N’Djim a réussi à prendre la fuite sur le chemin du retour d’une audience au Tribunal le mardi 14 février 2023. Cette information a fait le tour des réseaux sociaux, avec des versions plus ou moins mensongères. Approché par nos soins, son avocat Me Bakary Konaté, invite les uns et les autres à arrêter cette campagne de dénigrement en raison du principe de la présomption d’innocence qui s’applique à son client.
Me Bakary Konaté dit avoir appris l’information de cette évasion au même titre que les autres. Il confirme toutefois avoir été contacté à deux ou trois reprises par son client. Parlant de la personne de Boubacar N’Djim, il assure que son client est une personne normale qui est connue pour ses actions pour le respect des droits humains et son engagement de soutien des victimes de l’esclavagisme moderne.
A cet effet, il appelle les uns et les autres à faire preuve de retenue sur les réseaux sociaux en attendant que les faits soient établis par la justice. Cependant, Me Konaté s’abstient de tout commentaire sur l’affaire de son client sous motif qu’elle est pendante au niveau de la juridiction compétente.
Par ailleurs, à travers un communiqué, la coordination des organisations africaines engagées dans la lutte contre l’esclavage et ses séquelles condamne fermement les campagnes de dénigrement à son encontre sur les réseaux sociaux qui violent ses droits fondamentaux et l’instrumentalisation de la justice par des organisations et des réseaux esclavagistes pour réprimer et persécuter les défendeurs des droits humains et abolitionnistes.
La Coordination exprime toute sa solidarité et son soutien à M. Boubacar. En effet, selon le même communiqué, l’arrestation de M. N’Djim se rapporte à un contentieux commercial qui faisait déjà l’objet d’une procédure civile au niveau du Tribunal de commerce, qualifié opportunément et injustement d’escroquerie pour justifier sa détention ou il semble victime de menaces, persécution et sévices.
La Coordination dit faire appel à un examen circonstancié de la situation actuelle de Boubacar N’Djim conformément à la législation en vigueur au Mali et aux engagements internationaux signés par la République du Mali.
L’organisation abolitionniste soninké ‘’Ganbanaaxun Fedde’’ en Mauritanie engage un vaste programme de Formation Plaidoyer contre l’esclavage au profit de ses membres et sympathisants. Il s’agit de permettre aux acteurs de la lutte anti-esclavagiste à l’échelle régionale de l’association de bénéficier d’un renforcement de leurs capacités. Cet atelier qui s’est ouvert, ce vendredi 3 mars à Nouakchott, est organisé par Ganbanaaxun Fedde avec l’appui de EMiFoc(Esclavage et Migrations Forcées ). Cette activité allie un volet formation et un volet sensibilisation afin ‘’ d’optimiser la diffusion du message promouvant la fin des pratiques d’esclavage par ascendance et le respect des droits humains. »Des représentants de l’association malienne de lutte contre l’esclavage par ascendance ‘’Donko Sira’’(Chemin de la connaissance) prennent part à cet atelier.
Cette rencontre s’inscrit dans la » continuité des actions de sensibilisation et de formation déjà menées par le projet EMiFo.
Procédant à l’ouverture de l’atelier, M.Ladji Traoré député a salué la tenue de cette session en cette journée historique de la lutte contre l’esclavage. Il a remercié les organisateurs et leurs partenaires pour s’être associés dans cette lutte continue contre les pratiques esclavagistes. ’’Il n’y a pas de progrès pour l’humanité sans liberté et sans développement’’, a déclaré Ladji Traoré. Le dirigeant de l’Alliance Populaire Progressiste a évoqué les grands dangers actuels relatifs à l’émigration soldant le plus souvent sur des drames, l’humiliation et les expulsions s’appesantissant sur les derniers développements en Tunisie. Il a exhorté les participants à plus d’assiduité et à s’engager dans la lutte en mesurant l’importance et la noblesse du combat.
Quant au Dr Lotte Pelckmars, chercheuse belge, elle a insisté sur la nécessité d’un réseautage entre les organisations mauritanienne et malienne espérant des échanges fructueux et espérant.
Prenant la parole à l’ouverture, Mme Aminetou Mint Moctar, présidente de l’Association des Femmes Cheffes de Famille (AFCF) a abondé dans le sens de la mise en place d’une force de lutte commune contre l’esclavage en Mauritanie et au Mali.
S’adressant aux participants, M. Abdoulaye Sidi Traoré, président du mouvement ‘’Ganbanaaxun Fedde’’ a souhaité à ce que chacun d’entre eux comprenne que la lutte contre l’esclavage est ‘’un combat noble des droits humains’’.’’ J’ai souhaité m’adresser aux militants des droits humains ce jour tant attendu d’une manière solennelle et exceptionnelle, à travers ses représentations que sont les présidents, les membres de l’association. Vous êtes l’espoir et les représentants de notre communauté soninké dans nos pays respectifs’’, a-t-il ajouté.
Par la suite, Traoré a justifié la tenue de cet atelier par ‘’les enjeux qui sont les nôtres, dans ce monde en perpétuelle mutation et dans une communauté en mouvement. Ces enjeux sont économiques, sociaux, environnementaux mais également la consolidation de la cohésion sociale et l’unité nationale’’, a-t-il précisé. Avant d’entrer dans le vif du sujet, les participants, sous la houlette de Baliou Coulibaly, modérateur, ont notamment réfléchi collectivement à leurs attentes et à leurs besoins en matière de plaidoyer, qui guideront les discussions des prochains jours, avant de se scinder en groupes de travail.
Signalons que l’atelier se clôturera le 6 mars, Journée nationale de lutte contre l’esclavage en Mauritanie, avec une conférence ouverte au public sur la question de l’esclavage par ascendance.
Notre force est dans notre capacité à nous unir, le FISO l’a démontré. Combien sont-ils, parmi nous à comprendre l’impérieuse nécessité de dépasser nos contradictions et différends.
La force et le respect d’une communauté résultent dans sa capacité à se remettre en cause; à rassembler lorsque la graine de la division est semée par quelques oiseaux de mauvaises augures.
La société Soninké a visiblement manqué de résilience et de ressort pour juguler les revendications d’une partie de son être, une partie non négligeable d’elle-même. Qu’elle ne peut abandonner, troquer ou trahir, et dont elle ne peut se passer.
La crise qui traverse la société Soninké est aggravée par le succès fulgurant des « grandes gueules », de nouveaux troubadours et courtisans qui ont investi l’espace public virtuel, les réseaux sociaux et qui se donnent à coeur joie à l’injure publique, proférant sans retenue et sans conscience, ni état d’âme des propos grotesques et haineux.
Ceux-là entendent se substituer aux sages du village, aux facilitateurs assermentés d’antan de la communauté. Ceux qui n’étaient ni récipiendaires d’un Master ou d’un doctorat mais avaient le bon sens en alerte, le flair « aiguisé » et ultra sensible, capable d’anticiper et d’annihiler, toute chose qui peut sonner le glas de l’harmonie du groupe. Harmonie au sens de consensus et de compromis pour préserver l’équilibre du groupe.
On nous raconte ( source tradition orale et histoires récentes qu’au Guidimakha ) qu’il est arrivé à plus d’une fois, qu’un chef de village en vient à prendre une décision impopulaire, sous le mode de la colère ou de l’émotion. Mais les sages intervenaient ou parfois même son épouse pour l’en dissuader.
Une fois raisonné, le chef perçoit l’impertinence et l’imprudence de sa décision et cède à la volonté populaire exprimée à travers les sages. Ce faisant, il n’hésitait guère de présenter ses excuses. Ce sont ce genre notabilités qui manque aujourd’hui dans le Soninkara. Notre crise est celle des valeurs, de la gouvernance et même des hommes. Reconnaissons-le pour avancer !
Cette façon de régler les différends du village était, plus portée sur la recherche de la cohésion et l’équilibre de la communauté que la « vérité ».
Le grand peuple Soninké est en train de se ridiculiser par son refus de s’adapter aux injonctions d’une ère nouvelle. Il doit se surpasser et se poser les bonnes questions. Une partie de nos intellectuels et la jeunesse censées être les porte- étendards d’une nouvelle configuration sociale, en vue de garantir l’égalité et la fraternité réelle, se sont laissés influencés pour défendre des postures indéfendables.
Les Soninké ont visiblement opté pour le pourrissement. Une stratégie qui n’arrange personne, si ce n’est le mal qui ronge et désagrège notre communauté: le temps joue en faveur du mal et nous fragilise davantage.
Et pourtant, à observer de près, les Soninké n’ont jamais été des va-t-en guerre, les peuples qui ont cohabité avec eux, leur reconnaissent cette qualité: ils ont toujours mis en place des forces dissuasives, disposées à défendre plutôt qu’à envahir ou conquérir.
Quelle « vérité » ou valeur peut-elle se prétendre plus noble, et au dessus de la paix sociale ? Je n’en connais point !
Faut-il sacrifier une société née à la suite de sacrifices et de pérégrinations périlleuses de nos aïeux, qui ont enduré les affres de l’existence pour exister ? Quelle société allons-nous, léguer à nos enfants, aux futures générations ?
La responsabilité de chacun et de tous est engagée .Tous ceux qui ont une influence, une audience, une tribune si minime soit elle, et ce quel qu’en soit sa nature doivent l’exploiter à bon escient, au service de la paix, pour rapprocher les deux parties d’un même corps en conflit.
La 7ème édition du Festival International Soninké (FISO) a été incontestablement un succès, au regard de la mobilisation, et la démonstration culturelle et artistique. Cependant, chacun d’entre nous dans son for intérieur, et loin de tout orgueilleux a dû regretter l’absence d’une partie de la communauté.
Et pourtant, l’histoire serait belle à écrire si la réconciliation entre les Soninké avait été scellée depuis Nouakchott à l’occasion du FISO.
Mais, nous avons préféré éviter ce sujet, ou disons ne pas en faire une priorité, pour sa complexité de crainte que ça ne dégénère ou encore de gâcher la fête.
Il n’y a pas échappatoire, de subterfuge, la réconciliation des Soninké est devenue » l’outre de l’éléphant » pour reprendre l’un de nos proverbes . Si tu la portes, tu risques d’être à la traine du peloton, et si tu décides de ne pas le porter, tu risques la mort certaine due à la soif. « Tuure sumalle Ji ndande angana wutu an kunke na xose angana wara daqu na ankari »
20 Minutes – Selon la Commission électorale, Bola Tinubu a obtenu 8,8 millions de voix. L’opposition veut l’annulation de l’élection, dénonçant des fraudes « massives ».
Les résultats auront mis près de quatre jours pour tomber. Le candidat du parti au pouvoir au Nigeria, Bola Tinubu, a remporté ce mercredi l’élection présidentielle dans le pays le plus peuplé d’Afrique, selon les résultats officiels proclamés par la Commission électorale nationale (Inec).
Bola Tinubu, du Congrès des progressistes (APC), a obtenu 8,8 millions de voix, devant ses principaux rivaux Atiku Abubakar du Parti démocratique du peuple (PDP, 6,9 millions de voix) et Peter Obi du Parti travailliste (6,1 millions de voix), au terme d’une des élections les plus disputées de l’histoire démocratique du Nigeria.
Des observateurs critiquent des retards dans le décompte
Il obtient également 25 % des voix dans au moins deux tiers des 36 Etats de la fédération ainsi que le territoire de la capitale Abuja, une condition nécessaire pour être déclaré vainqueur. « Tinubu Bola Ahmed, de l’APC, ayant satisfait aux exigences de la loi, est déclaré vainqueur et élu », a annoncé à 4h20 le président de l’Inec, Mahmood Yakubu devant la presse à Abuja.
Plus de 87 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes samedi et le vote, dont la participation n’est pas encore connue, s’est globalement déroulé dans le calme. Toutefois, de nombreux observateurs ont critiqué des retards dans le décompte et d’importantes défaillances dans le transfert électronique des résultats.
Un « parrain » de la politique
Mardi, avant même l’annonce des résultats finaux, l’opposition a demandé l’annulation de l’élection, dénonçant des fraudes « massives ». L’Inec a de son côté balayé des accusations « infondées et irresponsables », ajoutant que les candidats étaient « libres de s’adresser aux tribunaux » s’ils s’estimaient lésés.
Âgé de 70 ans, Bola Tinubu, ancien gouverneur de Lagos et surnommé « le parrain » à cause de son immense influence politique, va succéder au président sortant Muhammadu Buhari, 80 ans, qui se retire après deux mandats comme le veut la Constitution.
• Un porte-parole RMFP Gambana Mali, Issa Diarra rapportant le verdict de l’affaire de Diandioumé.
L’existence de l’esclavage par ascendance en milieu Soninké est avérée comme une montagne imposante à l’horizon. Le narratif du déni peut être tourné dans tous les sens par des esprits peu sincères et adeptes d’une perpétuelle fuite en avant, mais les faits dépassent parfois ce qu’on croit savoir du phénomène. Les faits, ça commence par cet éveil massif porté par Gambanaxu Fedde depuis plusieurs années qui interroge un ordre sociétal organisationnel qui se sait discriminatoire et ségrégationniste à travers le système hermétique des castes. Ce refus consciencieux de l’infériorité sociale par ascendance (le ladalenmaxu) , et les conséquences agressives venant d’un mekhzen réactionnaire au sein de la communauté soninké. Ici on expulse, là on met une quarantaine sociale, l’autre bord on accuse fallacieusement, par endroits on exproprie, on agresse et on laisse faire l’irréparable en assassinant certains militants anti-esclavagistes. J’aborde le cas de feu l’oncle Mountagha Diarriso et ses camarades (paix éternelle à leurs âmes de martyrs) de Diandioumé. Dans ce village Soninké dans la région de Kayes, dans la nuit du 1 septembre 2020, les extrémistes féodalo-esclavagistes sur place ont organisé une vendetta criminelle contre les familles qui se sont libérées de coutumes esclavagistes du lada Soninké. 4 pères de famille de 42 ans à 71 ans (Mountagha Diarriso, Hamet Sissoko, Youssou Sissoko et Gossi Sissoko) ont été lynchés à mort et plusieurs blessés parmi les rescapés. Notre tante Sokhona Diakhité grièvement atteinte, est décédée en juillet 2021 par la suite, lire https://www.ohchr.org/fr/2020/09/un-human-rights-experts-urge-mali-end-slavery-once-and-all?LangID=F&NewsID=26219 . En octobre 2021 lors de la visite de notre délégation à Nioro auprès des rescapés, monsieur Borou Sissoko (blessé et sauvé miraculeusement lors de l’attaque) m’avait appris que leurs familles étaient contraintes d’aller travailler aux champs de leurs maîtres jusqu’à courant 2018. Il a précisé que sans la journée de travail, ils devaient s’acquitter d’un montant d’argent de compensation. Actuellement à Kayes avec sa famille (Sissoko) et les rescapés de la famille Diarriso, dans nos derniers échanges hier soir, il se dit motivé en ayant espoir à la justice pour dire et appliquer le Droit. Ici l’expression renouvelée de mon soutien et ma disponibilité à mettre des mots à l’endroit de l’opinion nationale et internationale via mon espace médiatique, le Blog dont le visuel porte depuis septembre 2020 les initiales M-G-Y-H de martyrs et la date inoubliable 1-9-20.
• Les 4 militants anti-esclavagistes sooninkés tués dans la nuit du 1 septembre 2020• Communiqué CNDH Mali • Sokhona Diakhité (blessée grièvement) décédée en juillet 2021• Votre serviteur avec frère Borou Sissoko (rescapé) à Nioro 25 octobre 2021
Ce lundi 27 février s’ouvre une cour spéciale d’assises, et je dirais enfin il était temps pour que la justice se mette en route sur cette gravissime affaire liée à l’esclavage par ascendance au Mali. Assez de déni et d’impunité sous une certaine indifférence voire des suspectes complicités pro féodalo-esclavagistes des autorités étatiques aux temps du président feu IBK. C’était sous son règne boiteux dans un pays où l’insécurité secoue durement avec l’hydre terroriste, qu’en 2018 l’oncle militant abolitionniste feu Mountagha Diarriso (67 ans) avait été agressé par un jeune homme féodalo-esclavagiste. Il lui était reproché d’avoir accueilli une rencontre des militants anti-esclavagistes dans le village. De cette agression haineuse, la justice du côté de Nioro n’aurait pas été sévère pour punir son assaillant extrémiste issu de la milice féodalo-esclavagiste dans la jeunesse dite de Kingi.
• Encadré au centre l’agression de Mountagha Diarriso en 2018
La suite, on la connaît avec la terrible nuit du 1 septembre 2020. Ainsi espérons que la cour d’assises en cours fasse toute la lumière sur ce crime abominable lié à l’esclavage par ascendance. À Kayes, la zone où l’ordre colonial français avait aidé certaines communautés victimes de l’esclavage intra-africain au début du 20ème siècle, à fonder des cités de liberté (villages liberté). Plus d’un siècle après, et plusieurs décennies après l’indépendance de nos pays, le phénomène d’esclavage intra-muros (local) persiste et sévit gravement dans divers endroits sahara-saheliens. Aujourd’hui le déni derrière divers subterfuges ne tient plus en milieux sooninkés, le silence entretenu autour du phénomène est la source de toutes les frictions sociales. Les faits sont têtus, des consciences libres et disposées à aborder frontalement la « chose » s’affirment ouvertement. La dernière prise de parole en la matière, assurée par la présidente de l’association « Sironde do koffo » Mme Diabira Soukeyna, est à saluer. C’était lors d’un atelier dédié dans le programme du FISO (festival international soninké) tenu à Nouakchott, la capitale mauritanienne. Elle a osé mettre des mots sur les maux, ainsi elle appelle que cesse la culture du déni du phénomène et ses séquelles qui existent bien dans la communauté.
Espérons que le procès de l’affaire de Diandioumé soit un cas de référence pour exposer la gravité du phénomène, réconforter les militants abolitionnistes et pousser les autorités publiques à l’éradiquer nécessairement. Et ce, dans toutes nos contrées concernées dans la sous-région, particulièrement en pays sooninké.
LE RENDEZ-VOUS DES IDEES. L’historien tunisien Salah Trabelsi revient sur les sources historiques de la discrimination dont sont victimes les Noirs en Afrique du Nord.
Publié le 24 février 2019
Les bouleversements politiques qui ont secoué le Maghreb ces dernières années ont fait ressurgir d’innombrables problèmes tenus jusque-là sous le poids du silence et du déni. L’une de ces questions refoulées concerne la situation des Noirs au cœur de cette partie spécifique de l’espace africain. Durant des décennies, le sujet a été biffé de l’histoire commune. Qu’ils en soient natifs ou non, les Noirs au Maghreb font l’objet d’une déconsidération doublée de discrimination. Contrairement au reste de la population, ils sont les seuls à être perçus comme l’incarnation d’un groupe exogène, repérable à des caractéristiques ethniques et socioculturelles présumées distinctes. Le plus surprenant, c’est que cette assertion prend le contre-pied d’une autre opinion commune, selon laquelle l’Afrique du Nord serait le réceptacle d’un peuplement disparate et bigarré, une terre de migrations et de métissage.
Ce schéma dualiste a été à l’origine d’un système de hiérarchisation et de catégorisation paradoxale. Il en est résulté une vision qui tend à faire du Maghrébin à peau noire l’archétype de l’altérité : un Noir qui vit et se conduit donc par essence comme un Noir ! Ce cliché s’est incrusté dans les mentalités, provoquant une dissociation névrotique des identités, scindées en deux types d’affiliation politique et ethnosociologique : l’une africaine, l’autre arabe et musulmane. Aujourd’hui, les quatre pays du Maghreb proclament solennellement l’arabe comme langue nationale et officielle et l’islam comme religion d’Etat.
Stocks idéologiques Il y a confusion entre ces deux catégories, qui relèvent pourtant de deux sphères différentes, l’une religieuse, l’autre ethnolinguistique. Rappelons que la majeure partie des musulmans n’est pas arabophone. D’ailleurs, malgré le mythe de la sacralité de la langue arabe, ni l’Iran ni la Turquie, pourtant très proches du berceau de l’arabité, n’ont à aucun moment de leur histoire revendiqué une commune filiation avec les Arabes. Il en est de même du Sénégal, ou de l’Indonésie, qui compte le plus grand nombre de musulmans au monde.
Comment les Etats maghrébins en sont-ils venus à revendiquer avec zèle et empressement cette parenté putative avec l’arabité et à rejeter avec force leur africanité ?
L’islam s’est imposé cinq ou six siècles après la conquête de l’Afrique du Nord, non sans mépris envers les Berbères. Aux yeux des premiers conquérants arabes, les Berbères étaient un peuple vil, fruste et sauvage : « Des bêtes en liberté », selon l’historien du XIVe siècle Ibn Idhari. L’on établit même à leur encontre des hadith – paroles attribuées à Mahomet, le prophète de l’islam –, forgés de toutes pièces pour les rabaisser et justifier leur humiliation.
D’après l’auteur du Mu’djam al-Buldan, Yakut, le Prophète aurait dit : « Il n’existe, nulle part au monde, des êtres aussi répugnants que les Berbères. Quand même je n’aurais rien à distribuer comme aumône, si ce n’est la poignée de mon fouet, je serais plus enclin à la donner plutôt que d’affranchir un esclave berbère. » A leur tour, certains oulémas [théologiens de l’islam] d’origine berbère vont réagir en inventant des hadith pour se réhabiliter aux yeux des Arabes. Abu Al-Arab et Al-Maliki rapportent des traditions attribuées au Prophète lui-même, louant les mérites et la piété exemplaire des Berbères.
Quels sens donner à l’abandon de l’identité afro-berbère qui a longtemps cristallisé l’affirmation même de leur singularité face au reste des Arabes et des Africains ?
La littérature arabe classique offre un réservoir inépuisable d’informations éclairantes sur la rhétorique de l’altérité à travers l’Histoire. Ces corpus permettent de reconstituer la manière dont a été pensé, imaginé et perçu le rapport à l’Afrique et aux minorités noires. Ces stocks idéologiques, réactualisés selon les problématiques politiques et sociétales du moment, ont traversé le temps et continuent de façonner les esprits.
Complexe obsessionnel Un des exemples les plus éclatants du prisme de l’arabité et de la négation de soi est celui raconté par l’historien kairouanais du XIe siècle, Abu Bakr Al-Maliki. Dans Jardins des âmes (Riyad Al-Nufus), il dresse une série de biographies consacrées aux saints et aux grands lettrés de Tunisie. L’un des personnages, Al-Buhlul b Rashid Al-Ra’ini, un juriste et saint homme, vénéré pour sa piété et sa dévotion, était épouvanté d’appartenir à la multitude chamitique, déchue et flétrie. En effet, selon une vieille tradition musulmane, Cham, l’un des trois fils de Noé, était à l’origine un homme blanc, doté d’un beau visage et d’une allure fort agréable. Mais Dieu changea sa couleur à la suite de la malédiction prononcée par son père. Une partie de sa descendance s’établit en Inde, en Afrique et au Maghreb. C’est cette dernière lignée qui serait à l’origine des coptes d’Egypte et des Berbères. Inquiet pour le salut de son âme, Al-Buhlul vivait dans la hantise constante et effrayante de la disgrâce du Seigneur, jusqu’au jour où il apprit qu’il n’était pas de souche berbère : « Alors, pour remercier Dieu, il organisa un somptueux festin auquel il convia tous ses amis et proches. »
D’autres récits confirment ce complexe obsessionnel qui témoigne d’une dépersonnalisation morale et culturelle aiguë chez beaucoup de savants et mystiques maghrébins. Ces exemples montrent le caractère prégnant dans la culture arabe d’une négrophobie doctrinale, agrémentée d’une haine de soi. Encore, faut-il le rappeler, en dehors de la mouvance kharidjite, branche issue du premier schisme de l’islam, la noirceur de peau a toujours constitué, selon la plupart des exégètes musulmans, un défaut inacceptable et ce au même titre que tous les autres vices rédhibitoires pour accéder au pouvoir suprême.
Ibn Khaldun, l’auteur de la Mukkadima souligne dans ses écrits l’extravagance des inventions sans fondement de certains généalogistes qui font descendre de la péninsule Arabique les ancêtres des Berbères, manière de « blanchir » leur origine.
Rappelons aussi le sort réservé à Ibrahim Ibn Al-Mahdi. Ce calife éphémère fut destitué en 819, car sa mère était une concubine royale d’origine afro-iranienne et qu’il était lui-même de teint très foncé. Quand à l’esclave nubien Kafur, prince d’Egypte, grand bâtisseur et protecteur des savants et des écrivains, il fut violemment vilipendé, haï et calomnié durant les vingt-deux ans de son règne. L’un des textes les plus ignobles, composé par l’un de ses détracteurs, Al-Mutanabbi, figure toujours en bonne place dans les manuels scolaires arabes. La quasi-totalité des collégiens sont tenus encore aujourd’hui de réciter par chœur les vers affreusement satiriques de ce poète, considérés comme le plus beau chef-d’œuvre de la prosodie arabe.
Anthropologie médiévale désuète Ce sont d’ailleurs ces réservoirs sempiternels de représentations stéréotypées qui continuent à nourrir les choix des modèles et des dispositifs éducatifs actuels. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le contenu des ouvrages du collège ou du lycée pour se rendre compte des dommages irréparables causés par la référence quasi constante à ces vieux topos, hérités d’une anthropologie médiévale, imaginaire et désuète.
Ces éléments ici réunis n’expliquent en rien l’exacerbation symptomatique actuelle des discriminations dans les pays du Maghreb. Mais ce détour permet d’expliquer la source des préjugés et la mise en place des marqueurs d’une hiérarchie imaginaire des identités biologiques et socioculturelles.
Pendant plusieurs décennies, les regards ont été uniquement braqués sur la situation désastreuse des descendants d’esclaves noirs en Mauritanie. L’on se rend bien compte aujourd’hui que le problème dépasse largement les marges sahariennes du Maghreb. Les récits scandaleux de vente aux enchères de jeunes Subsahariens en Libye et les témoignages incessants d’agressions violentes et parfois meurtrières contre des Noirs montrent l’étendue des ravages qui affectent toutes les sphères de la vie sociale, que ce soit en Libye, au Maroc, en Algérie ou en Tunisie. Terre de paradoxes, ce dernier pays tente pourtant de faire figure d’exception. Berceau des « printemps arabes », il avait été en outre le premier Etat de la région à abolir, en principe, l’esclavage en 1846.
Evidemment, l’un des traits marquants de l’histoire des pays arabes, est celui d’une extrême durabilité des formes de servitude et d’esclavage. Etrangement, les esclaves noirs ont été les derniers à obtenir leur émancipation, et ce bien après celle des esclaves mamelouks, européens et circassiens. Ce processus lent et toujours inachevé explique, en partie, l’émergence tardive de la question des inégalités sociales et raciales. Par ailleurs, l’extension des violences racistes montre à quel point les préjugés, que l’on croyait appartenir à un temps révolu, continuent de proliférer. Manifestement, le problème est encore d’actualité. Aujourd’hui comme hier, la persistance des inégalités sociales et raciales fait obstacle à l’accès aux libertés publiques et citoyennes.
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Salah Trabelsi est maître de conférences en histoire et civilisation à l’université Lumière Lyon II, et directeur adjoint du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo). Il est coauteur de Résistances et mémoires des esclavages, éd. Karthala, 2014.
Sentiments de toute puissance avec/par la tenue (tous corps confondus) pour nos hommes dits de loi et même pour leurs proches, dénote ce zèle cultivé dans un champ de passe-droits et d’impunité.
Les premiers qui écrasent les lois au vu et au su de tout le monde, ce sont eux…!
On s’y accommode consciemment et inconsciemment, les services acquis d’office sous d’autres cieux regulés par une conscience professionnelle et citoyenne, sont monnayés soit par le fric, soit par le relationnel. Devant certains éléments de force de « l’ordre » et du judiciaire, d’abord on essayera de savoir et de jauger ton potentiel relationnel (puissant ou lambda) et après ton traitement et le traitement de ton cas vont en dépendre. Si tu es un lambda, il faut compter sur tes prières.
Le militant droit-de-lhommiste Souvi Ould Cheine (paix à son âme) victime des violences policières dans un commissariat de Nouakchott (la capitale mauritanienne) n’aurait pas subi pareils traitements injustes et en perdre sa vie s’il comptait un gradé haut placé dans son environnement parental. À lire ce témoignage en lien https://cridem.org/C_Info.php?article=763203
En substance d’une analyse lue d’Ibn Taymiyya laissait dire : « la justesse des règles constitutionnelles ne peuvent servir la justice sans la moralité de ceux chargés de les faire appliquer. »
Un schéma des réalités qui sape toute émergence d’un véritable État de droit. Ce dernier est un gage de développement multidimensionnel et de stabilité sociale dans pays se veut moderne.
CAFOnline – L’attaquant mauritanien Hemeya Tanji a dédié son prix TotalEnergies de l’homme du match à tous les Mauritaniens du monde.
L’attaquant du FC Nouadhibou a inspiré la qualification historique de son équipe pour les quarts de finale du Championnat d’Afrique des Nations, TotalEnergies mardi.
« Remporter ce prix est un honneur pour moi et pour le peuple mauritanien. Je suis aussi heureux que n’importe quel fan de football mauritanien. C’est une victoire pour tout le peuple mauritanien », a déclaré Tanji avec un sourire jusqu’aux oreilles lors de la conférence de presse d’après-match au stade Miloud Hadefi d’Oran, en Algérie.
Tanji a été une source d’inspiration avec et sans le ballon, faisant continuellement des courses en avant pour perturber la défense malienne.
Il s’agit de la première victoire enregistrée par les Mourabitounes, qui avaient auparavant enregistré six défaites en six matches au CHAN et contraint l’Angola à un match nul et vierge lors de leur entrée en lice dans le Groupe E.
Tanji, 24 ans, a ajouté : « Nous avons travaillé très dur pour participer à ce tournoi et maintenant que nous sommes qualifiés, nous sommes très heureux d’avoir gagné et d’être en quart de finale. »
La Mauritanie affrontera maintenant ses voisins sénégalais dans le deuxième quart de finale le 27 janvier au stade du 19 mai 1956 à Annaba à 19h00 GMT.
Dans cet épisode, on sort du triptyque Algérie-Maroc-Tunisie pour se rendre légèrement plus au sud. Direction la Mauritanie, un pays situé au entre le Sahara Occidental revendiqué par le royaume du Maroc, l’Algérie, le Sénégal et le Mali. Pour en parler, Sidi N’Diaye, politiste spécialisé dans les violences politiques, ethnopolitiques et les politiques de réconciliation nationale en Mauritanie.
• Nom complet : El-haj Mohamed ibn el-haj Aboubekr ibn mohamed khalil Tandjigora connu également sous le teknonyme (kunya) Abu Elyas
Il est ressortissant du village sooninké de Kounghany au Sénégal, d’une famille des lettrés religieux et prédicateurs originaire du Mali. Une famille issue de l’ensemble clanique des Cissé. Né en 1953, le professeur communément appelé cheikh Madiakho, est une voix intellectuelle, spirituelle et sociale qui a une certaine aura auprès des communautés sooninkés à travers le monde. Un lettré traducteur, prêcheur consciencieux et penseur très dynamique en réflexions sur l’héritage intellectuel et savant de la voie classique sunnite. Ouvert et témoin de son temps, on peut l’encarter également comme fin éducateur, philosophe, psychologue et observateur attentionné des relations internationales.
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