L’association Armepes-France faisant partie de 14 entités et organisations qui composent la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (CCES créée en Mai 2021), a été représentée à une conférence d’échanges et de témoignages à Fontenay-sous-bois (Val-de-Marne en région parisienne) par une équipe de son BE. Organisée par la coordination CCES et l’association UnPassé Trop Présent basée dans cette ville. Sous la thématique « L’esclavage en Afrique de l’ouest, du village à l’Europe », différents intervenants ont pu largement abordé des problématiques liées aux séquelles tenaces et virulentes de l’esclavage intra-africain. Notamment dans les communautés soninkés d’Afrique de l’ouest et les diasporas, l’éveil antiesclavagiste et abolitionniste contre l’esclavage par ascendance, fait face à des rudes résistances de milieux défenseurs des coutumes esclavagistes et féodales qui bénéficient des complicités au sein de nos services étatiques. Ainsi les membres de notre bureau exécutif présents sont, le président GayeTRAORÉ, le vice-président SambaFOFANA et le secrétaire général Aboulaye TRAORÉ, et également d’autres membres militants étaient sur place. Autour d’autres responsables de la CCES, les éléments d’Armepes-France ont témoigné et exposé la situation qui prévaut concernant la lutte contre cet esclavage par ascendance du côté Mauritanien au sein de la communauté soninké particulièrement.
22 mai 2022
👇🏿À suivre quelques éléments médias autour ce rendez-vous de Fontenay-sous-bois :
La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) avec l’accompagnement de son partenaire stratégique, Avocats Sans Frontière Canada (ASFC), dans le cadre du projet « Soutenir la lutte contre l’impunité au Mali » a procédé à la publication du rapport de l’étude sur les besoins et attentes des victimes de l’esclavage dans la région de Kayes, où a lieu cette pratique digne d’une autre époque. La cérémonie de présentation de ce rapport a eu lieu le 20 mai 2022 à l’Hôtel MAEVA. Elle était présidée par le Représentant du Ministre de la justice et des droits de l’Homme garde des sceaux M. Cheick Tidiane Traoré. Ce dernier était accompagné du Président de la CNDH, M. Aguibou BOUARE, du Chef des projets d’Avocats sans Frontière Canada, M. Abdoulaye DOUCOURÉ et du Représentant du Ministre de la réconciliation , de la paix et de la Cohésion Nationale M. COULIBALY. Plusieurs organisations de défense des droits humains, notamment les membres de la Coalition Nationale de Lutte contre l’Esclavage au Mali, de la société civile, des partenaires techniques et financiers de la CNDH ont également pris part à cette activité.
Le Représentant du Ministre de la justice et des Droits de l’homme garde des sceaux a souligné dans son allocution que l’esclavage est une pratique inhumaine d’un autre âge qui ne peut prospérer au Mali. C’est pourquoi le Ministère de la justice et des Droits de l’Homme ne ménagera aucun effort pour instruire les procureurs de la République et autres poursuivants à accorder la plus haute importance aux dossiers d’esclavage afin de l’éradiquer totalement dans toutes ses manifestations sur l’ensemble du territoire national.
Le Président de la CNDH dans son discours a appelé à agir en synergie contre la pratique en ces termes : « Nous devons agir de concert afin de faire cesser de telles pratiques dignes d’une autre époque qui n’honore pas notre pays qui, faut-il le rappeler, dès 1222 interdisait l’esclavage avec la charte des Chasseurs du Mandé, bien avant la Charte de KURUKAN FUGA de 1236 ».
Le Coordonnateur des projets d’Avocats Sans Frontière Canada, M. Abdoulaye DOUCOURE a souligné que: « les diverses manifestations de l’esclavage par ascendance constituent de graves violations des droits humains au regard des articles 1er , 2 et 3 de la constitution malienne qui consacrent respectivement la sacralité de la personne humaine, interdisent toute discrimination basée sur l’origine sociale, et les sévices ou traitements inhumains, cruels, dégradants ou humiliants ».
Le cabinet CEDA qui a réalisé l’étude a présenté un rapport de 89 pages qui traite de la problématique de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes dans plusieurs aspects. Cette présentation du rapport a suscité beaucoup de réactions dans la salle surtout du côté de la société civile. Des réponses ont été apportées aux préoccupations.
Il faut noter qu’en fin 2017 début 2018, un éveil de conscience conduit des citoyens considérés comme esclaves, par d’autres citoyens supposés être leurs maîtres, à se révolter contre leur statut. Les premiers ont donc entrepris de se soulever contre leurs conditions alors que les seconds tentaient tout pour maintenir le statu quo né de la pratique de l’esclavage par ascendance dans la Région de Kayes. La radicalisation des positions ne pouvait que conduire à des violences constitutives d’atteintes souvent graves aux droits de l’Homme, entrainant des déplacements forcés, des traitements cruels inhumains ou dégradants, des coups et blessures, des injures etc.
Face à cette atteinte intolérable à leur dignité, les victimes ont entrepris des actions sur le plan judiciaire, très souvent sans succès. La CNDH a très vite estimé que les réponses apportées par l’Etat du Mali restaient insuffisantes, car laissant les victimes dans une situation de vulnérabilité infra minimale. L’institution nationale en charge des droits de l’Homme ne disposait pas de données fiables permettant de quantifier le nombre de victimes ou faire un état des procédures judiciaires entamées par les organisations de la société civile, les victimes, et leurs représentants légaux. De même, la CNDH ne disposait d’aucune donnée sur les besoins et attentes des victimes en termes de réparation et/ou de justice.
C’est pourquoi, avec l’accompagnement de son partenaire privilégié, Avocats Sans Frontière Canada (ASFC), la CNDH, dans le cadre du projet « Soutenir la lutte contre l’impunité au Mali », a confié à un Cabinet Spécialisé une étude sur les Besoins et Attentes des victimes de l’esclavage par ascendance dans la Région de Kayes. Le consultant a mené durant plusieurs mois une enquête sur les besoins et attentes des victimes de l’esclavage dans les différents cercles de la Région Administrative de Kayes.
Il s’agissait de porter à la connaissance du grand public les résultats de cette œuvre noble.
La fédération sénégalaise de football a donné « une leçon de morale » au conseil national de l’étique de la fédération française de football. C’est le moins que l’on puisse dire après la sortie ratée de ce conseil national de l’étique, qui, sous la menace, a enjoint Idrissa Gana Gueye d’arborer le maillot en guise d’excuses ou à défaut, il serait à l’origine d’une faute grave.
C’est avec une grande surprise (et une grande inquiétude sur le traitement de certains joueurs essentiellement d’origine africaine, disons le clairement) que la Fédération Sénégalaise de Football a pris connaissance de la lettre du 17 mai 2022 portant en-tête de la FFF(Fédération Française de Football) et censée venir de son Conseil National de l’Ethique.
S’il est difficile de trouver les bases légales, statutaires ou réglementaires d’une telle démarche dans les textes du Football ou du sport en général , sa finalité est par contre claire : contraindre le joueur à faire ce que son libre arbitre ne l’incline à faire.
Est-on vraiment dans cette France que l’on nous avait contée et racontée dans nos écoles, celle qui a comme devise la liberté, la fraternité et de l’égalité pour tous ?
Comment une instance qui prétend promouvoir l’éthique dans le Football peut se fonder sur des supputations pour s’adresser à une personne pour lui enjoindre de s’exprimer et pire encore de s’afficher avec le maillot aux couleurs LGBTQI+ pour mettre fin aux dites supputations ?
Cela ne rappelle-t-il pas ces pratiques d’un autre temps dans les salles de classes des écoles où pour punir l’élève « insoumis », le maître ou le professeur le mettait au supplice de l’humiliation devant ses autres camarades de classe pour la sanction comme pour l’exemple ?
Il est un principe élémentaire en droit qui dit que nul ne peut être tenu à apporter la preuve d’un fait négatif. Pourquoi le dit Conseil national d’éthique n’a-t-il pas commencé par demander aux médias français qui ont porté l’accusation d’apporter la preuve de leurs allégations ? Mieux, pourquoi ne s’est-elle pas adressée au club du joueur qui a communiqué sur les raisons de la non participation d’Idrissa Gana Guéye au match de la polémique ?
La tournure de la correspondance est d’autant plus inquiétante en ce qui concerne le respect des droits élémentaires du joueur Idrissa Gana Guéye qu’on y lit cette phrase qui sonne comme une sentence comminatoire sans jugement préalable : « en ne participant pas à cette opération, vous validez le comportement discriminatoire, le refus de l’autre et pas seulement de la communauté LGBTQI+.»
La suite est sans commentaire car elle traduit en elle-même toute la dimension des préjugés de l’auteur de cette lettre éthique : « Nous devons tous nous sentir concernés par toutes les discriminations et pas seulement celles qui nous touchent personnellement. »
Manifestement et inconsciemment, au moment d’écrire sa lettre, le sieur Patrick Anton n’a pas pu s’empêcher de mettre en lien la situation qu’il décrit ou déplore avec la couleur (ou la religion) de Mr Idrissa Gana Guéye.
Ce faisant, s’est-il rendu compte qu’il est en train de stigmatiser le dit joueur en le classant d’emblée et sans son avis dans la catégorie des personnes discriminées ?
Ainsi se présente toute la problématique des libertés de nos jours, elles ne sont plus universelles : il ya celles que l’ont promeut voire impose, même au forceps s’il le faut, d’autres pour lesquels on détourne la tête et qui ne bénéficieront jamais d’une journée de championnat dédiée malheureusement.
S’il ya quelqu’un qui doit clarifier sa situation ou faire amende honorable, ce n’est point Idrissa Gana Guéye mais bien Mr Patrice Anton du Conseil National d’éthique de la FFF qui non content de chercher de la fumée là il n ya point de feu est pris en flagrant délit de menaces voilées et de propos discriminatoires à l’encontre d’un joueur professionnel dont le seul tort est de ne pas avoir joué un match de championnat, ce qui au demeurant jusqu’à plus ample informer est un fait courant et ne concerne que les relations entre ce dernier et son club employeur.
La Fédération Sénégalaise de Football se voit obligée dans de telles circonstances et sans préjudicier en aucune manière aux règles qui régissent le Football dans une association sœur, d’exprimer toute sa solidarité au Joueur Idrissa Gana Guéye, membre de l’équipe nationale du Sénégal et dont elle peut témoigner des qualités humaines exceptionnelles et de son sens poussé du respect de l’autre sans concession sur le respect qu’on lui doit lui-même en tant personne jouissant d’une totale liberté de conscience. Elle se réserve également le droit de saisir les instances internationales compétentes dans le domaine du sport ou en matière de droits de l’homme pour que ce qui ressemble à un harcèlement institutionnalisé cesse.
Ce sont ces mêmes coutumes qui perpétuent une discrimination endogamique face à l’accès aux terres par endroits dans nos villages, des terres communautaires aménagées collectivement depuis des siècles pour certaines . A mon entendement c’est cette discrimination interne face à l’accès à la terre dans nos entités villageoises respectives qui explique la réaction tiède au niveau de la population concernée face à cette expropriation abusive et opaque que mène les autorités mauritaniennes dans la vallée . Et toute injustice est à dénoncer sans ambiguité , toute injustice me répugne au plus haut point à titre personnel , pas de graduation dans la défense des droits , des devoirs et de la dignité humaine ! Je suis prêt à y laisser ma vie même pour défendre ce qui ne m’apprécie ou n’apprécie pas mon combat pour la fin l’esclavage par ascendance . Mais l’élément évident est ce manque de réaction digne de ce nom face aux retraits de terres dans la région de la vallée , cette faible réaction ou absence de réaction mérite une analyse sincère dépouillée de toute passion et inquisition . Des fois il est bon de comprendre ce qui nous arrive avec objectivité pour la bonne plaidoirie .Au sein de nos villages l’accès à la terre a été conflictuel entre membres de même communauté villageoise et l’enjeu que je souhaite mettre en exergue se situe au niveau de ce paradigme-là : l’absence de ce sentiment que les terres de nos entités villageoises et communautaires nous appartiennent tous , qui se justifie hélas dans les faits d’ailleurs .Pour ceux de la région du Guidimakha , on a en mémoire le litige de Kholle Mukke qui a fait objet de beaucoup d’articles de presse ainsi que de Niordel où on a frôlé la tragédie : lire article parue Cridem.org en date du 02-01-2014 19:15 – qui a pour titre :Agression à Kollé Mukké de Diaguily et échanges de coups de feu à Niorodel. Depuis 2016 avec l’avènement du mouvement de Ganbanaaxu qui milite pour l’égalité pour tous en dignité , droits et devoirs le problème d’accès à la terre est devenu de plus en plus conflictuel et tragique .Nous avons tous vu la vidéo d’un des membres de la communauté de Ganbanaaxu de DAFORT en la personne de Samba Moussa Koné tabassée et ligotée le 31 Juillet 2021 comme une bête de somme suite à un fait d’esclavage foncier : https://cridem.org/C_Info.php?article=747569 ; des exemples ne manquent dans d’autres villages du Gorgol , de TRARZA … En ce qui concerne l’agression de Samba Moussa Koné , une manifestation a été organisée devant la présidence le 28 Juillet 2021 pour alerter les autorités des risques d’affrontements imminents à l’approche de l’hivernage mais en vain et c’est ce qui nous amène à dire que l’administration est pro-féodale au Guidimakha. Tous ces exemples cités ne justifient en rien cette opération coup de poing de la part de l’Etat et ses complices pour faire main basse sur les terres de la vallée , ces terres sont à la fois notre racine et notre identité . Cette réalité interne des communautés de la vallée dont le Guidimakha qui n’est qu’un exemple parmi tant d’autres met cependant la loupe sur notre handicap à faire fasse à des enjeux extérieurs de nos communautés ici l’expropriation des terres de la vallée pour être précis . Puisque déjà d’injustice et discriminée face à l’accès à la terre en temps ordinaire et de façon humiliante comment expliquer à la couche d’extraction servile qu’elle est concernée par cette expropriation ? Puisqu’on lui répète et prouve qu’il n’a pas droit d’accès à cette terre sensée être la chose commune ? Comment être concernée par la défense commune de ces terres de la vallée si on retire des terres des personnes justes pour leurs opinions et militantisme .Dans les villages du Guidimakha beaucoup familles de la communauté Ganbanaaxu ont été victimes de retraits de terres ; il arrive quand j’utilise le mot expropriation certains de mes détracteurs avancent que ces terres étaient juste en prêt .Soit ! Mais ces terres sont retirés à ces personnes juste pour avoir afficher leur volonté d’émancipation , pour leur refus des assignations coutumières qui les violentent psychologiquement et physiquement. Il arrive qu’au grès d’un différend vous êtes frappés d’une privation de jouissance de ces terres de la part de la féodalité locale avec l’appui de son bras administratif surtout si vous êtes d’extraction servile là c’est une autre paire de manche. Ainsi comment se sentir concerné par cet enjeu de retrait et recel de terres dans la vallée ,encore une fois ? Combien de millions d’Ouguiya ont été dépensés dans la région du Guidimakha par des personnes d’extraction servile pour garder leurs terres ? Et comment dire à ces personnes que défendre ces terres est une affaire commune au-delà de nos clivages , de nos différends ? Voilà des faits qui parasitent notre plaidoirie à l’unisson et nous affaiblissent là où nous devrions être forts et sans concession face à l’Etat! On dissimule les titres collectif de ces terres communautaires pour en faire des trophées familiales ou claniques , pourtant ces terres ont été mise en valeur collectivement des fois exclusivement par cette même couche d’extraction servile au risque de me répéter . Et aujourd’hui c’est une aberration de constater que des descendants de ces mêmes familles ayant aménagées des hectares de bas-fonds et des terres en hauteur sont privés de périmètres exploitables jusque parce que refusant leur assignation d’extraction servile . Et cette couche d’extraction servile n’a pas droit à la terre selon la coutume-surement il y a des nuances dans le schéma présenté en fonction des aires géographiques car toute extraction nobiliaire n’est propriétaire terrien -surtout si ces derniers refusent cette dite assignation , ils sont alors considérés comme des parias . Ma réflexion ne tente pas de justifier l’arbitraire des retraits des terres de la vallée car arbitraire il y en a même au niveau de l’application des lois de la dernière réforme foncière : « ordonnance nº 83-127 portant réorganisation foncière et domaniale » car la tenure traditionnelle de la terre est en vigueur dans l’ensemble hassanophone si ça pourrait faire plaisir à certains mais mon propos est une volonté d’expliquer en partie la réaction froide face à l’expropriation des terres qui se passe sous nos yeux comme tétanisés .Là où se mélangent la colère , le ridicule et notre incohérence c’est qu’on est prompt et puissant à priver un de notre parce que de caste inférieure ou d’extraction servile des terres du village ou de la communauté qu’il a toujours exploité , de lui faire un chantage foncier , de lui faire subir un esclavage foncier alors que face à l’Etat on est tous impuissants et nos cris inaudibles , il y a nécessité de nous réformer pour faire face aux enjeux extérieurs et c’est le vœux pieux de Ganbanaaxu .Nos communautés tant qu’elles ne cultivent pas en leur sein de la justice sociale nous manquerons beaucoup de rendez-vous qui impliqueraient notre survie et notre avenir dans nos provinces de la vallée car sans terre , c’est l’exode .Et à travers l’exode un peuple perd une partie de son âme, de son tréfonds , de sa vitalité ! Vous avons tous vu que là nous devrions crier à l’unisson notre indignation face au problème foncier dans la vallée , il y a une quasi absence de réactions et ayons le courage de dire que nous sommes en partie vecteurs de cette indignation sélective . Si les terres de la communauté villageoise appartiennent à quelques familles de la féodalité locale , devenant un trophée familial et un outil de domination ben l’instinct grégaire d’antan se dissipe en fonction des conflits et querelles voire des humiliations liés au litige foncier local , et la paix sociale dans tout ça ? .Je vous prie de m’excuser de cette fausse note ou de cet anachronisme mais accepter sa propre réalité amère nous aide à faire la bonne plaidoirie .
• Quelques questions autour de « l’affaire Guèye ».
La première, prosaïque, est de savoir quel eut été le sort du footballeur s’il évoluait dans un club autre que «qatari» et incidemment que dit la loi qatarie de l’homosexualité et comment se positionnent les propriétaires qataris du PSG par rapport à la loi de leur pays sur le sujet? S’en affranchissent-ils dans la gestion de leur club? Plus généralement, où commence et comment définir l’homophobie? Ne pas s’associer à une manifestation de «soutien» aux homosexuels est-il en soi une marque d’homophobie? S’agissant d’Idrissa Guèye, pourquoi la clause de conscience invoquée découlant de ses convictions religieuses devrait-elle être disqualifiée? Comment départager deux principes concurrents et pourquoi en déclarer un prépondérant? Par extrapolation, est-on par exemple nécessairement raciste pour n’avoir pas pris part à une manifestation antiraciste? Pourquoi certains sportifs ont-ils été autorisés à invoquer le droit (voire le devoir) de ne pas adopter le kneeling ? Avec quelquefois les encouragement de certaines autorités à l’image de Mme Priti Patel renvoyant le kneeling à « l’idéologie woke? Question corrélative: n’appartenait-il pas aux mouvements antiracistes eux-mêmes de définir les formes et modalités de leur protestation? Circonscrit, le débat pourrait évidemment déborder le champ du football pour un cadre et des thématiques plus vastes du genre la différence entre universel et universalisme chère à Souleymane Bachir Diagne par exemple. Ou la distinction entre orientation sexuelle des individus et reconnaissance d’un statut au sein de l’espace public ou encore les tensions entre liberté individuelle et discipline de groupe. Pour conclure, il est possible qu’au-delà du courage (incontestable) du footballeur sénégalais et de la force de son argument, son attitude génère un précédent.
J’entends autour de moi, certains soutenir avec certitude que le mouvement Ganbanaxu est mal inspiré en posant un problème qui n’existe pas au Guidimakha ou encore, on ne sait pas ce que veut ce mouvement.
Je suis tenté de dire que tous les problèmes de l’humanité résultent du fait que chacun juge l’autre sans se mettre dans sa peau pour le comprendre. Il est de la nature humaine de ceux à qui dieu a voulu leur offrir une once de son pouvoir – un pouvoir fragile, éphémère et contestable, d’ignorer les récriminations, les protestations et les revendications de l’autre, par la banalisation, la diabolisation ou même en niant en bloc les motifs de sa grogne, par ce que jugé hâtivement et à tort .
Dès lors, la sagesse voudrait qu’on accepte de se prêter au jeu de rôle pour comprendre l’autre avant de le juger. Cela contribuera sans doute à la réduction des conflits, en créant une atmosphère moins conflictuelle et plus saine .
En Mauritanie, par exemple où l’on cherche désespérément, depuis des décennies une panacée pour venir à bout de l’unité nationale, ce jeu de rôle, peut ainsi aider à la consolidation de la cohésion nationale fragilisée par la poussée de l’extrémisme de tous bords.
Chacun cherche ce qu’il n’a pas
Le blanc vient se bronzer sous le soleil Africain pour avoir la peau mate . Les Africains se depigmentent la peau pour ressembler au blanc. Certains sont apatrides et cherchent vaille que vaille, une patrie quelle qu’elle soit alors que d’autres veulent renoncer à leur nationalité pour multiples raisons.
Les contradictions ne manquent pas. Chacun à ses raisons qui lui sont propres. La France, c’est la merde pour certains. Pendant ce temps les plages de la méditerranée deviennent des tombeaux à ciel ouvert , pour de nombreuses personnes qui ne rêvent que de l’Europe et de l’hexagone : un Eldorado pour elles. Si la hantise de certains est d’accéder à la noblesse, la noblesse est sans intérêt pour d’autres qui y sont parvenus sans formalités. Chacun d’entre nous est tiraillé par une obsession, elle n’est jamais fortuite et fantaisiste. Elle est l’expression d’un manque et d’un désir de satisfaction souvent de quelque chose que la société nous refuse. Pour d’aucuns, ce complexe est ailleurs : retrouver une famille, être reconnu et accepté ou avoir une légitimité paternelle, juste un nom de famille, sans doute un superflu pour d’autres.
Voyez-vous ! Les exemples ne manquent pas, nos préoccupations ne sont pas les mêmes.
Dès lors, vous comprendrez jusqu’à quel point nos priorités et préoccupations sont différentes. A chaque fois qu’on franchit un stade, on est animé par d’autres ambitions, c’est la nature humaine. Certains ont la chance d’être en bonne santé mais se plaignent de la pauvreté, ils vont jusqu’à souhaiter abréger leur vie alors que certains richissimes, sont cloués sur un lit d’hôpital attendant désespérément. Ceux-là préférent dans ces conditions être à la place du pauvre : indigent mais dans la plénitude de la santé. Le souci du mouvement Ganbanaxu, c’est de combattre l’esclavage et dérivés en permettant ainsi à tout le monde d’accéder au statut enviable et respecté, synonyme de privilégies en milieu Soninké : la noblesse. Pas plus !
Une ambiguïté ressort des propos de certaines personnes qui s’interrogent sur le bien-fondé du combat qui est celui de Ganbanané allant jusqu au point de nier en bloc l’existence de l’esclavage coutumier au Guidimakha, sous quelques formes que ce soit. La pratique serait disparue selon elles, ce qui relève d’une cécité volontaire les empêchant de voire les chaînes invisibles mais trop visibles, qui sont dans les mots, dans le rapport avec les autres, avec la terre et avec « la chose communautaire « . Pour ces derniers, le mouvement d’émancipation s’attaque aux traditions, us et coutumes ; en menaçant le patrimoine et la mémoire de la société voire son existence.
Or, ces traditions, dans certaines de leurs manifestations réduisent certains groupes sociaux au rang de complément, si elles ne les stigmatisent pas , en les présentant comme des bouffons, des courtisans, bons pour faire rire la galerie et maintenus dans un carcan social sans perspectives de sagesse et de respectabilités réelles.
Cette analyse ne passe pas chez ceux qui ont hérité de la noblesse et ceux qui trouvent leurs compte dans cette stratification sociale. C’est un jeu d’intérêts. Ils crient au scandale et au complot.
Mais pour comprendre, la posture de l’autre qui veut être rebaptisé à travers un pacte social plus solidaire et plus égalitaire dans une communauté où les tous membres sont logés dans la même enseigne, il faut un surpassement de soi. Pour cela, il faut accepter de changer de place, de se prêter au fameux jeu de rôle, ne ce serait qu’en portant un « nom d’esclave » pendant une journée, puisque formellement, il n’y a rien qui vous différencie. Et vous comprendrez les souffrances de l’autre. Cette permutation de statuts et de rôle social, qui semble anecdotique, si elle est faite de manière sincère est une invitation à la découverte.
Cet esprit de discernement et de prise de hauteur qui manque à la plupart d’entre nous est un rempart contre l’infamie. La crise actuelle de nos sociétés est celle de l’aveuglement volontaire, sur fond de silence coupable consistant à tout ramener à soi, dans un élan d’égoïsme sans précédent. Le premier acte de la paix se construit dans la capacité à écouter l’autre, en ne l’intégrant pas dans votre propre définition mais en lui laissant lui-même, le soins de se définir et de se présenter tel qu’il veut être ou paraître.
Le Maure réclame son arabité mais pour quoi, voulez-vous qu’il soit autre chose alors qu’il n’en veut point. Vouloir toujours, ramener l’individu à ses origines, à une histoire, à un passé dévalorisant et peu reluisant, somme toute des souvenirs qui rappellent échecs et humiliations, ne participe pas à la construction de la paix et du vivre-ensemble .
« Je veux être toi » parce que tu es l’échelle des valeurs, tu es la référence sociale, tu es le sommet de la pyramide. Je dois avoir tes encouragements parce que je t’honore et je t’augmente. Mais, la réponse est pour le moins cruelle et étonnante. Comment peut-on expliquer le refus de l’autre, celui qui aime dire » nous sommes des frères, nos sommes égaux » . Tu restes » toi et moi, je reste moi. » C’est un rejet insultant d’une partie de soi, cela ne contribue point au rapprochement et à l’entente.
« Nous sommes des frères » ça ne semble plus convaincre personne. Cela relève n’est-ce pas d’une construction fictive au mieux utopique et d’une stratégie de diversion. « Je veux être toi », n’est nullement ta négation, au contraire c’est une duplication de ton image, de toi pour une communauté plus fraternelle et même fusionnelle.
Une société plus juste et égalitaire, c’est le combat du mouvement Ganbanaxu, qui peut se tromper dans la mise en œuvre de son projet . En effet, aucune œuvre humaine n’est parfaite .
Cependant, la justesse et la pertinence de son désir, d’œuvrer pour l’émancipation des « groupes damnés » dans la société Soninké est une idée plus noble que n’est la noblesse, elle-même qui se barricade derrière des theories suprémacistes, en fermant ses portes devant ses propres frères. Or, la noblesse est pour nous, avant tout hospitalité, grandeur, honneur , bienveillance dans la mesure où elle veut promouvoir l’humanité vers l’excellence.
Mauritanie : du deux poids, deux mesures à l’instigation de la discorde
• Note d’alerte
17 mai 2022
1. Depuis une semaine, une vidéo circule sur les réseaux sociaux où un sieur Khattri Ould Djé, réclame l’emprisonnement du député Biram Dah Abeid et de monsieur Samba Thiam, leader des Forces progressistes du changement (Fpc), ex- Forces de libération africaines de Mauritanie (Flam). La séquence, très provocatrice, suscite l’indignation dans les milieux défavorisés, en particulier les descendants d’esclaves noirs, d’origine subsaharienne. Beaucoup de jeunes issus de ce terreau réagissent mal au discours car l’auteur y humilie la communauté des Hratine, qu’il prétend soigner, nourrir et préserver du règlement de la Diya, la compensation légale de l’homicide.
2. C’est dans ce contexte de libération de la parole réactionnaire, que Mohamed Yislem, né en 1985 à Rosso, réagira aux déclarations du susdit, non sans en démentir les allégations, arguments, accusations et incitations à la violence de caste. Le samedi 14 mai 2022, à 10 h, Mohamed Yislim est capturé par des policiers du commissariat de Elmina 3 (commune populaire de la capitale), en uniforme. Il y reste 24 heures, avant le transfert vers un lieu non identifié, selon son père qui le cherchait, partout.
3. Le dimanche 15 mai, le détenu, sur injonction des ravisseurs, appelle son géniteur et l’informe de sa présence au commissariat de police 1 de Tevragh Zeina (commune résidentielle de Nouakchott) ; il demande, aux siens, de lui apporter son téléphone (sous réquisition des Renseignements) et des vêtements de rechange. D’emblée, les agents de faction refusent la rencontre des deux puis se ravisent et décident d’assister à l’entrevue. Quand le père revient porteur de la nourriture au fils, ses interlocuteurs refusent de réceptionner le repas.
4. Mohamed Yislim, rejeton de famille servile croupit en prison, à cause de ses idées et rêves d’émancipation tandis que son contradicteur, fils de famille féodale, reste à l’abri des poursuites, malgré la virulence de ses mots. En Mauritanie, il semble que la définition de l’extrémisme et de l’appel à la haine n’inclut que les propos imputables aux cadets sociaux. Le reste de la population se considère à l’abri et au-dessus des lois contre la discrimination et la stigmatisation. D’ici-peu, si la tendance se confirme, la contestation de l’esclavage et du racisme deviendrait un délit, en soi.
5. Face au regain de tension, entretenu de l’intérieur des factions suprématistes du pouvoir, l’apaisement et l’ouverture prônées par le Président de la République depuis l’alternance de 2019, se trouvent désormais en situation de péril. La cohésion du pays ne cesse de se dégrader, alors que l’insécurité et l’instabilité régionales mettent en danger, nos citoyens, y compris aux frontières nord et est. Tant d’amateurisme des politiques publiques, de faux diplômes, de nominations complaisantes et d’attributions de marchés à des notables sans assise saine, ont nourri et entretenu l’arrogance de la médiocratie installée au cœur de l’Etat. Pour durer, s’enraciner et même prétendre à quelque utilité, la classe redoutée des dirigeants de la Mauritanie, sous l’injonction des moyens-passables-incompétents, a besoin d’attiser les tensions, sur la base de l’identité. Ainsi, prend-elle en otage le sommet de l’administration, ses échelons subalternes et une fraction conséquente de l’opinion. Il n’est pas exclu que les forces obscures préparent une déstabilisation à grande échelle, d’où la présente alerte, à l’attention du Président de la République et de ses proches collaborateurs. La mise en garde s’adresse, également, à l’ensemble des députés et aux organisations de la société civile.
••CONFORMÉMENT À LA NOUVELLE CHARTE DE LA TRANSITION QUI APPROUVE L’AUGMENTATION DU NOMBRE DES MEMBRES DU CNT DE 121 À 147, LA COORDINATION CONTRE L’ESCLAVAGE ET SES SÉQUELLES (C.C.E.S) A MANIFESTÉ SA VOLONTÉ D’AVOIR UN SIÈGE AU SEIN DE LA NOUVELLE CONFIGURATION DE L’ORGANE L’LÉGISLATIF DE LA TRANSITION. DANS UNE CORRESPONDANCE ADRESSÉE AU PRÉSIDENT DE LA TRANSITION, LE COLONEL ASSIMI GOÏTA, LA C.C.E.S A SOLLICITÉ LA NOMINATION DE MR BOUBACAR N’DJIM COMME SON REPRÉSENTANT VALABLE AU CNT.
Composée de plusieurs organisations africaines et panafricaines qui ont pour but essentiel d’éradiquer l’Esclavage et ses pratiques assimilées partout en Afrique, la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles (C.C.E.S) a émis son souhait d’avoir un représentant au sein de la nouvelle recomposition du Conseil National de Transition (CNT), l’organe législatif de la transition. L’objectif selon ce collectif, c’est d’avoir un créneau de plus, une autre voix qui porte pour défendre mieux l’égalité de tous les êtres humains au Mali. En effet, l’organisation a tenu à rappeler que ces dernières années, « l’Esclavage par ascendance dans la région de Kayes a pris une autre tournure qui a mis dans l’eau tous les efforts de l’Etat malien depuis l’indépendance, les forts des organisations de défense des droits de l’homme tant nationale qu’internationale, ainsi que les efforts des experts des droits de l’homme des Nations Unies pour le Mali ». Tout en se réjouissant de la présence au CNT du Président de Temedt qui est aussi une organisation qui lutte contre l’esclavage au Mali, la C.C.E.S a sollicité, dans une correspondance, le président de la transition, le colonel Assimi Goïta de nommé Mr N’Djim Boubacar comme son représentant au sein de l’organe législatif de la Transition. « Dans le souci d’accentuer nos actions de communication, de sensibilisation et de plaidoyer au Mali, nos organisations de défense des droits de l’homme qui sont mobilisées dans la lutte contre l’esclavage vous préconise de nommer Mr N’Djim Boubacar comme Conseiller au Conseil National de Transition (CNT), Organe législatif de la transition » a noté explicitement cette correspondance. Comme argumentaire, la Coordination Contre l’Esclavage et ses Séquelles souligne que le sieur N’Djim Boubacar a montré ses preuves à travers plusieurs actions qui ont permis de préserver la vie des milliers de victimes parallèlement à l’évacuation de plusieurs autres dossiers devant les parquets. « Il se trouve aujourd’hui qu’il (Boubacar N’Djim) est incontournable sur le terrain dans la lutte contre l’esclavage au Mali à travers son organisation {Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme, (MSD)}. Il nous rapporte des informations pour nous permettre de mieux communiquer en cas d’alertes d’affrontements liés à cette pratique odieuse », donc sa nomination comme conseiller dans l’organe législatif de la transition permettra sans nul doute de donner un vent d’espoir aux milers de victimes des pratiques esclavagistes au Mali.
🔴 Al-Akhbar (Nouakchott) – Le pôle « Alternance démocratique », l’un des pôles d’opposition participant au dialogue, a décidé de se retirer des séances auxquelles il participait depuis sa création, en signe de protestation contre ce qu’il a qualifié de « provocations » contre l’ancien candidat présidentiel Biram Dah Abedi.
Le leader du pôle d’opposition et chef du parti Rag (en cours de constitution), Omar Ould Yali, ont confirmé dans un communiqué à l’agence de presse qu’ils avaient décidé de se retirer de ces séances jusqu’à nouvel ordre.
Le pôle comprend le Parti Sawab représenté au Parlement par trois députés, dont Biram Dah Abedi, le Parti Rag (en cours de constitution), et l’aile Manifeste des Haratines dirigée par Ould Hindia.
Le Président Omar Yali a déclaré que le pôle considérait que les justifications fournies pour la prise d’assaut par la police de la réunion du congrès du parti dans la ville d’Atar n’étaient pas convaincantes, car le parti avait auparavant tenu plusieurs autres congrès régionaux sans faire l’objet d’aucun harcèlement.
Ould Yali a ajouté : « Il était également possible d’avertir de ce qu’ils considéraient comme un avertissement sans utiliser cette méthode provocatrice. »
Ould Yali a souligné que ce qui s’est passé contredit ce qu’ils avaient convenu avec le président Mohamed Ould El Ghazouani, et en conséquence ils ont décidé de se retirer des sessions de dialogue national.
La parenté dite à plaisanterie (je précise que je n’aime pas ce terme réducteur) a été une invention sociale de génie. Son institutionnalisation a eu des effets régulateurs d’une efficacité difficilement égalable. Elle est encore vécue et remplit pleinement ses fonctions. Sa place dans nos politiques modernes est encore à trouver. Mais ceci arrivera le jour où l’africain sortira de la tendance « Je copie donc j’existe »! Ce n’est pas cela mon sujet de discussion aujourd’hui, donc je ne m’y attarderai pas.
Il y a, dans le volet le plus léger de cette invention sociale, un aspect consistant pour le coup à plaisanter avec son `cousin socialement désigné’ (ce à quoi je ne refuserai pas de reconnaître son rôle d’huilage), des formes d’usage qu’il faut revoir.
On entend certains (pas toujours déniés du sentiment de justice et d’égalité sociales) employer des termes comme « Maccuɗo am », « Korɗo am » dans un joug amical avec un cousin. Ces mots n’ont certes aucune intention de blesser l’interlocuteur qui en usera d’ailleurs pour répliquer. Notre discussion ne se situe donc pas au niveau du cadre de cette plaisanterie et encore moins de ses protagonistes du jour.
Ce que l’on peut cependant remarquer c’est qu’on utilise quand même là des mots auxquels on reconnait volontiers un certain nombre de tares -raison pour laquelle on les attribue faussement à son interlocuteur- et par là donc on « n’oublie » de se soucier de beaucoup d’individus qui vivent, et cette fois pas de manière fausse et encore moins plaisante, l’extrême douleur de leur contenu.
Des individus sont contraints par la société à subir en permanence le contenu de ces mots dans une injustice communément acceptée.
Utiliser ainsi le terme « Maccuɗo am » (mon esclave) comme moyen de plaisanter avec son cousin dit à plaisanterie, dans une société où l’esclavagisme est en cours sous une ou autre de ces formes, accepter de perpétuer un tel vocabulaire de plaisanterie est pour le moins inconscient, en tout cas incompatible avec la tenue que se doit un défenseur des droits.
D’ailleurs, la société peule, vu que c’est celle-ci qui constitue mon environnement social immédiat, pourvoit des termes alternatifs comme « Ko mi laamɗo maa », « Ko mi lawake maa » (Je suis ton roi, Je suis ton prince etc.). Remarquez qu’ici, il ne s’agit pas des termes duaux à ceux que l’on critique. Le terme dual à ces derniers serait « Ko mi dimo maa » (Je suis ton noble). Celui-ci n’a pas l’air trop usité, en tout cas pas dans mon entourage. Mais il l’est quand même au moins à travers l’usage de ses duaux. Ces termes de Laamɗo et Lawake ne sont donc pas chargées de grands impairs car ils ne sont pas en rapport avec une injustice sociale encore vécue, comme l’esclavagisme ou l’oppression des femmes.
Il convient donc de nettoyer nos institutions sociales, les plus utiles d’entre elles. Il serait dommage que des aspects secondaires de plaisanterie se chargent d’autant de moisissures jusqu’à pourrir l’ensemble de l’édifice et nous faire perdre une des plus grandes avancées sociales de notre civilisation. Il faut aussi, pour tout individu sensible à la justice et à l’égalité dans nos sociétés, veiller aux symboles que nous utilisons, à leur impact sur des individus qui pourraient en souffrir en voyant une partie de leur dignité dégradée.
Cette réalité d’esclavage n’est trop loin ni dans le temps, ni dans l’espace pour que l’on se permette d’en user de cette façon pour nos besoins de rigolade. Ces rires qui se veulent sains s’avèreront toujours au fond être de violentes moqueries, même à leur insu.
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