Affaire « esclavage » afro vs afro gêne énormément beaucoup de monde intello Noir. Le narratif habituel charge sans filtres les traites extérieures (transatlantique et timidement trans-saharienne). Un certain antiracisme subit relativement ce même process par lequel les xénophobies ethno-raciales entre Noirs sont mises en sourdine avec beaucoup de mauvaise foi et un focus échappatoire va s’intéresser sur la binarité « Blancs méchants contre Noirs victimes« .
Parfois le cas mauritanien est tellement parlant : l’activisme « Che Guevara » de certains à Nouakchott est très loin de leur ancrage sociologiquement suprémaciste et féodalo-esclavagiste dans leurs communautés et dans leurs villages d’origine. Nos compatriotes et frères arabo-berbères sont très renseignés de ces réalités qui nous traversent. Et également… nos frères haratines engagés le savent bien, un leader haratine de dimension politique nationale qui conteste le système avec véhémence sait très bien la représentation qui est faite insidieusement de « l’individu haratine » dans les imaginaires chez les communautés négro-mauritaniennes (hors haratines). Par opportunisme et petits calculs dans l’arène politique, on essaie de faire abstraction provisoirement de ces prismes et on prêche dans l’intra-communautaire un raidissement de positions identitaires foncièrement communautaristes peu avouables publiquement.
Chaque communauté ou milieu n’accepte une révolution pour des droits socialement universels qu’en dehors de ses frontières ethno-raciales. Dans la problématique en termes de carences d’état de droit et d’égalité sociale en Mauritanie, nous y cachons beaucoup de sous- problèmes qui s’avèrent bloquants pour une cohérence militante transversale et intersectionnelle. Ainsi dire, nos militantismes doivent être évalués entre autres par ce qu’on ose revendiquer et proposer de potablement progressiste et juste à l’échelle nationale et d’en faire pareillement dans notre enclos communautaire d’abord. C’est une Mission essentielle. C’est inacceptable la culture d’une hiérarchisation entre les régimes oppressifs, qu’ils soient du fait étatique ou intra-communautaire.
Cette première AG depuis l’entrée en fonction d’un nouveau bureau a été l’occasion pour le nouveau président d’ARMEPES*, Monsieur Abdoulaye TRAORE, de rendre un vibrant hommage à son frère et prédécesseur Monsieur Gaye TRAORE. En effet, le président sortant a su faire preuve d’abnégation pour l’Ideal Ganbannaaxun à un moment où la question de l’égalité était très épineuse et inconcevable dans le milieu Soninké. En dépit des nombreux obstacles et pendant près de dix ans, Monsieur Traore Gaye et son équipe ont géré avec courage, fermeté et sans complexe le Mouvement Ganbannaaxun Féddé porté par l’association ARMEPES. Le président entrant n’a pas manqué d’exprimer toute sa reconnaissance en son nom, au nom des différentes structures militantes et au nom de tous les épris de justice sociale au sein de la communauté Soninké à travers le monde.
Plusieurs autres points étaient également à l’ordre du jour. Entre autres, la présentation du bureau entrant, quelques révisions sur les modalités d’adhésion et la redynamisation des différents organes. L’accent a également été mis sur les projets à venir et les perspectives.
Cet évènement a permis de réitérer l’engagement de l’ARMEPES en faveur de l’égalité en droit et en dignité, de la justice et de l’équité dans la communauté Soninké et au-delà.
Paris le 26/04/ 2025
L’équipe de communication
*ARMEPES : Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication de la pratique de l’esclavage et ses séquelles
— Mariam Coulibaly, fondatrice et présidente de l’ONG Sah’Elles, a initié une révolution dans le leadership féminin au Sahel. Originaire de Mauritanie, elle fonde Sah’Elles pour répondre à des besoins criants dans une région en proie à l’instabilité politique et aux inégalités de genre. Avec plus de 60 millions de femmes dans la région, Sah’Elles met l’accent sur l’autonomisation des femmes à travers la participation active en politique et dans les affaires.
• Contexte et Défis du Sahel • Instabilité Politique Le Sahel souffre de crises politiques récurrentes qui affectent directement la participation des femmes dans la prise de décision.
• Disparités Économiques La région connaît une distribution inégale des ressources économiques, avec peu d’opportunités pour les femmes de participer à l’économie formelle.
• Inégalités de Genre Malgré leur nombre, seulement une minorité de femmes occupe des postes décisionnels ou accède aux services financiers formels.
• Mission de Sah’Elles • Changer la Politique Sah’Elles vise à transformer les structures politiques en promouvant une plus grande participation des femmes aux processus décisionnels.
• Influencer les Affaires Nous encourageons les femmes à devenir des leaders dans le monde des affaires par le biais de programmes d’élaboration de compétences.
• Célébrer le Leadership L’objectif est de rendre le leadership féminin un élément essentiel et valorisé du paysage sociopolitique du Sahel.
• Approche et Initiatives • Formations et Mentorat Des ateliers pratiques et des sessions de mentorat sont mis en place pour développer les compétences professionnelles et personnelles des femmes leaders.
• Programmes Complets Nous proposons des programmes diversifiés couvrant des domaines essentiels tels que la gestion, la finance et la prise de parole en public.
• Événements et Réseautage Les événements organisés par Sah’Elles favorisent le partage de connaissances et le réseautage entre femmes dirigeantes.
• Ressources et Soutien • Centres de Ressources Des centres dédiés fournissent à nos participantes les informations et outils nécessaires pour réussir.
• Accès à la Technologie Nous mettons l’accent sur la technologie pour faciliter l’accès à l’information et aux opportunités économiques.
• Soutien Financier Sah’Elles aide les femmes à obtenir les financements nécessaires pour lancer et développer leurs propres initiatives.
• Impact Mesurable • Représentation Égale Augmentation du nombre de femmes dans les organes de décision politicos
• Politiques Diversifiées Élaboration de politiques prenant en compte la diversité et l’inclusion
• Entreprises Équilibrées Promotion des entreprises dirigées par des équipes équilibrées en termes de genre
• Expérience et Partenariats • Partenariats Stratégiques Des alliances avec des leaders influents maximisent l’impact de nos initiatives à travers le monde.
• Portée Internationale Nos partenaires en Afrique, en Europe et aux États-Unis étendent notre portée et notre influence.
• Ressources Multiples Nous utilisons les ressources globales pour soutenir nos programmes et initiatives locales.
• Inspiration à Travers le Monde • Conférences Inspirantes Les leaders de Sah’Elles partagent leur vision lors de conférences internationales, inspirant des changements positifs à l’échelle mondiale.
• Rencontres Collaboratives Des rencontres entre femmes leaders propulsent les projets innovants et solidifient les partenariats stratégiques.
• Projets Locaux Les initiatives locales de Sah’Elles démontrent comment le changement peut se produire au niveau communautaire.
• Vision de l’Avenir • Égalité et Justice Sociale Nous aspirons à un avenir où l’égalité des sexes est la norme, offrant des opportunités égales à tous.
• Changement Durable Investir dans les femmes leaders est essentiel pour des changements durables au Sahel et au-delà.
• Société Inclusive Nous construisons une société inclusive où chaque voix compte dans la prise de décision.
Conclusion : Le Rôle Catalyseur de Sah’Elles En conclusion, Sah’Elles se positionne comme une force de changement et de progrès dans le Sahel. Notre engagement à renforcer les capacités de leadership des femmes est non seulement une question de justice sociale mais également un investissement judicieux pour l’avenir. Par l’autonomisation des femmes, nous visons à apporter un changement profond et durable, renforçant leur rôle dans le développement économique et les processus décisionnels. Notre réseau mondial et notre vision innovante nous permettent de relever ces défis critiques avec détermination et passion.
Le vendredi 25 avril 2025, la France et une certaine opinion internationale sont sidérées par l’attaque meurtrière dans une mosquée (La commune La Grand-Combe – Le Gard). La victime est un jeune malien appartenant au groupe sociolinguistique soninké appelé Aboubakar Cissé. Ce dernier a été affreusement poignardé à mort par un individu censé venu apprendre comment faire la prière. Plutôt un haineux islamophobe qui ne laisse aucune chance au jeune fidèle musulman dont les actes et comportements sont hautement loués parmi les fréquentations de la mosquée. Je tiens à réitérer mes fraternelles condoléances à sa famille et à l’ensemble de la communauté musulmane. Paix éternelle à son âme. Ameen. Que la justice française mette tous les moyens nécessaires pour mener l’enquête et punir l’assaillant (arrêté en Italie).
Ce 1er Mai 2025 correspondant à la Fête du travail, une manifestation a été organisée à Paris pour protester contre cet acte horrible, interpeller les autorités publiques françaises et soutenir les proches de la victime. Une certaine France politique est complice avec un narratif de xénophobie particulièrement islamophobe dans les discours publics notamment dans les médias. La communauté soninké de l’Hexagone s’est jointe valablement à cette sortie publique pour dénoncer cet assassinat et compatir avec la famille du jeune Cissé. Ainsi l’appel dans un élément vidéo lancé par M. Ousmane Diagana de l’APS (Association pour la promotion de la langue soninké), a fait écho parmi l’arène RS 2.0 en milieux soninkés notamment au sein de la diaspora en France. C’est très alerte comme démarche de sa part et à saluer vivement ce réflexe citoyen et humaniste. Quand notre commune humanité est touchée par une telle horreur, l’indifférence devient immorale et basse.
Et… pourtant, j’ose reprocher à M. Diagana et sa suite communautariste sous couvert d’une association, de bruyantes indifférences lorsque l’esclavage par ascendance dans l’intra-communautaire soninké a tué, humilié, déporté, exproprié, affamé et assoiffé dans nos terroirs ouest-africains. Le cadre associatif qu’il dirige est un nébuleux support des activités ambiguës liées aux coutumes intégristes et discriminatoires dans l’ensemble féodalo-esclavagiste soninké.
Parmi leurs indifférences les plus abjectes, on peut citer entre autres ; l’affaire de 4 pères de famille (Mountagha Diarisso, Gossi Cissoko, Youssou Cissoko et Hamet Cissoko) lynchés à mort à Djandioumé (village soninké dans la région de Kayes – Mali) dans la nuit du 1 septembre 2020 https://news.un.org/fr/story/2020/09/1076872 et le cas en juillet 2022 de la vielle dame Diogou Sidibé (70 ans) enlevée, assassinée et mise en sac dans le village de Lany https://www.dw.com/fr/mali-diogou-sidib%C3%A9-esclavage-par-ascendance-kaye/a-62903536 .
À ce jour à propos de ces drames liés au refus de la soumission aux pratiques féodalo-esclavagistes, nous n’avons pas eu écho d’un moindre mot de dénonciation et de soutien émis par le cadre institutionnel de son association. Dans leur giron communautaire, on y promeut malheureusement l’immobilité sociale autour d’un pilier principal : la royauté dans les imaginaires pour les uns et la subordination assignée pour les autres.
En France, dans les milieux associatifs diasporiques, ils portent un habillage culturel avec les facilités matérielles à gratter occasionnellement et politiquement encartés pour beaucoup dans les partis de Gauche. Ces partis politiques qui occupent le spectre idéologique où les valeurs d’ouverture et de tolérance sont très expressives à l’endroit de la diversité en France et aux étrangers résidents.
M. Diagana et ses camarades se classent schématiquement dans l’aile suprémaciste de l’écosystème sociétal soninké. Ils évoluent dans des dispositions mentales qui n’admettent pas l’égalité sociale et citoyenne dans l’enclos communautaire. Douchés et piégés à volonté dans des héritages hiérarchisants par la naissance, leurs ambiguïtés sont d’une certaine acuité à l’occasion de ces événements graves par lesquels ils savent allier opportunisme et commerce social devant les opinions publiques.
Ainsi ma brève lecture sur un magma politico-sociétal composé de l’ordre féodalo-esclavagiste soninké et d’un canal associatif en guise d’écran de fréquentabilité partenariale.
Paix éternelle aux victimes de la barbarie et de la haine, qu’elles soient islamophobes ou féodalo-esclavagistes soninké.
Un exercice remémorant peut tenir lieu d’un utile témoignage pour notre communauté militante d’appartenance ainsi qu’à l’endroit de l’opinion publique. L’Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Eradication de la Pratique de l’Esclavage ses Séquelles (ARMEPES-France) a compté amplement dans mon cheminement militant pour la défense des droits humains. J’avais assisté courant 2011-2012 pour la première fois à une réunion d’information et de sensibilisation de l’association au sein d’un foyer parisien (Rue de la Fontaine au roi ou rue desargues). Impératif professionnel oblige, je n’avais pas pu rester jusqu’à la fin, mais ce jour et les échanges observés et entendus entre les responsables initiateurs et l’assistance m’ont touché à fond. J’y avais détecté un matching idéologique idoine (une correspondance) avec des idéaux enfouis en moi depuis ma jeunesse. Les hommes présents âgés pour beaucoup de plus de 45 ans, très motivés, prêchaient pour l’égalité sociale et une prise de conscience collective à l’endroit de la communauté soninké. L’objectif clé : il faut oser aborder nos tares sociales et les éradiquer. Ainsi, un tabou était brisé publiquement et surtout collectivement pour un monde des tabous (soninkara) au sein duquel les pratiques et les comportements doivent être imités, mimés, suivis et surtout transmis pour perpétuer une structure sociale globale qui allie insidieusement interdépendance, fonctionnalité et subordination. En résumé, un conditionnement bien tenu qui a un génie coriace d’être même voyageur avec les éléments sociaux. Les Hommes ne se valent pas au village et ici dans les foyers à Paris ou à Barcelone… on y tâche de reproduire les mêmes schémas. Donc… la révolte ou l’élan révolutionnaire était attendue le temps passant, l’initiative associative avec la création d’Armepes-France en 2010 fut le déclic collectif qui allait marquer à jamais la communauté soninké…notamment avec la massification militante enclenchée par le Forum-mouvement Ganbanaaxun Fedde (créé le 5 octobre 2016 par M. Gaye TeneTraoré, à l’époque SG d’Armepes-France).
Et, avant cette occasion pionnière pour moi, un grand-frère et compatriote originaire du Guidimagha, M. Moussa Traoré m’avait parlé brièvement de cette association lors d’un événement militant de la diaspora à Paris (une manifestation ou un sit-in). Je tiens à manifester ma fraternelle reconnaissance à lui et à d’autres frères et camarades connus dans le sillage de cet engagement humaniste. Dans ce réseau social Facebook, notre contribution s’était inscrite courageusement dans une dynamique de communication et de sensibilisation pour un changement de mentalités dans nos communautés. Avant 2016, je ne tenais aucune position attitrée dans l’instance dirigeante de l’association Armepes, mes activités étaient logées dans le registre d’un militantisme électron-libre et passionné par la chose ou la sauce médiatique. Notre première contribution diffusée en septembre 2013 avait été signée avec la mention membre de l’Armepes-France… lire http://www.soninkara.com/societe/organisation-sociale/contribution-la-fierte-soninkaxu-en-questions.html. Un élément qui avait été repris en format papier dans « La Nouvelle Expression » (Numéro 190 du 30 septembre 2013) du journaliste mauritanien M. Seydi Moussa Camara qui se distingue par une plume engagée et progressiste.
Par la suite l’option d’un Blog https://ecrit-ose.blog/ s’est opérée très naturellement courant 2014. Une plateforme d’apprentissage qui m’était devenue nécessaire et dédiée à communiquer et à faire passer avec nos moyens (qui restent perfectibles) les contenus d’un plaidoyer militant à l’opinion publique la plus large possible.
Mon intégration à l’instance exécutive de l’association a débuté en novembre 2016 parmi l’équipe chargée de la communication, et mon interview en 2020 chez RMI-info.comhttps://rmi-info.com/entretien-de-rmi-avec-koundou-soumare-de-ganbanaaxun-fedde/, est un élément de référence liée à la fonction occupée. De 2016 à 2024, j’ai apprécié et beaucoup appris humainement et intellectuellement au sein d’une belle équipe dirigeante dynamique et motivée avec nos facilités et nos limites pour une grande et laborieuse Mission. Cette Cause humaniste pour l’égalité sociale et citoyenne au sein de nos communautés et par extension dans nos pays. La vedette étant et restant la CAUSE, mon approche est la suivante : tâchons d’accepter en toute modestie notre ancrage comme un maillon d’une frise temporelle d’un cheminement militant. Sans le Tout dans sa globalité et aussi dans sa complexité, l’élémentaire devient dérisoire et peu porteur au final.
Le 8 décembre dernier, nous avons choisi un nouveau président, mon frère et camarade M. Aboulaye Traoré, voir https://ecrit-ose.blog/2024/12/08/%e2%97%8f-lassemblee-generale-darmepes-france-lelection-dun-nouveau-president/. Ce samedi 26 avril 2025, lors d’une assemblée générale, la nouvelle équipe exécutive a été dévoilée et j’attendais cette étape importante franchie pour diffuser la présente communication en guise d’un testament militant d’étape. Mon choix de prise de recul et de recentrage sur sur d’autres champs, avait été compris par notre nouveau président. À qui et à sa nouvelle équipe, je leur souhaite un fructueux mandat pour la poursuite et la réalisation de nos objectifs visionnaires d’utilité sociale et communautaire pour l’avenir d’un vivre-ensemble soninké autre qu’un suprémacisme social foncièrement nuisible, intégriste et conflictogène.
Et, militant, je le suis… je le resterai désormais en simple élément parmi la vaillante communauté militante. Je m’autorise un brin d’humour en annexe, à ces personnes qui ont l’habitude d’exploiter les contenus du Blog et nos noms in texto auprès des services de l’asile, elles doivent faire gaffe….parce que nous changeons également. Les confessions et les indiscrétions ne manquent pas venant de ce milieu à services en coulisses. Comme ce ressortissant soninké du Guidimagha me disant, grand « j’ai cité ton nom lors de mon entretien à l’Opfra« . Et ces services administratifs passent occasionnellement faire quelques courses dans nos données en ligne.
Le BLOG https://ecrit-ose.blog/, notre Blog reste ouvert comme un portail communicationnel avec responsabilité et crédibilité au besoin de la CAUSE.
~~~La rubrique Grand Entretien du BLOG vous propose l’interview accordée par la médecin généraliste Mme TRAORE Diamberé Coumba. Communément appelée Diamberé Barré dont le père (Barré TRAORE), originaire de Dafort (notre cousin et généreux hôte à Nouakchott) a été un responsable de la célèbre boutique d’Optique « Nouakchott Optique » dans le quartier de BMD. Formée à la médecine au Sénégal (UCAD), elle est une figure féminine ayant fait preuve d’une notable détermination dans son parcours d’étudiante menant à un haut accomplissement universitaireen devenant Docteure en Médecine.
À notre questionnaire d’interview soumis le 13 mars 2025, elle a gentiment honoré notre sollicitation en répondant succinctement nos 4 questions ci-après :
● Question 1 : Bonjour Dr Traoré Diamberé Coumba, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter sommairement à nos lecteurs ? (Parcours scolaire, académique et professionnel)
Diamberé TRAORE : Bonjour, je suis très honorée de participer à cette rubrique questions/réponses. Tout d’abord, je me présente. Je m’appelle Diamberé Coumba TRAORE. Je suis soninké, née d’un père mauritanien et d’une mère sénégalaise. Je suis née et grandis à Nouakchott. J’ai fait mon école primaire à la capitale 7, ensuite j’ai fait le collège et le lycée de jeunes filles de Nouakchott avant d’aller à la fac de Dakar, pour faire mon cursus de médecine à l’UCAD. Actuellement je suis médecin généraliste au centre hospitalier des spécialités de Nouakchott.
● Question 2 : vous avez fait preuve d’une patience louable et d’une grande détermination pour décrocher un diplôme de médecin généraliste, quels conseils pouvez-vous donner aux jeunes étudiant.e.s dans leurs projets ?
DT : Mon conseil serait le même que j’ai donné à ma petite sœur lors de l’obtention de son baccalauréat. Pour prétendre à l’excellence, il faut être capable de faire des sacrifices. Je dirais en trois mots : « passion, endurance et sacrifices ». Quelle que soit la profession que vous voudriez exercer plus tard, vous devriez l’aimer avant tout. Prenez le temps de bien réfléchir à la filière que vous allez choisir. Faites vos investigations, approchez les aînés et n’hésitez surtout pas à vous faire parrainer. C’est des choses qui vont vous aider à comprendre comment travailler, comment réussir vos examens etc. De mon expérience personnelle, la médecine est une passion, une vocation, c’est depuis toute petite que j’ai voulu devenir médecin, c’était un rêve d’enfant. Le cursus universitaire est diffèrent du lycée, car il y’a beaucoup plus de cours, les examens sont plus stressants et la plus part du temps vous êtes livrés à vous-même, c’est trop de pressions pour les étudiants. La question du logement pour ceux qui ont quitté leur ville ou leur pays, néanmoins, vous allez réussir inchallah avec plus de concentration, le travail acharné et la persévérance. Je conseille aussi de trouver des loisirs tels que, le sport, la musique, la lecture etc, qui vont vous aider à échapper quand vous êtes trop stressés, c’est important.
● Question 3 : le 8 mars correspond annuellement à la Journée internationale des droits des femmes, quel commentaire faites-vous à propos de cet événement et ses objectifs dans notre pays ?
DT : La journée internationale de la femme est une occasion pour promouvoir et sensibiliser la population (les soninkés en particulier) sur l’importance de l’éducation des jeunes filles. Les femmes sont les leaders de la communauté, car sans elles, on ne peut pas parler du développement. Je dirais dans notre communauté, le droit de la femme commencerait par son droit à l’éducation. On a tendance à marier filles très jeunes à l’âge de 13-14 ans, alors que si on leur donne la chance de faire des études supérieures, ça sera un plus pour elles et dans leurs futur foyers, elles seront plus autonomes. J’aimerais voir plus de femmes avocates, ingénieures, médecins, entrepreneuses etc. On est en 2025, les mentalités doivent changer. Sans oublier la lutte contre la violence faite aux femmes (pas que les féminicide). Toute forme de violence, verbale, physique etc. Tirer la sonnette d’alarme sur la violence domestique (celles qui sont battues par leurs propres conjoints). Nous voulons plus voir des femmes battues à mort par leurs maris, ça doit cesser.
● Question 4 : le phénomène migratoire est une problématique (notamment les départs massifs et périlleux via des embarcations vers l’Europe) qui touche particulièrement la communauté soninké, avez-vous quelques pistes de réflexion à l’endroit de la population concernée et des décideurs étatiques ?
DT : Le phénomène migratoire clandestin : C’est une tragédie, tous ces jeunes gens qui disparaissent en mer dans l’espoir d’avoir une vie meilleure en Europe. Je tiens à présenter mes sincères condoléances à toutes les familles endeuillées. Je pense que plusieurs facteurs doivent être pris en compte, si nous voulons lutter efficacement contre l’immigration clandestine : Premièrement, le facteur environnemental, en général les jeunes migrants viennent des zones rurales (où la population locale vit grâce à l’agriculture et de l’élevage) du moins la majeure partie. Ses dernières années, cette population est la plus touchée par le changement climatique : la saison des pluies qui diminue donnant naissance à la sècheresse ou parfois des inondations, ont impacté les récoltes et le bétail qui étaient à la base, leurs seules sources de revenus. De ce fait, la plus part des villageois ont vu leurs vies basculées du jour au lendemain. Ces évènements ont entrainé une véritable exode rural, mais aussi les conflits, la guerre, Alhamdoulilah tel n’est pas le cas de la Mauritanie mais d’autres pays de la sous-région sont touchés. Tout ceci poussant les jeunes à l’immigration clandestine, et parfois ils sont victime de racisme, de maltraitance quand ils arrivent dans les grandes villes pour y gagner leur vie. À mon avis des campagnes de sensibilisation sur les dangers de l’immigration clandestine doivent être organisées avec les responsables communautaires tels que les Imames, chefs de village etc. Le gouvernement doit promouvoir l’agriculture et l’élevage en soutenant pas que financièrement sa population mais aussi organiser des ateliers sur l’agriculture et l’élevage, développer l’entreprenariat chez les jeunes. C’est un schéma qui peut nous mener vers l’autosuffisance alimentaire.
Dans une société où patrimoine et identité s’entremêlent, une question qui résume les contradictions de la réalité mauritanienne fait surface : Comment se fait-il que des intellectuels appellent à la libération historique des hommes de l’esclavage, tout en refusant de reconnaître sa persistance dans le présent ? Comment se fait-il que le discours anti-esclavagiste devienne un slogan séduisant dans les forums, mais se transforme en tabou lorsqu’il s’agit de le démanteler sur le terrain ? L’esclavage : Non pas un souvenir passé, mais une plaie saignante. L’esclavage en Mauritanie n’est pas un simple chapitre de l’histoire, mais un système social et culturel profondément enraciné qui s’est transmis de génération en génération par des mécanismes insidieux. La hiérarchie des « maîtres » et des « esclaves » est encore pratiquée sous des formes diverses dans les sociétés bezan, soninké et pulaar, même si elle est parfois revêtue d’habits modernes. Empêcher un groupe de construire des mosquées comme les autres ou de prier pour ses morts à la mosquée n’est que la partie émergée de l’iceberg des inégalités justifiées au nom de « coutumes » ou d’interprétations religieuses déformées.
La contradiction est flagrante : Les intellectuels condamnent l’esclavage dans leurs discours et évoquent les tragédies du passé, mais brandissent le glaive de la critique contre quiconque s’élève contre sa persistance aujourd’hui. Le militant antiesclavagiste devient un « traître » accusé de ternir l’image de la société, tandis que ces intellectuels ferment les yeux sur la déformation de la réalité elle-même.
Pourquoi les intellectuels attaquent-ils ceux qui luttent contre l’esclavage ? – La peur de la responsabilité sociale : Reconnaître l’existence de l’esclavage aujourd’hui reviendrait à déstabiliser un ordre social en place depuis des siècles. Beaucoup craignent de perdre les privilèges moraux ou matériels liés à leur position dans cette hiérarchie, même s’ils prétendent être contre l’injustice. – Echapper à la stigmatisation morale : La lutte contre l’esclavage oblige la société à se confronter à elle-même, ce qui soulève des sensibilités profondes. La marginalisation des militants devient un mécanisme de défense de l' »honneur » imaginaire de la communauté, plutôt que de reconnaître sa véritable honte. – Le décalage entre la rhétorique et la pratique : Certains intellectuels adoptent un discours émancipateur pour améliorer leur image, mais refusent de payer le prix de ce discours dans le tissu social.
L’esclavage n’est pas une « particularité culturelle » mais un crime contre l’humanité : tenter de lier l’esclavage à la culture ou à la religion, c’est travestir les faits. L’Islam, qui est la référence principale de la société mauritanienne, interdit l’esclavage, combat la discrimination et fait de l’égalité le fondement de la dignité humaine. La culture n’est pas une prison sacrée, mais une entité évolutive qui doit se débarrasser de tout ce qui viole les droits de l’homme.
L’esclavage n’est pas « mauvais pour les Bezaan et bon pour les Soninke », ni une question étroitement ethnique ou constitutive. Il s’agit d’un crime qui porte atteinte à l’humanité, quelle que soit l’identité de l’auteur ou de la victime. Distinguer ses formes en fonction de l’appartenance à une communauté est une continuation de la culture de justification qui alimente l’esclavage.
L’esclavage ne peut être éradiqué que par une alliance sociétale qui dépasse les frontières ethniques et régionales : Les Haratine, qui ont souffert de siècles de discrimination, ne doivent pas rester seuls dans la bataille. Les Beidhaan, dont beaucoup rejettent aujourd’hui les anciennes hiérarchies, doivent prendre la responsabilité de briser le silence interne. Les Swaninke et les Pulaar, où l’esclavage se cache sous d’autres noms, doivent porter un regard critique sur leur héritage.
Conclusion : Lorsqu’un intellectuel passe du statut de voix de la liberté à celui de gardien des tabous, il perd la légitimité de représenter la conscience collective. La lutte contre l’esclavage n’est pas un luxe intellectuel, mais une responsabilité morale indivisible. Une société qui a peur d’affronter ses contradictions restera prisonnière des illusions du passé, tandis que ceux qui refusent d’enterrer les vivants dans des tombes de la honte écriront une nouvelle histoire digne de survivre.
En conclusion, la liberté n’est pas donnée, elle se mérite. L’esclavage ne disparaîtra que lorsque nous refuserons d’être les partenaires de sa perpétuation, que ce soit par le silence ou la justification.
L’origine de la relation « esclave-maître » ne s’est rarement tissée par un accord volontaire et équilibré en termes de position politique et d’habillage social dans le temps et dans l’espace. Ainsi, pour corriger valablement et moralement une société à relation esclavagiste, il faut savoir bien séparer le destin organisationnel (Honneurs et Avoirs) de 2 univers (réalité maîtresse et réalité esclavagisée) au moins sur 2 à 3 générations. Et qu’une autre entité régalienne exogène notamment l’État moderne devienne la référence impartiale à tous coûte que coûte à coup de plaidoyer visionnaire et patient et d’activisme résolument réfléchi. À chaud du présent et du court terme, toute tentative de réconciliation de 2 univers en frictions, se heurtera sèchement à la résurgence inévitable des velléités de subordination sociale et politique liée à l’origine. Dans les annales de l’histoire, même les prophètes et les grands sages n’ont pas réussi à « soigner » effectivement sur un temps court les âmes évoluant collectivement dans ces 2 univers interdépendants mais foncièrement déséquilibrés. Par exemple le cas historique du grand Prophète Moussa (psl) et les enfants d’Israël sous l’asservissement en Égypte pharaonique. La Mission de libération que Dieu lui a assignée fut justement une séparation organique nettement actée entre les 2 univers (l’ordre dominant et les dominés). La grande épreuve pour un ordre social ou politique suprémaciste serait d’accepter de faire corps social égalitaire dans le matériel et l’immatériel avec les éléments subalternisés historiquement dans son environnement. Et également, les éléments dominés et relégués statutairement dans l’environnement doivent se libérer de tous les complexes d’infériorité développés et « socialisés » en eux tout au long du processus de domination dont ils furent victimes. Par ailleurs, une nécessité de reconstruction existentielle doit s’amorcer pour eux dans une nouvelle trajectoire dans le temps et dans l’espace avec une vision réfléchie et une structuration sociale innovante. Surtout ne pas reproduire les marqueurs problématiques et conflictogènes subis ailleurs dans l’ancien univers.
📸-Paris, il y a quelques années, autour de lui, une équipe de l’ancien BE d’Armepes-France
Il s’appelle M. Seyre SIDIBE, une pointure de l’arène journalistique mauritanienne. Natif de Sélibaby et issu de l’ensemble communautaire soninké de la capitale régionale du Guidimagha. Professeur de français de formation de base, il est valablement imprégné en analyste avisé de la vie sociale et politique intra-communautaire soninké et sur les données à l’échelle nationale de son pays, la Mauritanie. Ses différentes contributions sont d’une grande pertinence (fond et forme) et s’inscrivent dans un engagement intellectuel proactif très louable. Le Top responsable du site internet d’information https://ondeinfo.com/, ne cesse d’alerter, d’interpeller, d’interroger et de secouer un magma politico-sociétal qui régit hermétiquement une certaine vie communautaire soninké aujourd’hui. Son plaidoyer est constant et plein de sagesse discursive pour l’avènement d’une société débarrassée de vielles recettes indigestes moralement et socialement de nos jours. Il appelle à une dynamique reformatrice pour consolider et asseoir une véritable cohésion sociale sur la base de la dignité humaine et de l’égalité citoyenne. L’ensemble communautaire a besoin d’une mue pour s’adapter et larguer à un ailleurs loin ses tares foncièrement nuisibles au vivre-ensemble.
Également, concernant la vie publique nationale, il nous sert régulièrement ses analyses riches et interpellatives à l’endroit des décideurs étatiques et autres acteurs sociaux. Les thématiques et les problématiques n’échappent que rarement à son diagnostic lumineux doublé d’une batterie de propositions émises et comprises en filigrane par une habileté textuelle d’une facture proverbiale.
Il incarne la position historique et visionnaire de tant d’intellectuels par le passé qui ont su habiter publiquement cette qualité par de la substance avérée et téméraire. Point d’idéalisme rêveur ni d’encrage prétentieux à partir d’un trône de condescendance d’un lettré incohérent et complexé, M. Sidibe est une source-ressource sociale et intellectuelle qui peut contribuer à l’émergence d’un ordre social et politique JUSTE à l’intérieur de son groupe sociolinguistique ainsi que dans son pays.
Je tiens à lui consacrer ce modeste élément qui ne prétend aucunement de faire intégralement son portrait d’acteur social et intellectuel qui compte positivement dans les débats publics. Par ses sorties médiatiques que notre Blog https://ecrit-ose.blog/ a eu l’honneur de reprendre régulièrement, j’estime qu’il représente une figure inspirante pour les univers mentaux et les engagés investis dans notre écosystème social, politique, éducatif et culturel.
Dans nos contrées soninkées, une forme « d’extrémisation religieuse » s’installe, non pas par la violence, mais par un enfermement doctrinal rigoriste ou rigide. On voit des dévots et des dévotes, des habits qui rappellent le soleil ardent de l’Arabie, des qamis, des miswaks (cure-dents), des appellations… La foi, qui devrait être une relation intime entre l’individu et son Créateur, devient un marqueur social où l’apparence prime sur l’engagement réel. Cet enfermement réduit la religion à une série d’interdits et d’obligations visibles, oubliant l’essence même de la spiritualité et du vivre-ensemble.
Au moment où on assiste à une citoyenneté de façade, où l’affirmation identitaire l’emporte sur la participation active à la société, il est urgent de se saisir de ce phénomène pour alerter face à cette mode. Pourtant, se couvrir la tête ou porter une barbe ne saurait remplacer l’éducation, la réflexion et l’épanouissement intellectuel. Pendant que certains s’enferment dans des codes religieux, d’autres risquent leur vie en mer, en quête d’un avenir ailleurs. Cette fracture illustre une crise profonde : l’incapacité à proposer des perspectives solides à une jeunesse tiraillée entre traditions figées et aspirations modernes.
Sortir des tares traditionnelles pour tomber dans l’isolement religieux n’est pas un progrès, mais une nouvelle forme d’aliénation. Les vrais combats de société – l’éducation, l’égalité, le développement économique et la lutte contre les discriminations – doivent se mener loin des dogmatismes. La foi peut être un moteur de dépassement de soi, mais elle ne doit ni freiner le progrès ni diviser.
L’urgence est de redonner du sens à l’engagement citoyen et social, de replacer le savoir et l’ouverture d’esprit au cœur de la société. La religion ne doit pas être un instrument de repli identitaire, mais une force d’élévation, au service de l’humain et de son épanouissement. Seule une vision éclairée et inclusive pourra préserver le Soninkara de l’isolement et lui offrir un avenir harmonieux, où spiritualité et progrès avancent ensemble.
Le terrain religieux est souvent utilisé pour justifier des pratiques oppressives à l’égard des femmes, ancrant des inégalités sous couvert de spiritualité. L’excision, bien qu’absente des textes sacrés, continue d’être perpétuée au nom d’une prétendue norme religieuse, privant des millions de femmes de leur intégrité physique et psychologique. De même, le mariage forcé enferme de jeunes filles dans une dépendance totale, sous prétexte de devoir religieux.
L’endoctrinement se manifeste aussi par l’imposition du voile dès l’enfance ou la restriction de l’accès des femmes à l’éducation et à la vie publique, les cantonnant à des rôles domestiques. Pourtant, l’histoire montre que foi et émancipation féminine ne sont pas incompatibles. Nana Asma’u, érudite du XIXe siècle, a œuvré pour l’éducation des femmes en Afrique de l’Ouest. Fatima al-Fihri, au IXe siècle, a fondé l’université Al Quaraouiyine, prouvant que les femmes ont toujours été des bâtisseuses du savoir. Aisha bint Abi Bakr, épouse du prophète Mohamed (SWS), était une autorité en jurisprudence et en théologie.
Voici là des contre-arguments face à cette « soudanisation » du Soninkara. Il est urgent de déconstruire ces discours et de réaffirmer la place des femmes comme actrices libres et éclairées de leur destin. La religion ne doit pas être un instrument de domination, mais une force d’élévation et de justice. Le travail et la transformation doivent guider nos pas.
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