● Penser l’esclavage, comprendre ses séquelles et agir pour l’égalité | Par M. Souleymane Sidibé

« La principale fonction de l’homme n’est pas de manger, mais de penser. Sans doute, qui ne mange pas meurt, mais qui ne pense pas rampe ; et c’est pire. »
— Victor Hugo

Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, se situe cette année dans un contexte particulièrement significatif. Deux jours plus tôt, le 6 mars, la Mauritanie commémorait la Journée de lutte contre l’esclavage et ses séquelles. Dans deux mois, le monde marquera la Journée internationale du Noir, un rappel des souffrances liées à l’esclavage et un appel à plus de justice sociale et d’égalité citoyenne.

Ces dates ne sont pas de simples commémorations : elles nous rappellent combien l’histoire de l’oppression, qu’elle soit fondée sur la « race » ou le genre, continue de façonner nos sociétés. En Mauritanie, comme ailleurs, les séquelles de l’esclavage restent une réalité tangible, ancrée dans les structures sociales, économiques et culturelles.

L’héritage persistant de l’esclavage

L’esclavage, qu’il soit transatlantique, transsaharien ou coutumier, a laissé des marques profondes, souvent invisibles mais omniprésentes. Officiellement aboli, il survit sous d’autres formes : discriminations systémiques, précarisation économique, exclusion sociale et stéréotypes raciaux persistants.

La déshumanisation des Noirs, alimentée par des siècles d’exploitation, ne s’est pas arrêtée avec l’abolition légale de l’esclavage. Dans de nombreuses sociétés, la hiérarchisation raciale se perpétue à travers le langage, les institutions et les mentalités.

Prenons un exemple frappant : le philosophe et historien Ibn Khaldoun (1332-1406), dans ses écrits, affirmait :

« لا تشتري العبد إلا معه العصى »
(« N’achète pas l’esclave [le Noir dans son entendement] à moins qu’il n’y ait un bâton avec. »)

Cette citation, profondément ancrée dans les mentalités du monde arabe, a contribué à justifier la perception du Noir comme un « sous-homme », un individu intrinsèquement soumis, nécessitant coercition et contrôle. Aujourd’hui encore, ces stéréotypes trouvent un écho dans certaines pratiques et représentations sociales.

L’oppression des femmes esclaves : une double peine

Si l’homme esclave souffre de privation de liberté et d’exploitation économique, la femme esclave subit une oppression supplémentaire liée à son genre.

Non seulement elle est contrainte au travail forcé, mais elle est aussi souvent victime d’abus sexuels, de violences psychologiques et de la négation de son autonomie reproductive. Dans cette logique, elle devient une « matrice », à la fois productrice et perpétuatrice involontaire d’un système qui l’opprime.

L’histoire regorge d’exemples de cette instrumentalisation du corps féminin. Le cas de James Marion Sims (1813-1883), considéré comme le « père de la gynécologie moderne », illustre cette brutalité. Sims a mené des expérimentations chirurgicales sur des femmes esclaves afro-américaines, sans anesthésie, sous prétexte que les Noirs ressentaient moins la douleur que les Blancs. Cette vision raciste, justifiant la souffrance au nom du progrès médical, trouve encore des échos dans certaines pratiques discriminatoires contemporaines.

Le poids du langage et des hiérarchies raciales

L’empreinte de l’esclavage ne réside pas seulement dans les faits historiques, mais aussi dans le langage et les représentations culturelles.

Certains mots, utilisés sans réflexion, perpétuent les hiérarchies raciales, discriminatoires et iniques. En Mauritanie, des termes comme « Abd » (esclave), « Koome », « Maccudo », ou encore « Jam » sont des vestiges d’une époque où la couleur de peau déterminait la place sociale d’un individu, et le rang social intracommunautaire chez les Noirs s’y rajoute.

Un détail linguistique révélateur illustre cette réalité : un ami marocain m’a expliqué que dans son pays, le mot « lekhdem » signifie simplement « employé », alors qu’en Mauritanie, il est chargé de connotations esclavagistes et désigne un individu subordonné, socialement inférieur. Ce simple mot montre à quel point le langage véhicule encore des conceptions héritées de la domination.

L’esclavage et ses diverses formes : une réalité mondiale

L’histoire de l’esclavage ne peut se réduire à la traite transatlantique. La traite arabo-musulmane, qui a duré plus de treize siècles, a déporté des millions d’Africains, souvent castrés et destinés à des formes de servitude domestique ou militaire.

L’anthropologue et économiste sénégalais Tidiane N’Diaye, dans Le génocide voilé, affirme :

« Alors que la traite transatlantique a duré quatre siècles, c’est pendant treize siècles sans interruption que les Arabes ont razzié l’Afrique subsaharienne. La plupart des millions d’hommes qu’ils ont déportés ont disparu du fait des traitements inhumains et de la castration généralisée. »

Cette citation illustre bien l’ampleur du phénomène, mais aussi sa continuité et ses horreurs systématiques, souvent oubliées ou ignorées dans le discours historique dominant. En effet, la traite transsaharienne a précédé la traite transatlantique et a causé des souffrances infinies à des millions de personnes, souvent réduites à des conditions de vie pires que celles des esclaves dans les colonies.

En votant et en appelant à voter pour une personne issue d’une communauté culturelle ayant subi l’esclavage, je me focalisais sur l’idée d’un leader visionnaire capable de libérer le pays des corsets de la tradition esclavagiste.

Du côté de la Vallée et des configurations noires, l’esclavage demeure une réalité cachée, sournoisement entretenue. Avec les transformations sociales, les forces du mal ont instauré un nouveau système de domination semblable à celui des castes en Inde, à travers des mécanismes culturels. Cette stratification sociale repose sur la croyance en la pureté généalogique du sang et sur une subdivision du travail historiquement ancrée. Or, certains ont mis en place des mécanismes de reproduction de ce système à travers le terme « laada », un mot arabe signifiant « tradition ». Ce phénomène fait référence à une forme d’assistance qui rappelle les contre-valeurs entre « nobles » et « anciens esclaves ».

La lutte contre l’héritage de l’esclavage

Dans ce contexte, en plus des subtilités culturelles, l’abolition officielle de l’esclavage, on constate que les femmes peinent à trouver leur place dans un monde où les inégalités persistent sous d’autres formes : inégalités salariales, violences sexistes, assignation aux rôles traditionnels. Ce tiraillement entre modernité et tradition est particulièrement visible dans les sociétés où les attentes culturelles restent ancrées dans des schémas patriarcaux.

Par ailleurs, le pouvoir et la politique apportent leur lot d’imprévus. Il n’est pas rare que ceux qui prétendent vouloir briser les chaînes de l’esclavage se retrouvent eux-mêmes piégés par les mêmes logiques de pouvoir et de domination.

Cela démontre que la lutte contre l’héritage de l’esclavage n’est pas simplement une question de pouvoir politique, mais également un combat pour changer les mentalités et les structures sociales profondément ancrées.

L’esclavage transatlantique, qui a été béni par l’Église catholique dans ses débuts, a causé des ravages. Des mémoires ont été écrites à ce sujet, mais les ouvrages de Ndiaye et de Malek Chebel apportent une autre dimension cachée de la barbarie humaine, cette fois au nom de l’islam.

Enfin, il y a l’esclavage coutumier, ou l’esclavage par ascendance, dans les contrées, dans les villages, et même dans certaines villes, où les noirs se considèrent propriétaires d’autres noirs. Les supercheries des « laada » perpétuent la domination et la bassesse.

Ce dernier phénomène, bien qu’oublié dans les grandes narrations historiques, persiste encore dans certaines sociétés, où les héritiers des esclaves continuent à vivre sous des formes d’exploitation sociale. Il est crucial de ne pas ignorer cette réalité et de continuer à la combattre au nom de la dignité humaine et de l’égalité entre tous.

La réflexion sur l’esclavage, sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions, nous pousse à une prise de conscience collective. Il est impératif de déconstruire les stéréotypes et les structures héritées de cette époque, qui continuent de façonner nos rapports sociaux, politiques et économiques, et surtout la condition des femmes.

Le combat pour l’égalité et la dignité de tous les êtres humains ne peut se faire sans une confrontation honnête avec cette histoire, mais aussi sans un engagement concret pour réparer les injustices qui en découlent. Ce n’est qu’en nous attaquant aux racines de l’esclavage et en honorant la mémoire des victimes que nous pourrons espérer éradiquer les formes modernes de servitude et construire une société véritablement juste et égalitaire en droits, devoirs et dignité.

Hypergamie féminine et reproduction des structures sociales

L’hypergamie féminine, souvent définie comme la tendance des femmes à rechercher un partenaire d’un statut supérieur, a joué un rôle dans la perpétuation des hiérarchies sociales.

Dans un monde marqué par des inégalités structurelles, l’hypergamie a parfois servi de stratégie de survie. Mais dans une société en quête d’égalité, ce paramétrage mental peut devenir un frein à l’émancipation réelle.

Repenser notre héritage pour bâtir l’avenir

L’histoire de l’esclavage et ses séquelles ne doivent pas être un tabou, mais un sujet de réflexion profonde.

Le combat contre l’héritage de l’esclavage n’est pas simplement politique ou juridique, c’est aussi un combat pour changer les mentalités et les structures sociales profondément ancrées.

Ce n’est qu’en confrontant notre passé avec honnêteté que nous pourrons construire une société véritablement juste et égalitaire, où chaque être humain, quelle que soit son origine, puisse jouir des mêmes droits et opportunités.

Souleymane Sidibé

● Mauritanie | Autour des expulsions d’étrangers illégaux !



📸 poste frontalier 🇲🇷 de Djama

1 – Je tiens à dénoncer les pratiques brutales et le caractère différencié (étrangers afros subsahariens uniquement visés) qui ont été relevés par plusieurs sources crédibles. Encore soupçons de réflexe d’un « péril Noir » envahissant venant du flanc Sud du pays, souvent exploités par certains milieux xénophobes particulièrement anti Noirs.

2 – Pourquoi maintenant? Récemment les autorités régionales des Canaries espagnoles étaient en visite remarquée à Nouakchott lire https://fr.apanews.net/diplomacy/mauritanie-espagne-le-president-des-canaries-a-nouakchott/. Aux contacts du pouvoir de Nouakchott, quel a été le menu à propos de la gestion des flux migratoires ? Il faut rappeler que courant 2024, l’UE avec l’Espagne en tête menait des démarches avec les autorités mauritaniennes sur le contrôle de réseaux clandestins vers l’Europe et une assiette contractuelle de 210 millions d’euros était annoncée, lire https://www.courrierinternational.com/article/diplomatie-accord-migratoire-ue-mauritanie-des-contours-flous-et-une-efficacite-a-demontrer.
Et peut-on en déduire que les mouvements policiers en cours contre certains étrangers dit-on illégaux, est de nature à montrer à la partie européenne que « des choses » se font substantiellement pour honorer les termes du contrat…?

3 – Il faut que les autorités s’interrogent sur les entrées illégales en masse pour éviter la gestion brutale d’une présence des illégaux…
Quelles sont les failles et leurs causes qui permettent ces entrées à travers de postes de police et de gendarmerie qui ne manquent pas sur les axes routiers vers Nouakchott ?

Et j’ai été témoin il y a quelques semaines venant du Sénégal, au poste frontalier de Djama, 2 voyageurs (un guinéen et une sénégalaise) parmi nous, ont été enregistrés et dotés d’attestations déclaratives donc admis légalement sur le territoire national à mon sens. Et si des illégaux dit-on se retrouvent en masse dans la Capitale, il faut pister du côté d’un trafic multiforme dans lequel le système des contrôles aux frontières ne peut être d’innocence. Un mot clé, la corruptibilité. La culture de la corruption rapporte beaucoup sur nos routes, et donc comme dans d’autres sphères de service, quand on paie, tout devient possible. Pas de zèle dans les règles et leur application une fois l’échange numéraire est fait entre les mains.

Paisible suite de Ramadan 🤲🏿🙏🏿

• KS pour le BLOG

● Quelle est la pigmentation de la Mauritanie? | Par M. Seyré SIDIBE

Au départ, la Mauritanie était blanche et noire pour devenir noir et blanc. Se référer à l’accord des adjectifs de couleurs pour comprendre la nuance. En vérité, elle est la jonction entre une entité Arabo-berbères devenue Arabe par mutation politique, et une entité négro-africaine qui n’a jamais voulu renoncer à son identité ontologique ou tout simplement la rénier.

L’acte de naissance de la Mauritanie a été signé lors du Congrès d’Aleg (mai 1958). La France était derrière le projet, et jouait le facilitateur entre les deux parties. En effet, ce sont Maures( Arabo-berbères ), qui tenaient vaille que vaille à la création de la Mauritanie sous sa forme actuelle. Ils ont usé de toute la diplomatie, de toute sorte de concession, de compromis, d’accommodement pour que les Noirs acceptent l’union des deux entités.

Les Noirs, selon plusieurs témoins et sources de cette époque, ne se sentaient pas trop ce mariage de raison entre le Nord et le Sud. Ils nourrissaient des réserves et beaucoup de craintes dans ce projet visant à bâtir une nation avec des populations nomades et Arabo-berbères connues pour agressions, pillages et razzias contre les populations de la vallée.

Fins diplomates et très avertis politiquement, les Maures tenaient coûte que coûte à la naissance de cet État mauritanien unitaire, jacobin dans sa composition sociologique et géographique actuelles, soit la fusion de deux nations (une entité Noire et un conglomérat de tribus arabo-berbères).

La Mauritanie n’aurait jamais existé sous sa configuration actuelle, n’eût été là France . En effet, la puissance colonisatrice, a bien voulu pour des raisons stratégiques, impérialistes et économiques créer au forcep, un État trait d’union entre l’Afrique du Nord et l’Afrique au Sud du Sahara.

Ce projet, dans sa conception et sa mise en œuvre était à l’avantage des Arabo-berbères du fait qu’il leur permettait d’être porté à la tête d’un État moderne, et partant d’échapper à l’impérialisme, au joug marocain.

Le Maroc n’a jamais cessé de revendiquer le nord mauritanien comme une partie de son territoire, le Grand Maroc. Cependant il ne voulait pas non plus intégrer dans son giron les populations noires du Sud, présentant des réalités socio-culturelles identiques avec celles du Sénégal et Mali.

Si le plan marocain était mis à exécution nos Arabo-berbères seraient aujourd’hui Sahraouis. Ils auraient eu le même sort que les indépendantistes Polisarios, avec lesquels ils présentent des similitudes évidentes.

Le débat raciste qui écume actuellement les réseaux sociaux en Mauritanie sur la pigmentation de notre pays (Blanche ou Noire), est l’expression du déni et du mépris de la Constitution de la République Islamique et de l’histoire de la naissance de l’État Mauritanien. En effet, même par générosité et altruisme, si l’on mettait entre parenthèses, la Grande Histoire de l’Empire du Ghana (Wagadou), force est de constater que le Noir est consubstantiel à l’ADN de la Mauritanie.

Le danger des rafles ciblant les étrangers subsahariens en Mauritanie, se manifeste par la confusion volontaire entre Noir et étranger par certains racistes partisans d’un panarabisme étroit. Cela est d’autant plus vrai que pendant les événements des années 89 – 90, on a profité de l’expulsion des Sénégalais pour régler les comptes de populations négro-africaines de « souche mauritanienne », avant la naissance même la création de l’État mauritanien.
Voilà l’origine des inquiétudes, voire traumatismes des populations noires à chaque fois que les étrangers d’origines subsahariennes sont prises pour cible.

Dans pareille situation, on attend de nos compatriotes » Bidanes » de soutenir leurs frères Noirs contre les abus du pouvoir. Heureusement, ils ne sont pas tous mêlés à cette campagne malsaine, cette cabale nauséabonde sur les réseaux sociaux assimilant tout Noir à un étranger. Je sais une chose, les Maures, vous êtes vous en Mauritanie. Les Noirs aussi, sont chez eux. Nous avions décidé de créer un État biracial, alors respectons les termes du contrat clairement définis dans les engagements pris lors du Congrès d’Aleg.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/quelle-est-la-pigmentation-de-la-mauritanie/?fbclid=IwY2xjawI2hhtleHRuA2FlbQIxMQABHc8A5sA1h-ugqLx7EWLxe-efBCo6IK1r0D2RwxERhsJBTmXRvOg0cuvNqA_aem_-u1gU0ckujEMfXXePZFUCw

● Si Biram Dah Abeid prenait le pouvoir | Par M. Moulaye El Hassene


L’enjeu, d’un changement de régime en Mauritanie, dépasse la seule personne de Biram.
Biram est certes le porteur de la « VISION », le visionnaire, le seul à même de conduire cette vision à bon port, et quelques part l’homme providentiel de cette époque de l’Histoire de ce pays. Mais L’enjeu en lui même, est multidimensionnel, avec des répercussions sociales intergenerationnelles,  transfrontalieres, régionales, voire mondiales.
Le projet politique de Biram, n’est pas seulement local, mais est aussi une philosophie droit-de-l’hommiste et politique qui a vocation à être universelle; une contribution à résoudre des problématiques géopolitiques qui pourrait constituer un modèle réplicable à différentes échelles, dans différents pays, et au sein de communautés de pays.
La centralité de l’Homme dans tout, comme matrice et fil conducteur, est le point fort de cette philosophie « implacable ».
Si les tenants du régime actuel, et ceux du régime précédent, qui sont d’ailleurs presque les mêmes, avaient pris le temps d’analyser en profondeur ce que propose Biram, ils auraient certainement, s’ils sont intelligents, essayé de trouver le moyen de l’intégrer avec eux dans une configuration politique bénéfique à tous et au pays.
Mais ils ne l’ont pas fait, et semblent toujours loin de le faire. Alors ils seront quand même rattrapés par la fatalité du sort: car le peuple aura le dernier mot… et le peuple n’a pas encore dit son dernier mot.
La très prochaine salve d’élections finira d’entamer l’actuel régime, déjà à bout de souffle.

Par M. Moulaye El Hassene, militant droit-de-l’hommiste et acteur politique.

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● Fuite de gaz sur le champ GTA : La Coalition Mauritanienne PCQVP exige la lumière | Par M. Baliou Coulibaly.

MADAR – D’après une information de source autorisée ; « il a été constaté ce 19 février 2025 des fuites de gaz au niveau du puits A02 du champ de production de gaz Grand Tortue Ahmeyim au large des cotés Mauritano Sénégalaise. »

Selon la même source « des solutions sont mobilisées pour faire face à cette catastrophe y compris la mobilisation d’équipement et de personnel spécialisés pour appuyer les efforts de réparation . Le communiqué précise que l’entreprise considère la sécurité des personnes et de l’environnement comme une priorité ».

Le communiqué rassure par ailleurs que « l’incident du puits A02 qui fait partie des 4 puits du projet GTA n’a pas d’impact immédiat sur les activités de production en cours dans les autres puits. »

Malgré les assurances données par les sources proches des opérateurs ce genre d’incident doit être l’objet d’une attention particulière . Les opérations du champ gazier GTA s’effectuent dans une zone maritime extrêmement sensible caractérisée par un écosystème riche et diversifié, une forte concentration humaine avec des activités socio-économiques qui dépendent de ce équilibre environnemental.

Certes les études d’impact environnemental avaient prévu des incidents de ce genre mais personne ne pouvait imaginer qu’un tel incident pouvait subvenir aussitôt à seulement un mois du début de l’exploitation officielle du gaz.

La Coalition Mauritanienne PCQVP déplore cet incident malheureux et lance un appel aux opérateurs et aux services compétents de l’état pour que toute la lumière soit faite sur cette fuite afin qu’on puisse en tirer les bonnes leçons et éviter que cela ne se reproduise.

La Coalition Mauritanienne recommande que l’ensemble des parties prenantes y compris les communautés locales riveraines de la Mauritanie et du Sénégal soient non seulement informées sur la portée réelle de cet incident mais surtout suffisamment associées à la mise en œuvre du plan de gestion environnemental et social existant.

Un plan qui doit faire l’objet d’évaluations périodiques avec les communautés locales pour une meilleure prise en charge des différents impacts nouveaux ou accidentels.

Sur la base de sa mission de promotion d’une « gestion transparente et responsable de nos ressources naturelles », la Coalition entend ainsi apporter sa contribution en vue d’assurer un développement humain durable et inclusif dans le respect des normes environnementales qui protègent notre planète déjà fortement éprouvée.

Le Président

Ba Aliou Coulibaly

Tel : 222 46455504

• Lien média https://www.cridem.org/C_Info.php?article=781503&fbclid=IwY2xjawIylu5leHRuA2FlbQIxMAABHbNm-ZKki8jSNCM495zDP35sQyhh1EztKJ7c5-YsgxBRm-uIu4VmglfrCw_aem_do3RDmj6CHLYhKNqiVrUXA

● Déconstruire le système des castes et la mentalité féodale [TRIBUNE COLLECTIVE]

« Lutter contre les mentalités, ce n’est pas comme lutter contre un mal de tête. » – Abdoulaye Doro Sow

Le système des castes est une organisation totale de la société, profondément ancrée dans l’histoire. Il constitue un frein majeur à la mobilité sociale, enfermant les individus dans des statuts hérités qui définissent leurs droits et opportunités. Il repose sur le mythe de la pureté généalogique et façonne durablement les mentalités à travers des mécanismes d’assignation sociale et de stratification.

Dans un contexte où la culture démocratique peine à s’imposer, ce système devient un outil de pouvoir pour certains. Son maintien leur garantit une position privilégiée qu’ils défendent farouchement, convaincus que leur statut est une question de survie.

Pourtant, il ne s’agit que d’une construction sociale persistante, transmise de génération en génération au point d’apparaître naturelle et immuable. C’est précisément ce qui rend sa remise en question difficile. Derrière cette hiérarchie figée se cache un conditionnement collectif, une mise en scène où chacun joue un rôle prédéfini. Certains justifient cette organisation en la présentant comme une simple division du travail, alors qu’en réalité, elle sert avant tout à préserver des privilèges sociaux.

Un formatage social qui limite l’individu

Dès l’enfance, un conditionnement subtil façonne les comportements et les aspirations. L’éducation met l’accent sur l’obéissance plutôt que sur la réflexion, utilisant la peur et la culpabilisation comme outils de contrôle social. Ce formatage a des conséquences profondes : manque de confiance en soi, dépendance à la validation sociale, difficulté à prendre des initiatives. L’individu apprend à se conformer, à éviter de questionner l’ordre établi, et à confondre respect et soumission.

Ce conditionnement ne se limite pas à l’individu, il structure la société tout entière. En figeant les rôles sociaux, il empêche l’émergence d’une véritable culture citoyenne, où chaque personne serait reconnue pour ses compétences et non pour son ascendance.

Ces hiérarchies, héritées du féodalisme et de la tradition, continuent de peser lourdement sur les individus. Qu’il s’agisse de castes, d’ethnies ou de classes sociales, elles fonctionnent toutes selon la même logique : diviser, figer, assigner et instaurer des barrières invisibles.

Le cas de la société sooninké

Chez les Sooninké, cette stratification est particulièrement marquée. Elle repose sur l’appartenance héréditaire et l’endogamie (mariage au sein du même groupe), renforçant ainsi les distinctions sociales. Cette société est organisée en trois grandes catégories :

      •     Les Hooro (nobles et hommes libres) : Ils comprennent les Tunkalemmu (princes fondateurs de villages), les Mangu (courtisans et guerriers) et les Modylemmu (guides religieux et imams).

      •     Les Naxamala (hommes de caste) : Artisans spécialisés, ils regroupent les Tago (forgerons), Sako (travailleurs du bois), Jaaro (griots) et Garanko (cordonniers).

      •     Les Komo (captifs et esclaves affranchis) : Historiquement, ce groupe était constitué d’esclaves et de leurs descendants. Bien que l’esclavage ait été aboli, des discriminations persistent et ces individus restent marginalisés.

Ce système ne se limite pas à une classification sociale ; il dicte les destins individuels. Comme le disait l’anthropologue Claude Meillassoux : « Une fois esclave, toujours esclave. » L’ordre social paraît si naturel qu’il est rarement remis en question.

Un modèle similaire chez les Halpulaaren (Peuls)

Comme chez les Sooninké, la société Halpulaaren est organisée selon une structure hiérarchique stricte, où chaque caste correspond à un rôle spécifique :

      •     Les castes d’autorité :

      •     Toorobbe (dirigeants religieux et politiques).

      •     Sebbe (anciens guerriers devenus propriétaires terriens).

      •     Jaawambe (conseillers des Toorobbe).

      •     Les travailleurs manuels, spécialisés selon leur matériau de travail :

      •     Maabube (tisserands), Waylibe (orfèvres et forgerons), Sakkeebe (peaussiers), Lawbe (boisseliers), Buurnaabe (céramistes), Awlube (griots), Wambaabe (guitaristes).

      •     Les Maccube (esclaves et serviteurs), au bas de la hiérarchie sociale.

D’autres groupes, comme les Wolof ou les Beidane (Arabo-Berbères), fonctionnent selon des logiques similaires. Ces hiérarchies sont si profondément intégrées qu’elles deviennent invisibles aux yeux de ceux qui les subissent. Pourtant, ce n’est pas parce qu’un système a toujours existé qu’il est légitime.

Un frein au progrès social et à la culture citoyenne

En enfermant les individus dans des statuts prédéfinis, ce système entrave la mobilité sociale et limite l’épanouissement personnel. Il réduit les opportunités, perpétue un climat de résignation, et freine l’éducation, l’initiative et l’engagement citoyen.

Or, aucune société ne peut évoluer sans citoyens libres de penser et d’agir en fonction de leurs talents et aspirations, plutôt que de leur naissance.

Déconstruire ces hiérarchies pour une société plus juste

Remettre en question ces structures hiérarchiques profondément ancrées, c’est permettre l’émergence d’une société plus équitable, où chaque individu pourrait exercer pleinement son rôle de citoyen.

Le parallèle avec la mentalité féodale est évident. Comme le système des castes, cette mentalité repose sur un conditionnement social qui limite l’autonomie et bride l’imaginaire. Elle produit des individus hésitants, en quête de validation, enfermés dans un système invisible qui détermine leur place et leurs ambitions.

Mais qu’est-ce qui justifie réellement cette stratification ? Rien d’objectif. Rien qui ne résiste à l’analyse historique, à la raison et au bon sens. Ce système repose sur des récits hérités du passé, des habitudes profondément enracinées dans l’inconscient collectif. Il ne tient que tant qu’on le considère comme une fatalité.

Or, l’histoire est pleine d’exemples de sociétés qui ont su déconstruire leurs hiérarchies oppressives et s’émanciper.

Alors, pourquoi pas nous ?

Les pistes pour un changement réel

      1.    Prendre conscience des mécanismes invisibles qui perpétuent ces inégalités.

      2.    Refuser de cautionner et de reproduire ces schémas en cessant d’assigner les individus à des catégories arbitraires.

      3.    Miser sur l’éducation et l’esprit critique pour déconstruire les préjugés et briser ces hiérarchies obsolètes.

En définitive, une citoyenneté pleine et entière en Mauritanie et dans la sous-région nécessite de dépasser ces assignations et de reconnaître la valeur intrinsèque de chaque individu.

La liberté ne s’hérite pas, elle se conquiert. Il ne suffit pas d’attendre que le monde change. Il faut œuvrer pour le changement.

Signataires :

Boulaye Diakité, socio-anthropologue

Mamoudou Baidy Gaye dit Alia, journaliste

Souleymane Sidibé, militant associatif

• Lien média https://www.cridem.org/C_Info.php?article=781518&fbclid=IwY2xjawIxte5leHRuA2FlbQIxMQABHWWjYRcQZaeIa-uElZVbRo4xG-GcaCZNBto6JuJLggiWaQ66zVqeSCpJzw_aem_PEr2Je9ltucj7yc7nNgCCg

● Biram Dah Abeid : «l’objectif de l’opposition est de renverser démocratiquement le pouvoir et je ne regrette en rien l’autodafé»

Biram Dah Abeid, chef de la Coalition des forces de l’opposition contre le régime, a déclaré que l’objectif de la coalition est de « renverser le régime de manière démocratique et d’accéder au pouvoir ».

Dans une interview exclusive accordée jeudi soir à Sahara 24, Ould Abeid a expliqué que les partis membres de la coalition « ne diffèrent pas dans leur opposition au régime », soulignant que « leur diagnostic sur son état est le même ».

« Les idéologies différentes ne divisent plus ceux qui luttent pour l’intérêt du peuple », a déclaré Ould Dah, soulignant que “le temps des tranchées idéologiques est révolu”.

Ould Abeid, arrivé en deuxième position lors de la dernière élection présidentielle de 2024, a fait part de son intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle, en déclarant chaque pas franchi est une préparation aux prochaines élections présidentielles ».

Parlant de son appel à l’autorisation des partis qui remplissent les conditions, il a déclaré convaincu que si le parti Rak était autorisé, « la Mauritanie verra la fin de la domination du parti au pouvoir sur la vie politique, une reconnaissance qui ne rompra pas nos relations avec le parti Sawab ».

« Nous avons des programmes clairs dans tous les domaines et nous avons la sympathie de nombreux cadres du régime qui ne peuvent pas manifester leur sympathie pour des raisons qui concernent le régime ».

Biram n’a pas nié ce que certains disent c’est-à-dire le fait que depuis qu’il s’est « réconcilié récemment avec la société traditionnelle, il a dû abandonner un grand pan de son radicalisme ».

« Mon objectif a-t-il dit n’est pas d’éliminer les notabilités traditionnelles et je n’ai aucun problème avec elles si les droits de la population étaient préservés » ajoutant qu’il avait gagné des batailles décisives avec les chefs traditionnels ».

A propos de l’autodafé, Biram a déclaré qu’il ne le regrettait pas considérant qu’il s’agit d’un acte glorieux auquel les gens se sont adaptés.

Ould Dah a parlé du mouvement IRA et de sa lutte pour mettre fin à l’esclavage, affirmant que « l’IRA est toujours présente sur toutes les places ».

Commentant son ascension, il a dit qu’elle « a transcendé les partis et les organisations et qu’elle est devenue en peu de temps l’égal du régime ».

Biram ne s’est pas dédouané de ses préoccupations politiques et a mentionné son souci de lutter contre l’esclavage en combattant la corruption.

« La question de l’esclavage est importante, mais je ne saurais ignorer la corruption dans mon pays, où les pots-de-vin sont répandus et où ses richesses sont pillées ».

« Je ne nie pas avoir des problèmes avec le régime d’Ould Daddah, et je suis sûr que si j’avais été à son époque, je m’y serais opposé », a-t-il déclaré, faisant référence à feu le président Mokhtar Ould Daddah.

« Cependant, ce qui caractérise son régime, c’est que la roue du développement dans tous les domaines a avancé dans un système basé sur l’abstinence à l’endroit des deniers publics ».

« Le seul reproche que je lui fais est celui d’avoir mené la guerre du Sahara “ mais je m’oppose cependant au coup d’État de juillet 1978, car il a retardé et même hypothéqué le développement du pays”.

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● Les FLAM et nous ! | Par M. Souleymane SIDIBÉ

Je vois certains anciens propagandistes évoquer les FLAM, ce mouvement qui, jadis, avait un modus operandi désormais révolu. Ces FLAM, Forces de Libération Africaines de Mauritanie, ne sont plus qu’un spectre du passé. Aujourd’hui, ce mouvement n’a plus d’influence, mais il continue d’être invoqué par ceux qui cherchent à raviver les tensions d’antan. Je ne suis ni partisan ni défenseur de ce mouvement ; je n’adhère ni à son discours, ni à son parcours. Mon intention n’est pas de ranimer des querelles, mais de rappeler quelques vérités souvent ignorées.

Le véritable problème aujourd’hui ne réside pas dans les FLAM. Ce mouvement n’a jamais été assez conséquent pour influer sur le cours de l’histoire mauritanienne de manière durable. Un mouvement politique véritable, pour être efficace, doit d’abord bâtir une base solide et agir dans le cadre des réalités politiques. Or, les FLAM ont disparu, se sont dissoutes, comme du sucre dans l’eau, ou comme une boule de neige qui fond sous le soleil. Aujourd’hui, les FLAM n’existent plus, mais il est étrange de voir certains idéologues du passé tenter de réémerger en leur nom pour attribuer les maux de notre société à ce mouvement disparu. Ces tentatives d’exploiter leur nom pour distraire l’opinion publique, particulièrement de la part de ceux qui, à l’instar de Taya, cherchant à attribuer à ce mouvement les malheurs, les injustices et les atrocités qu’a subis notre pays sont désuètes.

Pour moi, cette manœuvre n’est qu’une diversion. Ce n’est pas le passé qui doit occuper notre attention, mais bien l’avenir. Toute personne véritablement engagée dans la lutte pour un avenir meilleur devrait d’abord se débarrasser de ses préjugés hérités, comme l’a souligné notre premier président, Moktar ould Daddah. Les FLAM, eux, n’ont jamais su se défaire de leurs propres préjugés. Ils n’ont jamais mené de véritable combat contre la féodalité au sein de la communauté négro-mauritanienne. Un mouvement qui refuse de se confronter à ses démons internes, qui ne fait pas son propre examen de conscience, ne mérite aucune compassion ni aucune attention.

Pour ce qui est de l’arabisation, nous ne sommes pas contre l’arabe, mais c’est l’arabe comme gagne-pain pour certains et comme langue sans avenir pour d’autres -pas de pain- qui pose véritablement problème, comme l’a souligné Murtodo Diop. Ce n’est pas la langue arabe en soi qui est en cause, mais la manière dont elle est instrumentalisée pour exclure une partie de la population de l’accès à des opportunités essentielles.

Souleymane Sidibé

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● Réponse à Ely Ould Sneiba  : L’absurdité raciste dans toute sa splendeur | Par le journaliste M. Souleymane Djigo.

Monsieur Sneiba, votre dernier texte publié aujourd’hui et intitulé “ l’immigration a eu une incidence négative sur notre unité nationale “ est une diarrhée intellectuelle où la haine ethnique se mêle à l’ignorance la plus crasse.

À force de vouloir tordre l’histoire pour la plier à vos fantasmes racistes, vous en arrivez à un niveau d’absurdité qui frôle le grotesque.

Vous prétendez que l’immigration a nui à “l’unité nationale”. Une affirmation aussi vague que fausse.

Qui est responsable de la division en Mauritanie ? Qui a institutionnalisé un système où l’ethnie détermine les droits et devoirs des citoyens ? Qui a perpétré des purges ethniques en 1989, déportant des milliers de Mauritaniens noirs sous prétexte qu’ils étaient “Sénégalais” ? Certainement pas les victimes de ces injustices, mais bien un État raciste, façonné par des idéologues comme vous qui ne savent exister que dans l’exclusion et la domination.

Votre obsession maladive pour les Sénégalais est risible. Alors selon vous, toutes les voix qui contestent l’arabisation forcée et l’exclusion raciale seraient manipulées par des étrangers ? C’est une insulte aux milliers de Mauritaniens noirs qui subissent quotidiennement des discriminations et qui n’ont pas besoin de “Sénégalais” pour comprendre qu’ils sont traités comme des citoyens de seconde zone.

Les FLAM, l’UFP, Ne Touche Pas à Ma Nationalité… Tous ces mouvements seraient donc le fruit d’une conspiration étrangère ? Quelle belle façon de nier la réalité ! Une technique bien connue des régimes oppresseurs : réduire toute contestation à une menace extérieure pour mieux justifier la répression.

La Mauritanie, État arabe” : une insulte à la réalité démographique

Votre conclusion est une perle de cynisme. Vous parlez de “multi-nationalisme”, comme si la diversité ethnique du pays était une anomalie à tolérer sous conditions. Puis, avec une arrogance stupéfiante, vous terminez sur cette absurdité : “Et la Mauritanie, État arabe, dans tout cela ?”.

Permettez-moi de vous rafraîchir la mémoire :
La Mauritanie n’est pas un État arabe, c’est un État afro-arabe où les populations négro-mauritaniennes ont autant de légitimité que les Maures.

Vouloir faire croire que les négro-mauritaniens sont des immigrés est une imposture historique. Ce sont eux qui occupaient ces terres bien avant l’arrivée des conquérants arabes.

La fuite des jeunes Maures vers l’étranger ne relève pas d’un “complot migratoire” mais de l’échec des politiques économiques du pays, qui poussent toute la jeunesse – quelle que soit son ethnie – à chercher une vie meilleure ailleurs.

Votre proposition d’“ethnies séparées avec leur propre langue et leur part du pouvoir” n’est rien d’autre qu’un apartheid déguisé. Vous proposez un système où les citoyens seraient classés selon leur origine, avec des droits attribués au “prorata de leur poids démographique”. Autrement dit, vous voulez instaurer une hiérarchie raciale dans la gestion du pays.

Mais qui vous a dit que la Mauritanie vous appartient plus qu’aux autres ? Qui vous a donné le droit de distribuer des portions de citoyenneté ? L’unité nationale que vous prétendez défendre ne peut exister que dans l’égalité et la justice, et non dans la domination d’un groupe sur un autre.

Votre texte n’est pas une analyse politique, c’est un pamphlet xénophobe destiné à flatter les instincts les plus bas d’une frange de la population qui refuse de voir la Mauritanie telle qu’elle est réellement : un pays multiracial, multiethnique et multilingue.

Votre problème, Monsieur Sneiba, c’est que vous pensez pouvoir arrêter l’histoire avec vos délires identitaires. M

Mais l’histoire vous a déjà dépassé.

Ce pays n’appartient pas aux racistes, et tôt ou tard, il faudra bien que vous l’acceptiez.

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● Dialogue politique, Ghazouani invite Birame pour un tête-à-tête | Par Cheikh Aidara [lauthentic.info]

Birame rencontrera Ghazouani dans le cadre du dialogue futur entre les acteurs politiques

Le président de la République, Mohamed Cheikh Ghazouani a adressé une invitation à son double dauphin aux présidentielles de 2019 et 2024, le député Birame Dah Abeid, pour une audience à deux. C’était le jeudi 20 février 2025, alors que les sirènes d’un éventuel dialogue déchirent déjà l’arène politique. Quid de cette audience qui a pris tout le monde au dépourvu ?

Personne ne s’y attendait ! Pourtant, c’est arrivé ! Le président Ghazouani a convié le député Birame Dah Abeid, actuellement en déplacement à Dakar, pour une rencontre au sommet.

L’invitation lancée le jeudi 20 février 2025 a aussitôt entrainé une réunion d’urgence des présidents de la coalition antisystème que préside Birame Dah Abeid pour examiner cette main tendue du président Ghazouani. Après délibérations, le conseil a décidé à l’unanimité de répondre favorablement à cette invitation, tout en réaffirmant son attachement au dialogue constructif et à la défense de l’intérêt général.

Quelques jours auparavant, aux termes d’un débat entre les partis de l’opposition pour échanger sur le dialogue en perspective, Birame Dah Abeid avait déclaré qu’il ne prendrait pas part à ce dialogue sauf sous certaines conditions.

Auparavant, le chef de file de l’opposition démocratique, Hamadi Sidi Mokhtar, président du parti Tawassoul avait fait le tour des leaders, dont en particulier Birame Dah Abeid et Mohamed Ould Maouloud, président de l’Union des Forces du Progrès (UFP).

Cette effervescence de la scène politique en léthargie depuis la dernière campagne présidentielle de 2024, résultait de l’appel au dialogue qu’avait lancé le Premier Ministre, Mokhtar Ould Djay durant sa Déclaration de Politique Général (DPG) de janvier 2025 devant les députés de l’Assemblée Nationale. Il reprenait l’idée qu’il avait lancée déjà en novembre 2024 suite au discours de Ghazouani qui avait appelé déjà en 2023 à un dialogue politique nationale, idée reprise et confirmée plus récemment par le ministre de la Culture et porte-parole du gouvernement, Houssein Meddou.

Enfin, réhabilité ?

Faisant fi du déni de reconnaissance dans son entourage de la dimension politique de Birame Dah Abeid sur la scène nationale, le président Ghazouani se serait sans nul doute rendu à l’évidence que la politique de l’autruche ne saurait perdurer et qu’il fallait donner à César ce qui appartient à César.

La volonté évidente de son ministre de l’Intérieur d’écarter Birame Dah Abeid d’un dialogue qu’il comptait mener en solitaire sans devoir rendre des comptes, se serait enfin brisé sur la clairvoyance de Ghazouani qui pesait tout le ridicule qu’un tel scénario pouvait entraîner.

En effet, les acteurs nationaux, même les plus proches du pouvoir, mais surtout les partenaires extérieurs, voyaient très mal cette fuite en avant dans le déni de reconnaissance de la dimension politique de Birame et le refus entêté de lui délivrer les moyens légaux d’une participation politique, à travers la reconnaissance de son part, RAG.

L’invitation officielle que le président Ghazouani vient d’adresser à Birame Dah Abeid ne serait ainsi que la manifestation d’une reconnaissance explicite de sa dimension d’homme d’Etat.

Les termes éventuels d’un deal

Il est attendu, selon plusieurs observateurs, que l’entrevue entre Ghazouani et Birame porte essentiellement sur des questions politiques, en tête desquelles la reconnaissance de son parti, RAG, ainsi que celle des FPC de Samba Thiam, entre autres formations politiques en gestation.

Les échanges porteront de manière plus large sur le dialogue envisagé entre les acteurs politiques. Birame réitérera sans nul doute les exigences qu’il avait posées durant sa dernière rencontre avec le pool de l’opposition. A savoir, des garanties formelles sur la transparence du dialogue et de ses résultats, le choix des acteurs, la désignation d’un organe de supervision qui ne serait pas le ministère de l’Intérieur, et le caractère décisionnel des conclusions auxquelles les acteurs parviendront, exit toutes formes de recommandations.

Birame pourrait aussi poser le cas des jeunes assassinés à Kaédi et dans d’autres villes de la Vallée, à Boghé en particulier, lors des manifestations qui ont suivi la proclamation des résultats de la présidentielle de 2024. Aucune enquête n’a été menée depuis lors pour déterminer les circonstances du drame et désigner les auteurs.

En retour, le président Ghazouani, sous réserves des exigences déjà citées et d’autres que pourraient avancer Birame Dah Abeid au cours de l’audience, pourrait demander la participation de Birame au dialogue, la reconnaissance des résultats de l’élection présidentielle de 2024 qu’il continue de refuser.

En perspective de 2026            

Il faut dire que la Mauritanie se dirige vers une succession démocratique en 2026 à laquelle l’actuel président, Mohamed Cheikh Ghazouani, sera écarté. Déjà, beaucoup de sources parlent d’officiers supérieurs qui prendront le relais, des noms circulent, comme si le pays est condamné à être dirigé par l’Armée. Le recyclage des militaires en costume durent depuis 47 ans. Et le peuple en a assez. Le changement vers un régime civil est le souhait actuel de tous les Mauritaniens, eu égard aux grands tords que les régimes militaires successifs ont créé. Retard de développement, mauvaise gouvernance, gabegie, émergence de tous les « ismes » destructeurs (tribalisme, clientélisme, despotisme, régionalisme, éthnicisme, etc.). La Mauritanie s’enfonce de plus en plus dans un gouffre sans fond, avec la recrudescence des injustices, du favoritisme, des passe-droits, de la compartimentation sociale, de la déliquescence du service public, pour ne citer que ceux-là.

Ghazouani serait ainsi bien inspiré, en tant qu’acteur principal des futurs enjeux politiques, de veiller à ce que l’élection présidentielle de 2026 soit l’une des plus transparente possible. De combattre ce qui devra être son ex-camp contre les magouilles et les tripatouillages dont il détient les secrets. Faire tout pour que la volonté populaire puisse s’exprimer en toute liberté et que le plus fort gagne. Laisser enfin un pays réconcilié avec lui-même et d’être l’artisan de la deuxième transition démocratique du pays, après celle qui avait amené Sidi Cheikh Abdallahi au pouvoir en 2006.

Cheikh Aïdara

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