● Mauritanie | La présidentielle de 2024 en Mauritanie en brèves notions de prospective : Défaites honorables ou écrasement définitif pour les oppositions !?



Nous sommes en fin février 2024, à justement 4 mois pleins de l’échéance électorale pour la présidentielle en Mauritanie. D’abord pour se faire une idée sur les forces « brutes » en mouvement, on se doit de jauger à partir des dernières élections générales (législatives, régionales et municipales) tenues les 13 et 27 mai 2023. Le parti de l’équité (El Insaf) qui constitue le support civil et électoral du système de l’état profond (majorité continue) avait raflé aisément la mise avec 107 députés et 13 conseils régionaux/13. Et sur les 3 derniers rendez-vous électoraux (élections générales) 2013, 2018 et 2023, ce parti de la force étatique dans les sillons de son ascendant Upr (Union pour la république) tient l’essentiel de la gouvernance politique. Lors de la présidentielle de 2019, une transition interne a été montée au forceps pour assurer la continuité d’une majorité de l’état profond (l’armée). L’actuel occupant du palais ocre, M. Mohamed Cheikh El-Ghazouani avait remporté l’échéance de juin 2019 (52%) dans une atmosphère douteuse à rappeler quant à la transparence du scrutin. Un trio l’avait suivi par rang de pourcentages composé du leader abolitionniste M. Biram Dah Abeid (candidat indépendant) 18,59% , de l’ancien premier ministre M. Sidi Mohamed Ould Boubacar (candidat soutenu par les islamistes de Tawassoul et d’autres mouvements dispartes plus ou moins proches du système) 17,87% et de M. Kane Hamidou Baba (paix à son âme) portant les couleurs de la Coalition Vivre Ensemble avec 8,70%.

Ainsi de ce schéma du paysage politique, il faut noter l’illisibilité et l’imprévisibilité d’une certaine opposition dite historique « UFP et RFD » respectivement de M. Mohamed Ould Maouloud et de M. Ahmed Ould Daddah. Ces partis se seraient visiblement rangés du côté de « la majorité continue » autour d’un pacte dit républicain qui est loué étrangement à outrance sans effets concrets dans le réel. Il est sûr qu’ils avaient perdu l’élan populaire depuis quelques années, et ils espèrent une forme de virilité politique par du communicationnel pour gommer un virage de renoncement certain. À suivre de près leurs positionnements pour la présidentielle…
Il faut relever au passage une actualité brûlante autour d’une plainte introduite par le président de l’UFD contre le député Biram. On s’interroge si cette action judiciaire peut coûter une éventuelle candidature du président des Réseaux IRA-Mauritanie… un suspense !?

Alors, face au candidat de l’establishment (L’état, El Insaf, Udp…), on suivra l’embouteillage possible entre les rusés de Tawassoul, la dynamique coalition autour du FRUD de M. Diop Amadou, le leader antiesclavagiste Biram Dah Abeid et les restes de l’éventail large Coalition Vivre Ensemble. L’idéal serait qu’une candidature intelligente unique émerge de ces ensembles en formant un pôle politique programmatique pour provoquer une véritable dynamique populaire vers une possible alternance. En basant sur les observations du moment, cette candidature unique est peu probable, ainsi il y aura du bis repetita avec le passage confortable du candidat sortant à la grande élection et un partage des miettes entre les candidats de la petite élection. C’est dans cette petite élection que se dessinent les couleurs des défaites. Possiblement entre le député M. Biram Dah Abeid (indépendant ou Coalition) et le député et avocat M. El Id Mohameden M’Bareck (Ex RFD aujourd’hui figure marquante de la Coalition Espoir Mauritanie-Frud), se jouera la place 1 dans la petite élection. Pour rappel en 2014 et 2019, le candidat indépendant BDA avait gagné cette petite élection par les scores suivants : 8.67% et 18,59%. Focus en juin prochain…Qui avec quel score ?

Et le candidat de l’état profond va-t-il atteindre le pourcentage obtenu par son prédécesseur Ould Abdel Aziz en 2014,  81,89%…?

Le temps ⌛️ sera Juge !

26 février 2024

• sources des chiffres électoraux : Wikipedia

🖋KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

● Que reste-t-il de l’immunité parlementaire? | Par le journaliste Seyré SIDIBE

Depuis la tentative de rapprochement avorté entre, le député Sawab et figure de proue de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie et le président Mohamed Ould Cheikh ElGhazouani, un conflit larvé était dans l’air, telle une grenade dont la goupille était entre les mains de l’exécutif, prêt à l’actionner à la première occasion.
Le prétexte est certainement tout trouvé avec cette affaire de diffamation, et la levée de l’immunité parlementaire du député.
Une pratique qui en rappelle une autre, plus près de nous, sur l’autre rive avec son cortège de désolation et de sape de la démocratie.

La levée de l’immunité parlementaire à deux députés en laps de sept mois, Mohamed Bouya Cheikh en juillet 2023, et maintenant Biram Dah Abeid depuis le 20 février 2024, est révélatrice de l’immixtion de l’exécutif dans le judiciaire et le législatif.

Le plus difficile est de commencer. Ne dit-on pas, l’appétit vient en mangeant ?
Ce coup de pioche porté à la démocratie est en passe d’être normalisé, banalisé…

On la savait fragile, balbutiante et même mal en point, notre démocratie. Mais jamais, de mémoire d’homme, dans l’histoire politique de notre pays, je n’ai connaissance d’un tel coup asséné à la prestigieuse fonction de député : élu du peuple.

En effet, n’est pas député qui veut. Certains l’ont appris à leurs dépens lors des élections législatives, régionales et municipales de 2019, en se lançant à la conquête de la confiance du peuple. Un désaveu cuisant de bout en bout.

Et pourtant des députés bouillants, excellant dans la rhétorique controversée et spectaculaire du mépris de » l’autre », d’une partie de « nous « , il y en a toujours eu à l’assemblée nationale.
Des députés indélicats, l’hémicycle a toujours sut les gérer sans les blâmer, en ramenant leurs discours, leurs frasques et caprices à la fonction honorable de député, mandataire du peuple qui participe à l’éclosion de la démocratie et du pluralisme.

J’ai encore souvenance de ce député qui a déchiré de manière désinvolte des documents officiels ( projets de lois soumis à l’approbation des députés ) en direct à la télévision, et devant des membres du gouvernement, sous prétexte qu’ils étaient rédigés en français plutôt qu’en arabe.
Le geste était héroïque pour une partie de nos compatriotes, notamment ceux attachés à l’hégémonie de la langue arabe en vue d’écarter les cadres et compatriotes francophones.

Au- delà de la brutalité, la laideur et du caractère outrageant du geste, ce député a commis un sacrilège en avilissant le sceau de l’Etat, et ce quelque soit la langue utilisée.
Un comportement antipatrotique qui frise à la fois la provocation, l’incivisme : l’incivilite tout simplement.
L’attitude n’a point été condamnée. Elle n’a même pas eu l’écho d’un fait divers. Certainement c’est loin d’être le seul exemplaire de provocation à l’assemblée nationale. Mais le ribicon n’a jamais été franchi.

La levée expéditive de l’immunité parlementaire du député, Biram Dah Abeid est un prélude à
des ennemis judiciaires à quatre mois de la présidentielle, au lendemain des événements de Rkiz, de la sortie inédite du Club des juges mauritaniens contre le député et de l’expulsion manu militari de l’assemblée nationale de la députée, Mariem Mint Cheikh etc.

Assurément des signes avant-coureurs que l’étau se resserre autour de l’homme.
Ça sent le soufre. La conspiration.
C’est le moins qu’ on puisse dire.

Tant l’accusation de diffamation est minuscule comparativement à la diligence, et non sans un excès de zèle avec laquelle la procédure de levée de son immunité a été conduite.

Les députés ont-ils manqué de courage et de solidarité envers un des leurs, en le jetant en pâture ? On assiste à la mise à mort de l’esprit corporatif au détriment de positionnement politique.
L’immunité parlementaire, c’est la citadelle de la fonction de député qui le protège contre les appétits des deux autres pouvoirs- l’exécutif et le judiciaire- plus que jamais de concert, pour ne pas dire de connivence dans cette affaire de diffamation.

Vous êtes avertis. D’autres députés suivront.
Qui sera le prochain ?
Le donneur d’ordre est intransigeant !
Députés de la majorité comme de l’opposition, vous avez décidé de vendre votre âme au diable en restant silencieux et/ ou en participant à cette manoeuvre qui vous rend désormais vulnérables, pour la deuxième fois et pour toujours vulnérables.

Seyré SIDIBE

● Communiqué de IRA-Belgique sur la levée de l’immunité parlementaire du député Biram Dah Abeid


23 février 2024

L’Etat mauritanien retire l’immunité parlementaire du député Biram Dah Abeid

Le 20 février, à 4 mois de l’élection présidentielle en Mauritanie, le bureau de l’Assemblée nationale lève l’immunité du député Biram Dah Abeid, figure de proue de l’opposition.

En cause : la plainte déposée par le chef du parti de l’Union des Forces du Progrès (UFP), Mohamed Mouloud, contre Biram Dah Abeid pour diffamation et abus. Dans un clip vidéo, Biram Dah Abeid dénonçait le soutien financier dont avait bénéficié  ce candidat de la part de l’homme d’affaires Mohamed Bouamatou lors de l’élection présidentielle de 2019.

L’élection présidentielle de juin 2024 attise les tensions entre le pouvoir et l’opposition largement représentée par le député Biram Dah Abeid au sein du parti Sawab. Tous les moyens sont bons pour discréditer les forces démocratiques qui  de plus en plus sapent les fondements du pouvoir en place. La levée de l’immunité parlementaire d’un député dérangeant est la première étape. Quelle sera la suite ?

Fidèle à ses convictions de démocrate, Biram Dah Abeid avait signalé, il y a quelques jours, qu’il ne se portait pas candidat à l’élection présidentielle de juin mais qu’il attendait la décision collégiale des partis d’opposition pour désigner celui ou celle qui mènerait le combat. Preuve s’il le fallait encore que, contrairement à ce que ses détracteurs affirment, Biram Dah Abeid œuvre pour l’accession de son pays à une réelle démocratie et non pas pour satisfaire des souhaits individuels.

Mi-février, il se rendait à Rkiz, à 50 kms de Rosso, pour soutenir les Haratines spoliés de leurs terres par leurs maîtres avec la connivence des autorités. Depuis des générations ces populations d’esclaves affranchis travaillaient les terres de Maures blancs de la tribu Tajakant. Dans le cadre du projet d’aménagement de cette région et du lac Rkiz, la répartition des terres a démontré que l’Etat a pris le parti de la féodalité arabo-berbère.
Malgré leurs revendications et l’emprisonnement des protestataires, sur les 106 hectares à répartir, les Haratines n’en ont reçu que 26.

Sur tous les fronts, l’engagement de Biram Dah Abeid est celui d’un pacifiste, convaincu de ses droits, de ses positions. Ce qui lui vaut parfois le surnom de Mandela mauritanien.

Réagissant à sa levée d’immunité parlementaire, Biram Dah Abeid a déclaré :
« Je promets au peuple mauritanien que je vais défendre le libre jeu démocratique en train d’être attaqué par un système qui n’a pas confiance en lui. Maintenant la confrontation c’est entre nous et le pouvoir. C’est une bataille pour l’alternance en Mauritanie, pour l’effectivité de la démocratie ». Et d’indiquer que la lutte sera menée devant les tribunaux et jusque dans les fins fonds des prisons.

A 4 mois de l’élection présidentielle en Mauritanie, pouvoir et opposition commencent à fourbir leurs armes.


Contact : Jeddou Abdel Wahab, Président de l’IRA Belgique.
Tel : 0492 504 092 wjeddou@gmail.com

● Macky Sall clôt le débat : «je compte quitter mes fonctions de président de la République le 2 avril»


«Je compte le 2 avril quitter mes fonctions de président de la République», telle est la déclaration faite par le président de la république lors d’une interview accordée à quatre groupes de médias sénégalais. Le chef de l’Etat a fait savoir également que le dialogue auquel il a appelé devra permettre de déterminer ce qui devra advenir, en estimant que le pays ne peut pas rester sans président de la République.

«Le dialogue devra trancher et faire une proposer. Si un consensus peut être obtenu sur la suite c’est souhaitable. Je souhaite que les acteurs qui doivent venir autour de moi pour regarder l’intérêt supérieur de la nation. A la fin, le Conseil constitutionnel pourrait être amené à clarifier la question», a-t-il dit.

• Lien média https://www.dakarmatin.com/macky-sall-clot-le-debat-je-compte-quitter-mes-fonctions-de-president-de-la-republique-le-2-avril/

🔴🇲🇷Flash Info | L’immunité parlementaire du député Biram Dah Abeid annoncée levée !

Ce mardi 20 février 2024, les canaux médias sociaux en Mauritanie sont en ébullition sur un événement qui interroge l’opinion publique et les observateurs de l’arène politique. Il s’agit de l’annonce de la levée expresse de l’immunité parlementaire du député national M. Biram Dah Abeid (Sawab -Rag/IRA). Ces derniers jours, le président du parti UFP (Union des Forces de Progrès) et ses lieutenants communiquent autour d’une sortie médiatique du député abolitionniste qu’ils qualifient de diffamatoire et de calomnieuse sur la personne M. Mohamed Ould Maouloud. Ainsi une plainte est enclenchée contre le leader anti-esclavagiste mauritanien et d’après la substance d’un post Facebook https://www.facebook.com/share/p/fzoRf8qyge2B356G/  de M. Lo Gourmo (avocat de Maouloud et vice-président UFP), cette histoire vient lui de coûter son immunité parlementaire.

Dans une note vocale, le candidat indépendant par 2 fois aux présidentielles de 2014 et 2019 (arrivé 2ème) , laisse entendre l’enclenchement de la procédure au bureau de l’assemblée nationale et que les vrais adversaires sont les tenants du système. Et que Ould Maouloud et Lo Gourmo jouent un rôle qui leur a été assigné par ce dernier. Déclarant défendre la démocratie, le président d’IRA-Mauritanie note qu’il est prêt à la confrontation devant les tribunaux et même dans les prisons. Par ailleurs il a salué la proposition d’intermédiaire du parti Ajd/Mr entre lui et le camp de Mohamed Ould Maouloud, tout en précisant qu’il n’y a plus rien à faire dans ce sens.

Cette affaire est une énième turbulence dans l’arène des « oppositions politiques » à quatre mois de la présidentielle (Juin 2024) et que le député abolitionniste est en pleines consultations pouvant mener à une éventuelle troisième candidature à la présidence.

Nous tenons à exprimer un soutien fraternel au président Biram Dah Abeid. Avec cette levée précipitée de son immunité parlementaire annoncée par différents canaux médias sociaux, cette plainte au nom du président Ould Maouloud prend une autre tournure et pourrait être édifiante sur sa nature et ses visées profondes dépassant même les intentions du plaignant. À suivre…

🖋KS pour le BLOG

✓Haïti. La veuve de Jovenel Moïse et des dizaines de personnes inculpées pour son assassinat

Deux ans et demi après l’assassinat du président Jovenel Moïse, l’enquête multiplie les rebondissements. Après les arrestations de plusieurs suspects, inculpés aux États-Unis, c’est cette fois la veuve de l’ancien chef de l’État qui est dans le collimateur de la justice.

Un juge haïtien en charge de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021 a inculpé une cinquantaine de personnes parmi lesquelles la veuve de ce dernier, Martine Moïse, et un ancien Premier ministre, montre un document rendu public par le site d’informations AyiboPost.

Selon ce document de 122 pages, rédigé par le juge Walther Wesser Voltaire, Martine Moïse a conspiré avec l’ancien Premier ministre Claude Joseph pour assassiner Jovenel Moïse dans le but de le remplacer elle-même à la présidence du pays.

Jovenel Moïse a été abattu en pleine nuit dans sa chambre après que des hommes armés ont pénétré à son domicile de Port-au-Prince. Martine Moïse a été blessée dans l’incident.

Dans sa décision, le juge appelle à arrêter et traduire devant la justice les personnes qu’il inculpe.

Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat par Reuters auprès de Martine Moïse et de Claude Joseph.

Martine Moïse a dénoncé via les réseaux sociaux une persécution politique et des arrestations décrites comme injustes.

Élections attendues
Claude Joseph a déclaré au Miami Herald que le successeur de facto de Jovenel Moïse, le Premier ministre Ariel Henry, était le principal bénéficiaire de la mort du dirigeant et que Henry se servait désormais du système judiciaire haïtien comme d’une « arme » pour persécuter ses opposants dans une démarche « classique de coup d’État ».

Les services d’Ariel Henry ont souligné dans un communiqué l’indépendance du juge, qui a la « liberté » de prendre des décisions en « conformité avec la loi et avec sa conscience », ont-ils dit.

Nommé en remplacement de Claude Joseph, qui est désormais le chef de file d’un parti d’opposition, Ariel Henry a promis d’organiser des élections avant de les reporter pour une durée indéterminée, citant un séisme dévastateur et l’influence accrue des groupes criminels lourdement armés, lesquels contrôleraient la majeure partie de Port-au-Prince.

Une procédure judiciaire distincte sur l’assassinat de Jovenel Moïse a été ouverte à Miami, où six des 11 inculpés ont plaidé coupable d’avoir comploté pour envoyer des mercenaires colombiens au domicile du président dans le but d’enlever celui-ci, avant que le plan ne change à la dernière minute, avec pour consigne d’assassiner Jovenel Moïse.

• Lien média https://www.ouest-france.fr/monde/haiti/haiti-la-veuve-de-jovenel-moise-et-des-dizaines-de-personnes-inculpees-pour-son-assassinat-9d4f658e-8389-4769-97da-4a0e537fa694

● Mauritanie, Tunisie : Kaïs Saïed attendu à Nouakchott

Africa Intelligence – D’ordinaire peu porté sur les déplacements officiels en Afrique, le président tunisien va prendre la direction de la capitale mauritanienne fin février, dans un contexte de tensions régionales.

Sauf changement de dernière minute, le président tunisien, Kaïs Saïed, devrait se rendre à Nouakchott d’ici à la fin du mois de février. Lors de cette visite officielle, il s’entretiendra notamment avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould Ghazouani.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=772533

● L’Alliance des États du Sahel : un petit monstre en gestation | Par Dr Balla Cissé [via RP Médias]

Balla CISSÉ
Docteur en droit public
Avocat au Barreau de Paris
Diplômé en Administration électorale

Rp médias – Les déclarations récentes des dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES) quant à l’instauration d’une monnaie commune sont importantes. Bien sûr, si l’établissement du sahel – le nom de la nouvelle devise – se concrétisait en lieu et place du franc CFA, l’économie des trois États concernés serait bouleversée. Mais, avant tout, c’est l’existence même de leur souveraineté qui serait une fois encore altérée, sinon compromise. Un engagement financier à plusieurs suppose en effet un partage de compétences, donc la fragilisation, au moins, de ce pouvoir suprême reconnu à l’État. La souveraineté du Mali notamment est donc en question (I) et révèle une politique de décolonisation obsessionnelle (II), deux traits propres à une alliance tripartite véritable petit monstre en gestation.

I. La souveraineté du Mali en question

Il y a un an, le 14 janvier 2023, la junte malienne organisait la « journée de la souveraineté retrouvée » : idée malheureuse sur le plan tant de l’expression –  « recouvrée » eût été du meilleur français – que de la politique et du droit, la sacro-sainte souveraineté n’étant ni recouvrée ni effective, mais réduite à un symbole ou, pire, à un prétexte. Même si, d’après le décret du 22 juillet 2023, l’article 37 de la Constitution de la IVe République dispose que « la souveraineté nationale appartient au Peuple qui l’exerce par ses représentants élus au suffrage universel direct ou indirect ou par voie de référendum »et qu’« aucune fraction du Peuple, ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice », chacun sait combien ce texte est malmené ! Seul le petit cercle en uniforme décide d’engager le Mali dans les traités internationaux ou de s’en retirer : les colonels ont pris le parti de quitter la Cédéao sans demander l’avis des citoyens ou des parlementaires. Déjà, en février 2023, l’idée que le Mali et le Burkina Faso s’unissent en une fédération était rendue publique après simple concertation du Premier ministre burkinabè et du Président Goïta. Depuis le 15 février dernier, la souveraineté est un peu plus battue en brèche, des ministres de l’AES ayant annoncé leur intention de créer une confédération, au terme d’une réunion sise à Ouagadougou. Juridiquement, si cette volonté prenait corps, bien des problèmes se poseraient. Il faudrait en particulier modifier la nouvelle norme fondamentale, l’article 30 présentant autrement la forme de l’État : « Le Mali est une République indépendante, souveraine, unitaire, indivisible […] ». Cette difficulté serait vite surpassée dans un État bien administré, mais les dirigeants maliens ayant été incapables d’organiser, depuis 2020, les diverses élections dans les délais fixés, nul ne sait comment ils parviendraient à changer la Constitution selon les règles, c’est-à-dire en demandant l’avis des citoyens. Car, ces mesures très importantes prises à un rythme effréné révèlent non pas l’empressement à mettre en œuvre une politique adaptée aux réalités africaines, mais l’obsession de la décolonisation, de s’éloigner de toute influence de l’Occident.

II. L’obsession de la décolonisation

Depuis leur arrivée au pouvoir, les colonels ne cessent de critiquer la France. Leur politique repose en partie sur le parachèvement de la décolonisation, qu’ils confondent avec le recouvrement de la souveraineté du Mali. Cette façon de voir est cependant des plus simpliste, car il y a belle lurette que la Françafrique n’est plus qu’un souvenir. Mais, pour légitimer son maintien au palais de Koulouba, le régime doit trouver des boucs émissaires : les Français sont ses meilleures cibles. Tout ce qui rappelle de près ou de loin l’ancienne puissance est maudit, sans nuances. Le franc CFA, qui disparaîtra en 2027 au profit de l’« éco », est dénigré au profit du sahel, alors que « la France a déjà, depuis quatre ans, cessé de siéger dans les instances de la Banque centrale d’Afrique de l’Ouest », comme l’indique RFI. Mais la politique de rejet touche aussi les instances internationales organisées selon les idées occidentales ; ainsi s’expliquent les attaques contre la Cédéao.

Somme toute, les putschistes maliens et leurs comparses sahéliens tracent une voie nouvelle, déliée le plus possible des effets de l’Occident. Par exemple, dans son article 11, la Charte de l’AES écarte implicitement les États trop éloignés des trois parties contractantes, c’est-à-dire trop proches des valeurs occidentales : « La présente Charte peut être ouverte à tout autre État partageant les mêmes réalités géographiques, politiques, socio-culturelles qui accepte les objectifs de l’Alliance. ».

L’intention serait légitime si elle n’était pas un but en soi, si elle ne dégradait pas la vie quotidienne des citoyens : on sait combien les Maliens vivant en Côte d’Ivoire par exemple subiront les effets du retrait de la Cédéao dans un an.

Les militaires décidant aujourd’hui de l’avenir du Mali, du Burkina Faso et du Niger jouent désormais avec le feu. Ils créent les conditions d’une instabilité durable. Incapables d’assurer la stabilité politique et la sécurité à l’intérieur des frontières de leurs États respectifs, ils pensent s’entraider en s’éloignant des principes qui font la prospérité de l’Occident. Les catastrophes sont souvent une question d’orgueil mal placé.

• Lien média https://www.rpmedias.com/lalliance-des-etats-du-sahel-un-petit-monstre-en-gestation/?fbclid=IwAR0DQg0Nhf22xpx_94IHUOaB1jXvquKvm9bKm9Pzg0r3jU-TI-q_iZc8Luo

● Le gouvernement mauritanien et l’ambassade américaine publient une déclaration conjointe sur l’immigration

Taqadomy – Le gouvernement mauritanien et l’ambassade américaine ont publié une déclaration conjointe sur l’immigration clandestine des jeunes mauritaniens vers les États-Unis.

Cette déclaration est consécutive à l’organisation d’une conférence internationale sur les migrations à Nouakchott sous le thème « Comprendre la migration et construire un avenir prometteur en Mauritanie : défis et possibilités ».

Le texte affirme l’engagement des parties à relever les défis migratoires et à promouvoir la stabilité, d’autant que durant l’année dernière l’augmentation du nombre de Mauritaniens arrêtés à la frontière sud-ouest des États-Unis était notoire.

Le communiqué indique que l’ambassade des États-Unis à Nouakchott a pris certaines mesures, telles que la coordination avec les organisations de la société civile pour organiser des campagnes de sensibilisation sur les dangers liés à l’immigration clandestine, la publication d’articles répondant à des questions importantes liées à la problématique, l’organisation d’interviews avec la presse, en fournissant des fonds aux jeunes dans le domaine du leadership et des compétences professionnelles, et en offrant des bourses d’études aux ONG locales.

Les participants à la conférence sur l’immigration ont affirmé leur conscience du grand défi que le phénomène pose à la Mauritanie et de son impact sur la société et l’économie, notamment la fuite des cerveaux et la dispersion des familles, selon la déclaration.

Les participants ont alerté sur les multiples risques auxquels les migrants en situation irrégulière sont susceptibles d’être confrontés au cours de leur voyage, tels que la menace de traite des êtres humains, le vol, les violences physiques, les violences basées sur le genre et l’exposition aux gangs.

Le communiqué a évoqué les investissements américains en Mauritanie, soulignant l’engagement américain en faveur de la jeunesse et du développement économique à travers des programmes tels que Tamkeen et Nafouri de l’Agence américaine pour le développement international (USAID).

Le communiqué souligne l’engagement de l’ambassade à soutenir les étudiants et jeunes professionnels mauritaniens, à travers divers programmes, notamment en offrant des opportunités de formation et d’études aux États-Unis.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=772493

● L’armée mauritanienne intercepte un élément armé qui a franchi la frontière [Le Quotidien de Nouakchott]

Le Quotidien de Nouakchott – Dans un acte de vigilance remarquable, les forces armées mauritaniennes ont réussi à intercepter et à expulser un élément armé qui avait franchi les frontières du pays.

Selon un communiqué officiel publié par l’armée mardi 13 février et qui n’a pas précisé la composition de cet élément, cet événement s’est produit dans les environs de la localité Nbeiket Lahwach, située à la frontière orientale de la Mauritanie.

La déclaration précise qu’une unité de l’armée nationale, positionnée stratégiquement aux frontières pour la surveillance, a détecté l’entrée de cet élément armé sur le territoire national dans la soirée du 13 février.

La réactivité et l’efficacité de l’unité en question lui ont permis de suivre, d’intercepter et finalement de repousser cet élément intrusif hors des limites territoriales du pays.

Cette intervention souligne l’engagement continu des forces armées mauritaniennes dans la protection de l’intégrité territoriale et la sécurisation des frontières contre toute forme de menace. L’opération réussie contre l’élément armé démontre non seulement la capacité de l’armée à maintenir la sécurité nationale, mais aussi son aptitude à agir rapidement et efficacement face à des situations imprévues.

La vigilance accrue aux frontières est d’une importance capitale pour la Mauritanie, située dans une région confrontée à des défis sécuritaires, notamment le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Cette dernière action de l’armée mauritanienne s’inscrit dans le cadre d’une série de mesures prises pour renforcer la sécurité et prévenir toute intrusion susceptible de compromettre la paix et la stabilité dans le pays.

L’incident ne rapporte aucun affrontement ni victime, ce qui témoigne de la maîtrise et de la professionnalité des forces armées dans la gestion de telles situations. Les autorités militaires mauritaniennes restent en alerte maximale, prêtes à intervenir pour défendre la nation contre toute menace externe.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=772434