Il s’appelle Oumar KONATE originaire de la localité soninké Nematoumaye (Zone de Nioro, kingui). Militant anti-esclavagiste soninké affilié à l’association RMFP Gambana-Mali, il a succombé à ses blessures dans la nuit du 10 au 11 mai 2024 à Bamako. Paix éternelle à son âme. Nos fraternelles condoléances à ses proches.
Il était parmi les blessés lors d’un violent affrontement dans la nuit du 5 au 6 mai dernier aux environs de cette localité au sujet d’une occupation d’un endroit pour paître du cheptel. Selon le témoignage reçu d’un activiste abolitionniste soninké basé à Bamako, les affreusements passés tirent leur origine d’un mépris social lié aux assignations féodalo-esclavagistes.
L’engagement militant anti-esclavagiste gambana a été reproché au défunt Oumar KONATE de la part d’éléments issus du camp réactionnaire. Ces derniers ne voulaient pas laisser monsieur KONATE construire son gîte pour surveiller ses animaux domestiques. Ainsi se serait déclenchée bagarre violente avec fusillade et armes blanches blessés , le défunt était atteint à la tête avec une hache et il finit par succomber à ses blessures. Il faut noter que des blessés sont à déplorer également parmi les assaillants réactionnaires, selon une source ayant suivi les événements depuis Bamako. La source laisse entendre que 7 suspects seraient aux arrêts à la suite des affrontements.
Encore une fois, les autorités maliennes si promptes à un regain revendicatif d’une digne souveraineté à recouvrer, tardent à contenir sérieusement les comportements criminels liés à l’esclavage coutumier qui sévissent dans certaines zones rurales notamment chez les milieux soninkés.
Depuis 2020, Oumar KONATE est la septième victime en milieux soninkés à perdre la vie à cause des violences perpétrées liées à l’esclavage par ascendance. Il faut le rappeler, Diandioumé (5 morts, Mountagha Diarriso, Hamet Sissoko, Youssou Sissoko, Gossi Sissoko et Sokhna Diakhité) , Lany (1, Diogou Sidibé) et aujourd’hui Nematoumaye (Oumar KONATE). On peut ajouter les milliers de personnes déplacées ou chassées de leurs villages pour refus de ses sinistres coutumes esclavagistes.
Il faut le rappeler d’emblée, un voisinage paisible entre 2 pays partageant un tracé frontalier de plus de 2 mille kilomètres est une louable situation à sauvegarder et consolider impérativement par/pour les 2 parties. Les rivages de cette frontière sont habités par quasiment les mêmes groupes sociolinguistiques (par exemple pour les soninkés dans la région de kayes accolée au Guidimagha mauritanien…). Lors de l’embargo Cédéao contre le pouvoir malien, la Mauritanie s’est clairement positionnée en gardant intacts ses liens politiques et commerciaux sans aucune influence extérieure, à lire davantage https://futureafrique.net/node/17113. Les données politiques et sécuritaires du Mali sont marquées par d’innombrables turbulences (rébellions, terrorisme, coups d’État…) depuis plus d’une décennie, et un pays qui y est très proche territorialement comme le nôtre ne peut aucunement se réjouir d’une telle instabilité étatique tout près. Ainsi dire, les derniers remous frontaliers du flanc Est doivent être traités avec responsabilité et retenue de part et d’autre par les autorités respectives. Ce qui semble être le cas ces derniers temps avec une navette croisée des hauts représentants étatiques mauritaniens et maliens pour discuter et clarifier selon les bonnes pratiques diplomatiques entre peuples frères. Notre modeste plaidoyer par ce billet s’inscrit dans cette donne . Par conséquent, toutes les provocations belliqueuses porteuses d’une sinistre dose haineuse qui est distillée par certains hâbleurs dans les réseaux sociaux, sont à dénoncer vigoureusement. Ces dernières heures, j’ai été brièvement témoin d’un Live TikTok autour d’un débat titré sous ces mots « Mauritanie, dernier bastion de l’esclavage », et en voulant contribuer avec mes réserves sur l’hystérie discursive à sens unique de certains intervenants (maliens principalement selon la teneur de leurs dires.. et soninkés pour certains), la mission m’a été rude. Certains propos fourre-tout indexant la Mauritanie sur la problématique de l’esclavage ont été d’une orientation malhonnêtement exagérée et gravement biaisée. Sans relativisme aucun, ils entendent racialiser la problématique de l’esclavage, en substance pour certains « des arabes seraient (ultra-minoritaire) les méchants esclavagistes sur la majorité composée des populations noires ». Et que les pouvoirs publics ne feraient rien pour changer cette situation, et en essayant de leur expliquer que la problématique est trans-communautaire comme au Mali (en citant des affaires liées à la question dans la région de Kayes, notamment dans la communauté soninké), j’ai été assailli par leurs excitations acerbes. Pour eux, le débat concerne la Mauritanie, et je serais hors sujet par mon angle d’intervention. J’ai pu répondre dans un brouhaha que la Mauritanie a des lois contre l’esclavage et que la pratique du phénomène est relevée comme un crime contre l’humanité. En précisant que l’application de l’arsenal juridique en vigueur n’est pas encore effective. J’espérais continuer en vain pour notifier qu’au Mali une loi anti-esclavagiste proprement dite est en souffrance depuis de nombreuses années. En sourdine, il est évident qu’ils sont motivés par une vision raciale voire raciste par rapport aux événements frontaliers entre les 2 pays. À mon sens, Il s’y prennent abusivement par ce biais bien manipulable et manipulé. Notre pays traîne des problématiques politiques liées à la gouvernance et à la cohabitation entre les composantes nationales, mais en faire une exploitation simpliste par un mélange haineux de ce genre, est inacceptable. Toutes proportions gardées, les chroniques secousses politico sécuritaires du Nord Mali ne peuvent être mis au crédit d’une nuisibilité qui viendrait du territoire mauritanien. Toute la Mauritanie politique et sociale n’a pas à être stigmatisée par une fâcheuse et bouffonne imposture analytique.
Que nos hautes autorités (maliennes et mauritaniennes) retrouvent la voi(e)x de la sagesse et de la sérénité afin d’éviter tout débordement conflictuel qui ne ferait que des perdants à coup sûr.
Vive LA PAIX!
KS pour le BLOG
📷 photo 2 avec un militant abolitionniste malien de l’ONG Temedt rencontré à Bamako en octobre 2021.
Une vidéo devenue virale montre un homme noir (hartani) faisant un massage à un maure (supposé être son maître). Avec un ton déconcertant, l’on voit ce dernier faire l’apologie de l’esclavage et se glorifier d’en posséder aujourd’hui encore et en jouir à sa guise. Cette scène qui a suscité beaucoup d’indignation (même si certains internautes prétendent qu’il s’agit simplement d’humour) illustre en réalité, un fait gravissime qui prévaut toujours en Mauritanie. En effet, l’esclavage en Mauritanie est une réalité persistante. Bien que la pratique soit officiellement abolie, elle continue de persister de manière clandestine dans le pays. Compte tenu de cette réalité inhumaine et indigne qui touche des milliers de personnes en Mauritanie, il est inacceptable même sur un ton humoristique, de banaliser ce fait. D’autant que les différentes lois promulguées ne sont quasiment jamais bien appliquées dans ce pays. Malgré la mobilisation des défenseurs des droits humains et l’arsenal juridique, peu d’esclavagistes sont en réalité inquiétés en Mauritanie. S’il ne sont pas inquiets, c’est justement à cause d’une idéologie mortifère reposant sur des croyances historiques, culturelles et religieuses qui justifient et perpétuent la pratique de l’esclavage. Ces croyances incluent des idées selon lesquelles certaines personnes sont destinées à être des esclaves en raison de leur origine ethnique, de leur statut social ou de leur ascendance. C’est pour cette raison que cette personne mise en cause doit être arrêtée pour l’apologie de l’esclavage et être sévèrement punie comme le prévoit le code pénal mauritanien.
L’instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants, lance le présent appel à proposition au profit des ONG de défense des victimes de la traite des personnes en Mauritanie.
Dans ce cadre, il est demandé aux ONG désireuses de bénéficier des subventions du fonds d’aide et d’assistance aux victimes de la traite des personnes de soumettre leurs projets dans un délai de 15 jours, à compter de la publication du présent appel.
1. Nature-des projets-soumis
Les projets soumis doivent concerner la prise en charge des victimes de
– L’esclavage ou les formes analogues à l’esclavage ;
– Le travail forcé ;
– L’exploitation sexuelle ;
– La mendicité forcée.
2. Conditions d’éligibilité
Les ONG candidates doivent remplir les conditions suivantes :
– Être légalement reconnue comme organisation non gouvernementale de droit mauritanien exerçant dans le domaine de la lutte contre l’esclavage ou l’une des autres formes de la traite des personnes telles que définies à l’article 2 de la loi no 2020/017 relative à la prévention et à la répression de la traite des personnes et la protection des victimes ;
– Avoir une expérience d’au moins de cinq (5) années dans le domaine de la lutte contre la traite des personnes ;
– Disposer d’un siège, de personnels et de rapports d’activités et de rapports financiers ;
– Assurer la prise en charge de victimes de la traite des personnes qui répondent aux critères d’éligibilité au ronds d’aide et d’assistance aux victimes de la traite des personnes.
Les dossiers de candidatures doivent être déposés auprès du secrétariat central de l’instance dont le siège est situé à l’adresse suivante : Ilot C, lot no 54 (Tel 36 65 26 28), au plus tard, le vendredi 26 avril 2024 à 17h00.
Nouakchott, le 26 mars 2024
Le Directeur de l’Instance Nationale de Lutte contre La Traite des personnes et le Trafic des Migrants
Le Conseil des ministres s’est réuni le mercredi 20 mars 2024, sous la présidence de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Le Conseil a examiné et approuvé le Projet de loi portant création du Tribunal Spécialisé de lutte contre l’Esclavage, la Traite de Personnes et le Trafic de Migrants.
Ce projet de loi vise à atteindre un ensemble d’objectifs et de principes, ayant trait à la bonne administration de la justice et à assurer plus d’efficacité dans le traitement des affaires d’esclavage, de traite de personnes et de trafic de migrants, et ce à travers l’introduction des réformes sur le nombre, la composition et le fonctionnement des cours spécialisées de lutte contre l’esclavage, instituées par la loi n° 2015-031 en date du 10 septembre 2015, portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes.
En effet, l’application de cette loi, depuis plus de huit ans, a révélé la nécessité de combler certaines lacunes, afin de surmonter les difficultés et obstacles qui handicapent son effectivité et réaliser les objectifs suivants :
‐ Harmoniser la réponse judiciaire nationale face aux phénomènes en question. En effet, les infractions d’esclavage, sont restées jusque-là, de la compétence de trois tribunaux spécialisés de lutte contre l’esclavage, au moment où la traite de personnes et le trafic illicite de migrants relevaient d’autres tribunaux ordinaires et non spécialisés ;
‐ Professionnaliser le traitement judiciaire des crimes d’esclavage, de traite des personnes et de trafic des migrants ;
‐ Renforcer la protection des droits de l’homme, conformément à la Constitution et aux engagements issus des instruments internationaux ratifiés en la matière ;
‐ Rapprocher la justice pénale des citoyens et des victimes de tels actes en particulier.
Le Conseil a également examiné et adopté les deux projets de décrets suivants :
‐ Projet de décret portant nomination du Président et des membres du Conseil d’Administration de l’Office National de Normalisation et Métrologie.
‐ Projet de décret portant nomination du Président du Parc National d’Awleigatt.
Le Ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur a présenté une communication relative à la situation internationale.
Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication relative à la situation intérieure.
Enfin, le Conseil a pris les mesures individuelles suivantes :
‐ Inspectrice à Inspection Générale Interne : Zeinebou Mint ABDEL KADER, précédemment Cheffe du Service Règlement au Département Comptable au Ministère de la Défense.
Administration Centrale
Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique
‐ Direction des Études, de la Règlementation et de la Coopération
Directeur Adjoint : Mohamed Ahmed OULD SIDI MOHAMED BIYA, Inspecteur Principal, Précédemment cadre à la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique.
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Réforme du Système Éducatif
Cabinet du Ministre
Président de la Commission de Passation des Marchés Publics : Idrissa KEBE.
Ministère du Pétrole, des Mines et de l’Énergie
Cabinet du Ministre
Président de la Commission de Passation des Marchés Publics : Dah OULD KHOUMBARA, Précédemment au même poste au Ministère de l’Education Nationale et de la Réforme du Système Éducatif.
Nous apprenons ce samedi 2 mars 2024, le décès de M. Bayi Diakhité , le chef de village de Mambri. Cette localité est réputée pour avoir accueilli plus de 1500 déplacés qui avaient été violentés et chassés de nombreux villages esclavagistes. C’était en début d’année 2019, leur seul tort, c’est avoir refusé les coutumes esclavagistes et féodales les humiliant affreusement depuis plusieurs générations. Ainsi ils avaient trouvé refuge et paix chez cet honorable monsieur et sa communauté. Selon le témoignage de M. Tougahe Touré, militant anti-esclavagiste gambana (issu des déplacés accueillis), le vieux Diakhité et ses proches ont été d’une grande générosité à leur endroit. Il raconte qu’à leur arrivée en grande détresse (plusieurs hommes, femmes et enfants) voir https://bamada.net/pratique-de-lesclavage-a-mambri-la-cndh-tire-la-sonnette-dalarme , le défunt quasi centenaire leur avait donné refuge tout en demandant aux populations locales de faciliter matériellement et socialement leur intégration (logements, terres cultivables, relations sociales…). À l’occasion de ce deuil qui frappe Mambri, nous présentons nos sincères et fraternelles condoléances à la famille de M. Diakhité et à l’ensemble de sa communauté villageoise. Nous rendons un grand hommage sa mémoire de grand humaniste par ses actes valeureux qui ont rendu dignité à plusieurs centaines de personnes chassées de leurs villages d’origine. L’Histoire retiendra. Paix éternelle à son âme. Ameen
3 mars 2024
Armepes-France, Ganbanaaxu Fedde Mauritanie et partenaires
Ici entouré par des cadres gambana Mali (Rmfp) dont le président M. Niaki Kanoute
مـــــــــبـــــــادرة انـــــبعـــــاث الحــــركـــــــة الإعـــــــــــــــــــــتاقـــــيـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــة
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENTABOLITIONNISTE (IRA)
RÉCÉPISSÉ N° FA 010000102912202100001
Avatars de l’esclavage et du racisme en Mauritanie
Chronique d’une liquidation préméditée
Ce qui suit est une mise au point, à l’attention des partenaires stratégiques de la Mauritanie.
1. Dès le mois de mai 2022, l’Etat a entamé une dynamique de harcèlement aux dépens du député de l’alternance, Biram Dah Abeid, candidat à l’élection du Président de la République en juin 2024. Aux campagnes mécaniques de diabolisation se substituent, assez vite, les menaces de mort et la volonté de l’exclure de la compétition. Le déclenchement de la stratégie de l’isolement revenait aux sécurocrates du renseignement et de la police politique. Le secrétaire général adjoint du gouvernement, Ishagh Elkenti et une pléthore de sous-fifres à lui affiliés inaugurèrent une inquisition que ne désavouerait le tribunal du Saint office, au Moyen-âge de l’Europe du sud. Chacun y est allé -et revenu – de sa séquence vidéo, pour alerter l’opinion hassanophone, quant à la nuisance de Biram Dah Abeid. Aux yeux des zélateurs et émules nombreux parmi la caste des anciens maîtres, le récipiendaire des prix internationaux de promotion des droits humains, de la démocratie et de la non-violence exécute l’agenda des juifs et des chrétiens, ennemis présumés de la Mauritanie, de son arabité et de sa religion. Nos compatriotes qui gardent un minimum de lucidité mémorielle établiront, ici, la comparaison avec les délires du nationalisme précurseur de la tentative d’épuration ethnique, de 1986 à 1991. A chaque moment décisif de la répression des noirs subsahariens dans notre pays, il s’avère d’usage récurrent de convoquer, ensemble, au banc des méchants perpétuels, l’Occident, les juifs, l’impérialisme et la progéniture de Satan. Ces menus reproches, où la perfidie enfle à souhait, mobilisent la facilité et le sens du raccourci en guise de fil conducteur à la propagande.
2. Equivalent dilué des émissions de haine sur les ondes de Radio mille collines durant le génocide des Tutsis au Rwanda, les séquences vidéo et audio de dénigrement tendent, à créditer, auprès de l’opinion hassanophone, la certitude que la revendication d’égalité selon l’Initiative de résurgence abolitionniste (Ira), secoue les équilibres fondateurs de la domination, dont la suprématie des tribus arabo-berbères et la continuité de leurs privilèges, bien à rebours de la loi et de l’éthique républicaine.
3. D’ailleurs, comble d’arrogance et de confiance en son impunité, un parent et partisan zélé de l’éminence grise du pouvoir, n’hésitera, à préciser, devant témoins, les termes de la dissuasion. Ainsi, le 11 mai 2022, en marge d’une visite de Biram Dah Abeid à Akjoujt, il déclarait : « mon cousin et le président Ghazouani, ne fonctionnent pas comme l’ancien président Mohamed Abdel Aziz; lui t’arrête et te libère en fin de compte mais le ministre de l’intérieur et le président actuel, vont te tuer si continues ton activisme malsain et moi qui te parle je pèse mes mots et te mets en garde ».
4. Le lendemain, à Atar, lors d’un congrès de Refondation pour action globale (Rag), alors interdit mais toléré au titre de l’ouverture et de l’apaisement initiés par le Chef de l’Etat, une unité de la police anti-émeutes investit la salle et déchire les banderoles, face à un public stupéfait d’une telle outrecuidance. L’aile dirigeante du mouvement d’émancipation assiste à l’effondrement de ses chances de reconnaissance formelle. Aussitôt, son leader, Oumar Ould Yali décide de suspendre sa participation au projet de dialogue inclusif.
5. A la suite du retrait, les meneurs de l’Union des forces de progrès (Ufp), Mohamed Ould Maouloud et maître Lô Gourmo, critiquent Rag et l’accusent d’avoir entraîné l’échec de la concertation avec la Majorité. Dès lors, attaques et dénigrement envers Biram Dah Abeid deviendront le point de convergence entre la formation et ses nouveaux alliés au sein du Pacte républicain. Le bricolage d’entente résulte, en 2023, de la défaite de l’opposition traditionnelle, aux élections des députés, conseillers de mairie et de région. L’Ufp, réduite à un score inférieur à 2% des suffrages perdait de son aura. En guise d’assurance-vie, il lui fallait s’accrocher à la remorque déjà surchargée de l’Insaf, le rassemblement des acteurs de la conservation et de l’opportunisme, héritier du Parti républicain démocratique et social (Prds), pendant la dictature du Colonel Ould Taya.
6. Pire, depuis le début de février, date de la révolte des paysans victimes de l’esclavage foncier à Rkiz, l’Ufp ne cesse d’imputer, au courant abolitionniste, les préparatifs d’une guerre civile, voire d’un projet « nazi » d’extermination des arabo-berbères. Grâce à quel armement, s’interrogerait un esprit rationnel et de bonne foi !? A l’appui d’une assertion tant fantaisiste, les détracteurs de Biram Dah Abeid, évoquent le moment historique où il procéda, en 2012, à l’incinération des livres de droit musulman qui légalisent et organisent l’infériorité du serviteur noir, à proximité de son propriétaire noble. Le discours de la panique et du takfir s’adresse, comme d’habitude, aux officines gardiennes du statu quo, en l’occurrence l’orgueil des clans et l’obscurantisme salafi, deux obédiences hier hostiles l’une à l’autre, avant leur union sous la bannière de la résistance à la demande massive d’égalité et de répartition équitable des ressources.
7. Alors, dernier épisode du processus de marginalisation en cours, Mohamed Ould Mouloud, porta plainte, contre Biram Dah Abeid, au grief diffamation. Aussi, le 20/02/2024, sacrifiant à une célérité exceptionnelle, le Bureau du Parlement, vota la levée de l’immunité du député, ultime acte sur le chemin de son éviction de l’échéance présidentielle. Non content de prendre le risque de le priver de parrainages, le pouvoir du moment vient de privilégier l’instrumentalisation de la justice, afin d’obtenir le même résultat, par un procédé moins brutal.
8. Voici pourquoi et comment la lutte n’en est qu’à ses prémisses. Nous la mènerons, à son terme, sans jamais tomber dans le piège de la diversion ni renoncer aux moyens pacifiques de notre relèvement.
Nouakchott, Commission de la communication, 23 février 2024
Ces derniers temps, les images montrant des graves blessures sur des personnes d’ascendance dite esclave et des militants anti-esclavagistes abondent dans les réseaux sociaux et dans différents communiqués de l’association abolitionniste IRA-Mauritanie. En effet à Rkiz (Région de Trarza) une affaire d’expropriation des terres par la haute sphère tribale au détriment de gens considérés comme de relégués sociaux, qui défraie l’actualité est à son paroxysme. Selon différentes sources rapportées par des Ong abolitionnistes, un ordre tribal local en connivence avec des relais politico sécuritaires de l’Etat, sévit contre des membres de la communauté haratine qui tiennent à leurs parcelles de terres dans cette localité. Le député national M. Biram Dah Abeid et ses collègues du mouvement abolitionniste IRA-Mauritanie sont sur le terrain auprès des victimes qui font face à des graves violations des droits humains, notamment avec une violente répression policière ces derniers jours. Par ailleurs il y a eu des menaces proférées par un ténor tribal via des notes vocales contre la personne du député Biram parce qu’il plaide la cause de victimes de ces expropriations. Ainsi nous, l’association Ganbanaaxu Fedde, Armepes-France et partenaires, tenons à : – exprimer notre solidarité avec les victimes de Rkiz grièvement blessés et leur souhaiter prompt rétablissement, – dénoncer les violences perpétrées par les forces de l’ordre à l’encontre de citoyens pacifiques qui réclament leurs droits légitimes et les menaces sur la personne de l’honorable député Biram Dah Abeid, – interpeller les hautes autorités mauritaniennes sur les problématiques liées au foncier notamment la tenure féodalo-esclavagiste qui prévaut injustement dans différentes localités de notre pays, – signaler que le cas de Rkiz est une donnée symptomatique d’une injustice qui affecte les descendants d’esclaves concernant le foncier et les pouvoirs publics voguent dans une certaine duplicité par rapport à l’application juste du code foncier réactualisé. Les descendants d’esclaves doivent être considérés comme des citoyens de plein droit et non encartés comme une propriété d’une tribu quelconque qui les sous-traite socialement, administrativement et politiquement et bafoue leurs droits légitimes.
10 février 2024
Ganbanaaxu Fedde Mauritanie, Armepes-France et partenaires.
● Photos jointes : crédit par les militants abolitionnistes IRA-Mauritanie
Senalioune – Au cours de la première semaine de février 2024, la localité de R’kiz, dans la région de Trarza, a été le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les paysans descendants d’esclaves.
Ces troubles ont éclaté à la suite d’une redistribution contestée des terres cultivables, perçue comme injuste par les paysans, qui accusent les autorités de favoriser la féodalité locale au détriment de leurs droits légitimes.
Les affrontements ont entraîné plusieurs arrestations, y compris celles de militants des droits de l’homme venus soutenir les paysans dans leur lutte pour la justice foncière. Des événements similaires avaient été observés dans les localités de Ŋawle et Ferralla quelques années plus tôt.
De plus, des enregistrements audio attribués à un chef de tribu local ont révélé des menaces de mort publiques à l’encontre du député Biram Dah Abeid, un acte inacceptable constituant une atteinte grave à la liberté d’expression et à la sécurité des défenseurs des droits de l’homme.
Cette situation reflète une tendance alarmante d’accaparement des terres rurales en Mauritanie, où des individus influents liés au pouvoir exploitent leur position pour spolier les populations autochtones de leurs terres, souvent avec la complicité des représentants de l’État. Ces pratiques non seulement violent les droits fondamentaux des paysans, mais elles menacent également la stabilité et la paix civile dans le pays.
Mauritanian Network for Human Rights in US condamne fermement toutes ces violations des droits de l’homme et appelle les autorités compétentes à agir immédiatement en prenant les mesures suivantes :
Mettre fin à l’accaparement injuste des terres de la paysannerie à R’kiz et à travers tout le territoire national, en enquêtant sur les pratiques de spoliation et en punissant les responsables, y compris les représentants de l’État complices.
Engager des poursuites judiciaires contre l’individu ayant proféré des menaces de mort à l’encontre du député Biram Dah Abeid, afin de garantir la sécurité et l’intégrité physique de tous les représentants élus et défenseurs des droits de l’homme.
Libérer immédiatement tous les manifestants emprisonnés et veiller à ce qu’ils recouvrent l’intégralité de leurs droits, y compris le droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique.
Mauritanian Network for Human Rights demeure vigilant et engagé dans la défense des droits fondamentaux de tous les citoyens mauritaniens, et continuera à surveiller la situation de près, en collaboration avec les organisations nationales et internationales compétentes, jusqu’à ce que justice soit rendue et que ces violations cessent définitivement.
Mauritanie : Esclavage foncier, spoliation et coercition Note d’information, Nouakchott, février 2024
1. Du 31 janvier au 4 février 2024, refusant d’accepter le partage léonin de terres en friche, des cultivateurs de Rkiz, tous descendants d’esclaves de la tribu Tajakant, s’interposaient, sur le chantier de viabilisation des parcelles. Leur mouvement ne tarda à bloquer le travail des engins de terrassement. Comme à son habitude la gendarmerie arriva en renfort, après 11h du matin. Elle procéda à quelques charges de matraques et de grenades lacrymogènes. La liste des arrestations comprend 11 hommes et 7 femmes. Il s’agit de Cheikh Ahmedou Mabrouk, Elhadj Elid, Yarg Brahim Beyou, Alioune Maouloud, Cheibani Zeid, Abdel Moutaleb Boidiel, Mohamed Werzeg Baye, Abdou Mboirkat, Moustapha Beuh Awbeck, Cheikh Zeid, Abdallahi Yehdhih, Mouhamed Abdallahi Mabrouk, Ahmed Yehdhih, Souleymane Brahim Baye, Zeinabou Mabrouk, Sarra Bah, Maimouna Yacoub, Khadijetou Samba, Mah Werzeg, Khadijetou Sabar, Aichetou Awbeck…
2. Le 3 février, à la faveur de messages audio sur l’application WhatsApp, l’un des meneurs de la contre-révolution locale, dont le zèle est à l’origine de la colère des populations lésés, formule des menaces de mort à l’endroit du député Biram Dah Abeid. L’auteur de la tentative d’intimidation confirme son identité, non sans orgueil : (7) ال منكم يعرف هذا المخلوق يقول عنو فظيمه… – Hassane M’Bareck Eidja | Facebook
3. Le lundi 5 février, une manifestation de solidarité avec les détenus rassemble des dizaines de volontaires. La répression violente occasionne, aussitôt, les blessures graves de Djiby Lemine et de Lemrabott Mahmoud, encore retenus au centre de santé. La zone subit une situation d’exception, face à un impressionnant dispositif de véhicules anti-émeute et d’hommes en uniformes, lourdement armés.
• Un contexte explosif
Le département est distant de 100 km de la ville de Rosso, chef-lieu de la région du Trarza, frontalier du Sénégal. La localité abrite surtout de populations serviles qui pratiquent l’agriculture et les activités pastorales, autour du lac Rkiz. L’espace de culture reste l’unique source de revenu de milliers de paysans Hratine. Depuis plusieurs années, ils attendent que l’Etat délimite les périmètres, pour les livrer aux vrais travailleurs des champs. Or, selon une jurisprudence bien établie dans le quotidien protéiforme des discriminations de naissance, la distribution des lots a été biaisée de bout en bout. Ici et ailleurs en république islamique de Mauritanie, la répartition du foncier rural profite, in fine, à la même ethnie. La loi de fait demeure immuable, en dépit des changements de régime.
• Le soubassement
Par atavisme et sentiment de supériorité, ceux-là répugnent aux travaux pénibles des champs. Partout, au travers du territoire, les litiges se multiplient, à mesure que la hausse de la démographie et l’allongement de l’espérance de vie créent davantage de besoins vitaux, en particulier la demande exponentielle d’alimentation. En l’espèce et malgré leur nombre nettement supérieur, les Hratine reçoivent 13 hectares sur 128. Ils deviennent alors une fraction de la tribu, ainsi que les 9 autres, d’où l’inégalité retentissante du découpage. La surconsommation de ressources non-renouvelables de la nature et l’entrisme des entrepreneurs de l’agro-business – y compris étrangers – révèlent l’ampleur et l’acuité des conflits liés à l’exploitation du sol. Pourtant, de tout temps, IRA alerte le gouvernement et la société civile, quant au caractère fragile des relations entre les communautés autochtones et leurs anciens seigneurs. A l’origine régie par les règles de l’esclavage et du système de caste, la tenure traditionnelle constitue, aujourd’hui, une bombe à retardement. Elle ne correspond plus aux nécessités de l’Etat de droit ni à la délicate préservation de la paix, dans un environnement aussi trouble que le Sahel.
• La provocation de trop
Or, en guise de provocation, le gouverneur de région et le procureur du tribunal de Rosso vinrent à Rkiz, à la tête de plusieurs unités de la Police et de la Garde. Le déploiement dissuasif des forces de maintien de l’ordre féodal et des délégués du pouvoir remplit une mission : la démonstration doit permettre, aux Maures, citoyens de première catégorie en Mauritanie, d’aménager, sous la protection de la contrainte publique, les terrains à eux indument dévolus. Cette politique de l’imprudence et de l’avantage sans cesse accordé à la sacralisation du fait accompli, dénote un dysfonctionnement dangereux de la gouvernance et quelque amateurisme au règlement des contradictions à l’intérieur de la société. Tant de légèreté et d’inconscience porte atteinte à la paix civile, d’où la présente alerte, à quelques mois de l’élection du Président de la République, temps généralement consacré à promouvoir l’apaisement et la retenue.
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