● Les mentalités esclavagistes dans les communautés négro-mauritaniennes : la terreur grise sous silence !


Sur les mentalités d’esclavage et de féodalité, il y’a une terreur grise au sein de communautés négro-mauritaniennes qui écrase les couches sociales qui en souffrent. Oser en parler publiquement en-dehors de l’enclos communautaire dictatorial est en soi un petit acte courageux de libération. Le plus difficile est l’après dénonciation à visage découvert….

Les doubles-face très loquaces sur l’antiracisme, contre un système étatique dit injuste et sur les manquements en matière des droits humains sous d’autres cieux, vont s’interroger comment un conditionné et assigné socialement a pu s’échapper de la chape de plomb du régime féodalo-esclavagiste intra-muros pour oser parler à l’extérieur.

Pour eux, un esclave par ascendance n’a de « personnalité » qu’à travers les balises instaurées par l’ordre coutumier dominant. Cet ordre féodalo-esclavagiste qui sévit et entretenu comme une religion dans le corps sociétal. Ainsi, si ça sort à l’extérieur, les tenants défenseurs qui héritent des privilèges en interne dégainent les réflexes de suspicions sur les gens qui ont exposé publiquement la « chose ». D’aucuns diraient, c’est une manipulation et les victimes qui en parlent, sèment la division dans la communauté où chacun serait bien déjà à sa place. Et pourtant nous le savons tous, nos communautés hiérarchisées fonctionnent dans une juxtaposition sociale fonctionnelle et folklorique avec beaucoup d’hypocrisie.

Les problématiques liées à l’esclavage par ascendance en milieux négro-mauritaniens (notamment sooninkés et halpoulars), sont historiquement l’angle ignoré (bien volontairement d’ailleurs) du narratif militant droit-de-lhommiste à l’intérieur comme à l’extérieur de la Mauritanie. En milieux sooninkés, l’engagement anti-esclavagiste Ganbanaaxu investit la dynamique d’éveil abolitionniste depuis quelques années avec beaucoup de difficultés. Les écueils sont nombreux, les militants (ont subi) subissent diverses violations de leurs droits ici et là avec une certaine complicité d’éléments de la communauté introduits dans les rouages de l’état. Ces derniers temps, nous avons constaté 2 groupes issus de la communauté Peul, sortis publiquement dénoncer des traitements liés à cet esclavage coutumier dans leurs localités.

Un groupe originaire de winding venu dans une rencontre de Ganbanaaxu à Nouakchott et un deuxième groupe (originaire d’une localité près de Bababe) vu il y’a 2 jours auprès du leader anti-esclavagiste mauritanien d’IRA-Mauritanie Biram Dah Abeid. Espérons que ce soit une libération de la parole enfin sur ces violences silencieuses d’atteinte à la dignité humaine qu’on sait bien que ça couve en nous et parfois dans nos propres familles.
Les leaders politiques, les blogueurs, les porteurs d’opinions et les militants droit-de-lhommistes issus de nos communautés doivent réajuster leurs visions en matière de revendications et de demande de justice et des droits humains. L’échelle intra-communautaire devrait être le point de départ pour plus de cohérence et de sincérité dans ce qu’on réclame ou dénonce extra-muros.
On ne voudra pas de la logique de tonton Samba Thiam (fpc) qui lâchait un étrange post Facebook sur l’affaire de Maïmouna Sissoko du côté du village de Diaguily il y’a quelques mois. Il laissait entendre pour dénoncer le traitement subi par cette dame sooninké anti-esclavagiste, qu’il y’a « d’autres voies de coercition contre nos égarés internes qui sortent de rangs » . Comprendre en substance selon lui, les éléments subversifs qui portent cet engagement anti-esclavagiste et anti-féodal seraient ces égarés internes à dompter autrement.

Si on arrêtait notre duplicité et nos petites duperies qui ne passent plus…!

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● Du grand théâtre mauritanien | Par Ethmane Sall (Enseignant-chercheur)

Via blogs mediapart

Du grand théâtre mauritanien
Il faut crever la face de cette chaîne d’hypocrisies instinctives pour libérer les énergies, sortir des sables impassibles et déchirer le ventre du large avec une nacelle ivre qui n’obéit à aucune fixité idéologique. C’est à partir de cette rupture d’impossibles que les consciences mauritaniennes peuvent s’accorder pour jouer avec les mêmes notes et fréquenter la beauté.

La Mauritanie est bâtie avec une chaîne d’hypocrisies industrielles qui prend sa source dans les tréfonds de l’insondable estomac du sable mouvant aux dents de mandibule qui avale les voiles véliques du vent de la lune ronde du printemps.

Les gens avancent masqués dans ce pays bordé de diamants rares et de vermines nuisibles. Porter un masque et se livrer au jeu des « convenances » saugrenues, telle est la chose la mieux visitée et la mieux incarnée en Mauritanie. On trouve étrangement un sentiment de ravissement dans l’incarnation de cette chose qui couvre habilement la surface minée d’un amas de désolations mirifiques. La prosaïque réalité avilissante de ce pays n’encourage ni le rêve d’une vie nouvelle, ni le désir d’autre chose. Les Mauritaniens sont emprisonnés par eux-mêmes : sans le savoir, ils se sont installés dans des balkans striés qui les éloignent de ce qui les relie. C’est bien là le malheur !

Cette balkanisation consentie favorise des déterminations sociales liées à des identités sclérosées qui fluent de partout et qui nuisent la sociologie de « La Relation ». C’est la culture et la science qui permettront aux Mauritaniens de sortir de cette misérable ornière. Il faut une réelle volonté politique pour penser l’école mauritanienne sous un autre angle, en dehors des systèmes de pensées claniques, mafieux et mortifères. La « vie politique » (si cette expression est encore appropriée dans ce non-pays) ou la débâcle mauritanienne est le reflet de la société dans laquelle elle évolue : c’est l’immobilisme qui détone et qui gouverne les destinées des peuplades abusées, larguées à la dérive dans une obscurité infinie.

C’est à travers les allées sinueuses de cette inégale obscurité que les hommes en soutane déploient leurs manœuvres dilatoires pour empêcher toute possibilité d’action. Ainsi, lors des manifestations du 28 novembre 2022, il y eut de nombreuses arrestations arbitraires et capricieuses, de Nouakchott à Maghama en passant par Bababé et Djeol. Pour avoir exercé leur droit à la contradiction, les manifestants de ces villes ont été violentés et emprisonnés. Ces arrestations massives et abusives témoignent de la déréliction qui ronge le pouvoir de l’intérieur. Les hommes en soutane veulent préserver la médiocrité comme « modèle » de gouvernance : ne rien dire, ne rien faire, ne rien entreprendre et sortir les dents nacrées à chaque fois que les caravanes des Soucougnans de la Cour passent. C’est cette horrible misère qu’il faut abolir dans les consciences et dans les pratiques culturelles de ce pays pour concevoir le désir d’autre chose, utopie fondatrice d’un véritable imaginaire politique.

Les franges sociales de la Mauritanie sont habitées par trois complexes majeurs: le complexe d’une vanité vexée, le complexe d’une supériorité supposée et le complexe d’une inféodation intériorisée. Ces trois complexes sont symbiotiquement liés : ils se nourrissent, s’interpellent, se bousculent, s’invectivent, se toisent et s’accomplissent les uns par rapport aux autres. Il existerait même des inférences inductives et déductives entre ces complexes qui garrottent les interactions et rapports interpersonnels au sein de ce pays royalement dénudé.

Le complexe de vanité vexée est incarné par les Cornichons loufoques qui colorent (avec hypocrisie) la procession de la Cour où tout se décide d’une main ferme. Ces cornichons représentent un vil conflit affectif lié à un attachement érotique aux serpents lubriques de l’oligarchie de la Cour. Ils lui servent d’auxiliaires dans un élan servile et salace pour soutirer la babeurre de la baratte. Ils chérissent et haïssent les chaînes qu’ils se sont eux-mêmes forgées sans montrer aucune volonté de s’en défaire.

Le complexe de la supériorité supposée concerne la frange démographiquement minoritaire qui détient les lois du ciel et de la terre, les juges de la déraison et de la vésanie, les hallebardiers de l’insolence et du mépris, les apôtres de l’espérance trompée, en amont l’oligarchie farfelue de la dégénérescence. Cette frange est également aliénée et esclave et prisonnière du complexe incarné même si elle possède le pouvoir d’arrêter le temps dans ce pays accidenté.

Le complexe de l’inféodation intériorisée est représenté par le reste de la « population », emberlificoté, trompé et manipulé sans cesse, tourmenté dans le roulis du tangage infernal du pays.Ce complexe implique des ramifications sociales qui s’étagent à l’intérieur de chaque peuplade. Ainsi, chaque peuplade est caractérisée par une stratification exclusive qui établit une hiérarchie déséquilibrée par filiation. Ces ramifications odieuses et délictuelles affectent des formes diverses au sein des misérables sociologies culturelles des peuplades mauritaniennes : certaines strates sont encordées par leurs préjugés et leurs marottes existentielles ; d’autres par leurs besoins matériels et leur vouloir obscur lié aux manipulations exterminatrices des sujets actants de la hiérarchie mortifère en question.

De manière abusive et terrible, les Mauritaniens choisissent de fermer les yeux devant des réalités pestilentielles. Ils sont conscients de leur maladie, aiment leur maladie et n’ont aucune envie de se guérir de cette maladie qui leur ronge pourtant de l’intérieur, qui les enténèbre dans une ornière couverte d’une végétation charnue….Quand un malade choisit d’embrasser sa maladie, de s’accommoder avec elle, il ne peut se plaindre des conséquences qui en découlent, il ne doit surtout pas attendre la commisération des autres.

La Mauritanie est un non-pays qui se dévitalise au quotidien : l’essentiel de sa matière grise est exilé et réfugié à l’étranger. C’est l’immobilisme qui fait la loi dans ce non-pays : on encourage ni la créativité, ni l’engagement, ni l’initiative. Tout le monde s’abrite sous le parapluie de l’hypocrisie en espérant y tirer profit, tant bien que mal. Je l’avais déjà dit : ce non-pays est une addition d’hypocrisies. Il faut crever la face de cette chaîne de duplicités instinctives pour libérer les énergies, sortir des sables impassibles et déchirer le ventre du large avec une nacelle ivre qui n’obéit à aucune fixité idéologique, une nacelle qui ouvre à l’infini. C’est à partir de cette rupture d’impossibles que les consciences mauritaniennes peuvent s’accorder pour jouer avec les mêmes notes et fréquenter la beauté, hure du vivre-ensemble.

©️ Via https://blogs.mediapart.fr/ethmane-sall/blog/041222/du-grand-theatre-mauritanien

● À Londres | La participation des cadres Gambanaaxu RMFP à la journée internationale de l’abolition de l’esclavage à l’université SOAS.

La dynamique anti-esclavagiste du mouvement Ganbanaxu Fedde à l’honneur lors de cette journée internationale de l’abolition de l’esclavage. C’est à Londres en Angleterre, où l’universitaire Dr Marie Rodet (Université SOAS) a eu l’initiative de convier 2 cadres de l’association Gambanaaxu RMFP. Ainsi monsieur Salif Ladji Kamara et madame Hassa Konaté, respectivement vice-président RMFP et responsable de l’aile « Femmes » Gambana RMFP, ont été invités à cette importante rencontre pour porter une communication sur les réalités graves de l’esclavage par ascendance au sein de la communauté soninké au Mali et ailleurs. À l’occasion monsieur Samba Diallo, un résident mauritanien de Londres et militant abolitionniste a été présent

« A l’occasion de la journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, Dr Marie Rodet a organisé le 2 décembre à l’université de la SOAS à Londres une conférence à laquelle elle a convié Salufu Kamara, Vice-Président de Gambana RMFP et Hassa Konaté Camara, Présidente de la section féminine de Gambana RMFP. La conférence avait pour thème: « L’esclavage en Afrique aujourd’hui: une affaire non réglée ». Salufu Kamara a présenté sur la lutte anti-esclavagiste Gambana en Afrique de l’Ouest tandis qu’Hassa Konaté a présenté sur les violences que subissent les femmes victimes d’esclavage par ascendance et la forte implication des femmes dans le mouvement de lutte contre ce phénomène. La conférence a rassemblé une vingtaine de personne en présentiel et environ 80 personnes en ligne. C’est la première fois qu’une telle conférence a lieu dans le monde anglo-saxon et à Londres sur ce sujet avec des activistes Gambana. Bravo!« 

Par Dr Marie Rodet, l’universitaire historienne, l’organisatrice de l’événement.

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● 2 décembre 2022, Journée Internationale pour l’abolition de l’esclavage | Le discours du Député Biram Dah Abeid (IRA-Mauritanie)

2 décembre 2022, Journée Internationale pour l’abolition de l’esclavage
Discours du Député Biram Dah Abeid, Président de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M), Nouakchott, Mauritanie

• L’esclavage en Mauritanie, mode de vie, code d’honneur, arme politique et économique

La République Islamique de Mauritanie, dernière contrée à avoir aboli l’esclavage, en 1981, avant sa criminalisation tardive à partir de 2007, aura cependant poursuivi la persécution les militants abolitionnistes, du début des années 1970 à nos jours. 62 ans après l’indépendance et en dépit de progrès remarquables dans le domaine de la loi, la réalité reste empreinte de déni et d’indifférence des pouvoirs publics, au sort des victimes, d’où l’obligation, pour elles, de savoir se défendre, par leurs moyens modestes, sans le secours d’un Etat voué, in fine, à reproduire les inégalités de naissance, au travers d’un appareil de sécurité et de justice, très peu réceptif à la valeur égalité.
Classée en tête des pays abritant le taux le plus élevé de servitude selon la naissance, la Mauritanie de 2022, sous l’égide du Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, refuse toujours de satisfaire aux recommandations des rapporteurs spéciaux des Nations-Unies sur les formes contemporaines d’esclavage, notamment le recensement des victimes immédiates ou périphériques.

L’élite réactionnaire au pouvoir depuis 1978 poursuit sa guerre larvée contre les militants de l’équité, comme en attestent la fréquence des arrestations, la torture et l’exclusion statutaire, à tous les échelons de l’économie et de l’administration publique. Il y a, là, une inhumanité structurelle qui dépasse, en durée et intensité, l’essor de l’extrémisme religieux ; d’ailleurs, elle recoupe, quand il s’agit de justifier l’exploitation de l’homme par l’homme, au motif de la religion. Les deux impostures participent du même mépris envers les autochtones d’ascendance subsaharienne, à cette nuance près que la mentalité et la pratique de l’exclusion de caste n’épargne aucune composante du peuplement actuel de la Mauritanie. Ses traces ne cessent d’imprégner le présent des relations sociales, au sein des communautés Pulaarophone, Soninké, Wolof et Bambara. J’ai dû le constater, sur le terrain, lors de mes récents déplacements à l’intérieur du territoire, surtout au Guidimakha.

Malgré l’éveil de cette majorité démographique, longtemps sous l’étouffoir d’un pseudo- sacré qui promet le paradis aux serviteurs dociles, la majorité, voire la quasi-totalité des communes, départements et circonscriptions législatives de la Mauritanie, consacrent la prééminence du leadership nobiliaire, au détriment de la citoyenneté. Le tamis de l’état-civil discriminatoire, le défaut d’accès à la propriété des terres de culture, le poids de la misère et de la déscolarisation massive retardent le moment de la vérité des urnes. Les Hratin, descendants d’exclaves, en sont réduits, sur le sol de leurs ancêtres, à servir de force d’appoint au système séculaire qui les subjugue. Une population, dépourvue d’alternative en dehors de la soumission aux normes d’antan, espère, s’impatiente et finira par se défaire de ses prédispositions à endurer l’injustice. Ce moment-là, le temps de la rupture morale, nous le souhaitons, l’attendons et nous y préparons, armés de nos idées et de notre ancrage viscéral dans la non-violence. Ni les intimidations ni l’exclusion matérielle, encore moins l’interdiction des partis de la renaissance africaine – à l’image de Radical pour une action globale (Rag) – ne parviendront à différer le jour de la grande explication.

Ainsi confortés grâce aux fatalités de l’histoire en mouvement, nous célébrons, aujourd’hui, la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, dans un esprit, à la fois de combativité et de persuasion. Nous restons attachés au dialogue mais tout autant persuadés que la conquête des droits humains relève, d’abord, de la lutte et de sa constance.

©️ Source : IRA-Mauritanie

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● L’association Nouvelle Génération de Coumbandao (NGC) déploie une aide médicale «YONKI» (la vie) | L’inauguration ce 1 décembre 2022

Association NGC (nouvelle génération de Coumba Ndao) Loi 1901 (solidarité internationale) AIDE MEDICALE YONKI (la vie)
La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social. Elle est primordiale pour pouvoir satisfaire ses ambitions et ses besoins de la vie quotidienne.
La santé est un droit qui doit être garanti pour tous, individus aisés ou démunis.
Toute âme doit se sentir protégée et avoir espoir de se dire si je tombe malade un jour, je peux me soigner.
Depuis le 3 octobre 2022 nous avons donné une carte santé à 100 personnes les plus vulnérables dans le village de Coumba N’dao (Mauritanie). Leurs frais de santé sont désormais pris en charge à 100% par L’ANGC. Ainsi 38 personnes en situation d’handicap et 62 personnes (hommes et femmes seul.e.s) sans aucune ressource.
La prise en charge des frais d’accouchements de toutes les femmes du village.

Nos coordonnées bancaires et lien PayPal pour vos contributions à nos activités :

IBAN
FR7625733000010000009424535 BIC PSSSFR22XXX
PayPal : ngcoumbandao@gmail.com
Association NGC (nouvelle génération de Coumba Ndao) loi 1901– Siret 818 832 446 00012

©️ Par L’équipe dirigeante NGCFrance

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● Mauritanie | Justice : Le rapport de la CNDH dérange

La Dépêche – La CNDH vient de rendre public son dernier rapport 2021-2022 consacré essentiellement à l’état de la Justice dans notre pays. Un rapport, sans complaisance, qui sort des sentiers battus. Mais il ne laisse pas indifférents les magistrats, épinglés, qui grincent des dents et crient à «l’outrage».

Dans les médias et sur la toile, la polémique n’a cessé d’enfler ces derniers jours entre le président de la Commission nationale des Droits de l’Homme, Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni, et certains magistrats au sujet du dernier rapport de l’instance de protection et de promotion des droits humains. De quoi est-il question dans ce rapport qui semble secouer le cocotier ?

Le 14 novembre 2022, comme le stipule la loi, le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni, remettait le rapport annuel de son organisation, tour à tour, au président de la République, Mohamed Ould Ghazuani, et au président de l’Assemblée nationale, Cheikh Ould Baya.

Le rapport avait également été discuté sous la coupole de l’Assemblée nationale par la commission « Justice ». L’écho du rapport ne se fait pas attendre et semble avoir eu l’effet de secousses sismiques. De l’avis d’observateurs avertis, le rapport de la CNDH serait « indépendant » et « non complaisant ».

A lecture du rapport l’on note que la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) s’y intéresse principalement au secteur de la Justice, aux conditions des procès et des garanties de respect des droits de l’Homme. La CNDH y regrette d’emblée l’absence de formation et de spécialisation de certains magistrats et auxiliaires de justice.

Rapport sans état d’âme

Le rapport se veut la somme d’actions et d’observations menées tout au long de ces deux dernières années par la CNDH. Mais outre la place centrale qu’occupe la Justice, le rapport s’intéresse aussi aux impacts des changements climatiques, de la pandémie du COVID-19 et des élections sur la pratique des droits de l’Homme dans notre pays.

Il est, cependant, jugé critique à l’égard de la Justice. Il en pointe les dysfonctionnements préjudiciables aux droits de l’Homme. Dans les conclusions de ce rapport de la CNDH sur la Justice, il est déduit que «le défaut de formation (des magistrats) est d’autant plus nuisible pour l’appareil judiciaire qu’on note aujourd’hui la présence, aux commandes de tribunaux en divers domaines commerciaux, pénaux et civils, de magistrats sans aucune qualification ou formation de base […] ce qui accentue les contentieux et ne permet pas de rendre des sentences impartiales.

En ce sens que ces magistrats qui occupent de hautes fonctions dans la hiérarchie judiciaire […] ne jouissent d’aucune formation en diverses spécialités se rapportant au droit fiscal, administratif, maritime ou autres, qui (…) relèvent pourtant de leurs prérogatives».

Des magistrats outrés !

Les conclusions du rapport seraient confrontées à l’observation durant l’assistance aux procès sur une longue période atteste la CNDH. Comme on pouvait s’y attendre, il n’en fallait pas plus pour que ledit rapport suscite une vive réaction de certains magistrats regroupés au sein du Club de la Magistrature, une association pour défendre leurs intérêts.

Les conclusions du rapport n’étaient donc pas du goût de ces magistrats qui lui reprochent, à leur tour, sa «légèreté dans les accusations », « son interférence dans la mission des magistrats » et « la violation » du principe sacro-saint de l’indépendance de la Justice ».

Certains d’entre eux ont même qualifié le rapport « d’outrage». Plusieurs magistrats dont notamment le secrétaire aux affaires extérieures du Club des magistrats Ould Choumad, le juge Ahmed Abdelmoustapha, le juge Ahmed Al Bedaoui et le président de la cour de justice de l’Assaba, Abdellah M’Hamed sont montés au créneau pour « dénoncer » le rapport de la CNDH et accuser son président de donner libre-court à « une perception personnalisée» de la Justice qui risquerait de défaire et secouer la confiance dans la Justice du pays.

Le juge Ould Choumad, même s’il reconnait sur le plateau de «Al Mourabitoun», l’importance de la formation pour perfectionner les magistrats, n’en rappelle pas moins que leur évaluation est du seul ressort du conseil supérieur de la magistrature ou de l’inspection générale des affaires judiciaires. Pour lui, la critique « inopinée» des magistrats risquerait d’ébranler la confiance que les citoyens ont dans leur système judiciaire tout entier.

Le président de la CNDH persiste et signe

Réponse du berger à la bergère ? Invité le 24 novembre 2022, sur la chaine de l’Assemblée nationale, «Al Barlemania », à la suite des réactions disparates de certains juges, la réplique du président de la CNDH se fait encore plus incisive pour cadrer le débat suscité. Me Bouhoubeyni évoquant la mission de conseil au gouvernement et à l’Assemblée nationale de la CNDH, persiste dans la défense des conclusions du rapport de son organisation et soutient que l’indépendance de la Justice ne devrait pas servir de prétexte ou de rempart à l’examen objectif du travail rendu par les juges.

Pour le président de la CNDH, qui dit faire la différence entre les juges et les avocats intègres et compétents et les autres, la situation dénoncée par son organisation est celle même décrite par le ministre de la Justice en conseil des ministres sur quarante ans de réformes de ce secteur et où les résultats ne seraient pas satisfaisants de son point de vue. Me Bouhoubeyni égrène, tour à tour, les lacunes décelées par son organisation sur le terrain du déroulement des procès, en prison…

Il cite en exemple l’absence de traduction en langues nationales autres que l’arabe pour les justiciables non arabes. La traduction serait souvent improvisée et assurée en procès par des policiers dont la présence ne réconforte pas les prévenus.

En plus d’indisposer les prévenus, le président indique qu’elle comporte aussi le risque d’une traduction tronquée ou biaisée si leur corporation y était accusée de sévices ou tortures par les prévenus. Ces derniers seraient souvent placés en mandat de dépôt sur simple PV établi par la police. Ils peuvent rester des mois dans cette situation. Pêle-mêle, le président de la CNDH détaille aussi le non accès des avocats commis aux dossiers de leurs clients. Des avocats qui pour la plupart ne seraient là que pour la forme.

Il cite le cas de plusieurs dossiers en appel alors que le tribunal de première instance ne transmet pas toujours les dossiers des prévenus à la seconde juridiction. Pour lui tous ces aléas impactent la vie et la justice attendue par les citoyens et où des dizaines de dossiers peuvent pourrir dans des tiroirs oubliés comme ce fut le cas d’une vieille femme de 60 ans emprisonnée et jetée en prison pour une indemnisation de 40000 MRU dont elle ne pouvait justifier.

Les conditions de l’Univers carcéral ne sont pas en reste. Il cite la prison de Dar Naim construite pour héberger 300 prisonniers et qui en rassemble aujourd’hui plus de 1000 personnes. Sur 218 dossiers traités dans ces conditions, Me Bouhoubeyni rappelle que 80 personnes ont été condamnées de 1 à 4 ans, 77 personnes de 5 à 9 ans, 23 personnes de 10 à 14 ans et 24 personnes de 15 à 20 ans.

Pour toutes ces raisons, la CND exhorte à la mise sur pied d’un système de formation continue des magistrats assurant que le mandat de son organisation est de s’intéresser à toutes les questions où les droits de l’Homme risqueraient d’être bafoués et singulièrement par ceux qui sont censés les garantir.

Le président qui, dans cette émission, a rendu hommage au gouvernement pour sa neutralité tout au long des investigations de la CNDH, estime que ces aléas ne peuvent être comblés que si les magistrats acceptent de faire leur mea culpa ; que la correction de ces lacunes ne pourrait qu’être bénéfique pour la Justice, les justiciables et l’image du pays.

Pour accablant qu’il parait, le rapport de la CNDH se veut un rappel du rôle attendu par les citoyens de la Justice dans leur pays et éclaire d’un nouveau jour la garantie irrévocable des droits humains. Dans cet entretien enfin le président de la CNDH se dit convaincu que les dénonciations des mauvaises pratiques sont garantes de changements ultérieurs dans la pratique d’une meilleure Justice dans notre pays.

JD

©️ Via cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=761273

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● Le fonctionnement interne de nos communautés est antinomique à l’exercice effectif d’un état de droit.

En RIM si l’Etat a un système de fonctionnement porteur d’injustices et de discriminations raciales, sociales, politiques ou administratives, il faut l’admettre qu’il a comme complicités ou témoins actifs, nos différentes communautés dans leur émanation traditionnelle. Les sous-systèmes inégalitaires qui régissent nos communautés hiérarchisées font partie de la substance qui fait l’Etat. Quand dans une localité, un maire se laisse dicter sa conduite par les humeurs d’un chef coutumier et son clan féodal, des défenseurs d’un système féodalo-réactionnaire reconnaissent ouvertement qu’ils rencontrent un gouverneur pour plaider la pérennité de ce système intra-communautaire…

Ainsi indexer les travers d’un État sans nommer sa substance principale qui le porte, c’est vriller volontairement en vain. Depuis feu Moktar Ould Daddah jusqu’aujourd’hui, chacune de nos communautés fait partie active avec l’Etat d’une manière ou d’une autre donc porte une certaine responsabilité de ce qu’on peut reprocher au système étatique ici et là. Les relais fonctionnels de l’Etat sur le terrain sont toujours les mêmes et l’expression effective de l’état de droit peine à prendre corps face à ces écueils qu’on feint d’ignorer dans nos dénonciations publiques. On n’incite pas l’individu à se « citoyenniser » par le droit, au contraire il est brimé et poussé vers plus de communautarisme et de tribalisme comme seul enclos refuge. Ainsi on le contraint à une soumission sociale par le diktat d’un régime féodal et même esclavagiste selon le schéma sociétal en place.

La qualité du Citoyen doit prévaloir sur les communautés dans leur émanation traditionnelle foncièrement inégalitaire. Pour cela, il faut un gros travail de formation en amont pour le personnel administratif, judiciaire et sécuritaire et également un suivi rigoureux sur ce qu’il fait sur le terrain auprès des populations.

La juxtaposition sociale fonctionnelle avec beaucoup de tromperie et de d’hypocrisie au sein de nos communautés fait un certain écho à ce qu’on indexe ailleurs comme la problématique de cohabitation entre communautés sur l’échelle nationale. Le féodalo-réactionnaire sooninké peut être contestataire face à un suprémaciste arabo-berbère mais peut lui concéder sournoisement l’aspect de son esclavagisme interne. C’est ainsi il y a beaucoup d’intersectionnalité dans la chose « injustices » chez nous.

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● Forum Régional Africain pour la libération de l’esclavage | Communication de Biram Dah Abeid

Kigali, Rwanda, 21-25 novembre 2022

Bonjour, mesdames et messieurs, chers participants !


Citoyen de la République Islamique de Mauritanie, je viens du Sahel, une contrée de l’Afrique qui a hérité, depuis avant l’islamisation et la colonisation, de communautés structurées sur l’inégalité de naissance, l’endogamie et l’esclavage. Dans les sociétés du Sahel-Sahara post-islamisation, les groupes dominants fondèrent leurs règles de préséance sur l’esclavage et transposèrent les textes, de droit « musulmans », à leurs modes de vies, bien antérieurs à l’Islam; néanmoins, l’adaptation de la nouvelle religion, aux rapports de supériorité, engendrera la légalisation des pratiques d’inégalité de naissance, qui connaîtront, alors, un essor historique, géographique et culturel. Le commerce négrier vers les Amériques est venu, dans la foulée, pour enraciner et figer, jusqu’à nos jours, un lien de domination où s’insinue le racisme anti-noir ; l’hémorragie du Continent, à travers les pistes des traites transsahariennes ainsi que celles d’Afrique du Nord, du littoral Swahili et de la mer Rouge, se trouva renforcée et dépassée par la version atlantique et triangulaire. Le déplacement forcé des populations jeunes devient plus actif et massif, renforçant davantage l’impact de l’esclavage et de ses manifestations dans les sociétés du Sahel-Sahara.
La colonisation française utilisera deux procédés différents face à la persistance du problème en Afrique. Le premier procédé s’adresse, d’abord, aux autochtones subsahariens et adopte le choix de la répression, quoique de manière souvent molle. Le deuxième vise plutôt les groupes Arabe, Touareg et Maures, des peuples que la littérature coloniale sublimait et appelait « les hommes bleus ». L’esclavage en leur sein a été largement toléré et même concédé par l’administration coloniale. Ainsi, les responsables de l’occupation niaient l’existence d’esclaves et préféraient parler de « captifs » : aujourd’hui, la ligne politique et diplomatique de négation de l’esclavage qu’adopte la Mauritanie et d’autres pays du Sahel est un héritage du colonialisme français. Tous les dirigeants de l’Afrique indépendante sont tombés dans le travers du négationnisme, attitude qui fera, des esclaves chez nous, les vrais laissés-pour-compte de la colonisation et de la décolonisation, dans le même temps.
Plus que tous les pays sahéliens dont les sociétés vivent l’esclavage coutumier et de castes comme un trait culturel, la Mauritanie, continue de fonder le mode de vie d’une importante partie de l’élite arabo-berbère dominante, sur l’exploitation de l’homme par l’homme, notamment le travail non-rémunéré et indécent, sans omettre la séparation des familles serviles, le trafic des enfants et des femmes; le droit de s’approprier le corps d’une esclave et la légitimation du viol ancillaire ponctuent la déshumanisation des victimes. Aussi, devant le caractère scandaleux de la question, l’oligarchie esclavagiste qui dirige la Mauritanie, adopte, désormais, la duplicité de sa diplomatie, à l’endroit du droit international public. La ruse consiste à ratifier toutes les conventions possibles et imaginables sur l’esclavage et les trafics des personnes, édicter des lois nationales de coercition, capter les fonds destinés aux colloques, ateliers et autres programmes de prévention et formation, voire créer des tribunaux ad-hoc. A un autre niveau de traitement oblique du phénomène, il s’agira de nommer des cadres ou personnalités issus des milieux serviles, au sein du gouvernement et de la haute administration, en leur assignant la mission de témoigner contre le réel ; in fine, des institutions comme la Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh), le Commissariat éponyme et le Mécanisme national de prévention de la torture (Mnp) bénéficient de financements, en vue de saturer la sensibilisation contre l’esclavage, au détriment de la sanction pénale; certains diplomates, représentants des pays du monde libre ou des institutions internationales, accompagnent parfois ce carnaval d’enfumage. Cependant :
1– L’Etat mauritanien assure l’impunité totale dans tous les dossiers de crimes avérés d’esclavage : Les plaintes de la petite Ghaya Maiga, Mariem Cheibani et ses filles, deux exemples parmi plusieurs, qualifiés de contrainte esclavagiste par le Parquet et la police, sont sabotées, sur injonction du pouvoir ; juges d’instruction, messieurs Outhmane Mohamed Mahmoud, Moctar Ahmed Dah et Moulaye Ahmed Mohamedhen s’abstiennent d’appliquer la loi, en dépit même des insuffisances de celle-ci. De surcroît, les autorités se gardent de porter assistance matérielle et psychologique, aux personnes à présent émancipées, d’où le retard de leur réinsertion dans une société de normalité moderne. Aucun bourreau n’est exproprié au profit de ses esclaves, malgré des siècles d’humiliation et de violence, y compris le viol des servantes et des cas de mutilations parmi le cheptel masculin.


2. Le gouvernement exerce l’ostracisme contre l’Ong Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) ; la punition survient en réaction à notre volonté de ne pas accepter de compromission avec les violations de la dignité minimale des gens : depuis le passage du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines de l’esclavage, à Nouakchott et sa rencontre avec nous, les proches du Président de la république islamique de Mauritanie ont enclenché la diabolisation de l’Ira-M et de ses dirigeants ; nous voici sanctionnés au motif d’avoir livré, à notre interlocuteur onusien, notre part de vérité, en somme un diagnostic sévère mais fidèle quant aux discriminations envers les noirs de Mauritanie. Celles-ci se manifestent encore dans la rue, visibles à l’œil nu, à tous les échelons de la vie civile et à l’intérieur de l’appareil d’Etat. Justice, commandement militaire et de sécurité, économie, banques, tenure des terres de culture, diplomatie et office religieux illustrent la vivacité et la permanence de la ségrégation.

3. Le seul parti capable de créer l’alternance dans mon pays, le parti pour la Refondation et une action globale (Rag), est interdit parce qu’il projette, en vertu du vote libre et de la non-violence, le démantèlement du système d’hégémonie raciale et l’instauration d’un État de droit où la citoyenneté égale et unique, la pluralité ethnique et linguistique, le bannissement de l’obscurantisme et la gouvernance économique transparente sont parmi les orientations principales.
Mesdames et Messieurs, honorable assistance, je vous invite à davantage suggérer aux organismes gouvernementaux et non gouvernementaux accrédités en Mauritanie d’être plus vigilants aux fins de mieux s’imprégner du scandale de l’impunité et de la duplicité et d’en documenter le fil et les manifestations. Nous comptons sur vos observations et propositions pour notre action en vue du règlement définitif, au nom du devoir de solidarité universelle, en face de l’ignominie que je viens de décrire.
Je vous remercie.

● Mali : La junte interdit les activités des ONG financées par la France

La junte malienne a annoncé lundi soir interdire les activités de toutes les organisations non-gouvernementales financées ou soutenues par la France, y compris celles opérant dans le domaine humanitaire.

Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, justifie cette décision, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, par l’annonce récente par la France qu’elle avait suspendu son aide publique au développement à destination du Mali.

Le groupe Wagner au cœur des tensions
Le ministère français des Affaires étrangères avait invoqué comme raison le recours au groupe paramilitaire russe Wagner de la part des autorités maliennes. La junte arrivée au pouvoir par la force en août 2020 a constamment nié avoir fait appel à cette société aux agissements décriés dans plusieurs pays et parle d’instructeurs de l’armée russe déployés au nom d’une ancienne collaboration entre les deux pays.

Le colonel Maïga dénonce dans son communiqué des « allégations fantaisistes » et un « subterfuge destiné à tromper et manipuler l’opinion publique nationale et internationale aux fins de déstabilisation et d’isolement du Mali ». « En conséquence, le gouvernement de la transition décide d’interdire, avec effet immédiat, toutes les activités menées par les ONG opérant au Mali sur financement ou avec l’appui matériel ou technique de la France, y compris dans le domaine humanitaire », dit-il.

20 Minutes avec AFP

©️ via https://www.20minutes.fr/monde/4011111-20221121-mali-junte-interdit-activites-ong-financees-france

● Le Mondial 2022 au Qatar s’est ouvert | Mot du Blog

Crédit 📷 via FB Al-Jazira English

Qatar est un émirat religieusement encarté d’obédience salafo-wahabite si je ne me trompe pas. Quand on voit ce que les Qataris osent franchir en matière d’ouverture par rapport aux rigidités quasi anathèmiques attribuées à certaines visions et compréhensions du prêche salafo-wahabite, on peut dire que l’espoir est permis. Ainsi au sein de nos milieux indigents intellectuellement et économiquement, il est temps de revoir les prêt-à-penseés qui sont diffusées par un apprentissage sournoisement belliciste. Cet apprentissage se reclamant « salafi » n’est rien d’autre q’un abrutissement certain qui se développe à terme parmi nos masses populaires. Quelle tristesse de constater qu’on fasse l’apologie d’un fatalisme braqué là où on a soif et faim…!?

À la place de la promotion de l’intelligence, ce courant salafo-wahabite nègre qui gesticule dans nos communautés, prêche un suivisme obsessionnel quasi maladif. Une police psychologique s’installe peu à peu et les vocations pour des grandes visions de développement multidimensionnel se trouvant brimées, certains prêcheurs répètent les textes et font fi des contextes. Schizophrènes, ils deviennent socialement et religieusement, la société en pâtit affreusement. Le dénuement matériel suit en toute logique le vide intellectuel construit par une pâle répétition. Les petits gourous répétiteurs se font dans leurs imaginaires, leur îlot émirat chariatique 2.0. Quand ça prêche, ils jugent, indexent, condamnent, refoulent, étiquetent, excluent et lancent l’anathème sur toute autre voi(x)e de compréhension.

Dans le discours d’ouverture, l’officiel Qatari a fait référence au monde arabe juste après le Qatar, et ça a du sens profond pour lui et normalement ça devrait avoir un autre sens alerte pour le monde musulman non arabe surtout du côté africain. Pour lui, la fierté liée à la nation arabe n’est pas la fierté liée à l’oumma islamique, et il n’a pas tort. Aux autres nations musulmanes non arabes de se raviser sur certains paradigmes existentiels. À chacune de s’organiser selon ses priorités sur Terre, chez nous, certains lettrés sous cette même coloration salafo-wahabite sont en furie d’excitation pour contrer certains de nôtres qui refusent la soumission sociale dans l’esclavage par ascendance intra-muros. Un vrai questionnement civilisationnel est à relever en l’occurrence, le saoudien wahhabite ne dirait pas qu’un houthi « chiite » saoudien serait un descendant d’esclaves qui se rebelle. Les nations dotées d’une certaine dignité peuvent durement s’affronter en guerres intestines (civiles, politiques, confessionnelles…) mais ils s’évitent en interne l’asservissement esclavagiste.

Qu’on arrête nos éléments porteurs du prêche vide intellectuellement dans nos communautés. J’avais lu une fois sur la famille Al-Saoud, notamment sur l’actuel prince M Ben Salman qui aurait 2 frères hautement diplômés (haute technologie et finance). Chez nous, certains qui se réclament de leur obédience salafo-wahabite, veulent qu’on rase les murs intellectuellement et économiquement dans nos enclos d’imaginaire puritanisme miséreux.

Il y’a du travail…beaucoup de travail !

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