● Biram Dah Abeid honoré à l’occasion de la Journée de l’Égalité Universelle

Communiqué de presse, 16 avril 2025

Le 12 avril 2025, à l’occasion de la Journée de l’Égalité Universelle, Biram Dah Abeid a été honoré en qualité d’acteur majeur du changement, par Ambedkar International Mission et le Forum Mondial des Communautés Discriminées sur la Base de l’Ascendance et du Travail (GFoD–CDWD). La distinction a été décernée à l’initiative du GFoD, en présence de Monsieur Paul Divakar Namala, militant indien de renommée mondiale et coordinateur international des actions pour l’égalité des droits des CDWD.

La Journée de l’Égalité Universelle, célébrée chaque année le 14 avril, marque la naissance du Dr B.R. Ambedkar (1891–1956), principal rédacteur de la Constitution de l’Inde et figure emblématique de la lutte contre les discriminations fondées sur la caste. Au travers de l’évènement, les organisations partenaires œuvrent à la promotion de l’égalité, de la justice sociale et de la dignité humaine.

La longue liste de reconnaissances emblématiques du combat mené par Biram Dah Abeid sur la voie de l’universalisme et de la non-violence témoigne d’une notoriété fortement ancrée dans l’éthique :

Prix des droits de l’homme de la Fondation James Lawson (2019)

Prix du Courage Civil de la Train Foundation (2016)

Prix des Nations Unies pour les droits de l’homme (2013)

Prix Front Line Defenders pour les défenseurs des droits humains (2013)

Prix Anti-Slavery International (2008)

En 2017, Biram Dah Abeid figurait parmi les 100 personnalités les plus influentes du monde selon Time Magazine.

Il sera sélectionné, à plusieurs reprises, au Prix Nobel de la Paix, en hommage à sa lutte de promotion de la dignité humbles en Mauritanie. Sa proposition comme candidat au prix Zakharov pour la liberté de l’esprit a été contrariée, à cause de l’acharnement du gouvernement mauritanien. La presse et les lanceurs d’alerte ont révélé, en décembre 2022, les dessous de cette fameuse affaire de corruption au Parlement européen que la police et la justice belges mettront des mois à démêler.

La cérémonie du 12 avril réunissait des intervenants et des participants venus de nombreux pays et continents, notamment la Gambie, la Mauritanie, le Cameroun, le Niger, le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Kenya, la Lituanie, la Tanzanie, la Somalie, la Polynésie, l’Inde, le Pakistan, la Roumanie, le Soudan du Sud…

• Lien média https://www.ira-mauritanie.org/2025/04/biram-dah-abeid-honore-a-loccasion-de-la-journee-de-legalite-universelle/?fbclid=IwY2xjawJtIIVleHRuA2FlbQIxMQABHlJHAdWdFI7JO1DTiuy3-ZLKjUnLbTQjfoJQSV4kCx4-9wxHV5RsLCOpehmP_aem_yJjDMvN6lOogpbEgAI6URw

● L’Algérie : cette voisine hypocrite ! | Par M. Brehima SIDIBE.

Lorsque vous avez l’occasion de vous exprimer, dites du bien de votre pays !

Cette phrase de l’ancien président Américain, Jimmy Carter, sied bien à la situation actuelle entre le Mali et l’Algérie. La récente brouille diplomatique fait suite à l’affaire du drone malien abattu par l’Algérie. Dans cet article, nous revenons sur l’origine de cette tension diplomatique ; la communication interposée des gouvernements maliens et algériens ;  la réplique de l’Alliance des Etats du Sahel et enfin  un plaidoyer pour la défense de la patrie. 

De la dénonciation des accords d’Alger à la brouille diplomatique

Depuis son indépendance en 1960, le Mali a été secoué par plusieurs rébellions qui menacent sa stabilité politique et institutionnelle. Toutes ces rébellions sont issues du septentrion malien, faisant frontière avec l’Algérie. Ainsi, ce pays a toujours été impliqué dans la recherche des solutions face à ces crises.  Pour preuve, le dernier accord entre le gouvernement du Mali et les groupes armés a été négocié sur le sol algérein en 2015. Cependant, peut-on être la solution d’un problème dont on est au moins en partie la source? Absolument pas ! C’est le cas de l’Algérie. En effet, il n’est un secret pour personne que ce pays n’a jamais joué franc jeu avec le Mali. Comment comprendre que les chefs terroristes et rebelles qui sèment la terreur au Mali trouvent toujours  refuge sur le sol algérien? Quelle hypocrisie !

  Après la reprise de la Ville de Kidal par l’armée malienne en novembre 2023, le gouvernement de transition a opté pour un changement de paradigme tant sur le plan sémantique que diplomatique. En effet, les anciens rebelles de la Coordination des Mouvements de l’AZAWAD (CMA) ont été requalifiés en “terroristes”. Ainsi, le président de la transition, le Général Assimi Goita, dénonce l’accord de paix et de réconciliation issu du processus d’Alger. Dans la foulée, le Dialogue inter-Maliens est initié et se tiendra en avril et mai 2024. Dès lors, l’Algérie semble perdre la main dans un dossier dont elle pensait avoir le monopole. La question que l’on se pose est la suivante : peut-on objectivement s’opposer qu’un pays puisse s’approprier la gestion d’une crise interne? De quoi l’Algérie se mêle finalement? Cet état de fait conduit à une escalade diplomatique. L’épilogue de ces tensions intervient avec l’attaque du drone malien par l’Algérie début avril 2025.

La communication interposée des gouvernements malien et  algérien

   Après l’attaque du drone malien à la frontière avec l’Algérie, le gouvernement algérien a été le premier à communiquer, affirmant que le drone était entré sur son territoire. On pouvait dès lors croire à une légitime défense. Il a fallu quelques jours, le temps de mener des enquêtes approfondies, pour que le gouvernement malien affirme que l’Algérie a bel et bien abattu le drone mais avec un détail important : sur le sol malien! En effet, coordonnées géographiques à l’appuie, le gouvernement de transition au Mali a démontré que le drone se trouvait à près d’une dizaine de kilomètres à la frontière de l’Algérie. Autre constat qui soutient cette thèse, l’épave du drone a été retrouvée sur le territoire malien. Il apparaît dès lors que ce pays voisin, ou pour ainsi dire cette voisine hypocrite, a délibérément abattu le drone

La réplique de l’AES

La réplique du Mali et plus globalement des pays de l’AES ne s’est pas faite attendre. En effet, dans un communiqué conjoint, le Mali, le Burkina et le Niger rappellent leurs ambassadeurs pour consultations. Et l’ambassadeur d’Algérie à Bamako sera convoqué au ministère des affaires étrangères. C’était là une application concrète de l’article 6 de la charte du Liptako-Gourma qui stipule que toute attaque contre un pays membre est considérée comme une attaque contre l’ensemble des pays. Aussi, faut-il rappeler que les territoires des trois pays sont désormais considérés comme un seul théâtre d’opérations. Si l’Algérie voulait tester la solidarité des pays de l’AES, elle a sa réponse. Au-delà du niveau institutionnel, les populations ne sont pas restées en marge de cette affaire.

Plaidoyer pour la défense de la patrie

Lorsque la Nation fait face à l’adversité venue de l’extérieur, il convient que chacun se range derrière le drapeau national, pas nécessairement derrière les autorités. Il faut dire que la quasi-totalité des partis politiques et des organisations de la société civile ont condamné cet acte d’agression contre notre pays. Néanmoins, nous sommes peinés de constater que certaines personnalités politiques et publiques participent à la cabale médiatique de l’Algérie contre le Mali, oubliant ainsi le principe même de l’action politique hélas…

Retrouvons-nous autour de l’essentiel, le Mali. C’est le seul combat qui vaille!

Brehima SIDIBE, Doctorant à CY Cergy Paris Université

● Union Africaine | L’esclavage et la colonisation, crimes contre l’humanité.

Initiée par le Togo sous l’impulsion du président Faure Gnassingbé, la décision prise par l’Union africaine, qualifiant l’esclavage et la colonisation de crimes contre l’humanité, ouvre un nouveau chapitre dans la reconnaissance des préjudices subis par le continent au cours des cinq derniers siècles.

L’Union africaine (UA) a adopté le 16 février 2025 une résolution qualifiant l’esclavage, la déportation et la colonisation de crimes contre l’humanité et de génocides à l’encontre des peuples africains. Cette décision fait suite à une initiative portée par le Togo.

La résolution a été adoptée lors de la 38e session ordinaire de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA. Présentée par le Togo sous l’égide du président Faure Gnassingbé, elle constitue une première dans l’histoire de l’organisation panafricaine.

Dans sa déclaration, le Togo souligne que cette qualification juridique concerne des actes « planifiés et méthodiquement exécutés » au cours des cinq derniers siècles. Le texte adopté répond aux demandes exprimées par les sociétés civiles africaines et les organisations diasporiques.

La reconnaissance de ces événements comme crimes contre l’humanité et génocides établit un cadre juridique nouveau concernant ces périodes historiques. Cette qualification pourrait avoir des implications sur les discussions futures concernant les réparations.

AC/Sf/APA

• Lien média https://fr.apanews.net/diplomacy/lua-reconnait-lesclavage-et-la-colonisation-comme-crimes-contre-lhumanite/

● La Francophonie : héritage colonial ou levier de coopération ? | Par M. Souleymane Sidibé


La Francophonie est née d’un lien historique entre la France et ses anciennes colonies, mais elle dépasse aujourd’hui cette relation héritée du passé. Elle joue un rôle clé dans la culture, l’économie, la diplomatie et l’éducation, promouvant la langue française et des valeurs de solidarité et de diversité. Ainsi, le français n’est plus seulement « un butin de guerre » ou un vestige colonial, mais une langue vivante, portée par des millions de locuteurs à travers le monde.
« C’est notre bien commun, notre maison. Il faut mieux la connaître pour l’aimer », martèle Alain Rey.

Un outil d’émancipation et de coopération

Le français est devenu un espace d’expression culturelle et un outil de transmission des savoirs, permettant aux peuples de revendiquer leur histoire et de bâtir un avenir commun. Il structure les échanges et sert de levier diplomatique et économique, notamment à travers des initiatives favorisant la coopération Sud-Sud. De plus, les pays francophones s’appuient sur cette langue pour renforcer leur souveraineté tout en restant connectés au monde.

Cependant, à l’ère des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle, la prédominance de l’anglais constitue un défi majeur. La révolution numérique privilégie les contenus anglophones, marginalisant les autres langues. Le français doit donc s’adapter et se renforcer dans ces nouveaux espaces pour préserver la diversité linguistique et culturelle.

Un atout diplomatique et économique

Malgré la montée de l’anglais et du mandarin, le français demeure la cinquième langue la plus parlée au monde et reste une langue de travail dans les grandes organisations internationales comme l’ONU et l’OIF. Sur le plan économique, les échanges entre pays francophones sont en moyenne 65 % plus élevés, preuve du rôle stratégique de la Francophonie dans le développement et la coopération.

Dans le domaine scientifique, le français garde une place importante, notamment dans les sciences humaines et sociales. Toutefois, pour éviter un recul face à l’anglais, il est essentiel d’encourager la production et la diffusion des savoirs dans cette langue.

Une Francophonie plus inclusive et tournée vers l’avenir

Malgré ses atouts, la Francophonie reste parfois perçue comme un espace réservé à une élite. Dans de nombreux pays, l’accès au français demeure inégal, limitant son potentiel d’inclusion. Pour évoluer au-delà du cadre postcolonial, il est nécessaire d’adopter une approche plus équitable et ouverte.

Des pays comme le Sénégal, le Canada ou le Rwanda montrent qu’il est possible de concilier multilinguisme et valorisation du français. Par exemple, le Rwanda a intégré l’anglais dans son système éducatif tout en restant un membre actif de la Francophonie, illustrant une approche pragmatique et non dogmatique des politiques linguistiques.

Réinventer la Francophonie : un défi pour le XXIe siècle

Pour que la Francophonie reste pertinente, plusieurs actions sont nécessaires :
• Décoloniser les imaginaires : cesser de voir la France comme le centre de la Francophonie et reconnaître pleinement la diversité des pays francophones.
• Démocratiser l’accès au français : rendre son enseignement plus inclusif et accessible.
• Valoriser la diversité linguistique : promouvoir le français en complément des langues locales et non en opposition à elles.
• Renforcer la coopération Sud-Sud : développer des projets culturels, économiques et éducatifs entre pays francophones indépendamment des anciennes métropoles coloniales.
• Investir dans le numérique et l’intelligence artificielle : assurer une présence forte du français dans les nouvelles technologies pour éviter qu’il ne soit marginalisé.

Cette Organisation ne devrait avoir pour vocation d’être un outil de domination, mais un projet d’avenir fondé sur la coopération et la diversité. Elle peut jouer un rôle clé dans un monde en mutation, où les défis géopolitiques et technologiques redéfinissent les rapports entre nations. Pour cela, elle doit s’adapter, se moderniser et devenir un véritable espace d’échanges équilibrés et inclusifs.

Souleymane Sidibé

● La Mauritanie et l’accueil des étrangers  : Un atout pour le développement | Par M. Ibrahima Dioum

La Mauritanie, avec ses vastes étendues et sa position stratégique entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, a toujours été une terre d’échanges et de brassage culturel. Dans ce contexte, l’ouverture aux étrangers constitue un levier essentiel pour son développement économique. En accueillant des travailleurs qualifiés venus d’autres pays africains, notamment du Sénégal et du Mali, la Mauritanie bénéficie de compétences complémentaires qui renforcent divers secteurs clés de son économie.

Un besoin en main-d’œuvre qualifiée

L’un des défis majeurs de la Mauritanie est le manque de main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs domaines techniques. Les Mauritaniens, en raison d’un système éducatif encore en construction, ne disposent pas toujours des compétences nécessaires dans des secteurs comme la maçonnerie, la menuiserie, la restauration, la plomberie, ou encore la mécanique. C’est là que l’apport des travailleurs étrangers devient crucial.

Les Sénégalais, par exemple, sont reconnus pour leur expertise en maçonnerie, en restauration et en mécanique, des secteurs indispensables pour soutenir la croissance urbaine et industrielle du pays. Leur présence permet de pallier le manque de techniciens locaux et d’assurer des services de qualité aux entreprises et aux particuliers. Qui peut compter le nombre de maçons sénégalais ayant construit de belles  villas à Tevrag zeina, à  la Cité plage de Nouakchott et à l’intérieur du pays ? Qui connaît le nombre d’ingénieurs et d’architectes sénégalais ayant bâti des stades et des édifices publics en Mauritanie ? Les chefs cuisiniers ne sont-ils pas en nombre dans les maisons et les restaurants Mauritaniens ?

Un pilier du secteur de la pêche

La pêche est un secteur vital pour l’économie mauritanienne, tant pour la consommation locale que pour l’exportation. Or, ce secteur repose en grande partie sur les pêcheurs sénégalais (capitaines de bateaux et « mooles »), qui possèdent un savoir-faire transmis de génération en génération. Lorsque ces derniers retournent au Sénégal pour des fêtes religieuses comme la Tabaski, le daaka et le Maggal, la Mauritanie subit une pénurie de poissons, illustrant leur rôle fondamental dans l’approvisionnement du marché local.

L’intégration de ces pêcheurs dans l’économie mauritanienne est donc un atout stratégique. En favorisant leur installation et en facilitant leur travail, la Mauritanie garantit une meilleure stabilité de son marché halieutique.

Des échanges économiques dynamiques avec le Mali

Le Mali, voisin direct de la Mauritanie, est un partenaire commercial de premier plan. Les échanges entre les deux pays sont nombreux, notamment dans le commerce du bétail, des céréales et d’autres produits agricoles (arachides, mangues, coton…). De nombreux commerçants maliens s’installent en Mauritanie pour faciliter ces transactions, contribuant ainsi à la fluidité du marché et à la disponibilité des produits.

En retour, la Mauritanie bénéficie de la présence de ces acteurs économiques qui dynamisent le commerce et assurent un approvisionnement constant du pays en denrées essentielles.

Une tradition d’immigration réciproque

Si la Mauritanie accueille des étrangers pour répondre à ses besoins économiques, il est important de souligner que de nombreux Mauritaniens ont eux aussi migré vers d’autres pays d’Afrique, notamment la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, le Sénégal, le Mali ou encore le Gabon pour ne citer que ceux-ci. Ces expatriés contribuent à l’économie des pays d’accueil et envoient des fonds à leurs familles en Mauritanie, créant ainsi un cycle économique bénéfique.

Cette réciprocité dans les mouvements de population montre que l’immigration n’est pas une menace, mais plutôt une opportunité d’échange et de développement mutuel.

Une politique d’ouverture nécessaire

Accueillir des étrangers qualifiés en Mauritanie ne doit pas être vu comme une dépendance, mais comme une opportunité stratégique. La complémentarité des compétences permet de combler les lacunes locales et de garantir un développement économique plus dynamique.

En facilitant l’installation des travailleurs étrangers et en valorisant leur contribution, la Mauritanie pourra tirer pleinement parti de son potentiel économique tout en renforçant les liens avec ses voisins africains comme l’a fait le Maroc pour devenir un pays émergent. Une politique d’ouverture bien pensée ne profitera pas seulement aux étrangers, mais aussi à l’ensemble de la population mauritanienne, qui bénéficiera d’une économie plus stable et prospère.

L’immigration n’est pas une menace mais une opportunité pour les Mauritaniens. La Mauritanie a tout intérêt à favoriser et faciliter l’installation et l’intégration des étrangers sur ses dunes et plaines.

Par M. Ibrahima Dioum

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● Mauritanie : La RADDHO dénonce des violations des droits des migrants

Dakaractu — Dans un communiqué de presse publié le 13 mars 2025, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) exprime son indignation face aux vagues d’arrestations et d’expulsions de migrants en situation irrégulière en Mauritanie.

L’organisation, qui détient un statut spécial à l’ECOSOC des Nations Unies et un rôle d’observateur à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), dénonce des atteintes graves à la dignité et aux droits humains.

Expulsions et abus signalés

D’après des sources concordantes, des centaines de migrants, originaires notamment du Sénégal, du Mali, de la Côte d’Ivoire et de la Guinée, ont été interpellés avant d’être expulsés. Ceux qui se trouvent encore en détention, notamment dans les centres de Robinet 10 et Le Ksar, seraient victimes de traitements inhumains et de harcèlement.

Malgré les critiques de plusieurs organisations de défense des droits humains, les autorités mauritaniennes qualifient ces opérations de simples actions de “routine” visant à réguler la situation des migrants et à lutter contre les réseaux de trafic humain.

Toutefois, cette répression a provoqué un climat de tension : des migrants sur le point d’être expulsés auraient incendié un poste de police à Gogui Zemal, à la frontière malienne.

La RADDHO interpelle les autorités

Face à cette situation, la RADDHO exige :

• Le respect strict des droits des migrants, indépendamment des politiques migratoires mises en place par la Mauritanie.

• Le respect des engagements internationaux et régionaux de la Mauritanie en matière de protection des migrants, notamment la Convention des Nations Unies sur les droits des travailleurs migrants et des membres de leurs familles.

• L’intervention des autorités sénégalaises pour garantir la dignité et la protection de leurs ressortissants concernés par ces expulsions.

• L’adoption par les États africains de politiques migratoires plus inclusives, respectueuses des droits humains et favorisant la mobilité intra-africaine.

● Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=781868

● La Maison des mondes africains a trouvé ses locaux à Paris après des mois de controverses [RFI]


Après des mois de controverse, la Maison des mondes africains, aussi appelée MansA va s’installer dans le Xe arrondissement de Paris. Ce centre pluridisciplinaire a pour ambition d’être le « QG permanent » des cultures africaines en France. Ce projet a été voulu par Emmanuel Macron et initié par le penseur camerounais Achille Mbembé. Les diverses autorités en charge du dossier se disputaient depuis des mois sur le lieu d’implantation de la maison.

Si l’art peut-être réaliste, les querelles parisiennes sont souvent surréalistes. Il a fallu des mois de débats et de controverse pour enfin décider du lieu d’implantation de la MansA, la maison des mondes africains. Ce sera finalement un ancien atelier du Xe arrondissement de Paris qui commencera à accueillir ses premiers visiteurs dès juin.

Pendant un temps, le ministère de la Culture souhaitait voir la maison s’installer sur les berges de la Seine, à la Monnaie de Paris. Mais le vénérable établissement datant du IXème siècle aurait dû partager un espace qu’il espérait rentabiliser pour financer son budget, faute de fonds publics.

La querelle avait pris un tour politique
Par ailleurs, la querelle avait pris un tour politique. Les députés du Rassemblement national ont accusé le gouvernement de céder « aux sirènes de la repentance », vis-à-vis de l’Afrique. À cela, des difficultés budgétaires se sont ajoutées entre les deux ministères de tutelle, celui des Affaires étrangères et la Culture.

Au final, ce projet aura mis plus de trois ans à s’implanter. Sur le modèle de l’Institut du monde arabe, la MansA se veut à la fois une vitrine, un refuge et un tremplin pour les artistes africains.

• Lien média https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250305-maison-des-mondes-africains-va-s-installer-%C3%A0-paris-apr%C3%A8s-des-mois-de-controverses

● Syrie | M. Ahmed al-Charaa, de combattant islamiste autrefois allié d’Al-Qaïda à la présidence du pays.



Les projecteurs médiatiques ne l’ont pas raté lors de sa présence au sommet de la Ligue arabe tenu actuellement en Égypte. Il s’appelle Ahmed al-Charaa, devenu président par intérim de la Syrie après l’écroulement du régime Bachar al-Assad. Damas est tombé le 8 décembre 2024 sous l’offensive du groupe HTC (Hayat Tahrir al-Cham) dirigé par celui dont le nom de guerre est Abu Mohammed al-Joulani et ses alliés de l’opposition armée. Le très renseigné journaliste Wassim Nasr qui dit l’avoir interwiewé 2 fois (avant et après la chute d’al-Assad), précise que l’actuel homme fort du pays de Cham, a été combattant islamiste en Irak contre l’invasion américaine de 2003 et fut prisonnier de nombreuses années durant. Ainsi, il peut être encarté comme un vétéran aguerri de l’international islamiste armé dans les zones syro-irakiennes. A-t-il connu par le passé directement ou via intermédiaires al-Zawahiri (égyptien numéro 2 d’al-Qaïda), al-Zarqaoui (jordanien d’al-Qaïda Irak) ou al-Baghdadi (calife de Daesh) ?
Le journaliste Wassim Nasr croit savoir qu’il s’est réformé stratégiquement en s’orientant vers un engagement politique bien pragmatique d’ordre national voire nationaliste. Les visées jihadistes internationalistes longtemps cultivées par la nébuleuse islamiste, sont abandonnées du côté du HTC dans son fief originel de la ville d’Idlib et sa région. Aujourd’hui la nouvelle Syrie en transition politique est incarnée par M. Al-Charaa qui s’habille en occidental impeccablement dans ses vestes et cravate au col. Au Caire, on l’a vu fraternellement accueilli par le président égyptien Abdel Fattah al Sissi (l’Égypte d’Ayman al-Zawahiri qui y était banni à vie). La soft métamorphose est en cours pour l’ancien « jihadiste » qui va accepter la force des réalités politiques et géopolitico-sécuritaire et se libérer d’un idéalisme politisé teint d’un intégrisme religieux. L’aventure violente et criminelle du groupe hérétique Daesh et son échec cuisant sont encore vivaces dans la conscience collective dans cette région. Les nouvelles autorités syriennes déploient une activité diplomatique soutenue pour espérer une normalité géopolitique dans la région et s’insérer dans l’ordre dompté de la gouvernance de l’ensemble majoritaire sunnite. En sortant à coup sûr de l’axe jadis sous influence de Téhéran de mollahs chiites iraniens et leurs proxys militaro-politiques. La communauté internationale les suit également avec intérêt pour sa position clé dans la géopolitique globale et les débouchés en terme perspectives économiques (marchés de reconstruction, hydrocarbures, services…)

Al-Charaa et Al Sissi

Si le président al-Charaa et ses alliés au pouvoir réussissent leur mue idéologique et politique et passent après la transition à un ordre étatique classique, le cas des naufragés étrangers rescapés du caricatural régime califal de Daesh sera intéressant à observer de près. Que vont-ils devenir ? Quels traitements les nouvelles autorités vont leur appliquer en collaboration avec leurs pays d’origine ?

Et s’ils acceptent une déradicalisation par le haut imposée par le pouvoir, se rangeant dans la trame sociale et économique de la nouvelle Syrie dans sa diversité ethno-confessionnelle, une option plausible. Peut-être moins évident pour certains, ces afro descendants qui sont venus généralement de l’environnement occidental et embarqués naïvement dans un jihadisme manipulateur et manipulé. Comme on ne change pas la géographie, on ne se change pas de peau non plus de si facilement. Sont-ils combien parmi le lot d’excités frustrés à avoir rejoint cette zone au milieu des années 2010 au nom d’une supposée hijra messianiste foncièrement sectaire et belliqueuse ?
Un Amadou afro-européen coincé dans ça, peut transformer son nom en « Abu Mohammed » mais reste socialement et visuellement un corps étranger dans l’écosystème ethno-racial local, lire https://ecrit-ose.blog/2016/07/25/le-noir-ce-corps-etranger-difficilement-acceptable-en-milieu-arabe/ . Au mieux il pourrait se « bilaliser »* et appartenir à une sphère sociale mineure et sa descendance va en pâtir par la suite. Il serait islamisé même sur 6 générations, son épiderme ferait objections troublantes à une sûre élévation sociale et un Jérôme caucasien islamisé depuis 6 ans se verrait accéder facilement à une trajectoire assimilationniste bien meilleure.

Pour conclure, on va espérer que ce changement de paradigme idéologique et géopolitique du côté de la Syrie (Cham) puisse inspirer et raisonner les leaders de différents groupes dits islamistes qui fourmillent avec violence dans certaines zones du continent africain notamment dans le Sahel.

*bilaliser : dérivé du prénom Bilal pour indexer l’essentialisation faite par certains arabo-musulmans de noirs musulmans. Les logeant naïvement comme descendants du compagnon du Prophète, Bilal ibn Rabah avec beaucoup de sous-entendus peu avouables.

5 mars 2025

KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

● La Mongolie, future hôte de la COP17 CNUD, ses similitudes avec la Mauritanie | Par M. Ibrahim Thiaw.

Rarement des pays aussi distants géographiquement et différents sur le plan culturel ont autant de similitudes. Comment donc expliquer que la Mongolie si lointaine de l’Afrique ait pu avoir autant de points communs avec la Mauritanie?

Mettons à part la géopolitique des années soixante qui, curieusement, avait fait admettre les deux pays, le même jour, aux Nations Unies, un 26 octobre 1961.
Le fait est que la Mauritanie s’ouvre grandement vers le Sahara, le plus grand désert chaud au monde, alors que la Mongolie s’adosse sur le Gobi, le plus grand désert d’Asie.

Peuple de pasteurs, les Mongoles disposent de bétail, oui de beaucoup d’animaux. Notez-le bien: leur pays compte plus de chevaux que d’humains. Au total, le cheptel gonfle jusqu’à dépasser de 27 fois le nombre d’habitants. Des années de fortes mortalités font fluctuer ces chiffres mais en moyenne, on dit que pour chaque Mongole, il y a au moins 21 bêtes.

Bon, admettons-le, les sécheresses ont fait leur effet, mais en Mauritanie, l’on murmurait qu’il y a quelques décennies, on comptait plus de bosses de chameaux (d’accord, ce sont des dromadaires) que de têtes d’habitants. Selon certaines estimations, en 2023, il y avait 0.176 Mauritanien pour chaque animal. Disons, pour faire simple, il y avait 5,7 animaux domestiques pour chaque citoyen, bébés et centenaires confondus.

Voilà peut-être une autre similitude: en Mongolie, on honore ses visiteurs en leur offrant une boisson à base de lait fermenté. C’est pas le fameux Zrig ou Tufam mauritanien? 

Signe de leur grande hospitalité, recevoir des visiteurs est une obligation morale. Point besoin d’être officiellement invité: on vient et on partage le repas. Ou plutôt, tout le monde est invité, sans crier gare, on peut s’asseoir et partager le repas. Qui murmure que c’est du déjà-vu? Avec un peu de chance, le repas est fait à base de viande bouillie, suivi d’un thé (au lait).  

Tout cela peut être le fruit d’un hasard. Non moins curieux est le fait que du point de vue de la superficie, les deux pays font chacun un million de kilomètres carrés, avec une population ne dépassant 3.5 millions pour le pays asiatique, alors que la forte poussée démographique tire le pays saharien vers les 5 millions d’âmes.

Même si le pays asiatique est plus vert -avec des saisons plutôt marquées- la M…ie et la M…ie, si dépendantes de l’économie rurale puisque peu ou pas industrialisées, sont menacées par la dégradation des terres et les sécheresses. Ah, j’allais oublier, ces deux pays sont aussi caractérisés par la richesse (en mines) de leur sous-sol.
La grande différence est que le pays saharien dispose de l’une des cotes les plus poissonneuses au monde alors que la Mongolie est enclavée. C’est d’ailleurs le deuxième plus grand pays sans littoral, après le Kazaghstan.

Voilà pourquoi la Mongolie va abriter, l’année prochaine, la COP17 de la Convention des Nations Unies sur la Désertification. La signature de l’Accord de siège la semaine dernière vaut bien les photos en affiche.

Par M. Ibrahim Thiaw, Le secrétaire exécutif de la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification

• Lien média https://www.facebook.com/share/166FVfRxvU/

• Info + sur la COP17 https://environews-rdc.net/2025/02/26/climat-lutte-contre-la-desertification-la-cop17-de-la-cnulcd-se-tiendra-en-mongolie-en-2026/

● Au Sénégal, un député proche de l’ex-président Sall écroué pour « blanchiment et escroquerie »

VOA AFRIQUE – Un député d’opposition sénégalais proche de l’ex-président Macky Sall a été inculpé et écroué jeudi à Dakar pour « blanchiment, escroquerie sur les deniers publics et association de malfaiteurs », a indiqué à l’AFP l’un de ses avocats qui s’est dit « scandalisé » par cette décision.

Mouhamadou Ngom dit Farba, également maire d’une commune dans le nord du pays, a été entendu par un juge du pool judiciaire financier (PJF), un organe anti-corruption, qui l’a écroué, a déclaré Me Doudou Ndoye.

Il a été « placé sous mandat à la très grande surprise de ses avocats scandalisés par la procédure qui ne correspond à aucune des règles du droit sénégalais. L’accusateur ne dit rien de ce qu’il a fait. On le met en prison en attendant de savoir ce qu’il a fait », a fustigé Me Ndoye.

L’Assemblée nationale du Sénégal, saisie par le PJF, un organe mis en place par les anciennes autorités, avait le 24 janvier levé l’immunité parlementaire de M. Ngom pour qu’il soit entendu par la justice après des soupçons sur son implication présumée dans des irrégularités.

Le parquet de cette juridiction affirmait avoir reçu des rapports de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), un organe du ministère des Finances, qu’il a transmis à l’institution parlementaire, largement contrôlée par le pouvoir, pour la levée de l’immunité de M. Ngom, un homme de confiance de l’ex-président Sall (2012-2024).

« Les investigations menées révèlent des mécanismes sophistiqués de blanchiment de capitaux par le biais de sociétés écrans qui auraient été utilisées pour des transactions suspectes d’une valeur estimée provisoirement à plus de 125 milliards de francs CFA » (plus de 192 millions d’euros), avait affirmé le parquet du PJF dans un communiqué publié le 12 janvier.

Plusieurs autres personnes proches de l’ex-pouvoir sont citées dans ce dossier, selon la presse locale. Des dizaines de partisans du député Ngom qui ont manifesté jeudi aux abords du siège du PJF, en face de l’Université de Dakar, ont été dispersés par la police, a constaté un photographe de l’AFP.

L’entourage du député dénonce depuis plusieurs semaines l’exécution, selon lui, d’une « commande politique » par la justice. Le nouveau pouvoir sénégalais, issu de l’élection en mars du président Bassirou Diomaye Faye, a notamment promis de rompre avec l’ancien système.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a promis en septembre des enquêtes sur la « corruption généralisée » ayant sévi selon lui sous l’ex-régime. Plusieurs ex-responsables ont été inculpés et écroués ces derniers mois.

AFP

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