Réflexion – Mauritanie | Point de vue sur le Passif Humanitaire , Par Salihina Moussa Konaté

 

Vendre le dossier du Passif Humanitaire, c’est :
– Trahir la mémoire de nos ancêtres.
– Saborder le combat mené depuis des décennies par de bonnes gens 
– Une insulte à la conscience de tous les Mauritaniens en particulier des négro-mauritaniens.

Dire que nous avons mené trente-un ans de combat et nous n’avons pas obtenu gain de cause alors il faut vendre le dossier : cela signifie qu’on n’était pas sincère dans ce que l’on faisait ou l’on n’était pas convaincu de la légitimité de notre combat.

Ouvrons grandement les yeux, ce dossier ne doit en aucun être vendu puisqu’on ne peut pas acheter une Vie humaine. Et j’imagine que les veuves et les orphelins témoignent beaucoup de respect à l’endroit de leurs proches et jamais, ils n’abandonneront pas ce combat tant qu’ils n’auront pas eu gain de cause, au temps pour moi, tant que nous n’aurons pas eu gain de cause.
Abandonner parce que nous avons lutté décennie et que rien n’a changé, ce n’est pas tenir compte des réalités historiques telles que la résistance chilienne pour ne citer que celle-ci.

Ceux qui s’improvisent aujourd’hui en prêcheurs de la bonne parole, ont-ils ne serait-ce qu’une fois donné une becquée à ces pauvres dont les parents ont été rudoyés, humiliés et torturés jusqu’à ce que mort s’en suive ?

Il n’y a qu’un maroufle qui s’agenouille devant l’argent, qui met son ventre, sa gamelle au-devant sa dignité humaine.
Tant qu’il n’y aura pas ce que j’appelle la concession douloureuse pour adoucir l’absinthe, à savoir la justice, notre combat doit continuer.

Un de mes amis m’a dit, le 28 novembre 2020, qu’il fallait qu’on arrête les soulèvements populaires pour revendiquer les droits de nos prédécesseurs puisque l’on vit dans la sérénité et que le passé, c’est le passé. Je lui ai rappelé qu’un passé noir, pour le porter sereinement et le vivre en toute quiétude pour le vivre ainsi, il faut qu’il soit reconnu et il faut que lumière soit faite sur celui-ci afin d’éviter les amalgames. Cependant, tant qu’il y a des criminels en liberté, tant qu’il n’y aura pas de réparation judiciaire ou comme disait sommairement Samba Thiam lors d’un cours politique il ne faut pas renoncer tant qu’il n’y aura pas au minimum les devoirs suivants :
– Vérité (c’est-à-dire faire la lumière)
– Réparation judiciaire.

– indemnisation substantielle importante

– Mémoire (un monument symbolique et historique à la mémoire de nos ancêtres ).
Sans au minimum-là, tant que le cœur me battra, je ne ferai jamais fine bouche.

Lors d’une intervention, quelqu’un m’a interrogé si je suis issu de la communauté Puular (communauté dont les victimes sont majoritaires). Il voulait juste me renvoyer à mon appartenance ethnique comme s’il fallait être ceci ou cela pour dénoncer une injustice. Quand le droit d’un semblable est bafoué quelle que soit son appartenance ethnique, communautaire, religieuse ou son appartenance raciale (même si je n’aime pas ce terme), tout individu normalement constitué doit s’indigner. Il nous faut tout de même une liqueur de Dakin pour lénifier la brûlure de nos blessures. Alors nous devons travailler d’arrache-pied et chercher à gratter la croûte pour ressortir la mémoire de nos ancêtres afin de la peindre à l’aquarelle et de l’écrire pour la confier à l’éternité. Tene Youssouf Gueye ne mérite pas la mort ainsi que les autres prud’hommes. Je plains ceux qui veulent les enterrer à l’échange de bric-à-brac ou d’une somme modique.

L’important comme disait l’abbé Galliani à Mme d’Epinay n’est pas de guérir, mais de vivre avec ses maux. Et Stig Degerman avait si bien appréhendé l’inassouvissement de l’être humain à être consolé, disons l’impossibilité de la satisfaction de notre besoin de consolation. Donc nous ne cherchons pas une corde à tourner le vent cependant, juste un principe fondamental pour le vivre-ensemble.


J’abhorre l’hypocrisie mauritanienne, nous nous contentons de faire la politique de l’autruche sans jamais vouloir mettre le doigt là où le bât blesse. Nota bene il n’y a jamais eu de paix dans l’impunité alors il est temps pour nous de sortir de l’ombre pour honorer la mémoire de nos ancêtres, bien entendu avec l’établissement de la justice. Au lieu de se regarder en chiens de faïence. Rien ne se construit sur le silence. Nous devons apprendre notre histoire y compris l’histoire de tous les événements mauritaniens à mon sens l’histoire de lesdits événements doit être instaurée dans l’éducation nationale. Je conclus mon propos avec la fameuse citation du philosophe Élie Wiesel « ceux qui ne connaissent pas leur histoire, s’exposent à ce qu’elle recommence. »

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur (5/4/2021)

Réflexion | Ces freins coutumiers au mariage chez ces Soninkés, Par Bano Coulibaly

Bonjour à tous !

Je voulais poster ce post depuis bien longtemps; depuis que ma chère Mauritanie s’est qualifiée à la CAN pour la deuxième fois de suite. félicitations aux Mourabitounes !!!

Mais je me suis dit que ce n’était pas le moment, vu la ferveur que cette qualification a suscitée.

Bon, maintenant que les choses se sont calmées , je me permets de m’adresser à tous ceux qui veulent se marier avec un(e) soninké, afin de leur donner quelques règles « d’or » avant qu’ils ne s’engagent.

1) D’abord, faites en sorte qu’il ou elle soit du même pays que vous. Et ceci, même si vous êtes à l’étranger et qu’il n’y a qu’une chance sur 1 000 000 que vous alliez vivre dans votre pays d’origine.

2) Ensuite, si vous pouvez avoir le même nom de famille que la/le prétendant(e), vous marqueriez des points (aux yeux des parents et donc de la communauté )

3) Mais attention !!! tous les noms de familles ne se valent point, en fonction de votre pays d’origine; d’où la règle 1. ( ouii ouii je sais que c’est compliqué ) et ce n’est que le début.

4) Si vous êtes sûr de RESPECTER toutes ses règles, alors bravo !

5) Mais gare à vous si vous avez le malheur de ne pas remplir les « critères », alors on dira que c’est la religion qui les guide. Mais si vous poussez le bouchon un peu trop fort, on vous avouera que ça n’a rien avoir avec la religion et l’argument que vous auriez, la voici: « CE N’EST PAS DANS NOS COUTUMES ».

À toi futur prétendant(e), es-tu prêt à relever le défi ?
Si ta réponse est oui alors permets moi de te dire en avance ce invocation prophétique: بارك الله لكما وبارك عليكما وجمع بينكما في الخير !!!

Moralité de l’histoire:

J’aime ma communauté plus que tout; mais quand les règles de ma communauté sont contraires aux règles DIVINES, alors NON.

À toutes ces jeunes filles de France et d’ailleurs (mais surtout de France) qui ont la vingtaine, la trentaine, voir même la quarantaine, prenez votre courage à deux mains ! Sachez faire comprendre à vos parents que dans un mariage, c’est l’intérêt de la fille qui prime.
Bien que les coutumes existent (et toutes les coutumes ne sont pas à bannir , bien au contraire ) mais elles doivent d’être complément de quelque chose et non LA RÈGLE.

À toutes ces jeunes filles (de France) sachez dire à vos parents: Pourquoi accepteriez vous que je j’épouse un portugais ou un souraxé (ce n’est guère péjoratif ) dont vous ignorez tout, plutôt qu’un garçon dont les parents sont « vos amis » et vos connaissances proches dans la communauté ?

À tous ces parents coutumiers, ne voyez vous pas la souffrance de vos filles ? sacrifierez-vous leur vie pour satisfaire un système qui ne dit pas son nom ?

Alors continuons, continuons de défendre l’indéfendable, Allah éclatera la vérité le jour des ténèbres.

• Par Bano COULIBALY

©️ Crédit source : repris de l’auteur via RS.

L’édito | Le phénomène appelé Statut dans les réseaux sociaux : S’adapter mais pas s’abrutir!

Le monde virtuel 2.0 nous a embarqués tous vers une destination prophétique digne du jour dernier où tous les comptes seront dits et dévoilés. Nos objets numériques comme les smartphones font ce Smart Espace d’Instants (SEI) où les interactions sociales et relationnelles reflètent nos particularités, nos convenances, nos visions partisanes, nos appartenances singulières, nos obédiences collectives, nos affinités amicales ou militantes en gros nos GRANDES VIES et nos petites vies. Ainsi la comédie humaine du SEI se vit principalement via nos Statuts ou Story numériques Réseaux sociaux ( Whatsapp, Instagram, Twitter, Snapchat….etc). Par nos Grandes Vies, on y expose nos produits à vendre, nos événements de portée collective ou individuelle, nos activités à promouvoir, nos appels à diffuser. Et les utilisateurs avertis savent sélectionner et restreindre avec pertinence les audiences visées selon l’objet du Statut. De l’autre côté une masse se laisse dominer par l’attrait quasi addictif de ce Smart Espace d’Instants (SEI), et largue TOUT à la disposition de TOUS. L’addiction au numérique annoncée par certains visionnaires est devenue une normalité de masse donc intégrée dans nos convenances sociales. Tristement celle ou celui qui s’y soustrait avec mesure serait vu comme peu sociable par certains.

Nos petites vies passent par la diffusion virale de ces ragots, ces mensonges éhontés, ces informations non vérifiées, ces montages lâches, ces diffamations honteuses, ces extrapolations mesquines et bien d’autres. D’une capture d’écran à un téléchargement applicationnel, certains dans ce SEI avalent TOUT ici pour aller déverser là-bas, ainsi de suite. La première des victimes collatérales dans ce labyrinthe, serait la baisse du niveau intellectuel pour l’appréhension des priorités. Limite, on dirait que ce sont aux lettrés diplômés de se laisser faire à « l’abrutissement » viral pour exister utilement. Il est lieu d’indexer le poids tourbillonnant d’un gang type d’influenceurs. Certains parmi ces derniers rameutent leurs suiveurs passionnés pour assurer leur compte lucratif « Vues et Partages » alors que des contenus sont terriblement vains. Face à ces influenceurs du Vent, on attend avec une grande impatience d’autres personnes spécialisées dans différentes sciences pour contrebalancer par la promotion de l’intelligence et de l’émulation intellectuelle.

Aujourd’hui il est nécessaire que notre réseautage dans ce monde SEI, soit sélectif en s’entourant des digues virtuelles. Ce qui est aisément possible avec les paramètres proposés par les différentes applications prisées par les utilisateurs. Par exemple, nous devons aider ces utilisateurs illettrés dans nos contrées rurales sur le fonctionnement de ces indispensables objets numériques. Il en va de leur protection sociale car dans notre monde actuel, la vraie vie d’un individu s’exprime également par son profil numérique. Un petit élément mis sur votre Statut SEI pourrait être une donnée essentielle pour cerner d’une certaine manière votre personnalité.

KS pour le BLOG

« Affaire » L’EED qui affole certains milieux soninkés du Guidimagha!

● Mon bref avis en quelques points :

1 – Des gens peuvent reprocher des « choses » à L’EED à raison ou à tort… comme dans la vie, les Humains et leurs manquements inévitablement j’ose croire !

2 – Certains détracteurs audibles et visibles de l’EED aujourd’hui, s’y étaient engagés en troubadours militants anti-Ganbanaaxu au sein de la communauté soninké dans l’arène folklorique, et en croyant que L’EED devrait être ce don du ciel pour prêcher le statu quo sociétal dénoncé par l’éveil abolitionniste et anti-féodalité. Personnellement, j’avais posté un mot signalant qu’un condamné pour apologie d’esclavage en Mauritanie vit une promotion sociale et parasite autour de l’EED en France, et la réponse en privé du président et frère Waly Diawara à mon endroit me laissait dans des réserves embarrassées.

3 – L’EED pourrait être une énième victime de ce que les idéaux portés par GANBANAAXU dénoncent dans la société soninké. Nous le savons, en soninkara, TOUT ce qu’on organise collectivement de « moderne » qui ne se soumet pas à la féodalisation à partir de l’élément Village, créerait forcément des fortes turbulences. Ainsi entre jalousies, intrigues, calomnies, fiertés infectes et mains invisibles politiciennes, chacun va contribuer à l’ébullition de la MARMITE du moment avec croisement et divergence des intérêts des uns et des autres en fonction des circonstances. Les justifications biaisées de certains dévoilent leurs contradictions criantes ici et là-bas.

4 – Par ces temps-ci sur tout ce qu’on entend des différentes obédiences sur le cas l’EED, l’équation me trouble un peu, on peut entendre un type qui déteste viscéralement Ganbanaaxu et vomit l’EED aussi… pas pour les mêmes motivations évidemment. Une autre voix peut jeter des fleurs à flots sur L’EED, mais à l’opposé s’attaque violemment à GANBANAAXU…!

Conclusion : Plusieurs inconnus et différents non-dits chez les uns et chez les autres.

5 – l’idée L’EED portait une vision inédite en matière d’association portant des projets de développement à partir de la diaspora notamment de la France. Les actes posés initialement sur certains volets en particulier sur l’éducation et la santé, sont à saluer amplement. Et espérons que l’élan enclenché continue sur des bases revues et assainies en sortant de logiques structurelles de FÉODALISATION de l’élément Village. Les bénéficiaires dans nos localités doivent être considérés comme des citoyens et des populations à aider et à faire aider par le matériel (Outillages) et l’immatériel (techniques et savoir-faire) mais non comme des villageois catalogués par l’ancien clanisme féodal soninké.

Je mets en lien quelques contributions de témoignages via notre BLOG :

▪︎https://soninkideesjose.wordpress.com/2017/08/14/leed-comme-educatif-la-visite-de-courtoisie-de-notre-blog-aux-ecoliers-et-enseignants-invites-en-vacances-scolaires-en-france/

▪︎https://soninkideesjose.wordpress.com/2017/07/15/un-samedi-foot-de-leed-photos-reportage-de-notre-blog/

– Par KS pour le BLOG

Mauritanie 🇲🇷|60 ans d’indépendance ce 28 Novembre 2020

Notre Espoir : Faisons vivre Honneur, Fraternité et Justice

🇲🇷28 NOVEMBRE 1960 – 28 NOVEMBRE 2020🇲🇷 MAURITANIE

OUI, CÉLÉBRATION D’UN DÉPART D’IL Y A 60 ANS QUI NOUS DONNAIT UNE EXISTENCE LÉGALE SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE DANS CE MONDE DE L’APRÈS- 2ÈME GUERRE MONDIALE.

OUI, LA POLITIQUE EXTRÉMISTE AU SENS GLAUQUE ET HÉGÉMONIQUE A CAUSÉ DES ÉNORMITÉS ET DES CRIMES DANS NOTRE JEUNE HISTOIRE, ET IL FAUT VRAIMENT D’AUTRES HORIZONS POLITIQUES DE COURAGE ET D’HUMANISME POUR DIRE OFFICIELLEMENT ET RECTIFIER NÉCESSAIREMENT AU NOM DE NOTRE MAURITANIE COMMUNE.

AU NIVEAU DE LA CONSCIENCE, LE STATUT D’UN BOURREAU EST PLUS PERTURBANT QUE CELUI DE VICTIME.

QU’ON S’ENTRAIDE EN TOUTE FRATERNITÉ, C’EST POSSIBLE…!

L’ÉTAT PROFOND PEUT INITIER L’AFFAIRE ET Y MENER HUMAINEMENT CONCORDE SOCIALE ET COHÉSION NATIONALE…!

BONNE FÊTE D’INDÉPENDANCE À TOUS !

– KS pour le BLOG

L’esclavage par ascendance chez les soninkés : Monsieur Adama Madi waly Bathily ou la voix juste et humaniste d’un avertisseur résolu !

Rendre un Témoignage juste vaut mieux qu’une alliance de circonstance de mauvaise foi !

Il s’appelle Adama Madi waly Bathily, soninké en vrai et originaire de Lany dans le gadiaga (Région de Kayes) au Mali.

L’homme se conjugue au COURAGE ET à la SINCÉRITÉ dans l’éveil GANBANAAXU contre les problèmatiques liées à l’esclavage coutumier dans la communauté soninké. Humaniste convaincu, il s’est libéré de toutes les pesanteurs sociales qui transforment certains lettrés et instruits en tenants de double-discours et d’autres en hypocrites complexés autour de certaines fausses fiertés du système féodalo-esclavagiste intracommunautaire.

Il a le mot percutant qui dévoile et confond les discours gymnastiques des uns et les fuites en avant des autres qui essaient de donner une humanité à des mentalités moyenâgeuses et dépassées par tous les civilisés au 21 ème siècle. Dans ses différentes communications, cet esprit ouvert laisse entendre que l’irruption de cet engagement anti-esclavagiste est venu à point nommé pour démystifier les prétentions trompeuses que la société serait solidaire et fraternelle en état.

On reconnaît en lui un panafricain investi d’une grandeur morale et un visionnaire averti qui explique que les clans féodaux dominants se sont laissés piéger par des ignorants orgueilleux (leurs proches) qui vont les mener dans un gouffre de la déchéance multiforme à la face du monde entier. Et on y est presque… hélas !

Il est un JUSTE..!

KS pour le BLOG

L’esclavagisme et le féodalisme | Comprendre cette perpétuation sociale en 4 points !

On me demanda pourquoi ce système porteur d’humiliations sociales qui assignent les gens en esclaves et en X ou Y toujours 21ème siècle, a pu tenir si longtemps dans l’espace et dans le temps ? Et qu’il a su se muter en joug sociétal par des symboles hermétiques même dans nos diasporas notamment vivant en Occident.

• Quelques données de réflexion de sur une certaine structuration dans la communauté soninké.

Je dirais que l’affaire tenait/tient relativement à 4 points :

1 – l’ordre faisait une socialisation particulière destinée aux éléments- esclaves conditionnés à s’autocongratuler dans leur statut d’esclave, ainsi maintenir leur soumission sociale comme subalternes partout et en tout. En grands enfants, ces éléments inhibés intellectuellement ont besoin d’un paternalisme coutumier imagé dans la personne de leur maître. Et allant jusqu’à se considérer comme faisant partie de la famille de ce dernier.

2 – la pratique d’un isolement sociétal sur les personnes ou les familles qui osent interroger les choses, généralement cette tâche de garde est confiée aux gens encartés subalternes en mission pour alimenter les divisions au sein de l’ensemble lésé et relégué.

3 – le complexe honteux qui nuit à l’esprit anticonformiste et éveillé qui n’accepte jamais ces humiliations qui affectent sa lignée mais essaie de s’y soustraire de l’intérieur tout en jouant l’effacement un peu maniéré avec ses relations hors de la communauté. Ainsi ne pas pouvoir assumer ouvertement un passé accidentel de descendant des personnes esclavagisées en osant fièrement se lever pour changer les choses et initier une nouvelle page historique, un héritage social honorable pour sa descendance de demain. Et en sortir de ce conflit avec soi, il suffit de penser à un Martin Luther King ou un Malcolm X pour comprendre qu’un passé aussi abject que le vécu de l’esclavage, doit affecter moralement et humainement les descendants des esclavagistes d’hier mais pas toi. L’échelle des valeurs présentables aujourd’hui est en ta faveur en tous lieux.

4 – la fumeuse « religiosité » par du fatalisme, même versé dans les sciences religieuses poussées, ce type se verra inoculer une soumission psychologique et sociale distillée insidieusement par certains tenants lettrés coutumiers apparentés aux dominants. On peut étrangement louer tes comportements et ta moralité partout mais toujours en t’opposant avec une fine fourberie à d’autres personnes appartenant à ton clan social dit inférieur. Une fois que tu commences à questionner la magouille, ceux qui te jetaient les fleurs vont te dire que finalement ils croyaient que tu étais un tel plein de bonté et de valeur mais tu veux te « gâter inutilement ». Malheureusement ce mors invisible tient toujours efficacement certaines âmes pieuses ou en quête sincère de sens transcendant.

Par KS pour le BLOG

On se prend l’islam à nos sauces esclavagistes d’antan.

Tout ce que les dignitaires mecquois reprochèrent à la naissante communauté musulmane en Arabie au 7ème siècle, est reproché aux militants abolitionnistes et antiesclavagistes soninkés aujourd’hui par certains cercles féodalo-esclavagistes dans la communauté. Ce qui est paradoxal dans l’affaire, c’est d’entendre ces réactionnaires féodaux se servir du religieux Muhammadien (islam) afin de vouloir légitimer ce que le Prophète psl aurait banni et repoussé vigoureusement entre croyants. La littérature esclavagiste du Fiqh a été bien accueillie dans nos contrées féodales au détriment de la Philosophie libératrice du Message pour les Humains. Quand les premiers arabes musulmans et leurs opposants arabes polythéistes dans la belligérance avaient évité d’asservir les uns les autres à l’époque déjà, nous après 1400 ans on continue de se chamailler parce qu’une partie d’entre nous refuse l’assignation dans l’esclavage par ascendance.

Le lettré religieux malien d’ethnie soninké Mohamed Touré qui est le porte voix principal de cette idéologie religieuse de l’esclavage dans la communauté, vivait chez les arabes (à la mecque jusqu’à récemment) et ne voyait aucune analogie entre le brigandage criminel et esclavagiste qui a frappé des migrants Noirs en Libye (courant 2017) et les agressions razziales qui causèrent les asservissements et les violences sociales dans nos zones sahéliennes. Monsieur Touré a fait l’apologie de l’esclavage dans la communauté soninké, et on voudrait bien comprendre quels sont les motifs de sa sortie incognito définitive d’Arabie chuchotée par ses partisans ces derniers temps pour s’installer au Mali.

Le temps nous édifiera et surtout les nouvelles autorités transitoires maliennes devraient prioritairement prendre en compte cette problématique de l’esclavage par ascendance qui constitue des violations récurrentes des Droits humains.

🔴 À découvrir les liens YouTube de la construction idéologique et sociale de l’esclavage coutumier dans le discours dit « religieux » de monsieur Mohamed Touré
https://youtu.be/LcXt1j4Vcl4 , une mise en ligne par ses partisans.

Par KS pour le BLOG

À la mémoire de nos camarades antiesclavagistes tués à Djandjoumé (1/9/20)

Morts libres et dignes.

• Élément média TV5

Dix jours déjà, le lynchage criminel perpétré sur des militants antiesclavagistes Ganbanaaxu de Djandjoumé, Tonton Mountakha, ses camarades et leurs familles. Il y a 2 jours en parlant au téléphone avec une femme ayant perdu son fils dans l’équipée assassine, depuis Nioro, elle m’expliquait que tout le village A LAISSÉ FAIRE tout simplement. Cette dame déjà veuve il y a un mois après le décès de son mari, a déclaré que tout a été prémédité avec une horde d’hommes qui ont commencé par assaillir leurs maisons de projectiles. Par la suite ils se sont acharnés à coups d’armes blanches et de gourdins sur les militants antiesclavagistes et les ont mis dans une moto-charrette. Par la suite, ils ont été achevés près du village dans un cours d’eau. Aux dernières nouvelles plus de 20 personnes parmi les milieux féodalo-esclavagistes sont aux arrêts à Nioro .

À partir de ce jour 10/09/20, je tiens à une modeste initiative d’inclure au slogan du blog les lettres initiales de leurs prénoms et la date de cet événement cruel.

Oui… Morts libres et dignes !

Nous ne vous oublions jamais…JAMAIS !

Des experts des Droits humains de l’ONU commencent à bouger timidement sur cet esclavage par ascendance a été toujours haineux et devient tueur comme il l’a été dans le passé au sein de certaines communautés noires ouest- africaines.

À lire https://cndhmali.com/index.php/2020/09/09/des-experts-des-droits-de-lhomme-des-nations-unies-ont-appele-aujourdhui-les-autorites-maliennes-a-mettre-fin-a-lesclavage-une-fois-pour-toutes/

Par KS pour le BLOG

« Nouakchott, le 4 Walata 1986, Réminiscences d’un ado » Par Bocar Oumar BA

Demain 4 septembre, nous commémorons les premières arrestations en 1986 de cadres et intellectuels noirs mauritaniens ; arrestations qui devaient ouvrir la porte au tristement célèbre mouroir de Walata, faisant basculer par la même occasion le régime du sanguinaire Taya dans l’horreur.

N’eut été le fait que Walata repose indubitablement la question nationale en Mauritanie, s’autoriser à l’évoquer alors qu’on n’y était pas relèverait presque de l’impudeur. Que ceux qui y ont souffert le martyr me pardonnent d’avance cette forme d’intrusion.

J’étais un jeune adolescent en 1986 quand, achevant mes vacances d’été à Nouakchott, j’apprenais l’arrestation de plusieurs personnes en même temps, certaines que je connaissais parce que de ma famille, d’autres parce que de notoriété déjà installée. L’agitation dans l’univers familial de quelques-uns de mes ainés alors étudiants, et déjà bouillonnant de militantisme et de subversion me fit prendre de plein fouet conscience que ma vie de jeune noir n’allait pas être de tout repos, pour peu qu’il me restât encore un soupçon de cette saine colère que l’on appelle le pouvoir d’indignation. S’ensuivirent des manifestations de rue quotidiennes auxquelles je me mêlais. Quasiment les premières de mon parcours de militant. Quelques-uns des ainés que je suivais dans ses manifestations seront également arrêtés. Hommage, respect et affection à mon grand-frère Abdoul Aziz Ba dit Tazi qui, bien que n’ayant pas été à Walata, fît plusieurs séjours en prison. D’autres, après des semaines durant à jouer au chat et à la souris avec la redoutable police politique de Taya, prirent le chemin de l’exil. Que mon frère Ciré Ba trouve ici mon admiration et mon affection.
Semaine après semaine, la liste des détenus politiques s’allongeait. Tous ou presque appartenaient à la communauté Peul. Quelques noms connus et reconnus donnaient à ces arrestations une tonalité toute particulière, rendant le climat en milieu négro-africain terriblement anxiogène.

Tène Youssouf GUEYE, homme de culture et de Lettres, historien et chef coutumier, par ailleurs premier ambassadeur de la Mauritanie auprès des Nations Unis, « arrêté » !

DJIGO Tafsir, ancien ministre de la République, « arrêté » !

Saidou KANE, historien et homme de culture, « arrêté » !

Ibrahima SARR, journaliste, homme de culture et poète, « arrêté » !

Abdoul Aziz Bocar BA, homme politique, premier directeur général d’Air Mauritanie, « arrêté » !

D’autres hommes à l’époque moins connus mais tout aussi valeureux furent également arrêtés. Des inspecteurs de l’enseignement (Samba THIAM actuel président des FPC), des universitaires (Ibrahima Abou SALL, historien), Fara Ba et Mamadou Bocar BA (enseignants).
Tous ceux qui sont cités, à l’exception de Abdoul Aziz Bocar BA exilé jusqu’à la fin de sa vie, furent conduits, après un procès expéditif, à la prison mouroir de Walata. Bien d’autres les y rejoindront au fil des semaines et des mois. Des militaires négro-africains arrêtés durant la tentative de putsch de 1987 viendront grossir les rangs des détenus à Walata. Je recommande la lecture de l’émouvant livre de notre ainé Alassane Harouna Boye : « J’étais à Walata ».

Lorsqu’on sait la résonnance du nom de ce bagne dans la langue des détenus, on mesure aisément le macabre jeu des symboles qui a pu les habiter…

Dans le déroulement de la politique de Maouiya Ould Sid’Ahmed TAYA, l’arrestation des cadres et intellectuels négro-africains en 1986 constitue sans nul doute un rite de passage. Si le système d’exclusion dénoncé par les FLAM dans le manifeste du négro-mauritanien opprimé était déjà en place, Walata, parce qu’il consacre les premiers morts de prisonniers d’opinion, constitue un basculement vers la radicalisation du régime. Le comble du cynisme fut atteint lorsque suite à la mort de certains détenu dans d’horribles conditions, on défendit à leurs familles de porter le deuil comme il se doit. Le ton était donné. La communauté noire de Mauritanie allait connaître les aspérités d’une politique d’oppression et de répression qui s’assume.

Revenu dans ma ville de Kaëdi au mois d’octobre 1986, nous nous préparions avec quelques camarades à aborder une rentrée scolaire mouvementée. La conscience militante qui avait germé durant l’été dans nos petites têtes d’adolescents devait porter sur le terrain lycéen le relais d’une lutte commencée dans la douleur. Comment poursuivre une lutte sans formation, sans leader et sans moyens, dans un contexte où la répression policière est à son paroxysme ? Les sorties nocturnes pour maculer les murs de la ville de slogans tels que « Taya=Botha » constituaient une réponse bien maigre face à l’énergie et aux moyens déployés par le régime ségrégationniste pour museler la moindre expression subervisve et étouffer dans l’œuf toute velléité de révolte.

Au fil des années et ce jusqu’à la libération en 1990 des survivants de Walata, la lutte des négro-africains à l’intérieur fut essentiellement portée par des jeunes, sans cadres structurés et sans leaders charismatiques. Autant dire que notre seul mérite fut d’avoir continué à y croire, et d’être riches d’espoir et de mythes entretenus. Et heureusement… Walata fut terrible en ce qu’il laissa une jeunesse militante orpheline et déstructurée politiquement.
Je n’ose imaginer ce que fut par ailleurs le quotidien des familles des détenus de Walata. Au-delà de la douleur et de l’émotion que chacun peut aisément deviner, ces familles furent tout simplement précarisées, privées de ceux qui étaient leurs épines dorsales. Des enfants furent pressés par le destin de grandir trop vite. Que d’innocences volées ! Des femmes durent faire face seules à la charge familiale. Que de Winnie Mandala anonymes ! Mes hommages mesdames! L’Histoire serait bien ingrate de vous oublier !

C’était aussi cela Walata .

Bocar Oumar BA

©️ Crédit source: post FB de l’auteur https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10223500176070920&id=1184398165