● Un livre-voyage | De Dinga, le sooninké Doumbé de Wagadu au règne Askia du monde Songhay.

Livre 📖 : Note de lecture sur l’ouvrage du journaliste Serge Bile « Quand les Noirs avaient des esclaves Blancs »

Un livre très informatif et facile à lire. Le titre attire notre attention d’emblée, surtout pour ceux qui peuvent avoir un lien d’engagement abolitionniste ou d’études sur la problématique des esclavages. L’auteur nous fait voyager expressément à travers un périple historique visitant plusieurs empires et/ou royaumes Ouest-africains (Wagadu-Ghana, Sosso, manding, Mali, Songhay…) sur plusieurs siècles.

Dinga, le sooninké Doumbé !

On y apprend l’arrivée du puissant guerrier appelé Dinga (le patriarche légendaire des sooninkés) et ses troupes pour fonder l’empire du Ghana. L’auteur cite à de nombreuses fois quelques références comme Abderrahman Sadi, historien soudanais du 16ème siècle natif de Toumbouctou, Mahmoud Kati ou Ibn Khaldun.

Impérialisme localisé, domination, contacts conflictuels, diplomatiques ou commerciaux avec l’ensemble « Blanc » berbère, arabo-berbère ou arabo-musulman, cet ouvrage permet un saut instructif dans le passé de notre zone Saharo-sahelienne.

Le mot sooninké Doumbé voulant dire « Pur », improprement interprété comme signifiant « Blanc » a failli corrompre les données historiques. On allait admettre que les 44 premiers rois ayant régné sur le royaume de Wagadu seraient de race blanche. La ferveur guerrière des Almoravides finit par désorganiser le pays des Kaya Magas dont leur capitale Koumbi-Saleh chuta en 1076.

Cités riches et pleines d’érudition (Koumbi-Saleh, Aoudaghost, Djenné, Niani, Gao, Toumbouctou…) et personnages emblématiques savants ou extravagants (Soumahoro Kanté, Soundiata Keita, Kankan Moussa, Ali Ber dit Sonni Ali, Mohamed Aboubekr connu Askia Mohamed, Mahmoud Bagayogo, Ahmed Baba…), un monde mystérieux, mystique et complexe où l’islam et paganisme se côtoyant ici et là. Beaucoup d’échanges divers venant de loin notamment la présence remarquée d’esclaves blanches (concubines), de produits « manufacturés » et également d’autres mœurs.

Finalement ce monde s’écroula laissant place à l’arrivée hégémonique d’un mélange d’Andalou-maghrébo-turcs sur ces espaces jadis sous l’âge d’or d’illustres rois et empereurs soudanais.

À noter l’importance de la fonction de Cadi dans ces cités islamisées, il arriva que des lettrés refusèrent de l’occuper. Pieux et sensibles aux éventuelles conséquences dans l’Au-delà, ils craignaient le mal-agir sous leurs responsabilités.

Sur le phénomène de l’esclavage, on apprend qu’aux « débuts de l’empire du Mali, il était interdit de vendre des captifs aux marchands arabes. Seul l’esclavage domestique était autorisé » (comprendre l’esclavage intra-muros). Et la fameuse charte de Kouroukan Fouga (44 articles) promulguée sous Soundiata Keita n’abolit nullement l’esclavage. Dans son article 20, il est dit « Ne maltraitez pas les esclaves, accordez-leur un jour de repos par semaine… » .

Je suis tenté de conclure que dans l’ensemble Blanc arabo-berbère andalou et turco-asiatique, le phénomène était fonctionnel par rapport aux réalités du moment. Ainsi avec certaines mutations progressives, il est dissous en interne et prend une coloration raciale et même raciste vers l’externe en visant le monde Noir. Dans l’ensemble Noir au sein de ces zones saheliennes, le fonctionnel était lié au statut assigné par perpétuation héréditaire. Aujourd’hui dans les sociétés héritières (negro-africaines) de ces empires et cités, l’esclave statutaire n’est pas un Blanc assigné par une caste de descendants d’esclaves d’antan, mais un autre Noir dans le même groupe sociolinguistique. Ainsi dire qu’aujourd’hui l’engagement anti-esclavagiste dans le sahel doit être une grande cause afro et sahelienne pour restaurer la dignité de l’Homme Noir africain.

À recommander !

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● Fousseynou Coulibaly : le parcours hors du commun d’un compatriote | Par Seyré SIDIBE [Ondeinfo]

Fousseynou COULIBALY est Mauritanien, originaire de Wompou.

Il est ancien élève du Petit Centre de Nouakchott où il a bénéficié du programme Français pendant tout son cursus scolaire : le primaire et le secondaire.
Il obtient son baccalauréat  en juillet 2005 au Lycée Français Théodore Monod de Nouakchott.

Il entame des études d’ingénieur à partir de 2005.

Brillant étudiant, assidu et régulier, en Septembre 2010, notre compatriote réalise son rêve ; en décrochant  son diplôme d’Ingénieur en Electronique à l’Université de Nantes avec mention.

La dernière partie de sa  formation d’Ingénieur  a été validée par un stage pratique  effectué chez STMicroelectronics, une multinationale franco-italienne, leader mondial de semi-conducteurs (composants électroniques) qui fournit des produits et solutions intelligents et économes en énergie pour l’électronique au cœur de nombreux appareils et machines utilisés  quotidiennement (Trains, Machines à laver, Ordinateurs, Appareils mobiles…).

Persévérant et passionné de l’Entrepreneuriat, le Management et la Communication, Fousseynou  va intégrer l’Institut d’Administration et d’Économie (IAE) de Nantes : en septembre 2011, il décroche un autre diplôme, le MBA avec mention : Master en Business et Administration.

Avec un tel background, Fousseynou est concurrentiel sur le marché mondial de l’emploi.

En Avril 2011, il est recruté  par l’entreprise française interscience alors qu’il était encore étudiant à l’IAE de Nantes.

Au sein de cette entreprise française, il était responsable de la conception électronique des machines robotisées pour des applications biomédicales, mais aussi chargé de l’approvisionnement des composants électroniques et le développement des relations avec les fournisseurs au niveau international.

Depuis mars 2014, Fousseynou travaille pour le motoriste Britannique Rolls-Royce, spécialisé dans la conception et la fabrication de turboréacteurs pour avions civils et militaires, mais aussi de turbines pour hélicoptères et de réacteurs pour sous-marins nucléaires.

A Rolls-Royce, il intègre le programme du Trent 7000, le seul moteur de choix pour l’Airbus A330neo.

Durant les trois ans que vont durer la conception des moteurs Trent 7000 pour Airbus, Fousseynou est chargé des calculs de fiabilité des milliers de composants électroniques des ordinateurs de vol des moteurs et de définir la stratégie de protection de ces mêmes ordinateurs contre les incendies à bord de l’avion et les coups de foudre.

Après le succès du Trent 7000, il est promu Ingénieur Principal de Projet et prend la direction de la conception électronique des ordinateurs de vol du nouveau programme  Pearl 700 destiné aux jets privés fabriqués par l’avionneur américain Gulfstream pour leur nouvel jet, le G700.

Le Pearl 700 est à ce jour le plus puissant moteur fabriqué par l’entreprise Britannique pour le marché des jets privés.

Membre de l’Association d’Ingénieurs (IET – Institution of Engineering and Technology) en Angleterre, Fousseynou fera honneur à la Mauritanie et à son village natal Wompou au sud du pays, à l’occasion du 02 novembre 2022, journée nationale des Ingénieurs au Royaume-Uni créée par la Royal Academy of Engineering : il présentera devant des écoliers et étudiants venus des quatre coins de l’Angleterre, l’Embraer ERJ-175 immatriculé 5T-CLO, de la compagnie Mauritania Airlines International, la compagnie nationale Mauritanienne, baptisé Wompou

Seyré SIDIBE 

©️ via https://ondeinfo.com/fousseynou-coulibaly-le-parcours-hors-du-commun-dun-compatriote/

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● Corruption : Un mal à bannir pour la refondation de l’Etat Malien [malijet]

Pays en voie de développement, le Mali est confronté à l’épineuse question de la corruption qui freine son développement. Ce phénomène qui sévit dans notre pays est pratiqué un peu partout sur le territoire national. Gouvernant et gouverné, chacun, à sa manière, pratique ce mal qui s’est établi dans notre société au point d’être normalisé. En cette période de transition, les autorités du moment entendent donner un élan historique pour venir à bout du phénomène. Mais, d’ores et déjà, il convient de rappeler que de 2018 à décembre 2021, le nombre total de dossiers ouverts en matière de corruption est de 1462. Ces chiffres ont été avancés par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué

« De la base au sommet, notre pays est corrompu jusqu’à l’os. Si on n’en parle pas sérieusement, on regardera toujours le sommet alors qu’à la base, nous sommes en train de faire la même chose. Tant que la base est corrompue, personne n’arrivera à combattre la corruption au sommet. Tant que nous n’arrivons pas à corriger cela, la lutte contre la corruption sera de la rigolade», disait Moussa Mara, ancien premier ministre du Mali. Il s’exprimait ainsi sur la corruption devant les étudiants de la Faculté des Sciences administratives et politiques de Bamako (FSAP), lors de la présentation de son livre « Pour un Mali meilleur », le jeudi 25 août 2022.

Parlant du lien entre la politique et la corruption, le leader du parti YELEMA a été on ne peut plus clair. « On dit que les politiciens, quand ils sont élus, volent l’argent du pays. Ils ne nous considèrent pas. Mais est-ce que vous savez la raison principale ? Les politiciens, pour qu’ils soient élus, les populations leurs prennent de l’argent. Quand vous commencez une campagne, vous allez dans les villages, les quartiers. Les gens vous demandent de réparer leurs forages en panne. Le politicien va s’endetter pour réparer et s’il est élu, il va tout faire pour récupérer ce qu’il vous a donné. Il ne va pas s’arrêter là, il va se préparer encore. Tout ça c’est de la corruption », a expliqué Moussa Mara.

De l’avis de l’ancien maire et député de la commune IV du district de Bamako, tout argent pris à quelqu’un qui est en campagne pour être élu est la corruption. Pour cet expert comptable, il est primordial d’enlever la corruption de la politique sans quoi le pays ne sera pas sans corruption. L’ancien premier ministre n’a pas manqué aussi de dénoncer la responsabilité de la société face à la montée fulgurante de la corruption. « Quand les gens deviennent responsables, ils cherchent à s’enrichir parce que la société les oblige. Quand tu deviens maire quelque part, les gens viennent pour que tu leur donnes des parcelles de terrain au lieu des idées de développement. C’est la réalité de notre pays. Il faut que nous nous disions ces vérités », explique-t-il.

En vue de remettre de coté ces pratiques néfastes, Moussa Mara a invité les preneurs des billets de banques de 10.000F et 2000 FCFA d’arrêter pour le bien du pays. Aux dires de l’ancien premier ministre, le politicien est élu pour régler les problèmes d’emploi, de santé et de développement. « Pour que vous puissiez le sanctionner, il faut arrêter de lui prendre de l’argent. Il faut que la population comprenne que si l’on veut lutter contre la corruption, il faut que la base change. On ne sortira le pays des problèmes que si nous acceptions de transpirer et de souffrir. Dès fois, on doit faire des efforts dont on ne verra même pas les fruits, mais dont nos enfants et petits enfants verront. Aucun pays au monde n’est sauvé par un autre pays. C’est nous qui allons nous sauver ou pas », a indiqué Moussa Mara.

Dans l’une de ses sorties sur la chaîne nationale, précisément dans l’émission « invité de la semaine », le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme Garde des Sceaux, Mamoudou KASSOGUE, a averti qu’il n’ y a pas de la place pour la corruption en cette période de transition. Dans ses explications, le chef du département de la justice a salué la volonté politique des plus hautes autorités de la transition de lutter contre la corruption sous toutes ces formes. Toutefois, il a reconnu les lenteurs dans les procédures en matière d’enquête de corruption. « Les procédures sont très longues. L’enquête de corruption n’est pas facile. Ce qui fait qu’il y a beaucoup de dossiers qui traînent. L’Etat tient à respecter tous les droits pour éviter les dérives », a précisé le ministre Kassogué.

Selon le ministre Mamoudou Kassogué, de 2018 à décembre 2021, le nombre total de dossiers ouverts en matière de corruption est de 1462. « Sur ces 1462, il y a 690 dossiers qui sont clôturés et transmis ; 275 dossiers ont déjà été totalement jugés. Les montants en cause sont de l’ordre de 126 119 983 938 FCFA. Nous avons pu, au titre des remboursements versés au niveau du trésor public la somme de 4 241 661 863 Francs sur la période des trois ans. Les cautions qui ont été versées pour les remises en liberté et autres sont de l’ordre de 15 372 827 410 Francs. Les remboursements qui sont effectués rien que pour la session spéciale d’assise de décembre 2021 sont de 1 577 145 907FCFA. Des amendes ont été prononcées aussi au cours de cette session pour 639 040 000. Des dommages intérêts pour 260 150 000. Les condamnations qui ont été prononcées et dont les montants n’ont pas été encore recouvrés sont de l’ordre de 86 873 496 505F CFA », a révélé le patron du département de la justice.

Une lutte implacable contre la corruption sans recouvrement des avoirs n’est pas une lutte efficace. Soutenant cette affirmation, le ministre de la justice a, dans un ton convaincant, réaffirmé la pleine implication de la direction générale du contentieux de l’Etat afin de prendre des dispositions pour que ces différents montants puissent être recouvrés.

Dans son adresse à la nation à l’occasion du 62ème anniversaire de l’indépendance de notre pays, le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, a rappelé que la lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière figure au centre des actions du Gouvernement de la transition, ce, conformément à ses orientations et instructions. « Cette nouvelle dynamique, fondée sur une justice redynamisée, va se poursuivre afin de tracer le cadre d’une nouvelle gouvernance fondée sur le respect du bien public, la récompense du mérite et la sanction de la faute », a déclaré le président de la transition. Le Chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta, soulignera que la justice doit lutter contre les infractions économiques et financières. Cela, dit-il, pour garder son rôle de régulateur pour la société. « Dès à présent, et en attendant l’opérationnalisation du Pôle national économique et financier, des actions sont en cours pour donner des suites judiciaires aux différentes dénonciations faites par les structures de vérifications et de contrôles », a annoncé le président de la Transition.

Sidiki Dembélé

©️ via malijet http://malijet.com/actualite_economique_du_mali/273747-corruption_mal_bannir_pour_refondation_.html

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Un Mot pigé après avoir suivi un long documentaire sur les Roosevelt aux États-Unis🇺🇲 | Arte

Un nom de famille qui a donné 2 immenses personnalités politiques courant 20ème siècle aux USA.

À gauche Théodore et à droite Franklin



1- Théodore Roosevelt (1858 – 1919), 26ème président américain.
Génie politique et homme d’état téméraire, il était un influent républicain qui dirigea l’administration américaine durant un peu plus de 7 ans.

Après son départ du pouvoir, il a failli revenir aux affaires mais rate son come-back. Sans aucune responsabilité politique, il était interventionniste lors de la première guerre mondiale. On peut dire une voix bruyante parmi les faucons bellicistes à l’époque.
À remarquer, il a été d’une cohérence implacable avec ses positions défendues pour l’entrée en guerre contre l’Allemagne et ses alliés lors de la grande guerre. Ainsi ses 4 fils furent engagés sur les champs de bataille sur le continent européen. Parmi eux, le plus jeune, un aviateur combattant laissa sa vie. Un autre grièvement blessé.

Une époque très lointaine de nôtre, aujourd’hui nos dirigeants politiques et militaires n’enverraient même pas un neveu ou une nièce comme ambulancier ou aide-soignante sur le terrain de guerres qu’ils peuvent provoquer ici et là.

Tout dirigeant n’est pas un Homme d’Etat.

2- Franklin Roosevelt (1882 – 1945), 32ème président US.

Il est cousin du premier au sein du clan familial Roosevelt. Lui, il était du parti démocrate et avait investi l’arène politique de nombreuses années en s’inspirant de la réputation du parcours de son cousin Théodore.
Franklin Roosevelt a régné sur les destinées des États-Unis durant 12 ans. Grand acteur de la 2ème guerre mondiale avec les alliés européens contre l’Allemagne Nazie.

Atteint subitement de la poliomyélite, son avenir politique allait être enterrée si ce n’était pas sa détermination courageuse à se sortir d’une paralysie affreuse. Comme on dit souvent ; tout se passe dans la tête. Sa maladie n’a pas été une fatalité qu’il allait subir, non. Il en avait faite une « ressource » pour casser vaillamment les clichés et préjugés sur l’handicap. C’est lui qui allait contenir peu à peu les graves soubresauts sociaux et économiques de la grande crise de 1929. Sa vision pour mettre l’économie à l’endroit est portée par le New Deal (Nouvelle donne).
Il a été élu à 4 reprises et meurt au début de son quatrième mandat présidentiel, le 12 avril 1945.

Ils étaient originaires des Pays-Bas par leurs ancêtres.

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● Clôture des assises nationales : la Charte de la Transition signée, le Capitaine Ibrahim TRAORE Président du Faso.

Le Capitaine Ibrahim TRAORE a signé ce vendredi nuit la Charte de la Transition et de l’acte de confirmation de sa désignation comme Chef de l’Etat, Président du Faso et Chef suprême des armées.

La signature de ces deux documents marque l’accord du Capitaine Ibrahim TRAORE à répondre à l’appel des forces vives de la Nation pour conduire la Transition en tant que Chef de l’Etat et l’entrée en vigueur de la Charte.

L’adoption de cette Charte de la Transition de quatre titres et de 27 articles intervient après plusieurs heures d’échanges et d’amendements sur la proposition de document soumis aux forces vives.

A l’issue des travaux des Assises nationales sur la conduite de la Transition, les participants ont retenu que les organes de la Transition seront le Président de la Transition, le Gouvernement de la Transition et l’Assemblée législative de Transition (ALT).

Le gouvernement de la Transition est composé, selon la Charte, d’un Premier ministre et de maximum 25 ministres. Quant à l’organe législatif de Transition, il doit être composé de 71 membres, exerçant un mandat gratuit.

La durée de la Transition est fixée à 21 mois pour répondre aux ambitions du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR) de travailler à la restauration de l’intégrité du territoire nationale.

Cette signature de la Charte de la Transition marque la clôture des Assises nationales qui étaient prévues pour deux jours.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

©️ Via https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=480942534074564&id=100064764636910

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● Aziz sur les traces de son patrimoine en Turquie

Sahara Média – L’ancien président mauritanien Mohamed O. Abdel Aziz est arrivé en Turquie pour une visite entourée d’une certaine discrétion selon les sources de Sahara Medias.

Ould Abdel Aziz qui a dirigé la Mauritanie de 2009 à 2019 avait été accusé par la justice de son pays de corruption et de blanchiment d’argent après une enquête parlementaire à l’issue de laquelle il a été déféré à la justice.

Mis sous contrôle judiciaire renforcé pendant quelques mois, l’ancien président avait eu un malaise cardiaque pendant cette période et s’est rendu fin septembre à Paris pour des examens médicaux.

Mais depuis son voyage à Paris, ould Abdel Aziz est apparu dans certaines activités de la colonie mauritanienne à Bordeaux lors desquelles il s’est exprimé sur la situation du pays rejetant les accusations portées contre lui mais refusant aussi de s’exprimer sur l’origine de sa fortune quand la question lui avait été posée par cette colonie.

L’ancien président est également apparu dans la capitale belge, Bruxelles, avec un groupe d’activistes des droits de l’homme et des opposants, avant de se rendre en Turquie.

Des sources qui se sont exprimées à Sahara Medias lui ont affirmé que l’ancien président s’est rendu en Turquie afin de suivre et vérifié son patrimoine dans ce pays, après deux ans au cours desquels il n’avait pas eu la latitude de le faire.

Selon les mêmes sources ould Abdel Aziz voudrait vérifier ses patrimoines que certaines personnes proches de lui socialement géraient pour son compte, dont des membres de sa famille.

La justice mauritanienne, lors de l’enquête qui a été ouverte, avait dépêché une mission dans certains pays dont la Turquie pour suivre les traces des patrimoines de l’ancien président, mais les résultats de ces missions n’ont pas été révélés.

Officiellement ce qui avait été annoncé c’est le gel jusqu’à présent de 41 milliards d’anciennes ouguiyas (plus de 100 millions de dollars) dans le cadre du dossier de la décennie dont plus de la moitié appartient à ould Abdel Aziz et les membres de sa famille.

©️ Via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=760185

🔴 Edito-Blog | Ces coups sans États sous nos cieux : l’armée et les petits peuples, tous dans le flou perpétuel !?

Au Burkina Faso, 2 coups d’état en dix mois à peine. Un capitaine qui détrône un colonel, on y arrive peu à peu, le prochain peut être un lieutenant de 25 ans qui va chasser le capitaine. Qu’on se l’avoue, si des motards enturbannés chétifs ensanglantent et rasent nos contrées saheliennes sans être éradiqués durant ces nombreuses années, c’est dû à la faiblesse de nos forces armées et de sécurité. Armées clanisées en bataillons et en unités méfiants les uns envers les autres, l’élite hiérarchique embourgeoisée dans les villas sécurisées très loin du terrain chaud n’a aucune emprise décisionnelle efficiente sur les opérations menées au front. Ainsi les groupes terroristes fanatisés mènent la danse parce qu’ils semblent mieux au point en vision opérationnelle. Illuminés par une idéologie takfiriste aveuglante, ils installent la terreur parmi des populations abandonnées. À force de végéter dans cette terreur sans perspective d’espoir d’en sortir un jour par les forces de sécurité, les populations affectées vont se résoudre à un laisser-aller compatible avec ce joug islamiste au jour le jour. Ces derniers temps, certains médias annoncent que 40 % du territoire Burkinabé est hors contrôle des autorités étatiques. Et la priorité se joue ailleurs entre les factions de l’armée. Cette armée par la faction du colonel Damiba qui a chassé en janvier 2022 le président civil élu Koboré (reproché d’être dépassé par l’insécurité qui ronge le pays), est passée ces dernières heures sous la coupe nette d’une autre faction dirigée par un jeune capitaine appelé Ibrahim Traoré (né en 1988). Encore quasiment les mêmes reproches annoncés à l’encontre du déchu colonel Damiba comme lui même avait fait au sujet de la gouvernance Koboré. Toujours l’insécurité et l’impossible mission à faire face sérieusement aux groupes terroristes qui baladent en motos. On dirait que c’est normal, car l’armée ne cesse d’être en guerres intestines très loin du terrain chaud. La faction la mieux équipée du moment ne va pas bousculer longtemps les terroristes fanatisés dans les profondeurs de zones occupées, et trouve aisément l’alibi « entretenu » l’insécurité pour détrôner le gars en place dans la capitale. Au Mali, la bande GOITA tient et sécurise son pouvoir mais peine à sécuriser l’ensemble du territoire où la conjugaison des efforts Fama-Wagner fait bouger certaines lignes. Et dans d’autres zones, les groupes terroristes marquent des points, ainsi retrouver l’intégrité territoriale est un mirage aujourd’hui…

Du côté de Bamako, le régime de la bande Goïta risque l’installation d’un embourgeoisement avec les vagues d’une ferveur populiste consommatrice irréfléchie d’un anti-impérialisme fourre-tout. Les affaires sérieuses de l’intérieur sont masquées par une certaine véhémence populiste en haut lieu contre des ennemis représentés dans l’imaginaire collectif par exemple la France qui serait à l’origine de tout, une approche trop simpliste bien sûr. Les coups d’état ne préviennent pas, et les masses fanatisées à la sauce simpliste et idéaliste kemi-sebaénne d’aujourd’hui peuvent se retourner à tout moment quand d’autres arrivent à détrôner ceux d’aujourd’hui pour rectifier….dit-on.

Ouagadougou 2 octobre 2022 – Les drapeaux Burkinabé et Russe brandis par les manifestants de soutien aux putschistes


Et ces masses populaires très versatiles !

Sûrement les masses vues aujourd’hui 2 octobre 2022 autour de l’enceinte de RTB en soutien à la bande du jeune officier capitaine Traoré, étaient présentes à l’écrasante majorité dans les rues Ouagalaises déjà pour le colonel Damiba et ses hommes il y a 9 mois seulement. On peut parier si un lieutenant Ouedraogo fait chuter le capitaine Traoré dans 3 mois, on verrait les mêmes masses populaires en transe pareillement pour le nouvel homme fort. C’est ainsi, ça suit beaucoup dans l’instant et l’instinct euphoriques mais ça réfléchit peu sur le long terme.

Ces masses populaires se gavent d’arguments simplistes dits panafricanistes boiteux via les réseaux sociaux et meublent occasionnellement un quotidien austère et compliqué autour. Une unité d’élite la mieux équipée de l’armée qui vient se loger au cœur du pouvoir dans la capitale avec un capitaine « bébé » en tête, quel autre bataillon ferait mieux sur le terrain des combats contre les groupes terroristes ?
Mais non, étrangement on ne s’interroge pas, on applaudit mécaniquement en masses tout en brandissant le drapeau russe et en haïssant la France. Tout un symbole qu’une certaine indignation collective qui n’est pas synonyme de pertinence et de bonne orientation sociale et politique.

Si on mettrait à disposition de nos masses populaires 4 avions d’évacuation ouverte vers 4 destinations : Paris (France) , Le Caire (Égypte) , Durban (Afrique du Sud) et Moscou (Russie), on verrait vers quelle ombre il y aura du monde en bousculade…!

Une certaine opinion publique versatile et manipulée fait partie de nos multiples maux qui vont détruire le peu d’ordre étatique qui subsiste encore dans certains pays.

Arrivera un moment où une mobilisation est nécessaire à partir de Capitales parmi les masses populaires fanatisées dites anti-impérialistes, pour aller affronter les groupes criminels qui massacrent les pauvres populations abandonnées dans certaines localités. Type de la marche verte en 1975 de feu Roi Hassan II du Maroc sur le Sahara espagnol. Si 1 millions de Burkinabé déterminés et encadrés par les forces de sécurité se lancent sur les zones où sévissent les groupes terroristes, tout sera nettoyé. Ce serait plus efficace que l’appel au remplacement d’un ancien maître par un nouveau…n’est-ce pas !?

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● Crimes esclavagistes au Mali : Septembre noir | La communication de la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (CCES)

La Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.CE.S) rappelle aux autorités maliennes, à l’opinion nationale et internationale que plusieurs crimes ont été commis sur des militants abolitionnistes en toute impunité, notamment le jour même de l’anniversaire de l’indépendance du Mali le 28 et 29 septembre 2021 à Souroubire. Un jeune homme âgé à peine de 25 ans, qui s’appelle Diagou CISSE natif du cercle de Bafoulabé, militant actif de l’association A.C.D.E/C.S.P. Le défunt attendait un enfant de sa femme enceinte est sauvagement assassiné par des féodaux terroristes et esclavagistes sous prétexte qu’il refuse de rester un esclave coutumier.

Nous rappelons également les assassinats terroristes, lâches, sauvages et barbares de quatre (4) chefs de familles à Diandioumé, militants du RMFP-Mali, qui sont : Mountaga DIARRISOW (72 ans), Youssouf SISSOKO (73 ans), Diani Hamet SISSOKO (44 ans) et Gossi SISSOKO (45 ans), dans la commune de Gogui, cercle du Nioro Mali. Ces crimes ont eu lieu dans la nuit du 1er au 2 Septembre 2020, les auteurs de ces crimes odieux n’ont toujours pas été jugés et mieux, certains bénéficient actuellement d’une liberté provisoire.

Le plus récent crime esclavagiste s’est passé à Lany Mody, du 29 au 30 juillet 2022, une scène macabre fut découverte avec stupeur, une femme âgée de 70 ans est enlevée dans son champ, tuée, démembrée, puis son corps découpé en morceaux et tentative d’incinération, le reste du corps non consumé par le feu est mis dans un sac et jeté dans l’eau en pleine marre au milieu des broussailles. Le seul tort de Feu Diogou Ladji SIDIBE est d’avoir refusé d’être une esclave dans son village natal, village sous l’emprise des chefs coutumiers soninké qui voulaient l’exproprier de sa terre cultivable, propriété familiale depuis plusieurs générations et cela confirmée par des décisions judiciaires de la juridiction de Kayes.

La Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles exhorte le colonel Assimi AGOITA et son gouvernement à juger ces terroristes esclavagistes en liberté. De mettre en place un arsenal judicaire qui criminalise, pénalise l’esclavage par ascendance et ses séquelles.

Paris le 01 octobre 2022

Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S)

-Ganbanaaxu Féddé (Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie et les deux Guinées)

-Kane Afrique

-Waraba D’AFRIQUE
-Assep : (Association soninké du Sénégal pour l’égalité et le progrès)

-A.H.M.E : (Association des Haratine de Mauritanie en Europe)

-A.R.M.E.P.E.S-France : (L’Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication de la pratique de l’esclavage et ses séquelles)

-IRA-FRANCE (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste)

-MSDH:(Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme.)

-RMFP : (Rassemblement Malien pour la Fraternité et Le Progrès

-Solidarité Africaine section France

-Un Passé Trop Présent

-Memouké Diaguily

-IPLESM: (Initiative pour lutter contre l’esclavage et ses séquelles en M’Beidiya sakha)

-A.C.D.E : (Association Contre la Domination et l Esclavage )

-UVDS: (Union des Volontaires pour le Développement de Soninkara )

– Alliance Ganbanaaxu Feddé Mauritanie

-Ganbanaaxu Feddé Mauritanie

-L’association Chene et Baobab, Union Nationale des Travailleurs Africains des Troupes Coloniales et D’outre Mer

-La Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme (L.T.D.H)

● Nabil Ennasri : «Al Qaradawi détenait une autorité quasi papale» | Exclusif Mizane.info

Que sait-on réellement du parcours d’Al Qaradawi ? Quelle a été sa contribution à la pensée musulmane contemporaine ? Comment expliquer son succès fulgurant et le déclin relatif de sa popularité ? Pour répondre à toutes ces questions, la rédaction de Mizane.info s’est entretenue avec Nabil Ennasri, docteur en science politique, auteur d’une thèse portant sur les relations entre le cheikh al Qaradawi et la diplomatie de l’Etat du Qatar, soutenue à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence. Exclusif.

Mizane.info : Qui était vraiment Youssouf al Qaradawi ?

Nabil Ennasri : Youssouf al Qaradawi faisait partie du cercle des oulémas les plus influents du monde musulman. Un ouvrage publié en 2009 le désignait comme un « global mufti » et comme l’un des deux savants musulmans les plus influents de la seconde moitié du 20e siècle dans le monde arabe. Son apport a été à la fois scientifique, livresque, idéologique et même philosophique, un apport presque sans commune mesure dans le monde arabe en termes de production.

Il a été le maître à penser pendant des décennies de la mouvance des Frères musulmans, avec un leitmotiv qui a traversé toute son œuvre et qu’il mettait régulièrement en avant : le concept de la wassatiyya (juste milieu, ndlr).

Ce concept force (wassatiyya), il le martèlera tout au long de sa vie et dans son œuvre. La wassatiyya signifie la modération dans la lecture des sources religieuses, ce qui le plaçait entre les franges les plus rigoristes et conservatrices, voire fondamentalistes, et celles qui tendaient vers un laïcisme et un libéralisme plus exacerbé.

Pour rester dans un registre descriptif de la manière dont il considérait sa position, il voulait incarner un juste milieu entre le rigorisme des uns et la dissolution des autres.

Comment expliquer les raisons de sa notoriété, de sa popularité et de son influence dans le monde arabe ?

Trois grandes étapes nous permettent de le comprendre. D’abord sa formation, typiquement azharite (tiré du nom de l’université islamique égyptienne Al Azhar, ndlr). Cette formation était considérée comme l’une des plus novatrices en termes de cursus religieux, dans les années 1950/70. A l’époque, la formation dispensée à Al Azhar était considérée comme la plus performante du monde arabe, au moment où les universités du Golfe émergeaient seulement. Al Qaradawi gravira tous les échelons de cette formation jusqu’à obtenir son doctorat en 1973. Cette formation typique et classique le plaçait d’emblée dans le rang des oulémas traditionnels. Son approche traditionniste lui a donc permis d’engranger un certain capital symbolique auprès de ses coreligionnaires.

Seconde étape, sa production. Plus de 100 ouvrages, et en comptabilisant l’ensemble de ses épitres et contributions dans plusieurs volumes, cela monte à près de 200 ouvrages, du jamais vu. Cette production lui a ouvert les portes d’une dizaine d’université dans le monde musulman et ailleurs, en Europe et aux Etats-Unis, dans les années 70/80, auprès des communautés musulmanes occidentales. Ajoutons à cette production, le cumul de ses fonctions universitaires dans le monde musulman qui lui ont permis de fortifier un magistère moral et religieux qui a pris de plus en plus d’importance au fil des années.

Troisième étape, sa capacité à prendre le train des mass médias et de ce qu’on appelait les autoroutes de l’information. Qaradawi fut l’un des premiers à le faire au Qatar, à la radio d’abord, à la télévision ensuite.

A la faveur de la prise de pouvoir du prince héritier Hamad ben Khalifa Al Thani en 1995, et du lancement de la chaîne Al Jazeera, Al Qaradawi est devenu l’imam cathodique qui s’est fait connaitre dans le monde entier grâce à sa célèbre émission « Ash-Shariah wal-Hayat ». Tout cela va s’imbriquer jusqu’à en faire un « global mufti », une personnalité incontournable du champ religieux musulman.

Une célébrité qui lui vaudra des critiques des deux côtés, à la fois par les tendances rigoristes qui jugeait ses positions trop libérales l’accusant de prendre trop de liberté par rapport aux canons de l’orthodoxie, et par les franges libérales et laïques qui le jugeait trop conservateur sur certains sujets.

Al Qaradawi va particulièrement s’impliquer dans les débats d’idées et de société et va s’intéresser également aux questions qui touchaient les musulmans vivant en Occident. Il s’engagera activement dans la construction d’institutions comme le Conseil européen de la fatwa, les écoles IESH. Il fut aussi le président-fondateur en 2004 de l’Union internationale des savants musulmans. Tout ceci fait de lui une personnalité unique dans le monde musulman.

Vous avez évoqué sa formation et sa grande production. Etait-il un savant généraliste ou avait-il des champs de spécialisation ? Quelles idées, concepts ou réflexions particulières a-t-il laissé en héritage ?

Du fait de sa formation, Al Qaradawi a abordé et traité de nombreux sujets dans l’ensemble des disciplines islamiques. Notamment, les usul al fiqh (les fondements de la jurisprudence religieuse) et leur implémentation dans un monde moderne. Il a en ce sens énormément contribué à une forme de renouvellement de la pensée.

Par exemple sur les questions économiques, il a fait partie des shari’a boards de très nombreuses institutions bancaires islamiques qui ont impulsé la finance islamique. Avec son ouvrage, Fiqh al Zakat, Qaradawi s’est efforcé de proposer une relecture et une réinterprétation contextualisée de la zakat dans un monde moderne très mouvant qui entrait de plein pied dans le monde arabe et musulman, loin des lectures traditionnalistes du monde rural.

Une réflexion, donc, autant sur les fondements que les pratiques et leur application dans le monde contemporain. Il abordait également les questions de dogme, de la foi, mais aussi de la langue arabe, puisque c’était également un poète. On lui doit plusieurs ouvrages sur la rhétorique (al balagha) de la langue arabe pour laquelle il était reconnu.

D’une part Youssouf al Qaradawi était reconnu comme une autorité savante dans le monde musulman et exerçait une influence prépondérante en ce sens, mais d’autre part certains de ses ouvrages étaient interdit en Egypte et en Arabie Saoudite. Comment comprendre ce paradoxe ? Que pouvez-vous nous dire sur la réception de son travail dans le monde arabe ?

Cette réception est très dépendante du contexte. Dans les années 60 et 70, al Qaradawi est très reconnu dans l’ensemble des pays du Golfe. Il va lancer l’université islamique du Qatar dont il sera le premier recteur. Son activité s’intensifie : il participe à de nombreux colloques dans le monde musulman, est invité par plusieurs universités, voyage régulièrement aux Emirats arabes unis. Avant la guerre du Golfe (1991), la pensée des Frères musulmans est relativement en symbiose avec celle des wahhabites saoudiens, ce qui va provoquer le phénomène de sahwa, le réveil islamique, phénomène très bien développé par Stéphane Lacroix et d’autres. Les seules querelles sont des querelles de dogme.

La guerre du Golfe va bousculer cette symbiose et créer une scission à l’intérieur du champ islamiste avec des littéralistes saoudiens qui vont critiquer la pensée politique des Frères dans le rapport à l’autorité et à l’Etat, ainsi que la légitimité démocratique de l’appel aux urnes et de la mobilisation populaire que Qaradawi a toujours validé.

L’un des marqueurs d’al Qaradawi est de s’engager pleinement dans les débats d’idées et de société les plus sensibles du monde arabe, en particulier la cause palestinienne, la guerre en Irak, l’Afghanistan, les Talibans, et après 2010, il exprimera son soutien aux révoltes arabes jusqu’à l’appel quasiment au meurtre de Kadhafi.

Ces positions vont faire pâlir sa popularité et le faire percevoir comme un porte-voix de la diplomatie qatarienne. Même chose pour sa lecture de la révolte bahreïnie comme n’étant non pas un soulèvement populaire comme cela a pu être le cas en Egypte, au Yémen et ailleurs, mais comme une révolte confessionnelle qui n’était pas l’expression populaire légitime du peuple bahreïni. Cela va contribuer à ternir son image.

Ses opposants lui ont aussi reproché d’avoir contribué à accentuer la confessionnalisation de la guerre en Syrie entre sunnites et chiites…

A mesure qu’il intervenait dans les débats publics, le cheikh Al Qaradawi est devenu d’autant plus clivant qu’il pouvait se positionner sur des sujets qui n’étaient pas religieux. A partir du moment où effectivement il va s’engager aux côtés des révolutionnaires et s’opposer frontalement à des régimes, étant donné le caractère extrêmement clivant de la guerre syrienne ou libyenne, il va devenir le porte-voix officieux de certains Etats, ce qui lui vaudra des foudres de critiques de ses aînés.

A l’instant où il entre dans l’arène politique en prenant des positions aussi tranchées, dans un contexte symbolique et physique aussi violent (crises syrienne, libyenne, bahreïnie), le contrecoup sera très fort en raison du caractère très politisée de ses positions. Ce qui s’en ressentira sur son image et fera baisser son audience dans le monde arabe.

Vous disiez récemment dans Le Monde que la mort de Youssouf Al Qaradawi marque « la fin d’une époque. » Qu’entendiez-vous par là ?  

Youssouf al Qaradawi avait une place structurante dans la pensée des Frères musulmans d’une manière générale, ce qui n’est pas peu de chose quand on sait que les Frères musulmans constitue l’un des pivots majeurs du champ religieux contemporain dans le monde arabe.  Il jouait un rôle de référent du fait de sa contribution en termes de grille de lecture intellectuelle, une contribution qui a permis à des musulmans de pratiquer leur foi dans un monde moderne en pleine mutation.

Il incarnait le rôle d’un Guide spirituel pour les Frères musulmans. Il était le seul à détenir cette autorité quasi papale pour reprendre les termes de Stéphane Lacroix et Thomas Piret, le seul à posséder un tel capital symbolique.

Sa disparition crée une forme de vide difficilement remplaçable par des mandataires secondaires par rapport à la posture papale qu’il avait.

Propos recueillis par la rédaction

©️ Repris via https://www.mizane.info/nabil-ennasri-al-qaradawi-detenait-une-autorite-quasi-papale/

● Le prédicateur des Frères musulmans, Youssef al-Qaradaoui, est mort

L’éminence grise des Frères musulmans, cheikh Youssef al-Qaradaoui, est mort à 96 ans, indiquait, lundi, son compte Twitter. Il est considéré comme l’un des pères spirituels de la confrérie fondée en 1928 en Égypte.

« L’imam Youssef al-Qaradaoui est décédé après avoir dédié sa vie à faire connaître l’islam et à défendre sa communauté« , a annoncé, lundi 26 septembre, un post sur son compte Twitter officiel.

Considéré comme l’un des pères spirituels de la confrérie fondée en 1928 en Égypte, Youssef al-Qaradaoui a été emprisonné à plusieurs reprises dans son pays, où les Frères musulmans sont désormais considérés comme « terroristes » et encourent la peine de mort pour appartenance à leur organisation. 

Condamné par contumace à la peine de mort en Égypte, Youssef al-Qaradaoui vit depuis de longues années au Qatar, qui ne s’est réconcilié que récemment avec l’Égypte. Cette dernière est désormais dirigée par l’ancien maréchal Abdel Fattah al-Sissi, architecte du renversement du président issu des Frères musulmans Mohamed Morsi en 2013.

Le célèbre prédicateur, dont les sermons étaient souvent retransmis par la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira, présidait l’Union internationale des savants musulmans, une association de religieux sunnites basée dans ce petit émirat gazier du Golfe.

Sa fille Ola al-Qaradaoui est elle-même poursuivie en Égypte pour « appartenance à une organisation interdite » et « participation à son financement ».

Elle a déjà passé quatre années et demi en détention préventive et, si elle a été libérée fin 2021, les charges retenues contre elle pèsent toujours.

Avec AFP

©️ Via https://lm.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fgo.france24.com%2FRzX&h=AT3ir_cUmtTdF-jB2N_6GwVYE0JusDQOXnosyXs2_k6Aep56DXbx3eKDHxuxeEHOUjJdkXfUF81VQUQBJrrFD_NyKpf3jijugFDtFUhWr9KeO0SxV5dMjAA8f0uqBKs42JLR