● Communiqué de presse Hommage à la présidente Fatimata Mbaye – [IRA-Mauritanie]

Initiative de Résurgence Abolitionniste(IRA)

Communiqué de presse
Hommage à la présidente Fatimata Mbaye

Initiative de Résurgence Abolitionniste (IRA) se félicite et félicite les organisations et activistes des droits de l’Homme en Mauritanie à l’occasion de la nomination de la présidente Fatimata Mbaye à l’occasion de sa nomination par le secrétaire général des Nations-Unies comme membre du Conseil d’administration du fonds des contributions volontaires des Nations-Unies sur les formes contemporaines d’esclavage. IRA souhaite beaucoup de succès à maître Fatimata Mbaye, défenseuse déterminée, pleine de constance et d’abnégation contre des différentes et multiples violations des droits et dignité de personnes en Mauritanie. La présidente de l’AMDH (Association Mauritanienne des Droits de l’Homme) a été non sans courage et désintéressement total, avec toutes les victimes dont les nombreuses vagues de détenus d’opinion parmi les rangs de l’ONG IRA au fil des années.
Nous remercions vivement les différentes instances des Nations-Unies dont le secrétaire général, de cette reconnaissance très largement méritée.

Nouakchott, 10 octobre 2023

La commission de la communication

● Flash info | L’avocate mauritanienne Fatimata Mbaye nommée dans une instance onusienne sur l’esclavage

L’information est parue ce 9 octobre 2023 dans la page Facebook UN Human rights – Mauritanie https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=703348801827093&id=100064559387578 . La célèbre avocate mauritanienne très avisée sur les questions liées à l’esclavage et ses manifestations, Maître Fatimata Mbaye est nommée par le SG des Nations unies « comme membre du conseil d’administration du fonds des contributions volontaires sur les formes contemporaines d’esclavage » selon la teneur de la publication.

Une promotion bien méritée pour une pertinente et constante porte-voix des causes justes en Mauritanie. Elle est largement félicitée par la sphère 2.0 de l’opinion publique mauritanienne pour cette nomination.

Nous lui souhaitons un très bon mandat avec plein de succès dans ses missions dédiées.

Ci-dessous l’intégralité du post Facebook : « Félicitations à Maître Fatimata Mbaye pour sa nomination par le Secrétaire General des Nations Unie comme membre du conseil d’administration du fonds des contributions volontaires des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage. Son mandat de trois ans a débuté le premier octobre 2023. Nous lui souhaitons beaucoup de succès dans ses fonctions et ce role très important.

Grâce à ses subventions accordées aux organisations de la société civile, le Fonds permet à des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants victimes de l’esclavage dans le monde de bénéficier entre autres d’une assistance humanitaire, psychologique, sociale, juridique, médicale et financière. »

KS pour le BLOG

● Mauritanie : Discriminations, obscurantisme, duplicité

Le CalameA. Saad Bouh ould Tourad, 35 ans, marié 4 enfants

Arrêté depuis le 12 juillet 2023 par la police d’Atar (centre nord de la Mauritanie), il sera jugé et condamné, le 11 septembre 2023, à 3 ans de privation de liberté, devant le tribunal de première instance de la ville où il purgeait sa détention préventive.

Les charges retenues contre lui sont « atteinte à la prière de vendredi, aux salutations sur le Prophète et non-respect des symboles islamiques » ; la dernière mention désigne la mosquée. Saad Bouh est incarcéré, à la prison civile du chef-lieu de la région de l’Adrar, en compagnie des délinquants. Un moment fermé, son site touristique, parmi les plus appréciés, accueille, de nouveau, la clientèle.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le futur prévenu plaisantait, avec ses amis, quand ils l’invitaient à l’exercice de la dévotion hebdomadaire. Il déclarait : « j’y vais pour faire plaisir à cette délégation venue me voir ; je veux savoir ce qu’il m’arrivera de nouveau mais à la condition de ne pas m’acquitter de plus de deux prosternations ».

A la remarque de son compagnon qui authentifie le chiffre cité, il réplique, sur le ton de la taquinerie : « ah, j’ai peur que ce soit 6 ou 7 ». Saad Bouh n’a pas nié les faits à lui reprochés mais conteste leur pénalisation…

B. Marieh mint Cheikh ould Awbed, 19 ans, célibataire, sans progéniture

Enlevée, du domicile de ses parents à Atar, le 18/07/2023 à 14h 17mn, par des éléments de la brigade de gendarmerie, elle est déférée, à Nouakchott, dès après 19h. Les griefs retenus à ses dépens s’intitulent « atteinte à l’intégrité morale du prophète », autre qualification du blasphème. Le lieu de détention demeure indéterminé et elle ne dispose d’avocat, pas même commis d’office. Un enseignant chargé de la correction des épreuves du baccalauréat technique, lui avait imputée une copie de dissertation insultante envers le Messager de l’Islam.

De son propre chef, le témoin diffuse la copie du texte manuscrit, sur l’application Facebook et déclenche, ainsi, une campagne de haine et d’appels au meurtre, réclamant l’exécution de la susdite. Quelques jours plus tard, le dénonciateur se retrouve lui aussi aux arrêts, pour avoir propagé un écrit anti-religieux. Marieh, réputée élève autiste, réfute l’accusation et revient sur les aveux extorqués sous la pression des enquêteurs, en l’absence d’assistance judiciaire. Elle attend son procès et encourt la liquidation physique.

C. Youba Siby ould El Ghoth, 49 ans, marié, 4 enfants

Il fut interpellé, le 15 septembre, par la police du Sénégal, dont il est citoyen ; l’activiste, auteur d’envolées radicales contre les survivances de l’esclavage et la supériorité envers les africains subsahariens de Mauritanie, est aussitôt livré, aux autorités de son pays d’origine.

Depuis, sans possibilité de communiquer avec sa famille ou d’un éventuel conseil, il séjourne, à l’isolement, dans les locaux de la Direction générale de la sûreté nationale (Dgsn), au centre de la capitale, Nouakchott. Il est reproché à Youba Siby, des audio sur les groupes de discussion WhatsApp où il s’en prend, nommément, à des personnalités de l’Etat et à leurs familles.

Son inculpation est imminente, en vertu de la loi n° 2018-023 du 21 juin 2018 portant incrimination de la discrimination. Selon nombre d’associations de défense de la dignité humaine, le texte assimile, la contestation de l’ordre établi, aux discours de stigmatisation et d’appel à la violence.

Il importe de le préciser, la facilité avec laquelle le gouvernement du Sénégal livre l’un des ressortissants à un Etat tiers, relève, semble-t-il, de la réciprocité ; ainsi, le 5 août 2023, la Mauritanie, à la demande du parquet de Dakar, extradait Maître Juan Branco, avocat de l’opposant Ousmane Sonko. Dans les deux cas, il a été constaté l’usage des menottes, pendant le voyage, jusqu’à destination.

Observations :

1. Les trois justiciables sont des Hratine, le groupe des descendants d’esclaves, sans doute le plus important, du point de vue de la démographie. Située au plus bas de la stratification de caste, bien en dessous de divers cadets sociaux tels les tributaires, les forgerons-artisans et les griots, la main d’œuvre servile aspire à sa pleine émancipation, d’où la récurrence de son frottement conflictuel au statu quo. Cependant, en comparaison des multiples composantes de la société, les Hratine demeurent vulnérables à l’application du droit. L’ensemble des statistiques disponibles témoigne de leur surreprésentation au sein de l’espace carcéral. De surcroît, les pratiques de l’esclavage traditionnel ayant été validées et perpétuées, durant les siècles, à partir de la doxa sunnite de rite malékite, la contestation d’une telle source entraîne la remise en cause, par les victimes, de l’usage du sacré au service de leur relégation.

2. A la différence du Sénégalais Youba Siby, Saad Bouh et Marieh, citoyens mauritaniens, sont poursuivis selon les prescriptions de l’article 306 du code pénal 1. Tel que révisée puis adoptée, le 27 avril 2018, au terme du vote des députés, la norme « prévoit que tout musulman coupable d’apostasie ou de blasphème sera condamné à mort dès son arrestation sans possibilité de formuler une demande de clémence fondée sur le repentir 2 ». D’ailleurs, des aliénas sanctionnent, d’un châtiment identique, le refus de prier ou l’atteinte à la réputation des anges (sic).

3. La Mauritanie, alliée du Monde libre, destinataire de son aide au développement et îlot de stabilité en Afrique, reste, pourtant, l’une des dernières aires d’Afrique et du monde arabe où les inégalités de naissance et leur legs de différences statutaires imprègnent la sociabilité de tous les jours. Singularité supplémentaire, ce membre de la coalition antiterroriste G5 Sahel, – dont le territoire abrite le Secrétariat exécutif et le collège de formation – s’est doté des mêmes lois que les franchises sahéliennes d’Alqaïda et de l’Etat islamique. Si l’une des deux y prenait le pouvoir, elle s’abstiendrait, certainement, de durcir l’arsenal juridique. A Nouakchott, le droit et les tribunaux sont prêts à accueillir l’avènement du Califat.

Liens connexes

https://www.hrw.org/fr/news/2020/10/19/mauritanie-liberer-des-activistes….

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/mauritanie-l-ex-condamne-a-mort-pour-

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/17/mauritanie-le-blasphem…

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1 « « Toute personne qui aura commis un outrage public à la pudeur et aux mœurs islamiques ou a violé les lieux sacrés ou aidé à les violer, si cette action ne figure pas dans les crimes emportant la Ghissass ou la Diya, sera punie d’une peine correctionnelle de trois mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 50.000 à 600.000 ouguiya (soit 1428 euros, ndt). Chaque musulman, homme ou femme, qui se moque ou outrage Allah ou Son Messager (Mahomet) – Paix et Salut sur Lui – ses anges, ses livres ou l’un de ses Prophètes est passible de la peine de mort, sans être appelé à se repentir. Il encourt la peine capitale même en cas de repentir. Tout musulman coupable du crime d’apostasie, soit par parole, soit par action de façon apparente ou évidente, sera invité à se repentir dans un délai de trois jours. S’il ne se repent pas dans ce délai, il est condamné à mort en tant qu’apostat, et ses biens seront confisqués au profit du Trésor. Toute personne coupable du crime d’apostasie (Zendagha) sera, à moins qu’elle ne se repente au préalable, punie de la peine de mort. Tout musulman majeur qui refuse de prier tout en reconnaissant l’obligation de la prière sera invité à s’en acquitter jusqu’à la limite du temps prescrit pour l’accomplissement de la prière obligatoire concernée. S’il persiste dans son refus jusqu’à la fin de ce délai, il sera puni de la peine de mort. S’il ne reconnaît pas l’obligation de la prière, il sera puni de la peine pour apostasie et ses biens confisqués au profit du Trésor public. Il ne bénéficiera pas de l’office consacré par le rite musulman ».

2 Communiqué de presse des Nations unies, « Peine de mort : des experts de l’ONU exhortent la Mauritanie à abroger la loi anti-blasphème », New York-Genève, 7 juin 2018

©️ Source en lien https://cridem.org/C_Info.php?article=768856

● Portrait « cash » du Blog | Monsieur Seyré SIDIBE, une plume journalistique au service de l’humanisme


En matière de contenu journalistique dans l’arène médiatique francophone en Mauritanie, le Directeur de publication du site Web OndeInfo fait partie de plumes percutantes et portées dans une dynamique généraliste et surtout droit-de-l’hommiste.

Le natif de Selibaby dans la région du Guidimagha (Sud mauritanien), M. SIDIBÉ est une voix humaniste qui éveille et interpelle l’opinion publique à propos de diverses thématiques sociales et politiques.

Habitué intrépide à un langage juste et futé sur les problématiques liées aux injustices sociales dans le pays et en particulier au sein de son groupe sociolinguistique, les soninké, il est un journaliste engagé qui œuvre résolument pour la promotion des valeurs citoyennes, d’égalité et pour un réel changement des mentalités.

Il dénonce inlassablement l’esclavage chez les Soninké que d’aucuns appellent féodalité ou système de caste, somme toute une légitimation de l’injustice et la discrimination dans un pays où en théorie les pratiques esclavagistes sont criminalisées.

Un tel engagement est mal vu et même combattu par les suprematistes et théoriciens de l’inégalité des hommes à la naissance. On est tenté de dire que ses prises de positions lui ont causé de torts professionnellement.

Nous lui consacrons cette modeste contribution retraçant un portrait sommaire de son poids intellectuel conséquent pour l’avènement d’une cohésion nationale et communautaire sur de références de justice et d’égalité.

Nos vifs encouragements à lui pour cet investissement droit-de-l’hommiste très louable. À lire ici jointes quelques-unes de ses publications :

https://ondeinfo.com/racisme-et-feodalite-laddition-est-trop-salee/

https://ondeinfo.com/la-lutte-contre-lesclavage-une-nouvelle-variable-electorale-et-democratique/


https://ondeinfo.com/entretien-avec-gaye-traorepresident-de-ganbanaxu-feddeentretien-avec-gaye-traore/

https://kassataya.com/2022/05/29/lapologie-feinte-de-lesclavage-par-lalibi-culturel-par-seyre-sidibe/


https://ecrit-ose.blog/2023/09/06/%e2%97%8f-le-prochain-dictateur-est-parmi-nous-par-le-journaliste-seyre-sidibe/

https://ecrit-ose.blog/2023/09/20/%e2%97%8f-le-panafricanisme-devoye-par-le-journaliste-seyre-sidibe-ondeinfo/


https://ondeinfo.com/la-primaute-de-la-condition-sociale-sur-la-langue/

https://www.chezvlane.com/De-la-linguistique-pour-expliquer-l-existence-ou-la-persistance-de-l-esclavage-coutumier-chez-les-Soninkes-du-Guidimakha_a24321.html

✍️🏿KS pour le BLOG

● Commissaire aux Droits de l’Homme : Des mesures efficaces prises pour lutter contre les pratiques esclavagistes

Le Commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile, M. Cheikh Ahmedou Ould Ahmed Salem Ould Sidi, a expliqué que la Mauritanie a pris un certain nombre de mesures efficaces pour lutter contre diverses pratiques esclavagistes et punir leurs auteurs.

Il a ajouté, dans un discours qu’il a prononcé, lundi à Genève, lors d’un dialogue interactif avec le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage devant la cinquante-quatrième session du Conseil des droits de l’homme, que ces mesures comportent l’adoption d’une législation nationale qui criminalise et punit les pratiques d’esclavage, la création de tribunaux spécialisés dans la lutte contre ces pratiques et la mise en œuvre d’un plan d’action national pour lutter contre la traite des êtres humains et créer un organisme national de lutte contre la traite des êtres humains et le trafic de migrants.

De même, un comité ministériel de haut niveau a été mis en place pour lutter contre la traite des êtres humains et un comité technique pour suivre la mise en œuvre des recommandations du rapporteur spécial émises dans son rapport sur la visite qu’il a effectuée dans notre pays l’année dernière.

Au cours de cette visite, M. Tomoya Obokata il a été informé des progrès réalisés en Mauritanie dans le domaine de la lutte contre les formes contemporaines d’esclavage.

Le Commissaire aux Droits de l’Homme, a déclaré que l’ambition du gouvernement mauritanien est que notre pays soit un modèle dans la sous-région en matière de protection et de promotion des droits de l’Homme.

Voici le texte intégral de ce discours :

«… Madame la Présidente ; Mesdames et Messieurs;

Je voudrais commencer par féliciter, au nom du Gouvernement de la République islamique de Mauritanie, M. Tomoya Obokata, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences, pour l’exposé exhaustif qu’il a fait devant nous aujourd’hui, au sujet de la visite qu’il a effectuée dans notre pays entre le 4 et le 13 mai 2022. Je le remercie également pour son professionnalisme et son interaction positive avec nous tout au long de la visite.

Tout en partageant avec le Rapporteur spécial la plupart des conclusions auxquelles il est parvenu et des recommandations qu’il nous a présentées, après avoir examiné, de près, les progrès évidents réalisés dans le pays dans le domaine de la lutte contre l’esclavage sous toutes ses formes, nous affirmons l’existence d’une volonté politique forte, constante et rigoureuse d’éliminer tous les phénomènes résultant de mentalités et de pratiques surannées, y compris l’esclavage sous toutes ses formes, en application des directives de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Forts de cet engagement, nous avons réalisé d’importants progrès dans ce domaine, comme l’a indiqué le Rapporteur spécial dans le rapport, notamment à travers l’adoption et la mise en œuvre du Plan d’action national de lutte contre la traite des êtres humains, dont nous mentionnons :

-Le renforcement de l’arsenal juridique national à travers l’adoption et la mise en œuvre de textes législatifs en adéquation avec les normes et accords internationaux ratifiés par la Mauritanie, notamment les lois 031/2015 et 017/2020, respectivement, criminalisant l’esclavage et la traite des personnes ;

-L’intensification des campagnes de sensibilisation et des formations à ces législations sur l’ensemble du territoire national, ciblant les autorités administratives, judiciaires et sécuritaires, mais aussi la société civile et le grand public ;

-La consolidation du principe de la lutte contre l’impunité, en dynamisant l’action des juridictions compétentes, en renforçant leurs capacités et en rendant des décisions judiciaires dissuasives à cet égard ;

-La publication d’une circulaire ministérielle conjointe entre les ministres de la Justice, de l’Intérieur et de la Défense, pour orienter et exhorter les autorités compétentes à accorder une attention particulière aux questions d’esclavage et de traite des êtres humains, et à traiter sans délais et de manière décisive les plaintes et les cas signalés ;

-L’accompagnement par le Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile des victimes de crimes d’esclavage et de traite des êtres humains dès le début de la procédure publique et leur soutien aux plans financier et social ;

Doter le Commissariat d’un mécanisme d’exercice des droits civils dans les procédures judiciaires liées aux pratiques esclavagistes, afin de poursuivre les procédures judiciaires même en cas de désistement de la partie civile ;

-Établissement d’une cellule de suivi conjointe entre le ministère de la Justice, le Commissariat aux droits de l’homme et le Parquet, afin de contrôler et de dénombrer les dossiers portant sur l’esclavage et la traite des êtres humains devant la justice.

Cela a permis d’élaborer et de développer une base de données précise regroupant 106 dossiers en cours pour l’année 2022-2023, dont 57 dossiers dans lesquels des décisions judiciaires ont été rendues, avec 98 prévenus, dont 55 ont été condamnés à une peine d’emprisonnement ferme, 15 à une peine de prison avec sursis et 1 à des peines alternatives à l’emprisonnement.

Quant aux dossiers pour lesquels aucune décision judiciaire n’a été rendue, il y en a 49, portant sur 82 accusés, dont 41 en détention provisoire.

Madame la Présidente ; Mesdames et messieurs;

Comme point culminant de ce qui précède, l’Autorité nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants a été créée et activée, avec les objectifs suivants :

-Gérer le Fonds de soutien et d’assistance aux victimes de l’esclavage et de la traite des personnes ;

-Mettre en place un mécanisme national d’identification, et d’orientation des victimes afin de les protéger et de les prendre en charge ;

-Développer et gérer une base de données basée sur des statistiques et des informations liées à la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants ;

-Coordonner de manière efficace entre les différents acteurs et parties prenantes.

Je vous informe également que mon gouvernement a formé un comité ministériel de haut niveau pour lutter contre la traite des êtres humains, dirigé par Son Excellence le Premier ministre, et a créé un comité technique pour suivre la mise en œuvre des recommandations émises par le Rapporteur spécial suite à sa visite, objet du rapport.

Enfin, nous vous assurons que notre ambition est que la Mauritanie devienne un modèle dans la sous-région en matière de droits de l’homme. Nous affirmons également notre engagement à poursuivre et à renforcer l’interaction positive avec les différents mécanismes du Conseil des droits de l’homme.

Merci et que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient sur vous ».

©️ Source en lien https://ami.mr/fr/archives/229906

● Qui peut éteindre l’Amour, cette flamme divine ? | Par le journaliste Seyré SIDIBE

Dans de nombreuses sociétés traditionnelles Africaines féodales l’Amour est sacrifié sur l’autel du respect de la tradition, celle du diktat des castes.

L’ Amour, cette énergie, cette lumière, cette force intérieure indomptable et inaliénable dont le secret et le mystère relèvent seulement de la puissance céleste est attaquée de toute part, par des marchands de l’inégalité des hommes à la naissance .

Selon cette théorie, les hommes sont différents, certains seraient nés purs alors que d’autres auraient eu la malchance ou la poisse d’être venus au monde frappés du signe de l’impureté.

Ce dogme qui se permet de hiérarchiser les hommes au sein d’une même communauté – des Hommes qui partagent la même langue, la même culture et présentent les mêmes traits physiologiques – est nourri par toute une littérature féodale et inégalitaire qui crée la peur chez ceux qui veulent s’émanciper de cet état d’esprit.

On peut entendre ici et là, « si vous épousez une esclave, une forgeronne, une cordonnière, une griote etc., la malédiction s’abattra sur vous ».

En clair, tout amour entre deux personnes doit obéir à ce principe de « correspondance et d’équivalence » sociales, toute tentative de transgression vous expose aux malheurs et au bannissement.

Telle est la rhétorique utilisée pour hypnotiser les esprits et les corps de ceux qui veulent écouter leurs sentiments : la liberté d’aimer.

Les délires du système de castes

Aussi paradoxal que cela peut être, la même société qui conditionne les liens de mariage au respect de castes, cautionne tambour battant, le mariage entre un des leurs avec un Blanc, en dépit de la différence de cultures, et le plus souvent au mépris des conditionnalités religieuses qui régissent ce genre d’union en islam.

Est-ce un complexe ou un mépris pour soi-même ?
On a souvent vanté la solidarité des sociétés Africaines, est-ce cela la solidarité ?
Donnez l’opportunité à l’étranger, un inconnu d’intégrer la communauté ou la société tout en maintenant de manière curieuse et provocante, son prochain dans un statut stigmatisant, rabaissant et pitoyable ? Quel est cet humanisme-là ?
L’Amour vaincra et triomphera. En effet, aimer l’autre est une manifestation du pouvoir divin qui transcende les calculs hégémoniques de l’ordre féodal.

Des vies gâchées et des coeurs brisés

Chacun peut donner des exemples autour de lui, dans sa famille ou un proche qui a payé les frais de cette tradition basée sur le système de castes.

Je connais personnellement des jeunes filles à qui on a « empoisonné » la vie et l’existence, par ce que contraintes de se marier avec un cousin ou toute autre personne, pour dit-on faire respecter cette » équivalence dans les castes ».

Certaines ont encore la malchance de tomber sur un vieil homme qui a souvent l’âge de leur père. Comme pour se révolter, cette situation traumatisante les pousse à mener une double vie, au renoncement à la vie tout simplement.
Elles se métamorphosent deviennent aigries, pleines de rancoeurs et finissent par transmettre les germes de cette frustration à leur progéniture après avoir raté leur éducation.

Alors qu’elles auraient pu être heureuses et épanouies dans les bras de celui qu’elles ont aimé, mais ce dernier est disqualifié par la famille et le poids de la tradition pour « incompatibilité de castes ».

Il y a également beaucoup d’hommes qui ont payé les frais de leur » liberté sentimentale » les conduisant à aimer en dehors de leur cercle.
Soit, ils résistent pour vivre leur amour, auquel cas; la sentence est sans appel : ils sont excommuniés.
Ou encore, ils se résignent en renonçant aux injonctions de leur coeur, et se lancent dans une épreuves de substitution pour tourner la page.

Pour d’autres, le refus de valider leur union ouvre la voie à un amour dans la clandestinité et illégitimité.

Cette tradition d’un autre âge a fait beaucoup de victimes et continue encore d’en faire.
N’eût été ce système de castes, certaines femmes aujourd’hui mariées à certains hommes seraient les épouses d’autres hommes plus valeureux, plus galants et plus honnêtes. Elles auraient connu l’Amour et ses délices. Mais hélas !

Il en va de même pour les hommes, certains seraient mariés à d’autres femmes meilleures que celles qu’ ils ont mariées par respect à la tradition. Ces derniers aussi auraient eu la chance de jouir pleinement de la vie .

L’Amour est rebelle et indomptable

Dans ce complot ourdi contre les sentiments, la grande victime est bien évidemment l’Amour. Cependant, ces femmes et ces hommes qui se sont aimés mais séparés par le respect à la tradition du système de castes, continueront toujours à avoir le béguin l’un pour l’autre et ce jusqu’à la fin des temps. On ne peut « tuer » l’Amour.

En effet, l’Amour est une flamme que personne ne peut éteindre. Elle s’est allumée d’elle-même et s’étendra d’elle-même.

Le choix du futur époux de votre fille ou de la future femme de votre fils dépendra grandement du milieu qu’il ou qu’ elle fréquente. L’environnement, c’est le cadre, c’est le contexte plus déterminants que la culture. Il découle de la réalité et du vécu, ces derniers restent déterminants dans l’orientation des sentiments.

J’ajouterai : « vous avez choisi votre partenaire, selon les usages de votre temps, vous ne pouvez pas choisir l’âme soeur pour votre fils ou fille au mépris de la morale de son époque ».

L’Amour, c’est avant tout une affaire de sentiments qui a une dimension intime, personnelle et loyale mais susceptible d’être travestis dès qu’il y a ingérence.

Seyré SIDIBE

● Esclavage en Mauritanie, quand l’impunité devient un mode opératoire supervisé par l’Etat sous la pression des tribus [futureafrique]

Victime de propos esclavagistes et avilissants, Moussa Bilal, un ressortissant de Boutilimit était hors de lui, lors de la conférence de presse qu’il avait animée, lundi 11 septembre 2023, en compagnie du député et président de l’ONG IRA-Mauritanie, Birame Dah Abeid.


La personne contre laquelle il avait porté plainte, également natif de Boutilimit, Sid’Ahmed Ould Jeylani, fonctionnaire à l’Agence nationale des statistiques et des analyses démographiques et économiques (ANSADE), écroué le 23 août 2023 par le Parquet de la République pour injures à caractère esclavagiste, punies par l’article 19 de la Loi 031-2015 incriminant les pratiques esclavagistes, a bénéficié d’une liberté provisoire.

Selon Moussa Bilal, sa libération s’est déroulée dans une atmosphère de fête et magnifiée par des chapelets de louanges portés par des bloggeurs de la tribu qui l’ont magnifié en héros. En fait, selon Moussa Bilal, cette liberté provisoire est la victoire du système esclavagiste et tribal sur les institutions et les lois de la République.

Pourtant, selon Abdallahi Abou Diop, responsable des droits de l’homme au sein du mouvement IRA, non seulement l’accusé, Sid’Ahmed Jeylani, est sous la coupe d’une loi réprimant des crimes contre l’humanité, mais en tant que fonctionnaire, il est passible de l’article 19 de la loi 031-2015 qui stipule : « la qualité de fonctionnaire ou d’officier public, de dépositaire ou d’agent de l’autorité ou de la force publique de l’auteur d’infractions, prévues par la présente loi, constitue une circonstance aggravante ».

Pire, selon lui, l’accusé a été libéré sous la pression de sa tribu, notamment de ses députés et de ses magistrats, à l’image du député de Boutilimit, Abdoul Mawahab Mohamed Houcein, qui s’est particulièrement distingué dans sa lutte pour l’obtention de cette liberté provisoire, soutenu par des magistrats de la tribu, lesquels ont échangé des blogs magnifiant ce qu’il a fait.

Dans son intervention, Birame Dah Abeid, a relevé deux curiosités. D’abord, la Cour d’Appel avait refusé tout recours contre le billet d’écrou dressé par le Parquet contre l’accusé, avant que le juge chargé du dossier ne se rétracte sous la pression tribale et n’accorde la liberté provisoire à l’accusé.

Ensuite, il s’est étonné de voir un magistrat dévoiler les secrets de l’instruction judiciaire, dans la mesure, où il a continué à communiquer avec une tierce partie favorable à l’accusé sur les résultats satisfaisants des délibérés pour l’élargissement provisoire de l’intéressé. Et ces échanges étaient répercutés sur le groupe de réseaux sociaux des intéressés.

C’est en fait, ce vaste mouvement d’impunité sur l’ensemble des cas d’esclavages jugés et condamnés depuis l’adoption en 2015 de la loi incriminant l’esclavage en Mauritanie qui a été mis en exergue et dénoncé lors de la conférence de presse.

Selon Abdallahi Abou Diop, il est étonnant de constater qu’aucune des personnes poursuivies pour des crimes d’esclavage depuis 2015 ne se trouvent en prison, alors que des dizaines de cas ont été jugés ces dernières années.

Pire, Birame Dah Abeid a fustigé le caractère mensonger des déclarations du Commissariat aux droits de l’homme qui affirme que plus d’une cinquantaine de personnes accusées d’esclavage sont actuellement en prison. Selon lui, c’est un gros mensonge, aussi a-t-il demandé à l’actuel Commissaire, arrière-petit-fils de l’Emir du Trarza, Cheikh Ahmedou, de démissionner et de quitter l’antre de la falsification qu’est le département qu’il dirige.

Il faut noter que Moussa Bilal a affirmé, lors de la conférence, qu’il n’est pas membre du mouvement IRA, qu’il est plutôt dans la mouvance du président Ghazouani, mais qu’il est conscient qu’il s’agit de la seule organisation vers laquelle se tournent les victimes d’injustice, quelle que soit leur obédience.

Cheikh Aïdara

©️ Source en lien https://www.futureafrique.net/node/16163?fbclid=IwAR3kSI0OTjynosfsx93IsNzfPbEKsGVTETxb_WJ_gAPQb1x3o1ijnlhhlnM

● Le Grand Entretien du Blog | Avec monsieur N’djim Boubacar (MSDH – Mali)

La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) vous propose l’interview accordée par monsieur Boubacar N’djim. Le coordinateur national du Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme est un dynamique activiste dans l’arène droit-de-l’hommiste au Mali notamment l’engagement anti-esclavagiste. Il nous brosse quelques données de son militantisme et aborde l’actualité dans la sous-région ouest-africaine. Monsieur N’Djim, expert en gestion des conflits, est affilié à plusieurs structures dédiées à la défense des droits humains au Mali, comme la Coalition nationale des défenseurs des droits de l’Homme du Mali.

~ Ci-dessous ses réponses à nos questions :

Question 1 : Bonjour monsieur N’Djim Boubacar, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

BN : Je suis un jeune activiste de la societé civile et militant des droits de l’homme au Mali, je suis très connu dans la lutte contre l’esclavage par ascendance au Mali surtout dans le milieu soninké.

Question 2 : Vous êtes une voix publique droit-de-l’hommiste au Mali depuis quelques années à travers le Mouvement pour la sauvegarde des droits humains (MSDH), actuellement quelle est la situation générale en matière de droits humains dans votre pays?

BN : La situation des droits de l’homme au Mali demeure préoccupante malgré la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation, qui parle de droits de l’homme parle de justice sociale selon un rapport publié le 06 Janvier 2023 par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).
L’accès des personnes déplacées à l’emploi formel peut les empêcher d’être victimes des formes contemporaines d’esclavage.
Malgré les efforts déployés pour faire avancer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, de nouvelles difficultés sont apparues après que les mouvements signataires ont décidé de suspendre leur participation au mécanisme de suivi de l’Accord jusqu’à la tenue d’une réunion avec l’équipe de médiation internationale, destinée à discuter de l’avenir du processus de paix. Alors que l’insécurité continue de compromettre le rétablissement de l’autorité de l’État, la mise en œuvre de la stratégie de stabilisation des régions du Centre reste essentielle pour remédier à la situation actuelle.
En dépit des défis complexes et multiformes il existe quelques éclaircies dans le domaine du processus de transition, dans le renforcement des capacités des Forces de Défense et de Sécurité Maliennes, la coopération face à la lutte contre le terrorisme. Tout cela semble être dissimulé par les effets d’une fracture géopolitique mondiale dont le Mali semble être l’épicentre en Afrique de l’Ouest, une situation qui génère tensions, polarisation, défiance généralisée et malsaine entre le Mali et une certaine partie de la communauté internationale et notamment la MINUSMA.

Question 3 : la lutte contre l’esclavage par ascendance fait partie de votre champ d’engagement, quelle analyse-bilan faites-vous sur cette problématique et son traitement par les autorités maliennes ?

BN : Oui effectivement la lutte contre l’esclavage fait partie de nos objectifs, Certaines personnes naissent en esclavage au Mali parce que leurs ancêtres ont été capturés comme esclaves et que leurs familles « appartiennent » aux familles propriétaires d’esclaves – appelées « nobles » – depuis des générations. Les « esclaves » sont contraints de travailler sans rémunération, peuvent être hérités et sont privés des droits humains fondamentaux.
De nos jours ce phénomène a engendré plusieurs morts et plusieurs centaines de déplacés dans la seule région de Kayes.
On se rappelle attaques à Lani dans le Gadiaga, dans le Guidhimaka, du massacre de Diandjoumé , des attaques répétitives à bafoulabé,Nioro,Diema pour ne citer qu’eux.
A la suite de ces différentes violations des droits de l’homme, une fissure s’est installée dans ces communautés qui ont vécu des siècles sans tensions et il faut aussi reconnaitre que ces faits ne sont pas nouveaux ce sont des faits très contemporains.
Il existe une couche qui se dit noble la plus part vient des chefferies et entretient ces coutumes et us légués de façon très rigoureuse.
Apres toutes ces atrocités toutes les organisations qui lutte contre l’esclavage réunies au sein de la Coalition nationale du lutte contre l’esclavage au Mali dirigé par la commission nationale de droits de l’homme ont mené plusieurs actions de sensibilisation et de plaidoyer en vue d’aider les victimes et d’alerter les autorités de transition pour que justice soit faite.
C’est en ce sens que le Ministre de la Justice a instruit aux procureurs généraux du Mali en vue de mettre fin à cette question qui tyrannise notre société.
Une session spéciale de La cour d’Assises de Kayes qui avait pour objectif de juger les infractions en lien avec la question de l’esclavage a été faite et le verdict a été sans appel pour le bonheur qui ne réclamait que justice
Sur 3 Affaires, 100 accusés, 56 détenus.
– 8 personnes condamnées à la peine de mort
-1 condamnation par contumace
-10 condamnations d’emprisonnement avec sursis
-6 condamnations à la réclusion de 5 à 10 ans d’emprisonnement
-11 condamnations allant de 2 à 5 ans d’emprisonnent
-32 acquittements
-2 arrêts civils
Ces personnes sont accusées de crimes liées à la pratique de l’esclavage par ascendance dans les régions de Kayes, Kita et Nioro.
Ceci est un effort louable de la part des autorités pour les victimes de l’esclavage par ascendance au Mali, nous félicitons également la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Mali (CNDH) à travers son Président Mr Aguibou Bouaré et toutes les organisations de la Coalition Nationale de Lutte contre l’Esclavage au Mali (CONALEM) qui ont œuvré pour que justice soit rendue.
Par ailleurs toujours dans le cadre de la protection des victimes nous sollicitons de la part du gouvernement ;
Le retour rapide des victimes déplacées internes et de l’esclavage par ascendance ;
Et l’adoption d’une loi réprimant l’esclavage et les pratiques assimilées.
L’État est le seul garant de l’effectivité de cette justice sociale, et le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme Mr Mamadou Kassogué se sont personnellement investis pour une bonne redistribution de la justice.

Question 4 : Quelle lecture faites-vous de sa situation politico-sécuritaire globale dans notre sous-région, nombreux coups d’État (Guinée Conakry, Burkina Faso, Mali et Niger..) ?

BN : Les coups d’État militaires en Afrique de l’Ouest suscitent des préoccupations majeures en termes de stabilité politique, de démocratie, de droits de l’homme et de développement. En renversant brusquement des gouvernements élus, les coups d’État créent souvent une instabilité politique, perturbent les institutions démocratiques et génèrent un climat d’incertitude.
Ces événements contredisent les progrès démocratiques accomplis dans la région. Les principes démocratiques sont violés lorsque l’ordre constitutionnel est renversé par la force. Les impacts économiques sont également notables, avec des investissements et des échanges perturbés, entraînant des répercussions négatives sur le développement économique.
En parallèle, les coups d’État peuvent occasionner des violations des droits de l’homme, allant de la répression des libertés civiles à la censure médiatique et à l’usage excessif de la force. Les groupes marginalisés sont souvent davantage vulnérables dans ces périodes de troubles.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et d’autres acteurs internationaux jouent un rôle crucial dans la prévention et la réaction aux coups d’État. Des pressions régionales et internationales sont exercées pour rétablir rapidement l’ordre constitutionnel.
Les raisons des coups d’État sont complexes, allant de la corruption à la mauvaise gouvernance, des inégalités sociales aux tensions ethniques. Le contexte politique et social joue un rôle central, tout comme la prolifération des armes dans certaines régions.
Chaque coup d’État est unique, mais la stabilité politique, la démocratie et le respect des droits de l’homme restent des défis constants. Des efforts soutenus sont nécessaires pour promouvoir des transitions pacifiques du pouvoir et renforcer la gouvernance démocratique dans la région.

Une partie de la population de ces pays veut de nouveaux alliés en ont marre de partenaires comme la France ou les Etats-Unis » Une partie veut de nouveaux alliés et même les Sénégalais en ont marre de partenaires comme la France ou les Etats-Unis » mais on ne peut ignorer que l’appel à une ‘voie panafricaine’ se fait de plus en plus sentir. Attendons de voir ce que cela va donner. Cependant, les crises politiques ne se résolvent pas par les armes mais par le dialogue. Des organisations comme la Cédéao et l’Union africaine, elles devraient prévenir les conflits, au lieu de cela, ils ont un pouvoir limité, étant dirigés par ces dirigeants contre lesquels les populations protestent ». Comme le président Macky Sall, qui au Sénégal est accusé de vouloir se présenter pour la troisième fois aux prochaines élections, alors même que la Constitution l’interdit. Pour mettre un terme aux coups d’État en Afrique de l’Ouest, il est essentiel d’adopter une approche globale impliquant des actions nationales, régionales et internationales.

Tout d’abord, le renforcement de la démocratie demeure une priorité majeure. Les nations doivent consolider leurs institutions démocratiques, garantir la primauté du droit et assurer des processus électoraux transparents. En promouvant des voies légales pour les changements de leadership, on réduit la tentation de recourir à des méthodes non démocratiques telles que les coups d’État.
Les dirigeants politiques jouent un rôle crucial dans la prévention des coups d’État. En adoptant un leadership éthique, en luttant contre la corruption et en protégeant les droits de l’homme, ils renforcent la confiance des citoyens dans le système politique et dissuadent les actions illégales.
Réduire les inégalités sociales et économiques est également essentiel. Une société plus inclusive, avec des opportunités équitables, diminue les frustrations qui pourraient conduire à des soulèvements et à des troubles politiques.
Une réforme des forces de sécurité est impérative. Les armées doivent être professionnelles, apolitiques et soumises à un contrôle civil rigoureux. Former les forces armées à la responsabilité, aux droits de l’homme et au respect de la constitution renforce leur rôle en tant que gardiennes de la stabilité.
Le dialogue politique est une arme puissante pour résoudre les différends politiques. Encourager les négociations et la médiation entre les différentes parties prévient les conflits qui pourraient dégénérer en coups d’État.
La médiation régionale et internationale est un pilier essentiel. Les organisations régionales comme la CEDEAO doivent jouer un rôle actif dans la prévention et la résolution des conflits. Les pressions diplomatiques et les sanctions économiques peuvent décourager les acteurs impliqués dans les coups d’État.
L’éducation civique est un investissement vital dans la prévention des coups d’État. Sensibiliser la population aux valeurs démocratiques, aux droits de l’homme et aux méthodes pacifiques de résolution des conflits favorise une culture de la paix.
Le renforcement économique est un rempart contre l’instabilité politique. Promouvoir un développement durable et la création d’emplois réduit les tensions socio-économiques qui peuvent alimenter les troubles politiques.
Le soutien aux médias indépendants est crucial. Les médias libres jouent un rôle crucial en surveillant le pouvoir et en informant les citoyens. Protéger leur liberté est une garantie contre les abus de pouvoir.
Enfin, la promotion de la stabilité régionale est essentielle. La coopération entre les pays pour résoudre les conflits transfrontaliers et promouvoir la paix est un élément clé dans la prévention des coups d’État.
En somme, mettre un terme aux coups d’État en Afrique de l’Ouest nécessite une approche à long terme, impliquant un engagement résolu en faveur de la démocratie, des droits de l’homme et de la stabilité économique, à la fois aux niveaux national, régional et international.

✍️🏿 Réalisé par KS pour le BLOG

● Mali : L’esclavage par filiation doit être criminalisé, selon des experts de l’ONU 08 mai 2023.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE PROCÉDURES SPÉCIALES.


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

GENÈVE (8 mai 2023) – L’esclavage par filiation et les violences qui en résultent, perpétrées par les soi-disant « nobles » ou « maîtres » contre les personnes nées en esclavage, persistent au Mali, ont déclaré aujourd’hui des experts de l’ONU, exhortant les autorités à adopter une législation pour criminaliser l’esclavage au Mali. pays sans délai.

« Rien ne peut justifier l’esclavage, que ce soit la culture, la tradition ou la religion », ont déclaré Tomoya Obokata, rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris ses causes et ses conséquences et Alioune Tine, expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali « . « Continuer à soutenir l’esclavage au 21e siècle contredit les engagements répétés des autorités maliennes de respecter, protéger et réaliser les droits humains pour tous.

L’esclavage par filiation forçait le déplacement de centaines de personnes et de communautés entières, qui n’avaient aucun espoir de retourner dans leurs communautés d’origine par crainte d’être attaquées, ont déclaré les experts. Ils ont cité l’exemple de la région de Kayes au Mali, où de violents affrontements ont fait des blessés et forcé des personnes à fuir leurs foyers. Les experts ont déclaré que l’esclavage fondé sur l’ascendance était également répandu dans les régions du centre et du nord du pays, notamment Tombouctou, Gao et Kidal. Selon la Commission nationale malienne des droits de l’homme (CNDH), il n’existe aucune donnée sur le nombre de victimes de l’esclavage par filiation dans le pays. Cependant, certaines organisations estiment qu’au moins 800 000 personnes sont considérées comme nées en esclavage, dont environ 200 000 vivent sous le contrôle direct de leurs « maîtres ».

Les experts ont reconnu les efforts importants déployés par les autorités maliennes, en particulier le ministère de la Justice et les autorités judiciaires, pour mettre fin à l’impunité des cas d’esclavage par filiation. Ils se sont félicités de la condamnation de plusieurs individus pour de tels crimes lors d’une session extraordinaire de la cour d’assises de Kayes du 27 février au 17 mars 2023.

« Le gouvernement dans son ensemble doit agir et la criminalisation de l’esclavage doit être une priorité », ont déclaré les experts.

« Certaines violations des droits de l’homme et abus commis dans le cadre de l’esclavage fondé sur l’ascendance pourraient constituer des infractions au Code pénal malien, mais pas toutes », ont déclaré les experts. « Une loi spécifique criminalisant l’esclavage par filiation faciliterait la poursuite des auteurs et renforcerait la protection des victimes », ont-ils déclaré.
Dans une étude récente, la Commission nationale des droits de l’homme du Mali a détaillé les violations des droits de l’homme et les abus liés à l’esclavage par filiation, y compris les actes de violence, les agressions, la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, les humiliations publiques, les insultes, les intimidations, les enlèvements et les viols commis quotidiennement par des « maîtres » contre les « esclaves », refus d’accès aux services sociaux de base (y compris les installations d’eau telles que les pompes ou les puits, les écoles, les installations sportives et sanitaires) ; et le refus d’accès aux entreprises ou aux terres agricoles. Les individus ou les communautés qui résistent à l’esclavage sont souvent soumis à un isolement physique ou social et à des restrictions de mouvement par leurs « maîtres ».
« Les ‘maîtres’ esclaves doivent être tenus responsables de leurs actes, indemniser les victimes et restaurer leurs droits et leur dignité », ont déclaré les experts. Les chefs traditionnels et religieux doivent jouer dans l’éradication de l’esclavage par filiation dans le pays, compte tenu de leur influence, ont-ils déclaré.

La mise en œuvre des recommandations formulées lors du Dialogue Interactif sur le Mali en mars 2023, et l’Examen Périodique Universel du Mali en mai, offrent une opportunité pour le pays d’adopter immédiatement une législation spécifique criminalisant l’esclavage. « Le Mali est le seul pays de la région du Sahel à ne pas avoir une telle législation », ont-ils déclaré.

Les experts ont précédemment appelé le Mali à criminaliser et à éliminer l’esclavage par filiation et ont soulevé la question les 8 septembre 2020 , 19 juillet 2021 et 29 octobre 2021. FIN

* Les experts : M. Tomoya Obokata , Rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris ses causes et ses conséquences ; M. Alioune Tine, Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali .
Page pays des droits de l’homme de l’ONU – Mali.
Voir le lien: https://www.ohchr.org/en/press-releases/2023/05/mali-slavery-descent-must-be-criminalised-un-experts-say

● Démarrage d’une campagne de sensibilisation | le traitement judiciaire des questions de traite de personnes

ALAKHBAR (Nouakchott) – La troisième phase de la campagne nationale de sensibilisation des autorités chargées d’appliquer la loi sur le traitement judicaire des affaires de traite de personnes et des pratiques esclavagistes, a démarré, vendredi, au palais de justice de Nouakchott Nord.


L’étape vise à mettre l’accent sur les procédures et reflexes que les magistrats, greffiers, officiers de police judiciaire de la wilaya doivent avoir pour une application correcte des lois et règlements, indique un communiqué parvenu à Alakhbar.


Les participants auront à disséquer la loi n°031/2015 criminalisant l’esclavage et celle concernant la prévention et la répression de la traite de personnes et la protection des victimes, dans le but « d’améliorer la compréhension et la pratique ».


L’attention des participants sera également portée sur le rapport entre trafic de migrants et traite des personnes.


A noter que la campagne va se poursuivre tout au long du mois d’avril courant.

©️ via http://www.fr.alakhbar.info/16885-0-Demarrage-dune-campagne-sensibilisation-le-traitement-judiciaire-des-questions-de-traite-de-personnes.html