● L’alliance Ganbanaaxu dénonce les menaces de plainte sur le Président de Ganbanaaxu GAYE TRAORE

Les associations regroupées au sein de l’alliance Ganbanaaxu (AMEES, UVDS, ARMEPES-France et Ganbanaaxu Fedde Mauritanie) viennent de recevoir quelques audios WhatsApp des menaces de plainte contre le président de Ganbanaaxu Gaye Traoré arrivé à Nouakchott le 10 octobre 2022 en provenance de la France pour passer ses congés en Mauritanie.

Depuis le 14 octobre, plusieurs audios circulent sur les réseaux sociaux provenant du groupe WhatsApp « Tunkan lenmu faabandi daaxa » : des groupuscules extrémistes qui défendent les coutumes de l’esclavage par ascendance dans la communauté soninké.

L’auteur de l’un des audios se nomme Camara Oumar, un soninké originaire du village de Tachott Botokhollo dans la région du Guidimakha. Il a été dit dans ces audios, que Mr Traoré en tant que président du mouvement Ganbanaaxu, était à l’origine de ce malentendu au sein de la communauté soninkara.

Ainsi, ils veulent interpeller Traoré et le faire visiter tous les villages de Guidimakha pour montrer les esclaves dont il parle.

Comment chercher à interpeller l’initiateur d’un mouvement qui lutte pour l’égalité entre les hommes, étant donné que le président des mouvements « Démocratia-Islamique » Mr Moustatpha Camara a bien exclu les soi-disant « esclaves, marabouts griots, ébénistes etc » de leur groupe parce qu’ils sont de statut inférieur, ils ne doivent pas intégrer leur prétendant milieu des descendants des rois.

Le nommé Fousseinou Camara ne cesse d’insulter et de qualifier des gens des esclaves et fils d’esclaves. Comptant poursuivre son chemin sur Sélibaby, face à cette situation, nous tirons la sonnette d’alarme à l’endroit des hautes autorités mauritaniennes pour sécuriser l’intégrité physique du président et sa famille durant son séjour.

Nous précisons que ce groupuscule qui profère pareilles menaces gravissimes depuis Paris est actif dans un réseau nébuleux large issu de la féodalité soninké de la Mauritanie avec des soutiens tacites de personnalités politiques originaires du Guidimakha.

Leurs principaux groupes WhatsApp et relais de communication sont entre autres Tunka lenmou koffo, democratie islamique, Fans Donald Trump, UASSDG et Tunkan Lenmu Faabandi Daaxa. Ces groupes se sont donnés comme mission principale, l’appel à la haine envers les engagés anti-esclavagistes soninkés et tous militants de la défense des droits humains.

Par la présente communication, nous réitérons notre alerte à l’endroit des pouvoirs publics en Mauritanie pour que les problématiques liées à l’esclavage par ascendance chez les Soninkés soient prises en compte sérieusement en vue d’une résolution définitive par l’arsenal juridique en rigueur.

Nouakchott, le 17 octobre 2022

Alliance Ganbanaaxu

● Droits de l’Homme : réunion avec les autorités administratives, judiciaires et sécuritaires de Nouakchott

Réunion, ce lundi 17 octobre, de sensibilisation avec les autorités administratives, judiciaires et sécuritaires de Nouakchott dans le cadre de la Caravane nationale de sensibilisation sur les lois interdisant la traite des personnes, l’esclavage, la discrimination et la torture, organisée par le Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action humanitaire et aux Relations avec la Société civile.

Une réunion qui a pour objectif de promouvoir et d’appliquer de façon effective et stricte les lois relatives aux droits de l’homme, la traite des personnes, l’esclavage, la discrimination et la torture.

A l’ouverture de cette réunion de sensibilisation, le commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action humanitaire et aux Relations avec la Société civile, Cheikh Ahmedou Ould Ahmed Salem Ould Sidi, a rappelé efforts du gouvernement ces dernières années pour lutter contre la traite des êtres humains, l’esclavage, la discrimination et la torture en renforçant l’arsenal juridique et en publiant le contenu des lois nationales pertinentes.

La Mauritanie est déterminée, à travers ses différents programmes et stratégies de développement, à promouvoir et à protéger les droits de l’homme en coopération avec tous ses partenaires, a-t-il ajouté, tout en invitant les acteurs nationaux et partenaires du secteur à contribuer efficacement à la concrétisation de cet engagement irréversible pris par les pouvoirs publics.

Pour rappel, le lancement de cette caravane a eu lieu jeudi 13 octobre dernier.



Par Cridem Actualités

©️ Via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=760256

● La Mauritanie lance une campagne contre la traite des personnes, l’esclavage, la discrimination et la torture

Cérémonie de lancement, jeudi 13 octobre, de la Caravane nationale de sensibilisation sur les législations nationales en matière de lutte contre la traite des personnes, l’esclavage, la discrimination et la torture.

Cette campagne est organisée en collaboration avec le ministère de la Justice, celui de l’Intérieur, des organisations de défense des droits de l’Homme, la Commission Nationale des Droits de l’Homme, l’Observatoire national des Droits de la Femme et de la Fille, le Mécanisme National de Prévention de la Torture et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.

L’évènement, qui a été placé sous le haut patronage du président de la République, a été lancé le Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action humanitaire et aux Relations avec la Société civile, Cheikh Ahmedou Sidi.

Rappelons que ce vendredi 14 octobre, le Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Action humanitaire et aux Relations avec la Société civile va rencontrer les autorités administratives, judiciaires et sécuritaires des trois wilayas de Nouakchott.

Réunion qui sera l’occasion de réitérer la stricte application des législations la traite des personnes, l’esclavage, la discrimination et la torture.sanctionnant.

Par Cridem Actualités

©️ Via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=760162&utm_source=Cridem

● Crimes esclavagistes au Mali : Septembre noir | La communication de la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (CCES)

La Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.CE.S) rappelle aux autorités maliennes, à l’opinion nationale et internationale que plusieurs crimes ont été commis sur des militants abolitionnistes en toute impunité, notamment le jour même de l’anniversaire de l’indépendance du Mali le 28 et 29 septembre 2021 à Souroubire. Un jeune homme âgé à peine de 25 ans, qui s’appelle Diagou CISSE natif du cercle de Bafoulabé, militant actif de l’association A.C.D.E/C.S.P. Le défunt attendait un enfant de sa femme enceinte est sauvagement assassiné par des féodaux terroristes et esclavagistes sous prétexte qu’il refuse de rester un esclave coutumier.

Nous rappelons également les assassinats terroristes, lâches, sauvages et barbares de quatre (4) chefs de familles à Diandioumé, militants du RMFP-Mali, qui sont : Mountaga DIARRISOW (72 ans), Youssouf SISSOKO (73 ans), Diani Hamet SISSOKO (44 ans) et Gossi SISSOKO (45 ans), dans la commune de Gogui, cercle du Nioro Mali. Ces crimes ont eu lieu dans la nuit du 1er au 2 Septembre 2020, les auteurs de ces crimes odieux n’ont toujours pas été jugés et mieux, certains bénéficient actuellement d’une liberté provisoire.

Le plus récent crime esclavagiste s’est passé à Lany Mody, du 29 au 30 juillet 2022, une scène macabre fut découverte avec stupeur, une femme âgée de 70 ans est enlevée dans son champ, tuée, démembrée, puis son corps découpé en morceaux et tentative d’incinération, le reste du corps non consumé par le feu est mis dans un sac et jeté dans l’eau en pleine marre au milieu des broussailles. Le seul tort de Feu Diogou Ladji SIDIBE est d’avoir refusé d’être une esclave dans son village natal, village sous l’emprise des chefs coutumiers soninké qui voulaient l’exproprier de sa terre cultivable, propriété familiale depuis plusieurs générations et cela confirmée par des décisions judiciaires de la juridiction de Kayes.

La Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles exhorte le colonel Assimi AGOITA et son gouvernement à juger ces terroristes esclavagistes en liberté. De mettre en place un arsenal judicaire qui criminalise, pénalise l’esclavage par ascendance et ses séquelles.

Paris le 01 octobre 2022

Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S)

-Ganbanaaxu Féddé (Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie et les deux Guinées)

-Kane Afrique

-Waraba D’AFRIQUE
-Assep : (Association soninké du Sénégal pour l’égalité et le progrès)

-A.H.M.E : (Association des Haratine de Mauritanie en Europe)

-A.R.M.E.P.E.S-France : (L’Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication de la pratique de l’esclavage et ses séquelles)

-IRA-FRANCE (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste)

-MSDH:(Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme.)

-RMFP : (Rassemblement Malien pour la Fraternité et Le Progrès

-Solidarité Africaine section France

-Un Passé Trop Présent

-Memouké Diaguily

-IPLESM: (Initiative pour lutter contre l’esclavage et ses séquelles en M’Beidiya sakha)

-A.C.D.E : (Association Contre la Domination et l Esclavage )

-UVDS: (Union des Volontaires pour le Développement de Soninkara )

– Alliance Ganbanaaxu Feddé Mauritanie

-Ganbanaaxu Feddé Mauritanie

-L’association Chene et Baobab, Union Nationale des Travailleurs Africains des Troupes Coloniales et D’outre Mer

-La Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme (L.T.D.H)

● Communiqué de presse de l’ONG IRA | Arrestation de 5 militants de RAG



Que se passe-t-il ?

Le 21 septembre 2022, à Nouakchott, et dans climat de diabolisation du mouvement abolitionniste et de son chef de fil Biram Dah Abeid, cinq militants du parti pour la Refondation et une action globale (Rag), aile politique de l’Initiative de résurgence abolitionnisme en Mauritanie (Ira-M) Mauritanie, ont été convoqués et enlevés par la police, avant leur déportation vers Kiffa, à 600 km de la capitale, dans une brigade de gendarmerie. Aucun motif juridique n’a été signifié aux victimes et la procédure se déroule, jusqu’ici, en dehors du droit.

Les détenus, mesdames Salma Dia, Achour Ghamou et messieurs Cheikh Vall, Hassan Moktar et Mohamed Ali, dès leurs arrestations, ont été privés de repas, de sommeil, de changer leurs vêtements, de se laver ou brosser leurs dents et ce, pendant la moitié d’une journée et toute une nuit; le matin du 22 septembre, ils ont été embarqués dans une voiture inconfortable qui les a conduits à des centaines de kilomètres plus loin, sans qu’ils n’obtiennent plus d’un seul arrêt, pour la prière. Il leur serait reproché d’avoir vigoureusement porté la contradiction à un agent, muni de la mission de les provoquer; c’était lors de la tournée du député Biram Dah Abeid en Assaba, contrée dont est natif le Président de la République ; l’incident, survenu, à Fam Lekhdheratt depuis 18 jours déjà, vient d’être opportunément qualifié d’agression à l’encontre de Ishagh Abdallahi, porte-voix de l’un des oligarques de la région, Monsieur Lemrabott Ould Bennahi, ministre du commerce et de l’artisanat.

Liens vidéo, ici

Le substrat invisible

La tentative de sabotage se déroulait au titre de l’habituel zèle des cadres autochtones, quand un opposant essaye de porter la bonne parole à l’intérieur de leurs fiefs féodaux. L’usage, d’ailleurs fort couteux en moyens et actes d’intimidation, date de l’ère du colonel Ould Taya, lorsque le Parti républicain démocratique et social (Prds) achetait les consciences à tour de bras, semant, parmi la population, les germes féconds de la cupidité et de la crainte. Il semble que l’Union pour la république (Upr), désormais maquillée en Equité (Insaf) s’engage à réhabiliter l’héritage de son aïeul funeste, malgré l’évidence de l’anachronisme. Notre époque ne se prête plus à des manœuvres aussi archaïques qu’inefficaces. La peur de critiquer le pouvoir du moment et la docilité à l’endroit de la force brute ne font plus partie des réflexes dominants au sein de l’opinion ; le ministre de l’Intérieur, quasi-régent du quinquennat du gâchis, n’a pas encore compris l’évolution du monde. Son maître spirituel, l’actuel Chef de l’Etat, lui accorde, hélas, trop de prérogatives. Négligence ou complaisance, le choix coûtera cher à la stabilité de la Mauritanie, dans un contexte de désordre et de précarité des relations internationales. Sous peine d’aventurisme, un autodidacte monolingue ne devrait jamais diriger ni même contrôler, la sécurité intérieure d’un pays qui aspire à se faire gouverner par la prudence et le discernement.

Prise de risque excessive

A la suite de quelques améliorations en matière de droits humains depuis l’alternance formelle de 2019, le dernier gouvernement, sous la houlette vague du Président Ould Cheikh Ghazouani, promulgue des décrets qui érodent le peu de réformes engrangées au terme de 3 années de tâtonnements, d’approximations et d’erreurs toujours en attente de leur autocritique. L’échec de la prétendue lutte contre la corruption mais aussi sa conséquence, – le blanchiment de la plupart des protagonistes de la gabegie – reflètent l’errance, voire la divagation d’un régime, sans perspective, d’ailleurs inapte aux grandes œuvres mais où s’exprime, de temps à autre, une velléité de vigueur, un soupçon de fermeté….Or, le fonds mental et le terreau de recrutement des affidés et serviteurs de ce système ethno-tribal en décomposition vertigineuse reposent sur la faiblesse, l’incertitude et le déficit d’idées. La probabilité d’un échec aux futures échéances du suffrage universel direct conduit, le noyau de l’oligarchie, à user d’une pression préventive sur ses adversaires. Le refus de reconnaître les partis et associations de la dissidence constitue, ici, un signe manifeste de tricherie, sans doute conçu par un esprit bédouin.

Notre réaction

Une réplique de légitime défense s’impose. Elle restera, comme d’habitude, enracinée dans la non-violence et la disponibilité au compromis. Aussi, tous les partenaires d’IRA à l’étranger et dans la sous-région appellent à des manifestations, le mercredi 28 septembre 2022, de 12h à 14h. Accompagnera le mouvement, la mobilisation d’un collectif d’avocats nationaux et internationaux au cours de cette nouvelle épreuve face à une “justice” conçue en vue de sévir contre les citoyens d’ascendance sub-saharienne.

IRA appelle les organisations non-gouvernementales et les organismes gouvernementaux sous-régionaux ainsi que les États libres partenaires de la Mauritanie, à observer de près le retour de l’arbitraire dans le pays, l’instrumentalisation des forces de sécurité, de la justice et du pouvoir de l’Etat, afin d’assurer l’obstruction à l’alternance démocratique.


Le Bureau Exécutif
Nouakchott, le 25 septembre 2022

● Déclaration du Parti pour la Réforme et l’Action Globale en Mauritanie (RAG)

Le climat politique du pays s’est nettement dégradé depuis maintenant plusieurs mois.
Le contexte politique national est marqué par des dérives autoritaires du pouvoir de Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, sous la houlette de son éminence grise et ministre de l’intérieur Mohamd Ahmed Ould Mohamed Lemine; ce dernier n’hésite pas à recourir à des méthodes et pratiques iniques, provocatrices et peu loyales voire cyniques en vue d’éliminer les adversaires politiques (menaces de mort contre le député et Lauréat du Prix des Nations-Unies pour les Droits Humains 2013).

Donc, dans son viseur, le député Biram Dah Abeid, président de IRA dont la reconnaissance du parti politique, RAG (Réforme et Action Globale) se heurte à un niet incompréhensible et injustifié des faucons et suprematistes qui dominent le système.

A défaut d’une reconnaissance, synonyme d’un récépissé devant être délivré par le ministère de l’intérieur et de la décentralisation, les militants du parti RAG ne se découragent pas et ne tombent guère dans la lassitude.

Au contraire, le refus d’accorder une reconnaissance juridique et légale à cette formation politique, a été accueilli comme une injustice, et a fini par revigorer les militants et sympathisants du parti RAG sur tout le territoire national mauritanien : ils sont plus que jamais déterminés à participer aux échéances électorales de 2023.
Une détermination qu’ils ont exprimé massivement lors de la tournée du président Biram Dah Abeid récemment à l’intérieur du pays.

Depuis, cette mobilisation a inquiété les hautes officines du pouvoir, qui usent de tous les moyens déloyaux pour asphyxier le leader Abolitionniste et tous ses soutiens.

L’arrestation des militants du parti RAG:
Khamou Achour, Salma Abdoul DIA, Cheikh Vall, Hacen Moctar, Mohamed Aly, ce mercredi le 21 septembre 2022 à Nouakchott et leur transfèrement à Kiffa est le parachèvement des manoeuvres politiciennes des autorités dans le dessein d’inhiber la dynamique de gagner enclenchée par le parti RAG à l’orée de la présidentielle de 2024 et bloquer ainsi le seul couloir de l’alternance à laquelle aspirent les populations mauritaniennes gémissant sous le double poids de plus en plus insupportable d’une gouvernance bédouine, gangrenée par la corruption, le vol des biens publics, le recyclage de fausses compétences, et d’une « démocratie » tribale et de façade excluant par le népotisme et clientélisme les déshérités arabo-berberes et par les préjugés ethniques et les préférences de naissance et de castes les nombreuses populations d’ascendance servile du pays.

  1. Nous dénonçons avec énergie le caractère arbitraire de ces arrestations.
  2. Nous prenons pour témoin tous les partis politiques du pays de cet acharnement motivé par la volonté anti-démocratique des tenants du système contre les militants du parti RAG.
  3. Nous prenons,les autorités pour responsables du délitement du climat d’apaisement
  4. Nous rappelons à l’intention des autres formations politiques que ces manœuvres des autorités menacent la stabilité du pays, la transparence et la crédibilité du scrutin à venir.
  5. Nous exigeons la libération sans délai des militants du partis RAG, arrêtés arbitrairement ainsi que leur retour rapide au sein de leur famille à Nouakchott.

Nouakchott le 23 septembre 2022

Le comité de soutien aux détenus

● Pour l’éradication de l’Esclavage Moderne et la Promotion du Travail Décent : des Oulémas et Imams sur le front

L’Association des cheikhs, des Imams, Oulémas pour l’éradication de l’Esclavage Moderne et la Promotion du Travail Décent  a été porté sur les fonts baptismaux, samedi 10 septembre, par des personnalités et leaders religieux grâce à l’assistance technique de Free The Slaves (FTS). Ce soutien entre en droite ligne de l’accompagnement initié par FTS des acteurs de la société civile et des médias dans la lutte contre l’Esclavage Moderne et la Promotion du Travail Décent  à travers l’Alliance 8.7.

Lors de son assemblée générale constitutive tenue à Nouakchott,  l’Association entend ‘’contribuer à l’éradication de l’esclavage moderne ou traditionnel  et à la promotion des droits à l’accès au Travail Décent’’. Durant l’AG, tenue en présence du coordinateur  de Free the Slaves, un bureau exécutif provisoire présidé par Hademine Ould Saleck a été mis sur pied. Mouhamed Cheikhna Abidine et Tahar Ould Bilal sont vice-présidents .Le poste de secrétaire général échoit à Ahmed Tidiane Dia. Ousmane Oumar Lom assure le poste de Commissaire aux comptes. Et enfin, le poste de trésorière générale revient à Mme Aichetou Mint Merzoug.

Les objectifs de l’association sont de  :

-Promouvoir  les droits économiques, sociaux et culturels comme principe fondamental de l’Islam

-Former les imams, prédicateurs  sur la promotion des droits de l’Homme et la prévention de la pratique de l’esclavage moderne

– Mobiliser, Sensibiliser  et engager les acteurs concernés et appropriés  pour la fin des conditions créant ou favorisant l’esclavage moderne

-Accompagner les acteurs étatiques, de la Société civile,  et institutions internationales dans leurs missions et activités éradicatrices de toutes  formes de l’esclavage, de la protection de la dignité humaine par la promotion des droits de l’Homme

-Accompagner et soutenir dans l’Etat  et ses partenaires nationaux et internationaux  dans leurs engagements internationaux en termes de concrétisation et réalisation dans le cadre de la promotion des droits de l’homme, protection des enfants et l’éradication de toutes les formes de traite et trafic humain.

L’association projette de mener des activités de plaidoyer, communication et sensibilisation ; formation /éducation /Conférence ; Recherche /publication ; mobilisation sociale ; prêche ; Assistance psychologique, sociale et matérielle  aux victimes de toute formes de l’esclavage, de trafic et toutes forme d’exploitation,

Pour mener à bien ses activités, l’association, en plus de l’assistance technique, de l’appui institutionnel et organisationnel de la FTS projette de nouer des partenariats avec le Ministère  de la Fonction publique et du travail, le Commissariat   aux droits de l’Homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, l’Ambassade des USA en Mauritanie et le BIT.

Pour rappel, Free the Slaves (FTS) est une organisation non gouvernementale internationale et un groupe de pression, créée pour faire campagne contre la pratique moderne de l’esclavage dans le monde.

©️ Via http://www.lecalame.info/?q=node/13715

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● PRATIQUE DE L’ESCLAVAGE PAR ASCENDANCE A KAYES : Le réveil brutal de la justice !

Dix-neuf (19) personnes arrêtées et détenues à la maison d’arrêt centrale de Kayes, instruction ferme donnée à tous les juges de paix à compétence étendue… La justice se met au travail pour stopper la pratique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes.

Le 30 juillet dernier Madame Diogou Sidibé, âgée d’environ 70 ans, est assassinée à Lany Mody dans la commune de Sony, près de Kayes, première région administrative du Mali. La pauvre dame est assassinée dans son champ pour avoir refusé d’être esclave. Elle avait disparu la veille. L’établissement des faits indique la piste des exactions graves en lien avec la pratique de l’esclavage par ascendance, selon la CNDH.

Aussitôt, la justice a été saisie. Elle a procédé, pour l’instant, à l’arrestation de 19 personnes impliquées. Ces présumées bourreaux de la vieille dame croupissent présentement en prison à Kayes.

Le mouvement social de lutte contre l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes, dénommé Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (RMFP), ou GAMBANA en langue Marka, salue cette démarche de la justice, seule capable de mettre fin à cette pratique avilissante. «Dans nos villages on nous appelle : esclave. Et puis, dans certaines localités, l’esclavage est pratiqué à travers des travaux obligatoires. Nous avons créé le 4 avril 2017 notre association pour dire que ce qui est de l’esclavage, nous ne sommes plus dedans. C’est pour cela, nous sommes maltraités, chassés, ou même tués », explique Mahamadou Konaté dit Ras Mandé, Coordinateur du GAMBANA, qui signifie « qu’on est tous les mêmes ».

La persistance de la pratique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes, jusque-là, s’explique du fait que la justice a pris du temps pour sévir. « Si la justice avait travaillé contre cette pratique depuis 2017, on allait assister à son recul. Mais, si, nous voyons qu’on est arrivé jusque-là, ça veut dire que la justice ne sévissait pas avant », estime le Coordinateur du GAMBANA.

Pas acceptable dans un Etat démocratique

Organisé à Bamako du 15 au 20 août 2022, l’Atelier national de validation des avant-projets de code pénal et code de procédure pénale, ayant pour objectif de restaurer la confiance des justiciables envers la justice et corriger les lacunes, les incohérences et les insuffisances des textes pénaux, qui a regroupé plus de 150 participants, s’est appesanti sur la pratique de l’esclavage.

Le terme esclavage par ascendance étant à la mode dans la région de Kayes, les participants à cet atelier national sont convenus de combattre la pratique de l’esclavage partout au Mali. «En réalité, il s’agit même de combattre l’esclavage tout court dans notre pays. Des définitions ont été proposées par rapport à ces réalités sociologiques. Et ce serait une bonne chose qu’on ait aujourd’hui une législation de droit positif qui réprime effectivement ce genre de comportements qui ne sont pas acceptables dans un Etat démocratique », a indiqué Nouhoum Tapily, ancien président de la Cour Suprême participant à l’Atelier.

Ce que dit la loi

Entendu que la Constitution du 25 février 1992 du Mali précise en son article 2 ceci : « Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée », la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a exprimé sa vive préoccupation face à la persistance de l’esclavage par ascendance et au regain de violences dans la région de Kayes.

Auparavant, l’Organisation Internationale pour les Migrants(OIM) au Mali avait effectué une étude sur la traite d’êtres humains s’inscrivant dans l’objectif I du plan d’action national contre la traite des personnes et les pratiques assimilées (2018-2022). Cette étude faite par l’OIM a démontré, entre autres pratiques de traite, que l’esclavage par ascendance est une des formes de la traite d’êtres humains.

Adoptée en 2013 par les Nations Unies, la journée mondiale de lutte contre la traite d’êtres humains est célébrée le 30 juillet de chaque année.  

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) lors de cette célébration, au niveau national, a fait de forte plaidoirie à l’attention de l’Etat pour l’adoption d’une loi criminalisant l’esclavage par ascendance. C ’est ainsi donc, pour lutter efficacement contre la traite d’êtres humains au Mali, la CNDH et l’OIM ont préconisé l’organisation de campagnes de formations, d’informations, et des activités de sensibilisation sur les méthodes de détection sur les victimes ou potentielles victimes en cas de violations ou d’abus des droits de l’Homme.

Selon l’article 7 de la loi N°2012-023 du 12 juillet 2012 sur la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées, il est dit ceci : « Est coupable de crime de traite des personnes et puni de la réclusion criminelle de cinq ans à dix ans et facultativement de l’interdiction de séjour d’un à dix ans quiconque commet l’un des actes prévus à l’article 1er de la présente loi. Quant à l’article 9, il dispose que la réclusion à perpétuité sera prononcée lorsque la victime décède ; qu’il en est résulté pour la victime une mutilation ou une infirmité permanente ; qu’il y a eu prélèvement d’organes humains ».

Ousmane Morba pour Maliexpress.net

©️ via https://maliexpress.net/index.php/reportage/pratique-de-l-esclavage-par-ascendance-a-kayes-le-reveil-brutal-de-la-justice

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🔵Le livre 📖 | L’esclavage en Terre d’Islam de l’anthropologue et spécialiste de l’islam, feu Malek Chebel (paix à son âme) – À lire !


Déjà à la page 27 sur un ouvrage qui en contient plus de 400 , par 3 fois je suis intimement interpellé vif (nos réalités vivaces sur la problématique d’aujourd’hui) et je ne pourrais résister pour attendre le finish pour la prochaine note de lecture. Un livre qui sent déjà le travail d’une conscience intellectuelle bien introduite et libre dans/avec le fait culturel et civilisationnel arabo-musulman sur cette question de l’esclavage en Islam.
Ainsi les passages qui suivent, vont beaucoup parler certainement aux abolitionnistes mauritaniens mais pas seulement, et à toutes les velléités d’engagement abolitionniste dans un certain monde arabo-musulman aujourd’hui.

✍️🏿Il écrit : « C’est dire que la question de l’abolition de l’esclavage ne se posait pas, ou, lorsqu’elle se posait, c’était par rapport à la seule doctrine de l’islam.
La complexité de la doctrine, adroitement exploitée par les esclavagistes, ne sert pas moins avec efficacité les abolitionnistes. Mais la vérité est que ceux-ci ne sont pas nombreux en islam. À supposer qu’ils existent, les libérateurs d’esclaves musulmans sont trop timorés face à la puissance de l’argent. À cela il faut ajouter la crédulité des individus, leur peur légitime face aux sévices qu’ils risquent de subir, en particulier de la part de l’instance policière et judiciaire, enfin l’absence flagrante d’éducation du citoyen au respect des droits humains les plus élémentaires. »

✍️🏿Il y rajoute : « Les autorités religieuses elles-mêmes, comme l’imam, le mufti et le théologien, qui parfois formulent quelques réticences dans leurs prêches, se tiennent à des énoncés indolores, aux limites de l’auto-censure. Elles ne peuvent critiquer le latifundiste qui, sur ses terres, possède des outils humains, que lorsque l’autorité politique a donné des signes ou des gages encourageant à le faire »

✍️🏿KS pour le BLOG

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● Interview | Birame Dah Abeid, «Aziz ne court aucun risque d’être jugé, car, selon les dire de ses proches, il dispose d’arguments dissuasifs»



~~~Sur ses relations avec Mohamed Cheikh Ghazouani, sur les reproches qui lui sont fait par ses détracteurs durant ses dernières sorties, sur les élections locales en vue, notamment la présidentielle de 2024, et sur une éventuelle coalition de l’opposition autour d’un front uni, le leader de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) et député à l’Assemblée Nationale, Birame Dah Abeid, revient en détail. Entretien.



Actualité oblige, quelle lecture faites-vous de la libération de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz dont l’assignation à résidence a expiré le 8 septembre 2022 ?

Mon impression est celle de tout Mauritanien. Nous avons assisté à une véritable tentative d’induire le peuple en erreur. On a joué avec les espoirs du peuple et ses sentiments. On a fait de sorte que le peuple ait l’espoir qu’il y a un début véritable de lutte contre la gabegie. Mais apparemment il s’avère que ce n’est pas le cas. Je pense que le ressenti du peuple après cette désillusion risque de faire très mal au président Ghazouani et à son clan. Le peuple se sentira floué et méprisé, considéré comme un jouet. Je pense que cette affaire va renforcer, chez les populations, l’impression de se retrouver, toujours, devant un dossier de représailles entre les différentes factions d’une même coterie qui a pillé et continue de piller le pays, parce que la reddition des comptes n’est pas dans sa logique.

Expliquez-vous davantage…

Ce que je viens de dire c’est que le sentiment populaire est d’autant plus exacerbé que la gabegie a continué de plus belle sous l’ère Ghazouani. Même après l’incarcération de Aziz et sa mise en accusation lui et certains de ses compagnons, la mauvaise gouvernance persiste et se banalise ; ses scandales réguliers défrayent la chronique, quasiment chaque mois.

Est-ce que vous pensez comme certains le disent, que si l’affaire de la décennie s’avère en définitive un simple jouet entre les deux dirigeants, ce serait un boulevard qui va être ouvert à Birame pour s’accaparer du pouvoir présidentiel ?

Je pense que l’opposant est de nature opportuniste mais mon rôle à moi consiste à interpeler les différents protagonistes qui méprisent le peuple et se jouent de sa colère légitime envers les cleptocrates toujours impunis. In fine, la population, dans sa diversité, nourrit le sentiment d’avoir été trahie, manipulée, aux seules fins de la conservation du pouvoir. Notre responsabilité d’opposant nous dicte de jeter la lumière sur cette imposture, d’enfoncer le clou pour amener le peuple à adopter une réaction citoyenne, en vue d’exiger davantage de redevabilité, au-delà des effets d’annonce, sans lendemain.

Vous avez certainement appris que Aziz a récupéré ses passeports et qu’il pourrait même voyager à l’étranger mais le Parquet a publié un communiqué selon lequel le dossier de Aziz et consorts est toujours en cours et qu’un procès aura lieu. Est-ce que vous pensez qu’il y aura un procès ?

Ah non, le flafla du Parquet n’a aucun sens. C’est une tentative désespérée de tromper le peuple, à nouveau. Je prends le pari que le dossier ne parviendrait pas jusqu’au prétoire. L’ex-Président Mohamed Ould Abdel Aziz dispose d’informations, voire de révélations, à caractère dissuasif. Lui et ce qui reste de ses proches loyaux sont en mesure de produire des arguments à même de décourager ceux qui veulent aller au procès. Ils l’ont toujours clamé : jamais le pouvoir de Ghazouani ne pourra les juger. Les deux segments du même noyau dirigeant sont embourbés dans une fange identique, comme le rappelle l’étroitesse des liens initiaux entre Aziz et Ghazouani. Les gens présents sur le banc des accusés et ceux actuellement en charge de la direction de l’Etat appartiennent à un vivier invariable, celui de l’oligarchie politico-militaire, du renseignement et du complexe tribalo-marchand. Leur fortune procède des ententes illicites, du trafic d’influence et des conflits d’intérêts. Dans le fond, aucun ne gagne à enfoncer l’autre.

« Ma récente visite à l’intérieur m’a prouvé que l’Etat est absent »


Vous venez d’achever une visite dans plusieurs régions du pays, quelles leçons tirez-vous de cette tournée ?

La leçon que je tire de mes visites dans les régions du Brakna, de l’Assaba et d’une partie du Trarza et du Hodh Gharbi que je viens de sillonner en quatre semaines, d’août à septembre 2022, reste l’absence de l’Etat. En dehors des symboles de l’autorité administrative et des casernes militaires, la gouvernance de proximité et les services universels de base font cruellement défaut. Au sein des quartiers populaires des villes et surtout à l’intérieur du pays, le hiatus s’impose au regard. L’Etat se limite aux bureaux et au contrôle du trafic routier. Il n’y a plus d’écoles, plus de services sanitaires, plus d’eau, les populations ont soif, l’encadrement paysan s’étiole, le personnel des eaux et forêts n’est plus visible en rase campagne, les services météo sont à l’abandon…Ici, l’on peut parler d’une faillite multidimensionnelle de l’Etat mais, pour le moment, en mode sourdine.

Vous voulez dire que l’Etat est aujourd’hui seulement au service des oligarques au détriment des populations ?

Bien sûr, les féodalités tribales et claniques, les groupes d’intérêt issus de la haute administration et les commis de l’Etat sont devenus les grands électeurs dans leurs circonscriptions. Il s’agit de mini-chefs d’Etats dans l’Etat, à l’image de Kankossa. Ce grand département est sous la coupe réglée de trois meneurs, Kaba Ould Elewa, Lemrabott ould Bonnahi et du notable général Ould Mohamed Radhi. Ces hommes, comme ailleurs en pays maure et soninké et poularophone, y font la pluie et le beau temps ; ils continuent à contrôler les populations et leur indiquer où aller et comment voter, en contrepartie de subsides. Vous pouvez rajouter, au constat, la difficulté, notamment pour les descendants d’esclaves et les gens de la ruralité, d’obtenir les documents biométriques de l’état-civil.

Cependant, nous avons mis un pied dans la fourmilière, en dépit de la campagne féroce visant, sans succès, à réduire notre audience lors de la tournée. L’accès de plus en plus exponentiel au téléphone portable à la connexion internet nous a servi de catalyseur décisif et facilite le travail de mobilisation. Nous comptons accentuer cet atout, afin de surmonter les réflexes de crainte envers le makhzen (pouvoir) et le chantage alimentaire, à l’encontre de nos partisans et sympathisants.

« Mohamed Cheikh Ghazouani n’a aucune chance de gagner la prochaine présidentielle »


Les images de votre visite tournent en boucle dans les réseaux sociaux et l’affluence des populations semble vous avoir galvanisé.

En effet, comme vous l’avez sans doute constaté, dans les images des accueils qui nous ont été réservés, il y a un basculement inédit et à 180°, des populations contre le parti au pouvoir. Je pense que cela va se sentir très prochainement au cours des élections. Durant la tournée et à son terme, j’ai conçu le doute, fort, que le président Ghazouani puisse remporter un second mandat. Il aura du mal à compétir dans la transparence et risquerait, alors de frôler l’humiliation.

Vous avez lancé il n’y a pas longtemps un appel pour une candidature unique de l’opposition à la présidentielle de 2024 pour créer une nouvelle transition démocratique en Mauritanie et une coalition forte autour des législatives et des élections locales. Avez-vous partagé l’idée avec d’autres leaders de l’opposition ? Si oui, quelle a été leur réaction ?

J’en ai parlé personnellement – Oumar Yali (président du parti RAG) aussi – avec certains dirigeants de l’opposition, au moins deux, qui ont signifié leur accord de principe, certes pas avec beaucoup de ferveur. Néanmoins, je pense utile de mieux promouvoir la perspective de l’unité par-delà les divergences. D’ailleurs, les rares partis de l’opposition reconnus, sont menacés de mort, surtout si chacun d’eux tente, à lui seul, de mener une confrontation avec le pouvoir.

La seule issue pour le changement non-violent et démocratique demeure l’union, le consensus minimal qui permettra de ressusciter une opposition unie et très forte, une opposition plurielle et démocratique qui va redonner espoir aux Mauritaniens. Toutes les composantes de l’alternative au statuquo – indépendants compris – ont la capacité d’obtenir la majorité, accéder au Parlement, dans les conseils municipaux et régionaux. Les mouvements de la diaspora disposent, à cet égard, d’un potentiel jusqu’ici négligé.

« L’opposition est condamnée à s’unir autour d’un front ou disparaître »

Vous pensez qu’une coalition forte des partis d’opposition est encore possible et qu’elle pourra battre l’appareil d’Etat et son parti ?

Oui, je crois avoir suffisamment répondu à la question. La victoire est à portée si nous savons nous départir des querelles de préséance et de la profusion des egos ; devant nous, se précisent les échéances de 2023 et 2024. Le délai se rétrécit et il nous appartient d’agir, ici et maintenant, avec la conscience aiguë de l’urgence.

En avez-vous parlé aux grands leaders, ceux de l’UFP, du RFD, de l’APP… ?

J’en ai discuté avec l’UFP et Omar Ould Yali s’en est ouvert à l’APP. Tous ont marqué leur faveur à l’idée. Il s’agit, à présent, de travailler à sa mise en œuvre. La liste n’est pas exhaustive et les démarches suivront leur cours.

Au cas où le parti RAG ne serait pas reconnu d’ici les prochaines élections, quelle stratégie comptez-vous adopter ? Allez-vous réitérer l’option Sawab-RAG ou est-ce que vous avez entamé des pourparlers avec d’autres partis politiques ?

Je pense que la volte-face de Ghazouani face à son engagement de réhabiliter les libertés publiques, celles de s’associer et de créer des partis, recèle une erreur stratégique et politique suicidaire. A mon avis, le président Ghazouani, depuis son avènement en 2019, aura apporté, de l’apaisement, aux mauritaniens. Toutefois, l’acquis de la concertation avec les acteurs politiques ne peut produire des résultats durables que si le sommet de l’Etat respecte ses engagements. Hélas, il n’en est rien concernant le RAG et les FPC ou beaucoup plus simplement, l’application de la loi nationale sur les partis politiques, à titre d’illustration…

Les faucons, amenés par le ministre de l’Intérieur et les suprématistes tribalo-nasseristes ont eu finalement raison des intentions louables du président Ghazouani.

« Les faucons du pouvoir ont pris le contrôle de l’Etat sous la férule du ministre de l’Intérieur »

Ces faucons seraient donc d’après vous, contre la méthode Ghazouani de pacifier le climat politique et de rétablir la primauté de l’Etat démocratique ?

Pire, je pense qu’ils sont en train de conduire le pays vers l’inconnu. L’actuel ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, disciple et frère de Ghazouani, le membre le plus proche de sa famille, son éminence grise, a été placé à ce poste très sensible, en vertu de la confiance entre les deux. Or, j’ai peur qu’il ne conduise le pays vers un drame similaire à celui de 1989 ; son prédécesseur d’alors, le Colonel Gabriel Cyamper ou Djibril Ould Abdellahi, avait poussé Maawiya Tay, ouvert à ses débuts, à s’enfermer et à sévir, à la fin des années 80 ; l’on se souvient du lot d’exécutions extra-judiciaires et de déportations, de l’aventurisme diplomatique et des réfugiés encore installés au Sénégal et au Mali voisin. La non-réparation de tels crimes nous poursuit encore et tend à compliquer le vivre-ensemble à l’intérieur de la Mauritanie. Par ses agissements, le personnage incarne, semble-t-il, une menace majeure à la stabilité et à la paix. Son obstination à réduire le nombre des partis politiques et compliquer la reconnaissance des plus populaires témoigne d’une peur face au verdict incertain des urnes. Et cela nous inquiète.

En quoi cela vous inquiète-t-il ?

Sa proximité familiale avec le Président de la République et sa promptitude à régler des comptes avec tous ceux qui le contredisent l’élèvent, de facto, au rang d’un fauteur de trouble, au sommet de l’Etat. A force de lui déléguer les missions délicates, le Président de la République l’a institué régent, si ce n’est dauphin putatif. Naturellement, son zèle le conduit à empêcher, autant que possible, l’éveil, en politique, des Mauritaniens d’ascendance subsaharienne, comme s’y obstinaient tant d’autres gouvernements depuis 1978. Nous répétons que la bataille est perdue d’avance parce qu’elle ne prend pas en compte la démographie, l’éveil citoyen et la célérité de l’information. La gouvernance bédouine n’a pas d’avenir, à cause de sa désuétude.

Leur objectif consiste préparer une réélection facile de Ghazouani en éliminant les adversaires de taille. Selon leur entendement, il faut empêcher Birame, dès le scrutin général de 2023, de disposer du nombre de parrainages requis au titre de la compétition suivante. Le refus de reconnaître le parti RAG procède du projet, malgré la parole donnée….

« Rien ne peut empêcher ma candidature en 2024 »

Est-ce qu’ils pourront le faire ?

Evidemment non, car ils perdent de vue que le parrainage est institué seulement pour soulager l’Etat quand il doit prendre en charge des multitudes de candidatures farfelues. Il me semble que la mienne déroge : j’ai été élu député, en prison, dès 2018 ; en 2014 et 2019, l’élection présidentielle m’a conféré la place de second candidat, par la densité des suffrages, avec un score en progression constante. De surcroît, l’opinion publique nationale et internationale ne saurait concevoir ou trouver un justificatif à l’absence de Birame, autrement que par l’obstruction à ses droits de citoyen.

Je lance un appel à l’Union Africaine, aux Nations Unies, à l’Union Européenne, à la CEDEAO et à l’Organisation internationale de la francophonie et au National Democratic Institute, pour qu’elles surveillent de près les échéances de 2023 et de 2024, en Mauritanie. Nous attirons surtout leur attention sur les exclusions et discriminations relevant du découpage électoral et de la biométrie.

Comment les bailleurs de fonds et les partenaires de la Mauritanie pourraient-ils accepter de financer et de cautionner des consultations électorales dont les résultats entretiendraient une source de conflit civil, au moment où la sous-région Afrique de l’Ouest s’embrase ?

Je m’adresse, ici, à tous nos partenaires, en particulier la France et l’Espagne.

« La communauté internationale doit suivre les échéances électorales en Mauritanie »


Pourquoi la France et l’Espagne ?

Parce que la France et l’Espagne ont toujours cautionné les fraudes électorales en Mauritanie, au nom du sacro-saint principe de la stabilité à court terme. Je dis, à la France, que le délire anti-Français en Afrique résulte de ses erreurs de doctrine diplomatique mais il n’est pas trop tard pour réparer. La France doit se montrer de l’héritage universaliste de la république. Elle y gagnera, nous aussi…

Propos recueillis par
Cheikh Aïdara

©️ Via https://aidara.mondoblog.org/2022/09/09/interview-birame-dah-abeid-aziz-ne-court-aucun-risque-detre-juge-car-selon-les-dire-de-ses-proches-il-dispose-darguments-dissuasifs/