● JO 2024 : Camil Ould Doua veut rendre fière la Mauritanie et apprendre à ses compatriotes à nager

RFI Afrique – Camil Ould Doua, nageur de 22 ans, va représenter la Mauritanie sur le 50 mètres nage libre. Ce natif du nord de la France, qui a grandi à Talence, près de Bordeaux, sera également le porte-drapeau du pays lors de la cérémonie d’ouverture.

C’est l’histoire d’un apprenti nageur de neuf ans qui griffonne un jour sur un post-it son objectif d’aller aux Jeux olympiques. D’une intention naïve d’enfant, Camil Ould Doua a fait un projet, qui a failli aboutir dès Tokyo, avant la désillusion.

« Tout commence à se faire et, coup de théâtre, ça ne peut pas se faire. La Mauritanie n’acceptait pas la double nationalité. Mon club qui ferme et, en plus de ça, le Covid, se rappelle le nageur, je passe de deux entraînements, des rêves plein les yeux, à plus rien, dans ma chambre, comme ça. »

Le moral à zéro, plus d’entraînement pendant un an, avant de refaire surface et de reprendre l’aventure, motivé par le changement de loi en Mauritanie, mais aussi par l’arrivée à ses côtés d’un grand nom de la natation française : Grégory Mallet, double vice-champion olympique en relais. Il s’est déjà occupé de Camil à l’adolescence et l’a repris sous son aile depuis septembre dernier, séduit par l’idéal et le sérieux de son protégé : « C’est quelqu’un qui est très investi, très travailleur », valorise le champion olympique.

Il poursuit : « [Camil] n’a peut-être pas le bagage qu’ont beaucoup de nageurs en termes de kilométrage, mais il a cette envie qui fait qu’à chaque fois qu’il se met dans l’eau, il améliore ses meilleures perfs. Mentalement, ça met en confiance et je trouve que c’est génial de se dire que tu vas arriver à Paris et que, potentiellement, tu vas battre les records de ton pays. »

Être gentil avec l’eau… pour avancer plus vite

L’ex-Tricolore ne ménage pas Camil, et très vite, ce dernier l’a constaté : « Premier entraînement, j’ai vomi, et ça m’a directement mis dans l’ambiance. Greg, c’est quelqu’un qui me dit la vérité et c’était important pour moi d’avoir un coach, mais aussi un exemple et un mentor. Quelqu’un que j’idéalise un peu. » Et qui le fait travailler à raison de cinq séances par semaine.

L’objectif de Camil Ould Doua : 50 mètres, sa seule épreuve aux JO. Pour lui qui a démarré sur le 400 mètres, il n’est pas simple de performer sur l’aller simple. Camil n’a pas le gabarit et la puissance d’un pur sprinter, mais Grégory Mallet lui a décelé des qualités : « C’est quelqu’un qui a énormément d’endurance, explique le coach, il est quand même très explosif et on essaie de mixer tout ça pour que ça fasse un bon 50. Maintenant, la natation, ce n’est pas un sport où il faut s’énerver dans l’eau. Donc, je lui apprends plus à être gentil avec l’eau pour qu’elle lui rende bien et qu’il soit efficace, plutôt que de venir s’énerver dans l’eau. »

Le 50 mètres, le nageur ne l’a tout de même pas choisi par hasard : « Je veux donner une belle image à la Mauritanie, je vais donner du spectacle. Du coup, directement, je me suis dirigé vers le 50. Eh oui, ça a été une adaptation folle parce qu’il a fallu manger et manger. Pour moi, c’est très dur, alors je me gave, je transpire, c’est dur la musculation, je n’ai pas l’habitude de me sentir lourd. »

Camil Ould Doua veut faire honneur au pays de son père, où la natation n’émerge pas. Le Mauritanien espère bientôt le contraire à travers sa démarche : « Grâce à ce projet, on va construire la première piscine en Mauritanie. Il faut savoir qu’on est au bord d’une côte à Nouakchott et il y a beaucoup de noyés, les gens ne savent pas nager.

Donc, ils auront un exemple, des records à battre, une piscine. » Il résume, motivé : « Donc voilà, moi, mon objectif, c’est de donner mon meilleur, porter fièrement le drapeau, leur montrer que la Mauritanie est là et tout donner. » Et se dire que l’histoire que se racontait le gamin de Talence sur un bout de papier n’avait vraiment rien d’un conte de fées.

Par : Christophe Diremszian

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● Mali : l’opposition demande la libération des prisonnier politiques après la levée de la suspension de leurs activités – [bbc Afrique]

Le gouvernement malien a annoncé mercredi la levée de la suspension des activités des partis politiques décidée par les autorités militaires au Mali le 10 avril dernier. L’opposition demande de faire plus.

Les activités à caractère politique des associations peuvent donc reprendre au Mali, trois mois après leur suspension.

Selon les autorités maliennes, cette décision de suspension avait été motivée par la sauvegarde de l’ordre public au regard des multiples défis auxquels le pays faisait face tant sur le plan sécuritaire que sur le plan du climat politique et social en vue de l’organisation du dialogue intermalien pour la paix et la réconciliation nationale.

Le communiqué du Conseil des ministres qui a levé cette suspension indique que cette mesure dissuasive a pu contenir toutes les menaces de trouble à l’ordre public qui planaient sur cet événement majeur pour la vie de la nation.

Le dialogue intermalien s’est déroulé du 13 avril au 10 mai 2024. Des assises que plusieurs partis de l’opposition avaient boycottées. Ils protestaient contre le maintien des militaires à la tête du pays, alors qu’ils avaient promis rendre le pouvoir aux civils après mars 2024 à l’issue des élections démocratiques.

Le 31 mars, des responsables de partis d’opposition, regroupés dans une coalition, ont publié une déclaration, appelant la junte à rendre le pouvoir aux civils. Mais ils ont été arrêtés et jetés en prison.

L’opposition demande la libération des prisonniers politiques
La suspension des activités des partis politiques était une mesure liberticide, pas conforme aux textes du Mali, n’ont cessé de dénoncer les responsables de l’opposition depuis l’annonce de la décision.

Aujourd’hui, pour Moussa Mara, ancien Premier ministre et vice-président du parti Yelema (changement en langue locale), la levée de cette suspension est une bonne nouvelle qu’il reçoit avec satisfaction.

« Nous avons engagé des mesures légales pour obtenir que la session administrative de la Cour suprême abroge le décret. Cette décision du gouvernement va dans le sens de ce que nous avons cherché », indique-t-il à BBC Afrique.

L’ancien Premier Ministre estime que la mesure de suspension allait à l’encontre de l’unité des Maliens que le gouvernement dit rechercher.

Il profite de l’occasion pour « demander aux autorités militaires de libérer tous les acteurs politiques écroués » suite à la prise de cette décision et d’engager un  » vrai dialogue avec les acteurs politiques pour arriver à un consensus sur le chronogramme de retour à l’ordre constitutionnel « .

Pour lui, la Charte de la transition exige le retour à l’ordre constitutionnel et la Constitution n’a d’existence que par rapport à cela.

Pourquoi les autorités maliennes avaient suspendu les partis politiques et interdit aux médias la couverture des activités politiques

Les militaires au pouvoir au Mali avaient suspendu toutes les activités politiques dans le pays jusqu’à nouvel ordre.

A la suite du décret de suspension des partis politiques et associations à caractère politique pris le mercredi 10 avril 2024, la Haute autorité de la communication a pris le relais le lendemain, invitant « tous les médias (radios, télés, journaux écrits et en ligne) à arrêter toute diffusion et publication des activités des partis politiques et des activités à caractère politique des associations », dit-elle dans un communiqué.

Un porte-parole de la junte, le colonel Abdoulaye Maiga, a déclaré à la télévision d’Etat dans la soirée de ce mercredi 10 avril que la suspension des activités politiques était motivée par ce qu’il a appelé des « discussions stériles » lors d’une tentative de dialogue national au début de l’année mais aussi pour des raisons de maintien de l’ordre public.

Plus de 80 partis politiques et groupes civils au Mali avaient appelé à la tenue d’élections présidentielles « dans les meilleurs délais » et à la fin du régime militaire.

Tension politique

La mesure de suspension des activités des partis politiques intervenait dans un contexte marqué par le débat politique sur la fin de la Transition.

Les autorités avaient proposé un chronogramme de 24 mois à partir du 26 mars 2022 pour organiser une présidentielle afin de transmettre le pouvoir aux civils.

Dans une déclaration signée le 31 mars, un regroupement de partis politiques et d’acteurs associatifs annonce avoir acté la fin de la Transition conformément au décret présidentiel du 06 juin 2022 et lance un appel pour un retour à l’ordre constitutionnel.

Ce décret fixait la durée de la Transition à 24 mois, à compter du 26 mars 2022, après des négociations intenses avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Certains acteurs de la vie politique malienne ont proposé une transition civile qui devrait aboutir à une élection présidentielle consensuelle.

D’autres ont demandé à la Cour constitutionnelle de constater cette situation et d’en tirer toutes les conséquences.

Le Premier ministre malien Choguel Maïga a dit lors d’une rencontre du Comité de pilotage du Dialogue inter-Maliens avec les membres du gouvernement, que la Transition en cours prendra fin avec l’investiture d’un président élu.

Dès lors, certains observateurs de se poser la question de savoir si la mesure de suspension ne viserait pas les partis signataires de la déclaration. « Ce n’est pas un décret qui vise en particulier un parti politique ni une association spécifique, c’est une mesure impersonnelle », affirmait le Colonel Abdoulaye Maïga qui a cité parmi ses motivations « la nécessité de maintenir un climat de sérénité en vue du dialogue direct inter-Maliens »

Réactions
L’annonce de cette mesure a suscité de vives réactions au Mali et à l’étranger.

Le Haut-Commissariat des nations unies pour les droits de l’homme demande son abrogation pure et simple : « Elle doit être immédiatement abrogée. Un espace civique ouvert et pluraliste est la clé des droits de l’homme, de la paix, de la sécurité et du développement durable »a-t-il tweeté.

Sur sa page Facebook, Moussa Mara ancien Premier ministre du Mali et un des leaders du parti Yelema (Le Changement) évoquent « une atteinte aux droits constitutionnels des citoyens mais surtout un recul majeur dans la quête de l’unité et de la cohésion de la nation ». Il demande aux autorités « de revenir sur leur décision et de s’engager vers une gestion plus inclusive des prochaines étapes de la transition. »

Dans un tweet, l’ancien Garde des sceaux, Mamadou Ismaïla Konaté, appelle les Maliens à tirer la sonnette d’alerte afin de barrer la route à l’autoritarisme de la junte militaire (en place depuis plus de 44 mois à la tête de l’Etat) et mettre un terme à cette dictature rampante ».

Le Parti malien du travail et de la refondation – PMTR de l’ancien ministre du régime IBK, Baba Moulaye Haidara et le mouvement politique An Biko ont décidé de respecter la mesure et suspendent leurs activités.

A quoi peut-on s’attendre ?
Si l’un des arguments brandis par la junte malienne pour justifier cette suspension des partis politiques est adossé à la tenue du dialogue national, aujourd’hui beaucoup d’observateurs attendent des autorités qu’elles annoncent quand il aura lieu.

Les termes de référence du dialogue ont été présentés le 5 mars 2024 au Président de la Transition Assimi Goïta après son adoption par quelque 350 participants, membres du comité de pilotage ou délégués régionaux.

Le dialogue inter-Maliens est prévu pour une durée d’un mois d’abord au niveau communal, régional et dans les ambassades maliennes à l’étranger pour permettre aux Maliens de la diaspora d’y participer.

Ensuite, il est prévu une rencontre nationale de cinq jours pour discuter de paix, de sécurité, d’économie, de réconciliation nationale, entre autres thèmes.

D’ores et déjà, on sait que le CSP-PSD, l’alliance de groupes armés qui avait signé l’accord d’Alger de 2015, avant de reprendre les armes l’an dernier et les mouvements djihadistes du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), n’y sont pas conviés.

Le Mali est dirigé par l’armée depuis 2022, à la suite d’un coup d’État.

• Lien média https://www.bbc.com/afrique/articles/crgy5jvy5wvo?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR2KLxQjghy0i-KTLeXEUrdTHDRf0-netyAtPcRxWWaWd_wYLVQ6LCPrFA4_aem_A-MmpOqkUuGkN7CeYqvx3g

● Le Burkina Faso, le Mali et le Niger entérinent leur alliance au sein d’une « confédération » [TV5Monde]


Les régimes militaires au pouvoir au Burkina Faso, au Mali et au Niger ont entériné leur alliance au sein d’une « confédération » lors de leur premier sommet à Niamey, une décision qui acte leur rupture avec le reste du bloc ouest-africain.

Les chefs d’État des trois pays, des militaires arrivés au pouvoir par des putschs, « ont décidé de franchir une étape supplémentaire vers une intégration plus poussée entre les États membres », indiquent-ils dans le communiqué final du sommet.

« À cet effet ils ont adopté le traité instituant une confédération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger dénommée Confédération des Etats du Sahel (AES) », est-il précisé dans le texte.

Les trois pays de l’AES avaient annoncé en janvier leur départ de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), une organisation qu’ils jugent instrumentalisée par la France, ex-puissance coloniale avec laquelle ils ont multiplié les actes de rupture.

La création de cette confédération vient confirmer ce divorce. « Nos peuples ont irrévocablement tourné le dos à la Cedeao », a lancé le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire nigérien, en ouverture du sommet.

Les relations AES-Cedeao se sont considérablement détériorées à la suite du coup d’État du 26 juillet 2023 ayant porté le général Tiani au pouvoir.

La Cedeao avait alors pris de lourdes sanctions économiques contre le Niger et menacé d’intervenir militairement pour rétablir le président déchu, Mohamed Bazoum, dans ses fonctions. Les sanctions ont depuis été levées, en février, mais les relations entre les deux camps restent glaciales.

La Cedeao doit tenir dimanche un sommet de ses chefs d’État, à Abuja, où la question des rapports avec l’AES sera au menu des discussions. Les pays de l’AES ont formé en mars une force commune pour lutter contre les jihadistes qui attaquent régulièrement leurs territoires.

Samedi, ils ont également souhaité « mutualiser leurs moyens », dans des secteurs jugés stratégiques tels que l’agriculture, l’eau, l’énergie ou encore les transports. Ils ont aussi demandé que les langues locales soient davantage utilisées dans les médias publics et privés de leurs pays.

• Lien média https://information.tv5monde.com/afrique/le-burkina-faso-le-mali-et-le-niger-enterinent-leur-alliance-au-sein-dune-confederation?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR18V4gw2xvuoRwYUA7yt4NfkNZzbA0q-AJjoJlMvqtX1ffzhsErSK_Wlys_aem_Ajn_5sdcw255Tj5FvXtxkQ

● Mauritanie | L’élection présidentielle du 29 juin 2024 : Bilan de l’instant !



Le scrutin présidentiel dans ce pays ouest-africain s’est soldé par la reconduction du président sortant selon les résultats provisoires publiés par la CENI (la commission électorale nationale indépendante). Données faisant l’object d’une ferme contestation exprimée par la coalition qui porte la candidature du leader abolitionniste mauritanien, le parlementaire M. Biram Dah Abeid. Lors de différentes sorties médiatiques, celui qui est arrivé deuxième avec 22,10% selon le bilan CENI, laisse entendre qu’un travail est en cours pour matérialiser les éléments prouvant la mise en cause des données sous le contrôle de la CENI. Ainsi, une évolution éventuelle en terme de recours est à suivre avant la proclamation officielle par le conseil constitutionnel. Du côté du Raïs annoncé réélu, il s’est exprimé dans la journée du 1 juin 2024 dans un élément vidéo prenant acte de la confiance renouvellée par le peuple à son égard dit-il.

Pour rappel, lors des élections générales de l’année dernière, son parti Insaf et ses alliés avaient largement dominé avec une majorité écrasante à l’assemblée nationale et 13 conseils régionaux conquis.

Ci-après quelques données clés provisoires du scrutin reccueillies sur la plateforme de la CENI :

Corps électoral de base :  1 939 342 inscrits

Taux de participation 55,39 %

Nombre des bureaux 4 503

1 – Mohamed Cheikh El-Ghazouani 56,12%

2 – Biram Dah Abeid 22,10%

3 – Hamadi Mohamed Abdi 12,78%

4 – El Id M’Bareck 3,57%

5 – Mamadou Ba 2,39%

6 – Outma Antoine Soumare 2,06%

7 – Mohamed Lemine El Wafi 0.98%

• Lien de source https://res-myceni.org/

Du côté de l’opposition sur les 3 dernières présidentielles (2014, 2019 et 2024), le leader antiesclavagiste BDA est en progression constante et s’est positionné comme le premier challenger des candidats de l’état profond. En effet, il y a 10 déjà, il était arrivé deuxième avec un score de 8,67% loin derrière l’ex président Ould Abdel Aziz, en 2019, il avait reccueilli 18,59% face à l’actuel président réélu.

L’arène politique dans ce pays reste à revoir en matière de gestion électorale. Les oppositions doivent se réinventer politiquement et enclencher d’autres stratégies visionnaires sur le long terme. Les échéances prochaines…2028 et 2029, respectivement attendues les générales et la présidentielle.

Ce jour, nous apprenons que les réseaux internet mobiles sont suspendus dans le pays. Ce qui rend confuse la situation actuelle postélectorale liée aux remous contestataires du scrutin.

Le 2 juin 2024

🖋KS pour le BLOG

● La diabolisation comme arme de destruction politique 

On entend ici et là, que le candidat à la présidentielle de juin, Biram Dah Abeid ne peut pas diriger la Mauritanie.  On lui reproche de tenir un discours extrémiste, violent, pourfendeur et dézingueur qui détruit tout, y compris de l’unité nationale.

Ce sont ces mêmes personnes qui ont diabolisé des années durant, le leader charismatique de la cause négro mauritanienne, Samba Thiam en le taxant de raciste, d’anti Beydane pour le rendre épouvantable et infréquentable.

Idem pour Ibrahima Moctar SARR  de l’AJDM/R parce que, lui aussi, a toujours su trouver les mots justes, adéquats et appropriés mais acerbes pour qualifier le système, pour le décrire, le décrypter et le mettre à nu sans complaisance. Les maux ont peur des mots. La dénonciation finira toujours par vaincre l’injustice et la dictature.

Dans une histoire récente, de l’autre côté du fleuve aussi, on a vu des gens de la même espèce tenir les mêmes propos contre les leaders du Pastef, en l’occurrence Ousmane Sonko, le qualifiant d’extrémiste, dangereux pour le Sénégal. Incapable de diriger ce pays au risque de le conduire vers le chaos. 

En dépit de tout ce qu’on a dit d’Ousmane Sonko et du Pastef, les Sénégalais ont résisté en refusant de se faire manipuler. La page, Macky SALL et ses acolytes est tournée de la plus belle des manières par les urnes : l’alternance dans sa forme la plus achevée et complète. La rupture est désormais effective avec à la clé un changement générationnel, un nouveau Sénégal est en gestation. 

En vérité, ceux qui tiennent de tels propos, ici et ailleurs, ont quelque chose en commun. Ils sont soit au pouvoir, proches du pouvoir ou bénéficient des avantages du pouvoir (du système) qu’ils entendent préserver à tout prix, y compris par la diabolisation, la mystification, la calomnie, la manipulation…

Quant aux victimes de ces campagnes obscènes et diffamatoires, elles présentent généralement les mêmes similitudes : elles s’opposent à un système mafieux, à un pouvoir discrédité, souvent à la dérive, et qui entend éliminer par toutes sortes de méthodes déloyales et anti démocratique ses adversaires.

Ainsi, les véritables challengers sont traqués, combattus, souvent par « la main représailles » du pouvoir : les forces de défense et de sécurité. Et comme ces genres de pouvoirs ont pour slogan et morale  » la fin justifie les moyens « , ils mettent en branle toutes sortes de stratégies, de plans machiavéliques et macabres pour arriver à leurs fins.

Il ressort de ces deux exemples que pour déboulonner un système politique arbitraire, discriminatoire, autocratique et inique, il faut des mots forts, un discours virulent. Une telle attitude est une réponse à la violence et ne saurait être considérée comme de la violence. Il n’y a pas plus de violence que les violences policières, l’usage disproportionné des grenades lacrymogènes etc. Quid de la corruption qui compromet l’avenir des générations futures en contribuant grandement à la paupérisation.

Il n’y a pas plus violent qu’un système politique mafieux qui détruit et exclut systématiquement tous ceux qui ne sont pas du sérail, du clan, du cercle fermé, un univers constitué exclusivement de quelques privilégiés, qui sont aux commandes du pays depuis l’indépendance. 

Si bien que l’égalité des chances n’est qu’un vain mot. L’école ne sert plus à grand-chose. D’ailleurs, elle a cessé d’être un ascenseur social depuis qu’elle a été décrétée Républicaine. Les diplômes, la compétence et les études ne sont plus considérés comme des vecteurs de réussite sociale. Il vaut mieux décliner le nom de son père, son patronyme : Ould Velanne, de telle tribu…

Pour briser ce système oligarchique (militaro-féodalo- tribalo-raciste), une telle véritable  machine à fabriquer les inégalités, la corruption, les injustices de toutes sortes, en contradiction avec l’Etat de droit, la république, la démocratie et de l’islam, il va bien falloir « dégainer » des mots forts, des « missiles » en dénonçant avec force et vigueur. 

Dans cet exercice de diabolisation, on joue sur les peurs et elle prend toutes les formes. On va fouiller dans les origines sociales, familiales, dans le parcours scolaire, académique où professionnel de l’opposant pour chercher la petite bête. Si tout est clean. C’est rarement le cas d’ailleurs, en effet qui cherche finira toujours par trouver.
Ainsi, vous conviendrez avec moi, que Biram est victime d’un faux procès du genre : « il va déstabiliser le pays, il va le vendre au diable, il n’a point d’expériences dans la gestion de État » etc. Cependant, en dépit des nombreuses campagnes de déstabilisation, de coups bas, et toutes sortes de stratégies utilisées, depuis l’ère Mohamed Ould Abdel Aziz pour éliminer l’homme, il résiste vaillamment.

Et comme requinqué plus que jamais, il donne du fil à retordre au pouvoir en créant une situation inédite dans le pays où la réélection du président sortant fait douter plus d’un.

A mesure qu’on s’approche du scrutin du 29 juin, le scepticisme est de mise quant à la victoire du pouvoir ; à en croire les échos de la campagne et la mobilisation des citoyens plutôt favorables au changement, à la mise à mort du système politique en place depuis plusieurs décennies.

Mais, en Afrique, l’issue d’une élection est toujours mystérieuse. Que d’acteurs visibles mais surtout invisibles interagissent pour faire basculer le suffrage des électeurs du côté qu’ils n’ont souvent pas choisi. La sécurisation des votes est dès lors essentielle et constitue tout l’enjeu de cette présidentielle.

Seyré SIDIBE

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● Boubacar Ould Messaoud reçoit le prix Aichana Mint Abeid des droits de l’Homme [Élément Cridem]

EN BREF | Cridem – L’emblématique président de SOS Esclaves, Boubacar Ould Messaoud, a reçu, mercredi 19 juin 2024, à Nouakchott, le Prix Aichana Mint Abeid des droits de l’Homme décerné par Abolition Institute. Le prix lui a été remis par Bakari Tandia.

« Mon combat pour la promotion et la défense des droits de l’Homme a commencé depuis l’enfance. SOS Esclaves créée en 1995 par des mauritaniens de toutes les communautés avait pour objectif de combattre toutes les formes d’injustice et de violations des droits humains perpétrés à l’encontre de toute personne sans distinction aucune », a déclaré Ould Boubacar, après avoir reçu la distinction.

« SOS Esclaves n’est pas l’apanage d’aucune communauté. C’est une organisation qui combat l’injustice et promeut le droit et la dignité auxquels tout être a droit. Nous devrions tous faire front contre les préjugés et les anachronismes qui prévalent encore dans notre société afin de les déconstruire et de les extraire définitivement de la tête des maitres et des esclaves », a-t-il ajouté.

Le président de SOS Esclaves a aussi rappelé que les défis sont encore très nombreux pour éradiquer l’esclavage dont souffre encore des citoyens mauritaniens au sein de toutes les communautés nationales.

« La responsabilité de s’en débarrasser complètement incombe à tous », a insisté Boubacar Ould Messaoud.

Plusieurs figures du militantisme et de la politique en Mauritanie ont pris la parole pour témoigner sur la personne du président de SOS Esclaves, à l’image d’Aminétou Mint El Moktar, présidente de l’Association des Femmes Cheffes de Femmes (AFCF), de Samba Thiam, président des Forces Progressistes du Changement (FPC)…

Le gouvernement mauritanien était représenté par Sidi Mohamed Ould Limam, directeur des Droits de l’Homme, au Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile.

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● Compte rendu du livre de Mohamed Camara : La mondialisation appauvrit-elle l’Afrique?

Mohamed Camara, originaire de Guémou, au sud de la Mauritanie, a parcouru un cheminement académique remarquable et diversifié. Après avoir complété ses études primaires, secondaires et universitaires en Mauritanie, il a enrichi son parcours en poursuivant des études en France.

Titulaire de deux Masters, il obtient son premier diplôme en Gestion de l’Environnement, avec une spécialisation dans la gestion des activités extractives, de l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis au Sénégal. Son deuxième Master, en Économie Appliquée, avec une option en économétrie financière, lui a été décerné par l’Université de Paris 8. Par ailleurs, il possède une licence en Administration Publique obtenue en Corse.

Mohamed Camara en publiant le livre intitulé La mondialisation appauvrit-elle l’Afrique?, pose une question majeure de notre temps. En effet l’Afrique, berceau de l’humanité, des premières civilisations a toujours été au cœur de relations avec le reste du monde.

De l’antiquité gréco-romaine en passant par les grandes explorations européennes à partir de l’ouverture atlantique au 15e siècle à la colonisation jusqu’à la globalisation actuelle, l’Afrique a eu son rôle à jouer. Toutefois avec l’esclavage transatlantique, la colonisation et aujourd’hui le néo-colonisation, la place réservée à l’Afrique dans la mondialisation suscite de nombreuses questions.

L’Afrique en participant à la mondialisation est-elle simplement reléguée au statut de pourvoyeuse de ressources humaines et naturelles destinées au monde capitalisme occidental et aux puissances dominantes? Sans trop rentré dans les considérations historiques, idéologiques et géopolitiques, l’auteur Mohamed Camara se limite à nous pousser à réfléchir sur la véritable place réservée à l’Afrique dans la mondialisation actuelle.

Son livre, très édifiant, met en exergue les enjeux réels et les véritables effets de la mondialisation en Afrique. Il expose les véritables acteurs du commerce international dominé par le monde occidental et les nouvelles puissances montantes. Mohamed Camara analyse et décortique la situation de l’Afrique, continent qui regorge certes de matières premières mais qui ne participe pas aux décisions concernant l’acquisition de ses matières premières par le monde dominant.

L’Afrique privée d’une industrie de transformation locale est en effet contrainte d’exporter ses matières premières qui lui reviendront en produits finis vendus très chers. En lisant le livre de Mohamed Camara, on réalise bien que la mondialisation suit une certaine évolution, une certaine logique qui malheureusement ne datent pas d’aujourd’hui.

Par ailleurs, les retombés du commerce international tel qu’il fonctionne aujourd’hui ne profitent pas non plus à l’Afrique. Avec des sources fiables, des arguments solides et des chiffres tirés d’études de spécialistes, Mohamed Camara s’attèle à montrer que la mondialisation telle qu’elle est conçue ne peut pas développer l’Afrique.

L’Afrique selon lui ne fait que le jeu de la mondialisation au bénéfice du monde dominant. Il regrette que le continent africain tarde à véritablement réfléchir et trouver une stratégie efficace pour occuper sa place et intégrer définitivement les échanges mondiaux.

Face à ce constat, Mohamed Camara rappelle que la mondialisation pourrait bien être une chance, une véritable opportunité de développement de l’Afrique à la condition unique que les pays africains se spécialisent chacun dans un domaine précis et en devienne le maître et le décideur. À travers ce livre, Mohamed Camara apporte des informations scientifiques et documentées et comble un vide historique sur un sujet majeur de notre temps.

Dr Amadou BA

Historien, politologue, chercheur et auteur.

Enseignant en histoire et en science politique à l’université Laurentienne Sudbury Ontario Canada

Courriel. Info.editionsab@gmail.com

http://www.editionsab.com

Sturgeon Falls Ontario Canada le 6 juin 2024

● Mauritanie : une démocratie au service d’une nomenklatura

La démocratie ne se décrète pas. C’est plus qu’une simple une déclaration d’intention. Des discours et des mots, sans convictions et principes. Exactement comme l’unité nationale, qui est régulièrement magnifiée et chantée sans effets dans la pratique.  Elle est malade de notre hypocrisie ! Le refus de reconnaitre l’évidence.

La démocratie, c’est un choix et une option stratégiques, une culture qui impliquent une volonté réelle de changements dans les pratiques, les mentalités et même de paradigmes. Elle a pour baromètre la fonctionnalité et l’effectivité voire l’efficacité des institutions, notamment dans leur capacité à servir le citoyen, à le protéger contre toutes sortes d’abus, en lui garantissant ses droits, ses devoirs :  son plein épanouissement. La démocratie ne peut être source d’asservissement, abrutissement ou d’endormissement du peuple.

Au contraire, elle se fonde sur la participation et l’implication citoyennes dans une démarche de co-construction et de co-production pour donner crédit, pertinence et légitimité aux décisions prises par les gouvernants. Elle n’a point besoin de surhomme ou d’homme providentiel : toute la force, tous les pouvoirs, tout le charme de la démocratie se trouvent dans les institutions elles-mêmes (institutions fortes diront certains). Institutions qui n’ont besoin que d’hommes honnêtes, vertueux.

Voilà ce qui nous fait défaut.

La démocratie, elle ne saurait se mesurer au nombre de partis politiques, au nombre de radios et télévisions privées, au pléthore d’Agences de l’Etat chargées de « je ne sais quoi » ? Une assemblée nationale fortement arrimée jusqu’à la subornation au pouvoir Exécutif.

La démocratie, ce n’est pas non plus une CENI, un Observatoire national de surveillance des élections… autant d’institutions budgétivores et technicistes, dont les rôles, les missions et les prérogatives sont mal définis, voire ambivalents. Cette « polypersonnalité » de nos institutions est source d’interfèrent, un cafouillage qui crée une espèce de brouillage propice aux manœuvres de toutes sortes, contraires à la transparence et à la crédibilité électorales.

Les élections sont souvent une mascarade, les règles du jeu ne sont jamais respectées, elles peuvent même changer en pleine compétition. Elles coûtent trop chères au contribuables sans jamais servir à quelque chose. Une situation qui a fini par créer chez certains citoyens, une espèce de fatalisme, de lassitude : un découragement qu’ils expriment en ces termes : « ça ne sert à rien d’aller voter ».  En effet, les élections sont toujours truquées, et le jeu démocratique toujours biaisé par des pratiques anti-démocratiques.

Finalement, ils sont nombreux les Mauritaniens et les Africains qui ne croient plus à la démocratie en tant que modèle de gouvernance. Ils sont dégoutés et déçus. Ils en viennent jusqu’à se tromper d’ennemis, en s’en prenant à la DEMOCRATIE en tant que système politique. Or, le problème n’est pas la démocratie, même si elle est loin d’être une panacée universelle. Une chose est sûre, c’est que nos dirigeants n’ont jamais voulu de la démocratie dans nos Etats. Parce qu’ils cesseront d’être des roitelets, parce qu’elle fait table rase de certains acquis parmi lesquels : la super citoyenneté et ses privilèges …

C’est dire que souvent, le procès fait à la démocratie en Afrique est à mon sens injuste. Il faut avoir appliqué et pratiqué correctement la démocratie pour pouvoir la juger. Un malade qui n’a jamais respecté son traitement ne peut pas se permettre de donner un avis objectif sur son médicament et encore moins sur son médecin. Malheureusement, sous nos tropiques, nos dirigeants assoiffés de pouvoir et d’autorité ont volontairement vidé « l’enfant Grecques et natif d’Athènes » de sa substance, en foulant aux pieds ses principes sacro-saints, sans jamais accepter véritablement de le tropicaliser. On l’a dénaturé et vidé de sa substance, son être pour assouvir des desseins démoniaques et totalitaires.

La démocratie mauritanienne

La démocratie, chez nous n’est pas le pouvoir du peuple. Elle est le pouvoir d’une oligarchie militaro- politico-féodalo-affairiste et esclavagiste contre le peuple. Un peuple désabusé et dépassé, qui ne comprend plus rien au jeu démocratique, réduit à exécuter tels des automates les mêmes gestes, soit les mêmes erreurs.

Son rôle (le peuple) se limite à la répétition de gestes, de mots et de phrases toutes faites sans réfléchir ; un ensemble de réflexes devenus son trait de caractère, sa principale « compétence » que les différents « chefs d’orchestre » ont bien voulu développer en lui en vue de pérenniser leur mainmise, leur hégémonie, leurs intérêts etc. Dans cette démocratie militaire, l’électeur subit l’élection. Il craint le rendez-vous avec les urnes comme un chat échaudé qui craint l’eau froide.

La présidentielle de 29 juin 2024 ne dérogera pas à cette règle. Sauf coup de force majeure, cette élection présidentielle sera, tout sauf l’expression de la souveraineté du peuple mauritanien. En effet, le peuple n’existe que par la volonté de ces groupes opportunistes et machiavéliques, unis pour défendre des intérêts et des » positions » égoïstes, sectaires et claniques.

Ainsi, le jeu démocratique est faussé d’avance parce que s’appuyant sur des groupes de pression qui marchandent, manipulent, orientent, désorientent selon les situations et les contingences, le peuple. Tout est bon pour le maintenir dans l’ignorance, en lui administrant jour après jour des somnifères afin de retarder son réveil, son éveil.

Si bien que le peuple est désormais hypnotisé et réduit à la subordination, au point où même derrière l’isoloir, le citoyen ne peut retrouver indépendance et lucidité : il vote contre lui-même en s’enfonçant encore et encore un peu plus, pour asseoir davantage la suprématie de « ses maîtres impitoyables « . C’est le syndrome de Stockholm.

Notre système démocratique qui peine à se libérer du joug du pouvoir traditionnel (spirituel et temporel) déconstruit la culture de la citoyenneté.  Un citoyen, c’est celui qui est capable de choisir par lui-même, et qui dispose d’une marge de liberté pour exprimer son droit de vote sans être » écrasé  » par la dictature de l’Autorité sociale, communautaire, politique…

L’État se complaît dans une telle situation où la « conquête  » de l’électorat repose sur des concessions avec la chefferie traditionnelle. Cette dernière détient de nombreux leviers de pression qu’elle exerce sans pitié sur le groupe notamment, les individus qui osent défier l’ordre féodal et traditionnel. Dès lors, on assiste au phénomène bien décrit par certains et appelé très ironiquement : bétail électoral ou l’électorat bestial.

La citoyenneté est ainsi bradée au détriment des pesanteurs socio-culturelles, contraires à la république : les électeurs sont dans de nombreux cas soumis à une consigne de vote mécanique d’un dignitaire ou d’un homme d’affaires. 

Aux électeurs

Ne marchandez surtout pas votre droit de vote, il en va de votre dignité. Prenez vos distances des politiciens courtiers qui pullulent ces derniers temps dans votre région, dans votre quartier et ne ratent aucune prière dans votre mosquée etc.

Ils sont en mission et cherchent à vous séduire, vous endoctriner, vous flatter en usant de leur rhétorique démagogique bien huilée, s’appuyant sur des promesses mirobolantes sans lendemain. Rappelez-vous la Fable de la Fontaine (le Corbeau et le Renard) : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ».

Heureusement, une nouvelle ère s’annonce avec l’émergence d’un nouveau type de citoyens qui prend ces distances des « pesanteurs héritées » souvent plus fortes que la loi, en s’assumant et s’affirmant en faveur d’une démocratie véritable. Celle qui permet au fils du paysan, du berger d’accéder aux « cimes de la république », jusque-là réservées aux fils à papa. Cette prise de conscience est consécutive est caractéristique de la maturité d’une partie du peuple, désormais vent debout pour faire respecter la vérité qui sortira des urnes, le 29 juin prochain.

Le Guidimakha, on nous a assez mentis et trompés : ça suffit

Alors que les promesses tenues lors des élections municipales, législatives et régionales de mai 2023 et celles de la présidentielle de 2019 sont restées lettres mortes et classées sans suite, les voilà de retour au terroir pour » s’endetter «, en s’enfonçant encore plus auprès des populations.  Si dans certaines contrées les préoccupations prioritaires sont l’accès aux services sociaux de base, chez nous, nous clamons « JUSTICE et EGALITE des citoyens ».

Nous sommes presque sous occupation, expropriés de nos terres, malmenés, humiliés, utilisés les uns contre les autres pour nous diviser. Chaque jour, l’un des nôtres est arbitrairement arrêté pour des motifs évasifs qui ne peuvent être qualifiés juridiquement, et envoyé en prison.

Ensuite, la machine se met en route. On fait cotiser les émigrés ou on pioche dans les caisses villageoises pour soudoyer. La corruption a atteint des proportions jamais égalée au point que les fonds villageois sont devenus ces six dernières années déficitaires en raison du conflit intercommunautaire Soninké, une mine d’or pour le pouvoir local qui ne fait rien pour appliquer la loi.

Au contraire, il jette de l’huile sur le feu par ses décisions de justice mettant en compétition des Soninké attachés à l’ancien ordre et les progressistes : chacun de ces groupes rivalisent d’ardeur pour  » graisser la patte » de l’administration, en espérant gagner le procès. 

Le procès de la honte, de la haine et de la bêtise. Justice ne sera jamais rendue. Votre unité et cohésion en souffriront.  Vous n’aurez droit qu’à » des demi- vérités » afin que vous continuez à vous détruire. Et l’administration locale continuera de vous traire telles des vaches laitières. Comme dans un jeu de poker, chaque partie continuera à doubler sa mise indéfiniment. Pendant que « le rapace opportuniste » et insatiable se nourrit de votre orgueil, de votre stupidité pour vous saigner à blanc. Voilà la triste réalité au Guidimakha que tous les pouvoirs ont ignorée.

Le meilleur candidat à la présidentielle, pour nous autres, sera celui qui protégera « le Guidimakhé » contre les abus du pouvoir local. Celui qui mettra fin aux injustices que nous subissions depuis des décennies. La soif, de justice nous tenaille plus que le manque d’eau potable, et nous préoccupe plus que le désert des infrastructures qui constitue la caractéristique principale de notre région ô combien déshéritée et abandonnée à elle-même. 

Seyré SIDIBE

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● Sénégal : Sonko-Faye : après l’ascension, quel horizon ? | Par Souleymane Sidibé

🖋Par Souleymane Sidibé, Mauritanie, Bordeaux, France

La récente victoire du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye au Sénégal a captivé l’attention au niveau national et international, suscitant un examen approfondi de sa personnalité, de son projet politique et des dynamiques qui ont façonné son accession au pouvoir.


Né en 1980 à Ndiaganiao, commune du Centre-Ouest du Sénégal, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye fait une partie de ses études au Lycée Demba Diop de Mbour où il obtient son baccalauréat en 2000. Il décroche sa maîtrise en droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar quatre ans plus tard. Il se présente au concours de l’École nationale d’administration (ENA) où il est reçu parmi les cinq premiers. Il choisit la section Impôts et Domaines, éloignée de sa passion pour la littérature. Diomaye y rencontre Birame Souleymane Diop et Ousmane Sonko, qu’il remplace à la tête du syndicat des inspecteurs.


En 2014, le président Diomaye Faye assiste comme invité aux rencontres des Patriotes Sénégalais pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité (Pastef). Ses capacités d’analyse et son esprit brillant le portent rapidement à des postes de responsabilité dans le parti, le propulsant ainsi en avant. Plongé au cœur du parti, son engouement et ses qualités susmentionnées le conduisent à la présidence du Mouvement National des Cadres Patriotes (MONCAP) puis à la tête du secrétariat national du parti en 2022 jusqu’au soir du vendredi 14 avril 2023. À cette date, il est mis en accusation. Pour l’opinion publique, cette arrestation est la conséquence de sa publication sur la toile où il évoque la « clochardisation de la justice sénégalaise ». Bassirou est déféré le lundi suivant pour « diffamation d’un corps constitué, diffusion de fausses nouvelles et outrage à magistrat ».


Son arrestation, en coup de vent, fait la une des journaux au Sénégal, perçu comme une vitrine démocratique africaine. Elle survient après celle du leader du parti, Ousmane Sonko, le vendredi 28 juillet à Dakar.

Principal opposant au régime du président Macky Sall, Ousmane Sonko, à la tête du Pastef, désigne sans réticences internes Diomaye comme candidat pour le suppléer en cas de disqualification.


Diomaye sera le candidat de la rupture ! Sa parole est alignée sur celle de Sonko, son soutien est inconditionnel, sa fidélité éprouvée et leurs parcours s’épousent : il étrennera le rouge renvoyant au sacrifice ultime et le vert de l’abondance, et sera le visage de cette espérance.


Quant au Pastef, il est avant tout une idéologie qui ne veut pas se confondre avec les partis politiques traditionnels : socialistes, communistes, libéraux et autres. L’ancrage du Pastef est le patriotisme qui met la souveraineté et l’humain au centre. L’idéologie du Pastef est basée sur le pragmatisme politique, la souveraineté tout en restant ouverte au monde via des partenariats gagnant-gagnant et la solidarité internationale. Le temps est venu pour l’action au service de la communauté et de l’intérêt général afin que « li ñëpp bokk, ñëpp jot ci » : redistribution des richesses, », signifiant que le bien commun bénéficie à l’ensemble des citoyens, prenne tout son sens.


De camarades de classe à la faculté où le combat pour « l’autorisation formelle de construction de lieu de culte » s’est imposé, à syndicalistes aux bureaux de l’administration, cette amitié d’une jeunesse entière vouée à la chose politique pense à la concrétisation de son projet, qui passe par la conquête du pouvoir. Après avoir investi le terrain politique, l’épreuve de force s’engage avec le pouvoir en place, pris d’une macrocéphalie présidentielle que d’aucuns qualifient de dictature. Les positions se raidissent et se radicalisent. Le Pastef déroule ses discours aux accents de démocratie et fait chanter sa flûte du grand soir qui fera du Sénégal une nation prospère, solidaire et ancrée dans des valeurs spirituelles et culturelles fortes. La foule est en liesse, l’adhésion des Sénégalais est massive sur l’ensemble du territoire et face à un raz-de-marée dans la diaspora. Cette dernière a été une force sociale et financière qui a toujours travaillé pour « voter et faire voter » leurs familles, parents et amis au Sénégal.

C’est à partir de 2019 que Ousmane Sonko affine puis édicte l’idéologie du parti qui consacre les valeurs de travail, d’éthique et de fraternité. Il engrange ainsi une large adhésion auprès de la population sénégalaise, en quête de changement, au fil de ses tournées et discours.


En octobre 2022, après l’adoption de nouveaux statuts du parti en janvier 2021 devenant « Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité », le parti est restructuré avec la nomination de Bassirou Diomaye Diakhar Faye comme secrétaire général et la mise en place d’un bureau politique national (BPN) provisoire pour la conquête du pouvoir en 2024.


Pastef, avec son porte-étendard Ousmane Sonko, propose un projet politique axé sur la lutte contre la corruption, la promotion de l’inclusion sociale et le développement économique inclusif et durable, écrit et relu par plus de mille-quatre-cents cadres. Ce projet a résonné avec les aspirations du peuple sénégalais pour un avenir meilleur. Soit une puissante armature idéologique et populaire la redistribution des richesses, mais aussi l’indépendance de la justice, lutte contre le clientélisme, et souveraineté.


Tandis que Macky Sall promettait de réduire l’opposition, selon ses mots, « à sa plus simple expression », le Pastef dénonçait la corruption et l’échec politique, et proposait une offre politique d’alternance et de rupture dans laquelle se reconnaît la jeunesse, dans un pays où 75 % de la population a moins de 35 ans (ANSD, RGPH 2024).

Le sang des manifestants est le ciment et le ferment de cette houle montante. La lutte contre la corruption a été au cœur des sujets de campagne. La notion de « Dynastie Faye-Sall », noms composés aux relents saoudiens, sous-entend l’empire financier présumé que la rue prête au couple présidentiel sortant, et un clientélisme marqué par des nominations familiales et politiciennes. Le duel qui prend forme sera fatal. D’une part, le camp de Benno Bokk Yakaar, dirigé par le président Macky Sall, qui a tardé à annoncer qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat avant de plaider pour un dialogue national. D’autre part, la Coalition Diomaye Président, puis un troisième acteur entre en jeu : le Conseil Constitutionnel.


Les potentielles violations constitutionnelles représentaient une menace pour la stabilité démocratique et l’État de droit au Sénégal. Dans ce contexte, la force des institutions sénégalaises, en particulier le Conseil Constitutionnel, revêtait une importance cruciale. En tant que gardien de la Constitution, le Conseil Constitutionnel a joué un rôle vital dans la préservation de l’intégrité de la Constitution et la protection des droits fondamentaux des citoyens. Malgré les pressions politiques et les défis institutionnels, le Conseil Constitutionnel sénégalais a su démontrer son indépendance et sa détermination à faire respecter la Constitution. Ses décisions ont été des remparts contre les tentatives de violation de l’ordre constitutionnel, renforçant ainsi la confiance du public dans le système judiciaire et contribuant à préserver la démocratie. Cependant, pour maintenir cette force institutionnelle, il est impératif de garantir l’indépendance et l’impartialité du Conseil Constitutionnel, ainsi que de renforcer ses capacités à traiter efficacement les cas de violations constitutionnelles. Ce faisant, le Sénégal pourra continuer à consolider son État de droit et à promouvoir les valeurs démocratiques qui sous-tendent son système politique. Cela se confirme après que le Conseil Constitutionnel sénégalais a invalidé la décision de reporter l’élection présidentielle du 25 février au 15 décembre.

Néanmoins, le candidat du Pastef, Bassirou Diomaye Faye, qui reste entre-temps en prison au Cap Manuel, bénéficie de l’amnistie. Le Sénégal, dans un tournant décisif de son histoire, démontre au monde entier, par la combativité de ses forces vives, que les humains viennent et partent, mais les institutions demeurent. À sa sortie de prison, un moment intense et fort se dessine. Le leader du parti n’a pas été devant les foules. Le président Diomaye, candidat validé par le Conseil Constitutionnel, libéré le soir du jeudi 14 mars 2024, se retrouve devant une vague de jubilation qui envahit les rues de la capitale sénégalaise à seulement dix jours avant le jour du scrutin. « Bass », comme l’appellent les plus intimes, a su incarner un mélange unique de charisme personnel et de vision politique claire. Son accent sérère authentique se remarque dans ses prises de parole.


Sonko est incontestablement l’âme de cette victoire, indissociable de son incarnation, de son charisme et de sa stratégie.


De plus, la puissance du bras de fer entre les forces vives du pays et un gouvernement aux abois a conduit à une loi d’amnistie du président sortant. Une dynamique renforcée par les intellectuels les plus emblématiques du Sénégal d’aujourd’hui tels que Felwine Sarr, Boubacar Boris Diop ou encore le Prix Goncourt 2021, Mohamed Mbougar Sarr.


Cette victoire n’est pas simplement le résultat d’une campagne électorale réussie, ni la rencontre d’un homme et de son peuple ou d’un compagnonnage ; elle est surtout le fruit d’une mobilisation sans précédent du peuple sénégalais autour du Pastef et de la Coalition Diomaye. C’est la conséquence des manifestations, des débats publics et d’un engagement citoyen massif. Le mouvement des femmes patriotes appelé MOJIP (Mouvement Jigeenu Pastef), le mouvement des enseignants de Pastef, et le mouvement des jeunes patriotes ont été d’un poids immense dans la stratégie de conquête du pouvoir. Les Sénégalais ont exprimé leur désir de voir leur pays progresser sous un leadership fort et visionnaire. Cette mobilisation populaire a joué un rôle déterminant dans le succès du Président Faye et a renforcé sa légitimité politique. Le balai en main, devenu un slogan régional en Afrique de l’Ouest, a installé dans la conscience une urgence de nettoyage systémique ». Il gagne haut-la-main contre le candidat du « système » Amadou Bâ, ancien Premier ministre, avec plus de 54 % contre 35 % officiellement.


La question d’une alliance entre le président Faye et Sonko, leader du parti Pastef, a également été au centre des discussions. Les deux partagent une vision commune de la politique et une volonté de changement radical. Le peuple sénégalais, qui abhorre l’injustice, les a rejoints. Plusieurs chants et slogans ont été créés pour cette libération politique et ce changement dans une atmosphère de maturité démocratique. Le rôle républicain de l’armée au Sénégal a également favorisé cette alternance.


Par ailleurs, il n’y a pas lieu de spéculer sur le style que le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko adopteront, ni sur les pactes qu’ils pourraient sceller face à face, conduisant à des tensions et des incertitudes.


Le pacte Sonko-Faye est scellé avec le peuple sénégalais. Leurs accords personnels passeront après. Des femmes et des hommes debout ont accordé leur confiance aux Patriotes. Il est crucial pour eux de maintenir l’unité au sein du mouvement Pastef tout en gouvernant efficacement.


Quant à savoir s’il s’agit de la victoire du Pastef ou de la défaite de Macky, il est clair que la réalité est plus complexe. Cette victoire représente à la fois un rejet de l’ancien régime, une volonté de rupture et un soutien à la vision politique portée par le président Faye. L’élection présidentielle de 2024 a été un référendum dans la mesure où, malgré 19 candidatures, le peuple a plébiscité haut la main l’offre programmatique de la Coalition Diomaye 2024, plan B du Pastef à la suite de l’élimination de son leader. Cependant, la défaite de Macky et de son parti dans une atmosphère de scission signifie la fin de leur influence politique.

Il reste à voir comment les forces politiques établies réagiront à ce changement de pouvoir et comment le président Faye parviendra, selon son cahier des charges, à la refondation des institutions, à la réduction de l’hyper-présidentialisme et à l’implémentation du projet « Jub-Jubbal-Jubbanti », soit les « 3J » en wolof, qui prône la droiture, la probité et l’exemplarité.

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● Barrons la route aux fossoyeurs de notre passé et de notre existence | Par M. Kebe Alhousseynou Diadie

Commençons solennellement par réaffirmer que chaque être vivant est issu d’ »un peuple,un territoire,une culture »qui constituent les points de repère par lesquels il mène sa vie de citoyen.

Cette triptyque qui sonne telle une Vérité générale doit être la source de sentiments qui irrigue nos coeurs de joie et de fierté, car elle nous situe dans le temps et dans l’espace.
Elle est, au demeurant la carte d’identité culturelle voire existentielle qui détermine notre existence sur cette terre ronde, la nôtre.

Le vivre ensemble, caractéristique de la sociabilité nous enseigne que l’être humain, quelque soit son appartenance ethnique et la couleur de sa peau doit ipso-facto s’approprier cette vérité historique,la vivre pleinement,la respecter scrupuleusement.

Ce faisant, nous allons vivre dignement dans la paix, dans l’unité dans la diversité
Cependant chez nous, en Mauritanie,la perception de la réalité est totalement différente.

En effet, l’autorité qui règne sur nous tel un monarque aveuglé par ses instincts grégaires, son népotisme et son égocentrisme s’ingénie non seulement à assoir sa conquête d’expropriation des terres des citoyens paisibles et laborieux mais également à faire table rase de notre passé, de notre culture.
Cette tabula rasa des temps modernes s’articule autour des points suivants :

1– Changer dans tout le pays : (ce n’est pas seulement au Guidimakha) la toponymie originelle voire originale des villages,des sources d’eau,des montagnes et des forêts appartenant aux Noirs du sud en la remplaçant par une nouvelle intruse,tranchant avec les us et coutumes des autochtones (voir l’article de M. Seyré SIDIBE) qui s’intitule « Guidimakha: préservons les noms de nos village de la prédation culturelle « .

2-La falsification à outrance de l’histoire du pays qui consiste à effacer définitivement l’apport séculaire et le rôle joué par les ethnies negro-mauritaniennes dans la construction du pays.
3-Une bataille linguistique :amener les populations du sud(qui ne perçoivent pas malheureusement l’ampleur du danger d’une telle entreprise-assimilation) à oublier leur toponymie originelle au profit de la nouvelle.

« Pauvre de nous » comme le disait Toundi Ondoua, le personnage emblématique d‘une vie de boy » de Ferdinand Oyono.Pourquoi laissons se produire sous nos yeux cette destruction de notre âme,de notre culture et de notre histoire?
Nous devons ensemble contrecarrer cette pratique odieuse qui n’a de but que de nous éteindre linguistiquement.

Je rappelle que lors des événements douloureux de 1989-1990-1991certains mauritaniens chauvins, partisans de la rupture diplomatique entre la Mauritanie et le Sénégal se plaisaient sadiquement à effacer une page importante de notre histoire en rebaptisant le fleuve Sénégal par le nom du fleuve Sanhaja. Mais quelle cécité historique ! Quelle bêtise !

Ô mon peuple,ô peuple de la vallée épris de justice et de l’équité, unissons nos efforts »transcendons nos différences et disons en choeur; »barrons la route aux fossoyeurs de notre passé et de notre existence ».

Kebe Alhousseynou Diadie (Lexeiba Gorgol)

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