● Birame Dah Abeid : « voilà pourquoi je ne peux pas annoncer ma candidature » | Par Cheikh Aidara

Au cours d’une conférence de presse animée lundi 4 mars 2024 à l’ilot K de Nouakchott, siège du mouvement abolitionniste IRA qu’il préside, le député Birame Dah Abeid est revenu sur plusieurs points d’actualité, notamment la réunion d’une délégation du FMI avec l’opposition qui a eu lieu le même jour, mais aussi la présidentielle de 2024, l’enrôlement biométrique et des sujets divers.

Plusieurs sujets d’actualité ont été abordés par le député et président du mouvement IRA, Birame Dah Abeid au cours d’une conférence de presse le 4 mars 2024 à Nouakchott. Devant un parterre de journalistes, il a fait le point sur la rencontre entre quelques représentants de l’opposition, un émissaire du FMI venu de Washington et la représentante de l’institution monétaire internationale en Mauritanie, Anta NDoye. Il a aussi parlé de la présidentielle en vue, de l’état-civil et d’autres sujets soulevés par les journalistes. Etaient présents à ses côtés, Oumar Ould Yali, président du parti RAG (non reconnu), l’aile politique d’IRA, et la député Marième Cheikh Dieng.

Rencontre avec le FMI

Faisant l’économie de la rencontre avec le FMI, Birame Dah Abeid a expliqué que l’objectif de la rencontre entre la mission du FMI et les leaders politiques invités, tels que présentée par l’émissaire de Washington, est de recueillir l’avis de la classe politique par rapport aux interventions en Mauritanie de l’institution monétaire et le bilan qu’ils en font, ainsi que ses répercussions sur les conditions de vie de la population. Cette pratique entrerait, selon lui, dans la routine du FMI au niveau des pays membres, à la veille de chaque élection présidentielle.

Selon Birame, l’opposition aurait déclaré que les interventions du FMI en Mauritanie n’ont aucune incidence sur la vie des population. Ils auraient mis en exergue la dégradation de l’éducation marquée par les faibles résultats du baccalauréat, la falsification des diplômes, le népotisme et la corruption. Idem sur le plan de la santé, avec la prolifération des médicaments falsifiés, le faible niveau de l’offre médical, le chômage des médecins sortants et des autres diplômés de la santé.

Les partis présents à la rencontre auraient également cité la hausse vertigineuse des prix du fait d’une politique usurière pratiquée par l’Etat à travers la forte taxation des produits de première nécessité, la fraude fiscale pratiquée par les grosses fortunes, la mal gouvernance financière, l’enrichissement illicite des cercles proches du pouvoir, la création par l’Etat d’une clientèle de nouveaux riches au sein des cellules qui lui sont affiliées. En d’autres termes, les responsables de l’opposition auraient mis en exergue la forte discrimination en termes de partage de la richesse nationale, ce qui met en rade une importante partie de la population sur une base ethnique et raciale.

A été également évoquée la question du chômage, surtout celui des jeunes, mais aussi la pauvreté dont les taux augmentent au lieu de baisser.

L’enrôlement et Taazour

Selon Birame, la mission du FMI a déclaré l’importance qu’elle attache à l’enrôlement de tous les citoyens mauritaniens ainsi qu’aux actions de l’Agence de Solidarité Taazour pour son rôle en matière de bien-être social des populations, notamment les plus démunies.

Sur ce point, l’opposition aurait relevé le fait paradoxal en Mauritanie où les citoyens sont à la recherche de leur nationalité comme des étrangers, alors qu’il s’agit d’un droit constitutionnel.  En attestent, selon elle, les longs rangs devant les centres d’état-civil, donnant au visiteur étranger l’impression que ces longues files sont constitués de demandeurs d’asile venus d’ailleurs, alors qu’il s‘agit de Mauritaniens. Selon Birame, c’est comme si l’Etat, à travers le recensement biométrique, chercherait à faire des ciblages dans l’attribution de la nationalité selon l’ethnie et la race. Une discrimination qu’il qualifie de dangereuse.

Quant à Taazour, à travers le registre social établi par le Ministère des Finances, elle ne serait, selon Birame, qu’un instrument politique aux mains du parti au pouvoir pour faire pression en période électorale sur les populations bénéficiaires des aides sociales accordées par l’Etat.

Revenant sur la question de l’enrôlement qu’elle prend en charge en compagnie de deux autres députés, Ghamou Achour et Aminata, Marième Cheikh Dieng a affirmé avoir constaté sur le terrain une volonté politique du pouvoir de refuser l’enrôlement de plusieurs milliers de citoyens mauritaniens, notamment les négro-mauritaniens et les harratines, devenus depuis le 17 février 2024 des apatrides dans leur propre pays. A l’inverse, des Arabes, des Sahraouis et des Touarègues ont été recensés, selon elle.

Clash entre Birame et Ould Maouloud

Birame Dah Abeid est revenu sur le clash qui a eu lieu entre lui et le président de l’UFP, Mohamed Ould Maouloud, au cours de la rencontre des partis d’opposition avec la mission du FMI à Nouakchott. Sur ce point, nous vous livrons la version des deux parties sur l’incident.

Version de Birame

Selon Birame, Ould Maouloud a débarqué à l’improviste alors qu’il n’était pas invité, n’étant ni député ni président d’un parti représenté au Parlement. Etaient présents lors de son arrivée, selon lui, les deux fonctionnaires du FMI, en plus de Diop Amadou Tijane, président du FRUD et lui-même. Ils seront rejoints plus tard, probablement après l’incident, par les présidents des partis Sawab et Tawassoul.

Selon Birame, Ould Maouloud aurait salué tout le monde sauf lui, puis prit place. Il se serait ravisé par la suite et lui tendit la main, en lui lançant : « on se salue quand même, même si on va aller en procès ».  Birame aurait refusé de le saluer, arguant qu’il pouvait garder sa main, puis qu’il ne l’a pas salué à son arrivée.

Birame ajoute que Ould Maouloud, s’adressant au chef de mission du FMI et de la représentante de l’institution en Mauritanie, aurait lancé : « celui qui est en face de vous prétend être un défenseur des droits de l’homme, mais en réalité c’est un fauteur de trouble qui cherche à semer la zizanie et la discorde dans le pays ».

Furieux, Birame dit avoir répliqué en le traitant de menteur, ajoutant que Ould Maouloud est en mission commandé par le ministre de l’Intérieur pour le provoquer et créer une bagarre. Et d’ajouter que Ould Maouloud aurait demandé que Birame soit expulsé de la salle, sinon lui il va quitter. Ce à quoi, les responsables du FMI lui aurait répondu qu’ils souhaiteraient bien qu’il reste pour participer aux échanges mais qu’ils ne pouvaient expulser personne, précisant que ce problème est un problème personnel entre lui et Birame et que leur mission est d’écouter leurs avis sur l’objectif de la rencontre. Sur ce, Ould Maouloud serait parti, d’après Birame.

Version de Mohamed Ould Maouloud

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, le président de l’UFP a livré sa version du clash qui l’a opposé à Birame. Selon lui, il a reçu une invitation du Ministère de l’Intérieur pour assister à une réunion convoquée par le FMI adressée à quatre présidents de partis politiques, à savoir l’UFP, Tawassoul, Sawab et FRUD.

A son arrivée dans la salle de réunion qui s’est tenue à la Banque centrale, il trouva les deux représentants du FMI, puis Diop Amadou Tijane et Birame. Il salua tout le monde, y compris Birame. Mais ce dernier aurait refusé sa main tendue, puis lui adressa une volée d’insultes et de diatribes, ne lui laissant aucune possibilité de réplique. Ould Maouloud affirma avoir été profondément gêné par cette attaque agressive d’autant que la scène se déroulait en présence d’une mission étrangère.

Il affirme s’être excusé auprès de la mission du FMI, arguant qu’il ne pouvait pas participer à une rencontre où tant de violences s’est manifestée. Puis, il soutient avoir quitté la salle, suivie par les deux fonctionnaires du FMI, visiblement désolés de ce qui venait de se passer. Ould Maouloud affirme n’avoir à aucun moment demandé que Birame soit expulsé de la salle.

Cet incident, quoiqu’on ne puisse savoir lequel entre Birame et Ould Maouloud est l’agresseur ou l’agressé, a fait le chou gras des réseaux sociaux mauritaniens, où les partisans des deux leaders se sont livrés à des passe-d ’armes truffées d’invectives à travers la toile.

Il faut noter que le torchon brûle entre les deux hommes depuis que Ould Maouloud a porté plainte contre Birame pour diffamation.

Convocation des partis candidats à la reconnaissance

La réunion convoquée par le Ministre de l’Intérieur adressée à tous les partis en quête de reconnaissance officielle a eu lieu lundi 4 mars 2024. Oumar Ould Yali, président du parti RAG dont la demande de reconnaissance bute depuis des années sur le refus des autorités, est revenu sur cette réunion. Selon lui, cette subite envie du Ministre de l’Intérieur de rencontrer les partis en gestation en plus de ceux déjà dissous, est une mascarade et une insulte aux lois de la République. D’après Omar Ould Yali, le régime actuel et celui qui le précède ont gelé depuis des années la loi sur les partis, se substituant à l’Assemblée nationale seul organe de législation, pour suspendre des dispositions légales. En témoigne, cette volonté du Ministre de l’Intérieur de vouloir ressusciter des partis politiques dissous par la force de la loi. En définitive, Oumar Yali trouve dans cette initiative du Ministre de l’Intérieur une intention inavouée de faire reconnaître de nouveaux partis proches de son sérail politique en cherchant à se camoufler derrière la reconnaissance de partis honnis comme le RAG. La réunion à laquelle il avait délégué un membre du parti se serait achevé, selon lui, sur des salamalecks en attendant la prochaine réunion.

De l’élection présidentielle en vue

Birame trouve que c’est la première fois dans l’histoire politique du pays où l’on voit apparaître au sein du pouvoir une puissante aile dont l’objectif est d’empêcher les partis politiques de l’opposition d’être représentés au sein des instances municipales, régionales et législatives. C’est également la première fois, selon lui, qu’une aile puissante émerge au sein du pouvoir pour empêcher que l’opposition puisse aligner aux élections présidentielles des candidats naturellement connus sur la scène politique. Il donne l’exemple des élections générales qui ont eu lieu en 2023 où le ministre de l’Intérieur aurait convoqué certaines personnalités en quête de reconnaissance pour leurs partis en leur disant qu’il ne pouvait pas leur donner un parti car cela l’obligerait à faire de même pour le parti RAG de Birame, ce qu’il ne compte pas faire. C’est ainsi que le Ministre de l’Intérieur aurait dispatché ces personnalités qui ne cherchaient qu’un strapontin pour accéder à un poste électif vers des partis déjà reconnus, certains de la majorité et d’autres de partis soi-disant de l’opposition. 

Birame considère que ces machinations sont une trahison de la volonté populaire et une manière de vider la démocratie et ses institutions de leur substance. Cette même machination serait déclenché ces temps-ci selon lui en prélude à la prochaine présidentielle de 2024. Et cela en connivence avec d’autres forces politiques pour détourner une nouvelle fois la volonté politique en brisant l’élan de la vraie opposition.

C’est cette sourde machination qui l’empêcherait lui Birame d’annoncer sa candidature à la présidentielle de 2024 sachant que l’aile extrémiste du pouvoir cherche à l’écarter de la course à travers le président de l’UFP Mohamed Ould Maouloud et sa plainte pour diffamation.

C’est pourquoi, a-t-il ajouté en substance, l’opposition doit préparer un plan B en s’accordant sur une candidature unique ou tout au moins, autour de trois solides candidats.

Questions diverses

Parmi les autres points abordés, le cas du jeune président du mouvement Kavana, Yacoub Mohamed Lemarabott, objet selon Birame d’une cabale, à travers la publication d’une carte qui attesterait de son statut d’agent des services de renseignement. Selon lui, il considère que ce jeune fait l’objet d’une campagne de dénigrement visant à le porter atteinte à sa crédibilité à cause de son combat contre le système politique dominant et contre ses injustices.

Birame a aussi parlé de la convention entre l’Union européenne et la Mauritanie sur la migration, soulignant qu’il suit de près ce dossier et qu’il dénoncera toute tentative de rétention et d’emprisonnement de migrants dans des camps conçus à cet effet ou dans les geôles du pays. La migration selon lui n’est pas un crime et le devoir de la Mauritanie est d’expulser ceux parmi les migrants qu’elle ne désire pas accueillir, mais que nul n’a le droit de torturer ou d’enfermer un migrant.

Cheikh Aïdara

• Lien de source média https://aidara.mondoblog.org/2024/03/06/birame-dah-abeid-je-nai-pas-encore-annonce-ma-candidature-en-attendant-de-savoir/

🔴Note de condoléances à l’ensemble de la localité de Mambri (Mali) | Par Armepes-France, Ganbanaaxu Fedde Mauritanie et partenaires

Nous apprenons ce samedi 2 mars 2024, le décès de M. Bayi Diakhité , le chef de village de Mambri. Cette localité est réputée pour avoir accueilli plus de 1500 déplacés qui avaient été violentés et chassés de nombreux villages esclavagistes. C’était en début d’année 2019, leur seul tort, c’est avoir refusé les coutumes esclavagistes et féodales les humiliant affreusement depuis plusieurs générations. Ainsi ils avaient trouvé refuge et paix chez cet honorable monsieur et sa communauté. Selon le témoignage de M. Tougahe Touré, militant anti-esclavagiste gambana (issu des déplacés accueillis), le vieux Diakhité et ses proches ont été d’une grande générosité à leur endroit. Il raconte qu’à leur arrivée en grande détresse (plusieurs hommes, femmes et enfants) voir https://bamada.net/pratique-de-lesclavage-a-mambri-la-cndh-tire-la-sonnette-dalarme , le défunt quasi centenaire leur avait donné refuge tout en demandant aux populations locales de faciliter matériellement et socialement leur intégration (logements, terres cultivables, relations sociales…).
À l’occasion de ce deuil qui frappe Mambri, nous présentons nos sincères et fraternelles condoléances à la famille de M. Diakhité et à l’ensemble de sa communauté villageoise. Nous rendons un grand hommage sa mémoire de grand humaniste par ses actes valeureux qui ont rendu dignité à plusieurs centaines de personnes chassées de leurs villages d’origine. L’Histoire retiendra.
Paix éternelle à son âme. Ameen

3 mars 2024

Armepes-France, Ganbanaaxu Fedde Mauritanie et partenaires

Ici entouré par des cadres gambana Mali (Rmfp) dont le président M. Niaki Kanoute

● Le ministère de l’Intérieur convoque les partis en quête d’autorisation et ceux qui ont été « dissous par décision judiciaire »

Taqadomy – Le Ministère mauritanien de l’Intérieur a convoqué les acteurs politiques ayant préalablement déposé des dossiers auprès de la Direction générale de la rédaction, des affaires politiques et des libertés publiques, en vue de l’obtention du récépissé de parti politique.

Le Ministère a également appelé les partis dissous sur la base des résultats des élections de 2018 et 2023, à se présenter aux bureaux de l’administration concernée le lundi 4 mars 2024, à 11 heures.

Selon un message publié sur la page du Ministère, les partis doivent dépêcher un représentant accrédité, qui doit être muni de sa carte d’identité nationale.

En octobre de l’année dernière, le Ministère de l’Intérieur avait pris la décision de dissoudre 5 partis politiques, qui n’avaient pas obtenu 1% des suffrages lors des deux dernières élections municipales ales, comme le stipule la loi régissant les partis politiques.

La décision concernait le Parti Républicain pour la Démocratie et le Renouveau (PRDR), le Parti National du Ribat pour les Droits et la Construction des générations (Ribat), le Parti de la Mouvance des Jeunes pour la Patrie (El-Hirak) et le Parti pour la Construction et le Progrès (Hizb El-Bina).

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=772939

● L’Ambassadeur de Mauritanie en France présente ses lettres de créance

S.E.M. l’Ambassadeur Mohamed Yahya Ould Teiss a présenté, jeudi au Palais de l’Élysée à Paris, ses lettres de créance au Président français Emmanuel Macron, en sa qualité d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République Islamique de Mauritanie auprès de la République Française.

Au cours de la cérémonie, S.E.M. l’Ambassadeur a transmis les salutations de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, notant le bon niveau des relations entre les deux pays et sa volonté de travailler avec les responsables français pour les renforcer aux niveaux bilatéral et multilatéral.

Pour sa part, le Président de la République française, Emmanuel Macron, a demandé à l’Ambassadeur de transmettre ses salutations et ses sentiments d’amitié à Son Excellence le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani. Il a, par ailleurs, exprimé son admiration pour la Mauritanie, qu’il a qualifiée de «partenaire pivot au niveau régional et continental en Afrique ».

Il a exprimé sa disponibilité à travailler avec Son Excellence le Président de la République sur toutes les questions intéressant les deux pays d’une part, et son désir de travailler avec lui tout au long de sa présidence tournante de l’Union africaine, d’autre part.

La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères.

• Lien média https://ami.mr/fr/archives/241209

● Le PRIX littéraire LES AFRIQUES 2023 a été attribué à BEYROUK pour son roman SAARA [La CENE littéraire]

Le PRIX LITTERAIRE LES AFRIQUES 2023 :

Le PRIX littéraire LES AFRIQUES 2023 a été attribué à BEYROUK pour son roman SAARA paru en 2022 aux éditions ELYZAD.

Saara est un roman choral dans lequel s’élèvent trois voix.
Trois destins complexes qui s’entremêlent, s’entrelacent au rythme de l’écriture en poésie de l’excellent BEYROUK.

A travers cette polyphonie, on entend la dénonciation des inégalités sociales et raciales, les dangers des intégrismes religieux, les défis du respect de la nature et de la préservation du territoire et enfin les méfaits de la mondialisation.

Pour autant, la splendeur et la justesse des mots de BEYROUK mettent le lecteur en face d’un récit engagé, engageant et méditatif sur les conséquences de la folie des Hommes.

EXTRAITS :

« Là, au fond de moi je sens un vide qui crie, un désir de bras qui serrent, de cœurs qui embrassent, d’étreintes qui durent plus qu’un instant ».

« Mais j’ai saisi, en côtoyant les grands espaces et les esprits simples, ce qu’avaient voulu m’expliquer nos ascètes : que chaque personne possède sa propre réponse et qu’elle ne peut qu’être en elle, et qu’elle ne vient qu’à son heure. ».

LE LAUREAT :

BEYROUK est né à Atar dans le Nord mauritanien. Journaliste pendant de nombreuses années, il a fondé le premier journal indépendant de Mauritanie et présidé la première association de presse indépendante.

Il vit à Nouakchott, en Mauritanie, où il est reconnu comme l’une des voix essentielles de la littérature. Ses nouvelles et ses romans sont lus et traduits à l’étranger, notamment :

– Et le ciel a oublié de pleuvoir (roman, Dapper, 2006) ;
– Nouvelles du désert (nouvelles, Présence Africaine, 2009) ;
– Le griot de l’émir (roman, Elyzad, 2013) ;
– Le Tambour des larmes (roman, Elyzad, 2015) ;
– Je suis seul (roman, Elyzad, 2018) ;
– Parias (roman, Sabine Wespieser, 2021) ;
– Le silence des horizons (roman, Elyzad, 2021) ;
– Saara (roman, Elyzad, 2022).

LE JURY :

Cette année 2023, le jury présidé par le professeur Ambroise KOM était, par ordre alphabétique des prénoms, constitué de :

– Adélaïde FASSINOU (écrivaine) ;
– Alphoncine BOUYA (écrivaine) ;
– Boubacar Boris DIOP (écrivain) ;
– Hortense SIME (médecin) ;
– Josias SEMUJANGA (professeur de littérature) ;
– Philippe BONVIN (écrivain et bibliothécaire) ;
– Sada KANE (journaliste).

LA DOTATION :

Le lauréat reçoit un montant d’Euros 6’000 et une œuvre d’art du peintre Momar Seck, d’une valeur d’Euros 3’000. Par ailleurs, La Maison d’édition Flore ZOA achète les droits de l’œuvre primée pour la zone « Afrique francophone » en cas d’accord avec l’éditeur. La réédition est ensuite imprimée à environ 10 000 exemplaires pour être principalement distribuée gratuitement dans des lycées, collèges, universités et lieux de culture en Afrique.

LES FINALISTES :

Les romans suivants avaient été sélectionnés par le comité de lecture :

– Saara, Beyrouk (Elyzad) ;
– Le feu du milieu, Touhfat Mouhtare (Le bruit du monde) ;
– La ligne de couleur, Igiaba Scego (Dalva) ;
– Si le soleil se dérobe, Nicole Dennis-Benn (L’aube) ;
– La maison en pierre, Novuyo Rose Tshuma (Actes Sud).

Source : Lien média Page Facebook La CENE littéraire https://www.facebook.com/share/p/7XAzagpD31nrRAoo/

● Richesses et défis du Guidimakha : un plaidoyer urgent pour l’avenir | Par M. Djibéry Doukouré

Introduction

Le Guidimakha, perle méridionale de la Mauritanie, dévoile ses trésors et ses défis dans un ballet complexe de géographie, d’économie et de sociologie. Cette région, dotée d’une diversité naturelle exceptionnelle, se trouve à un carrefour critique. À travers cet article, nous plaidons pour une action immédiate des décideurs et des partenaires au développement pour préserver et stimuler le potentiel inexploité du Guidimakha.

Géographie et Économie

Le Guidimakha, d’une superficie de 10 300 km², est stratégiquement situé aux frontières de la région mauritanienne d’Assaba au nord-est, le Mali au sud-est, le Sénégal au sud-ouest et la région mauritanienne de Gorgol à l’ouest. Ses paysages variés, des montagnes aux dunes envoûtantes, en font un acteur majeur de l’économie mauritanienne. Sa pluviométrie généreuse de 500 mm par an lui confère le statut de grenier du pays, favorisant l’agriculture et l’élevage.

Défis Environnementaux et Négligence

Cependant, derrière cette façade prospère se cachent des défis cruciaux. La répartition pluviométrique inégale entrave la culture du dieri, et l’invasion croissante de parasites menace la stabilité agricole. De plus, le manque d’infrastructures et la mauvaise gestion des ressources, notamment l’exploitation inadéquate de l’eau du fleuve Sénégal, laissent la population locale en proie à la pénurie d’eau, entravant le développement agricole.

Négligence Historique et Crise de Représentation

La négligence historique du Guidimakha par les instances gouvernementales est profondément enracinée. Un désintérêt général pour le militantisme politique s’est traduit par une faible représentation électorale, diminuant ainsi le poids politique de la région aux yeux des décideurs nationaux. Cela a entravé la priorisation des besoins locaux, contribuant à un cycle de sous-développement.

Migration et Démographie

Historiquement, la migration a été une bouée de sauvetage pour de nombreuses familles, avec des membres émigrés soutenant financièrement les leurs. Cependant, cette dépendance a créé une crise démographique, avec la jeunesse active quittant la région à la recherche de meilleures opportunités, créant un déséquilibre social et économique. Les villages, autrefois soutenus par une ou deux personnes émigrées, voient maintenant l’ensemble de leur population active tenter l’aventure de l’émigration, souvent au péril de leur vie.

Services Publics et Initiatives Gouvernementales

Le gouvernement a lancé des initiatives telles que le programme « Mon Projet, Mon Avenir » pour soutenir les micros et petites entreprises à travers le pays, visant à encourager les autoentrepreneurs. Cependant, malgré ses objectifs louables, le programme présente des lacunes significatives. Les jeunes entrepreneurs, cible principale, rencontrent des difficultés dues à un manque de compétences dans le montage de projets, les contraignant à recourir à des tiers, une barrière supplémentaire pour les jeunes sans emploi.

De plus, des problèmes de transparence et d’équité dans le traitement des demandes de financement compromettent l’environnement entrepreneurial. Enfin, le suivi insuffisant des projets financés entraîne l’échec de nombreuses initiatives. Pour remédier à ces défis, nous préconisons la création d’un comité multipartite pour la sélection des bénéficiaires, impliquant des représentants de l’État, de la société civile, des responsables communautaires et des municipalités.

De plus, l’établissement d’un bureau d’appui au montage de projets et la mise en place d’un programme de parrainage des projets financés sont fortement recommandés pour renforcer la qualité des initiatives, assurer la transparence et garantir un suivi efficace.

Appel à l’Action pour le Développement Durable

Bien que des projets financés par des partenaires au développement soient présents, la majorité est axée sur des urgences telles que la malnutrition. Pour garantir un avenir durable, des projets à long terme, tels que la construction de barrages et de périmètres irrigués, sont cruciaux pour exploiter pleinement les ressources du fleuve Sénégal. Ces projets permettront de résoudre les problèmes d’accès à l’eau, d’améliorer la sécurité alimentaire et de soutenir les activités agricoles et d’élevage.

Soutien à la Nouvelle Génération

Malgré les défis, une nouvelle génération d’entrepreneurs émerge, transformant les terres agricoles saisonnières en entreprises prospères toute l’année. Ces jeunes visionnaires méritent un soutien substantiel à travers la mise en place d’infrastructures de base, notamment des centres de formation agricole, des systèmes d’irrigation modernes et un accès facilité au crédit agricole. Ils représentent l’espoir d’une transformation durable du Guidimakha.

Conclusion : Un Appel Pressant à l’Action

En conclusion, le Guidimakha est à un point d’inflexion. Son potentiel inexploité est menacé par des défis persistants. Cet article est un appel pressant aux décideurs et aux partenaires au développement pour agir maintenant, pour préserver et promouvoir le Guidimakha en tant que joyau économique et environnemental de la Mauritanie. L’avenir du Guidimakha dépend de l’action collective et urgente en faveur du développement durable.

Djibéry Doukouré,

Coordinateur de Projet de Développement

Membre du Think Tank Mauritanie Perspectives

Références :

1. Guidimakha : la gestion des ressources naturelles au cœur d’enjeux politiques, alimentaires et sécuritaires, Charlotte Secco, Dans L’Ouest Saharien 2019/1 (Vol. 9)

2. Monographie régionale de la wilaya du Guidimakha, Agence Nationale de la Statistique, de l’Analyse Démographique et Economique

3. Les fils disparus du Guidimakha | Comité international de la Croix-Rouge (icrc.org)

• Lien https://cridem.org/C_Info.php?article=772815

● Pourquoi la jeunesse mauritanienne fuit son propre pays ? / Par Brahim Mamadou Korera, Ecrivain

L’immigration est devenue un sujet de première importance ces derniers mois en Mauritanie. Les autorités du pays tentent de freiner cette pandémie par tous les moyens légaux car depuis décembre 2023 notre pays est devenu une manne aux candidats à l’immigration clandestine.

Nouakchott et Nouadhibou sont devenus tristement célèbres car c’est à partir de ces deux villes précitées que les Mauritaniens et les étrangers ( Maliens, Sénégalais, Gambiens…) prennent la pirogue pour traverser la Méditerranée.

Face à cet afflux record de migrants en Espagne (plus de 7000 en janvier 2024), le chef du gouvernement Espagnol et la présidente de la commission européenne étaient venus en Mauritanie pour chercher des solutions efficaces contre ce phénomène.

Ainsi, La présidente de la commission européenne a annoncé au début de ce mois, un soutien financier de 210 millions d’euros pour la gestion des migrations en faveur de la Mauritanie. C’est salutaire mais pas suffisant car, avant de penser à stopper coûte que coûte cette hémorragie sociale, les Européens devraient se poser d’abord la question suivante : pourquoi la jeunesse Mauritanienne est prête à mourir dans la mer que de rester dans leur propre pays ?

Commençons par le commencement. En Mauritanie, il y a beaucoup de jeunes qui rêvent de voyager de l’autre côté de l’atlantique. Parmi ces jeunes, certains souhaitent juste aller faire leurs vacances en occident comme les jeunes européens ou américains viennent faire leurs vacances chez nous.

Par contre, d’autres préfèrent partir travailler dans les pays occidentaux pour la quête d’une vie meilleure. Malheureusement, les ambassades européennes qui sont en Mauritanie, ne font pas la différence entre les demandeurs de visa . Les demandeurs de ce « diamant » sont presque tous systématiquement rejetés.

Voilà ce qui favorise l’immigration illégale, car si ces jeunes obtenaient normalement le visa, ils n’emprunteraient jamais cette route tueuse. En second lieu, une partie de notre jeunesse est totalement désespérée. Elle vit sans perspective car décrocher un emploi quel qu’il soit en Mauritanie est devenu aujourd’hui un luxe . Cela pousse également notre jeunesse à quitter le pays.

Pour lutter efficacement contre l’immigration clandestine dans notre pays, les ambassades européennes qui sont sur notre sol devraient revoir obligatoirement leurs politiques en matière d’attribution de visas. Elles sont aujourd’hui responsables de tout ce qui se passe en Méditerranée. Elles doivent assumer ouvertement les conséquences.

En outre, pour stopper l’immigration clandestine, le gouvernement Mauritanien doit continuer à assister sa jeunesse en créant des emplois puisque cette jeunesse est vraiment désespérée. Toutefois cela ne justifie pas quand-même cette immigration illégale.

Enfin, le Ministre de l’intérieur doit créer une commission active capable d’endiguer ce cataclysme pour éviter le pire. Malheureusement à l’heure où j’écris cet article presque 40 jeunes soninkés du Guidimakha ( sud-est de la Mauritanie) sont portés disparus depuis environ un mois. Vraiment l’heure est grave !

Brahim Mamadou Korera,
Ecrivain

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=772773

● Dialogue politique ou monologue politique ? | Par le journaliste Seyré SIDIBÉ

En démocratie, le dialogue, est un exercice permanent. Une réalité de tous les jours en tant de crise comme en temps de paix.
Il est consubstantiel au pouvoir démocratique, dès lors que celui-ci est avant tout horizontalité.

Le malaise de la gouvernance dans les États africains est bien perceptible à travers « le concept de dialogue national » qui a supplanté celui de Conférence Nationale, en vogue sur le continent dans les années 90.

Conférence nationale, Dialogue national, assises nationales renvoient toujours au champ semantique de Concertrations, de recherche de compromis pour acter l’inclusivité, la participation etc. Autant de marqueur d’un pouvoir qui n’entend pas gouverner en solitaire, qui est à l’écoute du peuple, et soucieux de la sacralité du pluralisme.

Or, dans une démocratie normale de telles rencontres sont rarement convoquées, décrétées par la seule volonté du chef. En effet, elles sont souvent résultantes d’une crise née du manque d’ouverture en amont : une gouvernance trop verticale, autoritaire voire autocratique.

L’une des caractéristiques de ces grand-messes, le manque de sincérité du pouvoir, initiateur et commanditaire des Assises nationales.
Exactement comme le pompier pyromane qui met le feu aux poudres et s’empresse d’être le plus en vue pour l’éteindre : prouver sa bonne volonté ou encore son professionnalisme dans l’exercice.

Ce qu’il est advenu d’appeler Dialogue national n’est qu’un écran de fumée, une supercherie utilisée par le pouvoir pour réconforter sa position, pour reprendre la main, au moment où il est en mauvaise posture.

En réalité, ce n’est pas dialogue . C’est un monologue du pouvoir dont l’issue est connue d’avance.
À cette occasion, le pouvoir essaie de changer les règles du jeu politique, en agissant par la fourberie pour changer à son avantage la configuration du paysage politique : des partis fantoches sont promus au détriment des véritables challengers.

En Afrique, ces rencontres inutiles, sans lendemain, onéreuses pour le contribuable et dont les conclusions ne durent que l’instant de la lecture du communiqué final, sont une véritable mascarade qui viennent baliser le terrain, ouvrir la voie à des élections frauduleuses et truquées d’avance.

En vérité, en démocratie on n’a pas besoin de décréter le dialogue, elle est partie intégrante du pouvoir démocratique.

Les acteurs sociaux, la société civile, les syndicats, les organisations socioprofessionnels etc., sont constamment dans le dialogue et toujours disposer à dialoguer.

Aujourd’hui, le président Macky Sall en fin de mandat et dans un contexte où il a lui-même crée une situation de crise politique multidimensionnelle, appelle de ses voeux au Dialogue.
N’a-t-il pas eu assez de temps pour Dialoguer ?
Quelle est la légitimité de ce dialogue après gouverner le chao, à coup de marteau et de bulldozer contre les institutions ?

Je souhaite vivement que le peuple sénégalais sorte requinqué de cette crise dont les éclaboussures peuvent faire des victimes collatérales loin des frontières de leur pays.

En effet, les mauvais exemples sur le continent donnent toujours des idées à d’autres. Ils n’hésitent à calquer …

Au moment où les rideaux du Dialogue national sénégal s’apprêtent à être baissés, un autre pays africain, d’autres sont dans la programmation de leur énième Dialogue. Un cercle vicieux.

Si bien qu’on a tenté par extrapolation de dire que les Africains aiment parler, bavarder .
La démocratie ce n’est pas seulement des joutes verbales, de l’oralité pour rien.

Une chose est sûre, ce que les peuples africains en ont assez de ces Dialogues politiques illusoires et sans perspectives.

La démocratie repose sur des contrats, des engagements, des textes de lois et des concessions. C’est une culture du partage et des valeurs auxquelles on souscrit pour le meilleur et pour le pire.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/dialogue-politique-ou-monologue-politique/

● « Loi d’Amnistie au Sénégal : ouvrir un débat et se poser des questions » | Par M. Souleymane SIDIBÉ

En 2004, au Sénégal, une loi d’amnistie a été votée dans l’affaire Me Seye. C’est la Loi Ezzan, proposée par Ibrahima Isidore Ezzan. Celle-ci a remporté 70 voix contre 27. Le député Khoureychi Thiam a voté contre, et le professeur Iba Der Thiam s’est abstenu.

Le professeur Bathily a exprimé le danger d’avaliser le crime, tandis que le ministre de la Justice Serigne Diop, Garde des Sceaux, a salué cette loi comme une bonne chose, soulignant qu’elle n’a pas été proposée par le pouvoir exécutif. Feu Dansonkho a souligné qu’on ne peut pas arrêter la vérité.

Étonnamment, le député libéral, Ibrahima Isidore, a
rejoint son créateur juste après le vote de cette loi. Il avait tout de même minimisé la mort d’un membre du Conseil Constitutionnel sénégalais, feu Me Seye, qui avait tenté de prendre son courage à deux mains après la démission du juge feu Kéba Mbaye.

Quant à ce que certains qualifient de compromis politiques, cela soulève des questions sur la situation politique actuelle. La justice est-elle un moyen coercitif et de dédommagement des crimes ? Aux spécialistes de nous éclairer au mieux pour que l’on puisse faire une analyse.

Concernant l’amnistie, il convient de préciser qu’elle implique l’absence de poursuites pour des faits avérés et dont les auteurs sont reconnus coupables. Les termes sont clairs dans le langage judiciaire. Elle ne doit pas être confondue avec la paix intérieure, comme l’a souligné Me Brahim Ould Ebety dans un contexte mauritanien différent.

Maintenant, que cherche le président Macky Sall ?

Souleymane Sidibé,
Bordeaux, le 27 février 2024.

● Avatars de l’esclavage et du racisme en Mauritanie [IRA-Mauritanie]

مـــــــــبـــــــادرة انـــــبعـــــاث الحــــركـــــــة الإعـــــــــــــــــــــتاقـــــيـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــة
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENTABOLITIONNISTE (IRA)
RÉCÉPISSÉ N° FA 010000102912202100001

Avatars de l’esclavage et du racisme en Mauritanie

Chronique d’une liquidation préméditée

Ce qui suit est une mise au point, à l’attention des partenaires stratégiques de la Mauritanie.

1. Dès le mois de mai 2022, l’Etat a entamé une dynamique de harcèlement aux dépens du député de l’alternance, Biram Dah Abeid, candidat à l’élection du Président de la République en juin 2024. Aux campagnes mécaniques de diabolisation se substituent, assez vite, les menaces de mort et la volonté de l’exclure de la compétition. Le déclenchement de la stratégie de l’isolement revenait aux sécurocrates du renseignement et de la police politique. Le secrétaire général adjoint du gouvernement, Ishagh Elkenti et une pléthore de sous-fifres à lui affiliés inaugurèrent une inquisition que ne désavouerait le tribunal du Saint office, au Moyen-âge de l’Europe du sud. Chacun y est allé -et revenu – de sa séquence vidéo, pour alerter l’opinion hassanophone, quant à la nuisance de Biram Dah Abeid. Aux yeux des zélateurs et émules nombreux parmi la caste des anciens maîtres, le récipiendaire des prix internationaux de promotion des droits humains, de la démocratie et de la non-violence exécute l’agenda des juifs et des chrétiens, ennemis présumés de la Mauritanie, de son arabité et de sa religion. Nos compatriotes qui gardent un minimum de lucidité mémorielle établiront, ici, la comparaison avec les délires du nationalisme précurseur de la tentative d’épuration ethnique, de 1986 à 1991. A chaque moment décisif de la répression des noirs subsahariens dans notre pays, il s’avère d’usage récurrent de convoquer, ensemble, au banc des méchants perpétuels, l’Occident, les juifs, l’impérialisme et la progéniture de Satan. Ces menus reproches, où la perfidie enfle à souhait, mobilisent la facilité et le sens du raccourci en guise de fil conducteur à la propagande.

2. Equivalent dilué des émissions de haine sur les ondes de Radio mille collines durant le génocide des Tutsis au Rwanda, les séquences vidéo et audio de dénigrement tendent, à créditer, auprès de l’opinion hassanophone, la certitude que la revendication d’égalité selon l’Initiative de résurgence abolitionniste (Ira), secoue les équilibres fondateurs de la domination, dont la suprématie des tribus arabo-berbères et la continuité de leurs privilèges, bien à rebours de la loi et de l’éthique républicaine.

3. D’ailleurs, comble d’arrogance et de confiance en son impunité, un parent et partisan zélé de l’éminence grise du pouvoir, n’hésitera, à préciser, devant témoins, les termes de la dissuasion. Ainsi, le 11 mai 2022, en marge d’une visite de Biram Dah Abeid à Akjoujt, il déclarait : « mon cousin et le président Ghazouani, ne fonctionnent pas comme l’ancien président Mohamed Abdel Aziz; lui t’arrête et te libère en fin de compte mais le ministre de l’intérieur et le président actuel, vont te tuer si continues ton activisme malsain et moi qui te parle je pèse mes mots et te mets en garde ».

4. Le lendemain, à Atar, lors d’un congrès de Refondation pour action globale (Rag), alors interdit mais toléré au titre de l’ouverture et de l’apaisement initiés par le Chef de l’Etat, une unité de la police anti-émeutes investit la salle et déchire les banderoles, face à un public stupéfait d’une telle outrecuidance. L’aile dirigeante du mouvement d’émancipation assiste à l’effondrement de ses chances de reconnaissance formelle. Aussitôt, son leader, Oumar Ould Yali décide de suspendre sa participation au projet de dialogue inclusif.

5. A la suite du retrait, les meneurs de l’Union des forces de progrès (Ufp), Mohamed Ould Maouloud et maître Lô Gourmo, critiquent Rag et l’accusent d’avoir entraîné l’échec de la concertation avec la Majorité. Dès lors, attaques et dénigrement envers Biram Dah Abeid deviendront le point de convergence entre la formation et ses nouveaux alliés au sein du Pacte républicain. Le bricolage d’entente résulte, en 2023, de la défaite de l’opposition traditionnelle, aux élections des députés, conseillers de mairie et de région. L’Ufp, réduite à un score inférieur à 2% des suffrages perdait de son aura. En guise d’assurance-vie, il lui fallait s’accrocher à la remorque déjà surchargée de l’Insaf, le rassemblement des acteurs de la conservation et de l’opportunisme, héritier du Parti républicain démocratique et social (Prds), pendant la dictature du Colonel Ould Taya.

6. Pire, depuis le début de février, date de la révolte des paysans victimes de l’esclavage foncier à Rkiz, l’Ufp ne cesse d’imputer, au courant abolitionniste, les préparatifs d’une guerre civile, voire d’un projet « nazi » d’extermination des arabo-berbères. Grâce à quel armement, s’interrogerait un esprit rationnel et de bonne foi !? A l’appui d’une assertion tant fantaisiste, les détracteurs de Biram Dah Abeid, évoquent le moment historique où il procéda, en 2012, à l’incinération des livres de droit musulman qui légalisent et organisent l’infériorité du serviteur noir, à proximité de son propriétaire noble. Le discours de la panique et du takfir s’adresse, comme d’habitude, aux officines gardiennes du statu quo, en l’occurrence l’orgueil des clans et l’obscurantisme salafi, deux obédiences hier hostiles l’une à l’autre, avant leur union sous la bannière de la résistance à la demande massive d’égalité et de répartition équitable des ressources.

7. Alors, dernier épisode du processus de marginalisation en cours, Mohamed Ould Mouloud, porta plainte, contre Biram Dah Abeid, au grief diffamation. Aussi, le 20/02/2024, sacrifiant à une célérité exceptionnelle, le Bureau du Parlement, vota la levée de l’immunité du député, ultime acte sur le chemin de son éviction de l’échéance présidentielle. Non content de prendre le risque de le priver de parrainages, le pouvoir du moment vient de privilégier l’instrumentalisation de la justice, afin d’obtenir le même résultat, par un procédé moins brutal.

8. Voici pourquoi et comment la lutte n’en est qu’à ses prémisses. Nous la mènerons, à son terme, sans jamais tomber dans le piège de la diversion ni renoncer aux moyens pacifiques de notre relèvement.



Nouakchott, Commission de la communication, 23 février 2024