● Mauritanie : une démocratie au service d’une nomenklatura

La démocratie ne se décrète pas. C’est plus qu’une simple une déclaration d’intention. Des discours et des mots, sans convictions et principes. Exactement comme l’unité nationale, qui est régulièrement magnifiée et chantée sans effets dans la pratique.  Elle est malade de notre hypocrisie ! Le refus de reconnaitre l’évidence.

La démocratie, c’est un choix et une option stratégiques, une culture qui impliquent une volonté réelle de changements dans les pratiques, les mentalités et même de paradigmes. Elle a pour baromètre la fonctionnalité et l’effectivité voire l’efficacité des institutions, notamment dans leur capacité à servir le citoyen, à le protéger contre toutes sortes d’abus, en lui garantissant ses droits, ses devoirs :  son plein épanouissement. La démocratie ne peut être source d’asservissement, abrutissement ou d’endormissement du peuple.

Au contraire, elle se fonde sur la participation et l’implication citoyennes dans une démarche de co-construction et de co-production pour donner crédit, pertinence et légitimité aux décisions prises par les gouvernants. Elle n’a point besoin de surhomme ou d’homme providentiel : toute la force, tous les pouvoirs, tout le charme de la démocratie se trouvent dans les institutions elles-mêmes (institutions fortes diront certains). Institutions qui n’ont besoin que d’hommes honnêtes, vertueux.

Voilà ce qui nous fait défaut.

La démocratie, elle ne saurait se mesurer au nombre de partis politiques, au nombre de radios et télévisions privées, au pléthore d’Agences de l’Etat chargées de « je ne sais quoi » ? Une assemblée nationale fortement arrimée jusqu’à la subornation au pouvoir Exécutif.

La démocratie, ce n’est pas non plus une CENI, un Observatoire national de surveillance des élections… autant d’institutions budgétivores et technicistes, dont les rôles, les missions et les prérogatives sont mal définis, voire ambivalents. Cette « polypersonnalité » de nos institutions est source d’interfèrent, un cafouillage qui crée une espèce de brouillage propice aux manœuvres de toutes sortes, contraires à la transparence et à la crédibilité électorales.

Les élections sont souvent une mascarade, les règles du jeu ne sont jamais respectées, elles peuvent même changer en pleine compétition. Elles coûtent trop chères au contribuables sans jamais servir à quelque chose. Une situation qui a fini par créer chez certains citoyens, une espèce de fatalisme, de lassitude : un découragement qu’ils expriment en ces termes : « ça ne sert à rien d’aller voter ».  En effet, les élections sont toujours truquées, et le jeu démocratique toujours biaisé par des pratiques anti-démocratiques.

Finalement, ils sont nombreux les Mauritaniens et les Africains qui ne croient plus à la démocratie en tant que modèle de gouvernance. Ils sont dégoutés et déçus. Ils en viennent jusqu’à se tromper d’ennemis, en s’en prenant à la DEMOCRATIE en tant que système politique. Or, le problème n’est pas la démocratie, même si elle est loin d’être une panacée universelle. Une chose est sûre, c’est que nos dirigeants n’ont jamais voulu de la démocratie dans nos Etats. Parce qu’ils cesseront d’être des roitelets, parce qu’elle fait table rase de certains acquis parmi lesquels : la super citoyenneté et ses privilèges …

C’est dire que souvent, le procès fait à la démocratie en Afrique est à mon sens injuste. Il faut avoir appliqué et pratiqué correctement la démocratie pour pouvoir la juger. Un malade qui n’a jamais respecté son traitement ne peut pas se permettre de donner un avis objectif sur son médicament et encore moins sur son médecin. Malheureusement, sous nos tropiques, nos dirigeants assoiffés de pouvoir et d’autorité ont volontairement vidé « l’enfant Grecques et natif d’Athènes » de sa substance, en foulant aux pieds ses principes sacro-saints, sans jamais accepter véritablement de le tropicaliser. On l’a dénaturé et vidé de sa substance, son être pour assouvir des desseins démoniaques et totalitaires.

La démocratie mauritanienne

La démocratie, chez nous n’est pas le pouvoir du peuple. Elle est le pouvoir d’une oligarchie militaro- politico-féodalo-affairiste et esclavagiste contre le peuple. Un peuple désabusé et dépassé, qui ne comprend plus rien au jeu démocratique, réduit à exécuter tels des automates les mêmes gestes, soit les mêmes erreurs.

Son rôle (le peuple) se limite à la répétition de gestes, de mots et de phrases toutes faites sans réfléchir ; un ensemble de réflexes devenus son trait de caractère, sa principale « compétence » que les différents « chefs d’orchestre » ont bien voulu développer en lui en vue de pérenniser leur mainmise, leur hégémonie, leurs intérêts etc. Dans cette démocratie militaire, l’électeur subit l’élection. Il craint le rendez-vous avec les urnes comme un chat échaudé qui craint l’eau froide.

La présidentielle de 29 juin 2024 ne dérogera pas à cette règle. Sauf coup de force majeure, cette élection présidentielle sera, tout sauf l’expression de la souveraineté du peuple mauritanien. En effet, le peuple n’existe que par la volonté de ces groupes opportunistes et machiavéliques, unis pour défendre des intérêts et des » positions » égoïstes, sectaires et claniques.

Ainsi, le jeu démocratique est faussé d’avance parce que s’appuyant sur des groupes de pression qui marchandent, manipulent, orientent, désorientent selon les situations et les contingences, le peuple. Tout est bon pour le maintenir dans l’ignorance, en lui administrant jour après jour des somnifères afin de retarder son réveil, son éveil.

Si bien que le peuple est désormais hypnotisé et réduit à la subordination, au point où même derrière l’isoloir, le citoyen ne peut retrouver indépendance et lucidité : il vote contre lui-même en s’enfonçant encore et encore un peu plus, pour asseoir davantage la suprématie de « ses maîtres impitoyables « . C’est le syndrome de Stockholm.

Notre système démocratique qui peine à se libérer du joug du pouvoir traditionnel (spirituel et temporel) déconstruit la culture de la citoyenneté.  Un citoyen, c’est celui qui est capable de choisir par lui-même, et qui dispose d’une marge de liberté pour exprimer son droit de vote sans être » écrasé  » par la dictature de l’Autorité sociale, communautaire, politique…

L’État se complaît dans une telle situation où la « conquête  » de l’électorat repose sur des concessions avec la chefferie traditionnelle. Cette dernière détient de nombreux leviers de pression qu’elle exerce sans pitié sur le groupe notamment, les individus qui osent défier l’ordre féodal et traditionnel. Dès lors, on assiste au phénomène bien décrit par certains et appelé très ironiquement : bétail électoral ou l’électorat bestial.

La citoyenneté est ainsi bradée au détriment des pesanteurs socio-culturelles, contraires à la république : les électeurs sont dans de nombreux cas soumis à une consigne de vote mécanique d’un dignitaire ou d’un homme d’affaires. 

Aux électeurs

Ne marchandez surtout pas votre droit de vote, il en va de votre dignité. Prenez vos distances des politiciens courtiers qui pullulent ces derniers temps dans votre région, dans votre quartier et ne ratent aucune prière dans votre mosquée etc.

Ils sont en mission et cherchent à vous séduire, vous endoctriner, vous flatter en usant de leur rhétorique démagogique bien huilée, s’appuyant sur des promesses mirobolantes sans lendemain. Rappelez-vous la Fable de la Fontaine (le Corbeau et le Renard) : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ».

Heureusement, une nouvelle ère s’annonce avec l’émergence d’un nouveau type de citoyens qui prend ces distances des « pesanteurs héritées » souvent plus fortes que la loi, en s’assumant et s’affirmant en faveur d’une démocratie véritable. Celle qui permet au fils du paysan, du berger d’accéder aux « cimes de la république », jusque-là réservées aux fils à papa. Cette prise de conscience est consécutive est caractéristique de la maturité d’une partie du peuple, désormais vent debout pour faire respecter la vérité qui sortira des urnes, le 29 juin prochain.

Le Guidimakha, on nous a assez mentis et trompés : ça suffit

Alors que les promesses tenues lors des élections municipales, législatives et régionales de mai 2023 et celles de la présidentielle de 2019 sont restées lettres mortes et classées sans suite, les voilà de retour au terroir pour » s’endetter «, en s’enfonçant encore plus auprès des populations.  Si dans certaines contrées les préoccupations prioritaires sont l’accès aux services sociaux de base, chez nous, nous clamons « JUSTICE et EGALITE des citoyens ».

Nous sommes presque sous occupation, expropriés de nos terres, malmenés, humiliés, utilisés les uns contre les autres pour nous diviser. Chaque jour, l’un des nôtres est arbitrairement arrêté pour des motifs évasifs qui ne peuvent être qualifiés juridiquement, et envoyé en prison.

Ensuite, la machine se met en route. On fait cotiser les émigrés ou on pioche dans les caisses villageoises pour soudoyer. La corruption a atteint des proportions jamais égalée au point que les fonds villageois sont devenus ces six dernières années déficitaires en raison du conflit intercommunautaire Soninké, une mine d’or pour le pouvoir local qui ne fait rien pour appliquer la loi.

Au contraire, il jette de l’huile sur le feu par ses décisions de justice mettant en compétition des Soninké attachés à l’ancien ordre et les progressistes : chacun de ces groupes rivalisent d’ardeur pour  » graisser la patte » de l’administration, en espérant gagner le procès. 

Le procès de la honte, de la haine et de la bêtise. Justice ne sera jamais rendue. Votre unité et cohésion en souffriront.  Vous n’aurez droit qu’à » des demi- vérités » afin que vous continuez à vous détruire. Et l’administration locale continuera de vous traire telles des vaches laitières. Comme dans un jeu de poker, chaque partie continuera à doubler sa mise indéfiniment. Pendant que « le rapace opportuniste » et insatiable se nourrit de votre orgueil, de votre stupidité pour vous saigner à blanc. Voilà la triste réalité au Guidimakha que tous les pouvoirs ont ignorée.

Le meilleur candidat à la présidentielle, pour nous autres, sera celui qui protégera « le Guidimakhé » contre les abus du pouvoir local. Celui qui mettra fin aux injustices que nous subissions depuis des décennies. La soif, de justice nous tenaille plus que le manque d’eau potable, et nous préoccupe plus que le désert des infrastructures qui constitue la caractéristique principale de notre région ô combien déshéritée et abandonnée à elle-même. 

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/mauritanie-une-democratie-au-service-dune-nomenklatura/

● « Gouverner autrement de par une véritable alternance et un réel changement » | Par Maitre Abou Kalidou N’DIAYE.

L’approche du rendez-vous de l’élection présidentielle en Mauritanie dont le premier  tour est prévu le 29 juin, le directeur de campagne du candidat M. Biram Dah Abeid en Europe pour la diaspora mauritanienne, nous accorde la présente interview. En effet, il s’agit du juriste et militant très investi, Maitre Abou Kalidou N’DIAYE. Il a répondu succinctement à nos questions comme suit en brossant les enjeux du scrutin et quelques points marquants du programme de la Coalition Antisystème qui porte le député droit-de-l’hommiste BDA comme candidat :

● Question 1 : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Maitre Abou Kalidou N’DIAYE : Bonjour, très ravi et honoré par l’intérêt porté à notre Coalition BDA que je représente aujourd’hui en Europe. Je m’appelle Maitre Abou Kalidou N’DIAYE . Je suis inscrit au barreau de Nouakchott en Mauritanie et réside en France avec ma famille.
En France j’exerce dans le social avec un diplôme de cadre. Je suis aussi très actif dans le réseau associatif Mauritanien et très présent sur le terrain de la revendication de nos droits, en tant qu’acteur des droits de l’homme.

● Question 2 : Nous avons lu dans les médias votre nomination à la tête du Directoire de la diaspora en Europe pour la campagne du Candidat Biram DAH ABEID, pouvez-vous nous en dire davantage ?

AKN : C’est tout à fait vrai, je suis aujourd’hui nommé Directeur de campagne de la coalition BDA en Europe.
Avant tout un immense honneur et une grande reconnaissance en ma personne, et du candidat que j’ai toujours côtoyé et épousé le projet et des personnalités avec lesquelles je fais équipe aujourd’hui, qui ont bien voulu me faire confiance.
C’est à la suite de fructueuses entrevues et échanges, dans un esprit responsable et consensuel, que notre bureau du Directoire Europe de la Coalition de l’honorable député Biram DAH ABEID a été validé par le Candidat et son Directoire National.
Je dirai enfin que c’est un projet inédit, bien inspiré par la clairvoyance du candidat, que d’avoir réussi à rassembler, à coaliser des entités potentielles pour le soutenir, pour enfin le changement et l’Alternance en Mauritanie.

● Question 3 : Quels seraient les grands enjeux du scrutin présidentiel du 29 Juin prochain pour la vie politique mauritanienne ?

AKN : Gouverner autrement de par une véritable alternance et un réel changement : L’Armée Mauritanienne, pour ne pas dire une oligarchie militaire gouverne le pays depuis 1978 et une seule communauté en possède les reines, dans un pays arc-en-ciel multiethnique.
Un des enjeux majeurs de ce scrutin présidentiel, est qu’au-delà de son importance pour l’avenir de nos compatriotes, c’est d’avoir enfin accès à un rêve pour  la plupart de nos concitoyens qui en ont assez d’un système séculaire destructeur de notre unité et de notre vivre ensemble : ce rêve est celui de l’avènement au pouvoir d’un civil issu de l’opposition antisystème au cœur et à l’écoute des revendications sociales ( Education, santé, travail, citoyenneté, entreprenariat…), notamment le respect des droits fondamentaux et le rétablissement avant tout de la justice sociale et ses paradigmes. Mais également d’une alternance sociale avec comme président, une autre composante ethnique, symbolisant la diversité culturelle du pays.
Enfin, un autre enjeu non négligeable, est celui d’enfin espérer des opérations électorales inclusives et TRANSPARENTES, eu égards aux mauvais souvenirs des présidentielles de 2019. D’où l’intérêt de la sensibilisation de l’opinion internationale, particulièrement des médias, comme le vôtre.

● Question 4 : Quels sont les points marquants du contrat programmatique du candidat que vous citerez à l’endroit de l’opinion publique nationale et en particulier à l’attention de l’électorat de notre diaspora Europe ?

AKN : Unis pour la Liberté, ensemble pour l’Avenir » :
Ce slogan résume succinctement la vision du candidat, son projet pour la Mauritanie.
Je retiendrai deux grandes orientations : la justice sociale (une priorité du mandat présidentiel) dans laquelle sont incarnées les valeurs de la justice, de la liberté, de la solidarité, de l’intégrité, de la démocratie et de la durabilité et le renouveau institutionnel garant d’une réelle alternance, d’un véritable renouveau des institutions corrompues et désuètes. Que tous les citoyens se sentent enfin égaux devant la loi républicaine, sans discrimination ni privilège d’aucune nature (égalité des chances et de l’accès au service publique) et ensemble prendre leur avenir en main.
Concernant l’électorat de notre Diaspora, éveillée, productrice de richesses et de matière grise, je noterai l’importance de sa participation effective à la reconstruction du pays par un appel solennel à son adresse. Enfin une diaspora qui jouera pleinement le rôle qui lui sied, comme pilier de l’économie nationale.

● Question 5 : Avez-vous relevé des problématiques persistantes au sein de la population mauritanienne ?
Que proposez-vous comme piste de solution ?

AKN : Mon constat en tant qu’observateur averti, étant acteur de terrain, est qu’une partie importante de la population très affectée par des décennies de mauvaise gouvernance et ses corollaires de communautarisme, d’esclavagisme, de discriminations, de violences policières et institutionnelles, de politiques nocives machiavéliques du diviser pour mieux régner…, demeure inconsciente et insouciante à la démocratie participative. Ce constat se caractérise par l’achat de pièces d’identité avec des sommes insignifiantes, la peur de s’opposer à l’injonction de l’administration en tant que subordonnés, et par conséquent la perte de l’estime de soi et la résignation.
Beaucoup de Mauritaniens et de Mauritaniens ne croient plus à l’alternance démocratique et au changement du même système, du même clan qui les martyrise des décennies durant. Ils ont aussi perdu la confiance aux leaders d’une opposition qui n’en est pas une.
L’Exemple épatant du holdup électoral lors des élections présidentielles en Mauritanie en date du 22 mai 2019 donnant gagnant le présent sortant la victoire au premier tour avec 52% des voix, contre 18,6% pour l’opposant antisystème l’honorable député Biram DAH ABEID, en deuxième position. Avant même la proclamation officielle des résultats par la CENI, l’armée a investi les grandes artères de la capitale ainsi que les quartiers sensibles pour intimider et museler le peuple, alors privée de sa victoire éclatante. Cet évènement vient renforcer, pour certains, que malgré tout, rien ne changera.

Je crois que cette fois-ci, sans aucune naïveté de ma part, eu égard à l’avènement d’une coalition représentative, d’un programme parlant et d’un homme au parcours exemplaire et atypique, il y’a une lueur d’espoir qui renait chez beaucoup d’entre eux.
Il faudra certes continuer à sensibiliser et à convaincre et persévérer à préserver les acquis. Pour lever ses freins très encrés, le crédo que je préconise est de ne rien lâcher et que chacun soit acteur à part entière du projet, en sensibilisant à son tour les siens. Faire surtout comprendre, que l’argent ne rendra jamais la liberté et la dignité bafouées au peuple. Seul l’engagement patriotique et citoyen, permettra d’accéder enfin au pouvoir du peuple, pour le peuple et par le peuple.
Quoi qu’il arrive, la résistance et la lutte doivent continuer.

● La France Politique 2024 | Ces élections européennes annonciatrices d’une gouvernance nationale d’extrême droite à terme !?

Il est là, avec une figure policée d’un gendre idéal rêvé d’une famille caucasienne profondément politisée et acquise aux thèses d’extrême droite en France. Il s’appelle M. Bardella Jordan (28 ans) né le 13 septembre 1995 à Drancy (Seine-Saint-Denis). Le Rassemblement National (RN), le parti qu’il dirige depuis 2021, occupe principalement l’espace politique de l’échiquier de l’extrême droite dans l’Hexagone. Le RN est un direct rejeton idéologique du Front National (FN) de la famille LE PEN (le père Jean-Marie et la fille Marine). Un certain égarement idéologique et politique qui déroute le règne de l’actuel président français en cours depuis 2017, fait installer nettement le parti du jeune dirigeant du RN aux points électoraux comme l’unique alternative de gouvernance après ou avec le président Macron. Après les 3 seconds tours validés lors des présidentielles de 2002, 2017 et 2022, ce parti encarté résolument anti migrants, anti islam et implicitement xénophobe à la carte, avait réalisé une percée significative aux législatives de 2022 avec 89 députés envoyés au parlement français. Devenant à l’occasion le premier parti d’opposition dans le pays.
Et ces européennes du 9 juin 2024, sa liste menée par son président (député européen) arrive largement en tête avec 31,5% pouvant assurer 30 sièges au parlement européen. Lire davantage sur les résultats https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/resultats-declarations-politiques-suivez-en-direct-les-elections-europeennes-2024 .

La première conséquence politique de la soirée est l’annonce de la dissolution de l’assemblée nationale par le président Emmanuel Macron. Un scrutin législatif sera convoqué pour les 30 juin et 7 juillet. Un retour inévitable au peuple en guise de clarification nécessaire sur la légitimité politique en matière de gouvernance. Ainsi, une situation à suivre de près, si à l’issue, les électeurs vont imposer une cohabitation au président avec une majorité virant au RN ou pas…

Une éventualité sans précédent dans la vie politique française de la Vème République, avec un mouvement d’extrême droite aux affaires publiques sur l’échelle nationale. La dynamique enclenchée depuis quelques années avec une certaine « normalisation » sans complexes des thèses ouvertement d’extrême droite, la présidentielle de 2027 s’annonce comme un moment rêvé pour le mûrissement d’un graal tant attendu par le mouvement lepeniste et sa suite : le Palais de l’Élysée. À suivre…

D’ici là, les partis historiques dits de gouvernement (Gauche et Droite) voient leur champ électoral rétrécir sans cesse. Le camp de la Gauche humaniste incarnée par la FI (la France Insoumise) fait de la résistance avec ardeur. Les partisans de Jean-Luc Mélenchon par leurs prises de positions, honorent une certaine idée de la France droit-de-l’hommiste et universaliste éminemment sensible aux causes justes (contre le racisme, le libéralisme impitoyable, les guerres hégémoniques et pour un équilibre géopolitique pacifiste…).


🖋KS pour le BLOG

● Sénégal : Sonko-Faye : après l’ascension, quel horizon ? | Par Souleymane Sidibé

🖋Par Souleymane Sidibé, Mauritanie, Bordeaux, France

La récente victoire du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye au Sénégal a captivé l’attention au niveau national et international, suscitant un examen approfondi de sa personnalité, de son projet politique et des dynamiques qui ont façonné son accession au pouvoir.


Né en 1980 à Ndiaganiao, commune du Centre-Ouest du Sénégal, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye fait une partie de ses études au Lycée Demba Diop de Mbour où il obtient son baccalauréat en 2000. Il décroche sa maîtrise en droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar quatre ans plus tard. Il se présente au concours de l’École nationale d’administration (ENA) où il est reçu parmi les cinq premiers. Il choisit la section Impôts et Domaines, éloignée de sa passion pour la littérature. Diomaye y rencontre Birame Souleymane Diop et Ousmane Sonko, qu’il remplace à la tête du syndicat des inspecteurs.


En 2014, le président Diomaye Faye assiste comme invité aux rencontres des Patriotes Sénégalais pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité (Pastef). Ses capacités d’analyse et son esprit brillant le portent rapidement à des postes de responsabilité dans le parti, le propulsant ainsi en avant. Plongé au cœur du parti, son engouement et ses qualités susmentionnées le conduisent à la présidence du Mouvement National des Cadres Patriotes (MONCAP) puis à la tête du secrétariat national du parti en 2022 jusqu’au soir du vendredi 14 avril 2023. À cette date, il est mis en accusation. Pour l’opinion publique, cette arrestation est la conséquence de sa publication sur la toile où il évoque la « clochardisation de la justice sénégalaise ». Bassirou est déféré le lundi suivant pour « diffamation d’un corps constitué, diffusion de fausses nouvelles et outrage à magistrat ».


Son arrestation, en coup de vent, fait la une des journaux au Sénégal, perçu comme une vitrine démocratique africaine. Elle survient après celle du leader du parti, Ousmane Sonko, le vendredi 28 juillet à Dakar.

Principal opposant au régime du président Macky Sall, Ousmane Sonko, à la tête du Pastef, désigne sans réticences internes Diomaye comme candidat pour le suppléer en cas de disqualification.


Diomaye sera le candidat de la rupture ! Sa parole est alignée sur celle de Sonko, son soutien est inconditionnel, sa fidélité éprouvée et leurs parcours s’épousent : il étrennera le rouge renvoyant au sacrifice ultime et le vert de l’abondance, et sera le visage de cette espérance.


Quant au Pastef, il est avant tout une idéologie qui ne veut pas se confondre avec les partis politiques traditionnels : socialistes, communistes, libéraux et autres. L’ancrage du Pastef est le patriotisme qui met la souveraineté et l’humain au centre. L’idéologie du Pastef est basée sur le pragmatisme politique, la souveraineté tout en restant ouverte au monde via des partenariats gagnant-gagnant et la solidarité internationale. Le temps est venu pour l’action au service de la communauté et de l’intérêt général afin que « li ñëpp bokk, ñëpp jot ci » : redistribution des richesses, », signifiant que le bien commun bénéficie à l’ensemble des citoyens, prenne tout son sens.


De camarades de classe à la faculté où le combat pour « l’autorisation formelle de construction de lieu de culte » s’est imposé, à syndicalistes aux bureaux de l’administration, cette amitié d’une jeunesse entière vouée à la chose politique pense à la concrétisation de son projet, qui passe par la conquête du pouvoir. Après avoir investi le terrain politique, l’épreuve de force s’engage avec le pouvoir en place, pris d’une macrocéphalie présidentielle que d’aucuns qualifient de dictature. Les positions se raidissent et se radicalisent. Le Pastef déroule ses discours aux accents de démocratie et fait chanter sa flûte du grand soir qui fera du Sénégal une nation prospère, solidaire et ancrée dans des valeurs spirituelles et culturelles fortes. La foule est en liesse, l’adhésion des Sénégalais est massive sur l’ensemble du territoire et face à un raz-de-marée dans la diaspora. Cette dernière a été une force sociale et financière qui a toujours travaillé pour « voter et faire voter » leurs familles, parents et amis au Sénégal.

C’est à partir de 2019 que Ousmane Sonko affine puis édicte l’idéologie du parti qui consacre les valeurs de travail, d’éthique et de fraternité. Il engrange ainsi une large adhésion auprès de la population sénégalaise, en quête de changement, au fil de ses tournées et discours.


En octobre 2022, après l’adoption de nouveaux statuts du parti en janvier 2021 devenant « Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité », le parti est restructuré avec la nomination de Bassirou Diomaye Diakhar Faye comme secrétaire général et la mise en place d’un bureau politique national (BPN) provisoire pour la conquête du pouvoir en 2024.


Pastef, avec son porte-étendard Ousmane Sonko, propose un projet politique axé sur la lutte contre la corruption, la promotion de l’inclusion sociale et le développement économique inclusif et durable, écrit et relu par plus de mille-quatre-cents cadres. Ce projet a résonné avec les aspirations du peuple sénégalais pour un avenir meilleur. Soit une puissante armature idéologique et populaire la redistribution des richesses, mais aussi l’indépendance de la justice, lutte contre le clientélisme, et souveraineté.


Tandis que Macky Sall promettait de réduire l’opposition, selon ses mots, « à sa plus simple expression », le Pastef dénonçait la corruption et l’échec politique, et proposait une offre politique d’alternance et de rupture dans laquelle se reconnaît la jeunesse, dans un pays où 75 % de la population a moins de 35 ans (ANSD, RGPH 2024).

Le sang des manifestants est le ciment et le ferment de cette houle montante. La lutte contre la corruption a été au cœur des sujets de campagne. La notion de « Dynastie Faye-Sall », noms composés aux relents saoudiens, sous-entend l’empire financier présumé que la rue prête au couple présidentiel sortant, et un clientélisme marqué par des nominations familiales et politiciennes. Le duel qui prend forme sera fatal. D’une part, le camp de Benno Bokk Yakaar, dirigé par le président Macky Sall, qui a tardé à annoncer qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat avant de plaider pour un dialogue national. D’autre part, la Coalition Diomaye Président, puis un troisième acteur entre en jeu : le Conseil Constitutionnel.


Les potentielles violations constitutionnelles représentaient une menace pour la stabilité démocratique et l’État de droit au Sénégal. Dans ce contexte, la force des institutions sénégalaises, en particulier le Conseil Constitutionnel, revêtait une importance cruciale. En tant que gardien de la Constitution, le Conseil Constitutionnel a joué un rôle vital dans la préservation de l’intégrité de la Constitution et la protection des droits fondamentaux des citoyens. Malgré les pressions politiques et les défis institutionnels, le Conseil Constitutionnel sénégalais a su démontrer son indépendance et sa détermination à faire respecter la Constitution. Ses décisions ont été des remparts contre les tentatives de violation de l’ordre constitutionnel, renforçant ainsi la confiance du public dans le système judiciaire et contribuant à préserver la démocratie. Cependant, pour maintenir cette force institutionnelle, il est impératif de garantir l’indépendance et l’impartialité du Conseil Constitutionnel, ainsi que de renforcer ses capacités à traiter efficacement les cas de violations constitutionnelles. Ce faisant, le Sénégal pourra continuer à consolider son État de droit et à promouvoir les valeurs démocratiques qui sous-tendent son système politique. Cela se confirme après que le Conseil Constitutionnel sénégalais a invalidé la décision de reporter l’élection présidentielle du 25 février au 15 décembre.

Néanmoins, le candidat du Pastef, Bassirou Diomaye Faye, qui reste entre-temps en prison au Cap Manuel, bénéficie de l’amnistie. Le Sénégal, dans un tournant décisif de son histoire, démontre au monde entier, par la combativité de ses forces vives, que les humains viennent et partent, mais les institutions demeurent. À sa sortie de prison, un moment intense et fort se dessine. Le leader du parti n’a pas été devant les foules. Le président Diomaye, candidat validé par le Conseil Constitutionnel, libéré le soir du jeudi 14 mars 2024, se retrouve devant une vague de jubilation qui envahit les rues de la capitale sénégalaise à seulement dix jours avant le jour du scrutin. « Bass », comme l’appellent les plus intimes, a su incarner un mélange unique de charisme personnel et de vision politique claire. Son accent sérère authentique se remarque dans ses prises de parole.


Sonko est incontestablement l’âme de cette victoire, indissociable de son incarnation, de son charisme et de sa stratégie.


De plus, la puissance du bras de fer entre les forces vives du pays et un gouvernement aux abois a conduit à une loi d’amnistie du président sortant. Une dynamique renforcée par les intellectuels les plus emblématiques du Sénégal d’aujourd’hui tels que Felwine Sarr, Boubacar Boris Diop ou encore le Prix Goncourt 2021, Mohamed Mbougar Sarr.


Cette victoire n’est pas simplement le résultat d’une campagne électorale réussie, ni la rencontre d’un homme et de son peuple ou d’un compagnonnage ; elle est surtout le fruit d’une mobilisation sans précédent du peuple sénégalais autour du Pastef et de la Coalition Diomaye. C’est la conséquence des manifestations, des débats publics et d’un engagement citoyen massif. Le mouvement des femmes patriotes appelé MOJIP (Mouvement Jigeenu Pastef), le mouvement des enseignants de Pastef, et le mouvement des jeunes patriotes ont été d’un poids immense dans la stratégie de conquête du pouvoir. Les Sénégalais ont exprimé leur désir de voir leur pays progresser sous un leadership fort et visionnaire. Cette mobilisation populaire a joué un rôle déterminant dans le succès du Président Faye et a renforcé sa légitimité politique. Le balai en main, devenu un slogan régional en Afrique de l’Ouest, a installé dans la conscience une urgence de nettoyage systémique ». Il gagne haut-la-main contre le candidat du « système » Amadou Bâ, ancien Premier ministre, avec plus de 54 % contre 35 % officiellement.


La question d’une alliance entre le président Faye et Sonko, leader du parti Pastef, a également été au centre des discussions. Les deux partagent une vision commune de la politique et une volonté de changement radical. Le peuple sénégalais, qui abhorre l’injustice, les a rejoints. Plusieurs chants et slogans ont été créés pour cette libération politique et ce changement dans une atmosphère de maturité démocratique. Le rôle républicain de l’armée au Sénégal a également favorisé cette alternance.


Par ailleurs, il n’y a pas lieu de spéculer sur le style que le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko adopteront, ni sur les pactes qu’ils pourraient sceller face à face, conduisant à des tensions et des incertitudes.


Le pacte Sonko-Faye est scellé avec le peuple sénégalais. Leurs accords personnels passeront après. Des femmes et des hommes debout ont accordé leur confiance aux Patriotes. Il est crucial pour eux de maintenir l’unité au sein du mouvement Pastef tout en gouvernant efficacement.


Quant à savoir s’il s’agit de la victoire du Pastef ou de la défaite de Macky, il est clair que la réalité est plus complexe. Cette victoire représente à la fois un rejet de l’ancien régime, une volonté de rupture et un soutien à la vision politique portée par le président Faye. L’élection présidentielle de 2024 a été un référendum dans la mesure où, malgré 19 candidatures, le peuple a plébiscité haut la main l’offre programmatique de la Coalition Diomaye 2024, plan B du Pastef à la suite de l’élimination de son leader. Cependant, la défaite de Macky et de son parti dans une atmosphère de scission signifie la fin de leur influence politique.

Il reste à voir comment les forces politiques établies réagiront à ce changement de pouvoir et comment le président Faye parviendra, selon son cahier des charges, à la refondation des institutions, à la réduction de l’hyper-présidentialisme et à l’implémentation du projet « Jub-Jubbal-Jubbanti », soit les « 3J » en wolof, qui prône la droiture, la probité et l’exemplarité.

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● Barrons la route aux fossoyeurs de notre passé et de notre existence | Par M. Kebe Alhousseynou Diadie

Commençons solennellement par réaffirmer que chaque être vivant est issu d’ »un peuple,un territoire,une culture »qui constituent les points de repère par lesquels il mène sa vie de citoyen.

Cette triptyque qui sonne telle une Vérité générale doit être la source de sentiments qui irrigue nos coeurs de joie et de fierté, car elle nous situe dans le temps et dans l’espace.
Elle est, au demeurant la carte d’identité culturelle voire existentielle qui détermine notre existence sur cette terre ronde, la nôtre.

Le vivre ensemble, caractéristique de la sociabilité nous enseigne que l’être humain, quelque soit son appartenance ethnique et la couleur de sa peau doit ipso-facto s’approprier cette vérité historique,la vivre pleinement,la respecter scrupuleusement.

Ce faisant, nous allons vivre dignement dans la paix, dans l’unité dans la diversité
Cependant chez nous, en Mauritanie,la perception de la réalité est totalement différente.

En effet, l’autorité qui règne sur nous tel un monarque aveuglé par ses instincts grégaires, son népotisme et son égocentrisme s’ingénie non seulement à assoir sa conquête d’expropriation des terres des citoyens paisibles et laborieux mais également à faire table rase de notre passé, de notre culture.
Cette tabula rasa des temps modernes s’articule autour des points suivants :

1– Changer dans tout le pays : (ce n’est pas seulement au Guidimakha) la toponymie originelle voire originale des villages,des sources d’eau,des montagnes et des forêts appartenant aux Noirs du sud en la remplaçant par une nouvelle intruse,tranchant avec les us et coutumes des autochtones (voir l’article de M. Seyré SIDIBE) qui s’intitule « Guidimakha: préservons les noms de nos village de la prédation culturelle « .

2-La falsification à outrance de l’histoire du pays qui consiste à effacer définitivement l’apport séculaire et le rôle joué par les ethnies negro-mauritaniennes dans la construction du pays.
3-Une bataille linguistique :amener les populations du sud(qui ne perçoivent pas malheureusement l’ampleur du danger d’une telle entreprise-assimilation) à oublier leur toponymie originelle au profit de la nouvelle.

« Pauvre de nous » comme le disait Toundi Ondoua, le personnage emblématique d‘une vie de boy » de Ferdinand Oyono.Pourquoi laissons se produire sous nos yeux cette destruction de notre âme,de notre culture et de notre histoire?
Nous devons ensemble contrecarrer cette pratique odieuse qui n’a de but que de nous éteindre linguistiquement.

Je rappelle que lors des événements douloureux de 1989-1990-1991certains mauritaniens chauvins, partisans de la rupture diplomatique entre la Mauritanie et le Sénégal se plaisaient sadiquement à effacer une page importante de notre histoire en rebaptisant le fleuve Sénégal par le nom du fleuve Sanhaja. Mais quelle cécité historique ! Quelle bêtise !

Ô mon peuple,ô peuple de la vallée épris de justice et de l’équité, unissons nos efforts »transcendons nos différences et disons en choeur; »barrons la route aux fossoyeurs de notre passé et de notre existence ».

Kebe Alhousseynou Diadie (Lexeiba Gorgol)

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● La typologie de l’électorat en Mauritanie | [OndeInfo]

La période électorale en Mauritanie est unique et toute particulière. C’est un moment caractérisé par un tumulte politique et social sans précédent. Une dynamique qui ressemble aux mouvements qu’on peut observer dans les aéroports : des arrivées et des départs.

Les alliances se font et se défont au gré des intérêts et des calculs sur fond d’opportunisme et des promesses souvent sans lendemain.

Ruse, fourberie, flagornerie et hypocrisie envahissent le paysage politique en dominant et déterminant les rapports entre les citoyens et les politiques .

De cette relation peu sincère et perfide pour l’essentiel, entre politiques et électeurs ( citoyens ), on peut classer les électeurs dans plusieurs catégories.

Certains se rangent derrière un candidat parce qu’ il porte tel nom, il est issu de telle famille ou de telle tribu : le vote patronymique, tribal, communautaire ou régional.
C’est sans doute l’une des grosses faiblesses de la démocratie en Afrique : la sacralisation d’un homme parfois au détriment des institutions et des programmes politiques.

Le vote vénal, ce sont ces citoyens qui marchandent leur voix. Ils n’hésitent pas à soudoyer leur soutien pour quelques billets de banques, et quelques produits alimentaires ( thé, sucre, lait, huile etc. ) juste suffisant pour couvrir deux à trois semaines. Le vote de la honte et du déshonneur.
Pour ces derniers, la période électorale est une aubaine. Il faut en profiter au maximum. En effet, nos politiciens circulent et sillonnent le pays avec les poches pleines d’argent, de l’argent d’origines douteuses .

Cet aspect ne semble intéresser personne. Pas même la justice . Elle s’en moque.
La corruption et l’achat des consciences sont normalisés plus que d’ordinaire.

Et généralement dans cette compétition de pratiques mettant à mal notre système démocratique et électoral, le parti au pouvoir est le plus souvent tristement célèbre : il dispose de gros moyens, les moyens de sa politique.

Il y a également ceux qui subissent le diktat des ensembles communautaires ou tribaux auxquels, ils appartiennent : le vote encadré ou le vote de la subordination. Cette catégorie n’a pas à choisir, son vote ne lui appartient pas. C’est la propriété et la chose légitimes du patriarche.

Il existe une dernière catégorie de citoyens qui, le plus souvent ne votent même pas. Ils sont sans vergogne. Ils fréquentent les différents QG et états-majors des candidats à la présidentielle en se faisant passer pour des gens influents, capables de drainer des groupes d’électeurs.

Ces véritables courtiers peuvent même vous séduire avec des centaines de pièces d’identité moyennant une somme d’argent, en vous garantissant que ces derniers votent pour vous.
C’est de la poudre aux yeux . C’est juste une mise en scène. Les carte d’identité ont été ramassées pour impressionner afin de réussir son coup d’escroquerie.
Comme nos politiciens ont la mémoire courte . Ils oublient tout entre deux élections, la même stratégie est utilisée à chaque échéance électorale.

Il y a maintenant, une dernière catégorie de citoyens très avisés malheureusement peu nombreux, pour qui le vote est sacré.
Ils cherchent à comprendre les candidats, leur programme et ceux qui les entourent, c’est ce qui déterminera leur choix. Ils votent pour défendre des valeurs et des principes.

Ces derniers sont au dessus de la mêlée.
Ils sont peu visibles et peu bavards mais usent pleinement de leur citoyenneté et ce en toute conscience et souvent sans regret parce que leur choix est désintéressé.

In fine, il y a plus d’ennemis de la démocratie que d’amis. Nous participons presque tous d’une manière ou d’une autre au « bradage  » électoral et démocratique, par nos comportements et nos attitudes qui déterminent nos choix derrière l’isoloir.

Seyré SIDIBE

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● Manifestation à Nouadhibou contre la multiplication de maisons closes

Nord Info – Des dizaines de personnes ont manifesté pacifiquement mardi 4 juin devant la wilaya de Nouadhibou. Cette sorte de sit-in a pour but d’informer les autorités publiques administratives de la présence insolite de maisons closes et leur remarquable multiplication.

Gérées par des étrangères pour la plupart, ces places, disent les manifestants, sont des lieux de prostitution et d’utilisation de produits dangereux tels que la drogue et les boissons alcoolisées.

Ils demandent la fermeture pure et simple de ces lieux prohibés par la loi musulmane qui touchent à la quiétude des habitants et des musulmans et constituent un danger direct pour la jeunesse non conscientisée contre ces fléaux.

Notons que les marcheurs ont soumis une lettre au wali et proposé des solutions à ce lancinant problème qui dure depuis belle lurette dans la capitale économique.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=775462

● MauritanieVote2024 ~ Initiatives | Partage médias par M. Coulibaby Counda, responsable du mouvement Alliance des Patriotes pour l’Égalité :


Mesdames et Messieurs,

Chers Directeur National de la Campagne,

Chers Coordinateurs des Campagnes,

Chers Fédéraux,

MR, Le Chargé  des Missions et Coordinateur Régional de Guidimakha,

MR, Le Maire de la Commune de Sebkha,

Chers invités,

Chers Membres de l’Alliance des Patriotes Pour L’Egalité.

Aujourd’hui les membres de l’alliance des patriotes pour l’égalité déclarent Son soutien  à son excellence Mohamed Ould Cheikh  El Ghazouani.

Aujourd’hui, nous nous rassemblons pour exprimer notre soutien indéfectible au président sortant, un leader dont l’engagement, la vision et le dévouement ont guidé notre nation à travers des moments cruciaux de son histoire. En ces temps de défis et de changements, il est essentiel de reconnaître et de valoriser les accomplissements significatifs réalisés sous sa direction.
Sous la présidence de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, notre pays a connu des progrès remarquables dans divers domaines. Grâce à ses politiques économiques prudentes et innovantes, nous avons vu une croissance soutenue, une réduction significative du chômage et une augmentation des investissements étrangers. Ces succès économiques ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une vision claire et d’une gestion rigoureuse. Sur le plan social, le président a toujours été un défenseur infatigable de l’égalité et de la justice pour tous. Nous  tenons à remercier notre président, Ghazouani, pour son dévouement et pour les résultats que nous avons acquis durant sa présidence sur des grands sujets tels que la discrimination social, le pilier social  vulnérable, la lutte contre l’esclavage et ses séquelles, la traite des personnes et le trafic des migrants. Les réformes entreprises dans le domaine de l’éducation et de la santé ont permis d’améliorer l’accès et la qualité des services pour tous nos concitoyens, garantissant ainsi que personne ne soit laissé pour compte. Il a œuvré sans relâche pour renforcer le tissu social de notre nation, en promouvant des politiques inclusives qui respectent et valorisent la diversité de notre société.

En matière de politique étrangère, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a fait preuve d’un leadership fort et respecté sur la scène internationale. Ses efforts pour renforcer les alliances stratégiques, promouvoir la paix et la coopération internationale, et défendre les intérêts de notre pays ont solidifié notre position comme un acteur clé sur la scène mondiale. Sa capacité à naviguer dans un environnement international complexe avec une diplomatie habile a été un atout précieux pour notre nation.

Alors que nous regardons vers l’avenir, il est clair que la continuité et la stabilité sont essentielles pour maintenir et bâtir sur les progrès réalisés. Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a démontré qu’il possède non seulement l’expérience et la compétence nécessaires, mais aussi une profonde compréhension des défis et des opportunités qui se présentent à nous. Les mauritaniens doivent être fière des réalisations extraordinaires qui ont été les siennes durant les cinq dernières années, au cours desquelles il a su préserver la paix et la prospérité

Mesdames et Messieurs, Cher Coordinateur Régional de Guidimakha et les  membres de l’alliance des patriotes pour l’égalité en soutenant le président sortant, nous faisons le choix de la sagesse, de l’expérience et de la vision. Nous faisons le choix d’un avenir où nos enfants grandiront dans une nation prospère, juste et respectée. Ensemble, continuons à avancer sur le chemin du progrès, avec Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani à la barre, pour le bien de notre pays et pour les générations à venir.
Je ne saurais terminer sans remercier Mr, le Pr Sidi Mohamed Ghaber Chargé des missions à la présidence pour la mise en place du mouvement.

Merci à tous de votre présence et de votre soutien indéfectible. Ensemble, nous sommes plus forts et ensemble, nous continuerons à écrire l’histoire de notre grande nation.
Vive la Mauritanie et Vive excellence président  Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani!
Je vous remercie pour votre attention.

● L’abandon des migrants africains dans le désert financé par l’union européenne, selon un consortium de médias

Sahara Médias – Situation difficile a reconnu mardi l’union européenne après la publication d’un rapport par une coalition de journalistes affirmant que la Tunisie, le Maroc et la Mauritanie transportaient des migrants et les abandonnaient dans le désert avec l’aide d’un financement de l’UE.

Pour le porte-parole de la commission européenne, Erik Mamer, « Il s’agit d’une situation difficile et la situation évolue rapidement et nous continuerons à y travailler. Mamer réagissait à une enquête publiée par la coalition composée de journalistes de Lighthouse Reports en collaboration d’autres médias tels que Le Monde et le Washington Post.

Selon ce rapport l’Europe soutient, finance et participe directement à des opérations clandestines dans les pays d’Afrique du Nord pour acheminer annuellement des dizaines de milliers de migrants africains vers le désert ou vers des zones reculées afin de les empêcher de se rendre dans l’UE ».

Il évoque un « système de déportation de masse géré avec des fonds, des véhicules, des équipements, des renseignements et des forces de sécurité fournis par l’UE et les pays européens ».

Le rapport accuse les trois pays maghrébins, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie de procéder à l’arrestation des réfugiés et les migrants en raison de la couleur de leur peau, de les embarquer dans des bus avant de les acheminer dans des zones désertiques reculées, souvent arides », sans eau ni nourriture, selon le rapport.

D’autres migrants auraient été emmenés dans des zones frontalières où les autorités ont été accusées de les « vendre à des trafiquants d’êtres humains et à des gangs qui les torturent en échange d’une rançon ».

L’Union européenne, qui compte 27 États membres, a signé avec ces trois pays des accords de coopération prévoyant un financement explicite destiné à renforcer leur capacité à endiguer l’immigration clandestine vers l’Europe.

Bruxelles a alloué 150 millions d’euros (160 millions de dollars) à la Tunisie, 210 millions d’euros à la Mauritanie et 624 millions d’euros au Maroc dans le cadre de ces accords de coopération.

La Commission européenne, qui n’a pas explicitement répondu aux allégations de ce rapport, a cependant reconnu que la situation est parfois difficile dans les pays partenaires qui restent cependant souverains et à même de contrôler leurs forces nationales ».

La porte-parole de la Commission, Ana Bisogniero a affirmé que l’UE contrôlait les programmes pour lesquels elle fournissait des fonds et a souligné que les pays partenaires s’engageaient à respecter les principes du droit international et des droits de l’homme.

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● Mauritanie : pour une citoyenneté égalitaire pour tous | Par Seyré SIDIBE

La société que nous voulons pour les générations présentes et futures doit reposer sur un certain nombre de piliers inamovibles : la justice sociale, la citoyenneté pleine et totale pour toutes les communautés nationales, la méritocratie.

Un modèle démocratique qui promeut la cohésion nationale loin de toutes les formes de discriminations : d’exclusions linguistique, culturelle, géographique, régionale,
tribale ou raciale etc.

Dans ce projet, l’école occupe une place centrale et stratégique. Elle s’évertuera d’être l’école de la république d’abord, au sens stricto sensu avant d’être républicaine.

Elle gagnera en se débarrassant triomphalement des dogmes et idéologies importés et inappropriés qui inhibent jusqu’ici toutes perspectives de la rendre performante pour que cette institution ( l’école) soit le reflet de notre diversité sociale.

Le choix des langues d’enseignement, de la langue officielle, de la langue de l’administration ou encore le statut des langues nationales doit être clairement défini dans une approche pragmatique et non hégémonique. Un choix qui tient compte des réalités sociologiques et historiques du pays, de sa personnalité propre ( multi-ethniques et multi-culturel), en plus des mutations de tous ordres que connaît l’humanité en ce 21 siècle.

Ces efforts ne peuvent se concrétiser que lorsque nos gouvernants et une partie du peuple acceptent, qu’aujourd’hui l’usage quasi généralisé de la langue Arabe exclut une bonne partie des Mauritaniens du droit à l’information. Or, il s’agit d’une composante essentielle de la démocratie et de l’Etat de droit.

Il faut également réinventer les rapports entre les citoyens et les forces de défenses et de sécurité notamment avec la police.
En effet, les bavures policières banalisées, et ayant atteint le pic sous le magistère du président sortant, qu’aucun mauritanien épris de justice ne peut oublier ont exacerbé le désamour entre une partie des citoyens et les institutions de défense et de sécurité.
L’assassinat de l’activiste, Souvi Ould Cheine au commissariat de Dar Naim 2, la mort mystérieuse du jeune Oumar Diop en février 2023 après son interpellation au commissariat de police de la Sebkha, pour ne citer que ces deux exemples macabres restent de mauvais souvenirs, qui continuent de traumatiser chacun d’entre nous.

C’est pour quoi, la citoyenneté ne doit plus être à géométrie variable . Elle doit être la chose la mieux partagée entre tous les Mauritaniens de quelques origines qu’ils soient. Ce qui implique la fin de l’impunité pour tous, et en particulier pour ceux qui se croient des citoyens au-dessus de la mêlée sur la base de considérations fantaisistes et contraires à l’esprit des lois de la république.

En vue de traduire en acte le caractère multiethnique et racial de notre pays tel que stipulé dans la Constitution, des efforts doivent être faits pour que les nominations aux postes ministériels, au sein de la haute administration, les forces de défenses et de sécurité, les directeurs des établissements publics etc. , répondent à la configuration sociale du pays.

Le problème de l’état civil, et la nationalité Mauritanienne doivent être réglé une bonne fois pour toute.
En effet, une bonne partie de nos compatriotes n’arrivent toujours pas à disposer de leur document d’état civil (vivant en Mauritanie ou dans la diaspora). Les fameuses commissions mises en place pour enrôler les rebuts de l’état civil péchent par leur approche trop administrative et verticale, du fait qu’elle part du préjugé que des étrangers chercheraient à passer entre les mailles du filet. Conséquence, beaucoup de citoyens sont pris pour des  » fraudeurs » alors qu’il n’en est rien.

Selon une expérience empirique, certains types de Mauritaniens notamment ceux de la vallée sont beaucoup plus exposés à être apatrides que d’autres.

Par ailleurs, il est temps de solder le passif humanitaire à travers des mesures courageuses ouvrant la voie à une réconciliation nationale véritable, sur fond de retour dans la dignité et le dédommagement des familles déportées. S’y ajoute l’indemnisation des veuves et orphelins des années de braise.

La justice doit être le socle et la boussole de ce projet de société. Pour cela faudrait-il qu’ elle s’affranchisse du poids de l’exécutif, de la tribu, de l’oligarchie et des pouvoirs féodaux locaux.
Le prochain président élu, le 29 juin 2024 doit renforcer le pouvoir de la justice, choisir des hommes de grande probité morale et éthique pour la réformer afin qu’il suscite la confiance du citoyen, qu’elle cesse d’être la justice des plus puissants. Une justice de règlement de comptes.
Un rouleau compresseur qui broie les plus fragiles pour satisfaire les ambitions de quelques privilégiés.

Le prochain président élu gouvernera mieux, s’il arrive à prendre ses distances des différents groupes ( lobbies) qui empêchent la réalisation d’un projet de société plus juste et égalitaire pour tous les Mauritaniens.

Seyré SIDIBE

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