Emergence Mauritanie – Le nouveau grand éboueur de Nouakchott s’appelle Youssef Ahizoune. À la tête d’Arma Holding, il vient de remporter un contrat clé : 7 milliards d’ouguiyas par an, renouvelable sur 10 ans, pour moderniser la gestion des déchets de la capitale mauritanienne.
Le feuilleton du marché de la propreté de Nouakchott a trouvé son épilogue. Après plusieurs suspensions et annulations, c’est finalement Arma Holding, groupe marocain spécialisé dans la gestion des déchets, qui a été officiellement désigné pour assurer la collecte et le transport des déchets solides de la capitale mauritanienne.
Le contrat est de taille : 7,06 milliards d’anciennes ouguiyas par an, sur une durée initiale de 10 ans, renouvelable. Il concerne l’ensemble de l’agglomération de Nouakchott, confrontée à des défis structurels en matière de gestion des déchets.
Un contrat clé, une concurrence rude
Le processus d’attribution n’a pas été linéaire. Le contrat, initialement remporté par SOS NDD, a été suspendu à trois reprises par l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) à la suite de recours.
Lors de la quatrième procédure, c’est finalement Arma Holding qui a été retenue, l’ARMP ayant levé les dernières suspensions début juin 2025. Une victoire importante pour le groupe, alors que ce marché est vu comme une vitrine régionale dans un secteur hautement concurrentiel.
Youssef Ahizoune, un héritier devenu entrepreneur
À la tête d’Arma Holding : Youssef Ahizoune, 38 ans. Fils de l’ancien président de Maroc Telecom, Abdeslam Ahizoune, Youssef a choisi de tracer sa propre voie dans l’univers des services urbains. Après des études à Paris-Dauphine et aux Ponts ParisTech, il débute chez le français Derichebourg, spécialisé dans la propreté urbaine. En 2014, il participe à la création de la filiale marocaine du groupe. En 2019, il en prend le contrôle total et fonde Arma Holding.
Le groupe est aujourd’hui contrôlé par la famille Ahizoune (Youssef, ses sœurs Zineb et Yasmine) et un associé, Alae Eddine Bentayeb. Sous leur direction, Arma s’est imposé comme un acteur clé du secteur au Maroc : présence dans 19 villes, plus de 7 000 collaborateurs, diversification vers l’éclairage public et le recyclage.
Une ambition régionale affirmée
Le contrat de Nouakchott s’inscrit dans une stratégie d’expansion régionale. Arma développe en parallèle des projets en Côte d’Ivoire (usine de recyclage à Abidjan) et au Sénégal, avec l’ambition de devenir un opérateur de référence du service urbain en Afrique francophone.
Classé 12ᵉ du Choiseul 100 Africa, classement qui distingue chaque année les 100 jeunes leaders économiques les plus influents du continent, Youssef Ahizoune incarne cette nouvelle génération de patrons urbains africains. Entrepreneurs industriels et gestionnaires aguerris, ces dirigeants ambitionnent d’accompagner la transformation des métropoles africaines en intégrant des standards de service plus élevés et des solutions innovantes. Le contrat de Nouakchott lui offre une nouvelle opportunité de démontrer cette vision sur le terrain.
Le défi de Nouakchott est immédiat : moderniser la collecte, déployer une nouvelle flotte, instaurer un service continu et fiable dans une ville où les attentes sont fortes. Pour Youssef Ahizoune, ce contrat représente à la fois une consolidation du positionnement panafricain d’Arma et un test grandeur nature sur un marché stratégique.
Nous avons visionné et écouté avec un grand intérêt l’échange (daté du 8 juin 2025) entre l’animateur de la chaîne YouTube Radio zam-zam et le journaliste mauritanien M. Camara Seydi Moussa. Une riche et instructive causerie en langue soninké au cours de laquelle le fondateur et éditorialiste du journal la Nouvelle Expression a exposé, clarifié, interpellé, conseillé et rappellé à l’endroit de l’opinion publique soninké d’une manière générale et en particulier aux milieux soninké du Guidimagha, sa région d’origine. Il est revenu sommairement sur son cheminement d’intellectuel-acteur sur différents chantiers socio-politiques en Mauritanie. Anti-esclavagiste et humaniste connu et reconnu pour son engagement droit-de-l’hommiste constant notamment par sa plume qui inspire et alerte dans l’arène médiatique notamment francophone dans notre pays. Dans l’interview citée, face aux questions incisives de l’animateur, il a su aborder les thématiques avec profondeur et pertinentes nuances sur la nature de son engagement politique, ses relations avec certains leaders politiques (le président Biram Dah Abeid ou le professeur Outma Soumare) et ses initiatives liées aux contextes de l’écosystème politique de nombreuses années durant. L’homme de presse originaire de Dafort se définit comme un accompagnant et compagnon des principes et valeurs portés par de leaders et réfute implicitement le statut d’un suiveur obtus de qui que ce soit. Son mot d’ordre militant invite le personnel politique du Guidimagha à plus d’engagement sérieux sur du concret et sans manipulations des populations pour répondre à leurs aspirations diverses en termes de développement multidimensionnel.
J’ai beaucoup apprécié sa dialectique servie d’une belle dose d’empathie concernant la problématique de l’esclavage dans la communauté soninké. Faisant référence à quelques anecdotes, il se distingue valeureusement de beaucoup d’autres personnes (n’étant pas issues d’une extraction sociale servile) en indexant objectivement le Mal que constitue le statut d’esclave accablant amèrement certains membres de la communauté. Son approche est très différente de celle chez certains qu’on peut entendre ici et là consistant à ne pas admettre d’emblée le mal intrinsèque de l’appellation « esclave » et ses dérivés sociétaux. Ces gens peuvent s’exprimer sur la problématique en laissant entendre qu’on devrait arrêter l’usage du langage esclavagiste parce que les personnes visées ne veulent plus et non pour le caractère nuisible et avilissant de la tare en question. Ils se disent en eux-mêmes « on va laisser l’affaire malgré nous » et à la moindre occasion dans les enclos sociaux, ils n’hésiterons pas à raviver leurs mentalités et rassurer leurs subordonnés statutaires dans un brumeux parasitisme coutumier et féodalo-esclavagiste. Ainsi à propos, l’approche discursive de M. Camara Seydi Moussa dégage une nette sincérité qu’on peut y adjoindre son appel à une nécessaire conscientisation auprès des populations sur l’arsenal juridique consacré à la lutte contre l’esclavage et son apologie.
En ce qui concerne le vocable Ganbanaaxu, il y insère en substance une notion d’entente et de faire-bien ensemble dans la communauté et pas forcément une structure « khabila » (composante d’identité sociale). Je lui concède à la marge cette définition et j’essaierai de m’expliquer en conséquence. En effet, ces dernières années l’engagement d’éveil abolitionniste en milieux soninkés à travers le monde est porté et connu sous le mouvement Ganbanaxu (être égaux en dignité et en droits). Dans nos communautés qui fonctionnent avec une charpente sociale faite d’hiérarchies hermétiques et d’un suprémacisme structurel, les éléments sociaux (familles et membres militants Ganbanaaxu) qui ont rejeté les coutumes féodalo-esclavagistes et de subordination ont subi systématiquement beaucoup de brimades et de graves atteintes à leurs droits légitimes. Par exemple dans notre propre village Dafort, nous avons connu des expropriations des terres et diverses autres représailles décidées en comité villageois dans le but de contraindre les familles antiesclavagistes à renoncer à leur émancipation sociale. Les velléités de museler et de bannir les militants Ganbanaaxu se sont transformées en une opportunité idoine pour eux afin de s’organiser socialement et se prendre en charge par une relative autogestion restant à consolider. Les anciennes entités clanico-politiques ne peuvent plus être de références d’identification statutaire pour les familles Ganbanaaxu mises en une sorte de quarantaine, elles se sont choisi logiquement un référent traditionnel. À propos, on pourrait convoquer valablement la citation de T. Sankara : « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère… »
Mon grand frère Camara Seydi Moussa est bien au fait plus que moi en la matière, les entités clanico-politiques en pays soninké ne peuvent intégrer dignement les personnes anciennement esclavagisées que si elles acceptent un éternel héritage de subordonnés statutaires dans le temps et dans l’espace. Ainsi, là où on parle de subordination sociétale et coutumière liée à une ascendance servile dans nos communautés, on subit moults discriminations dans l’échelle de valorisation sociale dans le matériel et dans l’immatériel. Les symboles liés au droit d’aînesse, à la chefferie coutumière et à l’imamat, on n’y aspire qu’en rêve parce que le régime est intrinsèquement verrouillé sans codes ni clés de déverrouillage, par conséquent sans vision concrète de s’auto réformer utilement. Je mets ici une récente contribution en support de mon présent avis https://ecrit-ose.blog/2025/04/13/%e2%97%8f-reflexion-et-societe-la-relation-esclave-maitre-ne-se-reforme-pas-elle-doit-etre-separee-pour-une-commune-utilite-publique-par-ks/ .
Ganbanaaxu comme une assise sociale d’une certaine manière « khabila », on ne l’entend pas comme une entité clanico-politique fermée et sectaire, mais plutôt une communauté d’appartenance et d’ouverture au sein de laquelle certaines valeurs sont en application et alignées aux textes fondamentaux de notre pays. C’est une aspiration à une pleine émancipation sociale et citoyenne arrimée au credo suivant : Ni maîtres ni esclaves de qui que ce soit.
La rubrique Le Grand Entretien du BLOG publie l’interview de Madame Coulibaly Mariam. L’entrepreneure et fondatrice de l’ONG Sah’Elles répond à nos questions ci-après. Nos vifs remerciements à elle pour la disponibilité.
● Question 1 : Bonjour madame Coulibaly Mariam, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Mariam Coulibaly : Bonjour, je vous remercie pour cette invitation. Je suis Coulibaly Mariam. J’ai eu la chance de faire mes études en France, où j’ai poursuivi un parcours académique atypique mais enrichissant. Après plusieurs expériences professionnelles, j’ai décidé de me réorienter vers l’entrepreneuriat, un domaine qui me passionne profondément. Dans cette perspective, j’ai repris une formation professionnalisante et obtenu un Diplôme Universitaire en Entreprises, un cursus équivalent à un niveau cadre, qui m’a permis de consolider mes compétences en gestion, en leadership et en stratégie entrepreneuriale.
Aujourd’hui, je mets cette double expertise académique et entrepreneuriale au service de projets porteurs de sens, notamment en faveur du leadership féminin en Afrique. Mon engagement est d’accompagner les femmes à prendre leur place, à révéler leur potentiel et à devenir des actrices du changement dans leurs communautés.
MC : Merci beaucoup pour cette mise en lumière et pour l’intérêt que vous portez à Sah’Elles. Sah’Elles est une ONG que j’ai fondée avec la volonté de contribuer activement à la transformation sociale du Sahel en plaçant les femmes au cœur du changement. L’idée est née d’un constat personnel et partagé : malgré leur potentiel immense, les femmes de la région sahélienne restent encore trop souvent en marge des dynamiques de développement. C’est ce qui m’a poussée à créer une structure capable de les accompagner, de les former et de valoriser leurs initiatives.
L’ONG Sah’Elles œuvre principalement pour le leadership féminin, l’autonomisation économique des femmes et la valorisation des savoir-faire locaux. Nos actions se déclinent à travers des formations, des accompagnements personnalisés, des événements communautaires (communautés des femmes leaders), mais aussi des plaidoyers en faveur des droits des femmes et de l’équité sociale.
Nous intervenons actuellement dans plusieurs pays du Sahel, notamment le Mali, le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée. Sah’Elles collabore avec différents partenaires institutionnels privés et associatifs qui partagent notre vision d’un Sahel plus inclusif, plus résilient et porté par ses femmes. Parmi nos actualités récentes, j’ai effectué un déplacement au mois d’avril 2025 à Bamako et à Nouakchott pour la rencontre des femmes leadership, la société civile et les associations. Cette visite de terrain m’a permise d’écrire un guide sur le leadership féminin en Afrique sahélienne, à destination des jeunes femmes engagées dans leur projet entrepreneurial qui sortira sous peu inchallah. Nous développons également des partenariats avec des acteurs locaux et internationaux pour étendre notre impact sur le terrain. Quant à nos perspectives, elles sont claires : renforcer notre présence dans la sous-région, multiplier les synergies et accompagner toujours plus de femmes dans leur parcours d’émancipation et de leadership.
● Question 3 : ne craignez-vous pas que votre initiative Sah’Elles puisse être perçue comme un activisme féministe à tendance clivante auprès des populations cibles?
MC : C’est une question légitime, et je vous remercie de la poser. Non, je ne crains pas que l’initiative Sah’Elles soit perçue comme un activisme féministe clivant, car dès sa création, nous avons fait le choix d’un féminisme enraciné dans le contexte sahélien, respectueux des réalités culturelles, sociales et religieuses des femmes avec lesquelles nous travaillons.
Sah’Elles ne cherche pas à opposer les femmes aux hommes, ni à importer des modèles extérieurs qui pourraient être mal compris. Notre démarche repose au contraire sur le dialogue, l’inclusion et la co-construction. Nous travaillons avec les ONG locales, en impliquant aussi bien les femmes que les hommes, les leaders traditionnels, les jeunes, les associations et les décideurs.
Notre objectif n’est pas de créer une rupture, mais d’ouvrir des espaces d’opportunité pour les femmes, de renforcer leurs capacités, et de valoriser leur rôle essentiel dans le développement du Sahel. Il s’agit de permettre à chacune d’entre elles de trouver sa place, de faire entendre sa voix et de contribuer pleinement au progrès collectif.
En résumé, Sah’Elles porte un féminisme de terrain, humaniste de cœur et pragmatique d’actions, qui rassemble au lieu de diviser.
● Question 4 : La communauté soninké est diversement traversée par une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles recommandations pourriez-vous émettre à l’endroit de la communauté pour régler les frictions sociales liées à certaines mentalités ?
MC : Effectivement, la question de « l’esclavage par ascendance » dans certaines communautés, y compris chez les Soninké, est une réalité complexe, douloureuse, et souvent tue, mais qui mérite d’être abordée avec lucidité et courage. En tant qu’actrice engagée pour la justice sociale et l’égalité des chances, je crois profondément que toute communauté a la capacité de se remettre en question, d’évoluer, de guérir et de soigner collectivement le passé. Cette crise sociale et sociétale n’est pas simplement une affaire d’individus, mais une question de valeurs, de dignité humaine et de vivre-ensemble.
Pour ma part, voici quelques recommandations pour en ce qui concerne cette sociale et sociétale:
1. Encourager une justice étatique équitable. Il faut aussi privilégier les mécanismes traditionnels de règlement de conflits, pour qu’ils soient en cohérence avec les lois nationales et les conventions universelles des droits humains. LA DIGNITÉ HUMAINE NE SE NÉGOCIE PAS…
2. Travailler avec les femmes comme vectrices de transformation sociale et éducative : Elles ont un rôle central dans la transmission des valeurs et dans la pacification des tensions. En leur donnant la parole, on accélère les prises de conscience.
En somme, il ne s’agit pas d’accuser ou de pointer du doigt, mais plutôt de privilégier la justice, l’égalité et la cohésion sociale. Le changement est fort possible, mais il viendra des hommes et des femmes qui composent la société. Si il est accompagné avec bienveillance, respect et conviction.
Je vous remercie…
Mariam COULIBALY Entrepreneur à Paris Présidente de l’ONG Sah’Elles en France.
La société de transport public a annoncé, ce mercredi , sur sa page Facebook officielle, le lancement demain jeudi des bus de transport spécial qui circuleront sur les voies réservées du BHNS (Bus à Haut Niveau de Service).
Dans sa publication, l’entreprise appelle les citoyens à préserver ce nouveau service, rappelant qu’il a été mis en place grâce à d’importants investissements publics. « Ces bus sont la propriété de tous. L’État les a acquis avec des fonds considérables, et il est du devoir de chacun d’en prendre soin et de ne pas détériorer les équipements à bord », peut-on lire dans le communiqué.
Un service moderne, confortable et rapide
Ces bus, qualifiés de « transport spécial », disposent d’un équipement moderne destiné à améliorer le confort et l’expérience des usagers : • Climatisation • Vitesse accrue grâce aux voies réservées • Espace spacieux et confortable • Ports de recharge pour téléphones • Écrans d’affichage • Haut-parleurs • Rideaux • Dispositif d’alerte pour le conducteur • Et plusieurs autres équipements utiles
Tarifs et abonnements
La société a également précisé les tarifs en vigueur pour ce nouveau service : • Ticket à l’unité : 15 MRU • Pack de 10 tickets : 140 MRU • Pack de 20 tickets : 260 MRU
Côté abonnements mensuels : • Pour les particuliers : 680 MRU. illimité, incluant l’ensemble des lignes ordinaires. • Pour les étudiants : 500 MRU un tarif inchangé. • Les étudiants bénéficiant de la prise en charge de Taazour pourront utiliser leurs cartes d’abonnement gratuitement.
FRANCE3 – La situation de Manssour Sow avait suscité une vague d’indignation et de soutien ces dernières semaines. Ouvrier agricole dans trois exploitations en Creuse, ce Mauritanien de 30 ans a été visé en avril par une assignation à résidence consécutive à une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Mais le dénouement est heureux : il vient d’obtenir son titre de séjour.
La pression retombe pour Manssour Sow. En situation irrégulière sur le territoire depuis plusieurs mois, un titre de séjour vient enfin de lui être délivré par la préfecture de Creuse, ce mardi 20 mai.
Cet ouvrier agricole de 30 ans, originaire de Mauritanie, n’aura plus à redouter les contrôles d’identité, ni à s’inquiéter de retourner de force dans ce pays qu’il a fui en 2018. « Je suis content depuis hier, je me sens libre », se réjouit-il.
En CDI sur trois fermes
Depuis la ferme de Sylvain Brunet, à Saint-Christophe, où il travaille lorsque nous le retrouvons, Manssour Sow savoure la nouvelle. Au début du mois d’avril, il avait reçu une assignation à résidence consécutive à une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) datant de 2022, au motif qu’il n’aurait pas assez travaillé. Une décision incompréhensible pour ce paysan exilé qui cumule les emplois en CDI sur trois fermes du département.
« On est dans un secteur en tension. Avant Manssour je ne trouvais personne », assure l’un de ses employeurs, Thierry Peronne, qui a rencontré le jeune Mauritanien en 2021 peu de temps après son arrivée au Centre d’accueil pour demandeur d’asile (Cada) de Peyrat-le-Château, dans le département voisin de la Haute-Vienne. « Je cherchais quelqu’un pour traire les vaches, c’est son métier. Il est venu une semaine ou deux sur l’exploitation, cela lui a plu », raconte l’agriculteur de Maisonnisses.
Dans un contexte de manque de main d’œuvre agricole sur le territoire, Manssour Sow avait en plus l’avantage d’être compétent et de bien connaître le milieu. Depuis son plus jeune âge, il cultive ce savoir-faire pour les animaux que lui a transmis son père, éleveur de bovins en Mauritanie. Ce pays où Manssour Sow était menacé, comme il l’explique, et qu’il a dû quitter pour sauver sa vie. Sa mère et sa sœur vivent toujours sur place, il ne les a pas revues depuis son départ en 2018.
« Cette nouvelle est un soulagement pour nous, ses employeurs, et pour Manssour encore plus. Il travaille, il est intégré, intelligent et courageux. Son obligation de quitter le territoire était totalement injuste », déclare Sylvain Brunet, Agriculteur en Creuse.
L’obtention de ce titre de séjour est une délivrance pour lui, pour ses trois employeurs et tous ceux qui l’ont soutenu ces dernières semaines. « C’est une bonne issue, on a été privés de Manssour pendant un mois, comme il ne pouvait plus venir chez nous. On est bien contents de le retrouver », sourit Sylvain Brunet, chez qui Manssour Sow travaille aussi bien du côté laboratoire que du soin des animaux.
« C’est une grande joie », confirme Pierrette Bidon, co-présidente de l’association Réseau éducation sans frontières Creuse, qui l’a accompagné dans toutes les démarches pour décrocher cette régularisation. Elle se souvient, notamment, début avril, lorsque Manssour Sow a dû se mettre à pointer auprès de la gendarmerie chaque jour à 10 heures précises, dans le cadre de son assignation à résidence début avril.
« Pour Manssour, c’était très dur d’aller à la gendarmerie. Se présenter aux gendarmes, c’était comme s’il avait fait quelque chose de mal, comme un vol ou un crime, alors qu’il ne se sentait pas du tout dans ce registre-là. C’était très sévère », déclare Pierrette Bidon du Réseau éducation sans frontières (RESF) en Creuse.
Le 22 avril, le tribunal administratif de Limoges avait levé cette assignation à résidence et accordé à ce travailleur sans papiers un répit d’un mois en réponse à sa procédure en appel, en ordonnant à la préfecture de Creuse de réexaminer sa demande de régularisation. « Je n’ai pas le moral et c’est compliqué pour moi en ce moment. Je ne dors pas, je ne mange pas et je suis fatigué”, nous avait-il confié, visiblement épuisé par cette situation qu’il peinait à comprendre.
Les services de l’État lui avaient donc demandé de fournir plusieurs documents en lien avec ses activités professionnelles pour actualiser son dossier. Finalement, ce mardi 20 mai, Manssour Sow est allé signer son récépissé en préfecture : sa demande est complète et il va pouvoir de nouveau circuler librement sur le territoire.
« Manssour avait beaucoup d’atouts pour avoir un titre de séjour au départ. On n’a jamais compris cette démarche de la préfecture de lui envoyer une assignation à résidence », déclare Pierrette Bidon, Co-présidente du Réseau éducation sans frontières (RESF) en Creuse.
« Les instances de justice administrative, par Monsieur Sow, ont décidé de suspendre la décision d’OQTF pour permettre à la préfète de la Creuse de procéder à un réexamen de son dossier. En application de cette décision, il a été possible de prendre en compte de nouveaux éléments présentés par Monsieur Sow », développe la préfecture de Creuse, que nous avons sollicitée, mercredi 21 mai. Le 22 avril 2025, jour de son audience devant le tribunal administratif de Limoges, Manssour Sow a reçu le soutien de nombreux manifestants.
La préfecture précise également que les « manifestations publiques n’ont pas d’impact sur ce type de décision qui n’est pas une dérogation exceptionnelle, mais simplement de l’application stricte de la réglementation en vigueur ».
« Je suis très soulagé. La suite maintenant pour moi, c’est de passer mon permis, continuer les cours de français, avoir mon appartement et vivre comme les autres. Être libre », déclare Manssour Sow.
Ce titre de séjour « salarié » n’est valable qu’un an. Manssour Sow devra renouveler sa demande avant qu’elle n’expire. « Il faut s’y prendre environ neuf mois à l’avance. Donc, là, il va avoir deux ou trois mois tranquille, mais après, il faudra recommencer à rassembler les papiers et tout ça. S’il travaille toujours avec les mêmes employeurs, je pense que cela ne sera pas trop difficile… À moins qu’il n’y ait de nouvelles décisions gouvernementales », commente Pierrette Bidon.
La mobilisation continue
La co-présidente de Réseau éducation sans frontières Creuse s’inquiète de voir les conditions de régularisation se compliquer pour les étrangers sans papiers en France. « Depuis quelque temps, on voit bien que cela se durcit. Pour Manssour, on peut dire que l’on a gagné, grâce à la mobilisation et la médiatisation. Mais, à côté, il y a d’autres migrants qui sont là depuis sept ou huit ans et qu’ils envisagent de renvoyer chez eux », déplore Pierrette Bidon.
« Je pense qu’il y a un durcissement des mesures gouvernementales. Il y a vraiment une volonté de faire repartir des gens. Là, ça se précise », déclare Pierrette Bidon du Réseau éducation sans frontières (RESF) en Creuse.
C’est pour tous ceux-là que la mobilisation devrait continuer en Creuse. Depuis le début du mois d’avril, une manifestation avait lieu une fois par semaine devant les grilles de la préfecture pour dénoncer la situation de ce travailleur agricole intégré dans le département, mais aussi des autres familles vivant également sur le territoire dans la crainte de l’expulsion.
Comme à l’édition 2024, voir https://ecrit-ose.blog/2024/05/23/%e2%97%8f-paris-une-journee-a-la-semaine-africaine-de-lunesco/, notre Blog a été de passage en visite culturelle lors de cette édition 2025 de la Semaine Africaine à l’Unesco. L’événement de 3 jours (19, 20 et 21 mai) était en accès libre avec un enregistrement à badge visiteur à l’accueil. Nous avons été le 19 mai, la journée d’ouverture, et également le 21/05 pour la clôture. À Paris (7ème arrondissement) , au sein du siège de la Top Institution de la diplomatie culturelle internationale, la thématique phare de ce rendez-vous culturel est ainsi présentée en sommaire : « Solidarité mondiale pour la restitution et la restauration du patrimoine africain par le biais de la culture, de l’éducation et des sciences » .
À la mi-journée du lundi 19 mai, une conférence a été consacrée en PANEL 1 sur la thématique principale. Nous avons suivi les échanges instructifs entre différents intervenants chacun selon son angle d’approche, de compétences et d’expérience. Notre compatriote Dr Ousmane Sao a assuré la modération lors de la conférence tenue en séance ouverte dans la grande Salle I . Doté d’un backgroud académique par ses savoirs transversaux sur la matière qui est l’objet de la table ronde, M. Sao a su mener la mission avec tact et pertinence. Une fierté à noter aux couleurs de la Mauritanie qui ne manque de ressources intellectuelles si elles sont explorées, valorisées et mises en perspective lors de pareilles occasions. Pour rappel, notre ami et frère Sao est membre de la délégation permanente mauritanienne auprès de l’Unesco depuis quelques années. Mes remerciements à lui pour sa disponibilité lors de notre visite dans différents départements sur place.
La clôture de l’événement s’est faite avec un gala artistique de haute classe avec plusieurs groupes pays qui ont donné leurs prestations musicales. Parmi les artistes chanteurs de la soirée Show, notre compatriote Heydi Sibiri et ses musiciens, voir https://www.facebook.com/share/v/1HUzLphH27/ .
Les stands expo de cette édition sont visiblement moins garnis que l’année précédente. Dans les allées du bâtiment, un point librairie est présent disposant de quelques ouvrages édités par l’Unesco. Leurs prix étaient d’une alléchante promotion (par exemple un livre à 20 € mais acquisition pour 5€).
Aspect relationnel et réseautage, cet univers populaire est naturellement propice. Échanges et prise de contacts avec d’autres ressortissants mauritaniens et liens de connaissance avec d’autres africains venus du continent ou de la diaspora.
Il ne suffit plus de proclamer avec fierté que nous sommes les descendants de l’Empire du Ghana. L’histoire seule, aussi glorieuse soit-elle, ne nourrit pas les ventres, ne scolarise pas les enfants, ne crée ni justice ni avenir. Le peuple soninké, riche d’un passé impérial, ne peut se permettre de vivre en spectateur de son propre devenir.
Notre héritage est immense. Nous avons bâti un empire respecté, structuré, économiquement rayonnant. Mais aujourd’hui, que reste-t-il de cet esprit d’organisation, de cette fierté collective ? Trop souvent, nous nous contentons de réciter l’histoire au lieu de la prolonger. Le monde ne nous attend pas.
Dans les pays où vivent les Soninké (Mauritanie, Mali, Sénégal, Gambie, Guinée) nous faisons face aux mêmes défis : marginalisation politique, inégalités sociales, délitement des solidarités, perte des repères culturels. Pourtant, nous disposons de ressources humaines, culturelles et historiques qui devraient nous permettre de devenir un pôle de résilience, de progrès et de leadership social.
Mais cela exige une rupture. Une rupture avec la nostalgie stérile. Une rupture avec l’inaction face aux discriminations. Une rupture avec les querelles internes, les micro-identités tribales et les élites qui refusent de se mettre au service du peuple.
Nous devons faire de notre histoire une force de mobilisation et non un simple ornement de discours. Le combat pour la reconnaissance, la dignité, la justice et le développement passe par une conscience collective renouvelée.
Il est temps de reconstruire une dynamique militante soninké, ancrée dans les valeurs d’hier mais tournée vers les luttes d’aujourd’hui.
Le peuple soninké n’est pas une relique. Il est une force. Il doit redevenir une voix. Une nation culturelle qui s’organise, qui revendique, qui propose.
L’empire que nous devons rebâtir est celui de la justice, de l’éducation, de l’unité et du courage politique.
Koaci — La bataille pour la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD) est lancée.
Les élections sont prévues pour se tenir le 29 mai 2025 à Abidjan. le nouveau président de la BAD sera élu par les représentants des 81 pays membres de l’institution, parmi lesquels 54 pays africains.
L’économiste et financier mauritanien, Sidi Ould Tah, qui vient de quitter ses fonctions de président de la Banque arabe pour le développement en Afrique (BADEA) , est entré en campagne pour l’élection.
Il se dit optimiste quant à sa victoire finale le 29 mai prochain face à quatre autres candidats de poids, l’économiste et financier mauritanien s’est dit optimiste de nature et rasséréné par l’accueil enthousiaste des différents publics auxquels il s’est adressé. Avant de rendre hommage à l’appui motivant et rassurant du Président ivoirien, Alassane Ouattara et mauritanien, El-Ghazouani :
« Je suis très honoré de l’appui du Président Alassane Ouattara qui parraine ma candidature avec le Président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Ma vision et mon programme sont de nature à contribuer de manière déterminante pour la transformation structurelle de l’Afrique ».
Pour rappel, cinq candidats sont en lice pour succéder au Nigérian Akinwumi Adesina pour les cinq ans à venir.
Il s’agit de : la Sud-Africaine Swazi Tshabalala, le Zambien Samuel Munzele Maimbo, le Tchadien Abbas Mahamat Tolli, le Sénégalais Amadou Hott et le Mauritanien Sidi Ould Tah.
La Dépêche – Il est des trajectoires qui échappent aux grilles binaires du succès et de l’échec, et se laissent lire comme des palimpsestes de civilisation.
Celle d’Adama Ba, footballeur international mauritanien, s’inscrit dans cette catégorie d’itinéraires où le destin individuel se confond avec un récit collectif, discret mais fondamental. Car si le monde l’a connu crampons aux pieds, dribblant sur les pelouses de France et de Turquie, c’est désormais dans le silence aride des terres du Guidimakha qu’il écrit l’acte le plus noble de sa carrière : celui du retour.
Ancien pensionnaire de clubs prestigieux – parmi lesquels Bastia, Auxerre, ou encore le géant turc Göztepe – Adama Ba n’a jamais été un simple athlète de haut niveau. Son style de jeu, fait d’élégance retenue et de déplacements lucides, laissait déjà entrevoir une forme de gravité intérieure, rare dans un univers dominé par la vitesse, l’oubli et la surexposition. Mais ce que beaucoup ont pris pour de la discrétion était déjà le signe d’un attachement profond à autre chose : une terre, une origine, une mémoire.
Après avoir remporté avec le club marocain de la Renaissance Sportive de Berkane le trophée suprême du continent africain, il aurait pu, comme tant d’autres, céder à la tentation du commentaire télévisé, de la reconversion urbaine ou de l’oubli doré. Mais non. Il a choisi de retourner là où tout avait commencé : le Guidimakha. Non pas pour y jouir d’un prestige conquis ailleurs, mais pour y travailler — humblement, concrètement, avec ses mains.
Dans un pays où tant d’anciens héros se contentent de leur propre mythe, Adama Ba est allé au-delà. Il ne cultive pas seulement la terre : il cultive un autre imaginaire mauritanien. Celui d’un retour fécond, d’un enracinement actif, d’une dignité silencieuse. Il rappelle à tous que la souveraineté commence dans l’acte de semer, que le patriotisme véritable ne s’épuise pas dans les drapeaux, mais se traduit dans la capacité à nourrir les siens.
En cela, Adama Ba est bien plus qu’un ancien joueur : il est un modèle éthique. Son geste sans sponsor, est un manifeste. Il appelle, non pas à l’admiration passive, mais à une réorientation de notre politique publique. Car un pays qui ne soutient pas ses héros quand ils deviennent paysans trahit à la fois sa terre et sa mémoire.
L’État mauritanien se doit donc de regarder ce retour non comme une anecdote, mais comme un signal : le mérite n’est pas toujours là où la foule applaudit. Il est parfois dans les marges, dans l’humus, dans l’invisible travail de ceux qui refusent de s’exiler de leur propre sol. Adama Ba n’a pas pris sa retraite : il a simplement changé de terrain.
Le parquet de Nouakchott Ouest a révélé jeudi que le réseau de contrebande et de distribution de pilules hallucinogènes récemment démantelé par la gendarmerie nationale est également actif dans le domaine de la falsification des devises et de la vente d’armes.
Le nombre de personnes arrêtées dans le cadre de l’enquête préliminaire, ouverte depuis le 23 avril, s’élève « à ce jour » à 31 personnes, a indiqué le parquet dans un communiqué.
L’enquête a débuté après la « découverte de faux billets de banque étrangers » permettant la découverte d’un « réseau criminel actif dans le domaine de la contrebande et de la distribution de pilules hallucinogènes et de la contrefaçon de devises, en plus des premières indications selon lesquelles certains de ses membres pourraient être impliqués dans des activités liées à la vente d’armes sans autorisation », a déclaré le bureau du procureur.
Le parquet a ajouté : « Ce travail de sécurité qualitatif, effectué le 1er mai 2025, a permis l’arrestation de trente et une (31) personnes – à ce jour – soupçonnées d’appartenir à ce réseau, et la saisie de cinq entrepôts contenant d’importantes quantités de médicaments non autorisés, y compris des pilules hallucinogènes interdites. »
Le parquet a confirmé que les détenus ont été placés « sous la garde de la brigade mixte de la gendarmerie », dans le cadre de « l’approfondissement de l’enquête et de son élargissement à d’autres parties soupçonnées d’être liées à ce réseau ».
« Les autorités sécuritaires et judiciaires continueront, avec toute la fermeté requise, à poursuivre quiconque pense porter atteinte à la sécurité du pays et à la sécurité des citoyens, et n’hésiteront pas à traduire tout suspect devant la justice pour qu’il reçoive la peine prévue par la loi, sans relâche ni retard », a conclu le ministère public.
« Les enquêtes en cours n’en sont qu’à leur stade préliminaire, et le traitement irresponsable de ces affaires par les médias ou les réseaux sociaux peut nuire à la progression de l’enquête, fournir des données susceptibles de profiter à certains suspects et exposer des personnes innocentes à la diffamation, un acte légalement criminalisée ».
« La seule partie autorisée à fournir des informations sur les progrès de l’enquête et les dossiers judiciaires sont les autorités compétentes, à temp opportun et dans des limites qui ne compromettent pas la confidentialité de l’enquête ou l’intérêt public », a conclu le parquet.
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