Le bureau exécutif du parti Tewassoul a décidé jeudi soir l’exclusion définitive de ses rangs du député Saadany mint Kheytour.
Dans un communiqué qu’il a publié, le parti a chargé les structures administratives et juridiques du parti d’informer l’intéressée de cette décision.
La crise s’est accentuée entre le député et son parti depuis que celle-ci s’est exprimée dans un groupe sur Wattsap sur ce qu’elle a appelé le silence coupable du Cheikh Mohamed El HacenO. Deddew à propos de l’esclavage en Mauritanie et le charge pour n’avoir pas prononcé une Fatwa en ce sens.
Ceci est intervenu après une vive altercation avec l’ancien député Mohamed Ghoulam ould El hadj Cheikh qu’elle a vertement critiqué dans son dernier enregistrement vidéo.
Mint Kheytour est une activiste du parti Tewassoul à travers lequel elle est entrée au parlement, mais elle s’était particulièrement distinguée par ses propos acerbes qui ont provoqué de grandes controverses, elle qui se considère porte-parole du Harak, (le mouvement) de la caste de Lim Almine (forgerons).
L’association Armepes-France faisant partie de 14 entités et organisations qui composent la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (CCES créée en Mai 2021), a été représentée à une conférence d’échanges et de témoignages à Fontenay-sous-bois (Val-de-Marne en région parisienne) par une équipe de son BE. Organisée par la coordination CCES et l’association UnPassé Trop Présent basée dans cette ville. Sous la thématique « L’esclavage en Afrique de l’ouest, du village à l’Europe », différents intervenants ont pu largement abordé des problématiques liées aux séquelles tenaces et virulentes de l’esclavage intra-africain. Notamment dans les communautés soninkés d’Afrique de l’ouest et les diasporas, l’éveil antiesclavagiste et abolitionniste contre l’esclavage par ascendance, fait face à des rudes résistances de milieux défenseurs des coutumes esclavagistes et féodales qui bénéficient des complicités au sein de nos services étatiques. Ainsi les membres de notre bureau exécutif présents sont, le président GayeTRAORÉ, le vice-président SambaFOFANA et le secrétaire général Aboulaye TRAORÉ, et également d’autres membres militants étaient sur place. Autour d’autres responsables de la CCES, les éléments d’Armepes-France ont témoigné et exposé la situation qui prévaut concernant la lutte contre cet esclavage par ascendance du côté Mauritanien au sein de la communauté soninké particulièrement.
22 mai 2022
👇🏿À suivre quelques éléments médias autour ce rendez-vous de Fontenay-sous-bois :
La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) avec l’accompagnement de son partenaire stratégique, Avocats Sans Frontière Canada (ASFC), dans le cadre du projet « Soutenir la lutte contre l’impunité au Mali » a procédé à la publication du rapport de l’étude sur les besoins et attentes des victimes de l’esclavage dans la région de Kayes, où a lieu cette pratique digne d’une autre époque. La cérémonie de présentation de ce rapport a eu lieu le 20 mai 2022 à l’Hôtel MAEVA. Elle était présidée par le Représentant du Ministre de la justice et des droits de l’Homme garde des sceaux M. Cheick Tidiane Traoré. Ce dernier était accompagné du Président de la CNDH, M. Aguibou BOUARE, du Chef des projets d’Avocats sans Frontière Canada, M. Abdoulaye DOUCOURÉ et du Représentant du Ministre de la réconciliation , de la paix et de la Cohésion Nationale M. COULIBALY. Plusieurs organisations de défense des droits humains, notamment les membres de la Coalition Nationale de Lutte contre l’Esclavage au Mali, de la société civile, des partenaires techniques et financiers de la CNDH ont également pris part à cette activité.
Le Représentant du Ministre de la justice et des Droits de l’homme garde des sceaux a souligné dans son allocution que l’esclavage est une pratique inhumaine d’un autre âge qui ne peut prospérer au Mali. C’est pourquoi le Ministère de la justice et des Droits de l’Homme ne ménagera aucun effort pour instruire les procureurs de la République et autres poursuivants à accorder la plus haute importance aux dossiers d’esclavage afin de l’éradiquer totalement dans toutes ses manifestations sur l’ensemble du territoire national.
Le Président de la CNDH dans son discours a appelé à agir en synergie contre la pratique en ces termes : « Nous devons agir de concert afin de faire cesser de telles pratiques dignes d’une autre époque qui n’honore pas notre pays qui, faut-il le rappeler, dès 1222 interdisait l’esclavage avec la charte des Chasseurs du Mandé, bien avant la Charte de KURUKAN FUGA de 1236 ».
Le Coordonnateur des projets d’Avocats Sans Frontière Canada, M. Abdoulaye DOUCOURE a souligné que: « les diverses manifestations de l’esclavage par ascendance constituent de graves violations des droits humains au regard des articles 1er , 2 et 3 de la constitution malienne qui consacrent respectivement la sacralité de la personne humaine, interdisent toute discrimination basée sur l’origine sociale, et les sévices ou traitements inhumains, cruels, dégradants ou humiliants ».
Le cabinet CEDA qui a réalisé l’étude a présenté un rapport de 89 pages qui traite de la problématique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes dans plusieurs aspects. Cette présentation du rapport a suscité beaucoup de réactions dans la salle surtout du côté de la société civile. Des réponses ont été apportées aux préoccupations.
Il faut noter qu’en fin 2017 début 2018, un éveil de conscience conduit des citoyens considérés comme esclaves, par d’autres citoyens supposés être leurs maîtres, à se révolter contre leur statut. Les premiers ont donc entrepris de se soulever contre leurs conditions alors que les seconds tentaient tout pour maintenir le statu quo né de la pratique de l’esclavage par ascendance dans la Région de Kayes. La radicalisation des positions ne pouvait que conduire à des violences constitutives d’atteintes souvent graves aux droits de l’Homme, entrainant des déplacements forcés, des traitements cruels inhumains ou dégradants, des coups et blessures, des injures etc.
Face à cette atteinte intolérable à leur dignité, les victimes ont entrepris des actions sur le plan judiciaire, très souvent sans succès. La CNDH a très vite estimé que les réponses apportées par l’Etat du Mali restaient insuffisantes, car laissant les victimes dans une situation de vulnérabilité infra minimale. L’institution nationale en charge des droits de l’Homme ne disposait pas de données fiables permettant de quantifier le nombre de victimes ou faire un état des procédures judiciaires entamées par les organisations de la société civile, les victimes, et leurs représentants légaux. De même, la CNDH ne disposait d’aucune donnée sur les besoins et attentes des victimes en termes de réparation et/ou de justice.
C’est pourquoi, avec l’accompagnement de son partenaire privilégié, Avocats Sans Frontière Canada (ASFC), la CNDH, dans le cadre du projet « Soutenir la lutte contre l’impunité au Mali », a confié à un Cabinet Spécialisé une étude sur les Besoins et Attentes des victimes de l’esclavage par ascendance dans la Région de Kayes. Le consultant a mené durant plusieurs mois une enquête sur les besoins et attentes des victimes de l’esclavage dans les différents cercles de la Région Administrative de Kayes.
Il s’agissait de porter à la connaissance du grand public les résultats de cette œuvre noble.
Ce sont ces mêmes coutumes qui perpétuent une discrimination endogamique face à l’accès aux terres par endroits dans nos villages, des terres communautaires aménagées collectivement depuis des siècles pour certaines . A mon entendement c’est cette discrimination interne face à l’accès à la terre dans nos entités villageoises respectives qui explique la réaction tiède au niveau de la population concernée face à cette expropriation abusive et opaque que mène les autorités mauritaniennes dans la vallée . Et toute injustice est à dénoncer sans ambiguité , toute injustice me répugne au plus haut point à titre personnel , pas de graduation dans la défense des droits , des devoirs et de la dignité humaine ! Je suis prêt à y laisser ma vie même pour défendre ce qui ne m’apprécie ou n’apprécie pas mon combat pour la fin l’esclavage par ascendance . Mais l’élément évident est ce manque de réaction digne de ce nom face aux retraits de terres dans la région de la vallée , cette faible réaction ou absence de réaction mérite une analyse sincère dépouillée de toute passion et inquisition . Des fois il est bon de comprendre ce qui nous arrive avec objectivité pour la bonne plaidoirie .Au sein de nos villages l’accès à la terre a été conflictuel entre membres de même communauté villageoise et l’enjeu que je souhaite mettre en exergue se situe au niveau de ce paradigme-là : l’absence de ce sentiment que les terres de nos entités villageoises et communautaires nous appartiennent tous , qui se justifie hélas dans les faits d’ailleurs .Pour ceux de la région du Guidimakha , on a en mémoire le litige de Kholle Mukke qui a fait objet de beaucoup d’articles de presse ainsi que de Niordel où on a frôlé la tragédie : lire article parue Cridem.org en date du 02-01-2014 19:15 – qui a pour titre :Agression à Kollé Mukké de Diaguily et échanges de coups de feu à Niorodel. Depuis 2016 avec l’avènement du mouvement de Ganbanaaxu qui milite pour l’égalité pour tous en dignité , droits et devoirs le problème d’accès à la terre est devenu de plus en plus conflictuel et tragique .Nous avons tous vu la vidéo d’un des membres de la communauté de Ganbanaaxu de DAFORT en la personne de Samba Moussa Koné tabassée et ligotée le 31 Juillet 2021 comme une bête de somme suite à un fait d’esclavage foncier : https://cridem.org/C_Info.php?article=747569 ; des exemples ne manquent dans d’autres villages du Gorgol , de TRARZA … En ce qui concerne l’agression de Samba Moussa Koné , une manifestation a été organisée devant la présidence le 28 Juillet 2021 pour alerter les autorités des risques d’affrontements imminents à l’approche de l’hivernage mais en vain et c’est ce qui nous amène à dire que l’administration est pro-féodale au Guidimakha. Tous ces exemples cités ne justifient en rien cette opération coup de poing de la part de l’Etat et ses complices pour faire main basse sur les terres de la vallée , ces terres sont à la fois notre racine et notre identité . Cette réalité interne des communautés de la vallée dont le Guidimakha qui n’est qu’un exemple parmi tant d’autres met cependant la loupe sur notre handicap à faire fasse à des enjeux extérieurs de nos communautés ici l’expropriation des terres de la vallée pour être précis . Puisque déjà d’injustice et discriminée face à l’accès à la terre en temps ordinaire et de façon humiliante comment expliquer à la couche d’extraction servile qu’elle est concernée par cette expropriation ? Puisqu’on lui répète et prouve qu’il n’a pas droit d’accès à cette terre sensée être la chose commune ? Comment être concernée par la défense commune de ces terres de la vallée si on retire des terres des personnes justes pour leurs opinions et militantisme .Dans les villages du Guidimakha beaucoup familles de la communauté Ganbanaaxu ont été victimes de retraits de terres ; il arrive quand j’utilise le mot expropriation certains de mes détracteurs avancent que ces terres étaient juste en prêt .Soit ! Mais ces terres sont retirés à ces personnes juste pour avoir afficher leur volonté d’émancipation , pour leur refus des assignations coutumières qui les violentent psychologiquement et physiquement. Il arrive qu’au grès d’un différend vous êtes frappés d’une privation de jouissance de ces terres de la part de la féodalité locale avec l’appui de son bras administratif surtout si vous êtes d’extraction servile là c’est une autre paire de manche. Ainsi comment se sentir concerné par cet enjeu de retrait et recel de terres dans la vallée ,encore une fois ? Combien de millions d’Ouguiya ont été dépensés dans la région du Guidimakha par des personnes d’extraction servile pour garder leurs terres ? Et comment dire à ces personnes que défendre ces terres est une affaire commune au-delà de nos clivages , de nos différends ? Voilà des faits qui parasitent notre plaidoirie à l’unisson et nous affaiblissent là où nous devrions être forts et sans concession face à l’Etat! On dissimule les titres collectif de ces terres communautaires pour en faire des trophées familiales ou claniques , pourtant ces terres ont été mise en valeur collectivement des fois exclusivement par cette même couche d’extraction servile au risque de me répéter . Et aujourd’hui c’est une aberration de constater que des descendants de ces mêmes familles ayant aménagées des hectares de bas-fonds et des terres en hauteur sont privés de périmètres exploitables jusque parce que refusant leur assignation d’extraction servile . Et cette couche d’extraction servile n’a pas droit à la terre selon la coutume-surement il y a des nuances dans le schéma présenté en fonction des aires géographiques car toute extraction nobiliaire n’est propriétaire terrien -surtout si ces derniers refusent cette dite assignation , ils sont alors considérés comme des parias . Ma réflexion ne tente pas de justifier l’arbitraire des retraits des terres de la vallée car arbitraire il y en a même au niveau de l’application des lois de la dernière réforme foncière : « ordonnance nº 83-127 portant réorganisation foncière et domaniale » car la tenure traditionnelle de la terre est en vigueur dans l’ensemble hassanophone si ça pourrait faire plaisir à certains mais mon propos est une volonté d’expliquer en partie la réaction froide face à l’expropriation des terres qui se passe sous nos yeux comme tétanisés .Là où se mélangent la colère , le ridicule et notre incohérence c’est qu’on est prompt et puissant à priver un de notre parce que de caste inférieure ou d’extraction servile des terres du village ou de la communauté qu’il a toujours exploité , de lui faire un chantage foncier , de lui faire subir un esclavage foncier alors que face à l’Etat on est tous impuissants et nos cris inaudibles , il y a nécessité de nous réformer pour faire face aux enjeux extérieurs et c’est le vœux pieux de Ganbanaaxu .Nos communautés tant qu’elles ne cultivent pas en leur sein de la justice sociale nous manquerons beaucoup de rendez-vous qui impliqueraient notre survie et notre avenir dans nos provinces de la vallée car sans terre , c’est l’exode .Et à travers l’exode un peuple perd une partie de son âme, de son tréfonds , de sa vitalité ! Vous avons tous vu que là nous devrions crier à l’unisson notre indignation face au problème foncier dans la vallée , il y a une quasi absence de réactions et ayons le courage de dire que nous sommes en partie vecteurs de cette indignation sélective . Si les terres de la communauté villageoise appartiennent à quelques familles de la féodalité locale , devenant un trophée familial et un outil de domination ben l’instinct grégaire d’antan se dissipe en fonction des conflits et querelles voire des humiliations liés au litige foncier local , et la paix sociale dans tout ça ? .Je vous prie de m’excuser de cette fausse note ou de cet anachronisme mais accepter sa propre réalité amère nous aide à faire la bonne plaidoirie .
J’entends autour de moi, certains soutenir avec certitude que le mouvement Ganbanaxu est mal inspiré en posant un problème qui n’existe pas au Guidimakha ou encore, on ne sait pas ce que veut ce mouvement.
Je suis tenté de dire que tous les problèmes de l’humanité résultent du fait que chacun juge l’autre sans se mettre dans sa peau pour le comprendre. Il est de la nature humaine de ceux à qui dieu a voulu leur offrir une once de son pouvoir – un pouvoir fragile, éphémère et contestable, d’ignorer les récriminations, les protestations et les revendications de l’autre, par la banalisation, la diabolisation ou même en niant en bloc les motifs de sa grogne, par ce que jugé hâtivement et à tort .
Dès lors, la sagesse voudrait qu’on accepte de se prêter au jeu de rôle pour comprendre l’autre avant de le juger. Cela contribuera sans doute à la réduction des conflits, en créant une atmosphère moins conflictuelle et plus saine .
En Mauritanie, par exemple où l’on cherche désespérément, depuis des décennies une panacée pour venir à bout de l’unité nationale, ce jeu de rôle, peut ainsi aider à la consolidation de la cohésion nationale fragilisée par la poussée de l’extrémisme de tous bords.
Chacun cherche ce qu’il n’a pas
Le blanc vient se bronzer sous le soleil Africain pour avoir la peau mate . Les Africains se depigmentent la peau pour ressembler au blanc. Certains sont apatrides et cherchent vaille que vaille, une patrie quelle qu’elle soit alors que d’autres veulent renoncer à leur nationalité pour multiples raisons.
Les contradictions ne manquent pas. Chacun à ses raisons qui lui sont propres. La France, c’est la merde pour certains. Pendant ce temps les plages de la méditerranée deviennent des tombeaux à ciel ouvert , pour de nombreuses personnes qui ne rêvent que de l’Europe et de l’hexagone : un Eldorado pour elles. Si la hantise de certains est d’accéder à la noblesse, la noblesse est sans intérêt pour d’autres qui y sont parvenus sans formalités. Chacun d’entre nous est tiraillé par une obsession, elle n’est jamais fortuite et fantaisiste. Elle est l’expression d’un manque et d’un désir de satisfaction souvent de quelque chose que la société nous refuse. Pour d’aucuns, ce complexe est ailleurs : retrouver une famille, être reconnu et accepté ou avoir une légitimité paternelle, juste un nom de famille, sans doute un superflu pour d’autres.
Voyez-vous ! Les exemples ne manquent pas, nos préoccupations ne sont pas les mêmes.
Dès lors, vous comprendrez jusqu’à quel point nos priorités et préoccupations sont différentes. A chaque fois qu’on franchit un stade, on est animé par d’autres ambitions, c’est la nature humaine. Certains ont la chance d’être en bonne santé mais se plaignent de la pauvreté, ils vont jusqu’à souhaiter abréger leur vie alors que certains richissimes, sont cloués sur un lit d’hôpital attendant désespérément. Ceux-là préférent dans ces conditions être à la place du pauvre : indigent mais dans la plénitude de la santé. Le souci du mouvement Ganbanaxu, c’est de combattre l’esclavage et dérivés en permettant ainsi à tout le monde d’accéder au statut enviable et respecté, synonyme de privilégies en milieu Soninké : la noblesse. Pas plus !
Une ambiguïté ressort des propos de certaines personnes qui s’interrogent sur le bien-fondé du combat qui est celui de Ganbanané allant jusqu au point de nier en bloc l’existence de l’esclavage coutumier au Guidimakha, sous quelques formes que ce soit. La pratique serait disparue selon elles, ce qui relève d’une cécité volontaire les empêchant de voire les chaînes invisibles mais trop visibles, qui sont dans les mots, dans le rapport avec les autres, avec la terre et avec « la chose communautaire « . Pour ces derniers, le mouvement d’émancipation s’attaque aux traditions, us et coutumes ; en menaçant le patrimoine et la mémoire de la société voire son existence.
Or, ces traditions, dans certaines de leurs manifestations réduisent certains groupes sociaux au rang de complément, si elles ne les stigmatisent pas , en les présentant comme des bouffons, des courtisans, bons pour faire rire la galerie et maintenus dans un carcan social sans perspectives de sagesse et de respectabilités réelles.
Cette analyse ne passe pas chez ceux qui ont hérité de la noblesse et ceux qui trouvent leurs compte dans cette stratification sociale. C’est un jeu d’intérêts. Ils crient au scandale et au complot.
Mais pour comprendre, la posture de l’autre qui veut être rebaptisé à travers un pacte social plus solidaire et plus égalitaire dans une communauté où les tous membres sont logés dans la même enseigne, il faut un surpassement de soi. Pour cela, il faut accepter de changer de place, de se prêter au fameux jeu de rôle, ne ce serait qu’en portant un « nom d’esclave » pendant une journée, puisque formellement, il n’y a rien qui vous différencie. Et vous comprendrez les souffrances de l’autre. Cette permutation de statuts et de rôle social, qui semble anecdotique, si elle est faite de manière sincère est une invitation à la découverte.
Cet esprit de discernement et de prise de hauteur qui manque à la plupart d’entre nous est un rempart contre l’infamie. La crise actuelle de nos sociétés est celle de l’aveuglement volontaire, sur fond de silence coupable consistant à tout ramener à soi, dans un élan d’égoïsme sans précédent. Le premier acte de la paix se construit dans la capacité à écouter l’autre, en ne l’intégrant pas dans votre propre définition mais en lui laissant lui-même, le soins de se définir et de se présenter tel qu’il veut être ou paraître.
Le Maure réclame son arabité mais pour quoi, voulez-vous qu’il soit autre chose alors qu’il n’en veut point. Vouloir toujours, ramener l’individu à ses origines, à une histoire, à un passé dévalorisant et peu reluisant, somme toute des souvenirs qui rappellent échecs et humiliations, ne participe pas à la construction de la paix et du vivre-ensemble .
« Je veux être toi » parce que tu es l’échelle des valeurs, tu es la référence sociale, tu es le sommet de la pyramide. Je dois avoir tes encouragements parce que je t’honore et je t’augmente. Mais, la réponse est pour le moins cruelle et étonnante. Comment peut-on expliquer le refus de l’autre, celui qui aime dire » nous sommes des frères, nos sommes égaux » . Tu restes » toi et moi, je reste moi. » C’est un rejet insultant d’une partie de soi, cela ne contribue point au rapprochement et à l’entente.
« Nous sommes des frères » ça ne semble plus convaincre personne. Cela relève n’est-ce pas d’une construction fictive au mieux utopique et d’une stratégie de diversion. « Je veux être toi », n’est nullement ta négation, au contraire c’est une duplication de ton image, de toi pour une communauté plus fraternelle et même fusionnelle.
Une société plus juste et égalitaire, c’est le combat du mouvement Ganbanaxu, qui peut se tromper dans la mise en œuvre de son projet . En effet, aucune œuvre humaine n’est parfaite .
Cependant, la justesse et la pertinence de son désir, d’œuvrer pour l’émancipation des « groupes damnés » dans la société Soninké est une idée plus noble que n’est la noblesse, elle-même qui se barricade derrière des theories suprémacistes, en fermant ses portes devant ses propres frères. Or, la noblesse est pour nous, avant tout hospitalité, grandeur, honneur , bienveillance dans la mesure où elle veut promouvoir l’humanité vers l’excellence.
••CONFORMÉMENT À LA NOUVELLE CHARTE DE LA TRANSITION QUI APPROUVE L’AUGMENTATION DU NOMBRE DES MEMBRES DU CNT DE 121 À 147, LA COORDINATION CONTRE L’ESCLAVAGE ET SES SÉQUELLES (C.C.E.S) A MANIFESTÉ SA VOLONTÉ D’AVOIR UN SIÈGE AU SEIN DE LA NOUVELLE CONFIGURATION DE L’ORGANE L’LÉGISLATIF DE LA TRANSITION. DANS UNE CORRESPONDANCE ADRESSÉE AU PRÉSIDENT DE LA TRANSITION, LE COLONEL ASSIMI GOÏTA, LA C.C.E.S A SOLLICITÉ LA NOMINATION DE MR BOUBACAR N’DJIM COMME SON REPRÉSENTANT VALABLE AU CNT.
Composée de plusieurs organisations africaines et panafricaines qui ont pour but essentiel d’éradiquer l’Esclavage et ses pratiques assimilées partout en Afrique, la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S) a émis son souhait d’avoir un représentant au sein de la nouvelle recomposition du Conseil National de Transition (CNT), l’organe législatif de la transition. L’objectif selon ce collectif, c’est d’avoir un créneau de plus, une autre voix qui porte pour défendre mieux l’égalité de tous les êtres humains au Mali. En effet, l’organisation a tenu à rappeler que ces dernières années, « l’Esclavage par ascendance dans la région de Kayes a pris une autre tournure qui a mis dans l’eau tous les efforts de l’Etat malien depuis l’indépendance, les forts des organisations de défense des droits de l’homme tant nationale qu’internationale, ainsi que les efforts des experts des droits de l’homme des Nations Unies pour le Mali ». Tout en se réjouissant de la présence au CNT du Président de Temedt qui est aussi une organisation qui lutte contre l’esclavage au Mali, la C.C.E.S a sollicité, dans une correspondance, le président de la transition, le colonel Assimi Goïta de nommé Mr N’Djim Boubacar comme son représentant au sein de l’organe législatif de la Transition. « Dans le souci d’accentuer nos actions de communication, de sensibilisation et de plaidoyer au Mali, nos organisations de défense des droits de l’homme qui sont mobilisées dans la lutte contre l’esclavage vous préconise de nommer Mr N’Djim Boubacar comme Conseiller au Conseil National de Transition (CNT), Organe législatif de la transition » a noté explicitement cette correspondance. Comme argumentaire, la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles souligne que le sieur N’Djim Boubacar a montré ses preuves à travers plusieurs actions qui ont permis de préserver la vie des milliers de victimes parallèlement à l’évacuation de plusieurs autres dossiers devant les parquets. « Il se trouve aujourd’hui qu’il (Boubacar N’Djim) est incontournable sur le terrain dans la lutte contre l’esclavage au Mali à travers son organisation {Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme, (MSD)}. Il nous rapporte des informations pour nous permettre de mieux communiquer en cas d’alertes d’affrontements liés à cette pratique odieuse », donc sa nomination comme conseiller dans l’organe législatif de la transition permettra sans nul doute de donner un vent d’espoir aux milers de victimes des pratiques esclavagistes au Mali.
La parenté dite à plaisanterie (je précise que je n’aime pas ce terme réducteur) a été une invention sociale de génie. Son institutionnalisation a eu des effets régulateurs d’une efficacité difficilement égalable. Elle est encore vécue et remplit pleinement ses fonctions. Sa place dans nos politiques modernes est encore à trouver. Mais ceci arrivera le jour où l’africain sortira de la tendance « Je copie donc j’existe »! Ce n’est pas cela mon sujet de discussion aujourd’hui, donc je ne m’y attarderai pas.
Il y a, dans le volet le plus léger de cette invention sociale, un aspect consistant pour le coup à plaisanter avec son `cousin socialement désigné’ (ce à quoi je ne refuserai pas de reconnaître son rôle d’huilage), des formes d’usage qu’il faut revoir.
On entend certains (pas toujours déniés du sentiment de justice et d’égalité sociales) employer des termes comme « Maccuɗo am », « Korɗo am » dans un joug amical avec un cousin. Ces mots n’ont certes aucune intention de blesser l’interlocuteur qui en usera d’ailleurs pour répliquer. Notre discussion ne se situe donc pas au niveau du cadre de cette plaisanterie et encore moins de ses protagonistes du jour.
Ce que l’on peut cependant remarquer c’est qu’on utilise quand même là des mots auxquels on reconnait volontiers un certain nombre de tares -raison pour laquelle on les attribue faussement à son interlocuteur- et par là donc on « n’oublie » de se soucier de beaucoup d’individus qui vivent, et cette fois pas de manière fausse et encore moins plaisante, l’extrême douleur de leur contenu.
Des individus sont contraints par la société à subir en permanence le contenu de ces mots dans une injustice communément acceptée.
Utiliser ainsi le terme « Maccuɗo am » (mon esclave) comme moyen de plaisanter avec son cousin dit à plaisanterie, dans une société où l’esclavagisme est en cours sous une ou autre de ces formes, accepter de perpétuer un tel vocabulaire de plaisanterie est pour le moins inconscient, en tout cas incompatible avec la tenue que se doit un défenseur des droits.
D’ailleurs, la société peule, vu que c’est celle-ci qui constitue mon environnement social immédiat, pourvoit des termes alternatifs comme « Ko mi laamɗo maa », « Ko mi lawake maa » (Je suis ton roi, Je suis ton prince etc.). Remarquez qu’ici, il ne s’agit pas des termes duaux à ceux que l’on critique. Le terme dual à ces derniers serait « Ko mi dimo maa » (Je suis ton noble). Celui-ci n’a pas l’air trop usité, en tout cas pas dans mon entourage. Mais il l’est quand même au moins à travers l’usage de ses duaux. Ces termes de Laamɗo et Lawake ne sont donc pas chargées de grands impairs car ils ne sont pas en rapport avec une injustice sociale encore vécue, comme l’esclavagisme ou l’oppression des femmes.
Il convient donc de nettoyer nos institutions sociales, les plus utiles d’entre elles. Il serait dommage que des aspects secondaires de plaisanterie se chargent d’autant de moisissures jusqu’à pourrir l’ensemble de l’édifice et nous faire perdre une des plus grandes avancées sociales de notre civilisation. Il faut aussi, pour tout individu sensible à la justice et à l’égalité dans nos sociétés, veiller aux symboles que nous utilisons, à leur impact sur des individus qui pourraient en souffrir en voyant une partie de leur dignité dégradée.
Cette réalité d’esclavage n’est trop loin ni dans le temps, ni dans l’espace pour que l’on se permette d’en user de cette façon pour nos besoins de rigolade. Ces rires qui se veulent sains s’avèreront toujours au fond être de violentes moqueries, même à leur insu.
Mauritanie : un expert de l’ONU encouragé par les progrès réalisés, mais déclare qu’il faudra davantage de travail pour éradiquer complètement l’esclavage
NOUAKCHOTT (12 mai 2022) – Un expert des droits humains de l’ONU s’est félicité aujourd’hui des progrès accomplis dans le renforcement du cadre juridique et de l’émergence de la volonté politique en Mauritanie pour lutter contre l’esclavage, mais a averti qu’il reste encore beaucoup à faire.
A la clôture d’une visite de 10 jours dans le pays, Tomoya Obokata, rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines d’esclavage, a appelé les autorités à prendre des mesures urgentes pour accélérer la mise en œuvre de la législation anti-esclavagiste mauritanienne et à résoudre les problèmes pratiques, juridiques, et les obstacles sociaux qui empêchent les personnes touchées par l’esclavage d’aller en justice et d’atteindre l’égalité.
« Je suis reconnaissant au Gouvernement d’avoir accueilli ma visite et de la coopération qui m’a été apportée par les plus hautes autorités, y compris le Président de la République. » a dit Obokata dans une déclaration à la presse. « J’ai été encouragé par la reconnaissance par le président lors de notre réunion que le déni de l’esclavage n’est pas la bonne approche, et son engagement déclaré à mettre fin à l’esclavage, à traduire les auteurs en justice et à favoriser l’inclusion sociale et économique des personnes anciennement réduites en esclavage. »
Depuis la dernière visite de mon mandat en 2014, la Mauritanie a pris des mesures importantes pour combattre l’esclavage et il y a une plus grande volonté de discuter ouvertement des questions d’esclavage, »
« L’adoption de la loi 2015-031 criminalisant l’esclavage et les pratiques esclavagistes a comblé de nombreuses lacunes de la précédente législation anti-esclavagiste mauritanienne. Je suis également encouragé par les efforts entrepris par le Gouvernement pour sensibiliser les praticiens de droit, la police judiciaire, les forces de sécurité, la société civile, et le public. »
Néanmoins, Obokata a averti que des formes d’esclavage fondées sur l’ascendance et contemporaines existent toujours en Mauritanie, au sein de tous les principaux groupes ethniques du pays et entre certains groupes. « L’esclavage traditionnel persiste en Mauritanie, malgré le déni de cette pratique par certains acteurs, » il a déclaré.
« Les personnes réduites en esclavage, en particulier les femmes et les enfants, sont victimes de violence et d’abus, y compris la violence sexuelle, et sont traitées comme des biens. L’esclavage fondé sur la caste est également un problème, et les personnes appartenant à des castes réprimées qui réfutent leur statut d’esclave font face à de violentes représailles et au refus d’accès aux services de base par les castes dominantes. »
« Le travail des enfants reste une préoccupation, en particulier la pratique de la mendicité forcée, et les pratiques de travail forcé sont courantes dans le secteur informel mauritanien, touchant les migrants aussi bien que les citoyens mauritaniens. »
Obokata a observé que la pleine application de la législation anti-esclavagiste mauritanienne reste difficile à atteindre et a encouragé à redoubler des efforts pour mettre entièrement en œuvre le cadre juridique anti-esclavagiste du pays et s’attaquer aux pratiques sociales profondément ancrées.
« L’existence persistante de l’esclavage et d’autres pratiques esclavagistes en Mauritanie démontre malheureusement que les lois pertinentes ne sont pas totalement appliquées dans la pratique et qu’une transformation sociale et un changement de mentalité des dirigeants du pays sont nécessaire pour reconnaître de façon directe et de lutter contre l’esclavage plutôt que de nier son existence. »
« Il faudra davantage d’efforts pour garantir que les plaintes d’esclave fassent l’objet d’enquêtes et que les jugements sont rendus dans les délais raisonnables, que les victimes de l’esclavage sont informées de leurs droits et jouissent d’accès dans la pratique aux mécanismes de plainte ainsi que de la protection et assistance, et que les sanctions prévues soient pleinement appliquées. »
Obokata a également reçu des informations selon lesquelles les personnes réduites en esclavage et leurs descendants rencontrent des difficultés pour s’inscrire à l’état civil mauritanien, ce qui est une condition préalable à l’accès à l’éducation, à l’emploi formel, et aux services de base.
« Sans accès à l’emploi formel et à l’éducation, les victimes de l’esclavage, et leurs enfants n’ont aucune voie viable pour sortir de l’esclavage et restent piégés dans un cercle vicieux de dépendance vis-à-vis de leurs anciens esclavagistes ou de formes de travail qui relèvent de l’exploitation » , a déclaré Obokata. « Il est impératif que le gouvernement s’attaque aux obstacles de ces communautés à l’enregistrement civil. »
Au cours de sa visite, Obokata a rencontré le président de la République islamique de Mauritanie, Son Excellence M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et le Premier ministre Son Excellence M. Mohamed Ould Bilal Messoud, ainsi que d’autres responsables gouvernementaux. Il a également rencontré la société civile, les associations de travailleurs, la communauté diplomatique et l’ONU, ainsi que des défenseurs des droits de l’homme, des victimes de l’esclavage et des migrants. Il a tenu des réunions à Nouakchott et Nouadhibou.
Le rapporteur spécial présentera un rapport complet au Conseil des droits de l’homme en septembre 2023.
FIN.
M. Tomoya Obokata est un spécialiste du droit international et des droits humains, spécialisé dans la criminalité transnationale organisée, la traite des êtres humains et des formes contemporaines d’esclavage. Il a commencé son mandat comme rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences en mars 2020. Il est actuellement professeur de droit international et des droits humains à l’université de Keele, et il a précédemment enseigné à l’université Queen’s de Belfast et à l’université de Dundee (toutes les deux au Royaume-Uni, en Grande-Bretagne et en Irlande du Nord).
Les Experts indépendants font partie de ce qui est désigné sous le nom des « procédures spéciales » du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, l’organe le plus important d’experts indépendants du Système des droits de l’homme de l’ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d’enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s’adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant.
Pour des informations additionnelles et des demandes des médias, prière de contacter : M. Krishnan RAGHAVAN (+41 22 917 4532/ krishnan.raghavan@un.org).
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✓ Les premières recommandations :
Ci-dessous les recommandations préliminaires du Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage, Mr. Tomoya Obokata suite à sa mission officielle en Mauritanie:
• Prendre des mesures significatives pour appliquer efficacement les lois pertinentes, en particulier les lois anti-esclavage, anti-traite et du travail. Cela devrait inclure davantage de ressources, une formation rigoureuse, un renforcement des capacités, des discussions sur l’avenir des tribunaux pénaux spécialisés, ainsi qu’une sensibilisation à l’impératif moral et juridique d’éliminer toutes les formes contemporaines d’esclavage, y compris l’esclavage fondé sur l’ascendance. • Mettre en place des unités dédiées à l’esclavage au sein de la police judiciaire et du ministère public avec un personnel parfaitement formé. • Exclure l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage des processus de résolution informels. • Élaborer des directives de détermination de la peine pour les infractions d’esclavage afin de maintenir une cohérence dans la détermination de la peine qui tienne compte de la gravité de ces infractions. • Établir un mécanisme national d’identification multipartite pour éviter de trop compter sur les victimes pour qu’elles se manifestent. • Mettre en place un système d’alerte précoce efficace pour identifier les enfants à risque de travail des enfants et d’autres formes d’exploitation, en travaillant en étroite collaboration avec les parents, les enseignants, les travailleurs sociaux, les organisations de la société civile et d’autres parties prenantes concernées. • Renforcer l’inspection du travail en organisant une formation efficace sur l’identification et l’allocation de ressources suffisantes. • Fournir des informations adéquates et accessibles sur les droits des travailleurs et les mécanismes de plainte en cas de violation des lois pénales et du travail, à tous les Mauritaniens ainsi qu’aux ressortissants étrangers dans des langues qu’ils comprennent. Travailler en collaboration avec l’Institution nationale des droits de l’homme, les organisations de la société civile ainsi que les chefs locaux, tribaux et religieux à cette fin. • Assurer la protection des victimes de l’esclavage et des pratiques analogues à l’esclavage, ainsi que leur accès à la justice, aux recours, à l’emploi et aux opportunités de subsistance. • Établir un fonds dédié aux victimes de l’esclavage et d’autres pratiques esclavagistes qui peut être utilisé pour leur protection. Réaliser un recouvrement efficace des avoirs des criminels à cette fin. • Faciliter l’enregistrement à l’état civil pour ceux qui n’ont pas de papiers d’identité, y compris les travailleurs migrants et les personnes déplacées. • Assurer l’égalité d’accès à l’éducation, aux services publics, à la terre et au travail décent pour tous les Mauritaniens sans discrimination d’aucune sorte. • Prévenir et lutter contre la violence à l’égard des femmes et des filles en promulguant le projet de loi sur cette question dès que possible. • Garantir l’égalité de traitement des travailleurs étrangers en termes de conditions de travail et d’accès aux services publics de base tels que la santé et l’aide sociale, ainsi que la gratuité de l’enseignement pour leurs enfants. • Inclure explicitement l’élimination de l’esclavage fondé sur l’ascendance et des pratiques connexes dans le mandat de TAAZOUR et allouer des ressources adéquates à l’agence, y compris en termes de moyens, de formation et d’expertise. • Promouvoir une représentation ethnique et de genre équilibrée dans les bureaux publics, les forces de l’ordre et les forces armées, en particulier au niveau de la haute direction. • Mettre en œuvre des mesures positives/affirmatives raisonnables et proportionnées pour faciliter l’intégration économique, sociale et culturelle des victimes de l’esclavage et d’autres pratiques analogues à l’esclavage. • Formaliser les emplois informels tels que le travail domestique aussi rapidement que possible afin de protéger les droits de tous les travailleurs et d’empêcher qu’ils ne tombent dans l’esclavage et d’autres pratiques assimilables à l’esclavage. • Travailler avec les employeurs et les entreprises, y compris les sous-traitants, pour promouvoir la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme sur le lieu de travail conformément aux Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme. • Encourager les parties prenantes gouvernementales et autres à renforcer leur coopération avec le système des Nations Unies en Mauritanie pour lutter contre toutes les formes de discrimination auxquelles sont confrontés les groupes à risque, y compris les victimes de l’esclavage et d’autres pratiques esclavagistes, conformément aux objectifs de développement durable. • S’attaquer à la culture profondément enracinée du déni de l’esclavage en reconnaissant formellement son existence au plus haut niveau du gouvernement et de le communiquer clairement à toute la nation en utilisant le terme spécifique « esclavage ». • Recueillir des données sur l’esclavage et d’autres pratiques analogues à l’esclavage, ainsi que sur le sexe, la race et l’ethnicité pour lutter plus efficacement contre les inégalités et la discrimination. • Mettre en place un organe multipartite pour suivre annuellement les progrès de la mise en œuvre de la feuille de route.
En complément des échanges sur ce sujet, Il est important de noter deux choses pour mieux cerner la question de l’esclavage en milieu Soninké: le «Laada» en Soninké qui représente la coutume a mis en place le «Laada Lemaaxu» qui est à son tour le résultat d’un projet de stratification sociale voulue, déterminée, et contrôlée par le « Laada » ou coutume. Donc le «Laada Lemaaxu » est une conséquence du « Laada ». Dans le sens de notre lutte contre l’esclavage, le « Laada Lemaaxu » dénote tout simplement, ce que nous appelons, l’esclavage coutumier.
Sauf erreur de ma part, le « Laada Lemaaxu » se pratique toujours entre un « fo lémmé » qui signifie (personne de rang social inférieur) et c’est un euphémisme, et une personne de statut social supérieur (noble).
Personne n’est contrainte aujourd’hui par des chaines comme cela fut le cas à l’époque de la traite négrière mais je pense que mes notes en disent long sur les dessous des pratiques nées du « Laada Lemaaxu » en ce qui touche la question de l’esclavage, du rang social et des privilèges accordés aux personnes en fonction de leur caste. C’est la réalité en milieu soninké.
Maintenant, la question est :
-Quand-est ce que la société Soninké va s’accorder à reconnaitre la légitimité de la lutte contre l’esclavage ?
– Quand-est ce que la société Soninké va s’accorder à reconnaitre que le « Laada Lemaaxu » ou l’esclavage coutumier existe bel et bien en son sein et que c’est tout à fait de l’esclavage sous une autre forme ?
– Quand-est ce que la société Soninké va s’accorder à reconnaitre que s’attaquer à une pratique de façon générale et coutumière de façon particulière est une action légitime en soi ?
– Quand-est ce que la société Soninké va accepter, enfin, qu’elle a tort de s’opposer à l’opposant légitime ? tort de s’opposer à celui-là justement, qui dit ne plus se retrouver libre dans ces pratiques moyenâgeuses ?
Pour l’affaire concernant Maimouna Cissokho: j’ai écouté avec le plus grand soin les audios WhatsApp qu’elles a réalisés. Son seul tort est d’avoir exprimé ouvertement son opposition à l’esclavage et à ceux qui le pratiquent sans nommer ni personne ni un village. Il n’y a pas qu’elle qui s’exprime ainsi à Diaguily. Mais du fait de ses origines maliennes, les choses ne sont malheureusement pas en sa faveur. J’espère que la justice, elle, sera juste.
Nous devons trouver des solutions pour régler nos problèmes. Soninkara est en totale perdition. Nous réfutons toutes les perspectives préconisées même par nos guides spirituels qui tentent de nous orienter. Est-ce une malédiction qui s’abat sur nous ? Qu’Allah vienne en aide au peuple de Wagadu. Amine
Les membres et les familles Soninkés qui se libèrent des coutumes discriminatoires de l’esclavage par ascendance au Guidimagha, subissent depuis bientôt 6 ans d’innombrables pressions sociales, administratives et judiciaires. Dans la communauté soninké, un ordre féodalo-esclavagiste y règne avec de graves violations à l’encontre de citoyens qui n’aspirent que vivre dignement sans les anachronismes sociaux d’une époque révolue.
Ainsi notre engagement pacifique d’éveil humaniste et citoyen est contré par diverses manœuvres fallacieuses ourdies par les milieux réactionnaires défenseurs d’un statu quo sociétal inégalitaire et injuste.
Parmi ces milieux féodaux mobilisés qui sapent l’État de droit et la dynamique manifestée solennellement par le président de la République son excellence Monsieur Mohamed Ould El-Ghazouani lors de son discours de Ouadane et celui du président de l’Assemblée nationale Monsieur Ould Baya, au Guidimagha il y’a ceux qui font l’apologie d’esclavage via les réseaux sociaux et leurs soutiens cadres dans les rouages de l’État. Par cette sortie nous indexons directement le député et cadre de l’UPR Sidney Sokhna. Les soupçons font légion à son sujet depuis le début notre engagement massif et populaire contre les humiliations sociales de l’esclavage par ascendance dans nos localités villageoises. Ces derniers temps, 2 audios diffusés par ses proches dans les groupes WhatsApp, le mettent en cause dans 2 affaires étrangement manipulées à Diogountourou et à Diaguily.
1 – le cas Diogountourou, courant février 2022, un monsieur dénommé Balla Gandega avait été retrouvé grièvement blessé en état comateux aux environs du village. Une agression dans des circonstances mystérieuses et floues vu les tensions autour de lui avec ses proches selon divers faisceaux d’indiscrétion, dont il n’a pas survécu finalement décédé le 1 avril dernier à Nouakchott (Paix à son âme). Le nom du député Sidney Sokhna apparaît dans l’affaire avec un audio disant que lui, il demande une coordination pour qu’ils ne s’échappent pas en nommant nos frères et militants, dans l’objectif étrange de les impliquer aussitôt sans enquête. Un autre vocal de 21 secondes surgit dans la foulée qu’ils croyaient attribuer à l’un de nos camarades mis en cause. Tout a l’air d’une manipulation en cours d’orchestration pour trouver des coupables faciles. 5 pères de famille sont ainsi vus, mis dans une enquête administrative et judiciaire à charge avec beaucoup de légèreté et d’approximations. Au Guidimagha au sein des méandres de la justice locale jamais lisible, ceux qui peuvent se prévaloir d’un bras long depuis Nouakchott font foi et loi au détriment de la rigueur et de la déontologie nécessaires pour trancher et décider entre les citoyens. Ici dans cette affaire, ce député et haut cadre de l’UPR y est pour beaucoup.
2 – À Diaguily, autour de l’affaire de madame Maimouna Cissoko, ressortissante malienne vivant depuis presque 30 ans sur place, une hystérie haineuse d’extrémistes féodalo-esclavagistes s’est levée contre elle. Son seul tort, avoir dénoncé les coutumes esclavagistes dans la communauté soninké. Sa maison a été cernée et ses alentours incendiés, et les autorités se sont impliquées avec beaucoup de partialité manifeste. Ce 30 avril 2022, après son retour au village pour célébrer la fête auprès de ses jeunes enfants et son mari avec autorisation, les milieux féodaux se sont attaqués à elle une fois encore provoquant une rixe violente dans le marché entre les militantes qui la défendent et les éléments extrémistes féodaux. Finalement elle a été transférée à Gouraye par les autorités. Le lendemain un vocal est diffusé émanant d’un ressortissant du village appartenant au groupe féodal. Encore le nom du député Sidney Sokhna est cité, on y apprend qu’il a appelé les défenseurs des coutumes féodales pour les rassurer du sort définitif de madame Maimouna Cissoko qui serait bannie du village. Cela démontre son implication explicite en coulisses auprès des autorités dans cette affaire également. Une femme musulmane et africaine est ainsi séparée injustement de sa famille dans le même groupe sociolinguistique soninké.
La face sombre du personnage de ce député est insaisissable. Surtout pour l’opinion publique nationale et internationale qui ignore tout sur les mentalités insidieuses de l’esclavage par ascendance dans la communauté soninké. Étrangement il est membre participant comme cadre de l’UPR, aux activités préparatoires des concertations nationales inclusives voulues par le président de la république. Au nom de quel mérite aurait-il sa place dans pareilles démarches convergentes pour l’instauration d’une vie sociale et politique de paix et d’entente dans notre pays ?
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