le contrer. Dispersés, vous perdez immanquablement et repartez dépourvus de toute capacité populaire à bâtir un pôle d’actions politiques significatif.

Je mesure parfaitement vos gigantesques investissements personnels respectifs. Je comprends les aventures et les attentes. Mais je fais aussi confiance en vos capacités à faire preuve de réalisme et d’abnégation, et à vous dépasser au bénéfice du bien commun imposé par la situation.

Si je vous écris aujourd’hui, à cinq semaines du jour des urnes, c’est bien par obligation. Je me sens, à l’instar de ces milliers de concitoyens, obligé de vous interpeller. À ce jour précis et ce jusqu’au matin du vote, plus qu’au pouvoir et au système régulièrement dénoncé, les commandes du changement vous appartiennent. Vous pouvez choisir de les utiliser à bon escient, tout comme vous pouvez vous inscrire dans le traditionnel sabordage des opportunités dont les conséquences se résument à des protestations postélectorales assorties d’atteintes physiques et d’arrestations sur des manifestants.

Que ferez-vous de ce pouvoir que vous tenez déjà entre vos mains ? Allez-vous prendre la décision rationnelle qui s’impose, loin des considérations personnelles secondaires? Oserez-vous donner au peuple la chance de pouvoir enfin agir significativement à partir de l’isoloir? Saisirez-vous cette opportunité de réaliser un tel événement historique? Nous sommes nombreux à compter sur votre sagesse.  

Veuillez s’il vous plaît recevoir mes salutations distinguées.

Vendredi 24 Mai 2024

Dr. Mouhamadou Sy

● Paris | Une journée à la Semaine Africaine de l’Unesco.

Jeudi 23 mai 2024, deuxième journée de la Semaine Africaine ouverte à l’Unesco (Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture). À Paris, à la Place de Fontenoy 75007, s’y tient cette édition d’un riche événement qui met à l’honneur des Cultures Africaines. Notre Blog y consacre pour vous cette visite photo-reportage. Un parcours d’exploration dans les allées et les locaux, qui a été facilité par un frère, ami et compatriote mauritanien Dr Ousmane Sao. Il est membre conseiller spécialisé dans la délégation permanente de la Mauritanie auprès de cette institution internationale. L’occasion de lui adresser nos vifs remerciements pour sa disponibilité tout au long de notre présence. Titulaire de deux doctorats, monsieur Sao a été un témoin privilégié lors du processus du plaidoyer qui a abouti à l’instauration d’une Journée internationale consacrée à la langue soninké par l’Unesco. Actée courant 2023, cette journée est fixée au 25 septembre de chaque année.
Nous avons visité le stand mauritanien très unicolore ou dire uniculturel ne reflétant aucunement la diversité culturelle de notre pays. Je tiens à saluer les 4 exposants rencontrés (bijoutiers et bijoutières principalement) sur place pour leur accueil chaleureux et les échanges cordiaux.

Notre Top moment instructif a été le visionnage du film documentaire « African Glory » dans la Salle IV. Sorti en 2023, ce documentaire réalisé par Thierry Bugaud explore historiquement l’aventure d’un empereur du Mali du moyen-âge qui s’était engagé avec ses troupes naviguantes dans l’océan Atlantique. Il s’agit d’Abu Bakr II du Manden. Il entreprit un voyage vers les terres outre atlantiques au treizième siècle… furent-ils arrivés ? Et que devinrent-ils par la suite ?
Dans le film documentaire, un intervenant rapporte qu’un autre empereur du Mali, pas le moindre, au Caire le célèbre Kankan Moussa fit mention verbalement (reccueilli par écrit auprès du sultan égyptien) de ce voyage de son prédécesseur vers l’Amérique. Ainsi dire, le narratif ressassé faisant du génois Christophe Colomb, l’exploitateur pionnier d’un monde nouveau (l’Amérique) en 1492, est foncièrement occidentalo-centré. Il l’eut découverte pour son monde à lui dans son environnement géographique mais d’autres humanités visionnaires sous d’autres cieux prirent des initiatives diverses et variées au cours de la Grande Histoire du Monde dans les temps les plus éloignés.

À noter des rencontres fraternelles et amicales avec des compatriotes mauritaniens et d’autres frères africains. Je cite entre autres, notre grand-frère Cheikh Dieng et sa compagne Mme Dieng, la grande sœur et militante Mariam Kane, le frère Dr Abou N’gaidé et le grand-frère Sow Boubacar. Belles retrouvailles !

Notre MOT de conclusion en guise de plaidoyer : Nos autorités doivent décentrer et ouvrir la carte d’identité culturelle mauritanienne à l’ensemble du spectre culturel dans sa diversité. À l’intérieur du pays comme à l’extérieur, et cet événement à l’Unesco voit exposer une Mauritanie diminuée.

✍️🏿KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

Voir ci-après le fil 📷-reportage :👇🏿👇🏿👇🏿

● Mauritanie : sept candidats retenus à la présidentielle, dont le sortant Ghazouani (officiel)

La candidature de l’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz a été rejetée. 

La présidentielle du 29 juin en Mauritanie opposera le président sortant, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à six autres candidats, selon la liste définitive publiée lundi par le Conseil constitutionnel.

M. Ghazouani, 67 ans, dirige ce pays de 4,5 millions d’habitants, situé à la frontière entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, depuis 2019. Il est le favori pour remporter un second mandat.

Le Conseil constitutionnel a rejeté la candidature de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, tombé en disgrâce sous la présidence de M. Ghazouani.

Ancien allié de M. Ghazouani, M. Aziz avait orchestré son élection en 2019. Actuellement en prison, M. Aziz a été condamné en décembre 2023 à cinq ans de prison pour enrichissement illicite. Il clame son innocence et parle de complot.

Malgré une autorisation exceptionnelle de la justice pour déposer sa candidature, le Conseil constitutionnel a rejeté le dossier de M. Aziz en raison d’un nombre insuffisant de parrainages et d’autres raisons techniques, selon une source proche du Conseil.

Parmi les autres candidats figurent Hamadi Ould Sid’ El Moctar, leader du parti islamiste d’opposition Tewassoul, et Biram Ould Dah Ould Abeid, militant des droits humains arrivé deuxième à la présidentielle de 2019.

La Mauritanie, marquée par une série de coups d’État de 1978 à 2008, a connu sa première transition pacifique entre deux présidents élus en 2019. Bien que le jihadisme sévisse dans le Sahel, la Mauritanie n’a pas connu d’attaque depuis 2011.

Avec AFP

• Lien média https://fr.apanews.net/news/mauritanie-sept-candidats-retenus-a-la-presidentielle-dont-le-sortant-ghazouani-officiel/

● Santé Reproductive : Des relais communautaires formés par l’APSJ ~ [Initiatives News]

Du 18 au 19 mai, l’Association pour la Promotion de la Santé des Jeunes a organisé une formation destinée aux relais communautaires de diverses communes de Nouakchott. Axé sur la santé reproductive, cet événement a rassemblé des participants motivés et désireux d’approfondir leurs connaissances.

La présidente de l’association Hawa Ba a expliqué l’importance de promouvoir la santé des jeunes. Elle a également fait une présentation sur la vision et la mission de l’APSJ. Elle a souligné l’impact  des relais communautaires dans la diffusion des informations et le soutien aux jeunes.

Par la suite, M. Aliou Diop, l’un des principaux formateurs, a entamé les sessions de formation.

Durant les deux jours, la formation a alterné sessions théoriques et sessions pratiques. Chaque après-midi, deux autres formatrices, Aminata  Diarra sage-femme et  Haby Sow  infirmière en formation, ont pris le relais, apportant leur expertise.

Elles  ont détaillé les différentes méthodes de contraception, répondant aux nombreuses questions des participants et dissipant leurs doutes.

Les participants ont exprimé leur satisfaction, soulignant l’utilité de la formation. Babo, un jeune relais, a témoigné : « C’était la première fois que je voyais et que je connaissais toutes ces méthodes de contraception. Ça m’a vraiment ouvert les yeux. » Fatimata Ba , une autre participante, a partagé son expérience : « C’était une occasion  de voir toutes les méthodes. La sage-femme a pris son temps pour tout expliquer. »

La formation s’est conclue par une séance d’engagement, où les relais ont  promis d’organiser des séances de sensibilisation dans leur communauté. Cet engagement a été suivi par la remise d’attestations de participation, et l’événement s’est achevé par une photo de groupe, immortalisant la fin de la  formation.

Kadia DIAW

• Lien média https://initiativesnews.com/index.php/2024/05/21/sante-reproductive-des-relais-communautaires-formes-par-lapsj/

● Commissariat aux droits de l’homme: La plateforme “Himayeti”, un moyen moderne et un pilier essentiel pour la promotion et la protection des droits de l’homme

Le Commissariat aux Droits de l’homme, à l’Action humanitaire et aux relations avec la société civile a lancé une plateforme numérique appelée ” Himayeti” destinée à recevoir et à traiter les plaintes relatives aux atteintes éventuelles aux droits de l’homme.

Dans un communiqué rendu public dimanche soir dont une copie est parvenue à l’AMI, le commissariat précise que cette plateforme numérique vient en exécution des hautes orientations du Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed ould Cheikh El Ghazouani visant à promouvoir et à protéger les droits de l’homme dans le pays et pour développer un système unifié et complémentaire pour la gestion des plaintes et des réclamations à la hauteur des aspirations des citoyens.

Il ajoute que cette plateforme numérique qui s’inscrit dans le cadre du rapprochement des services administratifs des populations constitue un moyen moderne et un pilier essentiel pour la promotion et la protection des droits de l’homme et leur défense, à travers l’existence d’un espace ouvert et permanent facilitant aux citoyens de présenter leurs plaintes et leurs réclamations où qu’ils trouvent et leur permettant de télécharger les documents et les données constituant des preuves dans un un laps de temps record, diminuant ainsi les charges et sécurisant l’opération de suivi auprès des milieux concernés, dans le but de parvenir aux solutions appropriées, cela en plus du fait qu’elle est un outil efficace pour renforcer le contact et l’interaction entre l’administration et le citoyen dont l’avis constitue une priorité et un moyen efficace pour évaluer l’action administrative et améliorer la qualité des services dispensés à ce sujet.

Le commissariat renouvelle dans son communiqué la détermination du gouvernement à aller de l’avant dans la promotion et la protection des droits de l’homme dans le pays et à faire face à toutes les les formes d’atteinte y afférent et sa disposition permanente d’œuvrer avec les acteurs et les partenaires dans ce domaine pour renforcer le concept de citoyenneté et de l’Etat de Droit et des institutions, précisant que l’accès à la plateforme est possible à travers le lien suivant: https:himayeti.gov.mr

• Lien média https://ami.mr/fr/archives/246369

● Mauritanie : une députée anti-esclavagiste en prison | Notice d’alerte

1. Le 12 mai 2024 en fin d’après-midi, Mariem Cheikh Samba Dieng, députée de la coalition d’opposition Rag-Sawab, est mise aux arrêts sous la contrainte d’agents de l’autorité publique et conduite dans un cachot de la direction régionale de la police à Nouakchott-Sud.

Mariem est une militante anti-esclavagiste de la première heure dont l’engagement remonte à la naissance de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (ira). Son parcours de blogueuse puis d’élue témoigne d’une certaine familiarité avec les privations de liberté, la maltraitance corporelle et les procès en dissidence.

Déjà, le 24 janvier 2024, à l’intérieur du Parlement, elle avait été molestée, avant son expulsion de l’hémicycle par la sécurité du Président de l’Assemblée nationale, un général à la retraite qu’une loi d’amnistie soustrait aux griefs de torture et d’assassinat en relation avec une entreprise de purification ethnique, de 1986 à 1991.

2. L’arrestation de Mariem Cheikh fait suite à la plainte d’une dignitaire de l’Insaf, la formation au pouvoir, en l’occurrence madame Rabi Aidara. A l’instar de la plupart des notables affiliés à l’Etat profond et en prévision du scrutin présidentiel du 29 juin 2024, la susdite, supervisait une opération d’achat de conscience à l’endroit de compatriotes que leur vulnérabilité expose aux pièges du clientélisme alimentaire.

Ainsi, elle s’acharnait, depuis plusieurs jours, à enrôler des citoyens, dans un bureau de la Commission nationale électorale indépendante (Céni), à Arafat, l’une des communes en périphérie de la capitale. A cette fin, Madame Aidara, ex-maire, épouse d’un général à la retraite et parlementaire du parti de l’Etat, distribuait, ouvertement, des bons de nourriture délivrés par la Délégation générale à la solidarité nationale et à la lutte contre l’exclusion (Taazour, en Arabe). En contrepartie, elle récupérait les reçus d’inscription, préalable au retrait de la carte d’électeur.

3. Les voies de fait contre Mariem Cheikh n’ont épargné, non plus, son frère présent à l’altercation les ayant opposés aux militants zélés de l’Insaf et des membres de la Céni, d’ailleurs complices de la fraude que l’élue dénonçait, en direct, lors d’une diffusion sur sa page Facebook. Les deux se retrouvent en détention préventive, au même titre que deux femmes et un homme, du groupe des agresseurs. Rabi Aidara – il fallait s’y attendre dans la république islamique de l’impunité – continue à jouir d’une entière liberté d’agir auprès de la Céni.

4. Mariem Cheikh ne dispose du minimum de commodité, d’habits de rechange ni d’une nourriture convenable. Comme d’accoutumée tragique (Affaires Soufi Soumaré et Oumar Diop), la police en charge de l’enquête s’apprête à lui imputer, par des témoignages frauduleux et une attestation de médecine légale, la responsabilité de l’incident. L’immunité d’un édile du peuple est ici violée au motif d’un délit d’opinion lié à l’exercice de son devoir civique. De la pression exercée aux dépens de la prisonnière, résulte un risque crédible d’atteinte à son intégrité, d’où la présente alerte.

Nouakchott, le 17 mai 2024

Lien connexe : https://www.frontlinedefenders.org/fr/case/judicial-harassment-woman-human-rights-defender-mariem-cheikh

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=774941

● L’empire de Wagadu ou l’antériorité du peuple Soninké

J’ai lu les TDRs du projet de film documentaire sur l’Empire du Ghana (Wagadu) dont le commanditaire est le Ministère de la Culture, de la jeunesse , des Sports et des Relations avec le Parlement.

Les protestations de la communauté Soninké sont plus que légitimes. En effet, lorsque vous parcourez le document, il y a quand-même quelques curiosités qui présagent d’une volonté d’orienter le documentaire, en mettant en exergue des éléments historiques généraux au détriment des aspects singuliers, authentiques et propres à une communauté historiquement, politiquement et géographiquement définie et connue.

Premier constat :

Le nom Wagadou n’apparaît nulle part dans les termes de références (TDR s) du film documentaire.
Or, l’empire de Wagadou est l’appellation consacrée et authentique des fondateurs.
En évitant et en escamotant ce terme chargé d’histoires et de signification en langue Soninké relève de la malhonnêteté intellectuelle ou d’une volonté de falsifier l’histoire.

Deuxième constat :

Dans les TDRs, le vocable Soninké est absent : Il n’est pas cité même une seule fois.
Voilà des indices qui peuvent expliquer l’inquiétude de la communauté Soninké notamment dans un pays où l’impérialisme culturel se meut en négation de la culture de l’autre.

Autre insuffisance des TDRs

On peut lire entre les lignes une volonté de donner à cette histoire, à ce patrimoine une dimension nationale. Ce qui n’est pas mal en soi du fait qu’ il participe d’une vision de construction de l’unité nationale et certainement de l’expression d’une forme de patriotisme.
Cependant les limites d’une telle démarche résultent du fait que l’Empire du Wagadou ( Ghana), bien qu’ayant pour capitale Koumbi Saleh ( en Mauritanie) est antérieur au découpage colonial des frontières.

Ainsi l’histoire de cet empire apostrophe et interpelle d’abord les Soninké du monde, aujourd’hui répartis dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest principalement (Mauritanie, Mali, Sénégal Gambie, Guinée et Côte d’Ivoire ), en plus de la diaspora.

S’y retrouvent dans cette histoire tous les peuples africains, du fait de la symbolique et de ce qu’aura été cet empire en termes d’organisation sociale, politique ainsi que sa stature aux plans du négoce et du brassage.

Un film documentaire sur cet empire doit être très sérieux et ne peut être circonscrit que dans les limites de la Mauritanie.
En effet, ce patrimoine est également celui des Soninké vivant dans les pays cités plus haut, en plus d’être celle de tous les africains voire de l’humanité.

Les personnes ressources devant être interviewées doivent impérativement appartenir à toutes ces entités.
Cette liste devrait englober des « dépositaires » de la tradition orale, des historiens, des anthropologues, des journalistes, des universitaires, des politiques etc. de tous abords au niveau du continent et au-delà.

Il faut rendre à César ce qui appartient à César

Le destin a voulu que Kumbi Saleh, la capitale de ce grand empire Ouest africain (IV siècle au XIII siecle) soit en terre Mauritanienne et que les Soninké en soient les fondateurs.
La Mauritanie doit en être fière et s’y identifier, en l’intégrant et en la considérant comme un pan du patrimoine national aux côtés des autres patrimoines de notre pays, une nation-arc-en ciel, multiethnique et multiculturelle.

Un film documentaire sur le rayonnement culturel de cet empire est à saluer à condition que cette démarche exclut toutes velléités de « réécriture » ou de falsification de l’histoire d’un peuple dont la paternité de l’empire, son antériorité et sa Gloire Soninké sont écrites avec de l’encre indélébile.

Jusqu’à preuve du contraire, l’empire du Ghana est Soninké et le demeurera. Et pour être complet, l’histoire nous renseigne que les envahisseurs, les rapineurs et les pillards étaient des chameliers, venus d’un ailleurs lointain : les tombeurs de l’une des plus grandes civilisations africaines d’alors.

Et comme si cela ne suffisait pas, ce film documentaire dans sa conception entend « anéantir » les survivances et les résidus qui ont échappé au travail de sabotage, de pillage des envahisseurs.
Si pour ceux qui veulent « réécrire l’histoire » du Wagadou, Koumbi Saleh le nom de la capitale de l’empire est étymologiquement expliqué de manière fragmentée et sans cohérence, l’historien Soninké, Abdoulaye Waiga, lui affirme que que Koumbi vient de Koubeenu ( ceux qui ), ga saale (se sont déterminés ou distingués par leur courage et probité ).

Par un phénomène linguistique bien connu la contraction » Koubeenu ga sale » est devenu par l’usage Koumbi sale. Ainsi chaque unité lexicale peut être expliquée en Soninké d’hier et d’aujourd’hui : la capitale du Wagadu ( Koumbi Saleh) exprime une reconnaissance pour le courage et l’intégrité qui ont identifié et désigné cette aire géographique, posé en quelque sorte la première pierre de la ville du pouvoir politique Soninké.

Seyre SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/lempire-de-wagadu-ou-lanteriorite-du-peuple-soninke/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR1MVxmEYAaq8Fo_lM-OQNxEz3zyFXFuFTR9lOPuhdtR8nmDzBtlU-jNgCY_aem_AXbkTb9FwjAdkQWNnreym3ImMvqZ98O-AKXuPjGo7vRHNF20ssjf_xArw3RdIV0UqwqCauYuonpUzIz_Gzd7hxIF

● Décès de deux membres de l’équipage d’un avion militaire dans un crash lors d’un entraînement

L’armée nationale a annoncé le décès de deux de ses élements, mercredi matin, dans le crash d’un avion d’entraînement militaire à Atar, dû à une défaillance technique.

C’est ce qui ressort d’un communiqué publié sur le site web de l’armée, ainsi libellé :

“L’un des avions d’entraînement militaire de type SF260, appartenant à l’école militaire d’aviation d’Atar, a subi une défaillance technique lors d’un vol d’entraînement de routine aujourd’hui, mercredi 15 mai à 07h30, ce qui a entraîné le crash de l’avion, tuant son équipage, composé du capitaine Sid’Ahmed Mohamedan et de l’élève-pilote Sid Emine Mohamed El Abed.

Une enquête a été immédiatement diligentée pour déterminer les causes et les circonstances de l’accident”.

• Lien média https://ami.mr/fr/archives/246048

● Mauritanie | Interrogations autour du Projet du film documentaire « Koumbi-Saleh » ou « Kunbi Saale »



Une civilisation pérenne est portée fondamentalement par des piliers immatériels solides. Et surtout si l’imaginaire et le narratif bénéficient d’une riche matérialité géographique, il ne manquerait que d’une dynamique intellectuelle et politique pour étoffer une légitimité incontestée et incontestable (au moins sous forme revendicative mémorielle). Aujourd’hui l’ancien ensemble territorial sous l’empire Wagadou serait principalement occupé par l’actuelle Mauritanie et l’actuel Mali, ces états issus de l’ordre colonial français. L’objet de notre présent billet n’appelle aucunement à un éveil de sedition communautariste transfrontalière. Il s’annonce par une motivation utopiste et exploratrice dans les possibles du RÉEL MYSTÉRIEUX du projet « HUMANITÉ » du DIVIN en cours. Ainsi, aucune raison qu’on se refuse d’imaginer l’établissement d’une République Soninké (Kunbi Saaleh comme capitale) faisant partie d’un ensemble fédéral ouest-africain dans les années 2500… 3000. On peut toujours douter des prospectives, mais nous ne pouvons pas empêcher leur libre émission. C’est dit.

Ces derniers jours, un élément média arabophone consacré brièvement à l’histoire de cette ville a pu susciter quelques secousses discursives autour du contenu débité par une journaliste mauritanienne. Et subitement un document officiel Pdf du Ministère mauritanien de la Culture portant sur un appel d’offre pour recruter un réalisateur en charge d’écrire un scénario d’un film narratif sur « Koumbi-Saleh » est apparu sur les réseaux sociaux. Ce document de 4 pages ci-joint date du septembre 2023, un projet culturel louable par principe, néanmoins les contours et certains termes de son contenu interrogent.

Faire porter une initiative touchant l’Histoire d’une telle envergure liée à l’identité et l’ancestralité d’une composante communautaire bien identifiée, les soninké (fondateurs de l’empire du Ghana), il aurait été sage et nécessaire de les informer et impliquer suffisamment. Koumbi-Saleh dans l’imaginaire est un patrimoine immatériel de tous les soninké du monde, ainsi y consacrer un film narratif sans leurs matériaux contributifs est plus que troublant.

Aujourd’hui l’emplacement de cette ville antique est en territoire mauritanien dans la région du Hodh El Charghi, précisément dans le département d’Amourj.
Diverses sources historiques s’alignent pour appuyer que Kunbi Saleh fut composée de différents quartiers dont une cité habitée principalement par des arabes ou/et arabo-berbères musulmans abritant plusieurs mosquées. Dans le livre « Quand les Noirs avaient des Esclaves Blancs » du journaliste franco-ivoirien Serge BILÉ, il y est précisé : « …Un secteur de Koumbi-Saleh était réservé aux résidents. On l’appelait ‘le quartier des Blancs’. Il comprenait douze mosquées, avec des imams, des lecteurs du Coran et des muezzins venus de leurs pays. » . Et également on peut y lire sur la fin de l’empire du Ghana (Wagadou) : « … Puis ce fut la chute de Koumbi-Saleh en 1076. Conduits par leur chef, le fanatique Abou-Bekr, les Almoravides attaquèrent la capitale de l’empire du Ghana avec l’appui d’autres tribus berbères. »

Et ajoute : « On ne sait peu de chose de la période qui a suivi la chute de Koumbi-Saleh et la naissance, deux siècles plus tard, de l’empire du Mali, en 1240. »

Les données historiques écrites tirent leur source à travers des matériaux rapportés par des lettrés arabes ou arabisés.

On voudrait bien être édifiés sous quel angle de narration, quelle période et quels matériaux historiques, le réalisateur choisi allait donner substance à son œuvre ?

Rien que sur le nom composé Koumbi-Saleh de la ville, il faut un travail sérieux de fouille linguistique et historique convoquant les apports de spécialistes reconnus en la matière. Cette ville fut-elle toujours nommée Koumbi-Saleh depuis la fondation de l’empire du Wagadou ?

Koumbi ou Kunbi et Saleh ou Saale sonnent-ils dans quelle langue avec diverses occurrences sémantiques de nos jours ?

Ne serait-il pas judicieux et honnête que le projet s’ouvre à toutes les ressources historiques (orales et écrites) pour la réalisation du film narratif….

Koumbi-Saleh ne peut être un patrimoine immatériel historique à revivifier sans l’insérer dans l’Histoire de l’empire du Ghana connu sous l’appellation de Wagadou par le peuple fondeur qui sont les soninké.

La copie projet du film est à revoir nécessairement !

🖋KS pour le BLOG