● Écho du Rwanda à la Mauritanie | Par M. Bakary Tandia

Le 7 avril 2024, j’ai écouté le discours émouvant prononcé par Président Paul Kagame lors de la commémoration du 30e anniversaire du génocide au Rwanda. En écoutant, mes pensées ne pouvaient que se tourner que vers les nombreux Mauritaniens qui ont été injustement assassines ainsi que leurs veuves et orphelins qui souffrent actuellement de traumatismes similaires. Nous espérons que l’écho retentissant de ce message se répercutera á la Mauritanie et au-delà.

La présence du Président Mauritanien Mohamed Cheikh Ould Ghazouani à cette cérémonie hautement chargée d’émotions rappelle ostensiblement que « chickens come home to roost, » ce qui veut dire qu’on va toujours être rattrapé par nos erreurs.

Je ne peux m’empêcher de penser à ce qui pouvait se passer dans son esprit lorsque Président Kagame racontait et partageait ces histoires horribles qui mettaient en évidence l’ampleur de cette terreur.

Quelles leçons va-t-il tirées de ce moment propice à l’enseignement ? Voit-il un parallèle entre les deux tragédies ? Son silence doit-il être interprété comme une confirmation d’un déni de justice pour les victimes tout en protégeant les auteurs ?

Croit-il dans son cœur et dans son esprit que les crimes qui ont entrainé la mort de nombreux pères, fils et maris noirs mauritaniens et qui ont endeuillé leurs familles sont différents de ceux du Rwanda ?

Plus important encore, va-t-il appris quelque chose et si oui, comment compte-t-il appliquer ces leçons apprises afin que le pays puisse panser ses blessures ? J’espère sincèrement que cette commémoration du 7 avril incitera Président Ghazouani à répondre à l’appel persistant à la justice des victimes et de leurs familles en appliquant la justice transitionnelle conformément aux normes internationales et bonnes pratiques.

Comme cela a été clairement indiqué, ces crimes aussi odieux ne peuvent rester impunis. Sans aucun doute, ils résisteront à l’érosion du temps jusqu’à ce que la justice soit rendue. Le déni de justice n’est pas une option viable. En fait, la seule issue est de faire preuve de courage moral en s’attaquant véritablement à ce problème qui dure depuis trop longtemps.

La mort et la destruction laissent des cicatrices ouvertes qui ne peuvent être ignorées ou espérer qu’elles vont disparaitre d’elles- mêmes sans justice réparatrice. Comme au Rwanda, les blessures de la Mauritanie doivent être pansées. Nous devons repousser le «Start buttons» pour un nouveau départ.

En conclusion, nous adressons notre sincère expression de solidarité au peuple rwandais pour ce qu’il a enduré, et dénonçons la tragédie humaine en cours qui a coûté la vie à d’innombrables innocents Palestiniens dans leur patrie de Ghaza.

Le génocide, où qu’il soit commis, est une attaque contre notre humanité que nous ne pouvons en aucun cas tolérer. Des crises et des tragédies surviennent lorsque les dirigeants en charge manquent de sens moral. Il est de notre responsabilité collective de nous unir contre un tel mal afin que la paix et l’amour puissent s’épanouir.

Bakary Tandia, Human Rights Advocate
New York City, le 8, Avril 2024

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● Les enfants naturels : la négation du droit de l’enfant | Par le journaliste Seyré SIDIBE

Et pourtant, les enfants naturels, appelés vulgairement en Soninké  « Dianga lèmu » qui veut dire « bâtards » sont nés comme tous les autres enfants du monde, la rencontre d’un spermatozoïde et d’une ovule.

Mais seulement, on leur reproche d’être venus au monde alors que leurs parents n’étaient pas unis selon les usages religieux et traditionnels.

Durant toute leur existence, ces enfants, même devenus adultes sont rappelés constamment à leur naissance quels que soient leurs mérites.

A la moindre occasion, ils sont rabaissés, humiliés tantôt avec des messages voilés tantôt explicites pour leur faire comprendre qu’ils sont «illégitimes» .

Ils sont considérés injustement comme impurs et malpropres par ce qu’ils seraient porteurs de souillure et même de malédiction dans de nombreuses sociétés traditionnelles africaines et en particulier chez les Soninké.

Même les damnés de la société, les esclaves pourtant stigmatisés eux-mêmes et traités comme des sous-hommes se moquent de ces malheureux enfants, condamnés à payer pour la forfaiture de leurs parents.

Dans nos sociétés, ces enfants sont sources de honte pour la famille qui n’hésite pas à s’en débarrasser à la moindre occasion pour préserver son image.

Enfanter en dehors du lien de mariage est un crime imprescriptible. La femme qui a eu le malheur de donner naissance dans ces conditions était frappée d’ostracisme, aujourd’hui encore dans une moindre mesure.

Pendant longtemps, ces pauvres enfants étaient clandestinement assassinés dès la naissance, par ce que nos sociétés redoutent plus la honte que la culpabilité.
En d’autres termes la responsabilité qui voudrait que chacun réponde de ses actes est une contre valeur. L’honneur de la famille, de la lignée n’a pas de prix même s’il faut commettre un assassinat.

La religion qu’on prétend défendre et qui interdit toutes relations entre un homme et une femme en dehors du lien sacré du mariage ne peut autoriser le meurtre fut-il celui d’un nouveau-né.

Ceux qui avaient (les nouveaux-nés) la chance d’échapper à une strangulation mortelle devaient apprendre à vivre avec leur malédiction, un handicap qui les rend différents des autres enfants de leur âge.

Une fois devenus adultes, ils sont confrontés à d’autres épreuves : celle du mariage.
Les hommes et les femmes «enfants illégitimes» rencontrent souvent des difficultés lorsqu’ils doivent choisir un partenaire ou une partenaire. Leur demande de mariage fait beaucoup jaser du fait que selon les croyances, ils sont nés d’une union maudite.

Cette étape franchie, vient ensuite un autre obstacle, disposer d’un lopin de terre pour construire un toit notamment pour les hommes. Or ne peut hériter du père que les enfants bien nés dit-on.

Si l’enfant n’a pas été reconnu par son géniteur, généralement il porte le nom de famille de sa mère et aura grandi à la charge de ses oncles qui lui auront offert Amour et hospitalité en essayant de combler l’absence du père.

Et puis, un jour c’est le summum de la crise, l’enfant découvrira la vérité.
Certains se suicident alors que d’autres sont meurtris à vie et acceptent le sort implacable.

Il y a en a qui choisissent de partir, de disparaître dans la nature surtout lorsqu’ ils sont issus d’une double illégitimité : enfant nés hors mariage et issus de parents de castes différentes (noble et esclave). Au cas où le père a accepté de baptiser l’enfant, il lui confère une paternité et une personnalité sociale.

Cependant dans les deux cas, l’enfant est stigmatisé et souffre d’une manière ou d’une autre de reconnaissance et de légitimité : il ne peut hériter de son père.
Alors que les autres enfants issus cette fois-ci d’un mariage peuvent prétendre à l’héritage et à occuper une partie de la concession paternelle.

Esclave et enfant naturel, deux destins quasi identiques

Tous les deux sont stigmatisés chez les Soninké.
Cependant, l’esclave jouit d’une reconnaissance sociale, communautaire et familiale liée à son statut précaire, servile et de misère conférée par la société.

En revanche, l’enfant naturel le plus souvent est considéré comme un « enfant sans père », on lui reconnaît juste une mère.
L’impureté qu’on lui reproche est différente de celle de l’esclave du fait que le premier est frappé de malédiction, de souillure congénitale, le résultat d’une transgression alors que le second est réduit aux sales besognes qui lui sont réservées dans la société.

En Mauritanie, au plan administratif, l’esclave dispose d’un état civil, ce qui n’est pas forcément le cas de l’enfant naturel à condition de contourner les règles établies en faisant établir un faux certificat de mariage.
En effet, le fondement du droit mauritanien étant musulman, il n’ y a point de naissance en dehors du mariage, tel est l’esprit de la loi.

Dans certains cas, l’enfant naturel a un avantage certain sur l’esclave, son statut social est celui de sa mère, dans le cas où le père a refusé de le reconnaître.
Ainsi avec le temps, on finira toujours par oublier les conditions de sa naissance.
Les enfants issus d’un père «enfant naturel» par exemple peuvent échapper à la stigmatisation sociale. On aura tourné la page, le père fautif aura purgé sa peine, sa progéniture n’en souffrira point le temps aura effacé la souillure.

Cependant pour le pauvre esclave, il est marqué au fer. Il est esclave et le demeurera ad vitam æternam, lui ainsi que ses ascendants et descendants de toutes les générations.

La stigmatisation de naissance hors mariage serait plus cruelle si elle était l’apanage des castes déjà socialement discriminées.
C’est une réalité qui concerne toutes les classes sociales même si elle est différemment regardée selon les cas de figures; par exemple l’union hors mariage d’un homme et la femme de caste – « esclave et noble » – donne naissance à un enfant, la sanction sociale est plus grave du fait que le couple aura transgressé la logique des castes en plus du lien en dehors du mariage.

La justice dans nos sociétés africaines à la lumière du procès fait à l’esclave et à l’enfant naturel.

Combien d’enfants dans nos sociétés ont été traumatisés et n’ont pas eu droit à une enfance heureuse à cause de cette perception du monde?

Impossible pour ces enfants d’échapper au regard moqueur, inquisiteur et blâmable de toute une communauté. Ont-ils choisi de venir au monde ? Pour quoi sont-ils victimes d’un procès inique pour une faute qu’ ils n’ont pas commise ? Le crime serait-il héréditaire ? L’enfant a-t-il des droits dans nos sociétés ?

Et pourtant dans la plupart de nos pays, il est officiellement reconnu que l’enfant a des droits et qu’il mérite d’être protégé en raison de sa fragilité. En Mauritanie par exemple, il existe un
ministère des Affaires Sociales, de I’Enfance et de la Famille qui a signé toutes les conventions internationales relatives aux droits de l’enfant.
Mais, la tradition, cette loi non écrite qui privilégie toujours les classes dominantes et féodales prime toujours en silence sur la Loi (les textes juridiques, les conventions internationales relatives) produite et signée pour tromper les partenaires extérieurs.

Le viol accepté et l’amour chahuté

Et pourtant, souvent les enfants naturels sont nés d’une union consentie et d’un amour franc entre un homme et une femme.
Alors que ceux qu’on appelle très affectueusement, «enfants bien nés» ou « légitimes » sont parfois nés d’un viol : un mariage forcé organisé avec la complicité de la société pour perpétuer une tradition en déphasage avec les nouvelles réalités.

Deux absurdités sur lesquelles, on ferme les yeux : le premier concerne cet enfant qui paie pour être né d’une union hors mariage, et le second, c’est un descendant d’esclave qui doit s’appeler esclave pour toute son existence parce que son père a eu le malheur de croiser le chemin d’hommes plus forts qui l’ont réduit à la servilité.

Quelle est la faute de l’un et de l’autre ?
D’être venu au monde, ce qui relève de la puissance de dieu, de la contingence.
Notre appréhension de la justice ne manque- t- elle pas de justesse et de bon sens ?

Je suis fasciné par la justice des autres qui protège les enfants et stipule que la responsabilité pénale est individuelle.

Idem en Islam, notre référénce.
Dieu n’ a-t-il pas dit que le jour du jugement dernier, chacun répondra de ses actes .
Le père ne paiera point pour le fils ou la fille, la mère répondra, elle-même de ses actes…

Dès lors pour être en harmonie avec notre spiritualité (l’islam) ne faut-il pas oser rompre avec certaines de nos pratiques héritées d’un passé paganiste sources d’humiliation pour une partie de la communauté, même si elles ont encore la dent dure.

Seyré SIDIBE

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● COMMUNIQUE DE L’ASSOCIATION DES ELUS DU GUIDIMAKHA

Le jeudi 28 Mars 2024, M. le Ministre du Pétrole, des Mines et de l’énergie entouré de ses collaborateurs a reçu les membres de l’association des Elus du Guidimakha (Président Conseil du Régional, Députés et Maires).
Les Elus ont exposé l’ensemble des problèmes d’électrification de leur région, le Guidimakha, et plus particulièrement la mise à leur disposition des listes officielles des localités qui vont être électrifier dans le cadre des projets : de la boucle 33 KW, de la ligne OMVS et la ligne Best.
L’extension du courant aux cartiers périphériques de la ville de Selibaby et son éclairage public, l’électrification rapide de la ville de Ghabou capitale de Moughataa, et aussi le transfert de la gestion des centrales de Techetaye et Arr à la Somelec.
Le Ministre a remercié les Elus pour leur démarche collective et d’intérêt général, il a instruit sur le champ ses collaborateurs à fin de mettre immédiatement à la disposition des Elus les listes de toutes les localités concernées par les trois projets et aussi de diligenter dans les plus brefs délais, une mission conjointe avec la Sonelec au Guidimakha pour étudier et formuler des propositions à l’ensemble des doléances posés par les Elus de la région du Guidimakha.

Cellule de communication d’association des maires de guidimagha

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● Le Conseil de la langue arabe organise un séminaire sur le projet du dictionnaire arabo-africain

Le Conseil de la langue arabe de Mauritanie a organisé, jeudi soir à son siège à Nouakchott, un séminaire préparatoire au projet de dictionnaire arabo-africain que le conseil compte publier.

Dans une allocution prononcée à cette occasion, le président du Conseil, M. El Khalil Ennahwi, a indiqué que le Conseil cherche à travers ce dictionnaire à faciliter l’apprentissage des langues locales récemment introduites dans le système éducatif national, car il leur permettra d’utiliser la langue de communication quotidienne pour faciliter la communication des étudiants entre eux.

Il a ajouté que l’idée de ce dictionnaire est venue pour préserver la relation historique entre la langue arabe et les langues locales, ainsi que pour bénéficier de leur histoire écrite, que ce soit en arabe ou dans les langues africaines qui ont toujours eu de larges interactions avec la langue arabe.

Le séminaire s’est déroulé en présence du doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines et de plusieurs professeurs linguistes et hommes de culture.

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● Selibaby-Mauritanie : Brève chronique d’un feuilleton judiciaire abracadabrant à  deux vitesses…

Une affaire des coups et blessures…après une enquête préliminaire…le juge d’instruction ( JI) est saisi… Le JI est le magistrat du siège désigné dans le cas d’affaires pénales graves ou complexes pour instruire. Il est doté de larges pouvoirs lui permettant d’oeuvrer à la manifestation de la vérité…jusqu’ici rien d’étonnant…

Au cours de l’instruction la victime est décédée…le juge a requalifié les faits en  meutre et  a délivré une commission rogatoire à  la brigade de la gendarmerie chargée des infractions électroniques ( commission d’expertise à  Nouakchott) afin de procéder à une expertise sur le téléphone de la victime et ceux de présumés inoncents saisis et mis sous scellés par les enquêteurs lors de l’enquête préliminaire…jusqu’ici rien d’étonnant…

Dans son rapport d’expertise, la commission, a  precisé en application de l’article 106 de la loi du 15 juillet 2013 qu’elle n’a reçu que les téléphones des mis en cause, celui de la victime a disparu dans la nature ;  qui d’ailleurs constitue un élément essentiel pour la manifestation de la vérité…fait grave et gravissime…

Ainsi les experts concluent qu’ils n’ont trouvé aucun fait dans les téléphones des mis en cause de près ou de loin qui laisse supposer qu’ils ont participé à la commission de l’infraction…

Surprise,  à l’issue de conclusions du commission d’expertise téléphonique, le juge d’instruction à rendu deux ordonnances :

1- une ordonnance de non lieu  pour la personne à  qui on l’a accusé d’être le commanditaire ( en un mot, il est blanchi de tout fait lui concernant ),

2- une ordonnance de renvoi devant la cour pour les personnes accusées d’être les complices ( en un mot pour y être juger)…

Le procureur et la partie civile ont fait  appel de l’ordonnance de non lieu du JI à l’égard du présumé commanditaire devant la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Kiffa…la Cour d’appel a confirmé l’ ordonnance du juge d’instruction…Par la suite le procureur fait à  nouveau un pouvoir en cassation devant la cour suprême…ainsi la cour suprême a confirmé l’arrêt de la Cour d’appel de kiffa…

En consequence, je laisse a chacun d’entre vous de faire un syllogisme judiciaire et de faire une critique de la raison pure sur cette affaire  rocambolesque…

NB : Sous d’autres cieux, on déclare l’irrecevabilité de la procédure…c’est toute la procédure qui tombe dans l’eau pour cause, la disparition du téléphone de la victime…

Que la justice soit faite au nom de l’état de droit !!!

Par Dr BA Boubouhttps://www.facebook.com/share/p/t7VTvvWRfofmrWKh/

🔴Note de condoléances à l’ensemble de la localité de Mambri (Mali) | Par Armepes-France, Ganbanaaxu Fedde Mauritanie et partenaires

Nous apprenons ce samedi 2 mars 2024, le décès de M. Bayi Diakhité , le chef de village de Mambri. Cette localité est réputée pour avoir accueilli plus de 1500 déplacés qui avaient été violentés et chassés de nombreux villages esclavagistes. C’était en début d’année 2019, leur seul tort, c’est avoir refusé les coutumes esclavagistes et féodales les humiliant affreusement depuis plusieurs générations. Ainsi ils avaient trouvé refuge et paix chez cet honorable monsieur et sa communauté. Selon le témoignage de M. Tougahe Touré, militant anti-esclavagiste gambana (issu des déplacés accueillis), le vieux Diakhité et ses proches ont été d’une grande générosité à leur endroit. Il raconte qu’à leur arrivée en grande détresse (plusieurs hommes, femmes et enfants) voir https://bamada.net/pratique-de-lesclavage-a-mambri-la-cndh-tire-la-sonnette-dalarme , le défunt quasi centenaire leur avait donné refuge tout en demandant aux populations locales de faciliter matériellement et socialement leur intégration (logements, terres cultivables, relations sociales…).
À l’occasion de ce deuil qui frappe Mambri, nous présentons nos sincères et fraternelles condoléances à la famille de M. Diakhité et à l’ensemble de sa communauté villageoise. Nous rendons un grand hommage sa mémoire de grand humaniste par ses actes valeureux qui ont rendu dignité à plusieurs centaines de personnes chassées de leurs villages d’origine. L’Histoire retiendra.
Paix éternelle à son âme. Ameen

3 mars 2024

Armepes-France, Ganbanaaxu Fedde Mauritanie et partenaires

Ici entouré par des cadres gambana Mali (Rmfp) dont le président M. Niaki Kanoute

● Richesses et défis du Guidimakha : un plaidoyer urgent pour l’avenir | Par M. Djibéry Doukouré

Introduction

Le Guidimakha, perle méridionale de la Mauritanie, dévoile ses trésors et ses défis dans un ballet complexe de géographie, d’économie et de sociologie. Cette région, dotée d’une diversité naturelle exceptionnelle, se trouve à un carrefour critique. À travers cet article, nous plaidons pour une action immédiate des décideurs et des partenaires au développement pour préserver et stimuler le potentiel inexploité du Guidimakha.

Géographie et Économie

Le Guidimakha, d’une superficie de 10 300 km², est stratégiquement situé aux frontières de la région mauritanienne d’Assaba au nord-est, le Mali au sud-est, le Sénégal au sud-ouest et la région mauritanienne de Gorgol à l’ouest. Ses paysages variés, des montagnes aux dunes envoûtantes, en font un acteur majeur de l’économie mauritanienne. Sa pluviométrie généreuse de 500 mm par an lui confère le statut de grenier du pays, favorisant l’agriculture et l’élevage.

Défis Environnementaux et Négligence

Cependant, derrière cette façade prospère se cachent des défis cruciaux. La répartition pluviométrique inégale entrave la culture du dieri, et l’invasion croissante de parasites menace la stabilité agricole. De plus, le manque d’infrastructures et la mauvaise gestion des ressources, notamment l’exploitation inadéquate de l’eau du fleuve Sénégal, laissent la population locale en proie à la pénurie d’eau, entravant le développement agricole.

Négligence Historique et Crise de Représentation

La négligence historique du Guidimakha par les instances gouvernementales est profondément enracinée. Un désintérêt général pour le militantisme politique s’est traduit par une faible représentation électorale, diminuant ainsi le poids politique de la région aux yeux des décideurs nationaux. Cela a entravé la priorisation des besoins locaux, contribuant à un cycle de sous-développement.

Migration et Démographie

Historiquement, la migration a été une bouée de sauvetage pour de nombreuses familles, avec des membres émigrés soutenant financièrement les leurs. Cependant, cette dépendance a créé une crise démographique, avec la jeunesse active quittant la région à la recherche de meilleures opportunités, créant un déséquilibre social et économique. Les villages, autrefois soutenus par une ou deux personnes émigrées, voient maintenant l’ensemble de leur population active tenter l’aventure de l’émigration, souvent au péril de leur vie.

Services Publics et Initiatives Gouvernementales

Le gouvernement a lancé des initiatives telles que le programme « Mon Projet, Mon Avenir » pour soutenir les micros et petites entreprises à travers le pays, visant à encourager les autoentrepreneurs. Cependant, malgré ses objectifs louables, le programme présente des lacunes significatives. Les jeunes entrepreneurs, cible principale, rencontrent des difficultés dues à un manque de compétences dans le montage de projets, les contraignant à recourir à des tiers, une barrière supplémentaire pour les jeunes sans emploi.

De plus, des problèmes de transparence et d’équité dans le traitement des demandes de financement compromettent l’environnement entrepreneurial. Enfin, le suivi insuffisant des projets financés entraîne l’échec de nombreuses initiatives. Pour remédier à ces défis, nous préconisons la création d’un comité multipartite pour la sélection des bénéficiaires, impliquant des représentants de l’État, de la société civile, des responsables communautaires et des municipalités.

De plus, l’établissement d’un bureau d’appui au montage de projets et la mise en place d’un programme de parrainage des projets financés sont fortement recommandés pour renforcer la qualité des initiatives, assurer la transparence et garantir un suivi efficace.

Appel à l’Action pour le Développement Durable

Bien que des projets financés par des partenaires au développement soient présents, la majorité est axée sur des urgences telles que la malnutrition. Pour garantir un avenir durable, des projets à long terme, tels que la construction de barrages et de périmètres irrigués, sont cruciaux pour exploiter pleinement les ressources du fleuve Sénégal. Ces projets permettront de résoudre les problèmes d’accès à l’eau, d’améliorer la sécurité alimentaire et de soutenir les activités agricoles et d’élevage.

Soutien à la Nouvelle Génération

Malgré les défis, une nouvelle génération d’entrepreneurs émerge, transformant les terres agricoles saisonnières en entreprises prospères toute l’année. Ces jeunes visionnaires méritent un soutien substantiel à travers la mise en place d’infrastructures de base, notamment des centres de formation agricole, des systèmes d’irrigation modernes et un accès facilité au crédit agricole. Ils représentent l’espoir d’une transformation durable du Guidimakha.

Conclusion : Un Appel Pressant à l’Action

En conclusion, le Guidimakha est à un point d’inflexion. Son potentiel inexploité est menacé par des défis persistants. Cet article est un appel pressant aux décideurs et aux partenaires au développement pour agir maintenant, pour préserver et promouvoir le Guidimakha en tant que joyau économique et environnemental de la Mauritanie. L’avenir du Guidimakha dépend de l’action collective et urgente en faveur du développement durable.

Djibéry Doukouré,

Coordinateur de Projet de Développement

Membre du Think Tank Mauritanie Perspectives

Références :

1. Guidimakha : la gestion des ressources naturelles au cœur d’enjeux politiques, alimentaires et sécuritaires, Charlotte Secco, Dans L’Ouest Saharien 2019/1 (Vol. 9)

2. Monographie régionale de la wilaya du Guidimakha, Agence Nationale de la Statistique, de l’Analyse Démographique et Economique

3. Les fils disparus du Guidimakha | Comité international de la Croix-Rouge (icrc.org)

• Lien https://cridem.org/C_Info.php?article=772815

● Pourquoi la jeunesse mauritanienne fuit son propre pays ? / Par Brahim Mamadou Korera, Ecrivain

L’immigration est devenue un sujet de première importance ces derniers mois en Mauritanie. Les autorités du pays tentent de freiner cette pandémie par tous les moyens légaux car depuis décembre 2023 notre pays est devenu une manne aux candidats à l’immigration clandestine.

Nouakchott et Nouadhibou sont devenus tristement célèbres car c’est à partir de ces deux villes précitées que les Mauritaniens et les étrangers ( Maliens, Sénégalais, Gambiens…) prennent la pirogue pour traverser la Méditerranée.

Face à cet afflux record de migrants en Espagne (plus de 7000 en janvier 2024), le chef du gouvernement Espagnol et la présidente de la commission européenne étaient venus en Mauritanie pour chercher des solutions efficaces contre ce phénomène.

Ainsi, La présidente de la commission européenne a annoncé au début de ce mois, un soutien financier de 210 millions d’euros pour la gestion des migrations en faveur de la Mauritanie. C’est salutaire mais pas suffisant car, avant de penser à stopper coûte que coûte cette hémorragie sociale, les Européens devraient se poser d’abord la question suivante : pourquoi la jeunesse Mauritanienne est prête à mourir dans la mer que de rester dans leur propre pays ?

Commençons par le commencement. En Mauritanie, il y a beaucoup de jeunes qui rêvent de voyager de l’autre côté de l’atlantique. Parmi ces jeunes, certains souhaitent juste aller faire leurs vacances en occident comme les jeunes européens ou américains viennent faire leurs vacances chez nous.

Par contre, d’autres préfèrent partir travailler dans les pays occidentaux pour la quête d’une vie meilleure. Malheureusement, les ambassades européennes qui sont en Mauritanie, ne font pas la différence entre les demandeurs de visa . Les demandeurs de ce « diamant » sont presque tous systématiquement rejetés.

Voilà ce qui favorise l’immigration illégale, car si ces jeunes obtenaient normalement le visa, ils n’emprunteraient jamais cette route tueuse. En second lieu, une partie de notre jeunesse est totalement désespérée. Elle vit sans perspective car décrocher un emploi quel qu’il soit en Mauritanie est devenu aujourd’hui un luxe . Cela pousse également notre jeunesse à quitter le pays.

Pour lutter efficacement contre l’immigration clandestine dans notre pays, les ambassades européennes qui sont sur notre sol devraient revoir obligatoirement leurs politiques en matière d’attribution de visas. Elles sont aujourd’hui responsables de tout ce qui se passe en Méditerranée. Elles doivent assumer ouvertement les conséquences.

En outre, pour stopper l’immigration clandestine, le gouvernement Mauritanien doit continuer à assister sa jeunesse en créant des emplois puisque cette jeunesse est vraiment désespérée. Toutefois cela ne justifie pas quand-même cette immigration illégale.

Enfin, le Ministre de l’intérieur doit créer une commission active capable d’endiguer ce cataclysme pour éviter le pire. Malheureusement à l’heure où j’écris cet article presque 40 jeunes soninkés du Guidimakha ( sud-est de la Mauritanie) sont portés disparus depuis environ un mois. Vraiment l’heure est grave !

Brahim Mamadou Korera,
Ecrivain

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● Dialogue politique ou monologue politique ? | Par le journaliste Seyré SIDIBÉ

En démocratie, le dialogue, est un exercice permanent. Une réalité de tous les jours en tant de crise comme en temps de paix.
Il est consubstantiel au pouvoir démocratique, dès lors que celui-ci est avant tout horizontalité.

Le malaise de la gouvernance dans les États africains est bien perceptible à travers « le concept de dialogue national » qui a supplanté celui de Conférence Nationale, en vogue sur le continent dans les années 90.

Conférence nationale, Dialogue national, assises nationales renvoient toujours au champ semantique de Concertrations, de recherche de compromis pour acter l’inclusivité, la participation etc. Autant de marqueur d’un pouvoir qui n’entend pas gouverner en solitaire, qui est à l’écoute du peuple, et soucieux de la sacralité du pluralisme.

Or, dans une démocratie normale de telles rencontres sont rarement convoquées, décrétées par la seule volonté du chef. En effet, elles sont souvent résultantes d’une crise née du manque d’ouverture en amont : une gouvernance trop verticale, autoritaire voire autocratique.

L’une des caractéristiques de ces grand-messes, le manque de sincérité du pouvoir, initiateur et commanditaire des Assises nationales.
Exactement comme le pompier pyromane qui met le feu aux poudres et s’empresse d’être le plus en vue pour l’éteindre : prouver sa bonne volonté ou encore son professionnalisme dans l’exercice.

Ce qu’il est advenu d’appeler Dialogue national n’est qu’un écran de fumée, une supercherie utilisée par le pouvoir pour réconforter sa position, pour reprendre la main, au moment où il est en mauvaise posture.

En réalité, ce n’est pas dialogue . C’est un monologue du pouvoir dont l’issue est connue d’avance.
À cette occasion, le pouvoir essaie de changer les règles du jeu politique, en agissant par la fourberie pour changer à son avantage la configuration du paysage politique : des partis fantoches sont promus au détriment des véritables challengers.

En Afrique, ces rencontres inutiles, sans lendemain, onéreuses pour le contribuable et dont les conclusions ne durent que l’instant de la lecture du communiqué final, sont une véritable mascarade qui viennent baliser le terrain, ouvrir la voie à des élections frauduleuses et truquées d’avance.

En vérité, en démocratie on n’a pas besoin de décréter le dialogue, elle est partie intégrante du pouvoir démocratique.

Les acteurs sociaux, la société civile, les syndicats, les organisations socioprofessionnels etc., sont constamment dans le dialogue et toujours disposer à dialoguer.

Aujourd’hui, le président Macky Sall en fin de mandat et dans un contexte où il a lui-même crée une situation de crise politique multidimensionnelle, appelle de ses voeux au Dialogue.
N’a-t-il pas eu assez de temps pour Dialoguer ?
Quelle est la légitimité de ce dialogue après gouverner le chao, à coup de marteau et de bulldozer contre les institutions ?

Je souhaite vivement que le peuple sénégalais sorte requinqué de cette crise dont les éclaboussures peuvent faire des victimes collatérales loin des frontières de leur pays.

En effet, les mauvais exemples sur le continent donnent toujours des idées à d’autres. Ils n’hésitent à calquer …

Au moment où les rideaux du Dialogue national sénégal s’apprêtent à être baissés, un autre pays africain, d’autres sont dans la programmation de leur énième Dialogue. Un cercle vicieux.

Si bien qu’on a tenté par extrapolation de dire que les Africains aiment parler, bavarder .
La démocratie ce n’est pas seulement des joutes verbales, de l’oralité pour rien.

Une chose est sûre, ce que les peuples africains en ont assez de ces Dialogues politiques illusoires et sans perspectives.

La démocratie repose sur des contrats, des engagements, des textes de lois et des concessions. C’est une culture du partage et des valeurs auxquelles on souscrit pour le meilleur et pour le pire.

Seyré SIDIBE

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● La ruée clandestine vers l’Espagne par la mer : ce grand déplacement comme un film de l’exode biblique !


Samedi, 3 février 2024. Il suffit d’un détour clic sur le profil de l’humanitaire espagnole Helena Maleno Garzón, on se rend compte de l’ampleur extraordinaire du phénomène de ce qu’elle identifie BOZA (cri de soulagement au débarquement sur la rive européenne). Ce jour les 2 premières publications de la responsable de l’Ong Caminando Fronteras m’ont particulièrement interpellé. En effet elle y rapporte qu’il y a 13 enfants et 10 enfants parmi les personnes de ces 2 embarcations. Ces dernières ont comme point de départ la Mauritanie et point de débarquement à El Hierro (connu en français Île de Fer) faisant partie des îles Canaries (Espagne) dans l’océan Atlantique. Un îlot d’une superficie d’à peine 270 km², très loin de notre Guidimagha mauritanien qui s’étend sur 10 300 km².
Ce qui a tiqué dans cette affaire est d’ordre sémantique à mon sens entre les appellations « enfants ou mineurs » dans le narratif de la militante humanitaire. Elle écrit régulièrement « mineurs » mais là elle utilise « enfants » dans son comptage distinctif de personnes migrantes débarquées. Entre les 2 termes, on sent une certaine différenciation en substance d’affection et de fragilité. L’appellation « Enfants » en comprenant « mes ou nos enfants », porte une certaine personnalisation parlant d’emblée à notre conscience et notre affect . Au contraire du terme « mineurs » comme « mineurs isolés » pouvant être entendu avec une certaine distanciation. À savoir qu’est-ce qui a changé réellement ayant occasionné ce changement d’appellation par Madame Helena Maleno Garzón…?
Les nombres du jour 13 enfants et 10 enfants nous poussent à s’interroger si nous sommes conscients de la tournure en cours dans cette affaire de l’immigration clandestine qui a toujours vidé nos potentialités vers cette Europe qu’on idéalise comme un paradis terrestre. Et alors !? C’est où l’enfer terrestre justement duquel nous en faisons délivrer nos enfants…nos enfants ?

Cet enfer est lié à nos réalités et imaginaires d’organisation de vie collective (solidarités-pièges génératrices de l’oisiveté et de la pauvreté pérenne) qu’on n’arrive pas à mettre à jour face à un monde impitoyablement globalisant à outrance. L’investissement autour la marmite (très caricaturale) tout en négligeant collectivement l’affaire des cerveaux (l’école, études, formations…). Généralement les molles réussites matérielles s’arrêtent à une génération. La suivante reprend les choses à terre pour essayer un cheminement laborieux à son tour… et ainsi de suite…

Et il y a une certaine culture d’acceptation du fatalisme source d’un affaissement social individuel et collectif.

Cet enfer bouillonne de grosses défaillances multisectorielles de nos pouvoirs publics sous une gouvernance imbibée dans du népotisme et de la corruption. La frange du peuple qui a droit à un certain bien-être est restreinte à ceux qui détiennent le pouvoir étatique et leurs obligés sociaux et politiques. En résumé, L’INJUSTICE tient la clé au détriment des principes généreux et visionnaires de la RÉPUBLIQUE pour l’ensemble des citoyens.

Cet enfer est aussi la mesquine attractivité provoquée par du paraître folklorique que nous d’ici installés, distillons pompeusement à travers nos cérémonials. Et pourtant l’envers du décor, comme je l’avais relevé dans une contribution datant de 2016, est que nous sommes indigents ici matériellement, socialement et intellectuellement. Nous vivons comme si une FIN prisée est atteinte alors ça doit être consciencieusement une ÉTAPE RÉFLÉCHIE pour aiguilloner (écoles, études formations…) la génération suivante…pour le RETOUR un jour.

Il y a du travail pour nous, sur nous et en nous. D’ici là, le grand déplacement est en roue libre ces derniers temps, et le dramatique bilan en vies humaines de l’année 2023 présenté récemment par l’Ong Caminando Fronteras https://ecrit-ose.blog/2024/01/11/%e2%97%8f-limmigration-clandestine-le-rapport-2023-en-chiffres-funestes-par-long-caminando-fronteras-de-helena-l-garzon/ passe quasiment inaperçu.

➡️ 2 chiffres clés concernant l’année 2023 sur ces routes :

👉🏿6618 victimes

👉🏿84 embarcations disparues avec toutes les personnes à bord.

● référence éléments médias : page Facebook Helena Maleno Garzón et Wikipedia



🖊KS pour le BLOG