France – Islam | L’imam et professeur M. Bajrafil compte arrêter d’écrire sur les réseaux sociaux

Salam à vous chers amis, humains, quelles que soient vos confessions ou non confessions.

Je m’en vais, écrire sans notes, comme souvent, ce qui va sans doute être mon dernier écrit sur les réseaux sociaux, du moins en français, pour toujours ou pour au moins un petit moment – il ne faut jamais dire: fontaine, je ne boirai jamais de ton eau. Cela s’inscrit dans une démarche purement personnelle de me retirer des réseaux sociaux pour me concentrer sur ma vie personnelle et professionnelle, et continuer à produire autrement, par l’écriture essentiellement, mais pas seulement.

Comme beaucoup avant moi, chers amis, je n’ai pas la prétention d’avoir inventé l’eau chaude, j’ai dénoncé et dénonce encore le climat anxiogène – merci à, mon collègue et ami, Steven Duarte, pour le mot – dans lequel est plongée la France politico-médiatique, voire quelque peu intellectuelle, au sujet de la question de l’islam. Et ce, pour deux raisons essentielles. D’un côté, il y a l’absence de nuance – nourrissant, malgré elle, concomitamment le complotisme de certains musulmans et l’islamophobie de certains non-musulmans. Le résultat en est que certains politiques, qui ne sont pas l’état, c’est important de le noter, parce qu’en manque de projet, en viennent, consciemment ou inconsciemment, à, limite, criminaliser la pratique simple de l’islam, par des propos et des propositions psychédéliques. Et à les en croire, chose assez amusante, mais pas étonnante, le bon musulman est celui qui dit ne plus l’être, mais porte un prénom arabe.

De l’autre, on trouve une ignorance crasse volontaire de l’abécédaire de cet objet que l’on ne saurait voir, mais dont on parle à longueur de unes et de polémiques – du reste, malgré tout, certains continuent à dire qu’on ne peut pas parler d’islam. Une simple prétérition qui sert à vendre, mais pas à faire comprendre, à hystériser, mais pas à conscientiser.

Et dans, et en dépit de, tout cela, il faut que l’on puisse calmement et raisonnablement dire quelque chose – car nous ne sommes pas condamnés à nous faire la guerre, en France, ni dans le monde.

Chers amis,

Ce n’est pas honnête de la part de certains musulmans de refuser de reconnaître que certaines lectures de l’islam posent problème et nuisent sérieusement au vivre-ensemble, aussi bien dans les pays à majorité musulmane que dans ceux à majorité non-musulmane. Je me tue, et d’autres bien avant moi l’ont fait, à expliquer que l’on ne peut pas lire et vivre le monde d’aujourd’hui, en tant que musulman, avec les lunettes de gens qui ont vécu il y a des centaines d’années, fussent-ils les plus grands génies que le monde ait portés. Et ce, sous peine d’être schizophrènes ou de tomber dans la violence la plus terrible, comme nous l’a démontré fort malheureusement Daesh. Disons-nous les choses clairement: L’état islamique a appliqué l’islam selon le fiqh médiéval, stricto sensu. Pas selon le Coran, ni la sunna prophétique, en phase avec celui-ci. Précipiter les homosexuels des cimes des falaises et/ou des immeubles, c’est dedans; tuer l’apostat ou celui supposé comme tel, c’est le cas, avec une exception chez les hanafites, s’agissant de la femme, qui, parce que ne pouvant constituer un quelconque danger, n’a pas à être tuée; décapiter l’ennemi et traîner sa tête de ville en ville, ou le brûler vif ainsi que ses biens, c’est dans les incunables de notre fiqh médiéval et certaines traditions attribuées au Prophète. Même le salam, le bonjour, aux non-musulmans a fait l’objet des avis les plus inhumains.
Je me souviens, il y a plus d’une trentaine d’années, avoir appris un livre du mufti des shafiites de la Mecque et de Médine, en son temps, Ahmed Zaïn al-Dīn Dahlān, ennemi juré de la daawa dite wahhabite, soit dit en passant. Il portait sur les châtiments de celui qui ne fait pas régulièrement la prière. Que n’y a -t-on pas appris comme méchancetés réservées à celui qui ne fait pas la prière? On n’a pas le droit de s’asseoir à côté de lui, sa maison le maudit quand il la quitte et prie Dieu qu’il n’y retourne pas; sa nourriture demande à Dieu d’être la raison de sa mort, ses habits en font autant. Le livret s’intitulait Majmū ´at tashtamil ´alā arba ´ rasā’il!

Vous me direz, à raison, que nous ne sommes pas pour autant devenus des assassins. Je vous concéderais même qu’on s’asseyait copieusement aux côtés de gens qui ne faisaient pas la prière du tout. Cela dit, n’est-ce pas prédisposé à la violence, du moins aujourd’hui, que de continuer à enseigner pareilles choses, sans aucun regard critique ou à les traduire, sans préciser dans les préfaces ou notes en bas de pages que ce n’est pas cela l’islam, mais plutôt l’opinion ou la compréhension des auteurs, fille des réalités de leur temps et espace? Comment accuser d’être le suppôt de l’Occident, de la France ou de je ne sais quoi, celui/celle qui par jalousie pour sa religion et par amour pour l’humanité pointe du doigt ces inconséquences aujourd’hui? Comment continuer à dénoncer les terroristes tuant au nom de l’islam aujourd’hui dans le monde tout en continuant à sanctifier l’héritage fiqhique qu’ils mettent en application mieux que nous? Tuer l’apostat fait quasi consensus chez les 4 fuqahā des 4 écoles juridiques encore suivies aujourd’hui dans le monde – avec un débat sur celui qui a le droit d’appliquer la peine, comme celui qui ne fait pas la prière, celui/celle auprès de qui il a une dette de sang peut le tuer voire le manger en cas d’extrême famine. Allez voir al-Majmū ´ ou al-Rawdhat de l’imam al-Nawawi, auteur entre autres de Riyād al-Sālihīn, ou encore, la référence de l’école shafiite, son Minhāg. Cela y est décrit noir sur blanc! Il y a même pire! On y dit qu’on peut tuer et manger l’enfant non-musulman d’un ennemi de l’islam en cas d’extrême famine. Il ajoute: « Et cet avis est le plus probant »!
Je me rappellerai toute ma vie la fois où il y a quelques années j’ai enseigné à mes élèves cela et la stupeur que cela a provoquée chez eux.

Certains, bien que très pratiquants, ont commencé à insulter al-Nawāwi. J’ai dû leur rappeler que ce grand imam est, comme tout le monde, fils de son temps et qu’il ne fallait pas tout rejeter en bloc. Cela ne veut pas dire que ses déclarations étaient moins injustes hier qu’aujourd’hui. Seulement, l’épistémè qui était la sienne tolérait pareilles idées criminelles.

Et c’est là le second axe de mon propos, ainsi que sa fin. Aujourd’hui, une tendance chez nombre d’islamologues et d’apprentis réformistes, est de rejeter en bloc l’héritage, en s’en moquant. Ce qui est non seulement inaudible chez le croyant, mais aussi et surtout faux scientifiquement. À moins de changer carrément de religion et cesser de parler d’islam.
Je veux dire par là que l’islam, sans doute les autres religions aussi, dispose en son sein des outils nécessaires à son auto-régulation. Le recours à l’historico-critique et aux sciences humaines pour analyser tel ou tel phénomène religieux n’est pas moins islamique que le recours incontestable à la philosophie grecque des principologistes musulmans, comme al-Ghazzāli et son maître al-Guwaynī, pour ne citer que ceux-là, et ce quand bien même ils disent la combattre. Ne pas voir la logique aristotélicienne autant chez les principologistes musulmans que chez les mutakallīmūn, c’est l’ignorer ou faire preuve de mauvaise foi évidente.

Pourquoi il en irait autrement aujourd’hui? Nous n’avons besoin pas de rejeter tous les hadiths pour réformer la pensée musulmane, car ils existaient quand al-Aswamm et Ibn ´Ulayyat disaient que la vie d’une femme valait celle d’un homme, contre la quasi-totalité des jurisconsultes musulmans. On peut, comme nos deux comparses, parvenir à des résultats permettant aux musulmans de vivre leur foi tout en restant en phase avec les réalités de leurs temps, sans jeter l’ensemble du droit médiéval. Car au fond, c’est inversement raisonner comme les terroristes que de le juger à l’aune des réalités qui sont les nôtres aujourd’hui. Autrement dit, autant nous ne pouvons pas lire et vivre nos réalités à l’aide des lunettes des jurisconsultes médiévaux, autant nous ne pouvons pas les juger à l’aide de nos réalités. Or, c’est ce que font certains islamologues et apprentis réformistes.

Nous devons certes dédiviniser le fiqh et avec lui ses concepteurs. Mais, nous n’avons pas non plus à en faire l’autodafé. C’est une ligne de crête intellectuelle difficile à tenir aujourd’hui face notamment aux facebuqaha et autres islamologues qui par exemple étudient le Coran ou travaillent le halal, sans savoir déchiffrer une lettre arabe. C’est une supercherie intellectuelle que certains trouvent bon d’entretenir dans certains salons ou certains départements universitaires. Mais, ils savent très bien qu’ils ne seront jamais audibles auprès des croyants. Ce n’est pas, me dit-on, le but de l’islamologie que d’être comprise et partagée par le plus grand nombre. Continuons dans ce cas à parler entre nous, et/ou à écrire pour deux ou trois personnes dans le monde. On se fera plaisir intellectuellement, mais on restera dans nos tours d’ivoire à vie.

Quant aux musulmans, il nous faut sortir impérativement de la sacralisation du fiqh et de nos savants et pouvoir poser un regard critique dessus, sous peine de voir nos enfants et certains parmi nous abandonner l’islam. Il n’est plus possible de dire qu’une femme peut rester enceinte 4 ans – et je l’ai entendu il y a deux mois, dans une vidéo de l’ancien grand mufti d’Egypte. Il n’est plus possible non plus d’entendre des musulmans se poser la question de savoir si on peut ou non faire un don d’organe ou de sang à un non-musulman, c’est heureusement une infinie minorité, mais son existence suffit à faire peur. Venant surtout de gens ordinaires. Le chantier est énorme mais porte sur deux pans essentiellement: les libertés individuelles et le rapport à l’autre, avec qui je diverge sur quelque plan que ce soit. Là-dessus pour moi doit porter la réforme.

Des propos apparentés au Prophète nous ne devons retenir que ceux qui sont en phase avec l’esprit du Coran. Et pour cela, il y a dans l’héritage un ensemble d’outils suffisamment forts à activer. Seulement, on peut déplorer qu’ils n’aient pas été peu ou prou mis en exergue par leurs propres auteurs – nous situant constamment dans la dichotomie droit déclamatoire et droit exécutoire. En effet, al-Khatīb al-Baghdādi, n’a-t-il pas énumérer un nombre de choses par quoi on rejette un hadith à chaîne de transmission unitaire (ahād) dans son Faqīh wa l-mutaffaqih, comme al-Shirāz dans son Luma’, qui a fait un chapitre portant comme titre: Ce par quoi on rejette un hadith à chaîne de transmission unitaire.

Nous n’avons donc forcément besoin d’invoquer Bruckelman pour rejeter le hadith disant que Dieu ne fait entrer aucun musulman au paradis sans mettre en enfer à sa place un chrétien ou un juif. Et ce même s’il est dans l’authentique de Muslim. Le Prophète ne peut avoir dit cela car le Coran dit le contraire.

C’est là la démarche d’un croyant qui prend au sérieux ses sources, tout en étant critique; qui prend au sérieux l’héritage fiqhique sans en faire un Coran, car celui-ci ne parle pas, mais on le fait parler, comme dit l’imam Ali b. Abī Tālib.

Nous n’avons pour cela pas besoin de la déclaration tardive d’un religieux qui a pourtant combattu il y a peu l’idée même qu’on puisse critiquer l’héritage, prétextant que la misère du monde musulman était du fait exclusif des non-musulmans. Encore moins d’un dignitaire politique dont le pays a activement participé à la salafo-frérisation des esprits des musulmans du monde. Seulement de nos neurones et de notre bon sens.

Très humainement vôtre.
M. B

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur du 02/05/2021 – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=315253019956117&id=100044142653733

Islam | France: dérogation pour se rendre aux mosquées pour la prière du matin (CFCM)

Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) informe les musulmans de France qu’il est toléré de se rendre au lieu de culte le plus proche de son domicile pour accomplir la prière du matin.

Cette dérogation est accordée par le Ministre de l’intérieur à la demande du CFCM.

Le CFCM recommande aux imams de retarder cette prière dans la mesure du possible pour permettre un usage utile et limité de la dérogation.

Fait à Paris le 14 avril 2021

Mohammed MOUSSAOUI

Président du CFCM

©️ Crédit source : https://oumma.com/france-derogation-pour-se-rendre-aux-mosquees-pour-la-priere-du-matin/

Rétro | Interview du Dr Koné Makan (Dates courant 2010 – 2011)

OCVIDH: Bonjour Docteur Koné Makan Djibril, pouvez-vous vous présenter aux mauritaniens, et partenaires intéressés par la vie sociale et politique de notre pays ?

KONE MAKAN: Bonjour et merci pour l’occasion que vous m’offrez. Cependant, il est difficile de parler de soi. Bon ! Je suis natif de Sélibaby -Guidimaka, où j’ai fait l’école primaire et le collège de cette ville, puis le lycée de Kaédi, le baccalauréat au lycée national de Nouakchott et mes études universitaires en Algérie. Dans ce pays frère, j’étais le correspond et « le référent » de la génération des étudiants mauritaniens de la fin des années 1980 à 2002. Certains compatriotes se reconnaîtront et leurs faits un petit signe de la main.

En France depuis 2002, j’ai milité dans le parti AC puis APP et dans des associations comme l’AVOMM, ARSEF, etc…

OCVIDH : Comment évaluez-vous la persistance de l’esclavage en Mauritanie ?

KONE MAKAN: Je l’évalue par un seul critère qui, à mes yeux paraît fondamental à savoir un manque de volonté politique allié à la culture de nos différentes communautés mauritaniennes. Le premier s’accommodant parfaitement de ces dernières parce qu’elles constituent souvent des ressorts hégémoniques dans le cadre de la domination politique et économique à la fois…voilà pour les faits. Face à cela, il me semble que le problème de l’Esclavage en Mauritanie a été jusqu’à une date récente circonscrit, et dénoncé uniquement en milieu maure et occulté dans les autres milieux négro-africains. En cela, le combat a été mené partiellement même si en milieu maure, l’Esclavage est plus visible en quelque sorte.

Dans la communauté Négro-africaine, on ne trouve évidemment pas les mêmes formes d’esclavage originel que chez les Maures, ni les mêmes logiques historiques spécifiques.

Ainsi, le dépassement de l’organisation sociale communautaire de type segmentaire et lignagère va se traduire par le passage au système esclavagiste. Ce système a été d’un « apport » non négligeable dans la constitution de l’identité négro-africaine dans la mesure ou, sans compter l’enrichissement proprement ethnique, on doit aux esclaves d’avoir permis un développement considérable de l’agriculture, par le défrichement de plaines entières et de l’expansion de la métallurgie du fer.

Chez les Soninké, qui forment en Afrique de l’Ouest une communauté connue par son dynamisme, l’attachement à la tradition et le sens de ses valeurs fondamentales dont la plus importante est sans doute la solidarité. Ils ont bâti, où contribué à fonder, les ensembles territoriaux les plus vastes et les plus prestigieux qu’ait connu la sous région sahélienne. Tous ces ensembles souvent admirablement dirigés et administrés ne le furent cependant que dans le cadre d’un système esclavagiste totalitaire et rigoureux dans le respect des traditions et, sous l’égide, de siècles durant de leurs seigneurs (Tunka Lemmu), avant tout grands propriétaires d’esclaves.

C’est grâce à cette maîtrise d’une grande quantité d’esclaves que les Tunka Lemmu ont pu défricher de grandes étendues de terres de cultures, s’octroyant ainsi un droit de la hache leur donnant pour longtemps une primauté foncière incontestable reconduite de génération en génération.

OCVIDH. Vous venez de créer l’A.R.M.E.P.E.S. Pourquoi ce besoin ?

KONE MAKAN: Contre les forces centrifuges en Mauritanie, les moyens pour les abattre ne sont pas de trop et je pense qu’il faut les diversifier. Ce cadre a pour vocation de combler un vide dans ce combat contre l’esclavage qu’une majorité de mauritaniens mène. Notre association pense apporter sa pierre à l’édifice à travers cette initiative en la formalisant par la constitution de l’A.R.M.E.P.E.S pour lutter contre l’esclavage sous toutes ses formes, promouvoir les droits humains, lutter contre les inégalités sociales, vulgariser les thèmes d’intérêts communs et promouvoir des œuvres socioculturelles.

OCVIDH: Comment jugez-vous la persistance de l’esclavage chez les Hratines qui font parler beaucoup d’eux en ce moment à travers leur leader Biram Dah Abeid?

KONE MAKAN: Biram Ould Abeid s’inscrit dans une filiation de l’élite Hratine qui a pris à bras le corps le combat contre l’esclavage. Je voudrais saluer ici son combat et dénoncer en même temps le verdict de la parodie de procès dont lui et ses camarades sont victimes. Sa condamnation ne fait que justifier si besoin est, l’engagement de tout un chacun contre la violation des droits élémentaires de l’homme et elle fera que notre mobilisation soit de plus en plus importante contre l’esclavage en Mauritanie. Nous disons aux hautes autorités qu’on ne peut bâillonner les militants des droits de l’homme par des mises en scènes où l’impunité et la protection des tortionnaires de la police sont la règle! Notre association demande sa libération sans condition et la reconnaissance officielle de l’IRA, comme structure d’utilité publique.

OCVIDH: Est-ce vous ciblez en priorité une communauté particulière, en l’occurrence Soninké ?

KONE MAKAN: Je n’aime pas ce terme « en priorité » ! Tout combat juste a vocation à être universel. Pour ce, on ne doit pas hiérarchiser le mal en général et les victimes en particulier. En même temps l’environnement militant en Mauritanie donne un sens à votre question en cela que l’esclavage en milieu Soninké n’a pas suscité une mobilisation officielle à l’image du Mouvement El Hor, de SOS Esclaves, de l’IRA et d’autres organisations de Défense de Droits Humains ou partis politiques. En milieu Soninké, l’esclavage est encore plus vicieux et les membres de cette communauté s’en sont bien accommodés à commencer par certains « intellectuels organiques » pour reprendre un concept de GRAMSCI. Cette situation m’interpelle et retient mon attention dans le cadre de l’initiative d’A.R.M.E.P.E.S, je vous l’avoue !

OCVIDH : Quels sont les objectifs à court et long terme de l’ARMPES ?

KONE MAKAN: A court et long terme, l’objectif est la promotion des Droits Humains. De ce fait la lutte contre les inégalités sociales qui s’incarnent de façon insidieuse dans la pratique de l’Esclavage en est la pierre angulaire, comme définit précédemment.

OCVIDH: Comment se caractérise la persistance de l’esclavage chez les Soninkés, les peulhs, les wolofs, dont on entend moins parler par rapport aux Hratines ?

KONE MAKAN: La pratique dans son essence est la même quelque soit la communauté retenue. Cependant, dans la société Soninké que je connais mieux l’esclavage n’a pas «connu d’abolition»! L’esclavage participe du fonctionnement, de la structure même de la société Soninké, quand bien même que sa cosmogonie n’appréhende pas son existence sans « ses esclaves ». Comme la plupart des sociétés africaines ici l’Avoir n’affecte pas l’Etre ; en d’autres termes on nait avec un statut social et on le demeure à vie.

Le statut détermine la place, le rôle et la fonction de l’homme. Il y a peu de temps encore dans certains villages de la région du Guidimakha, l’occupation de l’espace géographique procédait du statut des individus. Les conflits fonciers récurrents dans cette région procèdent de cette situation. Je rappelle, ici, les litiges fonciers récents de Diaguily et de Coumba NDaw qui ne sont pas des cas isolés en Mauritanie. En effet, dans plusieurs localités soninkés du Guidimakha et du Gorgol (Bouanze, Diaguily, Diadjibiné, etc.), le statut social et la question foncière se posent avec beaucoup d’acuité, sans une réponse politique et sociale juste.

Malgré l’évolution trompeuse des villages et l’urbanisation, la société soninké dans cette région reste arc-boutée à ce fonctionnement d’un autre âge qui est même transposé en Europe, et en particulier en France dans les foyers des travailleurs immigrés d’origine ouest africaine. Ce qui caractérise l’esclavage dans la société Soninké c’est l’idéologie du silence qui l’entoure et son intériorisation par tous les acteurs de la société !

OCVIDH: Que répondez-vous aux esclavagistes maures qui comparent le phénomène avec le système de castes dans les communautés noires ?

KONE MAKAN: Les esclavagistes dont vous parlez veulent éviter d’avoir mauvaises consciences ! Mais poser ainsi le problème c’est le dénaturer en grande partie, c’est l’escamoter, c’est même rire de la misère morale et matérielle des millions d’être humains en Mauritanie. L’esclavage pour ce qu’il est, c’est-à-dire une institution sournoise et insidieuse, un anachronisme social, un complexe d’œdipe de toutes les sociétés, un crime qu’il faut combattre où qu’il se trouve et par tous les moyens. En Afrique en général, on naît toujours prince ou guerrier ou chasseur ou pêcheur ou paysan ou éleveur ou bûcheron ou sorcier ou forgeron ou guérisseur ou griot ou marabout ou vannier ou zenaga ou boisselier ou assimilé ou affranchi…ou esclave, de telle tribu, de telle lignée, de tel clan, de telle région, etc.

L’esprit communautaire, l’harmonie du groupe, sa tranquillité, sa solidarité, n’existent que dans le respect scrupuleux des limites imposées à chaque sous groupe. Transgresser cette règle c’est porter atteinte à la quiétude de la société, c’est offenser les dieux c’est déclarer la guerre…

A tous les niveaux, le particularisme et la différence sont entretenus depuis la tendre enfance; pour éviter toute confusion. Que cela s’appelle le système des castes ou esclavage tout court, ce qui importe c’est que c’est l’humain qui est dénié de son humanité, piétiné et réduit au rang de bête !

OCVIDH: Il y a des préconisations de l’IRA d’après lesquelles pour sortir décisivement de l’esclavage, les Hratines au moins, voire les autres communautés noires, doivent quitter l’armée. Qu’en pensez-vous ?

KONE MAKAN: Quitter l’armée ? Pour aller où et faire quoi ? Dans le combat contre l’esclavage et les inégalités de toutes sortes, on peut avoir le même diagnostic et avoir des divergences sur les prescriptions ! Je ne connais pas les détails de ces préconisations, mais il me semble que pour avoir une certaine crédibilité, il faudra éviter les propositions farfelues qui relèvent plus du populisme qu’autre chose. Il faut prendre de la hauteur quand on prétend œuvrer à changer les choses. S’agissant de l’armée, la question qui doit se poser doit être relative aux modalités de son intégration et son rôle. L’armée ne doit pas être le monopole d’un groupe, sa composition doit refléter le visage de la Mauritanie. Pour ce, l’institution d’un service militaire obligatoire peut contribuer à amortir les déséquilibres et renforcera son rôle républicain…

OCVIDH: Quelles sont, d’après vous, les questions urgentes qui doivent être réglées pour sortir la Mauritanie du tiraillement racial, d’esclavage et d’apartheid ?

KONE MAKAN: Il faudra se méfier du poids des mots si nous voulons être audibles et crédibles pour nos concitoyens et partenaires : Certains mots comme apartheid ont un poids et ne prennent pas un sens opératoire quand il s’agit de la Mauritanie. On peut décrire la réalité sans la référence à l’émotion ! Toujours est-il qu’il y a un dénominateur commun aux mots que vous employez : l’humanité bafouée, et cela m’est inacceptable au-delà des adjectifs.

Ceci étant pour sortir la Mauritanie de sa situation actuelle, la seule chose qui vaille est de s’armer d’un volontarisme politique aux risques de l’impopularité parmi les siens et le traduire en actes. La Mauritanie compte aujourd’hui beaucoup de compétences humaines inexplorées et inexploitées.

OCVIDH. Il y a le débat sur ce que certains appellent « passif humanitaire », d’autres « crime contre l’humanité » et qui créée une vraie dissension ente les Arabo-berbères et les Négro-africains, comment qualifiez-vous l’affaire et quel est le positionnement de l’ARMEPES ?

KONE MAKAN: Là aussi, il faudra dépasser le stade du débat et des dissensions ! Les faits et les témoins sont là, ce n’est pas une invention de l’esprit. Je pense aussi, qu’il faut sortir de cette opposition entre les Arabo-berbères et les négro-africains, même si cela contribue à donner des arguments aux partisans de cette bipolarisation.

A un moment de l’histoire de notre pays, au-delà des mots, un génocide à été pensé mis en œuvre et exécuté. Certains de ses auteurs sont connus quand bien même ils figurent sur des listes détenues par des Organisations de Défense de Droits Humains comme la vôtre. Dans de pareilles circonstances la seule position qui vaille est que Justice soit rendue aux victimes sans frilosité aux risques de repousser à plus tard une confrontation. Mais en ce moment, je crains que les autorités qui dirigent la Mauritanie ne soient à la hauteur de cette nécessité.

OCVIDH: Qu’en est-il de la nostalgie du pays et la nécessité de confronter les réalités des injustices vécues par les Noirs en Mauritanie ? Vous vous rappelez de vos incursions en vélo avec le président de l’OCVIDH, Mamadou Youssouf Diagana ?

KONE MAKAN: Je pense qu’il faut éviter d’être nostalgique dans la vie, même si cela peut aider à s’indigner. Si la nostalgie peut aider à attiser en nous la flamme de la révolte qu’elle soit la bienvenue…Les moments que vous évoquez avec Mamadou Youssouf Diagana ont contribué à façonner nos parcours et trajectoires respectifs…. Rire. Je lui rappelle ses premiers coups de pédale sur mon vélo venant de France.

OCIVDH: Quel dernier message adressez-vous aux Mauritaniens ?

KONE MAKAN: Mon message aux Mauritaniens s’inspire de celui inscrit dans l’actualité par Stéphane HESSEL intitulé « indignez-vous ».

Entretien réalisé par,
FALL Moctar, Porte parole ocvidh
Président IRA France.
http://www.ocvidh.org

Source: http://www.ocvidh.org

©️ Crédit source : https://m.boolumbal.org/Interview-du-Docteur-Kone-Makan_a6135.html

France – Montreuil | Une visite à l’exposition « Y’a pas bon les clichés »

Sur la Place de l’hôtel de ville à Montreuil-Sous-Bois , l’exposition  « Y’a pas bon les clichés » attire du monde au passage. Montreuil, parmi les 6 villes les plus peuplées de la région parisienne, est sous la commande municipale (PCF) d’un jeune et dynamique Maire Mr Patrice Bessac. Encartée traditionnellement à gauche dans le schéma politique français, cette ville du 93 (Seine-Saint-Denis) accueille des habitants aux origines diverses. L’actuel maire, un humaniste convaincu incarne une bienveillance par ses sorties   publiques sur la situation d’hébergement et d’accueil des migrants et des personnes vivant dans la précarité. On peut se rappeler de sa mobilisation déterminante autour de la résidence délabrée « Foyer rue Bara » , pour demander sa fermeture et le relogement de ses occupants « Migrants d’origine africaine » .

Aujourd’hui par cette exposition dans la ville, il décrit via un post Facebook l’engagement de Montreuil contre les clichés tenaces qui portent le racisme et l’antisémitisme :

« 🔴 Montreuil ré-affirme son engagement contre le racisme et l’antisémitisme !

Vous l’avez peut-être vue, une exposition appellée « Y’a pas bon les clichés » est installée sur la place de l’hôtel de ville. Son but : déconstruire les stérotypes et les clichés racistes et antisémites.

Dans une période où parfois se développent dans notre pays ou dans d’autres pays des climats de haine, de rejet, de peur, nous sommes fiers avec Halima Menhoudj et la Ville de Montreuil de nous mobiliser contre toutes les discriminations !

N’hésitez pas à visiter l’exposition, elle est en accès libre et en plein air. » https://www.facebook.com/watch/?v=3694542163976622

Montreuil 30 Mars 2021

● KS pour le BLOG – coundou8@yahoo.fr

DIAWARA ISSA, DÉPUTÉ DE LA DIASPORA MAURITANIENNE D’EUROPE MON AUDIENCE AVEC LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE (COMMUNIQUÉ)

J’ai eu l’honneur d’être reçu en Audience par son excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Président de la République lors de sa récente visite en France.

L’entretien a porté principalement sur les préoccupations de nos compatriotes établis en Europe.

Dans ce cadre j’ai porté à sa haute attention les questions d’état civil, de double nationalité, de visa d’entrée en Mauritanie et d’aide au retour au pays aux retraités immigrés mauritaniens.

• Sur l’état civil :

Le président m’a informé avoir instruit  les différents services concernés par la question (Etat civil, intérieur et commission Diombar) en vue de créer la synergie nécessaire pour lever les blocages entre services, qui empêchent certains de nos concitoyens d’accéder à leurs documents d’état civil.
Dans ce cadre les services d’état civil mettront davantage d’information à la disposition des usagers. Et les délais de traitement des dossiers seront raccourcis.
S’agissant de nos compatriotes non recensés en 98, des commissions ont été déjà mises en place dans Chaque wilaya pour le règlement de leurs cas. Quant aux mauritaniens établis à l’étranger et en Europe en particulier, son excellence Monsieur le président de la République m’a informé qu’un dispositif spécifique pour répondre au cas particulier des Mauritaniens établis en Europe sera mis en place.
Voilà décrit les premières mesures prises en matière d’état civil. Toutefois le Président de la République a ajouté qu’il réunira régulièrement les services concernés par la question pour une évaluation continue des progrès qualitatifs réalisés et si besoin pour  apporter les améliorations qui s’avèreront nécessaires.

Sur la double  nationalité :

Sur ce point le président de la république a d’abord affirmé ses convictions quant à l’importance qu’il accorde aux membres de la diaspora en tant qu’acteurs importants du développement national, en ce qu’ils créent des partenariats multidimensionnels, participent à l’essor de l’économie nationale par des investissements et l’injection des devises et qui s’impliquent à tous les niveaux de la coopération, qu’elle soit, multilatérale, internationale ou décentralisée pour l’intérêt du pays.
Il dit apprécier fortement cet apport et que c’est ainsi qu’il est disposé à accorder à la diaspora toute la place qu’elle mérite. Après quoi il a déclaré avoir évalué l’efficacité des dispositions actuelles relatives à la double nationalité, et que conformément à ses engagements électoraux, il a instruit les départements compétents à lui soumettre une étude sur les aspects techniques visant à définir les conditions d’application du principe d’automaticité de la double nationalité dans les meilleurs délais.

• *Sur le visa d’entrée en Mauritanie  :

Le président de la république dit comprendre les préoccupations des familles d’origines mauritaniennes soumises à cette formalité, tendant à demander l’allègement des conditions de son obtention, voire de sa suppression. Le président de la République considère qu’aussitôt que la mesure du principe d’automaticité sera mise en vigueur, les personnes concernées seront dispensées de visa.
En attendant si les délais le justifient, des mesures transitoires d’allègement des frais de visa pourraient être envisagées.

Sur l’aide au retour aux immigrés retraités d’origine mauritanienne :

Sur la question de l’aide au retour au pays, aux immigrés retraités d’origine mauritanienne sous forme d’une exonération à faire valoir sur une voiture à rapatrier au pays, sur présentation d’un certificat de déménagement, comme cela était le cas il ya quelques années, son excellence Monsieur le président de la république a promis d’examiner favorablement cette proposition dans les meilleurs délais.
De façon plus générale, ont été abordées avec le président de la république, la définition et l’élaboration d’une politique sur la place de la diaspora dans les politiques nationales à laquelle il s’est montré très favorable.
Il est important de faire noter enfin que lors de l’audience, le Président de la République a montré un intérêt certain à l’exposé des problématiques citées et que les réponses qu’il a données sur chacun de ces points, étaient marquées par le sceau de la clarté et de la précision.

Fait à Paris le lundi 20 janvier 2020

Diawara Issa Mansega, Député de la diaspora Mauritanienne d’Europe

Source : Adrar Info

©️ Crédit source : http://rmi-info.com/diawara-issa-depute-de-la-diaspora-mauritanienne-deurope-mon-audience-avec-le-president-de-la-republiquecommunique/

Le Président de la République rencontre les représentants de la colonie mauritanienne en France (Source ami.mr/fr)

Le Président de la République, Son Excellence M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a rencontré aujourd’hui samedi, dans sa résidence à Paris, les représentants de la communauté mauritanienne résidant en France.

Le Président de la République a souligné au début de la réunion, le soin et l’attention que les pouvoirs publics accordent aux citoyens résidant à l’étranger. C’est ainsi que l’expression « les mauritaniens de l’extérieur » a été ajoutée à la dénomination du ministère des affaires étrangères et de la coopération, une nouvelle manière de traiter les communautés expatriées où qu’elles se trouvent.

Il a précisé que la communauté mauritanienne en France est importante et a joué un rôle remarquable, pendant de longues périodes, ce qui doit être reconnu et apprécié.

M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a recommandé aux membres de notre colonie en France de continuer à donner la meilleure image du peuple mauritanien et du pays, réaffirmant sa disponibilité constante à écouter les représentants de cette communauté et à prendre en considération leurs idées et suggestions.

La réunion s’est déroulée en présence du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’extérieur, M. Ismaël Ould Cheikh Ahmed, du Directeur du Cabinet du Président, de la République, M. Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, et de SEM. Ahmed Ould Bahiya, ambassadeur de Mauritanie à Paris.

©️ Crédit source: https://fr.ami.mr/Depeche-56654.html

Dîner à l’Elysée | Le président de la République discute avec son homologue français des moyens de renforcer les relations de coopération

Crédit Photo via Page FB Vision Fr

AMI – Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a assisté mercredi soir à l’Elysée à Paris, à un dîner offert en son honneur par Son Excellence le Président français Monsieur Emmanuel Macron.

Le dîner a été une opportunité pour le Président de la République et son homologue français de discuter du renforcement des relations bilatérales à tous les niveaux.

En outre, diverses questions d’intérêt commun ont été abordées, notamment les questions liées à la situation sécuritaire dans la région du Sahel et les résultats obtenus par notre pays lors de sa présidence du G5 Sahel malgré la complexité de la situation et les répercussions négatives de la pandémie Covid-19 aux niveaux mondial et régional.

La mobilisation d’un soutien militaire, économique et politique en faveur du Groupe des Cinq pays du Sahel, a constitué le plus important résultat de cette rencontre. Ce soutien a d’ailleurs été traduit par le lancement de plusieurs initiatives telles que la Coalition pour le Sahel, la Coalition pour la sécurité et la stabilité du Sahel et d’autres initiatives.

Les entretiens entre les deux Présidents ont porté sur l’amélioration du niveau d’efficacité des plans de terrain, qui s’est reflétée dans certaines des victoires décisives enregistrées au cours de cette période, en plus du suivi strict et régulier de la mise en œuvre de la  »feuille de route de Pau » et l’approfondissement de la prise de conscience de la nécessité pour la communauté internationale d’assumer ses responsabilités face à la situation dans le Sahel.

Au cours de la rencontre, les deux Présidents ont passé en revue le grand effort qui a été consenti pour réduire les dettes des cinq pays du Sahel entre autres réalisations accomplies.

©️ Crédit source: https://fr.ami.mr/Depeche-56617.html

Dr Boubou Camara : «La situation des malades de la COVID qui nécessitent des soins critiques est délicate»

Initiatives News – Dr Camara Boubou est Mauritanien, né à Ould Yengé dans la région du Guidimagha. Il a fait ses études primaires et secondaires à Sélibabi ou il a obtenu le baccalauréat.

Après ses études de médecine générale, il s’est spécialisé à Toulouse en France en médecine interne avec orientation pneumologique. Dr Camara Boubou est aussi titulaire d’un diplôme d’études spécialisées complémentaires en maladies infectieuses et tropicales. Depuis 2011, il occupe le poste de responsable médical du centre de ressources et de compétences de la mucoviscidose du CHU de Grenoble-Alpes.

Dans le cadre du programme « retour temporaire de la diaspora » de l’OIM en partenariat avec l’Union Européenne et l’OMS, avec d’autres collègues, il est revenu en Mauritanie pour prendre part à la riposte nationale contre la COVID-19.

Horizons : Après la première vague, la Mauritanie, comme beaucoup de pays, fait face à la seconde vague du Corona virus. Quelles appréciations portez-vous sur la riposte nationale face à cette pandémie?

Dr Camara : Je suis revenu dans le cadre de la riposte nationale contre la COVID-19 pour prêter main forte à mes collègues, échanger avec eux et lutter avec eux contre cette pandémie.

C’est le programme « retour temporaire de la diaspora » de l’OIM en collaboration avec l’UE et l’OMS qui nous a permis de revenir travailler dans des conditions décentes en lien avec le ministère de la santé.

Nous sommes progressivement arrivés à partir du mois de juin 2020 avec les autres collègues de la diaspora Mauritanienne que je voudrais citer. Il s’agit du Dr Mohamed Salem Ould Zeine, réanimateur en France, Dr Ba Oumar, gériatre en France, Dr Hady Louly Klein, gastroentérologue, monsieur Hadiatou Ndiaye, directeur d’établissement de santé en France et Madame Aminata Soumaré, infirmière en Ile-de-France.

A notre arrivée, nous avons visité les structures hospitalières et réalisé plusieurs visioconférences avec les collègues de l’intérieur du pays. Nous avons visité toutes les structures dites « Covid », notamment celles accueillant les patients nécessitant des soins lourds, c’est-à-dire nécessitant de la médecine intensive. Nous avons remarqué qu’il y avait un problème de disponibilité en termes d’équipements. Cependant pour cette deuxième vague, il y a un effort important de la part du ministère de la santé avec la disponibilité de respirateurs, même à l’intérieur du pays. Malheureusement, au niveau de la population en général, même au sein de l’élite, les mesures barrières ont été très vite abandonnées, la communication n’a pas suivie. Je pense que cette faute collective est l’un des éléments qui explique l’ampleur de la deuxième vague que nous vivons actuellement.

Horizons : Dans une interview à l’Agence Mauritanienne d’information, le représentant de l’OMS en Mauritanie, Dr Abdou Salam Gueye, a déclaré que la prise en charge des cas graves de COVID n’est pas “parfaite”. Quelles sont les points forts de cette prise en charge, quelles sont ses faiblesses?

Dr Camara : La Mauritanie a la chance d’avoir comme représentant de l’OMS, Dr Gueye, expert en situation médicale d’urgence. Il est reconnu par ses pairs, notamment par rapport à sa gestion de l’épidémie Ebola. Cela dit, il est vrai que la situation des patients qui nécessitent des soins critiques est particulièrement délicate dans notre pays. Ces patients nécessitent la médecine intensive qui connait des problèmes dans nos établissements de santé. Nous manquons de ressources humaines soignantes de façon globale sur tout le territoire. Quelles que soient la spécialité, il y a déficit. Et, dans la spécialité de la médecine intensive, on compte au bout des doigts les professionnels capables de faire ce métier. Ensuite, l’environnement ne se prête pas forcément à la pratique de cette médecine intensive car, en plus des ressources humaines qui manquent, il y a des problèmes de consommables et de médicaments. Même si le gouvernement a fait d’énormes efforts qu’il convient de citer, il reste encore beaucoup à faire en matière d’équipements, de consommables, de logistique, de biomédicale et surtout d’organisation globale des soins… Il s’agit là, à mon avis, des principaux défis de la médecine intensive dans notre pays. Il est capital d’améliorer et d’entretenir l’existant.

C’est en connaissance de cause que l’OMS a recruté des consultants internationaux intensivistes et réanimateurs. Il y a eu l’arrivé, d’abord, d’une première équipe de professionnels (5 espagnols) sur une courte durée, ensuite huit autres consultants espagnols dont trois réanimateurs qui ont séjourné deux mois dans notre pays et les derniers vont retourner le 18 décembre 2020 en Espagne. Ils nous ont été d’un apport majeur. Je voudrais les remercier au nom de tout le peuple Mauritanien.

Horizons : vous avez aussi visité de structures de santé à l’intérieur du pays, comment s’y passe la lutte contre la COVID notamment en matière de prise en charge ?

Dr Camara : Effectivement, j’ai eu à visiter avec d’autres collègues les hôpitaux de l’intérieur de la Mauritanie. J’ai visité personnellement les hôpitaux de Nouadhibou, Kaédi, Boghé, Aleg, Sélibabi ainsi que ceux de Nouakchott. Globalement lorsqu’il s’agit de prendre en charge les patients sans atteintes sévères, nécessitant une adjonction d’un faible débit d’oxygène, il existe un protocole national bien établi par un comité scientifique et ça se passe bien. Il s’agit souvent de patient jeunes ou sans comorbidités et qui ne posent pas de problèmes. La difficulté se situe au niveau des patients nécessitant des soins critiques qui peuvent évoluer vers un syndrome de détresse respiratoire (lorsque l’atteinte de la maladie fait que les poumons n’arrivent plus à assurer leurs fonctions d’hématose qui consiste à oxygéner les organes vitaux). C’est malheureusement, ce syndrome de détresse respiratoire qui entraine des décès de patients. Même à Nouakchott, la prise en charge de ces patients au stade de détresse respiratoire reste problématique. A l’intérieur du pays, elle l’est encore plus. Cependant les centres comme Nouadhibou, Kaédi et Kiffa sont maintenant équipés d’appareils, de ventilation non invasive et de respirateurs. Mais, encore une fois, il se pose des problèmes de ressources humaines, de sous effectifs compétentes pour le maniement et l’entretien au long court de ces équipements de réanimation.

Horizons : Apres 20 ans d’exercice de la médecine en France, vous êtes revenu dans le cadre du programme « retour temporaire de la diaspora ». Vous êtes revenus, vous avez une expérience du terrain dans votre pays. Avez-vous un message à l’endroit de vos collègues mauritaniens exerçant la médecine en France ou ailleurs dans le monde et à l’endroit aussi du gouvernement mauritanien pour un éventuel encouragement d’un retour des compétences ?

Dr Camara : Il est de la responsabilité du gouvernement de notre pays, notre chère patrie, de mettre en place des dispositifs pour faciliter le retour de sa diaspora qui a certainement un rôle à jouer. Je ne parle pas de discours politique ou d’une 100ème réunion sur le sujet, je fais allusion à un vrai dispositif, quelque chose de concret et palpable. Cette diaspora, d’ailleurs, ne demande qu’à revenir pour servir et se mettre à la disposition de la nation.

A tous les membres de la diaspora, la Mauritanie a besoin de vous en cette période critique, quel que soit vos compétences, soignants, logisticiens, organisation des soins et j’en passe. La diaspora a su monter sa solidarité pendant la première vague de la Covid, via le CCME (Collectif des cadres mauritaniens expatriés), le dispositif des médecins et bien d’autres oragnes. Le besoin est pressant, nous avons tous un rôle à jouer.

Propos recueillis par Khalilou Diagana

Source/Le Quotidien National Horizons

©️ Crédit source: http://www.cridem.org/C_Info.php?article=743868

🔴 RFI vient en Nous plus que jamais, après le madingue, le peul …. le soninké aussi un jour !?

Si RFI se mettait à diffuser dans nos langues pour nous jusqu’à dans nos terroirs en Afrique, rien que son label déjà « célèbre » historiquement chez nous, nos radios nationales et communautaires prendront des rudes coups certainement. Les appli remplacent les transistors, et le flux d’informations potentiellement accessibles à tout porteur d’un smartphone.

C’est presque fatalement acté, ce que certaines masses africaines apprennent de la voix de RFI ne peut être contrebalancé aisément par une autre antenne surtout trop familière et sous un certain contrôle et une censure par nos services étatiques . L’officialité et le crédit d’une information dépend beaucoup du canal diffuseur que d’un recul « alerte » du fond pour le grand public. Quand on dit à un sahélien lettré moyen dans nos contrées, qu’une nouvelle est sortie par RFI même, cela porte beaucoup dans l’édification d’une opinion. Et aujourd’hui à l’entendre dans nos langues maternelles, ainsi le filtre de la barrière « langue » est banni pour les masses illettrées.

Je me rappelle d’un certain 8 juin 2003, quand les Dababat (les Chars du Bataillon de Blindés) faisaient trébucher le régime de Taya durant quelques heures, tout près des événements à Nouakchott , on restait scotchés à RFI en comptant savoir ce qui s’était entrain de se passer. On savait que les données diffusées par la radio Mauritanie et la TVM sont douteuses ou même falsifiées.

● Lien RFI https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201214-rfi-diffuse-d%C3%A9sormais-en-langue-fulfulde

KS pour le BLOG

🔴Covid-19… Wuhan, il y a une année en Chine … !

Quand il y a une année on voyait les chinois construire un big hôpital en quelques jours, on en rigolait presque à travers le monde entier.

Les descendants de l’empire du milieu avaient sorti l’artillerie lourde en mesures restrictives avec une discipline impitoyable. Quand ils étaient au dur du front antiviral , certains milieux scientifiques occidentaux les voyaient dans l’exagération et pointaient leurs manquements ici et là au chaud sur les plateaux TV à plusieurs milliers de kilomètres.

Ces scientifiques dopés d’une certaine suffisance avaient fini à tromper et faire tromper les dirigeants politiques de leurs pays quand la vague Covidienne faisait irruption au cœur de l’Europe.

Finalement, certains scientifiques disaient que la Chine n’avait pas tout dit sur cette pandémie, peut être Oui peut être Non, mais je dirais que leurs certitudes à sens unique donnant le régime politique chinois comme manipulateur de son peuple, y tiennent une place importante dans la méprise.

Les autorités chinoises avaient mis la clé à double tour sur les zones gravement touchées durant plusieurs semaines, résultat, ils ont gagné sur la propagation du virus. Au même moment, certains pays occidentaux faisaient des zigzags selon les humeurs hautaines d’une clique de scientifiques. On comptait tout faire ou ordonner sauf imiter ce que font les chinois, on dirait par opposition politique et idéologique que par données scientifiques avérées.

Ainsi par la suite, les chinois ont nettoyé pratiquement le méchant virus dans les zones où il a commencé à sévir avec virulence. En Occident, par exemple en France, on commençait à chercher les clefs pour une éventuelle fermeture quand les réalités hospitalières ont eu raison de certains prédictions salades télévisuelles. On décide de fermer mais pas à la chinoise surtout pas toujours et encore, on n’imite pas la Chine despotique…

Par la suite on s’habitue aux mots (maux)… Confinement, Déconfinement, Reconfinement… quoi encore !

Ailleurs, dans certaines zones du monde, par exemple en Afrique , ça se suit entre l’aléatoire, le fatalisme et les petites imitations mal inspirées.

– KS pour le BLOG