● À propos des menaces de mort sur le député Biram Dah Abeid !


Dans un vocal , le leader anti-esclavagiste mauritanien revient sur les circonstances d’un extrait échappé d’une rencontre privée et donne des précisions sur les menaces reçues au mois de mai dernier à Akjoujt.

L’ancien candidat aux présidentielles de 2014 et 2019 (classé 2 ème par 2 fois), reconnaît avoir été menacé de vive voix par « une personnalité » bien introduite dans les rouages du régime actuel. C’était le 12 mai 2022 lors de son séjour dans la capitale régionale de l’Inchiri en plein périple de prise de contact politique sur le terrain avec ses partisans. Après cet incident d’Akjoujt, à Atar lors d’une rencontre publique autour de lui, une équipée policière avait fait irruption et la banderole du parti RAG (toujours non reconnu) a été arrachée. Le député BDA plusieurs fois primé pour son engagement droit-de-lhommiste pacifique notamment contre l’esclavage en Mauritanie avec l’ONG IRA-MAURITANIE, réitère sa détermination à concourir politiquement pour le pouvoir. Et déjà il est mode starting-blocks pour l’échéance présidentielle de 2024…!

Notre soutien fraternel et militant à l’endroit de l’honorable député et sa famille, en dénonçant ces tentatives d’intimidation d’une autre époque. Force à lui. Le président de république Mohamed Cheikh El-Ghazouani nous semble dégager une personnalité bien équilibrée pas encline à des méthodes brutes, doit revoir certaines relations et activistes auto-missionnaires qui n’existent que par les tensions politiques permanentes avec les opposants.

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● Lettre au Peuple de Mauritanie | Par Mr SY Mouhamadou dit Pullo Gaynaako.

Lettre au Peuple de Mauritanie

Il n’y a pas de mot qui puisse contenir le respect, la considération, l’admiration et la foi que j’ai à l’endroit du Peuple. La place à laquelle je le situe m’avait mené à bâtir la base idéologique de mon action publique sur l’idée fondamentale de sa primauté devant par exemple les notions de nation, d’État ou encore de république. Ce ne sera d’ailleurs qu’à la lumière de cette seule ligne que l’on peut saisir la logique de ma démarche, aussi bien celle militante que celle citoyenne. Voilà pourquoi je peux, quelque fois, avoir un regard, non pas méprisant, mais minimisant l’importance, par exemple, d’une frontière, pour laquelle je ne manque pourtant pas de mesurer l’enjeu stratégique gigantesque, au profit d’un respect, qui m’apparaît suprême, d’une réalité d’un ou l’autre de ces peuples dont des lignes inventées de toutes pièces continuent encore de transpercer les entrailles et insistent toujours à tuer à petit feu.
Ainsi, c’est pour moi une occasion lourde de sens de m’adresser à cette entité collective que ma conscience met au-dessus de toute autre. Qu’elle soit celle qui vit aujourd’hui sur l’étendue du territoire appelé mauritanien par des circonstances de son histoire récente est un pur hasard de l’existence pour lequel j’exprime également une grande reconnaissance.

Il est des moments de la vie d’un peuple qui se distinguent par la gravité de leur charge, par leur nature à sceller des sorts inédits et par leur caractère coriace à initier des tournants.
Notre Peuple vit incontestablement un de ces moments. Ne pas le reconnaître en tant que tel est une erreur dont les conséquences seront redoutables pour les générations futures. Si un État fondé sur ce Peuple, compte tenu de l’étendue de la mémoire de ce dernier, de la profondeur de son histoire et de la variété de ses expressions culturelles et linguistiques, qu’il s’appelât Mauritanie est un autre fait contingent de l’histoire, décide, au nom de quelques motifs nébuleux, de remodeler sa destinée identitaire, alors je dis que la gravité critique est atteinte et que nous sommes dans un tournant et qu’aucune de ces habitudes tueuses d’âmes ne devrait peser autant sur nos esprits à leur imposer le sentiment d’une situation banale.

Si je décide aujourd’hui de m’adresser à cette entité sacrée à laquelle, sans distinction, nous sommes, tous, parties, et, à travers son esprit immense et divers, convoquer la conscience particulière de chacun, c’est que précisément la criticité de la situation l’impose au-delà même de le justifier.

Cher Peuple, les habitudes ainsi que quelques exemples traditionnels ont inculqué à notre société l’idée d’un académique qui doit se confiner dans un jargon typé au milieu de ses affaires universitaires. Dans l’idéal, il ferait de temps en temps quelques figurations médiatiques entre deux défilés stylistiques lors de longues sorties textuelles sur des sujets totalement importés pourtant nullement importants. Il convient de mettre au clair que, quelque séduisante – car inoffensive – que puisse être une telle conception, je m’en dissocie au risque de gêner. Cette conception définit bien en effet ce que j’appellerai, volontiers, un intellectuel de diversion. Peu importe la profondeur académique dans laquelle je professe, vous me trouverez toujours sur le terrain des luttes et transformations sociales. Pourquoi ?
Parce que je suis tout simplement du Peuple et que rien de ce qui le concerne ne m’exclut. Donc on peut déjà mettre de côté les qualifications et les classifications dont personne n’est dupe sur les visées ultimes quand elles sont pointées par la réplique. Au passage, j’exprime ici toute mon admiration à d’autres qui ont décidé de briser cette barrière qui n’existe que pour justifier l’inaction.

Nous ne pouvons pas faire comme si de rien n’était au moment même où l’on assiste à l’admission d’une aussi grande trahison dans la cour des principes législatifs qui régiront la vie de ce Peuple. Nous ne pouvons pas nous taire et nous dissoudre dans une insouciance honteuse alors que l’on élève une injustice grossière au rang d’une loi. Sommes-nous seulement si amnésiques ou manquons-nous autant d’acuité à n’être alertés par aucun de ces crimes déjà inscrits dans son compteur alors même qu’elle n’était qu’en phase de latence ? Combien d’autres, et de quelle ampleur, en commettra-t-elle quand elle agira, en toute légalité, en tant que droit ?

Oui, je parle de la loi faussement dite d’orientation de l’éducation nationale mais qui, dans les faits, ne fait orienter, et ce de façon arbitraire et colonialiste, que la dynamique identitaire s’opérant à l’intérieur de ce Peuple. Une dynamique que différents empires, de puissance incomparable à celle de l’État actuel, ont pourtant maintenue en équilibre à travers le temps, nous faisant ainsi hériter à la fois d’une diversité culturelle et des mécanismes de maintenance de sa cohérence interne en tant qu’ensemble au-delà des rapports de parenté culturelle, linguistique et biologique ainsi tissés. Oui, au bout des luttes fatales de notre longue histoire, au bout des nécessaires confrontations souvent intestines, nous avons su préserver l’honneur du Peuple : ses identités diverses. Nous avons même su les intriquer, par des mécanismes auxquels l’on a déjà fait allusion, de façon à les rendre si interdépendantes qu’il leur incombera toujours une reconnaissance mutuelle et une démarche d’ensemble quant à l’assurance de leur survie. Nous avons ainsi connu, et ce au bonheur et à la revigoration de tous, des interpénétrations artistiques, littéraires, philosophiques, techniques, scientifiques et linguistiques fécondes. Cependant, aucune puissance, ni celle des mille ans de nos ancêtres du Ghana, ni le Tekrour, ni les mandingues et encore moins les expansions de la confédération du Djolof au 15ème siècle, n’a entrepris une politique d’un totalitarisme culturel à en redéfinir l’identité des peuples, couverts ou vaincus, et à bâtir cette dernière à l’image de celle des détenteurs du pouvoir. Manquaient-ils de puissance pour l’assoir ? Absolument pas. Si vous voulez comprendre les fruits que nous sommes d’une telle dynamique incubée depuis encore plus longtemps que les évènements cités, dans notre sociologie et souvent même jusque dans certains aspects de notre psychologie, alors vous serez obligés un tant soit peu de consulter notre histoire, ne serait-ce que celle tronquée sur cette partie de la terre qui nous abrite depuis l’entrée en jeu de cette phase temporelle et qui a servi de foyer géographique à notre marmite de l’histoire. Nous en sortirons alors avec une meilleure connaissance des contours de ce bouillonnement et de quelques-unes de ses raisons profondes. La politique étatique d’aliénation culturelle et linguistique est de date récente sur cette zone géographique. Elle s’y est invitée en force surtout depuis l’arrivée de la composante arabe au 15ème siècle. Celle-ci avait procédé par, non seulement la domination (ce qui resterait très courant), mais l’assimilation des populations berbères ; et une fois la nouvelle identité arabo-berbère constituée, les derniers conflits interétatiques consommés
avant qu’intervint la colonisation occidentale, après que fut acquis le découpage colonial des territoires, qu’une indépendance fut accordée, l’on sortit cette entreprise de l’armurerie, l’on la dépoussiéra et lui redonna une nouvelle vie. Les quelques voix visionnaires du congrès d’Aleg n’avaient pas réussi à peser sur la balance. Il ne leur manquait pourtant pas de clairvoyance et d’esprit d’anticipation. Ce n’est pas pour rien que la fédération a été suggérée et défendue, elle le sera encore plus vivement un peu plus tard après l’indépendance effective. Le même esprit d’État prédateur qui avait conduit à l’assimilation des berbères est le
même qui a fondé l’État postcolonial de Mauritanie : il n’y a aucune place au partage, il n’y a que reddition et réduction. Contrairement à la politique des grands empires cités, il n’y a plus aucune place à la diversité et au respect de la poursuite de la destinée culturelle de chaque communauté, mais il faut uniformiser, arabiser. Ce sont ainsi des coups constitutionnels et des reformes de force du système éducatif qui se sont succédés depuis l’indépendance. Tout cela dans la seule ligne de l’arabisation et de l’effacement des autres cultures et langues. On peut vous vendre l’idée de la langue de ciment, tout en sachant que de façon mécanique son avènement sera suivi de la disparition des autres comme ce fut le cas dans plusieurs pays, et faire sa publicité jusqu’à ce que vous finissiez par l’acheter ; on peut même vous convaincre qu’elle est incontournable en brandissant des mots magiques aussi muets que «pragmatisme», «modernité» ou encore «communication». Mais là on n’utiliserait qu’une facette de votre esprit. Votre esprit se laisse peut-être convaincre, mais se laissera-t-il persuader ? Se laissera-t-il persuader qu’abandonner sa langue est la seule façon de bâtir un État ? Se laissera-t-il persuader que renoncer à sa culture est la seule façon de garantir une cohésion ? Évidemment que non ! La persuasion en demande plus que la conviction.
L’intuition et l’instinct nécessaires à sa mise en marche ne sont pas réunis ici. Vous avez la bonne intuition de ne pas vous laisser persuader, peu importe que vous soyez convaincus ou pas par la construction que l’on soumet à votre raison. Oui, parce que, au fond de vous, vous savez que l’on vous a caché des choses. Des choses que vous ressentez au plus profond de vous, peu importe votre difficulté à les extérioriser. Vous êtes en effet imbibés de cultures diverses qui ont vécu sous des empires, à dimensions incommensurables à celle d’un État de dimensions moindres et pendant des durées incomparables, mais qui n’ont jamais requis une uniformisation linguistique pour se former et s’imposer. Car cette question est profondément liée à la philosophie de vie et ne répond aucunement à une quelconque nécessité qui s’imposerait à un gouvernement. Voilà la raison profonde qui fait que peu importe votre niveau de conviction, vous n’êtes pas pour autant persuadés. Et voilà qui devrait suffire à vous déconvaincre de cette tromperie odieuse et d’acquérir une intime conviction de ce dont vous êtes si profondément persuadés. L’on m’objectera, en se cachant derrière des préjugés, que les temps ont changé, comme si rien qu’à user de ces paroles évidentes on aurait asséné un argument valable, je n’aurais qu’à reprendre l’expression de Moctar Ould Daddah lui-même qui qualifiait la Mauritanie de « la Suisse de l’Afrique ». Mais qu’a-t-il vraiment appris de l’exemple suisse ? La Suisse, quant à elle, a su gérer avec équité et respect ses quatre langues nationales sans traitement de faveur. Elle en tire un bénéfice humain et économique. Nous vivons les mêmes temps que l’actuelle Suisse et nous disposons même d’un nombre égal de langues nationales ! Des exemples d’État à traitement multilingue comme régime linguistique adopté font légion. Cela nous ramène encore une fois à un choix idéologique mais absolument pas à une nécessité de gouvernance comme le régime mauritanien tente de nous le convaincre.

Cher Peuple, je ne vais pas prolonger le rappel des données historiques, ni m’appesantir sur les justifications chiffrées du salut qu’il y a à la promotion et au respect méticuleux de la diversité culturelle. Nous n’épuiserons pas aujourd’hui ce sujet passionnant.
Pour revenir à la loi à proprement parler, il convient de rappeler que depuis qu’elle a transféré la lutte linguistique et identitaire sur les bancs de l’école, avec la cascade de reformes faisant la promotion de la seule langue arabe et brisant tout équilibre que devrait observer un état multilingue, la Mauritanie a ainsi compromis le terrain scolaire. Il était donc logique qu’un projet de loi sur le système éducatif suscite autant d’intérêt et d’attention. L’État n’a pas manqué à l’anticiper. Comment pourrait-il en être autrement vu son expérience en la matière acquise avec 60 ans de pratique ? Il s’est empressé d’organiser une comédie législative après un casting des plus sournois. Dans cette comédie, nous avons assisté à une romance impensable jusqu’alors, mais bien exécutée par des acteurs, pris dans les rangs des plus proches des cercles de défense des langues, déterminés à mener à bien leurs rôles assignés.
Dans quel but ? Pour quel recel espéré à l’horizon ? Le partage du butin nous en dira certainement un peu plus.
Face à un article 65 incohérent, illisible, obscur à bien des égards, sciemment chargé d’équivoques pour permettre de futures interprétations révocatrices, d’aucuns se sont hasardés à se livrer aux justifications les plus tordues. Et pourtant cet article fondamental qui, à lui seul, décline toute la politique linguistique de la nouvelle école, en d’autres termes l’issue de la lutte linguistique que l’État avait déléguée à l’école, reste toujours dangereusement obscure et sujet à interprétations. Aucun numéro de prestidigitation, même performé par un expert en droit, n’a encore pu effacer ces contradictions qui sautent aux yeux de n’importe quel profane honnête.
Face à la doublure de fermeture que constitue l’annexe, où, sous forme d’une injustice qui ne dit pas son nom, la loi prévoit de soumettre à une évaluation éliminatoire le droit fondamental d’apprendre dans sa langue, déjà sujet à interprétation, certains se sont quand même disponibilisés à la supporter voire à la défendre sous petites modifications éventuelles.

Cher Peuple, je ne parle pas au nom d’une organisation. Mais je peux parler des actions d’une organisation qui s’est engagée, corps et âme, en ce moment décisif de notre histoire. Je veux nommer l’Organisation pour l’officialisation des langues nationales (OLAN). Que j’y adhère n’a aucune espèce d’importance. Ses actes sont déjà posés dans l’espace publique et peuvent être analysés avec objectivité. En tant qu’organisation, c’est la seule à intervenir dans le débat en ayant en vue des considérations d’ordre identitaire contenues dans la loi au-delà des lectures purement éducationnelles. On a pu observer une telle position chez des personnes isolées également.

Dans ce débat, on nous a présenté les associations dites culturelles, non pas à la lumière de la cohérence de leur position ni de la mesure de leur travail antérieur qui est à saluer, mais comme un argument absolu. Mais faut-il rappeler que, malgré leurs travaux et réalisations, ils n’ont aucunement le mandat du Peuple à décider du sort des langues concernées.
Oublions-nous seulement qu’appartenir à ces associations, aussi souhaitable et respectable que cela puisse être, n’est pas synonyme d’accomplissement d’une quelconque œuvre majeur pour ces langues ? Plusieurs sont ceux qui ont abattu des travaux d’extrême importance quant à la survie de ces langues sans appartenir et encore moins militer dans ces associations culturelles. Donc, loin de les discréditer, nous devons toutefois faire attention à leur accorder une confiance aveugle dans un moment aussi critique. Louer certains aspects de leur œuvre, leur mérite dans l’enseignement des langues et son déploiement, est un dû qu’aucun individu sensé ne leur refusera. Elles n’ont toutefois pas le monopole de ce mérite car, rappelons-le une nouvelle fois, des initiatives parallèles ont fait au moins autant bougé
les lignes du développement des langues que la somme de leurs actions, que cela soit dans les pays voisins qu’en Mauritanie même ou dans la diaspora, que cela soit hier ou aujourd’hui,
que cela soit dans l’alphabet ou dans le développement disciplinaire scientifique, que cela soit dans l’apprentissage standard ou dans les nouvelles formes technologiques, que cela soit en sensibilisation culturelle ou en développement du journalisme. Donc leur mérite est bien justifié, mais le monopole de ce mérite ne l’est pas du tout. Il s’apparente ainsi à une forme d’imposture, pour une association, que de s’arroger la position d’interlocuteur privilégié dans une question qui dépasse largement son cadre en concernant le sort des communautés tout entières.
Par ailleurs, il a été remarquable que le manque d’argument ait atteint de telles latitudes qu’il a fallu que des associations et des personnalités associées soient réduites à faire l’inventaire de leurs actes (ou même brandir leur âge) afin de faire passer des positions. Aucun membre de OLAN, et il y en a beaucoup qui pourraient s’y livrer avec des données non moins dignes d’intérêt, ne les a rejoints sur un tel terrain qui défie la pudeur et l’honneur. Mais comme nous l’avons dit, chaque acteur joue son rôle et l’avenir nous renseignera amplement sur les motivations des uns et des autres.

S’il y a une actrice qui n’est pas passée par le casting et qui, à partir d’une position de spectatrice espérée, s’est levée et a foulé la scène, c’est bien OLAN. Une organisation née au moment du constat de la supercherie. Nous ne reviendrons pas ici sur sa genèse mais c’était l’inconnue que l’État ne semble pas avoir prévue. Qu’il y ait des contestations isolées et disparates, il l’avait certainement envisagé, mais qu’une organisation se mette sur pied en un temps record et acquière assez tôt une détermination aussi prononcée, certainement pas. En plus de la violence de la répression policière sur ses militants, OLAN a posé un acte qui a eu
un retentissement international. Deux jeunes femmes, toutes deux faisant partie des instances dirigeantes de l’organisation, déterminées à poser un acte pour faire avancer leur cause. Armées d’un courage rare et d’une intelligence phénoménale, elles le feront et impacteront tous les enjeux de la journée. Souzy Boye à la caméra, quand Salimata Ba interrompt l’hémicycle. L’Agent de sécurité de l’assemblée, surpris, tentera de résoudre le problème à la source en agrippant le cou de Sali et l’étranglant. Le sang froid de Souzy est sans égal ! Elle sait ce qu’il est en train de se jouer. Sali, comme une lionne, se débat sans perdre de vue son message. Elle s’extirpe des mains du malheureux agent et terminera sa phrase qui sera entendue dans l’hémicycle ainsi que par des millions de personnes à travers le monde. Ce seront 17 secondes d’image qui feront le tour du monde et inscriront les noms de ces jeunes femmes dans les annales de la lutte des langues. Sali souffrira de cette strangulation et Souzy sera honteusement frappée en sortant de l’assemblée.

Cher Peuple, l’action de cette organisation que je connais de l’intérieur peut être symbolisée par l’acte de Sali et Souzy. Ce qui fait la particularité d’OLAN dans le contexte de cette loi, c’est qu’elle a saisi la situation au-delà de la présentation qu’en a voulu faire l’État. Elle a compris qu’il y avait là fondamentalement une question de survie culturelle au moment où
d’autres discutaient matières à enseigner. Elle a ainsi initié la lutte multiforme pendant d’autres s’obstinaient à faire du commentaire de texte. OLAN ne cherche qu’un traitement équitable des cultures et langues du pays devant la loi et continuera ses actions, contre vents et marées, jusqu’à la prise en compte de ses revendications. Ceux qui sont motivés par des places au nouvel institut annoncé peuvent tout faire pour avoir leur motivation, à savoir l’institut. Mais cela n’est pas la motivation d’OLAN. Elle continuera sa lutte contre cette loi, sa promulgation, elle appelle à une refondation de l’école plus conforme aux réalités. Elle invite à un débat plus sérieux, sans cachoterie, loin d’un simulacre de concertation. Elle appelle à un vrai dialogue sur le sujet où se dégagera un consensus respectueux de la diversité, soucieux de la survie des langues qui ne passe que par leur officialisation, et garanti par une loi.

Des idéologies de l’uniformité n’ont que trop saigné notre mémoire depuis longtemps respectueuse de notre diversité. Elles ont bafoué notre histoire et veulent compromettre notre avenir en tant que Peuple.

Cher Peuple, je me permets de t’appeler à supporter cette noble lutte des langues. Je ne te demanderai pas de rejoindre aucune organisation que cela soit. Cela serait abuser de ton écoute. Ce que je te demanderais c’est de faire tout ce qui est dans ton pouvoir, peu importe le chemin adopté, dans le but de prendre en main cette question qui détermine ta survie et ton honneur. Ne trahis pas ton histoire. Ne te méprends pas sur ton propre compte. Tu viens de loin, je te conterai encore et toujours ton passé, nous n’accepterons jamais qu’on appauvrisse autant que veulent le faire les adeptes de l’uniformité tes perspectives d’avenir.
Il n’y a aucune humanité dans l’effacement des cultures, il n’y a aucun salut dans l’uniformisation mécanique, il n’y a aucun pragmatisme dans la programmation d’une mort
sure de la diversité.

Mouhamadou Sy dit Pullo Gaynaako

Le 14 août 2022

©️ Via Post Facebook – https://www.facebook.com/111186200366408/posts/609186930566330/

● Déclaration de la Coordination des Associations culturelles pulaar, sooninke et wolof : A propos de la loi d’orientation de l’éducation nationale

L’Assemblée Nationale vient d’adopter la loi d’orientation de l’éducation nationale. Sur invitation du ministre de l’Education Nationale et de la Réforme du Système Éducatif, la Coordination des Associations culturelles pulaar, sooninke et wolof (CAC) avait participé activement aux assises régionales et nationales à propos de la concertation sur la réforme de l’enseignement.

Cette participation avait permis d’exhumer les travaux de l’ex Institut des Langues Nationales (ILN) et convaincu la majorité des participants de la nécessité de réintroduire les langues nationales pulaar, sooninke et wolof dans le Système éducatif national.

Par la suite, les différentes rencontres et correspondances échangées avec le ministre et les amendements proposés par la CAC à chaque étape du processus de rédaction de la loi, dont certains ont été retenus (article 7 relatif aux missions de l’école, Article 55 relatif à l’enseignement des adultes, certains alinéas de l’article 65 par exemple) ont permis de contribuer à son amélioration.

Ainsi, la Coordination des trois associations, au-delà des insuffisances et ambiguïtés que renferme cette loi, tout en regrettant la non prise en compte par le Parlement de certains amendements dans le texte final, considère que l’une de ses deux (2) principales revendications a été satisfaite, à savoir la réintroduction des langues nationales pulaar, sooninke et wolof dans le Système éducatif national, en tant que langues d’enseignement et de communication en plus de la création d’une « structure chargée de piloter la promotion et la mise en œuvre de l’enseignement de ces langues nationales ».

La CAC, tout en réaffirmant sa disponibilité à accompagner le processus selon ses moyens, invite le pouvoir à engager les moyens humains, matériels et financiers nécessaires, et l’ensemble des acteurs à apporter leur appui pour la réussite de cette orientation.

La CAC demande à l’ensemble des acteurs concernés par ce Projet, les Associations culturelles en premier, à poursuivre avec détermination leurs luttes afin de faire aboutir les autres revendications, en particulier l’officialisation des langues pulaar, sooninke et wolof.

Nouakchott, le 8 août 2022

La Coordination des associations culturelles

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🟣Tournoi Foot Ganbanaaxu France Édition 2️⃣ 2022 | L’équipe de Tuabou remporte le titre



Débutée mi-juillet, cette compétition conviviale et fraternelle organisée par Armepes-France et ses partenaires du mouvement droit-de-lhommiste Ganbanaaxu Fedde, a été clôturée ce dimanche 7 août 2022.
L’événement sportif est à sa deuxième édition après celle de 2021, avec 20 villages participants.
La finale a opposé l’équipe de Tuabou (Sénégal) à l’équipe de Diogountouro (Mauritanie). Ainsi à l’issue d’une belle rencontre, le village de Tuabou est sacré champion 2022 avec un score de 1 – 0. Il succède à l’équipe de Diaguily-Memouké qui avait remporté la première édition du Tournoi Ganbanaaxu Fedde France.

Les différents rendez-vous ont été un grand succès en matière de promotion de valeurs que porte l’engagement Ganbanaaxu Fedde. Faire vivre la Fraternité Réelle dans l’entente et la convivialité. L’occasion d’une grande sensibilisation contre l’esclavage par ascendance et le système féodal et discriminatoire des castes qui sévissent affreusement au sein du corps communautaire soninké.

Tout au long de la journée, un vibrant et émotionnel hommage a été clamé à la Digne Mémoire de nombreuses victimes de cet esclavage coutumier dans les localités Soninkés dans nos pays d’origine en Afrique de l’ouest notamment (Mali, Mauritanie, Sénégal et Gambie). La dernière victime en date est notre tante et mère Diogou Sidibe du village de Lany Mody au Mali sauvagement assassinée (29-30 juillet). Elle défendait sa parcelle de terre cultivable que les clans féodalo-esclavagistes sur place voulaient l’en exproprier depuis quelques années parce que sa famille ne voulait plus se soumettre aux coutumes esclavagistes (laadalemaxu). Une brave femme de 71 ans qui est partie Libre et Digne.

Un grand MERCI à l’équipe organisatrice et à l’ensemble de villages participants.

Le Grand Vainqueur a été l’Idéal Humaniste porté par cet évènement sportif et citoyen.

Merci à TOUS.

✍️🏿KS pour le BLOG

● L’arabisation absolue ne doit pas être un outil pour détruire la cohésion sociale!

Cheikh Med – J’appelle le gouvernement mauritanien à traiter avec sagesse et intelligence la question nationale !

L’arabisation absolue ne peut être imposée en Mauritanie car c’est un pays multiculturel et multiethnique ! Notre espace régional à travers le Sahel, l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest, cet espace utilise très largement le français, l’arabe est également présent, il n’y a pas de contradiction entre l’arabe et le français, ils jouent tous des rôles importants dans cette région du monde.

Dans notre cher pays, la Mauritanie, il n’y a pas de contradiction entre l’arabe et le français, qui ont tous deux un rôle très important, et le pays en a besoin. La Mauritanie a besoin de justice, d’égalité et de respect de la diversité.

Elle a aussi besoin de développement économique et social et d’infrastructures. La Mauritanie, dans ces conditions économiques difficiles, n’a jamais besoin d’ouvrir des discussions d’identité, et elle n’a pas besoin de conflits. Les identités ne servent à rien pour le peuple ! Le peuple a besoin d’éducation, de santé et d’égalité des chances.

J’appelle le gouvernement mauritanien à travailler davantage dans le domaine du soutien à la coexistence à travers la consolidation de l’égalité sociétale, le respect de la diversité et l’égalité des chances pour tous les citoyens. C’est pourquoi j’appelle le ministère de l’Éducation nationale à retirer la nouvelle loi sur l’éducation, qui risque de créer de nouveaux problèmes dont nous n’avons pas besoin.

Je compte beaucoup sur la sagesse du Président de la République, un homme sage, un homme de morale ! C’est pourquoi nous pensons que la priorité doit être en faveur du soutien à l’unité nationale et à la paix civile !

L’ouverture de fichiers sensibles qui soulèvent des litiges n’est pas nécessaire pour le moment ! Les mauritaniens doivent maintenant serrer les rangs pour faire avancer leur pays et lutter contre la corruption et la discrimination, nous sommes un pays arriéré par rapport à nos voisins !

C’est pourquoi nos élites politiques doivent laisser de côté leurs différences et se préoccuper du développement économique et social ! Développement et prospérité d’abord !

Babah Cheikh
Écrivain et chercheur

©️ Via Cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=758439

● ESCLAVAGE MEURTRIER AU MALI | Lettre ouverte au Colonel Assimi GOÏTA, président de la république du Mali et son gouvernement.



Monsieur le président, nous associations abolitionnistes, panafricanistes qui composons la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S), en collaboration avec le mouvement Ganbanaaxu Feddé ( mouvement revendicatif, républicain et pacifique qui milite pour l’égalité entre tous en dignité, droits et devoirs) présent dans la sous région ouest africaine (Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie et les deux Guinées), nous vous saisissons de toute urgence pour mettre fin aux meurtres et expulsions des militants anti esclavagistes, les crimes odieux qui se perpétuent sur la base de l’esclavage sont devenus des faits divers d’une banalité déconcertante sur le territoire malien.

Le plus récent crime esclavagiste s’est passé à Lany Mody, du 29 au 30 juillet 2022, une scène macabre fut découverte avec stupeur, une femme âgée de 70 ans est enlevée dans son champ, tuée, décapitée, puis son corps découpé en morceaux et avec une tentative d’incinération, le reste du corps non consumé par le feu est mis dans un sac et jeté dans l’eau en pleine marre au milieu des broussailles. Le seul tort de Feu Diogou Ladji SIDIBE est d’avoir refusé d’être une esclave dans son village natal, village sous l’emprise des chefs coutumiers soninké qui voulaient l’exproprier de sa terre cultivable, propriété familiale depuis plusieurs générations et cela confirmée par des décisions judiciaires de la juridiction de Kayes.

Monsieur le président, il faudra combattre avec une très grande fermeté le terrorisme esclavagiste qui se développe dans le Mali, la cherche de la paix et la stabilité du Mali font partie de votre serment, en dépendent. Nous profitons de l’occasion pour vous rappeler les assassinats terroristes, lâches, sauvages et barbares de quatre (4) chefs de familles à Diandioumé qui sont : Mountaga DIARRISOW (72 ans), Youssouf SISSOKO (73 ans), Diani Hamet SISSOKO (44 ans) et Gossi SISSOKO (45 ans), dans la commune de Gogui, cercle du Nioro Mali. Ces crimes ont eu lieu dans la nuit du 1er au 2 Septembre 2020, les auteurs des crimes n’ont toujours pas été jugés et mieux, certains ont été libérés à la grande stupeur des victimes.

Des attaques meurtrières ont eu lieu du 05 au 07 Avril 2020 à Lany Tounka zone où vient de se produire le dernier crime, dans la commune rurale de Sony, un homme avait perdu la vie et deux femmes ont fait de fausses couches suite aux coups et aux blessures volontaires qu’elles ont reçus. Des maisons ont été vidées, saccagées et incendiées, une femme ligotée, trainée par une bande de jeunes excités et violents.

Des attaques violentes se sont passées dans la commune de Tomora (Cercle de Bafoulabé) dans la journée du 02/10/20 et continuent jusqu’à aujourd’hui en 2022 contre les membres de l’association anti-esclavagiste CSP/A.C.D.E. Toujours à Bafoulabé le 28/09/2021 M. Diangou CISSÉ est tué à Tomora Souroubiré, le 17 juin 2021 le village de Kontela kenieba est attaqué, 21 blessés et 18 motos sont brûlées.

Monsieur le président, des centaines d’attaques ont été perpétrées entre 2018 et 2022 contre les militants anti-esclavagistes du Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (R.M.F.P) dans les villages : Kerwané, Kaïnéra, Krémis, Yarka, Diakadromou, Nahali, Dramané, Tafacirga, Ségala, Bafarara, Khalinioro, Khabou, Makhana, Sansagné, Dialakha, Sabouciré, Maréna, Dioucoulané, Harikidou, Hamdallaye, Trougoumbé, Diarrah, Mamoyré, Bakhamabougou, Gourdi, Diangounté Camara, Fatao, Témikoro, Toudou, Bouly, Béma, Demba Gadiaba, Blissibougou, Sakora, Séroumé, Djallan, Tomora et Kersignané.

En 2021, il y a eu plusieurs attaques qui ce sont soldées par plusieurs blessés graves dans les villages de Samba Dramané le 10 Avril 2021, Goudiame, Dembagadiaba, Maganatoubaboukani le 15 Mai, le 03 Mai 2021 le chef du village de Baghamabougou a ordonné aux familles esclaves qui ont émis le souhait de ne plus être traitées comme telles ( par leur volonté commune de ne plus pratiquer le Laada) de quitter le village immédiatement, sinon, elles risquent d’être attaquées par une milice appelée jeunesse. L’incident a dégénéré par plusieurs blessés et 83 déplacés, ils sont tous hébergés à la cité des enfants de Niamakoro. Le 16 Mai 2021 le village de Kheybaré dans le cercle de Nara, il y’a eu une attaque perpétrée dans le village de Teyssibé, commune de Kara Koro, arrondissement d’Aourou, cercle de Kayes jeudi 20 Mai 2021, les dégâts sont nombreux. Les attaques ont fait plusieurs milliers de déplacés qui errent dans la capitale Bamako actuellement et sans espoir de retour et de retrouver leurs biens volés et bétails expropriés.

Monsieur le président, les arrestations arbitraires réitérées et injustifiées de nos membres dans les villages Soninkés, Kasonkés, Peulhs, Kagoro et Diogaramés sont fréquentes et la chefferie traditionnelle jouit d’une impunité inquiétante, en plus les arrestations ciblées de nos membres qui résident à l’étranger sont opérées à l’aéroport de Bamako avec une certaine complicité administrative.

Monsieur le président, vue de la situation de détresse dans laquelle vivent les victimes de l’esclavage au Mali et leurs défenseurs, nous vous prions de combattre ces terroristes esclavagistes au même niveau que les terroristes islamistes. Nous demandons à votre régime une loi qui criminalise et pénalise l’esclavage, les séquelles de l’esclavage et les apologistes de l’esclavage.

Paris le 06 Aout 2022

-Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S)

-Ganbanaaxu Féddé (Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie et les deux Guinées)

-Kane Afrique

-Waraba D’AFRIQUE

Assep : (Association soninké du Sénégal pour l’égalité et le progrès)

A.H.M.E : (Association des Haratine de Mauritanie en Europe)

A.R.M.E.P.E.S-France : (L’Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication de la pratique de l’esclavage et ses séquelles)

IRA-FRANCE (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste)

MSDH:(Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme.)

RMFP : (Rassemblement Malien pour la Fraternité et Le Progrès

Solidarité Africaine section France

Un Passé Trop Présent

Gambana international

Memouké Diaguily

IPLESM: (Initiative pour lutter contre l’esclavage et ses séquelles en M’Beidiya sakha)
A.C.D.E : (Association Contre la Domination et l Esclavage)

Said Larifou, président de la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles
Contacts : Tel : 0033 6 05 99 30 04 ;
Mail : larifou@gmail.com

Mali : l’ONU confirme l’implication de soldats maliens et «blancs» dans la mort de 33 civils

33 civils ont été retrouvés morts début mars au Mali, non loin de la frontière avec la Mauritanie. L’ONU a confirmé ce vendredi l’implication de l’armée malienne mais aussi de plusieurs “soldats blancs” dans ce drame. Ces derniers pourraient être des paramilitaires du groupe russe Wagner.

L’armée malienne et des “soldats blancs” sont impliqués dans la mort début mars au Mali , non loin de la frontière mauritanienne, de 33 civils, dont 29 Mauritaniens et quatre Maliens, selon un rapport d’experts missionnés par les Nations unies consulté vendredi par l’AFP.

Les corps de ces civils ont été retrouvés à quelque km du village de Robinet El Ataye dans la région de Ségou, où des “soldats blancs”, éléments du groupe paramilitaire russe Wagner selon un diplomate à New York, et des militaires maliens avaient la veille, le 5 mars, arrêté, ligoté, battu et emmené 33 hommes, dit ce rapport du Groupe d’experts de l’ONU sur le Mali qui a été transmis fin juillet au Conseil de sécurité.

La disparition, aux contours à l’époque flous, de ces civils le 5 mars à Robinet El Ataye, avait fait grand bruit au Mali et en Mauritanie. Nouakchott avait accusé l’armée malienne d’”actes criminels récurrents” contre des citoyens mauritaniens dans cette région frontalière. Bamako avait dit que rien ne mettait en cause son armée.

Bamako réfute la présence de mercenaires

Les deux pays avaient ouvert une enquête conjointe, dont les résultats n’avaient début août pas été publiés. Un rapport du Groupe d’experts de l’ONU sur le Mali , qui a été transmis fin juillet au Conseil de sécurité et que l’AFP a pu consulter vendredi, lève le voile sur la mort de ces 33 civils en dressant un récit macabre qui accable l’armée malienne et des “soldats blancs”.

Ces derniers feraient partie, selon un diplomate à New-York à l’AFP, des paramilitaires du groupe Wagner déployé auprès des militaires maliens depuis janvier. Bamako réfute la présence de mercenaires, évoquant la présence d’”instructeurs”, tandis que Moscou affirme n’avoir rien à voir avec cette société présente au Mali sur une “base commerciale”.

AFP

©️ Via RMI info https://rmi-info.com/mali-lonu-confirme-limplication-de-soldats-maliens-et-blancs-dans-la-mort-de-33-civils/

● Esclavage : le président ghanéen relance le débat sur les réparations

Afrique – Dans une série de tweets ce mardi 2 août, Nana Akufo-Addo plaide pour que des réparations financières soient versées aux victimes de l’esclavage en Afrique, ajoutant qu’il est grand temps qu’il y ait un débat sur le sujet.

« Il est temps que l’Afrique – dont 20 millions de fils et de filles ont vu leur liberté réduite et ont été vendus comme esclaves – reçoivent également des réparations », écrit Nana Akufo-Addo.

« Il est maintenant temps de relancer et d’intensifier les discussions sur les réparations pour l’Afrique. Le moment est venu depuis longtemps », estime-t-il en conclusion d’une série de tweets publiés ce mardi matin.

« Il existe une myriade d’histoires de familles déchirées : des pères partis pécher qui ne sont jamais revenus, des garçons partis jouer qui ne sont jamais rentrés à la maison, des filles partis chercher de l’eau qui n’ont jamais plus revu leurs parents. On ne peut pas quantifier les effets d’une telle tragédie, mais ils doivent être reconnus ! », a-t-il insisté.

La veille, lors d’un sommet sur les réparations liées à l’esclavage, le président ghanéen a rappelé les effets dévastateurs de la traite des esclaves pour le continent, ajoutant que cette période a retardé le progrès économique, culturel et psychologique de l’Afrique. « Même si aucune somme d’argent ne pourra réparer les dommages causés par la traite des esclaves et ses conséquences qui se sont étendues sur plusieurs siècles, nous devons guérir des torts du passé », affirme encore le président ghanéen.

Nana Akufo-Addo estime que l’ensemble du continent africain mérite des excuses de la part des nations européennes impliquées dans cette traite des esclaves. Et il exhorte l’Union africaine à s’engager avec les Africains de la diaspora et à former un front uni pour faire avancer la cause des réparations.

La question des réparations pour les victimes de l’esclavage n’est pas nouvelle, remarque l’historienne Miriam Cotthias ; elle a été abordée dès le début du XXe siècle par des leaders panafricains. Elle est ensuite revenue de façon récurrente, portée à la fois par des Afro-Américains aux États-Unis que par le mouvement abolitionniste européen, sans jamais toutefois aboutir totalement.

« Il y a eu des pays leaders comme la Jamaïque, qui a créé la commission sur les réparations et qui a fédéré tous les États caribéens autour de cette demande en déterminant dix points principaux qui étaient nécessaires pour le développement de ces anciennes colonies esclavagistes, rappelle encore l’historienne. Mais du côté africain, cela n’a jamais été posé de façon aussi rigoureuse et tranchée. »

Par RFI

©️ Via cridem – https://cridem.org/C_Info.php?article=758375

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● OLAN : lettre ouverte adressée au Président de la République Islamique de Mauritanie



Monsieur le Président de la République, par cette missive, nous, Organisation pour l’Officialisation des Langues Nationales (OLAN), attirons votre attention sur l’extrême gravité de certains aspects de la loi d’orientation de l’éducation nationale.

L’aspect fondamental de cette loi concerne la gestion du patrimoine culturel et linguistique du pays. Il est inutile de rappeler qu’il s’agit là d’un point extrêmement sensible. Il n’est nul besoin non plus d’exposer dans les détails ce que furent les conséquences de son traitement inégalitaire opté par notre pays depuis son indépendance.

Or il n’y a rien de plus naturel pour un pays à la croisée des cultures d’assumer sa diversité, d’officialiser cette dernière en adoptant un régime de politique linguistique égalitaire (comme c’est le cas dans beaucoup de pays du monde ayant une configuration linguistique similaire à la nôtre : citons par exemple la Suisse, la Belgique, le Luxembourg) afin de tirer des bénéfices humains et économiques dont regorge un multilinguisme institutionnalisé.

D’un autre côté, l’unilinguisme forcé dans un pays multilingue de base a toujours mené à des conflits, à l’oppression culturelle et physique sur des franges de sa population. Il relève d’un fait évident que la démarche de notre État vis-à-vis de cette question s’aligne sur le choix d’un unilinguisme forcé sur une population diverse comprenant des masses humaines parlant des langues différentes et dont l’évolution démographique en fait des groupes culturels non réductibles.

Ainsi le rapport de masse observable entre les communautés sociolinguistiques du pays ne permet aucune réduction à une prétendue langue de ciment. Voilà ce qui explique que toutes les tentatives de l’arabisation du pays ont rencontré de fortes résistances depuis soixante ans. Tout au long de ces tentatives, tantôt constitutionnelles tantôt réformatrices du système éducatif, ont peu à peu transféré cette question, pourtant à vocation fondatrice d’un choix de nation, sur les bancs de l’école. C’est dans ce contexte qu’elle revint en puissance lors des débats houleux autour de la loi d’orientation de l’éducation nationale.

Depuis la sortie de la note de présentation du projet de loi en mars dernier, jusqu’au vote du projet de loi, OLAN s’est dressée contre le projet de loi en pointant particulièrement l’article 65 et l’annexe. Cet article 65 est en effet décliné de façon qu’il y ait des contradictions internes entre le traitement réservé à l’arabe et celui réservé aux langues pulaar, sooninke et wolof.

Nous y avons aussi décelé un traitement inégalitaire entre l’arabe et ces langues au niveau du choix de la deuxième langue. Pour ce qui concerne l’annexe, nos principales protestations concernent la clause sur l’expérimentation et l’évaluation comme passage obligé afin de faire passer les dispositions de l’article 65 concernant le pulaar, sooninke et wolof. Nous ne comprenons pas pourquoi imposer une telle condition sur un droit légitime.

Nous y voyons aussi un autre traitement inégalitaire au moment où l’arabe est déjà une base d’un système qui échoue chaque année mais qu’aucune évaluation n’est encore demandée le concernant.

Malgré nos protestations pacifiques à travers des communiqués et des sit-in dont celui du 25 juillet, jour de vote du projet de loi à l’assemblée nationale, a été réprimé par les forces de l’ordre devant et dans l’enceinte de l’assemblée nationale, la loi est maintenant passée sans tenir compte des amendements que nous avions proposé.

Nous vous rappelons que cette loi, sous sa forme actuelle, va produire un grand déséquilibre entre les communautés sociolinguistiques du pays. Il n’est pas difficile de prévoir que dans le moyen et le long terme, un tel déséquilibre conduira à l’aliénation culturelle des communautés non arabes du pays.

Compte tenu de ce danger et de l’intérêt à bâtir une nation unie dans sa diversité, OLAN vous demande :

– De surseoir à la promulgation de la loi et de considérer tous les moyens de corriger ses faiblesses.

– D’officialiser toutes les langues nationales à savoir le pulaar, sooninke et wolof.

Considérant votre engagement à servir l’intérêt suprême de la nation, nous comptons sur votre sagesse pour bâtir la nation plurielle mauritanienne.

Nouakchott, le 03 Août 2022

✓La communication du Collectif pour la Défense des Militaires sur l’assassinat criminel de Madame Diogou Sibibe à Lany Mody

COMMUNIQUE DE CONDAMNATION DU CDM SUITE À L’ASSASSINAT INHUMAIN DE Mme DIOGOU SIDIBE DANS LA RÉGION DE KAYES :

Le Collectif pour la Défense des Militaires en abrégé CDM a appris avec grande tristesse l’assassinat lâche et inhumain de Mme Diogou Sidibé survenu le samedi 30 juillet à Lany Mody.

L’établissement des faits indique la piste d’exactions graves en lien avec la pratique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes en particulier dans le village de Lany Mody, commune de Sony, cercle de Kayes.

Le CDM s’incline devant la mémoire de cette énième victime de ces pratiques attentatoires à la dignité humaine, prie pour le repos de son âme ainsi que celle de toutes les victimes de la crise multidimensionnelle que notre pays traverse.

Le CDM se fondant notamment sur la constitution du 25 Février 1992, la Charte de la Transition du 01 Octobre 2020, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 Décembre 1948, la convention relative à l’esclavage du 25 Septembre 1926, le Pacte international relatif aux Droits Civils et politiques du 16 Décembre 1966, Condamne avec la dernière énergie ce crime crapuleux, lâche, inhumain et rappelle que » Tous les Maliens Naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs.
Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée comme précisé dans l’article 2 de la constitution du 25 Février 1992, précise en même temps que l’atteinte au droit à la vie en lien avec l’esclavage peut être considéré comme un crime contre l’humanité au sens des engagements internationaux auxquels notre pays est partie ».

Le CDM dénonce les violences perpétrées contre des personnes en raison de leur soi- disant Zscendance ou Statut » d’Esclave ».

Le CDM compte sur la justice libre et indépendante du Mali pour poursuivre et traduire en Justice les Auteurs, Co- Auteurs et complices de cette atteinte au droit à la vie, invite le Gouvernement à tout entreprendre pour mettre fin à la pratique ignoble, humiliante et dégradante de l’esclavage par ascendance dans notre pays.

Le CDM appelle les Populations concernées à la retenue face à tout acte de Violence ou de revanche en oeuvrant pour la Paix, la Cohésion et l’Inclusion Sociale.

Ensemble nous Pouvons et Ensemble nous gagnerons le pari de la stabilité sociale de notre très chère Patrie.

Bamako, le 02-08-2022

CELLULE DE COMMUNICATION

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